Tag: Hérault

  • LGV : le PCF veut remettre l’État sur les rails

    LGV : le PCF veut remettre l’État sur les rails

    Bordeaux-Toulouse (2033) puis Montpellier-Perpignan (2040). Maintes fois retardés, les deux projets de Ligne à grande vitesse (LGV) sont censés être sur de bons rails depuis que la clé de financement a été trouvée (40% État, 40% collectivités et 20% Europe). Et pourtant…

    Depuis quelques mois, l’État traîne à ce point des pieds que les élus régionaux des groupes communistes, républicains et citoyen (CRC) d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine ont décidé conjointement de tirer le signal d’alarme mi-avril. « Le maillon faible c’est le ministère. L’État n’est pas au rendez-vous ! », s’inquiète Jean-Luc Gibelin (PCF).

    Le vice-président régional aux transports est formel : « Tout le monde a payé ses appels de fonds réguliers sauf l’État. » Ils concernent la ligne du Grand Sud-Ouest Bordeaux-Toulouse. Et s’ils ont pour l’heure été compensés par la trésorerie de la Région, la situation inquiète. D’autant que le Conseil d’orientation des infrastructures (COI), s’il confirme l’utilité de la ligne, a fait savoir que la participation de l’État sera « difficilement mobilisable » dans le contexte budgétaire actuel et dans ce calendrier jugé « irréaliste ».

    L’hypothèse d’un PPP rejetée

    Pour ne pas avoir à payer maintenant, Bercy commence à faire entendre la petite musique d’un Partenariat public privé (PPP) qui permettrait à l’État, suppléé par une multinationale (Vinci ou autre), de ne régler sa note qu’à la fin du marché. Hors de question, prévient Jean-Luc Gibelin dans la droite ligne de la position de la présidente occitane, Carole Delga (PS). « C’est de la cavalerie ! » Selon l’élu communiste, cette « vision court-termiste » aurait deux inconvénients majeurs. Le premier serait un surcoût du projet évalué à 7 milliards d’euros dont 4,5 pour l’entreprise qui entrerait au PPP. Car « il faudrait clore les 180 marchés déjà passés sur Bordeaux-Toulouse (autour de 70-80 pour Montpellier-Perpignan) ». Le second serait un retard d’au moins 2 ans.

    En ce qui concerne la ligne Montpellier-Perpignan, dont la concertation publique vient de débuter, pas encore de mauvais signaux mais les finances rabougries de l’État peuvent laisser craindre une logique identique le moment venu. « On est très mobilisés. Il n’est pas question de laisser faire, laisser penser qu’on pourrait peut-être faire autrement », prévient Jean-Luc Gibelin.

    Mardi 21 avril, une rencontre était prévue entre Carole Delga et le Premier ministre. Elle a été reportée pour un imprévu dans l’agenda de ce dernier sans que, pour l’heure, une autre date ne soit fixée. Après avoir voté un vœu en février, le Conseil régional d’Occitanie pourrait remettre les LGV à son prochain ordre du jour le 4 juin. Histoire de maintenir la pression.

  • Hérault : l’État muscle son dispositif estival

    Hérault : l’État muscle son dispositif estival

    À l’approche de l’été, l’État prépare le terrain dans l’Hérault. Réunie à Gignac avec les maires du département, la préfète Chantal Mauchet a présenté le dispositif estival de protection des populations pour 2026. Dans un département où la population peut atteindre 1,2 million de personnes durant la saison, l’objectif est de répondre à l’afflux touristique, au risque incendie, aux noyades et aux événements festifs.

    L’État annonce un dispositif du même niveau que l’an dernier. 162 gendarmes supplémentaires viendront renforcer chaque jour les effectifs départementaux, sur le littoral, dans l’arrière-pays et les hauts cantons. La police nationale bénéficiera aussi de renforts extérieurs, notamment à Agde et Sète.

    Des renforts sur tous les fronts

    La sécurité civile sera elle aussi fortement mobilisée. Le Sdis 34 prévoit un socle quotidien de 500 sapeurs-pompiers pour les interventions courantes. En cas de risque incendie élevé, ce volume pourra être renforcé de 50 à 400 pompiers supplémentaires. Sur le littoral et autour des plans d’eau, 250 sapeurs-pompiers volontaires saisonniers assureront la surveillance des baignades dans 50 postes de secours.

    Autre point de vigilance : les férias, fêtes votives, festivals et feux d’artifice qui jalonnent l’été héraultais. La préfecture insiste sur l’anticipation, avec des réunions préparatoires en amont et un guide remis aux maires pour mieux encadrer les festivités. Enfin, la préfète annonce une évolution prochaine des règles de fermeture des massifs forestiers, pour simplifier et renforcer la prévention.

