Tag: Hérault

  • À Béziers, Ménard fait-il payer aux pauvres ses uniformes ?

    À Béziers, Ménard fait-il payer aux pauvres ses uniformes ?

    Robert Ménard fait-il payer la note de ce qu’il reste de ses uniformes à l’école aux familles dont les plus précaires ?

    Directement, non. Puisque en dépit du retrait de l’État d’une expérimentation ratée, aucune contribution n’est réclamée aux familles. À celles qui en font la demande, deux blouses et deux polos seront encore distribués gratuitement par la mairie de Béziers à la rentrée. Une tenue qui, au passage, n’a plus rien de l’uniforme* vanté par le maire d’extrême droite, soi-disant pour gommer les inégalités sociales. En réalité, elle sert son idéologie qui fantasme le retour d’un ordre moral à l’école qui n’a jamais existé sous cette forme dans le public.

    Indirectement, en revanche, c’est autre chose. Car si la Ville n’a plus à elle seule les moyens de payer des pantalons ni des jupes aux 4 545 élèves des 21 écoles élémentaires publiques de Béziers, il lui en coûte encore environ 44 euros par élève (20 euros selon la mairie) contre 100 euros quand l’Etat co-finançait. Revu à la baisse, ce coût correspond aux 200 000 euros provisionnés au budget de la Ville, selon le PCF.

    Dans le même temps, R. Ménard vient d’augmenter « en catimini » les tarifs de la cantine, déplore le secrétaire de la section PCF biterroise. « Le conseil municipal n’a pas voté, c’est une simple décision du maire datée du 3 août », s’étrangle Nicolas Cossange.

    Une hausse inégalitaire

    Pour les six catégories de tarifs de cantine (jusqu’ici de 1,2 euro pour un quotient familial inférieur à 264, à 4,3 euros pour un QF supérieur à 905), la hausse est de 20 centimes. Sur un total de 144 jours d’école avec 4 545 élèves, cela fait en théorie un maximum de 130 896 euros qui pourraient entrer dans les caisses de la Ville. De quoi amortir le coût de l’uniforme…

    Quoi qu’il en soit, les familles les plus pauvres vont consentir au plus gros effort. Pour celles du premier échelon qui payeront désormais 1,4 euro par repas, une hausse de 20 centimes représente un surplus de 16,66%. Il n’est que de 4,65% pour les familles du 6e échelon qui payeront à présent 4,5 euros par repas.

    N. Cossange pointe aussi le fait qu’« il n’existe aucun échelon de gratuité ni tarif dégressif pour les familles nombreuses ». Et que sous couvert de lutte contre le gaspillage, « il n’est pas possible de décommander un repas au dernier moment ». Il ajoute que de meilleurs tarifs seraient proposés si la cantine était en régie publique. « Chaque année la société privée indexe ses prix sur l’inflation ».

    * Lire aussi la chronique page 18

  • À Montpellier, Luttopia poursuit la collecte de fonds pour son futur projet

    À Montpellier, Luttopia poursuit la collecte de fonds pour son futur projet

    En proie à de grosses difficultés financières qui l’ont poussée à interrompre ses actions d’accueil de jour (fin avril) et de maraude (fin juin), Luttopia a décidé de jeter les forces qui lui restent dans la construction d’un nouveau projet qui s’ancrerait, celui-là, dans la durée.

    En effet, la maison de l’avenue de Toulouse mise à disposition par la Ville depuis 2022 dans le cadre d’une convention d’occupation d’habitat intercalaire fait l’objet d’un projet d’urbanisme qui nécessite que l’association quitte rapidement les lieux. « La mairie a prolongé de 3 mois, jusqu’au 31 décembre, notre convention d’occupation pour avoir le temps de travailler, ensemble, à la recherche d’un nouveau lieu. Cette fois on part plutôt sur du temps long, dans la perspective de déménager dans un lieu pérenne, avec une situation d’occupation qui se rapprocherait fortement de l’accès à la propriété », explique la directrice de Luttopia, Gwen Lasne. Cela permettrait à l’association d’être officiellement labellisée « accueil de jour » et de décrocher les subventions qui l’accompagnent, ce dont la privait son statut actuel dans l’habitat intercalaire. « Avec un nouveau lieu pérenne qu’on mettrait aux normes ERP (établissement recevant du public) et PMR (personnes à mobilité réduite), on pourrait prétendre à ces agréments qui permettraient d’asseoir nos principes d’action et de multiplier nos sources de financement. »

    « Un gros élan

    de solidarité »

    Pour assurer son avenir, l’association a lancé, dès la mi-avril, une collecte en ligne* qui a récolté plus de 20 000 euros versés par 262 contributeurs. Des soirées de soutien, baptisées « Nuit de l’utopie », sont également organisées, depuis cet été, dans les locaux de l’association, 88 bis, avenue de Toulouse. La première, le 1er août, fut un succès. La seconde a lieu ce 4 septembre, de 18h à minuit (prix libre conseillé : 5 euros). Au programme : musique (jam, open mic), expositions, friperie, tombola, buvette… « Il y a un gros élan de solidarité », se félicite Gwen Lasne.

