Tag: Hérault

  • Les étudiants non européens passent à la caisse

    Les étudiants non européens passent à la caisse

    La nouvelle a été annoncée par le ministre de l’Enseignement supérieur le 20 avril dans un entretien donné au Parisien. Philippe Baptiste revient sur la hausse des frais d’inscription à l’université pour les étudiants extra-européens en annonçant un nouveau plan « Choose France For Higher Education » afin de favoriser l’attractivité de l’enseignement supérieur français.

    Si la mesure est sur la table depuis 2019 dans le cadre du plan « Bienvenue en France », les universités avaient une marge de manœuvre leur permettant d’exonérer jusqu’à 10% des étudiants non-boursiers. Toutefois, bon nombre d’établissements dépassaient ce seuil. Mais à partir de la rentrée prochaine, ce ne sera plus possible. Ainsi, les étudiants extra-européens vont donc devoir débourser 2 895 euros par an en licence contre 178 euros aujourd’hui et 3 941 euros en master contre 254 euros. Les universités conserveront néanmoins une exonération de 10% d’étudiants étrangers, qui viendra s’ajouter aux Bourses déjà distribuées par les établissements.

    « Ce n’est pas aux étudiants de payer pour l’université, l’État doit leur donner des moyens », s’indigne Enola Kraemer, du Syndicat de combat universitaire de Montpellier (Scum) à l’université Paul-Valéry. L’établissement montpelliérain compte actuellement 21% d’étudiants étrangers. « Étant donné qu’un étudiant sur deux est boursier, notre limite de 10% est atteinte rapidement. Et les universités qui dépassaient les 10% étaient déjà obligées de prendre des mesures de non-exonération. Nous, par exemple, on applique les droits différenciés. En mettant une exonération pour tout le monde, on était à 13% des effectifs étudiants lors de l’entrée en vigueur du dispositif. On a alors décidé d’exonérer tous les primo entrants et ensuite, tous ceux qui réussissaient, qui progressaient dans leurs études. N’étaient soumis aux droits différenciés que les étudiants qui échouaient », détaille Anne Fraïsse, présidente de l’université Paul-Valéry. Les exonérations ont néanmoins baissé au fil du temps, pour atteindre 11% des étudiants de la faculté montpelliéraine cette année.

    Les précaires pénalisés

    Pour justifier sa décision, le ministre évoque des frais d’inscription modestes comparé à d’autres pays, notamment l’Angleterre. Les sommes avancées représenteraient « 30% du coût de la formation » et le ministre entend ainsi récupérer 250 millions d’euros chaque année. Dans une situation budgétaire on ne peut plus délicate, les universités se retrouvent ainsi au pied du mur et n’ont d’autre choix que de s’exécuter. « Il y a un risque d’une mesure antisociale très évidente. Pour moi, le gros problème, c’est qu’on ne voit ça qu’à travers le prisme du financement insuffisant des universités, on cherche de l’argent et l’idée c’est d’en trouver dans la poche des étudiants. C’est extrêmement dangereux car il aurait fallu avoir une compensation sociale – un système de bourses par exemple – qui est absolument indispensable pour envisager ce genre de choses », poursuit Anne Fraïsse, qui craint que la mesure ne s’applique aux étudiants nationaux dans les prochaines années.

    Car en attendant et comme souvent, ce sont les plus précaires qui en pâtiront. « C’est une sélection sociale et raciste qui s’opère. Certains vont devoir s’endetter, se salarier alors que l’on sait que le salariat étudiant est l’une des premières causes de l’échec scolaire. C’est scandaleux », fait valoir Enola Kraemer. Le Scum s’est d’ailleurs mobilisé pour dénoncer ces frais différenciés, le 30 avril, devant la préfecture à Montpellier. Une pétition nationale* a été lancée et une opération coup de poing est prévue le 4 mai, à l’Université Paul-Valéry, afin d’interpeller les étudiants.

  • Fraudes sociales : les professionnels dans le viseur

    Fraudes sociales : les professionnels dans le viseur

    « Plus on cherche et plus on trouve. C’est inquiétant. » Le directeur de la Caisse d’Assurance maladie de l’Hérault (CPAM 34) ne se réjouit pas vraiment de l’efficacité accrue de ses services de lutte contre les fraudes sociales (35 agents, task force nationale, système mieux sécurisé, pénalités accrues…). Car Philippe Trotabas sait bien ces 13,9 millions d’euros (ME) de fraudes* sociales détectées dans l’Hérault** en 2025 ont beau peser 3 fois plus lourd que les 4,93 ME de 2021, ils ne sont que la partie émergée d’un iceberg impossible à quantifier.