  • Gaëlle Levêque : « Avec un Géoparc, on renforce notre identité »

    Gaëlle Levêque : « Avec un Géoparc, on renforce notre identité »

    La Marseillaise : Qu’est-ce
    qu’un Géoparc ?

    Gaëlle Levêque : Un Géoparc est une zone géographique avec une concentration de richesses géologiques. L’idée a d’abord été portée par l’association « Demain la Terre » du Lodévois Larzac qui a sensibilisé les communes du Cœur d’Hérault qui ont des richesses géologiques. Avec le président Kléber Mesquida, le Département a d’abord financé l’étude puis porté la démarche du Géoparc.

    On découvre des richesses cachées…

    G.L. : Tout à fait. On a été retenus parce qu’on parcourt 540 millions d’années. Parmi nos 11 sites de valeur internationale, 3 sont des stratotypes, des références mondiales d’un âge géologique ou d’un passage entre deux âges géologiques. Ils retracent la période qui va du dévonien (419 millions d’années) au carbonifère (359 millions d’années). Parmi ces trois sites, on a le Pic de Vissou, Graissessac et Cessenon-sur-Orb. Les roches y sont des points de référence internationale du passage du dévonien au carbonifère, c’est assez extraordinaire.

    Quelles sont les roches
    qu’on trouve dans le Géoparc ?

    G.L. : On a du schiste, du gneiss, le marbre rouge à Coumiac, des mines de charbon, le réseau karstique calcaire du plateau du Larzac, les dolomies du Cirque de Mourèze, les ruffes du Salagou… Chaque typologie de pierre va renvoyer à une production, une typologie de métiers, à ce qu’a fait l’Homme avec ces ressources. Ça met en lien nos paysages et nos savoir-faire. À travers un Géoparc, on s’approprie notre Histoire, cela renforce notre identité. On peut aussi penser à l’avenir. Dans le cadre du réchauffement climatique, connaître notre sous-sol est une sacrée richesse. Ça a du sens dans ce monde perturbé. Il y a un aspect éducation et développement durable dans le Géoparc, territoire résilient.

    Que va changer ce label de 4 ans ?

    G.L. : Je ne suis pas inquiète pour la suite. On a mené des actions sans attendre la labellisation. On a formé 42 géomédiateurs (guides, experts) pour transmettre le savoir. On a 58 géosites, 67 géopartenaires (communes, offices du tourisme, syndicats, grands sites, associations, privés). On a déjà un site internet très riche, 10 géorandonnées. On est dans la logique du tourisme durable développé par Hérault Tourisme. Les aspirations des gens vont dans le sens du respect, moins dans le tourisme de masse. Ils cherchent des pépites. À nous de les rendre désirables. Il y a les grands sites de France, lac du Salagou, Cirque de Navacelle, Gorges de l’Hérault, Chemins de Compostelle. Mais aussi les Causses et Cévennes sur le pastoralisme. Ces phares existent parce qu’il y a une géologie extraordinaire. L’exposition permanente du musée de Lodève raconte ces 540 millions d’années.

  • Les paillotes ne prennent pas ombrage à la Grande-Motte

    Les paillotes ne prennent pas ombrage à la Grande-Motte

    Sur les plages du Grand Travers, le jeu du chat et de la souris ne se démode pas entre la municipalité qui accorde les concessions de plages et l’association Grande-Motte Environnement (GME) qui les attaque en justice.

    Le 19 février dernier, on aurait pu penser que c’en était fini des paillotes du Grand Travers. Dans sa décision, la Cour administrative d’appel de Toulouse confirmait le jugement du Tribunal administratif de 2023. À savoir qu’au titre de leur positionnement dans un Espace remarquable et caractéristique du littoral (ERCL), protégé par la loi Littoral, ces restaurants de plage éphémères sont illégaux.

    Deux d’entre eux (la Voile Bleue et l’Effet Mer) n’en prennent pas ombrage et sont en train d’être montés depuis quelques jours. Comment est-ce possible ? Avant même d’être réélu le mois dernier, le maire Stéphan Rossignol a décidé de prendre un nouvel arrêté, une sorte de permis de construire saisonnier, leur autorisant une concession de plage du 23 mars au 23 octobre. L’élu les Républicains n’aurait-il que faire des décisions de justice ? Que nenni selon lui. L’édile précise que l’emplacement de ces deux plages privées ayant été décalé vers la zone urbaine, au niveau de la Dune, il ne serait plus dans le collimateur de la loi Littoral. « On a fait une étude quatre saisons à la demande de l’État. Ces emplacements ont été décidés avec la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) », argumente Stéphan Rossignol. « Il y a juste à côté un bâtiment avec une discothèque, un restaurant et même une colonie de vacances. C’est le début de la zone urbaine, on n’est plus dans l’espace remarquable. On subit un véritable acharnement », s’agace-t-il.

