Tag: Hérault

  • À Béziers, Robert Ménard veut généraliser l’uniforme à l’école

    À Béziers, Robert Ménard veut généraliser l’uniforme à l’école

    Deux ans après la mise en place de l’uniforme scolaire dans certains établissements, quel bilan en tirer ? Les résultats sont plutôt mitigés, à en croire une enquête du ministère de l’Éducation nationale publiée le 12 mai. Si 75% des directeurs interrogés font état d’une progression du sentiment d’appartenance à l’école, ils ne sont plus que 36% à noter un effet bénéfique sur le climat scolaire. Pire, pas moins de 57% des écoliers interrogés déclarent ne pas aimer porter la tenue. Si le nombre de moqueries sur les vêtements semble avoir diminué, « l’influence [de l’uniforme] sur les apprentissages, le comportement, le sentiment de sécurité, la réussite scolaire et la motivation demeure, à ce stade, imperceptible ou essentiellement symbolique », fait valoir l’étude. Justifiée pour gommer les inégalités scolaires, l’uniforme semble bien loin de cet objectif initial.

    Les parents séduits ?

    Mais pas de quoi inquiéter l’édile d’extrême droite biterrois, Robert Ménard, qui a annoncé la généralisation de la tenue à la rentrée prochaine. Dans un courrier adressé aux directeurs d’école, le maire met en avant une mesure qui « va dans le bon sens pour encourager l’esprit d’appartenance à un groupe, affirmer les valeurs de laïcité et réduire les effets de mode », le port de l’uniforme étant associé à un « véritable outil pédagogique ». « Parler de laïcité alors que Robert Ménard est condamné par la justice chaque année pour atteinte à la laïcité en accueillant une crèche de la Nativité dans la mairie nous pose problème. D’autant qu’il n’y a pas d’atteinte à la laïcité à l’école, un enseignement est dispensé dans ce sens », abonde Rémi Combettes, représentant du personnel pour la FSU-SNUipp héraultaise. Les signes religieux ostensibles sont d’ailleurs interdits à l’école depuis plus de 20 ans.

    Si l’uniforme est rejeté par les élèves, leurs parents, eux, semblent l’accepter. « L’uniforme crée un sentiment d’appartenance commune, favorise la cohésion, on se réfère plus à l’identité de son école », fait valoir Véronique Gréard, présidente de la FCPE du Biterrois, estimant n’avoir que des « bons retours » sur l’uniforme mais qu’il « ne règle pas les problèmes de fond de l’Éducation ». C’est ce qu’il ressort également de l’étude, notant le « décalage récurrent entre les attentes portées par les adultes et le vécu plus nuancé des enfants ».

    Aussi, la mesure représente des frais pour les Biterrois. En 2024, le trousseau complet coûtait 200 euros. Si l’intégralité des élèves est équipée – près de 7 000 – le prix pourrait monter au maximum à 1,5 million d’euros. « Les écoles publiques sont délabrées, cet argent aurait pu être mieux investi », soupire Rémi Combettes. La mesure doit être soumise au vote des conseils d’école. En attendant, Ménard sourit, il est (encore) filmé.

  • L’Occitanie doit s’habituer aux fortes chaleurs

    L’Occitanie doit s’habituer aux fortes chaleurs

    « Les projections climatiques de Météo-France montrent des vagues de chaleur, plus intenses, plus fréquentes, plus longues et étalées sur une période plus étendue du printemps à l’automne », explique Florence Vaysse, prévisionniste pour Météo-France. « C’est la conséquence la plus visible du changement climatique que nous sommes en train de vivre », affirme cette dernière.

    Selon les projections de Météo-France fondées sur la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (Tracc), la température moyenne annuelle augmenterait en Occitanie de +2,2 °C à l’horizon 2050, et de +3,5 °C à l’horizon 2100. Un réchauffement légèrement supérieur à la moyenne nationale, accompagné d’hivers plus humides.

    À l’horizon 2050 en Occitanie, les températures estivales moyennes (juin, juillet, août) augmenteraient de l’ordre de +2,3 à +2,7 °C, les températures hivernales moyennes (décembre, janvier, février) augmenteraient quant à elles de +1,9 °C à +2,2 °C par rapport à la période 1976-2005. La chaleur est donc une composante avec laquelle il faudra apprendre à vivre.