    Ce qui est sûr c’est que les fraudeurs démasqués représentent moins de 1% des cas. Si les assurés sociaux représentent quasiment la moitié (47%) des fraudeurs, leurs méfaits ne pèsent que 14,8% (soit 1,94 ME) du montant total dérobé au service public. Il s’agit le plus souvent d’arrêts de travail trafiqués (61% des cas) et de droits usurpés. « Les entreprises sont souvent des coquilles vides et les salaires disproportionnés. On a aussi des pensions d’invalidité (AME, CMU) falsifiées par des personnes non-résidentes sur le territoire », illustre Noémie Bonnet-Aldigier, directrice santé de l’Assurance maladie de l’Hérault.

    Contrairement aux idées reçues, les professionnels de santé voyous (35,2% des cas) causent donc l’essentiel du préjudice (76,4%). Les centres de santé sont les premiers fraudeurs (3,8 ME). Ce n’est pas toujours le professionnel de santé qui truande. Plus souvent « des financiers peu regardants qui fraudent sur de la facturation de soins non effectués ». On trouve aussi les taxis et transporteurs sanitaires (2,15 ME) peu scrupuleux. Quand leurs trajets ne sont pas fictifs, « sans permis ou sous emprise de stupéfiants, ils peuvent mettre en danger la vie des patients ».

    D’autres filous s’engouffrent dans la moindre faille. Pour limiter les arnaques aux fausses audioprothèses remboursées à 100% jusqu’en 2025, la carte vitale avec tiers payant est devenue obligatoire. Les 3 ME détournés en 2024 ont donné lieu à 116 pénalités, 72 signalements et 35 plaintes pénales. Malgré les « contrôles des pratiques dangereuses et de la qualité des soins » effectués, rappelle la directrice médicale régionale Hélène Azoury, personne n’est dupe. Si à l’avenir l’intelligence artificielle sera un atout, « il y a encore des trous dans la raquette. Des kits de fraudeurs sont disponibles sur internet », soupire Noémie Bonnet-Aldigier.

    * Lire aussi à ce sujet la chronique d’Annie Menras p. 19.

    ** 53 ME de fraudes en Occitanie et 723 ME en France en 2025.

  • La Grande Parade Métèque : dix ans à fêter la diversité

    La Grande Parade Métèque : dix ans à fêter la diversité

    « Il y a dix ans naissait, à Montpellier, la toute première édition de la Grande parade métèque, d’un rêve un peu fou : célébrer le métissage et l’interculturalité, dans un pied de nez joyeux et déterminé au racisme et aux replis identitaires. Le contexte dans lequel nous célébrons cette 10e édition rend ce travail plus nécessaire que jamais », estime Ademass, association culturelle à dimension sociale et citoyenne qui porte la manifestation. En effet, « partout, les discours de peur se banalisent, le racisme se décomplexe, les fractures sociales se creusent et polarisent notre société », déplore l’association. Ce 10e anniversaire se veut donc synonyme de « résistance joyeuse » : « nous lançons un appel à toutes celles et ceux qui ne se résignent pas (…). Affirmons par la fête, la culture, la musique et les gestes partagés, qu’un autre monde est possible ».

    Du 5 au 9 mai, le quartier Figuerolles-Gély, où le projet est implanté depuis ses débuts, va vivre au rythme des nombreuses animations – spectacles d’arts vivants, débats, concerts, village associatif – proposées autour de la traditionnelle « grande parade ».

    La journée du 7 mai sera réservée aux scolaires, avec l’accueil de 300 enfants des écoles du quartier. À la fois spectateurs et acteurs, ils présenteront des spectacles créés durant l’année avec des artistes partenaires. Le reste du festival sera ouvert à tous et entièrement gratuit. Le coup d’envoi sera donné mardi 5 mai à 18h avec une représentation de Souki, spectacle de théâtre-danse, dans une salle du collège Fontcarrade. Suivra, à 20h30 à la maison pour Tous Joseph-Ricôme, l’Odyssée d’un départ, où seront égrenés, en musique, les souvenirs d’un enfant d’origine algérienne né en France.

    La grande parade aura lieu samedi 9 mai à 17h

    Mercredi 6 mai, le festival s’installe place Salengro, au cœur de Figuerolles, pour une après-midi de jeux, danse et musique (14h-18h) avant un spectacle de cirque acrobatique proposé par la compagnie Zid à 18h30 suivi, à 20h30, d’un DJ set « percussif et libérateur » de Kbira, qui fusionne les sonorités du Maghreb avec des styles urbains.