    Intérêt touristique

    Un sentiment pas partagé par l’association GME qui vient de déposer un nouveau recours administratif. « Les paillotes n’ont été décalées que de quelques mètres. On se moque de nous et de la justice ! », s’agace Françoise Clerc. Depuis 2019, la présidente de GME revendique 14 victoires en justice et désespère de devoir encore batailler contre ces constructions estivales qui détériorent le cordon dunaire, assure-t-elle. « Deux fois par an, c’est le bazar. Le montage nivelle les dunes, ils grattent au bord des ganivelles. Quand le démontage est mal fait, on voit les eaux usées partir dans le sable. » Elle fustige aussi cette privatisation de l’espace public maritime. Il fut un temps où « des vigiles vous empêchaient de passer jusqu’au bord de l’eau », se souvient Françoise Clerc qui se dit victime « d’intimidations ».

    De son côté, le maire met en avant l’emploi et les intérêts touristiques. Désormais située vers le Port dans la zone du Couchant et donc plus concernée par le recours, « la Paillote Bambou a perdu une clientèle. L’été dernier, elle a recruté deux fois moins de saisonniers », illustre Stéphan Rossignol. Un argument irrecevable selon Françoise Clerc. « Il faut arrêter de dire n’importe quoi. Ce n’est pas parce qu’une paillote va bouger d’un kilomètre que ses clients ne vont plus y aller. » D’autant que si manque à gagner il devait y avoir, il pourrait être compensé selon la présidente. « Ils s’arrangent. »

    Ce qui est sûr c’est que les collectivités trouvent leur intérêt financier dans ces concessions. Parfois les Villes récupèrent directement un pourcentage du chiffre d’affaires. « Cela peut être entre 10 et 25% et dépasser les 100 000 euros par paillote », illustre Romain Ecorchard selon qui certains maires « n’en ont rien à carrer d’être dans la légalité, ils continuent à délivrer des actes illégaux. Ils jouent sur l’épuisement financier des associations ». Mais selon ce juriste de France nature environnement (FNE), les revers de la Grande-Motte pourraient finir par « faire jurisprudence ». Contre des schémas d’aménagement douteux ou des plans locaux d’urbanisme, de nouveaux recours sont dans les tuyaux à Vendres dans l’Hérault ou Leucate dans l’Aude.

  • Montpellier, une hausse d’impôts à la Métropole ?

    Montpellier, une hausse d’impôts à la Métropole ?

    Dix jours après le débat d’orientation budgétaire (DOB) de la Ville de Montpellier, place à celui de la Métropole, ce 21 avril, pour les 102 élus communautaires. Dans un contexte budgétaire dégradé, le vice-président délégué aux Finances a annoncé la couleur. « La situation financière des collectivités n’est pas facile, ici comme ailleurs. Cela nous impose une gestion extrêmement précise et rigoureuse pour que chaque euro dépensé le soit utilement », fait valoir Renaud Calvat, également maire PS de Jacou.

    En effet, la collectivité socialiste va devoir composer avec moins de recettes de l’État, notamment via la Dotation globale de fonctionnement (DGF). « Depuis 12 ans, nous sommes la métropole qui touche la DGF par habitant la plus basse de France. Par exemple, Lille touche 167 euros tandis que nous en avons 85. Nous ne demandons pas d’être au même niveau, mais d’avoir la même moyenne nationale, ce qui nous permettrait de récupérer 20 millions d’euros », précise Renaud Calvat. Le président Michaël Delafosse ira d’ailleurs à Paris le 4 mai afin de négocier avec Bercy à ce sujet. Autre difficulté, l’augmentation des ponctions de l’État de 12,4 millions d’euros.

    Le budget prévisionnel de 2026 est donc moins ambitieux que celui de la précédente mandature. Notamment en termes de dépenses d’équipement, revues à la baisse. « Entre 2020 et 2024, le budget équipement dépassait les 400 millions d’euros. Ça, c’est fini, notamment car une grande partie des travaux a été réalisée. Nous mettrons 371 millions d’euros, ce qui permettra de financer la fin de la ligne 5, le début des bustrams, l’achat de matériel, etc. 30 millions seront investis sur l’espace public et la voirie [dans le cadre du plan de marchabilité, Ndlr] », énumère Renaud Calvat. Les recettes de fonctionnement envisagées progressent de 7% pour s’établir à 813 millions d’euros, tout comme les dépenses, qui elles, augmentent de 5% (709 millions d’euros). Des orientations qui ne convainquent pas l’opposition. « Dans ce contexte de crise, on attend des orientations pour les régies publiques de manière à garantir les services publics communaux pour couvrir les besoins essentiels de l’existence, d’engager la planification écologique en refusant notamment d’accorder des permis pour des activités polluantes », soutient Nathalie Oziol, élue LFI.

