Tag: Hérault

  • En Occitanie, les syndicats se mobilisent

    En Occitanie, les syndicats se mobilisent

    « Une saignée dans l’Éducation nationale » , Stéphane Audebeau – Cosecrétaire académique du Snes-FSU Montpellier

    Contexte national oblige, ce 1er-Mai aura une saveur particulière pour Stéphane Audebeau. « Depuis longtemps des partis politiques veulent remettre en cause le 1er-Mai, il faut le défendre en tant que jour férié et chômé pour tout le monde », soutient le cosecrétaire académique du Snes-FSU Montpellier, faisant référence au projet de loi – avorté – de Gabriel Attal pour faire bosser des salariés lors de ce jour historique de conquêtes sociales.

    « Nous avons plusieurs revendications en vue de lutter contre la vie chère. L’effondrement du pouvoir d’achat est au cœur de l’actualité. La crise de l’essence a des effets sur la fonction publique, notamment sur les salaires des catégories C et des AESH, AED », poursuit Stéphane Audebeau. Le monde enseignant n’est pas mieux loti. « Les fermetures de classes dans le premier degré continuent et des postes sont supprimés dans le second degré. Dans l’Hérault, on continue de parler de saignée dans l’Éducation nationale au moment où on aurait pu avoir une bouffée d’air dans un contexte de baisse du nombre d’élèves », soutient le syndicaliste. En effet, pas moins de 3 256 postes d’enseignants seront supprimés en septembre. Preuve en est, Stéphane Audebeau sera présent dans le cortège sétois qui profitera de la manifestation pour s’opposer à la fermeture de deux classes sur l’Île Singulière. D’autant que les arguments avancés par le ministère peinent à convaincre le syndicaliste. « Depuis 2017, pas moins de 8 000 postes ont été supprimés dans le second degré. Mais sur la même période, le nombre d’élèves a lui augmenté. »

    « Leur objectif est de détruire l’hôpital public », Pierre Renard – Délégué CGT au CHU de Montpellier

    Délégué CGT au CHU de Montpellier, Pierre Renard insiste sur l’importance du 1er-Mai « vu l’état de dégradation de l’hôpital public. Tous les services sont touchés par les non-renouvellements de postes, un management pathogène voire une maltraitance institutionnelle. Ce qu’on subit, c’est du jamais vu ».

    Pour l’infirmier, la santé publique en France est à la croisée des chemins avec le risque de prendre un virage américain. Un modèle de santé à deux vitesses où seules les personnes aisées pourront bien se soigner en payant dans le privé et les autres mal dans un secteur public dégradé.

    Selon lui, l’objectif du gouvernement et des directions de CHU est de « détruire l’hôpital public ». Il en veut pour preuve le développement en phase test au CHU de Montpellier de l’intelligence artificielle (IA) qui induit 12% de non-renouvellement de CDD et départs à la retraite, soit d’ici 5 ans moins 1 200 postes d’administratifs au CHU (comptes rendus d’examen, tarification à l’acte remplacés par des logiciels…). « Si l’État et des privés ont mis 15 millions d’euros pour développer cette IA ici, c’est pour la mettre en place dans les autres CHU. » Pierre Renard redoute des plans sociaux jusque dans l’imagerie médicale avec des postes de radiologues menacés.

    Moins d’emplois signifie aussi moins de cotisations. « Le gouvernement dira alors que la Caisse de retraite dysfonctionne, qu’il faut travailler plus longtemps et prendre des complémentaires santé pour se soigner. » Pour le cégétiste, l’hôpital incarne la volonté de « privatiser tout le système ».

    Propos recueillis par Rémy Cougnenc

    « On se bat d’abord pour les justiciables », Salomé Auliard – Avocate, coprésidente du SAF Nîmes

    « À l’approche du 1er-Mai, je n’attends pas de miracle. Le sujet qui nous occupe, en ce moment, c’est surtout la grève des avocats contre le projet de loi Sure de Gérald Darmanin. Cela fait des mois, voire des années, qu’on voit bien qu’aucun moyen réel n’est donné à la justice. Et là, avec cette réforme, on a le sentiment d’aller vers un modèle à l’américaine, notamment avec le plaider-coupable en matière criminelle. L’idée, c’est de faire des économies, mais toujours au détriment des justiciables.

    Ce que nous refusons, c’est une justice expéditive, sans vrai procès, qui irait peu à peu vers la suppression des cours d’assises ou des jurés, parce qu’ils coûteraient trop cher. Or, un procès, c’est aussi le moment où l’on entend les victimes, où l’on comprend les parcours, les passages à l’acte, les responsabilités. C’est essentiel.