    De plus en plus d’épisodes caniculaires

    Les plans de vigilances orange canicules ont été mis en place en 2004, suite à la canicule de 2003. Depuis 2006, les épisodes caniculaires ne cessent d’augmenter dans la région. « De 2004 à 2014 nous avons eu un été avec deux épisodes vigilances orange canicule, de 2015 à 2025 nous avons enregistré six étés impactés avec huit épisodes, dont 2023 et 2025 avec deux longs épisodes », détaille Florence Vaysse.

    « Les neuf températures les plus chaudes enregistrées à Montpellier-Fréjorgues datent toutes d’après 2017 », précise la prévisionniste. Des températures qui ont déjà dépassé les 40 °C à deux reprises : 40,3 °C le 16 août 2025 et 43,5 °C le 16 juin 2019.

    Selon Florence Vaysse, ces hausses de températures sont bel et bien une conséquence du dérèglement climatique. Des études comparent les évolutions de jours très chauds enregistrés depuis 1946 et les résultats ne laissent aucun doute quant à la direction. « Avant 1980 on enregistrait un à trois jours de temps en temps. Sur la période de 2016-2025, dernière décade, on relève 50 jours très chauds soit cinq par été en moyenne dont 16 jours en 2025 », alerte Florence Vaysse. Des résultats de mauvais augure pour la suite.

  • À Montpellier, Manu Reynaud prend la tête de la Régie de l’eau

    À Montpellier, Manu Reynaud prend la tête de la Régie de l’eau

    Le conseiller métropolitain Manu Reynaud a été élu à la présidence de la Régie des eaux de la Métropole de Montpellier, établissement chargé de la gestion de l’eau et de l’assainissement sur les 31 communes formant cette dernière, le 19 mai. Il succède ainsi à René Revol, ex-maire de Grabels battu lors des dernières municipales. À ses côtés, l’élu montpelliérain sera épaulé par deux vice-présidents, Céline Pintard, adjointe au maire du Crès, et Thierry Ruf, directeur émérite à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Une gouvernance partagée entre élus mais aussi avec des représentants d’associations et universitaires.

    La nouvelle organisation va s’atteler à plusieurs défis, telle que la question de la qualité de la ressource. « C’est un sujet majeur de ces prochaines années. Notamment sur la question des pesticides mais aussi des micropolluants. Nous devons être en capacité d’être une force de transparence, d’information, de prévention », insiste Manu Reynaud. À l’heure où les Pfas s’invitent dans nos robinets, ce devoir de transparence est érigé comme la priorité du mandat de la Régie.

    Miser sur la qualité mais également sur la quantité. En six ans, les fuites de canalisation ont été réduites de 23 à 13%. « Nous avons eu un beau gain sur la performance du réseau. Nous allons continuer, c’est une nécessité pour la ressource. C’était un argument pour passer en régie publique du point de vue de la gestion des investissements. Il ne s’agit pas de réparer les fuites mais de financer la rénovation des réseaux. Ce n’est pas la même logique, nous investissons pour la suite », reprend l’élu. Des investissements plus coûteux et nécessitant de gros travaux mais qui bénéficieront aux administrés sur le long terme. La Régie des eaux gère également l’assainissement. En ce sens, Manu Reynaud entend développer la réutilisation des eaux usées. « Le cadre réglementaire est très contraint, heureusement. Mais la législation évolue et nous expérimentons l’irrigation de l’agriculture, le nettoyage des rues, l’arrosage des parcs, etc. L’objectif est de généraliser son utilisation », indique Manu Reynaud, promettant des annonces à ce sujet en septembre. L.D.

  • Les défenseurs d’Issanka prêts à passer à l’action

    Les défenseurs d’Issanka prêts à passer à l’action

    « Si les élus ne prennent pas leurs responsabilités, des associations comme ALT TGV pourraient faire un recours. » Tandis que le sujet devait être évoqué lors du Conseil de Sète Agglopôle, jeudi 28 mai en soirée (après que ces lignes ne soient écrites), Christophe Aucagne annonce la couleur.

    Pour ce membre de l’association Bancs Publics opposé à l’actuel tracé de la LGV Montpellier-Perpignan qui passe par le site protégé d’Issanka situé entre Poussan et Balaruc-le-Vieux, il est hors de question de rester les bras croisés. Or, si aucun recours juridique n’est déposé d’ici le 8 juin, l’arrêté préfectoral du 8 avril deviendra effectif. Celui même qui autorise les forages exploratoires au niveau de la source d’Issanka qui « abreuve la ville de Sète à 60% sauf en cas de sécheresse », rappelle Christophe Aucagne.