    Cruel dilemme

    Toute la question pour la majorité est de savoir comment maintenir le même niveau de services publics dans l’une des métropoles les plus intégrées de l’Hexagone, possédant notamment 15 médiathèques et autant de piscines « Nous dépensons 1 055 euros par an et par habitant alors que la moyenne des métropoles s’élève à 595 euros », poursuit Renaud Calvat. Deux pistes de réflexion sont envisagées. Tout d’abord, une baisse des investissements. « Notre trajectoire est celle d’être une Métropole qui investit 200 millions d’euros pour financer les projets », promet Michaël Delafosse. Ce qui permettra de baisser le niveau de la dette. Surtout, le socialiste prévoit d’augmenter la fiscalité foncière intercommunale, qui devrait passer de 0,16 à 5,8%. « Il y a trois choix. Soit on demande un effort aux communes, certaines seraient dans des situations compliquées, ce que nous refusons au nom de la solidarité. Soit on ferme des services publics, s’il y a des volontaires, qu’ils lèvent le doigt », développe Michaël Delafosse. Reste donc, selon le président, la hausse d’impôt intercommunal. Le vote est prévu le 28 avril.

  • Les Terres d’Hérault obtiennent le sésame Géoparc mondial Unesco

    Les Terres d’Hérault obtiennent le sésame Géoparc mondial Unesco

    C’est fait ! Au bout d’un marathon administratif de 2 ans coordonné par le Département de l’Hérault, cette belle idée que des chercheurs et associations avaient fait germer il y a 10 ans est désormais une réalité. Les Terres d’Hérault, composées de 111 communes réparties sur 2 046 km² forment officiellement un Géoparc de renommée mondiale, comme 229 autres Géoparcs dans 50 pays. C’est-à-dire une zone géographique protégée qui possède une richesse géologique de valeur internationale, avec une importance scientifique, éducative et culturelle.

    Au titre de ses 540 millions d’années d’histoire et des trésors qu’il abrite, ce territoire a reçu jeudi 23 avril le sésame de l’Unesco : le label de Géoparc mondial, seulement le 10e décerné en France. « C’est la concrétisation d’un travail collectif avec les élus, les habitants et tous les acteurs locaux [178 partenaires, Ndlr]. Ce label est l’accomplissement d’une ambition forte mais aussi le commencement d’une nouvelle étape de ce projet qui fera rayonner notre territoire pour de nombreuses années à venir », se félicite le président héraultais, Kléber Mesquida (divers gauche).

    Les richesses à découvrir

    Tandis que la cérémonie officielle aura lieu lundi 27 avril à Paris, il faut rappeler que ce label est décerné au moins pour 4 ans. Et que le travail des équipes pour se montrer à la hauteur des attentes de l’Unesco ne fait donc que commencer. « Nous allons nous appuyer sur nos 67 géopartenaires pour faire vivres ces sites », promet Gaëlle Levêque, l’élue héraultaise qui a piloté le dossier (lire ci-dessous).

    Au nombre de 58, les géosites sont répartis dans 4 principales Communautés de communes (Lodévois/Larzac, Clermontais, Vallée de l’Hérault, Grand Orb) ainsi que quelques communes avoisinantes. Les diverses roches (ruffe, basalte, calcaire, granite, gneiss, schiste, grès…) qu’on retrouve sur ces géosites sont les témoins des grandes ères géologiques qui ont façonné nos paysages à travers les millénaires. Datant de l’ère paléozoïque (la plus ancienne), les massifs du Caroux et de l’Espinouse (granites et gneiss) racontent l’histoire de la chaîne Hercynienne. La fragmentation des schistes a permis des sols favorables à la viticulture dans les Avants-Monts. La carrière de marbre rouge de Coumiac est le résultat de la transformation de calcaires en marbres. Puis, en s’érodant, cette chaîne de montagnes a donné naissance au bassin charbonnier de Graissessac et au bassin permien de Lodève. Les mines du pays d’Orb témoignent aussi des dépôts de charbon d’il y a 305 millions d’années.

