Tag: Hérault

  • [Entretien] Valentin Porte : « C’est vraiment l’épreuve de vérité »

    [Entretien] Valentin Porte : « C’est vraiment l’épreuve de vérité »

    L’équipe de France s’apprête à défendre à partir du jeudi 15 janvier son titre européen lors de l’Euro de handball jeudi (15 janvier – 1er février) organisé par les trois pays nordiques : Danemark, Norvège et Suède. Il y a deux ans en Allemagne, juste avant les JO de Paris, la génération conduite par Nikola Karabatic, aujourd’hui retraité, avait dominé le Danemark. La nouvelle génération est-elle en mesure de préserver son titre ? Ancien international (195 sélections), le capitaine de Montpellier Valentin Porte définit ses chances.

    La Marseillaise : La France a t-elle toutes les cartes en main pour défendre son titre lors du prochain championnat d’Europe ?

    Valentin Porte : L’équipe de France, intrinsèquement, a toutes les cartes en main pour garder son titre mais il y en a d’autres qui ont aussi de belles cartes. Elle ne bouge pas trop, avec des joueurs qui gagnent en maturité et expérience d’année en année.

    A quel tournoi, doit-elle s’attendre ?

    V.P. : Ce tournoi va être un point de passage très important. Si on regarde la compétition, je pense qu’on n’est pas loin d’une des compétitions les plus dures que l’équipe de France a eu à jouer ou va avoir à jouer. Au-delà du premier tour, il y aura l’Espagne, l’Allemagne, le Danemark, le Portugal face à elle lors du second tour. Que des équipes au top niveau mondial avec des matchs tous les deux jours. On va savoir où l’équipe de France en est vraiment, si elle est au niveau de toutes ces équipes-là. C’est vraiment l’épreuve de vérité.

    Quelle équipe vous paraît la mieux armée aujourd’hui ?

    V.P. : Sans contestation, le Danemark. Depuis des années, elle est monstrueuse. Elle se renouvelle avec des joueurs top mondiaux à chaque poste. Et, avec un coach plein d’expérience. Elle est l’immense favori. Après, derrière, ça va être un peu la guerre. Franchement, en termes de qualité individuelle à chaque poste, la France est peut-être l’équipe la mieux armée derrière le Danemark. Les individualités ne font absolument pas tout dans un sport collectif. Si la France joue bien collectivement, elle peut vraiment inquiéter ou embêter le Danemark.

    Les JO ont marqué la fin d’une génération. Cette génération a t-elle besoin de se prouver qu’elle peut gagner des titres ?

    V.P. : Oui, bien sûr, et c’est normal. Ces mecs, que je connais bien, sont tous morts de faim, ont soif de titres, je ne vais pas dire de reconnaissance parce qu’ils en ont. Mais, si cette nouvelle génération a beaucoup de talent, il faut maintenant qu’elle le prouve avec des titres. Il y a eu un début avec le bronze l’an dernier [Mondial, Ndlr], où ils sont allés le chercher avec les crocs à la dernière seconde. Cela peut lui donner la confiance pour les prochaines compétitions.

    L’échec au JO à Paris a t-il laissé des séquelles ?

    V.P. : Inconsciemment, ce traumatisme rentre toujours un peu dans les têtes. Mais, si l’équipe de France n’est pas à son meilleur niveau, ce ne sera pas à cause de ça. Le staff a bien mis le doigt là-dessus pour clôturer le chapitre et tourner la page. On repart d’une page blanche et on réécrit l’histoire.

    L’équipe de France s’est bâtie depuis très longtemps, sur sa base défensive. Est-elle aussi fiable que par le passé ?

    V.P. : Complètement. Ce n’est vraiment pas le secteur de jeu qui me fait le plus peur. Karl Konan n’est pas loin d’être l’un des meilleurs, voire le meilleur défenseur du monde. Thibault Briet montre chaque week-end que sans lui, son équipe n’est pas vraiment la même, surtout défensivement. Ludovic Fabregas est au top de sa maturité et son niveau.

    A quelles conditions, la France aura t-elle réussi son tournoi ?