    Vendredi 8 mai, rendez-vous au parc de la Guirlande pour une après-midi « décolonisons nos imaginaires ». Dès 14h, des ateliers créatifs et des performances seront proposés, la Bouscule viendra avec sa « bibliothèque décoloniale ». À 15h30, une table ronde sera consacrée à la thématique « Décolonisons le langage ». À 17h, cap sur le théâtre voisin de La Vista, pour la conférence dansée « Décolonize the dancefloor » de Habibitch, nourrie de références politiques et historiques. La journée se clora à 20h30 avec Hermance DJset, « un set émergent qui valorise des voix de femmes et des discours de femmes marquantes ».

    Samedi 9 mai, enfin, le parc de la Guirlande accueillera, de 14h à 18h, un village associatif mettant en valeur une trentaine d’associations du territoire. Des expositions autour des questions de féminisme et de migrations, d’exil et de lutte contre le racisme y seront proposées. Deux spectacles de cirque auront lieu à 14h30 au gymnase Ramel (Routine, au croisement du cirque et du parkour) puis à 16h au parc de la Guirlande (Maiador, expérience inspirée de la culture populaire brésilienne où se mêlent acrobatie, danse contemporaine, mât chinois et musique live).

    Temps fort de la journée : la grande parade métèque, déambulation déguisée dans le quartier, mélange de carnaval et de manifestation célébrant l’interculturalité, partira à 17h du parc de la Guirlande au son des batucadas, emmenée par un char à chimères. Le festival se clora par une soirée de concerts au parc où se succéderont, à 19h30, l’enfant de la Paillade Manuela Diaz (pop urbaine – flamenco) et à 21h30 la chanteuse réunionnaise Maya Kamaty (maloya – pop urbaine créole).

  • Entre ébauche de programme et manifeste, le PS se cherche

    Entre ébauche de programme et manifeste, le PS se cherche

    Sitôt le sprint des municipales clos, le marathon de la présidentielle 2027 vient de débuter. Du moins au Parti socialiste qui ne veut pas perdre une minute, 4 ans après l’humiliation d’Anne Hidalgo (1,75%) en 2022.

    Ces derniers jours, l’aile gauche et l’aile droite du PS viennent d’avancer dans leur stratégie qui, pour l’heure, diffère. Proche du maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, Carole Delga vient de relayer l’appel à signer le manifeste « Construire 2027 ». Publiée par des personnalités de gauche et écologistes (Raphaël Glucksmann, Boris Vallaud, Yannick Jadot…), cette tribune vise à bâtir une offre politique de gauche (hors France Insoumise) capable de l’emporter dans un an. Le but affiché n’est pas juste de contrer la menace d’un RN aux portes de l’Élysée. La démarche ambitionne d’élaborer un « projet collectif et crédible » capable de changer la vie des gens. « Dans notre Histoire, il y a eu les commentateurs du déclin et il y a eu les acteurs du sursaut. Nous serons de ceux-là », affirment les signataires qui veulent couper court aux querelles internes à gauche.

    Problème : le texte est critiqué pour son rejet implicite de Jean-Luc Mélenchon (21,95% à la présidentielle 2022). À la lecture des grandes orientations (projet social, de transformation écologique et économique, un projet républicain qui refonde la démocratie), on constate aussi que la plupart des sujets majeurs (fiscalité, retraites, Europe…) ne sont pas encore tranchés. Une manière d’éviter les sujets qui fâchent ou de laisser sa place au débat ?

    De son côté, l’aile gauche du PS vient de publier une ébauche de programme (144 pages) au bout d’un tour de France d’un an de travail avec un millier d’auditions auquel a participé Chloé Ridel. « C’est un récit politique autour de la liberté. C’était la grande promesse lors de l’abolition des privilèges à la Révolution et on constate qu’elle n’est pas tenue », résume l’eurodéputée gardoise en pointant le fossé grandissant des inégalités dans ce « nouvel âge du capitalisme de prédation ».