    Toutefois, souligne-t-elle, la société civile, seule, ne permettra pas de lever les fonds suffisants au futur projet de Luttopia dans un contexte de désengagement de plus en plus grand de l’État vis-à-vis des associations menant, notamment, des missions sociales. « Il faut réfléchir à d’autres modèles. Pour porter ce genre de projet, on va donc devoir également trouver des mécènes, des gros financeurs privés, entreprises ou fondations, qui, eux, pourraient s’engager à des niveaux un peu différents puisqu’on serait sur un budget prévisionnel à plus de 200 000 euros si on veut faire les choses correctement. » Ce nouveau projet aurait toutes les fonctionnalités d’un accueil de jour : hygiène corporelle, hygiène du linge, repas, café, permanences sociales, occupationnel, vestiboutique… « Mais ce serait également l’équivalent d’un tiers lieu, c’est-à-dire un endroit où tout le monde pourrait venir se poser autour d’un café. On pourrait aussi avoir des espaces interassociatifs pour permettre des réunions, des ateliers, et même imaginer la création d’une véritable activité économique pour Luttopia, avec des ateliers d’artistes par exemple, ou du réemploi », liste la directrice de l’association.

    Lorsqu’il a dû fermer fin avril, l’accueil de jour de Luttopia n’avait jamais été aussi fréquenté. « À raison de 2 jours par semaine, on est passé du simple au double : en 2022-2023 on recevait autour de 15-20 personnes par jour, en 2024 on est monté à une trentaine et de fin 2025 à la fermeture fin avril 2026, on est passé à une moyenne de 48-50 personnes par jour. Les chiffres explosent, ça devient dramatique et ça va aller en s’aggravant, puisqu’il va y avoir des restrictions budgétaires encore plus marquées d’ici l’année prochaine, sans parler des élections présidentielles et des résultats qui nous pendent au nez… On a vraiment besoin de lieux comme Luttopia », estime Gwen Lasne, bien décidée à faire vivre ce projet.

  • [Entretien] Pr Gaëtan Poulen, CHU de Montpellier : « Détruire par la chaleur la zone précise du cerveau responsable de l’épilepsie »

    [Entretien] Pr Gaëtan Poulen, CHU de Montpellier : « Détruire par la chaleur la zone précise du cerveau responsable de l’épilepsie »

    La Marseillaise : À quel type de patients s’adresse cette nouvelle chirurgie ?

    Gaëtan Poulen : L’épilepsie est une maladie assez fréquente. Il existe un grand nombre de crises d’épilepsie différentes, mais on considère qu’environ 30% des patients sont réfractaires aux traitements médicamenteux, qui constituent le traitement de base de l’épilepsie. Certains ont essayé 2, 3, 4 molécules et malgré cela, ils continuent à faire des crises. Cette chirurgie au laser s’adresse à ceux, parmi ces patients résistants, dont on arrive à déterminer avec précision la zone du cerveau responsable de l’épilepsie. Ce qu’on désigne sous le nom d’épilepsie focale.

    En quoi consiste l’intervention ?

    G.P. : C’est une procédure très précise, réalisée sous contrôle stéréotaxique : c’est au demi-millimètre près. Après avoir identifié la zone à traiter, on introduit une fibre laser par un trou de 4 mm dans le crâne. Une fois cette opération accomplie, on quitte le bloc opératoire pour se rendre à l’IRM. C’est là que l’on réalise la lésion, grâce à la fibre laser qu’on a implantée. À l’IRM, des séquences particulières permettent de voir la température de chaque zone du cerveau en temps réel. On va alors faire chauffer la zone que l’on veut détruire en vérifiant que les zones autour ne soient pas lésées. L’idée est de détruire par la chaleur la zone précise du cerveau responsable de l’épilepsie.

    En quoi est-ce novateur par rapport à ce qui se faisait
    jusque-là ?