    La submersion due à la formation de l’océan Téthys Ligure entraîne le dépôt de sédiments qui donnent lieu aux calcaires des Causses du Lodévois Larzac dont le Cirque de Navacelles est la pépite la plus connue. Les Gorges de l’Hérault ou les dolomies du Cirque de Mourèze sont d’autres héritages de cette période (160 millions d’années).

    Les volcans apparus il y a 2 millions d’années laissent des terrains fertiles et des roches basaltiques noires dont le Neck de la Roque, près du lac du Salagou est un témoin. En les enrichissant de minéraux, les basaltes donnent aux sols une grande fertilité propice aux cultures. À l’instar du Pont du Diable, la Méditerranée avancera jusqu’au pied des reliefs calcaires.

    Le centre Hérault (Soumont, Lodévois) abrite aussi des vestiges archéologiques. Les eaux thermales d’Avène ou Lamalou-les-Bains tirent leurs propriétés médicales de leurs interactions avec les roches. Enfin, sur les grands Causses du nord, les activités pastorales de l’Homme ont façonné les paysages. C’est ce patrimoine que veut faire fructifier K. Mesquida grâce au Géoparc. « Nous construisons aujourd’hui ensemble l’héritage précieux qui sera confié aux générations futures. »

    Infos : geoparc.herault.fr

  • Les aides à domicile héraultaises en lutte pour sortir de la galère

    Les aides à domicile héraultaises en lutte pour sortir de la galère

    « Dimanche dernier, j’ai roulé 110 kilomètres pour cinq heures de travail. Or notre indemnité kilométrique ne rembourse que de 38 centimes par kilomètre. On paye pour aller travailler. » La colère était de mise, ce 21 avril, devant les grilles du Département de l’Hérault, à Montpellier, ainsi qu’à Béziers où une cinquantaine d’aides à domicile s’étaient mises en grève afin de défendre leurs conditions de travail dégradées.

    L’augmentation du coût de l’essence a été vécue comme la goutte d’eau qui fait déborder un vase déjà on ne peut plus rempli. Une hausse impactant de plein fouet cette profession à 90% féminine qui nécessite un usage quotidien du véhicule pour se rendre chez les bénéficiaires. « En 2022, notre indemnité kilométrique est passée de 35 à 38 centimes -dont 14 centimes pour le carburant [le reste étant pour l’amortissement, Ndlr]– mais l’essence a augmenté de 20%. Sur un trajet de 8 km, j’utilise 4 litres de gasoil. 1,12 euro sera donc pris en charge, ce qui ne représente pas la réalité de nos dépenses », soupire Christelle Fanjaud, déléguée CGT de l’association ADMR (Aide à domicile en milieu rural) Orb et Thongue.

    Une délégation reçue

    À la fin du mois, la facture est salée pour la plupart d’entre elles. « Beaucoup d’entre nous sont en temps partiel, donc payées en dessous du Smic. Certaines sont divorcées avec des enfants et touchent 700 à 900 euros par mois. Et si tu as besoin de 200 euros d’essence, tu vas manger au Secours populaire », soupire Nathalie Trepagny, aide à domicile à Présence Verte Services et déléguée syndicale CGT. « Il vaut mieux en ce moment poser un arrêt maladie que d’aller au travail, au moins on ne perd pas d’argent », estime-t-elle. D’autant que la hausse du prix du carburant n’est pas le seul caillou dans la chaussure des aides à domicile. « L’avenant 36 de notre convention collective ne tient pas compte de la réalité du terrain. Il n’y a que le temps passé dans le véhicule selon le GPS qui est pris en compte. Mais chercher une place, être dans les bouchons, tout ça, c’est du bénévolat, du travail dissimulé », s’indigne Christelle Fanjaud.

    Conséquences ? Une pénurie de recrutement liée au manque d’attractivité du métier, qui se traduit par des démissions et un turn-over important. « Les salariées sont en surcharge et peuvent se retrouver en arrêt maladie. Mais cela a aussi un impact sur les bénéficiaires. Si l’un a Alzheimer, il a besoin de repères, il n’y a pas de possibilité de turnover », observe Céline Rouig, aide à domicile à Présence Verte Services. Et pour celles qui restent, la fin de carrière se révèle bien compliquée. « On est de plus en plus fracassées. Comment voulez-vous, à 65 ans, lever quelqu’un qui est grabataire ? », fait valoir Nathalie Trepagny. Pourtant les aides à domicile sont un maillon essentiel dans la chaîne du soin. « Si nous ne sommes plus là, il manque un échelon : les infirmières, les aides-soignantes ne pourront pas travailler », note Christelle Fanjaud. « Parfois, les infirmières sont débordées, si bien que nous faisons la toilette des bénéficiaires, mais ce n’est pas notre travail », complète Nathalie Trepagny.