    S’il énumère aussi quelques grands principes théoriques, cet essai programmatique voulu par le premier secrétaire Olivier Faure a le mérite de trancher certaines positions. Parmi les « partis pris », Chloé Ridel cite celui du pouvoir d’achat. « Il n’y a pas que la hausse des salaires, il faut des mesures pour baisser le prix du logement, de l’énergie, des transports. » Ou de la sécurité. « On ne veut pas parler que de narcotrafic et d’étrangers mais d’insécurité liée à la pollution, au réchauffement climatique… ». Au contraire de l’aile droite du PS, l’eurodéputée s’autorise la critique du mandat décevant de François Hollande (2012-2017) qui a conduit au macronisme. « Le monde a changé. Regardons ce que fait Pedro Sanchez en Espagne… »

    Tandis que Carole Delga refuse l’idée de la primaire à gauche du 11 octobre jugée peu sérieuse et trop tardive, Chloé Ridel précise que la présidente de Région a été auditionnée. « Elle a amené de bonnes idées sur le train, la laïcité… » Et d’assurer : « Même si nos stratégies électorales divergent (aller vers le centre ou vers les classes populaires perdues), notre état d’esprit est de tous se retrouver in fine. » Un chemin semé d’embûches.

  • En prévision des travaux d’extension, le musée Fabre sera fermé du 4 au 22 mai

    En prévision des travaux d’extension, le musée Fabre sera fermé du 4 au 22 mai

    En préambule de ces travaux d’extension, qui se tiendront à partir de 2028, une courte phase préparatoire de sondages géotechniques va être réalisée à partir du 4 mai. Ils seront réalisés à l’entrée du musée, au niveau de la bibliothèque et de la librairie-boutique, où se tiendra le futur escalier menant aux nouveaux espaces d’exposition créés sous le musée.

    Afin de limiter les nuisances pour les visiteurs, et avant la mise en place d’une entrée secondaire temporaire en 2028, le musée fermera donc ses portes du 4 au 22 mai, le temps de cette phase préparatoire. La réouverture aura lieu le 23 mai pour la Nuit des musées.

    Un nouvel écrin

    C’est l’Atelier d’architecture Emmanuel Nebout, déjà lauréat du premier projet d’extension du musée réalisé en 2007, qui mènera à bien cet ambitieux projet d’agrandissement et de rénovation,
    avec l’agence bordelaise BLP.

    Sous la cour Soulages, sera creusée la grande salle d’exposition. Elle présentera une surface de 940 m², composée d’une nef centrale sous un tamis de lumière. Ce vaste espace sera complété par une allée latérale pour les espaces d’interprétation indispensables aux expositions temporaires. Enfoui sous le sol de la ville, il sera relié par un vaste escalier de deux volées. Situé en continuité directe avec le hall, il se déploiera à l’emplacement de la bibliothèque actuelle et amorcera le parcours vers la salle des expositions temporaires. De son côté, le parvis sera repris pour redonner sa splendeur à la porte Buren et intégrer, dans le prolongement de l’esplanade récemment repensée, un jardin des sculptures.

    LM

  • Un gisement très rare d’œufs de dinosaures

    Un gisement très rare d’œufs de dinosaures

    C’est une découverte extraordinaire ! », se réjouit Alain Cabot. Ce géologue de formation, passionné de paléontologie, a fondé il y a 30 ans le Musée-parc des dinosaures de Mèze après avoir mis au jour, dans cette pinède de 6 hectares, des œufs de dinosaures. « Depuis, nous trouvons des pontes comportant quelques œufs : 4, 5, 6… maximum 10 », explique Alain Cabot.

    Lors d’une nouvelle campagne de fouilles lancée en octobre dernier, « je suis passé sur une zone où j’ai trouvé de la coquille partout au sol. J’ai fait un premier sondage et j’ai découvert un nid de 8 œufs. En continuant à creuser, j’ai trouvé une aire de ponte contenant plus d’une centaine d’œufs de dinosaures ! Et j’ai déjà commencé à regarder à côté, il y a encore des coquilles partout… Ce qui veut dire que cette zone à œufs s’étend peut-être sur plusieurs centaines de mètres et qu’il pourrait y avoir plusieurs centaines d’œufs », s’enthousiasme le directeur.

    Une concentration exceptionnelle qui fait rentrer le site de Mèze « dans la cour des grands ». « On a deux ou trois gros gisements sur la planète, en Argentine, en Chine… Dans le sud de la France, on trouvait pas mal d’œufs de dinosaures, mais là on passe à un niveau supérieur. On se retrouve à la tête d’un gisement qui, avec le reste de ce qui a été trouvé dans le sud de la France, est en train de devenir un des plus gros du monde », estime le scientifique.