    G.P. : Soit la zone épileptogène est très difficilement accessible, si bien que ces patients n’auraient pas pu être opérés car trop risqué. Ou bien ce sont des patients qu’on aurait opérés, mais en chirurgie ouverte [incision cutanée et profonde importante permettant d’accéder directement à un organe ou une zone anatomique, Ndlr], avec des suites beaucoup plus lourdes. Là, le patient se lève dès le lendemain et rentre à son domicile deux à trois jours après la chirurgie.

    Cette technique est mise en œuvre pour la première fois au CHU de Montpellier : comment avez-vous préparé cette intervention ?

    G.P. : Ça fait deux ans que je travaille sur le projet. L’équipe pionnière en France et qui a réalisé le plus grand nombre d’interventions de ce type est l’équipe de neurochirurgie d’Amiens. J’en avais discuté avec le neurochirurgien qui la dirige lors d’un congrès. Je me suis dit que ce serait intéressant d’importer cette technique à Montpellier. Toute mon équipe (un neurologue-épileptologue, un radiologue, un anesthésiste…) s’est déplacée à Amiens pour assister à une intervention, afin de voir exactement comment ça se passait. On a ensuite fait des tests à blanc, sans patient. Et une fois qu’on a été prêts, on s’est lancés.

    Cela nécessite-t-il des moyens matériels supplémentaires ?

    G.P. : Oui, la machine qui est branchée à l’IRM et permet de faire la lésion avec le laser est une machine spécifique, que pour l’instant nous louons.

    Cette méthode
    va-t-elle rentrer dans l’offre thérapeutique du CHU ?

    G.P. : Tout à fait. On va prévoir plusieurs autres interventions de ce type d’ici la fin de l’année. Le but est que ça s’installe vraiment comme un outil supplémentaire pour traiter les patients éligibles à ce type d’intervention.

  • À Béziers, le PCF lancera la campagne de Roussel

    À Béziers, le PCF lancera la campagne de Roussel

    C’est un heureux hasard du calendrier que les communistes du Biterrois comptent bien mettre à profit pour donner leur coup d’envoi symbolique de la campagne.

    Dimanche 6 septembre (10h-18h) se tiendra, aux jardins
    de la Plantade, la 43e fête* du PCF de l’ouest héraultais. Réunissant chaque année plus d’un millier de militants, sympathisants et curieux (l’entrée au parc est gratuite et ouverte à tous) autour d’un grand débat, d’un repas et d’animations, l’événement, qui constitue « la seule rentrée politique dans le Biterrois », insiste Nicolas Cossange, tombe cette année le jour de l’investiture PCF à la présidentielle.

    « On pourra encore voter le matin même à condition d’être à jour de cotisation depuis au moins 3 mois », précise l’ancien secrétaire du PCF 34, désormais à la tête de la section de Béziers. Autant dire qu’après avoir dégusté la paella, les communistes devraient apprendre pendant les animations musicales l’officialisation de la candidature de Fabien Roussel à l’Élysée, qui semble une formalité.

    Changer de modèle

    À Béziers, l’issue du vote des adhérents PCF ne fait aucun doute. Même si les reproches de 2022 restent dans les esprits (il n’avait manqué que 400 000 voix à Mélenchon pour accéder au 2nd tour alors que Roussel en avait fait le double), une candidature communiste au 1er tour est jugée nécessaire pour porter les idées de rupture. « C’est le moment d’exposer ce que nous voulons : changer le fond des choses : passer de la social-démocratie au socialisme », pose Aimé Couquet.

    Pour ce membre historique de la section, « il faut sortir du piège de la présidentielle ». « On ne divise rien du tout. En 1981, il a fallu un PCF à 15% pour que Mitterrand soit élu. Sans un PCF qui fait des voix au 1er tour, on [la gauche de transformation sociale, Ndlr] ne gagnera pas au second. » Nicolas Cossange va dans son sens. « Bien sûr que les communistes se posent des questions [vu le risque RN, Ndlr] mais on s’est doté d’un processus démocratique. C’est autre chose que de dire : je suis candidat, allez cliquer pour me soutenir », critique-t-il à l’égard de Jean-Luc Mélenchon.

    Pour N. Cossange, le vrai problème c’est le poids de la gauche. « Tant qu’elle pèsera 30% toute mouillée… » Pour y remédier, quoi de mieux que de débattre pour expliquer en quoi « la société capitaliste nous mène dans le mur ». « Oui à la paix, non à l’austérité ! » sera d’ailleurs le thème du débat animé dès 11h par la secrétaire héraultaise, Clara Gimenez. Compte tenu du calendrier, il sera sans doute un peu question de Sénatoriales et de la séquence présidentielle/législatives de 2027. « Un débat, on sait comment ça commence mais jamais où ça finit », sourit N. Cossange.