    Selon l’activiste, les sondages prévus en vue de fixer les futurs piliers du Viaduc de Poussan censé faire enjamber le Bassin de Thau à la future ligne à grande vitesse (LGV), ont « 90% de chances d’engendrer une rupture du captage ». Parmi les opérations prévues figurent trois sondages de 80 mètres de profondeur, deux forages carottés à 20 mètres et une quinzaine d’autres à 1,5 mètre maximum.

    Marche samedi 6 juin

    Autant d’investigations à risques autorisées à titre dérogatoire par la préfecture de l’Hérault dans l’intérêt général du projet LGV. Problème : un autre arrêté préfectoral de 1988 sacralise justement la source d’Issanka déclarée d’intérêt public. « La préfecture n’a aucun argument pour aller à l’encontre. Une étude d’Antea Group dit clairement que ce site n’est pas compatible avec des forages », alerte Christophe Aucagne.

    Au-delà de la ressource en eau, le militant ajoute qu’un tel chantier serait une « aberration » pour la biodiversité. « Le site a des arbres bicentenaires et compte une vingtaine d’espèces d’oiseaux, des hérons, des poules d’eau… Pierre Maigre, le président de la LPO, est venu faire une reconnaissance. Ce serait un gâchis. »

    En espérant que le maire de Sète Hervé Marquès (DVD) et que le président d’Agglo Loïc Linarès (PS) ne se positionnent, les défenseurs d’Issanka appellent à une marche entre Frescaly et Issanka, samedi 6 juin à 9h30.

  • Lancement de la campagne d’été du Secours populaire

    Lancement de la campagne d’été du Secours populaire

    « Les vacances, ce n’est pas du luxe », un slogan pour lequel le Secours populaire français (SPF) continue de se battre chaque année. Selon un sondage de l’Ipsos, parmi les foyers qui ne partiront pas cet été, 43% citent le budget comme principal frein, malgré une légère amélioration par rapport à 2025, et c’est pour cette raison que la fédération héraultaise du SPF se mobilise une année de plus.

    Le samedi 6 juin à Mèze, le lancement officiel de la campagne est prévu de 15h30 à 23h et pour l’occasion, une grande guinguette est organisée dans un esprit « festif et populaire ». « Dès 15h30, les familles sont accueillies », annonce le SPF, « pour que tout le monde y trouve son bonheur et le sens de la fête ».

    Avec des activités tous publics : stands de maquillage, tournoi de pétanque, mini-foot, présentation de témoignages de bénéficiaires, exposition Vacances pour tous, concerts Cette journée gratuite, ouverte à tous, est imaginée comme un avant-goût de vacances.

    Colonies de vacances, villages Copain du Monde, la journée des Oubliés des vacances qui réunit chaque année plusieurs centaines de bénéficiaires, des séjours en famille, l’accueil chez des familles de vacances bénévoles, des vacances pour les seniors ou les personnes en situation de handicap… Le SPF propose des séjours variés qui s’adaptent aux envies, aux situations et aux possibilités de chacun et tente ainsi de pallier cette précarité qui empêche un enfant sur trois de partir en vacances. L’an dernier, ce sont 208 000 personnes qui ont été aidées pour partir en vacances.

    Pour fêter l’anniversaire des congés payés.

    Avant 1936, les vacances étaient un privilège réservé aux classes aisées, tandis que la majorité des ouvriers et employés travaillaient sans interruption. Les congés payés, instaurés par le Front populaire, accordent pour la première fois deux semaines de vacances payées à tous les salariés.

    « En 1936, les congés payés ont représenté une conquête sociale majeure. Quatre-vingt-dix ans plus tard, ce droit reste hors de portée pour trop de familles », rappelle la fédération du Secours populaire de l’Hérault. « Les demandes d’aide au départ n’ont jamais été aussi nombreuses. » Une crise qui « frappe de nouveaux publics », selon l’organisme qui a choisi de mettre les bouchées doubles à l’occasion de cet anniversaire.

    L’antenne héraultaise du Secours populaire français annonce déjà un planning bien rempli avec notamment, du 20 au 27 juin, un séjour à Vic-sur-Cère proposé aux personnes âgées accompagnées par la fédération ainsi que la Journée des oubliés des vacances qui réunira, le 20 août, 300 enfants de 6 à 12 ans venus de toute la fédération pour une journée au bord de l’eau.