    Pour moi, on est déjà dans une justice de classe. Avec les nouvelles contributions financières, on donne l’impression qu’il y aura de moins en moins de possibilités d’accéder à la justice. On nous dit que c’est pour aller plus vite, parce que les tribunaux sont engorgés, mais on ne donne pas les moyens pour les désengorger. À Nîmes, il manque une vingtaine de greffiers et greffières. Le ras-le-bol est réel.

    Quand nous faisons grève, nous perdons de l’argent. Mais j’ai vraiment le sentiment qu’on se bat d’abord pour les justiciables. Ce n’est pas cette justice-là que nous voulons. Pour le 1er-Mai, je suis assez désabusée : notre grève n’est pas vraiment entendue. Je manifesterai sans doute, à titre personnel. »

    Propos recueillis par Axel Jolidon

    « Nous craignons qu’il y ait moins de salariés », Philippe Milesi – Délégué syndical CGT chez Carrefour à Alès

    Vendredi 24 avril, les salariés de Cora, devenu Carrefour à Alès, ont débrayé une heure pour s’opposer au passage du magasin en location-gérance. « Depuis qu’on a été rachetés par Carrefour, nous sommes la filière Cora pour Carrefour et nous n’avons donc pas les mêmes droits que les salariés de Carrefour intégré. Ils ont des salaires plus élevés que les nôtres, des bénéfices et des primes que nous n’avons pas, ils n’ont pas non plus de jour de carence pour la première maladie alors que nous avons sept jours de carence. Pourtant nous avons la tenue, le badge, l’enseigne et les produits de Carrefour mais nous n’avons pas leur salaire », s’indigne Philippe Milesi.

    Le délégué syndical CGT de l’hypermarché sait qu’avec le passage en location-gérance, c’est-à-dire gérée par un propriétaire extérieur au groupe, il ne sera plus possible d’obtenir les mêmes avantages que les salariés de Carrefour intégré. D’autant que ce rachat pourrait s’accompagner de suppressions de postes : « La direction nous a annoncé que nous étions sur la liste des huit magasins anciennement Cora susceptibles de passer en location-gérance donc on n’aura jamais les accords intégrés et peut-être même que certains acquis que nous avons aujourd’hui pourront être revus. Nous craignons aussi qu’il y ait moins de salariés et que l’on demande plus de polyvalence pour un salaire qui n’augmente pas. Ils disent susceptibles de passer en location-gérance mais on sait que c’est déjà acté, qu’il y a déjà le repreneur derrière et pour amortir son investissement, on craint que cet investisseur diminue les effectifs comme ça c’est fait sur d’autres magasins. »

    Propos recueillis par Tristan Arnaud

  • Un projet pour valoriser la pêche locale dans les cantines du territoire

    Un projet pour valoriser la pêche locale dans les cantines du territoire

    Le 1er avril, une dizaine de chefs-cuisiniers de la restauration collective avaient rendez-vous en cuisine au lycée Charles-de-Gaulle, à Sète, pour une journée de formation autour du poisson local, ce grand oublié des cantines du territoire. Au menu : boulettes de poulpe, rillettes de muges ou maquereaux, brandade de mulet, acras de poissons blancs… « Des propositions de recettes pensées pour être facilement reproductibles en cuisine scolaire, adaptées aux recommandations nutritionnelles et au goût des enfants ont été testées par les chefs », explique Fabien Heran, animateur du projet alimentaire de territoire au sein du Syndicat mixte du Bassin de Thau (SMBT).

    Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet Rescoloco (« Restauration collective produits locaux »), porté par le SMBT. Lancé en septembre 2024 à l’échelle des agglomérations Sète Agglopôle et Hérault Méditerranée, dont 8 communes* ont jusqu’ici participé au projet, il vise à faire entrer davantage de produits locaux dans les cuisines de la restauration collective. À commencer par la pêche locale, quasiment absente des assiettes servies dans les cantines du territoire. Principal écueil : « Le poisson local n’est pas du tout transformé, or en restauration collective, travailler du poisson brut est quelque chose de complexe  », souligne Béatrice Pary, en charge, au sein du SMBT, d’un programme qui finance, via des fonds européens, un certain nombre d’opérations en lien avec la pêche et les cultures marines sur Sète Agglopole Méditerranée et Hérault Méditerranée. « Une grande partie des produits qu’on débarque ici partent en Italie et en Espagne (60% pour la criée d’Agde) », illustre-t-elle. « Il y a donc un vrai enjeu de relocalisation de la consommation, et peut-être aussi de la transformation. »