    Quoi qu’il en soit, les communistes n’ont pas l’intention d’être cantonnés au simple témoignage. « Entre la canicule, les incendies et maintenant la tempête, l’été nous a rappelé combien il est urgent d’agir, de planifier. La 7e puissance mondiale est tout à fait capable de produire ses propres Canadairs. Il y a d’autres choix que le tout militaire », harangue N. Cossange. Cela vaut aussi pour l’économie commandée par les forces de l’argent. « On a besoin de travailler la question des salaires et de réindustrialiser. On voit bien avec les taux de pauvreté d’Agde/Pézenas que même le tourisme de masse ne redistribue pas beaucoup de richesses. » Aimé Couquet abonde : « Un parc d’attractions comme celui de Macron et Mohammed Ben Salmane, ça ne produit rien du tout. Il faut faire revenir de la production dans notre pays et donner les moyens aux travailleurs de pouvoir organiser leurs entreprises ». En somme changer totalement de modèle. Un point sur lequel le PCF va sûrement plus loin que la France insoumise.

    * 10h ouverture des stands
    et du vide-grenier (inscriptions
     : 07.66.28.71.05). 11h débat. 13h paella (réservations 04.67.76.43.78.). 14h30 animations avec Sophie Pascual, conteuse (histoires cubaines) et Les Z’étourdis (chansons engagées). 18h : Tirage tombola et clôture.

  • À Montpellier, des étudiants « de plus en plus désemparés » pour trouver un toit

    À Montpellier, des étudiants « de plus en plus désemparés » pour trouver un toit

    Tous les ans, c’est le même casse-tête pour des jeunes de plus en plus précarisés : trouver un toit à se mettre sur la tête dans une ville, Montpellier, où quelque 80 000 étudiants prennent leurs quartiers. Malgré des semaines de recherches, ils sont nombreux toujours sans solution à l’approche de l’échéance. Les agences immobilières croulent sous les demandes et les budgets dont disposent les jeunes sont souvent bien maigres au regard des loyers pratiqués dans le parc locatif privé, par ailleurs saturé. Le public quant à lui, via les résidences universitaires du Crous, n’est en mesure d’accueillir que 10% des étudiants montpelliérains.

    Selon l’enquête annuelle du syndicat étudiant Unef publiée le 17 août, « le coût de la vie étudiante en 2026 a augmenté
    de 1,66% sur un an et de plus
    de 35% depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017
     ». Une augmentation due notamment, selon le syndicat, « à la hausse du prix des loyers : 627,11 euros en moyenne par mois dans le privé, soit +2,87% sur un an et +1,04% à 426,36 euros pour une résidence du Crous ». Le loyer représente ainsi une part énorme dans le budget de ces jeunes, dont beaucoup peinent, avec ce qui leur reste, à se nourrir. « Un sur deux ne mange pas à sa faim et un tiers déclarent avoir déjà sauté des repas faute de moyens », assure le Scum (Syndicat de
    combat universitaire de Montpellier), qui distribue environ 15 000 colis alimentaires aux étudiants précaires chaque année.

    « Ça remet en question leur projet d’études »

    Dans ce contexte particulièrement tendu, certains se tournent vers des associations susceptibles de les aider dans leurs recherches, comme Habitat jeunes Montpellier qui propose des solutions d’hébergement, de restauration et d’accompagnement pour les jeunes de 16 à 29 ans. « Nous avons 9 résidences à Montpellier et Pérols, qui représentent 350 logements au total », indique le directeur de la structure, Frédéric Adell. « Nous y logeons des jeunes qui ont trouvé leur premier emploi, des alternants, des apprentis, des jeunes en parcours d’insertion professionnelle ainsi que des étudiants. » Outre ces résidences Habitat Jeunes proposant de l’hébergement direct, la Boutique logement jeunes (BLJ)* dispense une aide à la recherche de logement. « On est en première ligne pour accueillir les jeunes de moins de 30 ans à la recherche de logement. Et effectivement, depuis le mois de juin, on voit beaucoup plus d’étudiants affluer, comme chaque année. Mais chaque année, on les voit de plus en plus désemparés, parfois jusqu’à pleurer », rapporte Alexandra Schild, responsable de la BLJ. « Dans un premier temps ils essaient de répondre à des offres sur internet, ils se rendent dans des agences immobilières, mais le parc privé est saturé. Donc ils essuient des refus : soit ils ne sont pas recontactés, soit ils cumulent les visites et ne sont jamais retenus. Surtout les jeunes qui n’ont pas des garants avec des conditions de ressources importantes. Ils se retrouvent alors dans des situations de désespoir, car ça remet en question leur projet d’études. Ils viennent de loin pour quelques jours dans l’espoir de trouver un appartement, et ils se rendent compte que c’est plus compliqué que prévu. »