    V.P. : Si elle atteint le dernier carré, au vu du parcours qui se dessine, ça sera déjà un très bel objectif rempli. Peut-être le plus dur sera fait. A part le Danemark, promis à l’une des deux premières places, il reste une place à prendre entre Allemagne, Espagne, Norvège, France, Portugal. Bien malin qui peut sortir l’équipe qui peut se qualifier.

    Trois joueurs de Montpellier participent à ce tournoi. Est-ce que ça peut être le tournoi du jeune gardien Charles Bolzinger ?

    V.P. : Tout le monde attend son éclosion internationale, mais un gardien a toujours une maturité un peu plus tardive. Il a encore le temps et apprend encore son métier. Cette année, il a pris conscience de certaines choses. Il s’est servi des années précédentes, notamment l’an dernier, où c’était un peu plus dur pour lui. Il a pu comprendre ce qu’était le très haut niveau, le travail, la régularité… de répondre présent. Cette saison, il a été très bien là-dessus. Cela peut être une grosse compétition pour Charles. De par ce qu’il a prouvé depuis le début de l’année, de par sa forme du moment, de par son état d’esprit, je pense qu’il est dans les très bonnes conditions pour que ça ait lieu. En club, ça évolue bien. Maintenant, il a besoin vraiment de le prouver au niveau international. De le prouver, de valider ça, pour se libérer totalement et se dire qu’il est sur la bonne voie.

  • [Entretien] Serge Zaka : « J’aimerais que la société civile considère mieux les agriculteurs »

    [Entretien] Serge Zaka : « J’aimerais que la société civile considère mieux les agriculteurs »

    La Marseillaise : Pour 2026, on peut souhaiter que le climat revienne sur le devant de la scène ?

    Serge Zaka : Oui c’est ça, en 2025, on a observé de très grosses régressions en termes de réflexions climatiques et environnementales. Et une politique mondiale – qui n’est pas que française – qui va vers d’autres préoccupations que celles du changement climatique et environnemental. On est vraiment dans une politique de confrontation entre les hommes alors qu’on devrait être dans une politique d’alliance entre humains pour pouvoir répondre à des problèmes climatiques mondiaux.

    Les aspects scientifiques du changement climatique sont niés. On se retrouve face à un discours climato-sceptique qui devient très présent en Amérique, et qui fait que le message de lutte contre le changement climatique est volontairement brouillé par un discours politique. Parce que les enjeux économiques qui en découlent sont trop importants pour certains pays. Donc, on a une dégradation globale – que ce soit politique ou scientifique – de la qualité des informations qu’on a sur le climat. Cela se voit dans les entreprises et les politiques, mais il ne faut pas que ça impacte le citoyen, qui lui, continue dans cette réflexion sur le climat. Ce qui serait inquiétant en 2026, c’est de voir les citoyens embarqués dans cette politique nauséabonde au niveau climatique.

    Comment expliquer cette dichotomie entre société civile et politiques ?

    S.Z. : Si l’on prend les États-Unis en exemple, Donald Trump a pris sa population en otage. Il impose sa vision qui n’est pas scientifique. C’est un discours basé sur l’émotion et l’opinion personnelle, et il fait comme si la population avait la même réflexion que lui. On a une politisation des discours scientifiques. C’est de là que vient cette différence avec la société civile. La société civile, elle, continue à suivre les chercheurs et à les relayer. L’opinion personnelle des politiques ne correspond pas à au consensus scientifique.

    Beaucoup opposent du coup l’agriculture et le climat. Or, il est quand même possible de lier les deux. Est-il encore nécessaire de le souhaiter pour 2026 ?

    S.Z. : Oui. Et dans l’autre sens, j’aimerais que la société civile aussi considère mieux ces agriculteurs. Parce qu’il faut savoir que déjà, l’agriculteur, on le voit comme une personne qui est là pour produire à manger. D’ailleurs, les populations sont de plus en plus urbaines, et elles sont complètement déconnectées de la réalité agricole. Ma génération est la première à ne pas avoir d’aïeul dans l’agriculture. Ça se voit à ce qu’on mange, de plus en plus de plats ultra transformés, certains ne savent même plus cuisiner. La place de la cuisine dans les appartements devient de plus en plus restreinte et ça ne devient plus un élément convivial de partage. Et au final, même si en France, on s’en sort mieux que certains pays – parce qu’on a quand même notre notion de terroir, de fromage, de vin, qu’on ne retrouve pas dans les autres pays du monde – notre pays reste quand même déconnecté du monde agricole. Ce que j’aimerais, en 2026, c’est d’arriver à faire comprendre que l’agriculteur n’est pas là juste pour nous faire à manger.