    Sensibilisation en classe et visites des criées

    Pour tenter de faire rentrer le poisson d’ici dans les cantines, Rescoloco agit donc à plusieurs niveaux. Outre la formation des cuisiniers de restauration collective à la préparation de produits de la mer, le projet accompagne les élus et les gestionnaires pour faciliter l’achat de produits locaux et de qualité, sensibilise les enfants à la consommation de produits du territoire et propose également une découverte des métiers de la mer. « On a monté, en partenariat avec le CPIE Littoral d’Occitanie, un programme de sensibilisation pour que dans chaque commune partenaire, des temps d’animation soient proposés en classe autour des espèces locales mais aussi des métiers de la mer, à travers notamment la visite d’une des deux criées du territoire, Sète ou le Grau d’Agde, pour aller à la rencontre des pêcheurs et comprendre jusqu’au bout la chaîne de pêche », détaille Fabien Heran.

    « Dans les cantines, il y a généralement deux repas de poisson par semaine. On sait que la ressource locale ne sera pas en mesure de remplacer tous les repas de poisson. L’objectif, c’est que toutes les communes puissent faire une, deux, trois fois par mois un repas avec du poisson local et proposer, à cette occasion, un temps de sensibilisation aux enfants », détaille l’animateur du projet alimentaire de territoire. « L’idée est de créer ou recréer ce lien terre-mer et de faire de la mer pas uniquement un lieu de baignade ou de loisir mais aussi un lieu où les gens travaillent et produisent de quoi nourrir les populations locales », complète Béatrice Pary.

    * 4 communes ont suivi le projet en 2025 : Pézenas, Lézignan-la-Cèbe, Mèze et Balaruc-le-Vieux. 4 nouvelles en bénéficient durant cette année scolaire : Agde, Pinet, Sète et Villeveyrac

  • Au lycée Jules-Guesde à Montpellier, parents, élèves et enseignants réclament des moyens

    Au lycée Jules-Guesde à Montpellier, parents, élèves et enseignants réclament des moyens

    « La dégradation du climat scolaire observée au lycée Jules-Guesde depuis un an s’est malheureusement manifestée, vendredi 10 avril, par une violence inacceptable qui n’y a pas sa place », estiment dans un communiqué conjoint la communauté éducative, les parents d’élèves (FCPE) et les élèves du conseil de vie lycéenne (CVL) de l’établissement.

    Pour rappel, une altercation, dont une partie a été filmée et a tourné en boucle sur les réseaux sociaux, a eu lieu le 10 avril entre des élèves et un professeur « intervenu pour leur demander de faire moins de bruit et de ne pas stationner dans les couloirs, comme il est stipulé dans le règlement intérieur », relate Claudie Vaufreydaz, professeure d’EPS dans l’établissement et représentante du Snes-FSU. « Pris à partie par un élève présent dans le couloir au moment des faits, l’enseignant sollicite l’identité de l’élève qui ne la lui donne pas. L’enseignant sort alors son téléphone pour prendre une photo afin de l’identifier, entraînant une contestation de la part de l’élève et d’un de ses camarades. L’enseignant fait alors l’objet d’une empoignade brutale et se trouve plaqué au mur par l’un des deux élèves. S’ensuivent les faits de violence identifiables dans la vidéo largement diffusée et confirmés par l’enquête : l’enseignant réessaie de prendre une photo, le second élève lui arrache son téléphone, le professeur répond par une gifle, à la suite de quoi il se trouve plaqué au sol, recevant des coups de la part des deux élèves », retrace, dans ses conclusions rendues le 22 avril, l’enquête « flash » diligentée par l’Académie, au cours de laquelle 13 auditions ont été réalisées. Les deux élèves impliqués seront convoqués en conseil de discipline. L’enseignant, quant à lui, dont « le geste inapproprié » survient « dans un contexte spécifique d’irrespect, de contestation de l’autorité et de violence », fera l’objet « d’un rappel à ses obligations professionnelles ainsi que d’une obligation de formation professionnelle à la gestion des conflits ».