    Selon la responsable de la BLJ, sur Montpellier, « le loyer d’un appartement de type studio se situe entre 500 et 550 euros. Et malgré le fait que nous soyons soumis à l’encadrement des loyers, certains propriétaires ne jouent pas le jeu », déplore-t-elle. « Il y a également des résidences privées avec services qui proposent des loyers de 600 à 750 euros, complètement inaccessibles pour certains jeunes », ajoute le directeur.

    Les étudiants qui se rendent à la BLJ se voient proposer d’assister à une réunion d’information** où leur sont présentés les dispositifs existants. « Car au-delà du privé, il y a des résidences temporaires, il y a le logement social, il y a des résidences étudiantes en dehors du Crous… L’idée, c’est de leur donner le maximum d’informations ainsi que des astuces pour éviter les arnaques, qui pullulent à cette époque. Une fois qu’ils ont assisté à cette réunion collective, ils peuvent participer à des ateliers numériques***, où on va les aider à monter des dossiers », explique Alexandra Schild. Une aide précieuse pour un public qui, souvent, cherche un logement pour la première fois. « Ils n’ont pas nécessairement les codes de la recherche et font face à une urgence. »

    * 3 bis rue de la Vieille, près des Halles Castellane, en centre-ville.

    **Les vendredis à 17h et un samedi sur deux à 10h.

    *** Les après-midi de 14h à 18h. Le tout sans rendez-vous.

  • Cinq associations réclament un moratoire sur la chasse

    Cinq associations réclament un moratoire sur la chasse

    Depuis plusieurs jours, les pétitions en ligne se multiplient en Gironde, à Fontainebleau ou dans le Var pour réclamer l’arrêt de la chasse après l’été apocalyptique qui a touché l’Hexagone. L’une d’elles, « Pas de fusils sur les cendres »*, portée par un particulier, cumule déjà près de 470 000 signatures. Si elle demande que des mesures soient prises dans les zones concernées par les 116 085 hectares partis en fumée en 2026 (record absolu en France), cinq associations souhaitent aller plus loin et réclament un moratoire sur l’ensemble du territoire.

    « On peut imaginer que les populations d’animaux sauvages ont un petit peu dégringolé, voire beaucoup, puisqu’avec la canicule, les incendies et la sécheresse, elles n’ont pas augmenté pendant l’été », avance Christian Perrenot, délégué régional de l’Aspas, l’Association pour la protection des animaux sauvages. Face à cette inquiétude, l’Aspas s’est associée avec l’Aves (Agir pour le vivant et les espèces sauvages), Focale pour le sauvage, One Voice et le Pôle Grands Prédateurs pour réclamer la suspension de la chasse le temps qu’une étude sur l’état des populations sauvages soit réalisée.

    « Aujourd’hui, nous n’avons aucune information précise sur l’état de la faune, même si nous pensons qu’il y a eu de gros dégâts », prévient Christian Perrenot. « Cette étude pourrait être réalisée par les services de l’État. La DDTM [Direction départementale des territoires et de la mer] et l’OFB [Office français de la biodiversité] ont des experts qui pourraient rapidement réaliser ce travail. Selon les conclusions, il faudrait adapter la chasse. S’il y a eu zéro dégâts, il n’y a pas de raison que la chasse soit modifiée mais nous avons de gros doutes. »

    Dialogue difficile

    L’Apsas a également envoyé un courrier pour renouveler sa demande de moratoire à 45 préfectures dont celles du Gard et de l’Hérault. Pour l’heure, elle n’a reçu aucune réponse. Contactées, la préfecture du Gard indique avoir « sollicité l’Office Français de la Biodiversité pour avis » et « qu’une fois le retour de l’OFB reçu, les services de l’État analyseront les éléments et une décision sera prise ». « Un article du Code de l’environnement précise qu’à l’occasion d’événements exceptionnels, par exemple un tsunami, un tremblement de terre, des gros gels ou des canicules, la chasse peut être suspendue par les préfets pendant des périodes de 10 jours renouvelables. Les préfets pourraient donc y recourir le temps qu’une étude scientifique sérieuse soit réalisée », précise Christian Perrenot.