    Pour s’adapter au changement climatique, on a besoin des agriculteurs. Ce sont eux qui permettent de gérer aux mieux nos campagnes. L’agriculteur a un rôle dans la gestion des sols et des arbres – deux de nos alliés pour faire face au changement climatique – mais aussi dans la gestion de l’écoulement de l’eau, etc. J’aimerais bien qu’on comprenne qu’il est aussi là pour entretenir les paysages. Et en parallèle, en politique, j’aimerais bien qu’on comprenne que l’aide à la production agricole n’a plus à être pointée vers le tonnage de production, mais soit aussi orientée aussi vers la gestion des microclimats de la campagne et des écosystèmes, pour que ces discours aient un impact positif auprès des agriculteurs.

    Et j’aimerais bien en 2026 qu’on arrête d’opposer le consommateur et l’agriculteur. On a une espèce de vision médiatique qui oppose les gens, alors qu’en réalité, il faudrait réussir à travailler ensemble pour pouvoir avancer. Le fait d’opposer les gens, ça met des barrières aux constructions importantes pour faire face au changement climatique. Donc encore une fois, il faut s’unir pour faire face aux problèmes.

    Vous qui êtes chasseur d’orage, espérez-vous en voir des jolis dans l’Hérault pour les photographier ?

    S.Z. : Bien sûr. Comme tous les ans, j’espère que la saison orageuse sera esthétique, c’est-à-dire qu’elle permette de faire de belles photos, et généralement, esthétiques et violents ne vont pas ensemble. Parce que plus c’est violent, plus il y a de pluie, et moins il y a de situations intéressantes à prendre en photo. Généralement, les orages les plus secs et les moins violents sont les plus esthétiques. Et donc souhaiter avoir des orages esthétiques, ça ne veut pas forcément dire souhaiter voir les écosystèmes détruits par la grêle, je tiens à le préciser. Donc si on pouvait avoir des orages esthétiques sans qu’ils soient violents, ça peut être intéressant parce que j’ai encore pas mal de monuments et de paysages à mettre en valeur, un peu comme le Pic Saint-Loup. Dans mes photos, je veux mettre en avant nos terroirs dans des situations orageuses qu’on n’a pas l’habitude de voir sur les cartes postales.

    Une version enrichie de cet entretien
    est à retrouver sur le site internet
    de La Marseillaise.

  • Croissance record pour la Métropole de Montpellier

    Croissance record pour la Métropole de Montpellier

    Ce n’est pas nouveau, mais la tendance s’affirme et se confirme. Depuis 1968, la Métropole de Montpellier ne cesse de croître, sous l’effet combiné de l’attraction de sa ville-centre et du développement de ses communes périphériques. En 2023, les 31 communes de l’agglomération montpelliéraines comptaient ainsi 522 542 habitants, soit une croissance démographique de +1,6% par an entre 2017 et 2023, supérieure à celle de l’agglomération toulousaine
    (+ 1,4% par an). « Parmi les 15 plus grandes agglomérations françaises, celles de Toulouse et de Montpellier ont les plus fortes croissances démographiques, devant celles de Bordeaux (+1,3% par an) et de Nantes (+1,1 % par an) », relève l’Insee.

    Si les naissances y sont plus nombreuses que les décès, ce sont les migrations qui contribuent le plus à la hausse de la population de l’agglomération montpelliéraine, boostée par le dynamisme démographique de sa ville-centre (+1,4% par an), encore plus fort qu’en 2012-2017 (+1,2% par an). Au 1er janvier 2023, 310 240 habitants résidaient ainsi dans la capitale héraultaise, soit une hausse de + 8,8% en 6 ans.