    Rassemblement devant l’établissement le 4 mai

    Reste, insiste Claudie Vaufreydaz, qui dénonce « la surmédiatisation » de l’incident et « l’instrumentalisation » dont a fait l’objet cette vidéo, que le fond du problème réside dans l’insuffisance de moyens humains au sein de l’établissement, notamment en termes de personnels de vie scolaire et médico-sociaux. Des insuffisances génératrices d’« une anxiété généralisée », dénoncent les enseignants du lycée Jules-Guesde dans le compte rendu d’une Assemblée qui s’est tenue le 13 avril. « Ça fait un an que nous dénonçons des faits graves de violences et d’agressivité au sein de l’établissement. Tant qu’il n’y aura pas suffisamment d’encadrants adultes, le problème ne
    sera pas résolu
     », estime la représentante du Sne-FSU. « Actuellement nous avons 7 AED (assistants d’éducation scolaire, les surveillants) pour 2 700 élèves, soit un AED pour 385 élèves », illustre-t-elle. « Ils ne peuvent, à eux seuls, assurer pleinement la surveillance et la sécurité de locaux, particulièrement étendus. »

    Décision a donc été prise, en accord avec les représentants des parents d’élèves FCPE et les élèves du CVL, co-signataires du courrier, de réclamer des moyens supplémentaires à la rectrice, à savoir
    4 postes d’AED mais aussi le redéploiement à plein temps, sur Jules Guesde, d’une infirmière aujourd’hui à mi-temps sur Jules-Guesde et Joliot-Curie à Sète, ainsi qu’un demi-poste supplémentaire d’infirmière « pour faire face d’une part aux besoins spécifiques des collégiens et d’autre part à la forte augmentation de la fréquentation de l’infirmerie depuis septembre 2026, attestant de la dégradation de la santé mentale de notre jeunesse », stipule le courrier. Les signataires réclament également que le rectorat sollicite les collectivités « pour aménager des espaces d’accueil et de travail qui font défaut et ont un impact indéniable sur le climat scolaire. Pourquoi les élèves attendent dans les couloirs ? Parce qu’ils ne savent pas où aller d’autre », insiste Claudie Vaufreydaz.

    Dans l’attente d’une réponse à ces demandes, les enseignants ont déposé un préavis de grève du 4 au 7 mai et prévu un rassemblement lundi 4 mai à 8h, suivi d’une manifestation vers le rectorat. L’Académie de son côté indique dans les conclusions de l’enquête flash que « des mesures complémentaires destinées à améliorer le climat scolaire seront annoncées dans un second temps pour une mise en œuvre dès la reprise des vacances scolaires d’avril ».

  • [Entretien] Jean-Louis Gély :  En matière touristique, notre priorité est la qualité »

    [Entretien] Jean-Louis Gély :  En matière touristique, notre priorité est la qualité »

    La Marseillaise : Qu’est-ce que la labellisation Géoparc va changer pour le département ?

    Jean-Louis Gély : Pour visibiliser ce patrimoine, en prendre conscience d’abord et le communiquer à tout le monde ensuite, afin de le rendre le plus accessible possible, encore fallait-il le structurer, l’organiser et le valoriser. Le label de l’Unesco nous permet de concrétiser et de valider cette démarche, bien mieux que si nous n’étions qu’entre nous, et de l’inclure concrètement dans notre vision territoriale globale et dans notre philosophie de tourisme durable. C’est une chance pour les entreprises, les artisans, les associations, les agriculteurs, entre autres acteurs, d’attirer et de développer de nouveaux projets.

    Comment comptez-vous accompagner cette labellisation ?

    J.-L.G. : Dans l’immédiat, un événement convivial est prévu pour associer à cette réussite tous les acteurs qui y ont contribué : communes, communautés de communes concernées, géomédiateurs, géopartenaires, autres partenaires institutionnels. Ce sera en juin.

    Quelles sont les retombées touristiques et économiques attendues ?

    J.-L.G. : C’est difficile à évaluer précisément. Dans d’autres Géoparcs labellisés par l’Unesco, une hausse de la fréquentation a été observée à hauteur de 30%. Mais nous ne sommes pas dans une course à l’échalote et surtout pas dans une recherche de massification. Bien sûr, l’appréciation quantitative des flux est un objectif, en vue, notamment, de faire tourner l’économie de nos territoires : hébergeurs, restaurateurs, commerçants… Et je ne doute pas que cela va se produire. Mais notre priorité, en matière touristique, c’est la qualité et la valorisation.

    Kléber Mesquida parle du « commencement d’une nouvelle étape », quels sont les nouveaux objectifs ?

    J.-L.G. : C’est une nouvelle étape parce que l’obtention du label de l’Unesco est à la fois une distinction, une reconnaissance et un moment fort pour notre engagement concret. Il est attribué pour une durée de quatre ans : à cette échéance, une réévaluation devra intervenir. Les acteurs du territoire vont donc conduire un travail s’articulant autour des cinq axes stratégiques définis : coordination de la démarche, communication, préservation et valorisation, éducation et développement du tourisme durable.