    Programme complet sur SPF34.fr

  • À Pézenas, le festival Molière célèbre Marcel Pagnol

    À Pézenas, le festival Molière célèbre Marcel Pagnol

    « Marcel Pagnol est un peu le fil conducteur de cette édition du festival Molière. » Armand Rivière annonce la couleur. À l’aune de la manifestation culturelle – qui se tiendra du 1er au 7 juin – le maire PS de Pézenas entend faire du festival une sorte d’hommage à l’écrivain provençal. En effet, un des points forts de la manifestation sera à n’en point douter la représentation de Marius, de la Compagnie Le grenier de Babouchka, mis en scène par Jean-Philippe Daguerre, lauréat de 5 Molières 2025 pour Du charbon dans les veines (2 juin, à 20h au théâtre de Pézenas). Ce dernier est par ailleurs parrain de l’édition. Le lendemain, sera projeté le biopic Marcel et Monsieur Pagnol, film d’animation réalisé par Sylvain Chomet (14h30).

    L’auteur de La gloire de mon père ne sera pas le seul à être mis en lumière puisque l’on retrouve également une adaptation du Capitaine Fracasse, héros du roman éponyme de Théophile Gautier (6 juin, 21h30 au théâtre de la Verdure). Encore, la Compagnie Dinamo théâtre présentera La folie d’Isabelle, écrite au XVIe siècle pour la comédienne Isabella Andreini (7 juin, 17h30, place Canabasserie). Aux côtés de ces classiques, on retrouve des pièces traitant de sujets sociétaux, à l’instar de L’homme qui plantait des arbres par la Compagnie Théâtre des turbulences, fable écologique sur la déforestation et la raréfaction de l’eau (3 juin, 19h, aux jardins familiaux). « C’est une volonté globale du festival et de la saison culturelle en général de Pézenas, à savoir voir des pièces classiques, revisitées ou non, qui sont des invitations à réfléchir et d’autres qui posent des enjeux de société pour amener le débat », fait valoir Armand Rivière.

    Balade nocturne

    Si les professionnels ont leur rond de serviette au festival, les amateurs et élèves ne sont pas oubliés. « Pézenas compte de nombreuses compagnies professionnelles et amateurs, nous voulions ouvrir nos scènes, nos salles à ceux qui participent à la création toute l’année. Nous faisons aussi le choix de semer des graines en jouant devant des publics scolaires », poursuit l’édile socialiste. En ce sens, sont prévues deux cartes blanches : pour les amateurs (6 juin, 10h, place Canabasserie) et pour les lycéens (1er juin, 17h, auditorium Bobby-Lapointe).

    Une programmation alléchante pour attirer un public plus ou moins familier des planches de théâtre. Et pour aller chercher ces derniers, la mairie mise sur ses scènes en plein air, réparties aux quatre coins de la ville. Comme le château du parc où se jouera Croire aux fauves, de la Compagnie Les arts oseurs (5 juin, 22h15). Une aventure nocturne entre musique et récit, au cœur d’un espace boisé (compter 20 minutes de marche pour s’y rendre). Pour ceux ne trouvant toujours pas chaussure à leur pied, le festival ne se restreint pas au théâtre. « Nous ne voulions pas être fermés sur un seul art mais mêler différentes formes, avoir plusieurs canaux tournés vers la culture. Nous travaillons par exemple avec les Éditions Domens, créées à Pézenas. Nous souhaitons les promouvoir et les soutenir en en leur ouvrant un lieu le temps d’une journée [5 juin, 18h, gare du Nord, Ndlr] », souligne Armand Rivière. Théâtre, cinéma, photos, lecture, expos, le public va être comblé.

    Programme complet à retrouver sur ville-pezenas.fr.

  • Rave et rodéos : le Sénat veut couper le moteur de l’impunité

    Rave et rodéos : le Sénat veut couper le moteur de l’impunité

    Dans la nuit des campagnes comme sur le bitume des parkings, il y a des colères qui montent au même rythme que les basses ou les moteurs. Celles de riverains privés de sommeil, d’élus locaux démunis, d’éleveurs qui voient leurs bêtes stressées par le vacarme, de gîtes ruraux sommés de rembourser des séjours gâchés. C’est cette France des nuisances concrètes, souvent loin des grands discours sécuritaires, que le sénateur socialiste de l’Hérault Hussein Bourgi dit avoir voulu faire entendre au Sénat.