    Une délégation a donc été reçue par le conseil départemental -principal financeur des associations d’aides à domicile- afin de faire entendre les principales revendications : revalorisation des salaires, augmentation des indemnités kilométriques, amélioration des conditions de travail, reconnaissance réelle du métier et respect des droits et du temps de travail.

    « Nous dépendons de l’État, les financements ne sont
    pas faits au niveau des Départements. Si les besoins augmentent, pour nous Départements, c’est compliqué
     », explique Patricia Weber, vice-présidente déléguée aux solidarités. L’élue entend recevoir les responsables des structures d’aides à domicile pour prendre le pouls et un courrier du président PS Kléber Mesquida demande au ministre de prendre en considération la situation des aides à domicile. « Nous n’avons pas eu de réponses précises. On se revoit au mois de juin, donc je pense qu’il y aura une suite », espère Christelle Fanjaud.

  • Les ménages pauvres des zones rurales périphériques plus pauvres en Occitanie qu’ailleurs

    Les ménages pauvres des zones rurales périphériques plus pauvres en Occitanie qu’ailleurs

    Créé en 2022 à l’initiative des Udaf (unions départementales des associations familiales) du Gard, de l’Hérault et de la Lozère, de l’Union régionale des associations familiales (Uraf) du Languedoc-Roussillon et de la Mutualité sociale agricole (MSA) Languedoc, l’Observatoire de l’action sociale des territoires (OAST) est « un outil expérimental d’observation et de compréhension des besoins des familles, des phénomènes sociaux des territoires et de l’impact des politiques et actions qui y sont conduites. »

    Après une enquête sociologique consacrée, l’an dernier, à « l’économie de la débrouille » déployée par les familles du Gard, de l’Hérault et de la Lozère dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat généralisé, l’OAST a confié cette année à Benoît Prévost, professeur des universités en sciences économiques et directeur du centre universitaire Du Guesclin de Béziers (Université Paul-Valéry Montpellier 3), le soin de se pencher sur le niveau et les conditions de vie de ces ménages en lien avec les réseaux des Udaf et de la MSA.

    Pour ce faire, 2 137 réponses à autant de questionnaires ont été collectées. « Près de 60 % de l’échantillon qui a répondu vit dans ce que l’Insee appelle les zones rurales sous influence d’un pôle urbain. C’est-à-dire ces villages qu’on trouve autour des métropoles et des villes moyennes, qui ne sont plus de l’urbain mais qui ne sont pas du rural au sens de l’imaginaire collectif », explique Benoît Prévost, qui a procédé fin mars à une restitution des premiers résultats de cette étude avant sa publication début mai sur le site de l’OAST. « Dans ces zones rurales périphériques, on trouve à la fois des agriculteurs, des ouvriers, des employés qui vivent assez pauvrement et des cadres, des professions intermédiaires et supérieures qui ont un capital économique, social et culturel plus élevé leur permettant de profiter davantage de la qualité de vie de ces territoires  », décrit le chercheur.

    « Des gens qui travaillent »

    Intitulée « Ménages pauvres et classes modestes », l’étude conduite par Benoît Prévost « porte sur ces ménages en difficulté qui ont des niveaux de revenus parmi les plus pauvres des plus pauvres. (…) On est sur des départements [Hérault, Gard, Lozère, Ndlr.] et des communes parmi les plus pauvres de France », insiste-t-il. Les résultats de l’étude sont éloquents  : « les ménages de l’échantillon sur lequel j’ai travaillé ont des revenus qui représentent entre 60 et 70 % du niveau de vie du même type de ménages ailleurs en France », illustre le chercheur. « Et je parle de gens qui travaillent », insiste-t-il.

    Ces ménages les plus pauvres n’ont pas les mêmes caractéristiques d’un département à l’autre. « Dans l’Hérault, ça va être essentiellement des femmes employées à temps partiel, cheffes de famille monoparentales, qui ont entre 55 et 65 ans et qui ont un niveau de vie moyen de 827 euros », détaille Benoît Prévost. « Dans ces zones rurales périphériques, elles sont encore plus isolées qu’en ville », souligne-t-il. Dans le Gard, « le ménage pauvre type c’est un couple avec un à deux enfants, entre 40 et 49 ans, surtout des ouvriers et des employés, avec un niveau de vie de 1 032 euros ». En Lozère, enfin, « on va être sur des couples avec un peu plus de deux enfants, qui sont surtout des agriculteurs et qui ont un niveau de vie de 813 euros. »