    Rééquilibrage à l’ouest

    Si elles évoluent à des rythmes contrastés, les 31 communes de la métropole contribuent elles aussi à ce dynamisme. Castelnau-le-Lez conforte ainsi sa place de deuxième commune avec 26 058 habitants et une croissance effrénée de 27,2% entre 2017 et 2023, devant Lattes (17 351 habitants), qui progresse plus modestement (+4,7%). Le rééquilibrage progressif à l’ouest de la métropole s’illustre par des augmentations de populations supérieures à 20% à Juvignac, qui franchit la barre des 14 000 habitants (+26,8%), Saint-Jean de Védas (+33,2%) avec plus de 13 000 habitants, ou encore Cournonterral (+20,4%, 7 359 habitants), Pignan (+20,1%, 8 431 habitants) et Saussan (+30,3% 2 069 habitants). Seule commune en léger recul, Le Crès a perdu une centaine d’habitants entre 2017 et 2023 (9 226 habitants).

    De son côté, l’agglomération de Béziers Méditerranée (17 communes) continue d’attirer de nouveaux habitants, avec 133 128 habitants en 2023 contre 124 799 en 2017, soit une hausse de 6,67%. Avec une croissance annuelle de 0,9% entre 2017 et 2023, la ville centre, Béziers, y confirme son lent redressement en passant la barre des 80 000 habitants (81 545), qui correspond peu ou prou à sa population de 1968 (la ville était passée sous la barre des 70 000 habitants en 1999). Si l’on exclut Cers et Corneilhan, dont les soldes sont négatifs, les autres communes de l’agglomération enregistrent une croissance continue.

  • CHU de Montpellier : la CGT craint un « plan social déguisé » avec l’IA

    CHU de Montpellier : la CGT craint un « plan social déguisé » avec l’IA

    D’ici 5 ans, pas moins de 12% des effectifs du CHU de Montpellier pourraient disparaître avec la mise en place d’outils d’intelligence artificielle (IA). Quand on sait que le premier employeur public de l’Hérault emploie quelque 10 000 salariés, 1 200 postes seraient ainsi concernés. Telle est la crainte de la CGT à la suite de plusieurs réunions avec la direction qui a annoncé que l’hôpital public montpelliérain faisait partie des premiers « CHU tests ».

    En fin d’année 2025, lors du Comité social d’établissement (CSE), aucune donnée chiffrée n’a été gravée dans le marbre. Ce qui peut expliquer que seule la CGT s’est pour l’heure prononcée contre le dispositif (FO, l’Unsa et la CFDT ont voté pour ou se sont abstenues). Mais « ces chiffres avaient été révélés lors de réunions préalables », assure Pierre Renard. Et le délégué syndical CGT de redouter un « plan social déguisé ».

    Pour l’heure, pas de licenciements secs en vue mais des « non renouvellements de CDD et des non remplacements de départs à la retraite » qui au fur
    -et à mesure feront baisser la masse salariale du CHU, pourtant en sous-effectif chronique comme ailleurs. « On le voit avec la grève des médecins libéraux. Rien n’a été anticipé par l’ARS ni les pouvoirs publics. Résultat  : les urgences du CHU sont débordées. Si on connaissait un drame semblable à l’incendie en Suisse, on n’aurait pas les moyens humains de prendre en charge tous les patients ».

    Le « prétexte » de l’IA ?

    Dans les discours officiels, l’IA médicale sur laquelle travaille le CHU vise à faire gagner du temps et de l’efficience aux services. Et même Pierre Renard en convient : cette technologie en devenir peut avoir des effets bénéfiques sur l’organisation des services, la coordination des tâches. « Un patient pourra repartir avec son compte rendu médical le jour même, ce qui n’était pas toujours le cas ». Mais le cégétiste prévient : « L’IA ne pourra pas répondre au téléphone pour renseigner une mamie. Elle ne réglera pas tout ». Surtout pas remplacer la présence humaine indispensable auprès des patients. « La CGT n’est pas contre l’IA mais contre la façon dont on pourrait l’utiliser. L’IA ne doit pas amener moins de réflexion chez les médecins ni remplacer des postes administratifs », prévient Pierre Renard.