    Avec Lauriane Josende, sénatrice LR des Pyrénées-Orientales, et Isabelle Florennes, sénatrice centriste des Hauts-de-Seine, l’élu héraultais a présenté un rapport transpartisan sur les rave parties illégales et les rodéos motorisés. 28 recommandations, adoptées à l’unanimité en commission des lois, doivent nourrir le projet de loi Ripost, examiné depuis le 18 mai au Sénat. Objectif affiché : « mettre fin au sentiment d’impunité » et donner aux pouvoirs publics des outils jugés plus adaptés aux réalités de terrain.

    Des vies bousculées

    « Je ne voudrais pas qu’on résume cela uniquement à des nuisances sonores », insiste Hussein Bourgi. Dans l’Hérault comme ailleurs en Occitanie, les rave parties illégales prennent parfois des proportions massives : 337 ont été recensées en France en 2025, pour plus de 100 000 participants. Moins nombreuses, mais plus imposantes, elles attireraient aussi davantage de teufeurs venus d’Espagne ou d’Italie, où les règles se sont durcies.

    Dans les garrigues, le vacarme laisse des traces bien au-delà de la nuit blanche : bêtes stressées, production laitière en baisse, gîtes contraints de rembourser des vacanciers chassés par les basses. Et quand 600 à 700 gendarmes sont mobilisés un week-end entier près de Bourges pour encadrer 20 000 teufeurs, c’est une facture que le sénateur juge indécente : « Il n’est pas normal que ce soit le contribuable français qui finance ce genre de manifestations illégales. » Le rapport propose donc d’abaisser de 500 à 250 participants le seuil de déclaration obligatoire, de faire de l’organisation d’une rave illégale un délit avec confiscation possible du matériel sonore et des véhicules ayant servi au transport, et de permettre à l’État de réclamer le remboursement des frais engagés (gendarmes, secours, remise en état).

    Sur les rodéos motorisés, le constat est tout aussi alarmant. Le phénomène, longtemps associé aux grands ensembles urbains, gagne les communes rurales : parkings de supermarchés, abords de caves coopératives, routes départementales. Les sénateurs avancent 4 724 rodéos constatés en 2025 et 38 500 interventions des forces de l’ordre en 2024. « C’est en moyenne une intervention toutes les quinze minutes », souligne Lauriane Josende. Le rapport préconise de faciliter la saisie et la destruction des engins non déclarés, de durcir les peines en cas de rodéo commis en réunion et de mieux caractériser l’infraction.

    Fermeté, mais jusqu’où ?

    Reste le point le plus sensible : les moyens technologiques. Drones, infiltration de messageries cryptées, expérimentation de la vidéosurveillance algorithmique. Pour Bourgi, le drone peut éviter les courses-poursuites dangereuses, susceptibles de blesser participants, policiers ou simples passants. Mais à gauche, le recours à l’intelligence artificielle et à la surveillance algorithmique suscite des réserves, que le groupe socialiste a tenu à faire annexer au rapport.

    C’est là que se joue l’équilibre politique du texte. Répondre aux habitants sans glisser vers une surveillance généralisée. Protéger les riverains et les participants eux-mêmes, sans criminaliser indistinctement toute jeunesse festive. Dans ce rapport, le Sénat choisit la fermeté. Reste au Parlement à prouver que l’ordre public peut se défendre sans jamais perdre de vue les libertés publiques.

  • Le Planning familial craint pour ses projets

    Le Planning familial craint pour ses projets

    Dans l’Hérault, le Planning familial a du mal à se projeter vers l’avenir. Pour la seconde fois en 4 ans, les finances de l’association féministe et d’éducation populaire sont dans le rouge. Au point de pousser la structure qui lutte pour une société d’égalité entre les femmes et les hommes à lancer une cagnotte. Accessible sur HelloAsso, sur le site du Planning héraultais et Instagram, elle doit permettre de lever 20 000 euros d’ici le 15 juin, sous peine de mettre la clé sous la porte. « En 2022, on avait recueilli plus de 50 000 euros. En réalité c’est cette somme qu’il nous faut pour tout juste revenir à l’équilibre », confie Mia Ferret.