    Car si la chasse sera ouverte dans le Gard et l’Hérault le 13 septembre, plusieurs espèces peuvent déjà être chassées comme le sanglier, le chevreuil ou encore le renard, considéré comme une Espèce susceptible d’occasionner des dégâts (Esod). Depuis, le 21 août, la chasse est également autorisée pour le gibier d’eau comme les canards. « Avec la sécheresse, les surfaces d’eau se réduisent et les gibiers d’eau ont beaucoup moins d’espace. La chasse va donc être un massacre, car ces espèces n’ont plus que le tiers, la moitié ou le quart des étangs pour se réfugier. C’est pour cela que la LPO [Ligue pour la protection des oiseaux, Ndlr] demande que la chasse soit décalée d’un mois », s’inquiète le délégué de l’Aspas dans l’Hérault.

    Si ces organisations environnementales souhaitent ouvrir le débat au vu de la situation exceptionnelle de l’été, elles regrettent le manque d’écoute de la part de l’État. « On n’a pas eu de réponse de la part des préfectures et on ne sait pas si on en aura une. Chaque fois, on reste scotchés par la mauvaise foi des chasseurs et par une forme de quasi-soumission des pouvoirs publics à ce monde de la chasse », fustige Christian Perrenot qui invite tous les amoureux des animaux « à venir les aider à l’Aspas » et espère surtout que la pétition fasse bouger les lignes.

  • Un nouveau chapitre s’ouvre pour la librairie le Grain des mots à Montpellier

    Un nouveau chapitre s’ouvre pour la librairie le Grain des mots à Montpellier

    Certes, un vent mauvais souffle sur le monde de la librairie ces derniers temps : depuis avril, Gibert puis Furet du Nord et Decitre ont été placés en redressement judiciaire ; plus près de nous, à Montpellier et Alès, la librairie Sauramps a été liquidée début juillet ; sans compter de nombreux libraires indépendants qui tentent de diversifier leurs activités pour tenir. Néanmoins, certains veulent y croire, s’accrochent à leur histoire et créent un peu d’optimisme dans ce marasme.

    C’est le cas des frères Demante, Tristan et Romain, cogérants du Grain des Mots, à Montpellier. Créée en 2003 par leur mère, Aline Huille, la librairie, historiquement implantée sur le Jeu de Paume, est devenue, au fil du temps, une référence incontournable des amoureux des livres. Mardi 1er septembre, une nouvelle page de son histoire s’ouvrira en bas du boulevard Gambetta*, près de la place Saint-Denis, dans ce qui fut le cinéma Rex puis le Diagonal, avant d’être laissés à l’abandon.

    Confrontés en août 2022 à un sérieux dégât des eaux qui les a contraints à quitter leurs locaux historiques du Jeu de Paume, les frères Demante s’étaient installés, de façon provisoire, à quelques pas de là, dans un local appartenant à la Ville. Une transition qui s’est éternisée (4 ans) dans des conditions tout sauf idéales.

    Un lieu repensé
    par un architecte

    C’est donc avec soulagement que le Grain des mots emménage, enfin, dans un nouvel écrin refait à neuf*, dont la librairie s’est rendue propriétaire. « Il restera quelques finitions, mais on se tient à la date du 1er septembre pour la réouverture. C’était une friche industrielle quand on a récupéré les clés il y a 3 mois, il y avait énormément de travaux. C’est déjà un exploit d’avoir fait tout ça dans ces délais », estime Tristan Demante. De 200m², la surface de la librairie passe à 260m². Surtout, les frères Demante ont fait appel à un architecte, qui a pensé les lieux pour qu’ils soient le plus fonctionnels et agréables possible. « Sur le Jeu de Paume, on avait une petite rampe en fer qu’on sortait pour les personnes à mobilité réduite, là on a construit une rampe en dur. Les tables sont à bonne hauteur, il y a entre 90 cm et 1,2 m entre chacune pour que ce soit confortable de circuler. Il y a également un réseau de LED incorporé dans les bibliothèques, dont l’éclairage permettra une mise en avant du fonds. Car on se prévaut d’être une librairie de fonds depuis toujours », insiste Tristan Demante. « On pourra présenter davantage de livres sur des tables ou des tablettes, ce ne sera pas que du rayonnage. Cela permettra de mettre en valeur, outre les nouveautés, des coups de cœur et des choses un peu moins récentes qu’on a envie de continuer à porter. »