    En attendant le prochain Comité d’établissement, il craint que l’administration soit dans le viseur. « Des postes de secrétariat, de coordination d’infirmiers ou dans l’interprétation de l’imagerie médicale… », illustre-t-il. « Cela ouvre la porte à des dérives qui auraient aussi des répercussions sur la Caisse de retraite de la fonction publique, dont le déficit se creuse à cause des suppressions de postes ». Pour Pierre Renard, l’IA doit venir « en accompagnement » d’un service public hospitalier qui devrait au contraire renforcer sa masse salariale. « Là, on sent que l’IA sera un prétexte pour la réduire ».

  • Une nouvelle ligne de bus pour Sète Agglopôle

    Une nouvelle ligne de bus pour Sète Agglopôle

    C’est un bus flambant neuf que les riverains de l’agglo de Sète ont pu apercevoir dans les rues en cette nouvelle année. Le 5 janvier, a été inaugurée la ligne A de bus reliant la gare routière de Balaruc-le-Vieux à l’arrêt Noël-Guignon, à Sète, en passant par la gare SNCF. Sa particularité ? Être un transport en commun à site propre (TCSP) 100% électrique. « Les bus auront une voie dédiée entre le canal de la Peyrade et la Pointe Courte, l’entrée de Sète [d’une distance de 1,9 km, Ndlr]. Ils sont prioritaires par rapport aux voitures pour la traversée de giratoires », détaille Eric Van de Putte, chef du service mobilités de l’agglo. Concrètement, quand un bus s’approche d’un rond-point, un radar le détecte et le feu passe automatiquement au rouge pour les voitures afin de le laisser passer. « L’été, par rapport à la voiture, le gain de temps estimé est près de 10 minutes », reprend Eric Van de Putte.

    D’autres lignes renforcées

    Un gain de temps non négligeable pour les travailleurs de toute l’agglomération. Car cette nouvelle ligne s’accompagne d’un renforcement du réseau. La fréquence des lignes desservant Montbazin, Poussan, Loupian, Mèze et Villeveyrac (20, 21, 22 et 23) est doublée. Tout comme l’offre les dimanches et jours fériés, qui se voit renforcée : chaque commune de l’agglo sera desservie par une ligne.

    Cette nouvelle ligne de bus contribue également à tendre vers l’objectif d’une neutralité carbone d’ici 2050. « Cette ligne facilite le lien nord-sud de l’agglomération. Dans les années à venir, nous compléterons ce service par la création de pistes cyclables et le développement de l’autopartage », soutient Loïc Linarès, président de Sète Agglopôle. Reste à voir si les habitants du Bassin de Thau délaisseront leur voiture.

  • Saint-Jean-de-Védas : une ville endeuillée et à l’arrêt qui cherche sa boussole

    Saint-Jean-de-Védas : une ville endeuillée et à l’arrêt qui cherche sa boussole

    Depuis le 5 janvier, Saint-Jean-de-Védas a un nouveau maire. Et contrairement à ce que l’impasse politique laissait présager, ce ne sont pas les divisions au sein de la majorité qui en sont la cause. À 42 ans, l’ex-édile François Rio a perdu la vie le 20 décembre dans un accident domestique. Tragique.

    Les hommages ont été unanimes et si la campagne a été mise en pause, elle reprend peu à peu. Dans la 4e commune de la métropole de Montpellier, l’incertitude est à son comble. Le 5 janvier, lors d’un conseil municipal tendu, l’élue Mireille Passerat de la Chapelle a été préférée à l’ancien 1er adjoint Christophe Van Leynseele pour assurer l’intérim. La retraitée de 78 ans ne devrait pas aller plus loin. Ce qu’il reste de la majorité sortante devenue minoritaire (le budget 2025 avait dû être préparé par la Chambre régionale des comptes), sera-t-elle seulement en mesure de monter une liste ?

    Dans l’opposition de l’ancien maire, ils sont potentiellement six dans les starting-blocks. Deux sont des anciens de l’équipe de feu François Rio. S’il n’est pas encore déclaré, Patrick Hivin, qui se revendique de l’ancien premier ministre de droite Edouard Philippe, pourrait en être en tant qu’« apolitique ». De son côté, Richard Plautin est décidé avec sa liste sans étiquette « Ensemble pour les Védasiens ». Fâché avec le maire défunt depuis l’automne 2024, c’est un ancien compagnon de route de l’ex-édile Jacques Atlan (PS). Richard Plautin veut plus de policiers municipaux, soutenir sport et culture, mieux gérer les finances et « redonner à Saint-Jean sa place à la Métropole ». Il est le seul favorable à l’actuel projet de Contournement ouest de Montpellier (COM) pour « fluidifier la circulation ».