    Outre la question des revenus, une partie du questionnaire portait sur les éventuelles privations (en matière d’alimentation, de santé, de loisirs, de soins…) en lien avec ces situations de précarité. « Les déclarations sont à prendre avec du recul car il n’est pas rare que les gens pauvres se privent plus qu’ils ne le disent : ce que d’autres pourraient considérer comme une privation est devenu normal pour eux. C’est ce que montre toute une partie de la recherche sur la pauvreté : il y a une intériorisation », relève le chercheur. Aussi, « une bonne partie des personnes que j’ai interrogées se disent heureuses », rapporte-t-il. Pour autant, « il reste une minorité qui ne l’est pas et une partie de l’échantillon qui dit qu’il n’a pas choisi la vie qu’il mène », insiste Benoît Prévost. « C’est là que la pauvreté, au-delà d’une question économique et sociale, est une vraie question politique  : comment peut-on admettre qu’une partie importante de la population ne puisse pas formuler des choix de vie lui permettant de s’émanciper ? »

    Autre point important de cette étude : le sentiment d’être au bout du rouleau touche aussi ce que l’Insee appelle « le halo de pauvreté », c’est-à-dire les personnes juste au-dessus du seuil de pauvreté [1 288 euros, Ndlr.], qui vivent dans la menace permanente d’y tomber. « Ces personnes déclarent parfois des situations plus difficiles que celles qui sont juste sous le seuil de pauvreté. Cela correspond à ce que les sociologues ont identifié comme la peur du déclassement, dont on sait qu’elle nourrit un ressentiment et une évolution du vote, ces territoires étant ceux où le vote RN a beaucoup augmenté. »

  • Embarquez pour des « voyages extraordinaires » au musée Médard à Lunel

    Embarquez pour des « voyages extraordinaires » au musée Médard à Lunel

    Dédié au livre et au patrimoine écrit, ce musée, construit autour des collections du bibliophile lunellois Louis Médard, dispose dans son fonds « de nombreux récits de voyage. On s’est rendu compte qu’on pouvait quasiment parcourir le monde avec ces livres », relate la directrice du musée, Valérie-Alice Dumoulin.

    Les cinq continents

    La commissaire d’expo a donc puisé dans les trésors de Louis Médard pour emmener les visiteurs sur les cinq continents, à travers les siècles (les ouvrages présentés vont du XVe au XIXe siècle). « L’ouvrage le plus ancien est un prêt exceptionnel de la bibliothèque de Montpellier. Il s’agit d’un incunable imprimé à la fin du XVe siècle, Les Chroniques de Nuremberg, colorisé à la main. Il présente notamment une carte du monde tel qu’il était connu juste avant les grandes découvertes », décrit Valérie-Alice Dumoulin. Des emprunts patrimoniaux aux bibliothèques de Nîmes et de Toulouse complètent cette riche sélection.

    Le radeau de la Méduse, invité exceptionnel

    Mais c’est un tableau de peinture qui sera le clou de l’expo ! « Dans les livres de voyage de Louis Médard figure un ouvrage de 1821 qui fait le récit du naufrage du radeau de la Méduse et le procès qui a suivi, où le capitaine a été condamné. Ça nous a donné envie de faire un focus sur cette aventure incroyable », relate la directrice. Qui a alors l’idée de présenter, en appui de ce récit, le célèbre tableau « Le Radeau de la Méduse », qui immortalise cette catastrophe maritime survenue en 1816 au large de la Mauritanie, provoquant la mort de 150 personnes. Impossible, bien sûr, de déplacer l’original peint par Géricault, de 7 mètres sur 5, qui ne quitte pas le Louvre. « Mais ce tableau a inspiré d’autres artistes, notamment Henri Regnault, un peintre voyageur orientaliste qui, en 1965, en a fait une copie conservée au musée d’Hyères, dans le Var. » C’est lui que les visiteurs pourront découvrir dans la section de l’exposition consacrée à l’Afrique.

    Le musée Médard a également voulu apporter un regard contemporain en invitant l’artiste-voyageuse Stéphanie Ledoux. Pastels et crayons dans la besace, elle parcourt la planète et dessine celles et ceux qu’elle croise sur son chemin, leurs habitats, la nature qui les entourent… Ses œuvres ponctueront les vitrines des cinq continents, échos contemporains aux ouvrages exposés.