    L’administratrice de l’association loi 1901 a fait les calculs. En dépit des 20 000 euros annuels de dons traditionnels, le manque à gagner se creuse chaque année en raison de la baisse des financements publics. L’État ne donne que 75 000 euros plus 46 000 par l’intermédiaire de la Délégation départementale aux droits des femmes et à l’égalité (DDFE) ainsi que 61 000 euros via l’Agence régionale de santé (ARS). Outre la somme conséquente octroyée pour le centre de santé sexuelle de Montpellier, la subvention du Département de l’Hérault est en baisse de 5 000 euros, celle de la Région de 3 000 euros. Les aides allouées par la Ville et la Métropole de Montpellier stagnent. Or, « nos frais de fonctionnement augmentent d’année en année avec le coût de l’électricité, des locaux et les revalorisations salariales », résume Mia Ferret. Trop juste pour rémunérer les 14 salariés. « On pioche dans la trésorerie. »

    22 700 personnes croisées

    L’utilité publique du Planning n’est pourtant plus à démontrer. L’an dernier, grâce à ses bénévoles, 22 700 personnes ont été accueillies (dont 3 000 au centre de santé sexuelle de Montpellier), prises en charge ou sensibilisées sur l’éducation à la sexualité, l’accès à la contraception, au droit à l’avortement et à la libre disposition de son corps ou à l’éternel combat contre les violences sexistes ou sexuelles. Trois types de missions sont menés. Un « accompagnement des personnes » pas considérées comme des « patients ». Au-delà des 250 IVG annuelles, des suivis de grossesse et des tests contre les infections sexuellement transmissibles en hausse en raison d’une baisse des protections chez les jeunes, « on écoute, on oriente, c’est une approche globale », résume Mia Ferret.

    Le Planning forme aussi au métier de conseiller conjugal et familial ou aux compétences psychosociales. Enfin, l’association effectue régulièrement des animations scolaires et périscolaires. Problème : le rectorat de l’académie de Montpellier vient de décider que le seul personnel de l’Éducation nationale se chargera désormais dans le premier degré des interventions d’éducation à la vie affective et relationnelle (programme Evar). « La plupart des enseignants ne sont pas formés à cela », regrette Mia Ferret qui soupçonne le poids du « lobby d’une minorité de parents d’élèves » au bras long. « On a le sentiment d’un deux, poids deux mesures sur la laïcité. Quand il s’agit d’aller intervenir auprès des jeunes filles musulmanes, ça se passe très vite pour leur dire comment s’habiller. Quand il s’agit de modérer les associations catholiques intégristes, il n’y a plus personne. »

    Pour le Planning, la réduction de ces missions est synonyme de manque à gagner. Dans un contexte national où l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir serait un recul majeur, Mia Ferret appelle les collectivités locales à former un « rempart » en aidant davantage le Planning familial. « Nos financements sont dépendants de nos projets. On a besoin de stabilité, d’engagements supérieurs de nos financeurs sur plusieurs années. »

    « On écoute, on oriente, c’est une approche globale »

  • Le PPESU prépare les soldats du feu aux défis de demain

    Le PPESU prépare les soldats du feu aux défis de demain

    Un caisson de fumée, des échelles à 24 mètres, des feux de véhicules en conditions réelles : les stagiaires qui passent par le Pôle de préparation à l’engagement aux situations d’urgence (PPESU) de Gignac ne font pas semblant. Depuis son inauguration le 3 février 2025, ce site de 33 hectares installé aux portes du chef-lieu de la Vallée de l’Hérault s’impose comme un centre de formation d’exception, unique en France par son ambition et la diversité de ses publics.

    L’idée a germé en 2018, après le décès d’un sapeur-pompier en intervention en 2016. Face au drame, le président du Département, Kléber Mesquida, et le directeur du Sdis 34, Éric Florès, tirent la même conclusion : il faut investir massivement dans la formation. Résultat : 27 à 32 millions d’euros mobilisés, et un outil pensé pour préparer les secouristes aux situations qu’ils ne rencontreront parfois qu’une ou deux fois dans leur carrière. Concrètement, le PPESU dispose d’une aire de feux de 700 m², d’espaces dédiés aux nouvelles technologies (batteries au lithium, véhicules à hydrogène), d’un anneau d’entraînement au secours routier, et d’un simulateur numérique intégrant l’IA.

    L’immersion totale

    Les stages d’une dizaine de jours qui s’y déroulent sont d’une intensité rare. Au programme : découverte du matériel, interventions simulées en appartement, maniement des moyens élévateurs aériens, etc. Des manœuvres réalistes, encadrées par des formateurs aguerris. Le clou de la formation reste le caisson de fumée : vision réduite, odorat neutralisé, bruits étouffés, 30 kg d’équipement sur le dos : l’exercice soumet les stagiaires à des contraintes physiques et psychiques qui reproduisent fidèlement les conditions d’un incendie réel.