  • « 1 + 1 = 11 », une exposition-atelier à hauteur d’enfants

    « 1 + 1 = 11 », une exposition-atelier à hauteur d’enfants

    Triste hasard, l’artiste, qui devait être présent à Montpellier le 18 avril pour l’inauguration, est décédé brutalement le 9 avril à l’âge de 50 ans, à la veille d’être fait chevalier des Arts et des Lettres. En concertation avec sa famille, le directeur du musée Parcelles 473, Laurent Rigail, galeriste et ami de longue date de Fabien Verschaere, a décidé de maintenir l’exposition prévue
    à Montpellier, qui revêt une dimension d’hommage à cet artiste aussi doué qu’atypique.

    Atteint d’une maladie génétique rare entravant sa croissance qui l’a contraint, enfant, à de longs séjours hospitaliers, Fabien Verschaere avait trouvé dans le dessin une échappatoire, un langage.

    « Un monde à la fois ludique et profondément poétique »

    Formé à l’École des Beaux-Arts de Paris, dont il sort diplômé en 2000, puis à celle de Nantes en 2001, il s’impose rapidement sur la scène contemporaine avec son esthétique faussement enfantine, si reconnaissable. « Un univers visuel foisonnant où se mêlent références médiévales, culture populaire, bande dessinée et univers de l’enfance », décrit Laurent Rigail. « Peuplant ses œuvres de créatures étranges et colorées, il explore les frontières entre rêve et cauchemar, humour et inquiétude, construisant un monde à la fois ludique et profondément poétique ».

    Pensée comme une véritable aventure immersive, cette exposition-atelier invite donc les enfants (à partir de 4 ans) et leurs familles à plonger dans l’univers singulier de Fabien Verschaere à travers un jeu-parcours évoquant une forêt enchantée peuplée de personnages mystérieux issus de l’imaginaire de l’artiste. « Tout au long de la visite, les jeunes participants sont invités à relever des défis, manipuler, expérimenter et faire des choix qui dessineront leur propre parcours jusqu’à un château miroitant », détaille Laurent Rigail. « Chaque visite devient ainsi une expérience unique où l’enfant n’est plus seulement spectateur mais acteur de l’œuvre ». Une belle idée de sortie culturelle pour les vacances !

    A.G.

    * 425 avenue des frères Bühler. Du mercredi au samedi 11h-18h ; le mardi et le dimanche : 14h-18h

  • L’art aborigène dévoile la grammaire secrète de sa culture millénaire

    L’art aborigène dévoile la grammaire secrète de sa culture millénaire

    C’est une immersion dans une autre culture que propose le musée de Lodève, qui accueille jusqu’au 30 août une centaine d’œuvres, peintures et sculptures, issues des communautés aborigènes d’Australie, réalisées entre les années 1990 et 2000. Conçue en partenariat avec l’Institut pour les échanges culturels de Tübingen et la collection d’Alison et Peter W. Klein à Eberdingen (Allemagne), cette exposition est une rareté : « On a peu d’art aborigène en France, et il est surtout concentré dans deux grandes institutions : le musée des Confluences à Lyon et le Quai Branly à Paris. Ce n’est pas évident d’arriver à réunir une centaine d’œuvres, c’est une belle chance », souligne la directrice du musée de Lodève, Aurosi Moreno.

    Bien plus qu’une simple tradition picturale, l’art aborigène constitue un système de connaissance et de croyances, un modèle de vie qui a guidé les communautés depuis 65 000 ans. « Cette pratique artistique est liée à une culture millénaire qui a un lien très fort à son territoire. Un territoire qu’elle préserve, dont elle est le gardien. Pour nous c’est de l’art, mais pour eux cela revêt une dimension à la fois culturelle et spirituelle, c’est un cérémonial, des récits englobés sous un concept appelé “Le temps du rêve” », détaille Aurosi Moreno. « Ce “temps du rêve”, c’est l’histoire mythologique des grands ancêtres totémiques australiens qui ont parcouru le pays, façonné le paysage mais aussi créé des lois, inscrites dans des rites, des chants, des danses. C’est tout ça que contiennent ces œuvres. Cette peinture si belle, si graphique, parle de leur terre car c’est un peuple nomade et la connaissance de ce territoire est un moyen de survie », poursuit la directrice. La diffusion de l’art aborigène s’est en effet imposée comme un moyen de préserver et transmettre des savoirs culturels menacés. « La vente de leurs œuvres constitue l’une des principales ressources économiques » des Aborigènes, complète Aurosi Moreno. Lesquels qui ne représentent plus que 3% de la population australienne (selon un recensement de 2011).