    Visites guidées sur le site

    Le gisement de Mèze date du crétacé supérieur, « de -75 à
    -66 millions d’années, ce qui signifie que nous avons les tout derniers dinosaures avant et pendant l’extinction
     ». Les œufs retrouvés sont, « pour les trois-quarts, des œufs de gros dinosaures herbivores, long cou, longue queue, quatre pattes, qu’on appelle titanosaures. Ils mesurent 15 à 17 mètres et pèsent une vingtaine de tonnes », décrit Alain Cabot. Leurs œufs, dont la taille oscille « entre le ballon de hand et le ballon de football », sont ronds « alors que les carnivores, eux, pondaient des œufs oblongs ». Ce sont ces œufs ronds qui ont été retrouvés en abondance, pour certains non éclos. « Cet automne, on les passera au scanner et on verra si, chose rare, il y a un embryon à l’intérieur », livre le spécialiste. Cela permettrait de confirmer scientifiquement qu’il s’agit bien d’œufs de titanosaures. Car pour l’instant « on se base sur le fait qu’en Argentine, ils ont trouvé le même type d’œufs que nous avec un embryon qu’ils ont pu attribuer au titanosaure ».

    « Il va falloir deux ou trois ans pour étudier une découverte comme ça », estime le directeur du musée. En attendant, les visiteurs, eux, ont déjà pu découvrir ce trésor grâce à des visites commentées organisées, durant les vacances scolaires (tous les jours à 15h30, jusqu’au 3 mai), par Alain Cabot lui-même. « Par la suite nous allons réfléchir à une solution pour que les gens aient accès au site sans que j’aie besoin d’être présent. Nous installerons peut-être un écran avec des commentaires explicatifs. »

  • Contre la misère, le SPF entend « mondialiser la solidarité »

    Contre la misère, le SPF entend « mondialiser la solidarité »

    La scène internationale est marquée par de fortes turbulences ces dernières années, en témoignent les discours bellicistes qui fleurissent à tout bout de champ. À cela s’ajoutent les catastrophes naturelles, amplifiées par le dérèglement climatique – cyclone Gezani à Madagascar en février 2026, ouragan Melissa aux Caraïbes fin 2025 – plongeant une partie non négligeable de la population dans la précarité. Alors, comme chaque année, le Secours populaire français (SPF) lance sa grande campagne du Printemps de la solidarité mondiale. L’occasion de communiquer sur les différentes actions que l’association mène à l’international, une facette à laquelle le grand public est encore peu habitué. « Le SPF consacre chaque année 10 millions d’euros pour l’international. Nous sommes capables de déclencher une aide sur trois jours pour répondre à l’urgence. On envoie de l’argent au national et des équipes sur le terrain font des constats pour que la redistribution aille à l’essentiel », détaille Gilles Loison, secrétaire fédéral, chargé de la solidarité mondiale au SPF.

    Le SPF met également en avant ses projets d’aide au développement durable, réalisés avec 200 partenaires dans 60 pays. La fédération héraultaise apporte elle aussi sa pierre à l’édifice : en 2025, cette dernière s’est engagée avec l’association togolaise Métis-France-Togo. « L’objectif est de favoriser la formation professionnelle des femmes en situation de précarité à la couture », poursuit Gilles Loison. Le SPF34 financera jusqu’en 2027 la création d’un atelier d’apprentissage à hauteur de 10 000 euros par an.

    Panneaux solaires à Cuba

    Des projets concrets pour sortir des personnes de la misère. Cette année, le SPF a voulu mettre en lumière deux actions prioritaires à destination de pays présents sur le devant de la scène internationale mais pour de mauvaises raisons : le Liban – dont la population civile est bombardée par le gouvernement israélien – et Cuba, sous embargo total des USA. Dans le pays du Cèdre, le SPF a noué un partenariat avec l’association Offre Joie. « L’objectif principal de l’association est la collecte de fonds et de l’envoyer sur le terrain. Nous avons par exemple construit un centre à Beyrouth en 2024 capable d’accueillir 1 000 personnes et de leur offrir trois repas par jour », présente Amin Faraj, représentant d’Offre Joie France. Cet avocat s’est par ailleurs rendu à Beyrouth et a été témoin de la situation dramatique dans laquelle se retrouvent des familles de civils. « Aujourd’hui, plus d’un quart de la population libanaise est sans logement. Certains dorment dans des voitures, des tentes, sur la plage », poursuit Amin Faraj, montrant l’urgence de la situation. Des graines de Cèdre sont mises en vente par le SPF afin de financer des projets avec Offre Joie.