    Le PPESU est ouvert à tous : pompiers professionnels et volontaires, mais aussi gendarmes, policiers du Raid, agents d’Enedis, de Vinci Autoroutes, jeunes sapeurs-pompiers, ou encore des maires formés à la gestion de crise. Des profils très divers qui se côtoient sur le terrain. En 2025, 258 stages ont été programmés pour plus de 3 600 stagiaires issus de toute la France, mais aussi de Suisse, de Grèce, de Roumanie ou du Kurdistan. À l’heure où le Sdis 34 réalise 87 165 interventions par an, une toutes les 6 minutes 30, se former ne relève plus du perfectionnement. C’est une nécessité vitale.

  • L’intersyndicale refuse l’accès payant à la Justice

    L’intersyndicale refuse l’accès payant à la Justice

    La justice devient payante et c’est le plaignant qui paye, c’est inacceptable ! ». À Sète, Arnaud Jean n’y va pas par quatre chemins. Le secrétaire général de l’Union locale CGT balaie d’un revers de la main le forfait de 50 euros instauré par la loi de finances 2026 pour toute saisine du Tribunal judiciaire pour des procédures civiles ou du conseil de prud’hommes qui juge les litiges entre salariés et employeurs.

    Jeudi 28 mai en fin de matinée, il était présent devant le conseil des prud’hommes de Sète à l’appel de l’intersyndicale du Bassin de Thau (CGT, FO, CFDT). « C’était gratuit et cela devient payant », rumine le cégétiste qui assure que la somme n’est pas dérisoire. « 50 euros pour certains ce n’est peut-être pas grand-chose mais pour de nombreux salariés c’était déjà compliqué avec les frais d’avocat. Certains ne peuvent pas se le permettre », assure Arnaud Jean qui témoigne. « On reçoit pas mal de salariés en grande précarité à la Bourse du travail. Ces 50 euros, ils vont leur manquer à la fin du mois. »

    Tant et si bien qu’il redoute que certains travailleurs renoncent à faire valoir leurs droits en justice. « J’ai l’impression que certains n’iront plus aux prud’hommes. » À Sète, cette juridiction est particulièrement menacée par le manque de moyens. En avril, plusieurs mobilisations s’étaient tenues pour alerter notamment sur la pénurie d’administratifs. « Les affaires mettent plusieurs mois à être rendues. » Finalement, le poste de greffier qui était menacé est maintenu avec le 0,8 équivalent temps plein administratif. Malgré tout, ce tribunal de proximité conserve une épée de Damoclès au-dessus de lui. « On craint encore qu’ils finissent par nous le fermer », confie Arnaud Jean.

    Barème Macron et projet de loi Darmanin

    À l’exception des personnes bénéficiant de l’aide juridictionnelle, le timbre fiscal de 50 euros (d’ailleurs censé la financer en partie) est obligatoire depuis le 1er mars. Un salarié doit donc s’en acquitter pour pouvoir prétendre contester un licenciement ou simplement réclamer des salaires impayés à son patron. Mis à part certains cas particuliers (surendettement, procédures d’urgence pour violences conjugales ou certaines affaires devant le juge des affaires familiales…), un justiciable doit aussi sortir le porte-monnaie pour régler des litiges privés. Par exemple : engager une procédure de divorce, demander des dommages et intérêts pour un simple conflit de voisinage, poursuivre un artisan pour malfaçons ou agir contre un syndic.

    Le vice-président du conseil des prud’hommes y voit une rupture d’égalité dans l’accès au droit. « C’est une attaque de plus contre les services publics qui sont appauvris », dénonce Bertrand Lacabanne. Il s’inquiète d’une dérive favorable aux employeurs. Avec le barème Macron, les indemnités salariales ou le montant de l’aide juridictionnelle pour les demandeurs d’asile ont baissé. Un autre projet de Gérald Darmanin l’inquiète. « Ils veulent changer le taux de ressort de la Cour d’appel ». De 5 000 euros aujourd’hui, le plafond pourrait passer à 10 000 en dessous duquel les dossiers partiraient directement en Cassation. « C’est un filtre d’accès à la Cour d’appel, cela enlèverait un niveau de droit. »