    « C’est un pari audacieux, on en est bien conscients », confie le libraire. « On le sait, le monde du livre va mal, que ce soit les librairies, l’édition, la distribution… mais on est confiants. On a une super équipe, une clientèle fidèle – ce qui économiquement comme moralement est inestimable – et un super lieu. On a eu un coup de cœur incroyable pour ce local, pour l’emplacement aussi, qui offre une autre dynamique que celle du Jeu de Paume : le Jeu de Paume c’est passant, le quartier Saint-Denis – Gambetta, c’est vivant. »

    Le Grain des Mots sera donc dans les starting-blocks pour la rentrée littéraire de septembre, moment crucial pour toute librairie. L’inauguration officielle, quant à elle, aura lieu un peu plus tard, mi-octobre, pour fêter ce beau pari sur l’avenir.

  • Pézenas : un coup de pouce pour le budget rentrée

    Pézenas : un coup de pouce pour le budget rentrée

    Comme chaque année à l’approche de la rentrée, le Secours populaire de l’Hérault (SPF 34) organise et participe à des collectes solidaires de fournitures. Différentes initiatives se déroulent dans le département, comme à Pézenas, en partenariat avec le centre social Ambroise-Croizat.

    « On réceptionne dans nos locaux des dons de fournitures neuves ou en très bon état », indique Sophie Lebouc, chargée de l’accueil et des animations du centre social. « Nous mettons un point d’honneur à ce que chacun puisse démarrer l’année dans de bonnes conditions. Or la rentrée a un vrai coût pour certaines familles », poursuit-elle. « Les familles qu’on accueille ont des revenus de plus en plus faibles », confirme Martine Girault, secrétaire du comité du Secours populaire de Pézenas, qui récupère et distribue les fournitures collectées par le centre social. « Elles disposent d’environ 2 euros ou moins par jour et par personne pour vivre. Donc un cahier à 1,5 euro ou 2 euros, c’est beaucoup », insiste-t-elle.

    Également une aide à la pratique sportive et culturelle

    L’allocation rentrée scolaire (ARS), versée à certaines familles sous conditions de ressources pour un montant allant de 426,87 à 466,02 euros en fonction de l’âge de l’enfant, constitue bien sûr une aide précieuse, « mais elle fond très vite et n’est pas toujours suffisante. Car les familles doivent respecter ces fameuses listes qui détaillent les fournitures pour chaque matière. Il y a aussi le fait qu’on veut faire plaisir à son enfant, qu’il a grandi, qu’il faut lui acheter des chaussures neuves, des vêtements… »

    Cette année, à Pézenas, l’aide en matière de fournitures scolaires est ciblée sur les collégiens, qui sont environ 70. Une première distribution a eu lieu le 26 août « car les familles sont soucieuses que leurs enfants fassent leur rentrée avec du matériel », mais la collecte se prolonge jusqu’au 3 septembre et les familles bénéficiaires pourront ensuite ajuster en fonction de leurs besoins.

    Depuis plusieurs années, la Fédération du Secours populaire de l’Hérault propose également, à la rentrée, une aide à la pratique sportive et culturelle, « très appréciée par les familles  ». « Ces enfants doivent pouvoir avoir des activités comme les autres. Or la pratique sportive et culturelle reste chère. On contribue donc au paiement d’une partie de l’activité choisie. Sur Pézenas, cela concerne 35 enfants. On a un budget de plus de 2 000 euros pour aider ces familles. » De son côté, le centre social Ambroise-Croizat organise également cette année, en partenariat avec le Lieu Ressources de Pézenas, une opération de lutte contre la fracture numérique en collectant des ordinateurs portables inutilisés. Les équipements récupérés seront reconditionnés par le Lieu Ressources avant d’être redistribués à des personnes qui en ont besoin.

  • [Entretien] « Les entrepreneurs en ont marre d’être fliqués »

    [Entretien] « Les entrepreneurs en ont marre d’être fliqués »

    La Marseillaise : En quoi la facturation électronique irait-elle à l’encontre du droit ?

    David Guyon : Il y a deux idées. D’abord on va avoir un contrôle de type fiscal, automatique en temps réel avec une collecte importante de données à destination de l’administration fiscale. Cela peut porter atteinte à la liberté d’entreprendre et au secret professionnel. Car sur la facturation, vous devez définir la nature de la prestation réalisée, l’identité du client… Le conseil national des Barreaux avait questionné le gouvernement et le compromis mi-figue mi-raisin mis en place n’est pas satisfaisant. Second argument, la protection des données personnelles. On voit bien que les services de l’État sont de véritables passoires, avec des failles systémiques, sans aucun respect du Règlement général sur la protection des données (RGPD), ce qui est contraire au droit européen.