    « Une cartographie sensible de leur territoire »

    La grande diversité de ces œuvres provenant de régions différentes rappelle que l’Australie n’a jamais constitué un pays unique. « On devrait parler “d’arts aborigènes” au pluriel, car avant la colonisation [à partir du XVIIIe siècle, Ndlr], il y avait 250 communautés distinctes, donc autant de langues, de rêves, de récits, de motifs différents », souligne la directrice. Les artistes de cette exposition appartiennent ainsi à des groupes linguistiques et des identités claniques spécifiques (Pintupi, Pitjantjatjara, Warlpiri, Gija ou Yolngu), chacun avec son héritage créatif et ses responsabilités envers sa Terre.

    « Les petits pointillés, c’est plutôt le centre de l’Australie, au niveau des déserts, du bush ; les motifs avec de fines rayures, c’est plutôt le nord : il y a aussi les traditions anciennes de peinture sur écorce de l’Arnhem Land », décrit la directrice. « C’est une véritable grammaire de symboles. Le cercle désigne un point d’eau, un ancrage, un lieu sacré. Les lignes sont des chemins codifiés. » Loin d’une représentation naturaliste et occidentale du monde, les artistes aborigènes « élaborent des cartes mêlant topographie et mythologie, espace et temps, dans une cartographie sensible et précise de leur territoire. (…) Cette exposition nous enseigne qu’une autre relation au territoire, à la Terre, est possible, où l’Homme ne possède pas la Terre, mais vit en symbiose avec elle. Une thématique qui vient faire écho au musée de Lodève, dont les collections témoignent d’un territoire, de son évolution et de l’impact de l’homme sur les paysages. »

    * Du mardi au dimanche 10h30-13h, 14h-18h.
    Fermé le lundi.

  • Quand les départements misent sur les cyclistes

    Quand les départements misent sur les cyclistes

    Depuis 2022, l’Hérault est labellisé « Terre d’excellence cycliste » par la Fédération française de cyclisme. Et pour cause, en comptant la trentaine de boucles cyclables, les voies vertes et les routes départementales à faible trafic, le département compte environ 4 000 kilomètres d’itinéraires cyclables. « La spécificité de l’Hérault est que le territoire offre à la fois des cols à plus de 1 000 mètres, la mer et le milieu lagunaire, explique Élodie Fonteneau, chargée des mobilités décarbonées et du vélotourisme au sein d’Hérault tourisme. Il y en a pour tous les goûts. Les boucles sont donc classées en termes de difficulté. » De son côté, Marie Doutremepuich, cheffe de service tourisme au Département, explique que de nombreux équipements sont mis en place sur le territoire pour favoriser ce mode de tourisme, tels que des stations de gonflage ou des kits de réparation. « Hérault tourisme travaille aussi au déploiement du label “accueil vélo”, ajoute-t-elle. Celui-ci garantit par exemple que des professionnels de l’hébergement ou des restaurateurs réservent un accueil de qualité aux cyclotouristes. Nous en avons déjà 339 sur le territoire. »

    « L’enjeu d’investir dans tous ces équipements est évidemment de décarboner les mobilités touristiques, continue Marie Doutremepuich. Mais il y a aussi un enjeu économique, puisqu’un touriste à vélo dépense davantage sur le territoire, c’est-à-dire environ 68 euros par jour et par personne, contre 55 euros pour un touriste lambda. »

    Le Gard investit lui aussi sur le développement du cyclotourisme : en février 2026, le Conseil départemental a inauguré un nouveau tronçon de la voie verte qui relie désormais le Pont d’Espeyran (commune de Saint-Gilles) au Port de Gallician (commune de Vauvert). Un équipement qui s’inscrit dans l’ambition européenne de la véloroute ViaRhôna, qui reliera, à terme, le lac Léman à la Méditerranée, en traversant le Gard.

  • [Tourisme] Le nombre de réservations impacté par le prix de l’essence

    [Tourisme] Le nombre de réservations impacté par le prix de l’essence

    Alors que la hausse du coût du carburant impacte nombre de professions, en témoignent les diverses mobilisations qui ont essaimé dans l’Hexagone ces derniers jours, qu’en est-il pour les vacanciers ?

    Dans le secteur du tourisme, certains semblent avoir pris les devants, à l’instar du camping Maïana, à La Grande-Motte, où les gérants ont mis en place une ristourne sur le carburant. Pour une semaine de réservation complète cet été, les futurs touristes pouvaient recevoir un bon d’achat d’une valeur comprise entre 30 et 80 euros.