    Cheffe de file du groupe d’opposition « Aimer Saint-Jean », Emmanuelle Mysona mènera une liste « sans étiquette hors des extrêmes ». La professeure des écoles soutenue par des membres de l’équipe de l’ancienne maire Isabelle Guiraud (DVD) veut agir face à la carence de médecins, pour lutter contre les accidents routiers et rénover les maisons vétustes. De son côté, Michel Masson n’est autre que l’ex-mandataire de l’extrémiste de droite Éric Zemmour à la dernière élection présidentielle. Accusé d’avoir construit son mas dans la garrigue en toute illégalité, l’ancien garagiste devenu ciottiste constitue une menace pour l’avenir de la commune aux yeux de la gauche.

    Quelle offre à gauche ?

    Avec le collectif « Pour Saint-Jean », le socialiste Florian Depret mènera une liste « transpartisane, sans extrêmes d’où qu’ils viennent ». Suspendu 6 mois pour sa dissidence aux législatives 2022, celui qui ne portait pas la Nupes (coalition des gauches) dans son cœur insiste sur le collectif. « On n’élit pas un maire mais une liste. On voit que sans majorité, un maire n’est rien. » L’ingénieur informaticien promet « d’apaiser le climat » en impliquant l’opposition et les citoyens. Il entend recréer un cœur de ville (rambla place de l’Ortet), créer un pôle médical védasien et une voie rapide vélos vers Montpellier via la route 613. Florian Depret veut rénover les « passoires thermiques » dans les écoles et créer un « hub solidaire » pour les associations. Comme lui, Philippe Hippert est contre le projet de COM de Vinci mais pour un « boulevard urbain ». À la différence que le président de l’association « Saint-Jean Environnement » revendique une « liste de gauche plurielle dans l’esprit du Nouveau front populaire ». En pourparlers avec Place publique et Génération.s, l’ancien principal de collège a le soutien de l’Engagement et des Écologistes. « On ne se cache pas derrière notre petit doigt », précise-t-il face aux listes dites « apolitiques ». Avec le Collectif védasien, l’ex-élu sous Jacques Atlan veut « sortir de la gouvernance verticale » et une vice-présidente pour Saint-Jean à la Métropole. Philippe Hippert assume son opposition ferme au projet de chaufferie CSR traitant les déchets. « On peut les trier déchets et travailler avec Lunel et Sète. » Il souhaite construire des logements sociaux dans la « mixité » des quartiers et « arrêter d’urbaniser les terres agricoles ». Comme Florian Depret, il veut mieux isoler les écoles et imagine une maison médicalisée pour attirer des médecins. Un accord de 2nd tour serait-il possible ?

  • Hérault : un nouveau lycée à Cournonterral à la rentrée 2026

    Hérault : un nouveau lycée à Cournonterral à la rentrée 2026

    Village situé à l’ouest de Montpellier, il a connu une nette augmentation de sa population également puisqu’entre 2016 et 2022, le nombre d’habitants est passé de 5 950 à 7 019.

    Le chantier du nouveau lycée a débuté en 2025 après plusieurs années de reports liés à l’achat des parcelles et aux autorisations administratives. L’ouverture de l’établissement est prévue pour septembre 2026.
    La Région annonce une capacité de 1 400 élèves
    et une surface de 17 000 mètres carrés.
    Il devrait proposer
    des formations professionnelles, techniques et générales, orientées vers les métiers du numérique et de l’informatique.

  • Dans l’Hérault, plus de la moitié des bovins vaccinés

    Dans l’Hérault, plus de la moitié des bovins vaccinés

    S’il n’y a aucun cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans l’Hérault, la préfecture a mis en place, dès le 19 décembre, un plan pour contenir cette maladie s’attaquant aux vaches après que des foyers se sont déclarés dans l’Aude.