    On part sur quelle procédure
    et sur quelle durée ?

    D.G. : Ce sera une procédure longue car si on voulait faire suspendre en urgence la facturation électronique on devrait démontrer que dans le cas particulier de nos clients, il y a un risque d’atteinte à leurs intérêts. Or ce risque n’est pas 100% sûr, le Conseil d’État ne suspendra pas pour des risques potentiels. La transposition du droit européen nous oblige à la réforme d’ici 2030 mais la France va plus vite (1er septembre 2026 : obligation de réception TPE/PME ainsi que d’émission des factures électroniques pour les grandes entreprises pour les TPE/PME d’ici un an). On ne sait pas comment ça va se passer pour un particulier qui aura besoin d’une facture après avoir fait appel à un restaurateur ou un artisan. Certains auto-entrepreneurs clôturent leur micro-entreprise car cette paperasserie administrative ne leur convient pas.

    Quels types d’entreprises vous contactent ?

    D.G. : On a déjà une dizaine de clients : auto-entrepreneurs, profession libérale médicale et des grosses entreprises de 300 salariés.

    N’est-ce pas un bon moyen de lutte contre les fraudes à la TVA ?

    D.G. : C’est clair que pour l’État la facturation électronique est un super moyen de s’assurer que la TVA due sera collectée. Vous organisez de manière préventive un contrôle fiscal à l’égard de toutes les sociétés qui jusque-là partaient sur du déclaratif. Là, on change de modèle. Les entrepreneurs en ont marre d’être fliqués par l’État. On aimerait un choc de productivité plutôt qu’un choc de contrôle de la productivité.

    N’est-ce pas une évolution technologique inévitable ?

    D.G. : Je combats un choix de société. En tant qu’avocat, je suis pour la liberté et la responsabilité qui va avec. Vous êtes libre d’optimiser votre fiscalité mais si vous ne respectez pas les règles du jeu, vous êtes sanctionnés sévèrement. Je ne suis pas sûr que cette réforme soit un bon signal envoyé à la population qui doit créer de la richesse.

  • La Poste d’Aniane, symbole de l’érosion du service public

    La Poste d’Aniane, symbole de l’érosion du service public

    Un service public a-t-il vocation à gagner de l’argent ou à rendre service à la population ? Depuis que le gouvernement de droite a tranché la question en 2010 en passant La Poste en société anonyme pour la préparer à l’ouverture du marché du courrier à la concurrence européenne, La Poste, toujours détenue à 100% par le public*, ne cesse de se désengager des zones jugées les moins rentables.

    La fermeture programmée au 1er septembre du bureau de poste d’Aniane (Hérault) est une illustration de cette dérive. Rien n’y a fait. Ni les protestations d’usagers que la direction jugeait trop peu nombreux pour maintenir ce bureau. Ni les pourparlers avec le maire Philippe Salasc qui, avec sa majorité municipale, a tenté des années durant de trouver un compromis. Par exemple un maintien de la poste avec des « amplitudes horaires réduites ».

    La Tabatière en relais

    « C’est une page qui se tourne », soupire l’édile qui s’est heurté à un mur dans un « contexte général de recul des services publics de proximité dans les territoires ruraux », a-t-il précisé aux habitants.

    Même reproche du côté de la jeune Association départementale du réseau des élus insoumis et citoyens de l’Hérault (Adreic 34) qui a fait de cette poste son premier combat de terrain. « C’est symptomatique. On commence par réduire les horaires pour prétendre que ça ne fonctionne pas et pouvoir justifier ensuite de fermer », résume Alexia Laforge (LFI). La présidente de l’Adreic 34 veut croire à un sursaut à la rentrée. « Il suffit parfois d’une grosse mobilisation populaire comme à Saint-Bauzille-de-Putois où la poste avait été sauvée en 2022… »

    Si rien ne devait bouger, la municipalité a réussi à obtenir que le commerce La Tabatière (boulevard Félix-Giraud) prenne le relais. Il devrait assurer la réception et l’envoi de colis, de lettres recommandées et peut-être bientôt un retrait d’espèces. Si les horaires du commerce sont élargis (6h-20h30, 7 jours/7) comparés à la poste, le service rendu n’aura plus rien à voir avec un bureau classique.

    * 34% l’État français et 66%
    la Caisse des dépôts
    et consignations.