    À l’aune de la saison estivale, d’autres dispositifs émergent pour tenter d’attirer la clientèle. « Nous avons un rôle à jouer pour maintenir le pouvoir d’achat. Chacun fait son truc. Par exemple, j’ai décidé de ne pas augmenter le prix de la restauration et de baisser celui de certaines boissons. D’autres mettent en place des bons d’achat sur le gasoil mais cela reste marginal », développe Philippe Robert, président de la Fédération de l’hôtellerie de plein air d’Occitanie et gérant du camping 4 étoiles La Méditerranée, à Vias. Tous espèrent que la guerre et l’augmentation du prix du carburant seront de courte durée et qu’ils pourront faire le plein au cœur de l’été. « Sur le début de l’année, les réservations étaient bien engagées, à un niveau similaire à 2025, une très bonne saison pour le tourisme. Mais depuis un mois et demi, il y a un ralentissement dû à la guerre. Ce qui se traduit par une baisse des réservations et un changement de comportement : les gens séjournent plus près, des établissements ont eu des annulations justifiées par le fait qu’ils se trouvaient trop loin », observe Philippe Robert. D’autres encore préfèrent partir moins longtemps. Preuve que le porte-monnaie pèse sur le choix des vacances : « On observe un regain d’activité sur le camping avec emplacements nus, l’offre la plus accessible », note Philippe Robert.

    « Un effet ciseau »

    Des tendances qui semblent se restreindre à la France. « Nous travaillons beaucoup avec des Allemands, des Hollandais : eux sont au rendez-vous. Seuls les Français pêchent, c’est étonnant », précise Philippe Robert. Néanmoins, ces réticences impactent les professionnels. « Les réservations sont bonnes pour les mois de mai et juin, mais nous avons des difficultés sur la haute saison, alors que nous sommes déjà complets en temps normal », poursuit le président de la fédération. Au point d’avoir un impact sur l’emploi ? « On reste prudent et on regarde nos dépenses car on a bien compris que tout peut arriver à tout moment. On n’a aucune visibilité contrairement aux autres années. Il y a une part de risque et on est prudent sur les embauches. »

    Le gérant de camping veut croire en sa bonne étoile en tablant notamment sur le fait que des Français, partant initialement à l’étranger, se rabattent sur l’Hexagone. « Il y a aussi un effet ciseau. On voit qu’il est compliqué de partir du fait du problème de pouvoir d’achat mais, d’un autre côté, avec ce climat anxiogène, on a besoin de s’échapper, de partir », soutient Philippe Robert.

    Toutefois, ces changements de comportement sont à l’œuvre depuis la crise sanitaire, amplifiée avec la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine. Les gens partent moins longtemps et plus près pour un tourisme plus vert. Cette nouvelle hausse à la pompe ne serait-elle pas l’accélération d’un changement inéluctable ?

  • LGV : des forages autorisés, la source d’Issanka en danger ?

    LGV : des forages autorisés, la source d’Issanka en danger ?

    Le projet est toujours dans les cartons mais a déjà son lot de détracteurs. Le chantier de la future ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP), dont la phase 1 doit débuter en 2029, est sous le feu des critiques depuis qu’un arrêté préfectoral de déclaration d’utilité publique autorise des forages et sondages pour recueillir des données destinées à étudier la faisabilité du projet.

    Concrètement, le texte autorise « la réalisation de trois sondages de reconnaissance destructifs avec tubage à l’avancement d’une profondeur maximale de 80 mètres à proximité du profil géophysique ; la réalisation de deux forages carottés de 20 mètres de profondeur ; la réalisation d’une quinzaine de sondages destructifs de 1 à 1,5 m de profondeur répartis sur la zone d’affleurement ou à défaut, des fosses d’infiltration ». Sauf que cette autorisation empiète sur le périmètre de protection de la source d’Issanka, seule ressource d’eau potable de Sète, elle-même protégée par un arrêté de déclaration d’utilité publique (DUP) de 1988. « Or dans ce périmètre de protection, des règles s’appliquent. Il y a une liste d’activités interdites avec les forages. Les mêmes que l’arrêté entend autoriser pour
    le chantier
     », observe Laura Seguin, conseillère d’opposition à Sète et à l’Agglo. Dans un contexte de raréfaction de la ressource en eau, l’arrêté a de quoi poser question. « Il est important avant tout de préserver notre ressource en eau. Selon l’arrêté, il s’agirait de bien connaître, comprendre, etc. Mais on sait bien qu’il y a des risques. Ce n’est pas pour rien que ces règles existent, il y a des risques de pollution », insiste Laura Seguin. Pour preuve, l’élue met en avant un rapport d’octobre 2025 de la Commission locale de l’eau (CLE) du Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (Sage) des bassins-versants de la lagune de Thau et de l’étang d’Ingril. Dans ce dernier, « la CLE identifie que les travaux inscrits dans le dossier sont incompatibles avec [la préservation des ressources locales en eau douce et la sécurisation de l’alimentation en eau du territoire, Ndlr]. La CLE du Sage Thau-Ingril émet donc un avis défavorable sur le dossier d’enquête préalable à l’autorisation environnementale des interventions préparatoires de la phase 1 de la LNMP », précisait à l’époque le président du CLE, Michel Garcia.