    Les Libanais ne sont pas le seul peuple à souffrir des velléités expansionnistes de petits dirigeants autoritaires obsédés par leur nombril. De l’autre côté de l’Atlantique, ce sont les Cubains qui sont les victimes collatérales d’un blocus décrété par les États-Unis et amplifié par Donald Trump depuis janvier. « Je suis allé à Cuba en novembre. On voit les effets de 60 ans de blocus : les maisons tombent en ruine, le réseau d’eau potable est lamentable, ce qui fait qu’il est très rare de pouvoir boire du café le matin. Il y a des pannes de courant de façon aléatoire, les poubelles traînent car les camions n’ont pas assez d’essence pour les ramasser », décrit Jacques Linares, de l’association Cuba-France-Cuba, louant « la résilience des Cubains qui se débrouillent seuls ». Notamment face aux pénuries d’énergie, qui sont foison dans le pays. Le SPF lance donc une campagne afin de financer 1 000 panneaux solaires, installés dans des structures de soins collectives ou des écoles.

  • Le choix des services publics via une hausse de la taxe foncière de la Métropole de Montpellier

    Le choix des services publics via une hausse de la taxe foncière de la Métropole de Montpellier

    Responsable, juste et protecteur » pour les uns. « Trahissant la parole donnée aux électeurs » pour les autres. Voté mardi 28 avril, le budget 2026 de la Métropole de Montpellier n’a pas fini de faire parler. Pas tant pour son montant (1,7 milliard d’euros) dont 1,26 milliard de dépenses réelles parmi lesquelles des dépenses de personnel (173 millions d’euros ; +2,2%) « plutôt maîtrisées », convient le nouveau maire divers droite (DVD) de Grabels, Pascal Heymes. Pas davantage pour la charge de la dette (130 millions d’euros d’annuité) accrue en raison des 480 ME investis sur la 5e ligne de tramway. Ni même à cause d’investissements ramenés à un niveau jugé « plus soutenable » (371 ME au lieu de 450 ME et avant les 200 ME annoncés pour 2027).

    Non, ce qui a nourri les presque quatre heures de débat, c’est le choix du président Michaël Delafosse (PS), révélé la semaine dernière, d’activer le levier fiscal. Un « tournant », selon l’élu LFI de Montpellier, Antoine Bertrand. « Un mois après les municipales, c’est un déni de démocratie. Il fallait le dire pendant la campagne ! », reproche l’ancien bras droit de René Revol (LFI), battu à Grabels. S’il s’était engagé à ne pas toucher à la fiscalité à l’échelle communale, Michaël Delafosse n’avait rien promis au sujet de l’intercommunalité.

    Son choix surprise concerne uniquement la taxe sur le foncier bâti. Si les taux de la Contribution foncière des entreprises (36,58%), du foncier non bâti (5,69%), de la taxe d’habitation (12,8%), de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (14,62%) ou de la taxe pour la gestion des milieux aquatiques et lutte contre les inondations (+50 euros décidés par l’État) restent stables, le taux de la taxe foncière explose, lui, de 0,167% à 5,8%. Pour les propriétaires, cela représente un surplus estimé entre 50 à 250 euros annuels en fonction des caractéristiques du logement.

    La droite vent debout

    C’est trop selon l’élu pro-Altrad, Salim Jawhari. « Ce n’est pas une stratégie, c’est un renoncement. On demande toujours l’effort aux mêmes, aux classes moyennes et aux entreprises qui auront une double peine fiscale. » Du côté des maires, la pilule ne passe pas à Castelnau-le-Lez où le nouveau maire Julien Miro (DVD) a choisi de « baisser de 20% cette taxe et de stopper les logements sociaux ». À Montferrier-sur-Lez, l’édile Frédéric Gueydan (DVD) ne cautionne pas davantage, de même que Guy Lauret (DVD) à Vendargues (DVD), Roger Caizergues (sans étiquette) à Lavérune ou encore Virginie Martos-Ferrara (DVD) à Villeneuve-lès-Maguelone. « C’est un effort trop brutal, trop rapide. » Avec à peine 25 votes contre et 9 abstentions sur 102, la hausse est toutefois validée.

    Si la plupart des élus s’y sont résolus, c’est en raison d’une situation financière délicate. « L’État a supprimé toutes les recettes dynamiques aux collectivités », déplore Christian Assaf (PS). L’État qui « ne s’attaque pas aux plus riches (ISF +211 milliards d’exonérations fiscales) et démantèle les services publics », fustige Hervé Martin (PCF). Un choix funeste refusé à Montpellier. « Nous ne vendrons pas nos médiathèques, nos crèches, nos piscines ou notre réseau des eaux », insiste le vice-président communiste.