    Première étape, la mise en place d’une zone réglementée dans 18 communes de l’ouest de l’Hérault comprenant 120 bovins. « 100% des vaches ont été vaccinées dans cette zone. Sur l’ensemble du département, nous en sommes à 56% [au 5 janvier, Ndlr]. Nous espérons atteindre l’objectif de vacciner 75% des bovins de 95% des cheptels à la mi-janvier », détaille Chantal Mauchet, préfète de l’Hérault. Une manière d’atteindre l’immunité collective. Car le département veut devenir un « cordon sanitaire » afin de stopper la propagation de la maladie.

    Pour ce faire, les services de l’État, de la Chambre d’agriculture et des cabinets de vétérinaires se plient en quatre pour vacciner les 5 420 bovins restants sur les 12 420 que compte l’Hérault. D’autant qu’atteindre tous les troupeaux n’est pas une chose aisée. « Dans le département, la moitié des élevages compte moins de 20 bovins, parfois des élevages semi-sauvages donc très durs à atteindre  », fait valoir Yann Louguet, directeur départemental de la protection des populations.

    60 000€ débloqués

    Un travail de fourmi mais nécessaire pour éviter l’abattage. « Personne n’a envie d’abattre son troupeau, c’est un drame. Éradiquer la maladie est donc primordial », soutient Jérôme Despey, président de la Chambre d’Agriculture 34 et de la FDSEA 34. Car la stratégie sanitaire mise en place dans les pays européens repose sur trois piliers : l’abattage du troupeau si une infection est détectée ; l’interdiction de mouvements d’animaux autour de 50 km d’un foyer ; la vaccination dans les 50 km d’un foyer.

    Les services de l’État ont donc voulu rassurer les éleveurs inquiets. « Il n’y a aucune suspicion et aucun cas signalé dans l’Hérault », confirme Jérôme Despey. Un fonds de 60 000 euros a d’ailleurs été mis en place afin de prévenir de potentiels préjudices liés à l’export. Seule ombre au tableau, la prolifération de fake news. « Nous avons besoin de faire preuve de pédagogie, les réseaux sociaux nous tuent. Des fausses vidéos générées par l’IA sapent le travail des chercheurs, des épidémiologistes », soupire Aude Geiger, en charge de la filière élevage à la Chambre d’agriculture.

  • [Entretien] Katia Le Goaziou : « Cette croissance va s’essouffler à partir de 2040 avec l’effet post baby-boom »

    [Entretien] Katia Le Goaziou : « Cette croissance va s’essouffler à partir de 2040 avec l’effet post baby-boom »

    La Marseillaise : Quelles raisons à la forte croissance dans l’Hérault qui reste pauvre ? Est-elle soutenable ?

    Katia Le Goaziou : L’Hérault a le 3e plus fort taux de croissance de France. Entre 2017 et 2023 l’attractivité s’accroît comparé à 2012-2017. Le solde naturel s’érode moins vite qu’ailleurs mais l’essentiel de cette croissance est portée par des arrivées plus nombreuses que les départs (solde de +1,1%/an au lieu de +0,9%). Le dynamisme est à Montpellier et dans sa métropole, sur le littoral (intercommunalités de Sète et Béziers). On observe une forte attractivité et un solde naturel positif car la population y est plus jeune. La croissance concerne aussi des communes plus petites sur l’axe Montpellier-Nîmes, c’est un phénomène de périurbanisation. À Montpellier, l’attractivité s’explique essentiellement par la classe des 18-24 ans (12 000 arrivées pour 7 600 départs). Ce sont souvent des étudiants. Aux âges de la vie active, les populations s’installent plus dans l’agglo (St Jean-de-Védas +4,9%, Castelnau-le-Lez +4,1% qui bénéficient des axes de transport, d’effets de rattrapage sur le logement…) ou en 2e couronne en raison de la pression foncière et du ralentissement de la construction de logements (7 500 en 2017, 2 200 en 2024). Les retraités viennent plus sur le littoral vers l’Aude et les P-O.

    Cette croissance est-elle soutenable ?