    Les élus sétois opposés

    Mais force est de constater que la préfecture ne l’entend pas de cette oreille. « L’économie générale du projet initial de la DUP du champ captant d’Issanka de 1988 n’est pas bouleversée par la réalisation des investigations à cette étape du projet. Celles-ci permettront d’améliorer la connaissance de la ressource en eau et d’assurer la préservation du captage […] Il n’y a pas lieu de modifier la délimitation du périmètre de protection rapprochée », fait valoir le service de l’État.

    Bien que la CLE n’ait qu’un avis consultatif, ce dernier est issu d’un compromis entre toutes les parties. « La CLE est chargée d’élaborer le Sage avec des orientations de gestion, notamment la protection de la ressource. Le schéma est élaboré par un parlement local de l’eau réunissant des élus, l’État, des représentants d’usagers. On voit que l’État choisit de passer outre cette orientation issue d’une démocratie locale, on le déplore », soupire Laura Seguin, qui milite pour un tracé alternatif de la LNMP.

    L’élue de Nouvelle page n’entend pas baisser les bras. Le 20 avril, en conseil municipal de Sète, elle a déposé une motion afin d’exiger le « strict respect de la déclaration d’utilité publique de 1988. » « L’enjeu de la protection de la ressource dépasse les sensibilités politiques. On peut tous s’accorder pour dire d’une seule et même voix qu’on veut préserver notre ressource », soutient-elle. Et de fait : le maire LR Hervé Marquès avait lui même formulé une motion similaire. D’un commun accord, les deux parties se sont donc entendues pour déposer une motion commune lors du conseil d’Agglo du 23 avril afin de constituer un groupe de travail sur les conséquences de la LNMP sur le périmètre de protection d’Issanka.

  • À Béziers, pas de classement Rep+ pour La Dullague et Lucie Aubrac

    À Béziers, pas de classement Rep+ pour La Dullague et Lucie Aubrac

    Voilà huit ans que dure le combat des collèges Lucie-Aubrac et la Dullague, à Béziers, pour être rattachés aux réseaux d’éducation prioritaire renforcée (Rep+), ce qui se traduit par l’octroi de moyens supplémentaires aux établissements concernés. Mais les Biterrois devront encore patienter. En effet, la demande est restée lettre morte, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, évoquant dans un courrier un délai trop long pour réformer la carte Rep +, incompatible avec le devoir de réserve pour les élections de 2026 et 2027. Il serait toutefois utile de rappeler au locataire de la rue de Grenelle que la dernière réforme de l’éducation prioritaire date de 2014, année d’élections municipales, européennes et sénatoriales…

    Un pôle annoncé

    Car les besoins sont criants. « Nous faisons partie des quartiers les plus pauvres de France. Hors éducation prioritaire, nos collèges sont les plus défavorisés de France », se désole Corentin Coko, coprésident du conseil local FCPE-La Dullague. Néanmoins, des moyens supplémentaires ont été annoncés à la rentrée prochaine. Au premier rang desquels l’ouverture d’un pôle éducatif et médico-social comprenant un assistant social, un psychologue de l’Éducation nationale ainsi qu’un infirmier. « Beaucoup de familles ont besoin d’être aidées dans des démarches médico-sociales, demander un aménagement pour les enfants, etc. Ces postes sont essentiels pour les élèves mais à voir comment ça se concrétise, s’ils arrivent à recruter », soupire un professeur de l’établissement, qui a souhaité garder l’anonymat.

    Les professeurs recevront quant à eux une prime mensuelle de 120 euros pendant 10 mois ainsi que des points bonus de mutation. « Si on a choisi de s’engager dans l’Éducation nationale, c’est pour faire en sorte que les élèves soient au cœur de notre métier mais on a l’impression qu’on nous gère plus comme une entreprise et qu’on oublie les enfants et leur réussite en nous donnant quelques sous et des points pour partir », pointe l’enseignant. De timides moyens, bien loin du classement Rep+. « On ne va pas lâcher le morceau. Le Rep+ concerne aussi les écoles primaires, dont les classes de CP et CE1 peuvent être dédoublées », indique Corentin Coko. Et ainsi permettre à des gamins d’arriver à lire et écrire correctement lors de leur arrivée dans des collèges où le taux de réussite au brevet peine à dépasser les 50%