    S’il consent que « personne ne paye l’impôt avec plaisir », l’écologiste Grégoire Delforge assure « qu’on peut y consentir s’il est transparent, juste, exemplaire et finance une part d’avenir ». C’est le cas selon le premier vice-président, Renaud Calvat (PS), qui promet que « chaque euro dépensé doit l’être utilement ». 350 millions d’euros iront aux mobilités douces (tramway 124 ME, bustram 8 ME, bus 6 ME…), 176 ME à la transition énergétique (déchets 128 ME), 140 ME à la voirie et à l’espace public (nettoiement 47 ME, entretien voirie 19 ME, espaces verts 9 ME, éclairage 5 ME….), 117 ME à la culture (subventions aux associations 20 ME, médiathèques 15 ME…) et au sport (subventions aux clubs sportifs 8,4 ME, piscines 11,7 ME). La solidarité (rénovation urbaine, aide aux communes) sera dotée de 90 ME (aides à la pierre 34 ME), le développement économique de 44 ME (filières 4,7 ME) ou encore la sécurité de 40 ME (Sdis 20,2 ME). Au total, 1 095 euros de dépenses de fonctionnement par habitant au lieu de 595 en moyenne ailleurs. « Nous faisons plus donc nous portons plus de charges, c’est un choix politique du service public », insiste Julie Frêche (PS). « Fermer des piscines, réduire la voirie, personne ne l’a proposé », observe Michaël Delafosse. « L’impôt ne fait jamais plaisir mais il permet de tenir sur la qualité de vie. »

  • [1er-Mai] Des défilés poings levés dans le Gard et l’Hérault

    [1er-Mai] Des défilés poings levés dans le Gard et l’Hérault

    Le 1er-Mai est à nous ! Ils se sont battus pour le gagner, on se battra pour le garder ! », scande au micro une militante CGT. A Montpellier (4 500 personnes selon les syndicats), Sète (1 000 personnes), Béziers (500 personnes) ou encore Nîmes (2 500 personnes), les récentes attaques portées par les macronistes et l’extrême droite contre la journée internationale des travailleurs sont dans toutes les têtes. « Le 1er-Mai est une conquête arrachée par la mobilisation il y a plus de 100 ans. Et c’est encore la mobilisation qui nous a permis récemment de le conserver. Nos manifestations sont là pour fêter cette victoire mais aussi pour alerter solennellement le pouvoir politique et le patronat : ne touchez pas au 1er-Mai ! », assène Christine Boularasse, de Sud Solidaires 30. « Cette remise en cause du 1er-Mai est une tentative de détourner l’attention des véritables préoccupations des travailleuses et travailleurs, à savoir les salaires, les pensions, le pouvoir d’achat, l’emploi… », estime Serge Ragazzacci, responsable départemental de la CGT de l’Hérault.

    «On est là pour dire non

    à la guerre »

    Très présente également au cœur des cortèges : la question de la paix,
    « dans un monde où on voit les guerres se multiplier», alerte le syndicaliste héraultais. « On est là pour dire non à la guerre et aux budgets de guerre, oui aux créations de postes et aux services publics », insiste Sabine Reynaud, du Snudi FO 34. Des dizaines de pancartes dénoncent ainsi une économie tournée vers l’armement et affirment leur soutien aux travailleurs sous les bombes en Iran, au Liban ou en Palestine.

    Enfin, à l’image de l’intersyndicale héraultaise qui a appelé, en fin de manifestation, à « une riposte populaire et antifasciste », le mot d’ordre antifasciste était omniprésent dans les défilés à moins d’un an d’une élection présidentielle que l’extrême droite rêve de remporter. Amélie Goursaud

  • [Entretien] Serge Ragazzacci : « Augmenter les salaires, les minimas sociaux et les pensions de retraite »

    [Entretien] Serge Ragazzacci : « Augmenter les salaires, les minimas sociaux et les pensions de retraite »

    La Marseillaise : En quoi ce 1er-Mai 2026 est particulier ?

    Serge Ragazzacci : Pour trois raisons. Il y a d’abord le contexte de guerre partout dans le monde et le 1er-Mai est une journée internationale. C’est la date choisie en 1889 pour avoir une journée de mobilisation internationale avec un même mot d’ordre qui était à l’époque la réduction du temps de travail, avec, également, l’objectif de rappeler les solidarités ouvrières. Ce qui frappe en 2026, c’est l’étendue des guerres et le retour des visées impérialistes. Il faut donc se mobiliser pour la paix. Le deuxième élément, c’est la nécessité de se mobiliser suite aux tentatives de remettre en cause le caractère férié du 1er-Mai et, au-delà, de disputer le symbole et l’histoire des luttes ouvrières.

    Enfin, il faut profiter de ce 1er-Mai pour faire entendre toutes les revendications et toutes les colères en particulier sur la vie chère puisqu’il y a une nouvelle inflation avec la guerre alors qu’il y avait déjà une inflation forte en particulier des produits alimentaires. Il y a une nécessité que l’on augmente les salaires, les minima sociaux et les pensions de retraite.