    K.L.G. : Si les jeunes restent c’est qu’il y a du travail. L’emploi, tourné vers la sphère présentielle (commerces, services) et productive (industrie, recherche), est assez dynamique mais pas assez pour absorber les arrivées, d’où un chômage élevé. À l’avenir, ce ne sera plus suffisant pour compenser le différentiel naissances/décès. Avec l’effet post-baby boom, on aura un mur démographique qui fera que cette croissance va s’essouffler peu à peu à partir de 2040.

    D’où viennent les dynamiques récentes de Sète et Béziers ?

    K.L.G. : Béziers est plutôt en bonne croissance qui ralentit avec la baisse des naissances, d’où une dynamique assez stable. Cela signifie que le profil des arrivants est probablement plus âgé qu’à Montpellier. La commune est à +0,9%/an contre +1,1% sur la période précédente. Pareil sur l’agglomération où on peut noter la forte croissance de Sérignan (+3,6%/an). Sète perdait des habitants (-0,6%/an) et en gagne depuis 2017 (+0,8%) alors que le solde naturel s’est creusé depuis 2012. Le nombre de constructions reste à Sète relativement faible. Par contre le nombre de logements vacants a baissé : 2 654 en 2016, seulement 1 850 en 2022. Il y a eu un effort particulier pour résorber la vacance. Dans le sens inverse, il y a aussi une concurrence avec le marché des résidences secondaires : 21% des logements en 2022.

    Le Gard continue aussi sa croissance mais ce n’est pas trop Nîmes qui la tire…

    K.L.G. : Dans le Gard, le solde naturel est nul donc la croissance se maintient (+0,6%/an) grâce aux arrivées. Elle est notable à Alès et autour, au pays de Sommières en limite de l’Hérault grâce à l’aire d’attraction de Montpellier qui déborde vers le Gard et autour de Nîmes. La croissance de la ville centre est quasi nulle (+0,1%/an) mais celle de son agglo est plus élevée (+0,4%/an) mais ralentit avec la baisse des naissances et la hausse des décès. Des gens préfèrent habiter à proximité pour un meilleur cadre de vie. À Nîmes, il y a une forte polarisation de l’espace entre quartiers riches et très pauvres.

    Pourquoi la tendance s’est totalement inversée à Alès ?

    K.L.G. : La ville d’Alès croît beaucoup (+2,3%/an) et l’agglo (+1%/an) également. C’est beaucoup car le solde naturel est négatif. Entre 2012-2017 et 2017-2023, on a gagné 1 point en composante migratoire. C’est une zone qui va croître très fortement. Pour comprendre, ces trajectoires de Nîmes et d’Alès, il faut regarder sur une plus longue période. Il y a des effets de rattrapage sur des programmes de construction ou autres. Depuis les années 90, la population de Nîmes augmentait de façon continue et se stabilise. À Alès, la population était stable voire en légère baisse et augmente d’un seul coup fortement. Au final, depuis 1990, Nîmes a grandi de 18% et seulement Alès de 12 %. Sur long terme, ça s’équilibre. Les tendances peuvent aussi s’expliquer par certains choix d’acteurs publics locaux.

  • L’art brut, verso du monde ordinaire

    L’art brut, verso du monde ordinaire

    Composée de 60 œuvres originales, mêlant des supports et des médiums variés, cette exposition donne à voir des univers singuliers et sans filtre : ceux d’ouvriers, comédiens et techniciens des Esat Ateliers Kennedy et La Bulle Bleue, structures où des personnes en situation de handicap travaillent dans un cadre protégé. Depuis 2021, ces travailleurs participent aux ateliers créatifs animés par l’artiste Mathieu Renault dans le cadre du dispositif de l’Adpep 34 (Association départementale des pupilles de l’enseignement public de l’Hérault). « On ne cherche pas une orthodoxie des gestes », assure l’artiste. Les œuvres exposées donnent accès à des univers intérieurs bruts, qui ne cherchent pas à rentrer dans des cases sociales ou académiques. L’exposition bouscule ainsi la hiérarchie implicite entre art « légitime » et création populaire, questionnant les normes qui définissent ce qui mérite ou non d’être exposé, ou ce qui relève du « monde ordinaire », ou non…

    À voir jusqu’au 12 février, à l’espace Saint-Ravy.

    Entrée libre.