    Enfin, « pour rendre cette exposition plus familiale », une séquence est également dédiée aux voyages imaginaires dans les mondes souterrains (Homère et la descente aux enfers, le Moyen-Age avec Dante, les premiers livres d’anticipation sur des mondes souterrains du XVIIIe siècle, sans oublier bien sûr Jules Verne et Tolkien avec le Hobbit, qui se déroule sous la montagne…) Pour le plus grand plaisir des petits, l’exposition se clora sur une expérience immersive avec une lampe torche et des lunettes 3D conçue à partir d’une BD de Matthias Picard, Jean Jambe et le mystère des profondeurs.

    Amélie Goursaud

    Du 17 avril au 20 septembre. Entrée libre et gratuite

  • Des milliers de lapins de garenne ravagent les cultures dans l’Hérault

    Des milliers de lapins de garenne ravagent les cultures dans l’Hérault

    L’ennemi numéro un a de grandes oreilles et fait ses coups la nuit… Alors que ses effectifs sont globalement en forte baisse dans le pays depuis plus de 25 ans, le lapin de garenne se porte comme un charme dans l’Hérault, où il est devenu, depuis quelques années, le cauchemar des agriculteurs des terres agricoles situées à l’est de Montpellier. Et pour cause : malgré un plan d’action de trois ans piloté par l’État entré en vigueur en octobre 2024, sa prolifération reste pour l’heure hors de contrôle. Et des hordes de dents déciment, chaque nuit, des milliers d’hectares de pousses de blé, de pieds de vignes, de salades, d’asperges, de fraises, de choux, de blettes… Au point de menacer la survie économique de certains agriculteurs.

    « C’est la première année où des structures commencent à parler de fermeture à moyen terme », confirme Baptiste Aberlenc, responsable, depuis près de 15 ans des Jardins de Bentenac, exploitation de maraîchage bio installée à Mauguio. « Ça fait quatre ou cinq ans que la présence du lapin se fait ressentir et à peu près trois ans qu’on est vraiment impactés », explique-t-il. « On a entre 20 et 30% du chiffre d’affaires qui est perdu chaque année ». Ce n’est pas faute d’avoir tenté des parades  : clôtures électriques, grillage enterré, rehaussement du grillage… Rien n’y fait.

    « Le problème, c’est le nombre »

    Malgré un investissement évalué à 10 000 euros sur ces trois dernières années, « tous les six mois, ils arrivent à s’adapter à ce qu’on met en place. On a l’impression qu’on ne va jamais s’en sortir », soupire Baptiste Aberlenc. « Même quand ils n’attaquent pas directement certaines cultures comme les courgettes, par exemple, ils s’en prennent aux tuyaux d’irrigation pour boire », explique-t-il. « Le problème, c’est le nombre. Ça m’arrive souvent de venir le soir pour regarder : autour de la clôture, sur 400 m de linéaire, vous avez 300 lapins… Et j’en ai vu sauter la clôture à l’endroit le plus haut, à 1 mètre 50 ! », témoigne le maraîcher héraultais. « L’année dernière, à Mauguio, les chasseurs en ont tué à peu près 15 000 sur la saison de chasse. Sachant qu’il y en a peut-être 5 ou 7 fois plus… Mais tout ça reste trop vague. Un vrai recensement serait nécessaire », estime Baptiste Aberlenc.

    « La problématique de la prolifération de lapins existe depuis plusieurs années dans l’Hérault. Depuis 2018, elle est particulièrement aiguë dans l’Est du département, entre Montpellier et Marsillargues. Elle est apparue également côté biterrois ces derniers mois », indique la préfecture qui, face à ce fléau, a mis en place un plan d’action en vigueur jusqu’à l’automne 2027, a minima. Depuis le début de l’année, déjà 72 arrêtés d’autorisation de capture de lapins ont été pris par la préfecture, contre 89 sur toute l’année dernière. Sept arrêtés de régulation administrative ciblant le lapin ont par ailleurs été pris pour trois mois et les circonscriptions concernées par le problème vont obtenir entre deux et trois louvetiers en renfort.

    Le 26 mars, une réunion sur le sujet s’est tenue en préfecture en présence de tous les acteurs (notamment le président de la chambre d’agriculture de l’Hérault, Jérôme Despey, qui est allé jusqu’à demander de faire appel à l’armée contre les lapins !). « Tous les outils réglementaires possibles ont été mobilisés dans le département. Seule la mise en œuvre complète de l’ensemble des outils du plan lapin, par tous les acteurs, peut atténuer cette nuisance », a déclaré la préfète de l’Hérault, Chantal Mauchet. « J’appelle donc les agriculteurs, les chasseurs, les maires et les gestionnaires d’infrastructures à se mobiliser dans le même sens, dans chaque commune concernée, pour réduire cette surpopulation de lapins  ».