    Quelles sont vos propositions face à la hausse des prix du carburant ?

    S.R. : Aujourd’hui il y a la question du détroit d’Ormuz mais il y a aussi les choix politiques de la France qui inquiètent. Crise après crise, c’est toujours la même attitude puisqu’il y a un refus de prendre en compte celles et ceux qui travaillent et d’aller vers les augmentations de salaires. On fait comme s’il n’y avait plus de dividendes dans le pays, comme si des entreprises ne continuaient pas à s’enrichir énormément et comme s’il n’y avait pas 300 milliards d’aides publiques versées sans contrôle ni contrepartie. Il y a des secteurs très fortement touchés puisque la semaine dernière, il y a eu un appel à la grève des aides à domicile de l’Hérault, par exemple. Dans certains secteurs, la voiture est l’outil de travail et, pour d’autres, c’est le moyen d’aller travailler. Il faut vraiment redonner du souffle parce qu’il va y avoir des conséquences sur notre département et sur le tourisme durant la saison estivale. Il y a donc aussi une nécessité de blocage des prix. Il faudrait également avoir une politique industrielle.

    On nous dit qu’il faut aller vers plus d’électrification, mais encore faudrait-il en avoir les moyens. On n’a pas de politique industrielle à hauteur des enjeux économiques et environnementaux. Nous militons toujours pour un retour de ce qu’était EDF-GDF avec une gestion 100% publique. Nous voulons aussi une baisse de la TVA pour les particuliers et les entreprises parce qu’on considère que l’électricité est un bien de première nécessité.

    Les premières conséquences sur l’emploi se font-elles déjà sentir ?

    S.R. : Cela va arriver, surtout chez les artisans et les plus petites entreprises. On ne comprend pas non plus qu’il y ait des remises en cause du télétravail. Au lieu d’inciter au télétravail, ce qui permettrait d’économiser un peu d’argent, on remet en cause ces accords.

    Certains dans le bloc central et à droite voulaient remettre en cause le 1er-Mai. Comment avez-vous vécu cette bataille finalement remportée ?

    S.R. : Il y a une volonté d’être à l’offensive sur ce jour férié et de pouvoir encore libéraliser parce que ça permet de faire sauter des verrous dans le Code du travail. C’est extrêmement important. Ce verrou est primordial car le 1er-Mai est le symbole de la réduction du temps de travail.

    On voit bien les velléités de revenir sur ces réductions du temps de travail, que ce soit sur le droit à la retraite, la semaine de 35 heures ou la journée de huit heures. Il faut que les salariés prennent la mesure du danger. L’objectif est de dérégulariser l’ensemble de certains secteurs. Et pas pour le bien des artisans et des commerçants. Parce que derrière, il y a les grandes surfaces. C’est le cheval de Troie qui a conduit à l’ouverture généralisée des grandes surfaces le dimanche. Il faut aussi rappeler que le volontariat n’existe pas car le contrat de travail est un lien de subordination donc on ne parle pas d’égal à égal avec son patron.

    Le prochain 1er-Mai, en 2027, se déroulera en pleine élection présidentielle, comment appréhendez-vous les prochains mois ?

    S.R. : Il faudra que les gens se mobilisent. Il y a des choses qui se passent dans les entreprises qui permettront peut-être des avancées. On ne sait pas comment va se dérouler l’année à venir, mais nous appelons les salariés à ne pas rester attentistes dans une séquence électorale parce que de l’autre côté, les patrons, eux, ne sont pas attentistes. On voit [après l’invitation de Jordan Bardella par le Medef et la rencontre entre Marine Le Pen et les patrons du CAC 40, Ndlr] la porosité et l’absence de moralité du patronat. Nous sommes dans un phénomène de banalisation et le patronat ne voit pas le caractère raciste, xénophobe, islamophobe et antisémite de l’extrême droite. C’est aussi la conséquence de la démission d’un certain nombre de formations politiques, en particulier à droite, qui ont mis de sacrés coups dans le barrage républicain. Ça devient extrêmement dangereux. C’est un signal d’alerte et il y a besoin d’une réaction à la hauteur. L’autre raison de manifester le 1er-Mai, c’est donc pour s’opposer à la montée de l’extrême droite partout en Europe et plus particulièrement en France. C’est un sujet qui nous mobilise et qui va continuer de nous mobiliser jusqu’à l’élection présidentielle.

    Entretien réalisé par Tristan Arnaud