Tag: Hautes-Alpes

  • [Entretien] Chantal Eyméoud : « Les JO sont une opportunité unique pour les Hautes-Alpes »

    [Entretien] Chantal Eyméoud : « Les JO sont une opportunité unique pour les Hautes-Alpes »

    La Marseillaise : Vous avez
    été confortablement reconduite à la tête d’Embrun et de la communauté de communes
    de Serre-Ponçon. Qu’est-ce qui, dans votre bilan et vos propositions, a selon vous convaincu les électeurs
     ?

    Chantal Eymeoud : Nous avons obtenu 74% des voix, ce qui est, pour un cinquième mandat que je briguais, une véritable reconnaissance de la part des Embrunaises et des Embrunais, à mon égard et à l’égard de la liste que je conduisais. On est honorés et fiers aussi de ce beau résultat, surtout quand le dégagisme était un peu le leitmotiv de la liste que nous avions en face. Depuis 2001, je suis réélue au premier tour systématiquement et je pense que le lien de simplicité et de réactivité avec les concitoyens que je pratique à Embrun, depuis le début, a fait beaucoup. Ensuite, vient la trajectoire que nous avons engagée depuis plusieurs années avec la mise en valeur des bâtiments culturels et cultuels, la politique du logement et la construction de logements pour tous, y compris social, et la lutte contre la vacance des logements. Et il y a tout le volet autour de la protection de l’environnement, du développement des voies douces, notamment du vélo, des sentiers pédestres, entre la ville et les quartiers.

    On a également mis en place une navette gratuite qui passe dans tous les quartiers, plusieurs fois par jour, qui récupère nos habitants et les amène dans le centre-ville, de façon à leur éviter d’utiliser leur véhicule quand ils en ont. On a également poursuivi la mise en place d’une politique d’animation pour toutes les générations et pour tous les goûts, qui est essentiellement gratuite aussi. Ça participe aussi au bien vivre ensemble, faire en sorte que nos habitants puissent se rencontrer le plus souvent possible. J’ai par ailleurs considérablement renouvelé mon équipe municipale. La plus jeune a 20 ans, j’ai quatre jeunes de moins de 30 ans, et sept ou huit entre 30 et 40.

    L’arrivée des JO en 2030 est
    un moment historique pour le département. En tant que vice-présidente de Région, entendez-vous aussi les craintes liées à leur impact environnemental
    et aux surcoûts pour
    les collectivités ?

    C.E. : Je pense qu’il faut tout écouter et, ensuite, avoir la capacité à répondre aux inquiétudes. Concernant les Jeux olympiques, c’est, pour un département comme celui des Hautes-Alpes, une opportunité absolument unique en matière d’aménagement du territoire. Plus jamais on aura la possibilité d’injecter autant d’argent public, notamment de l’État et de la Région, un peu du Département, pour réaménager les routes, les calibrer à la hauteur de la fréquentation que l’on a en période touristique. C’est une opportunité historique aussi de pouvoir améliorer la voie ferrée, le cadencement des trains et d’avoir le maintien du train de nuit, puisque des millions d’euros vont être injectés pour la rénovation de la voie ferrée. Plus jamais on aura cette possibilité. Par ailleurs, c’est une chance de traduire concrètement les engagements politiques pris par la Région en matière de respect de l’environnement. D’ailleurs, l’État, le CIO et le Cojop nous imposent des normes assez strictes de respect de l’environnement : pas de destruction de forêt, utilisation des équipements déjà existants et réutilisation de ceux qui seront créés… Tout est fait dans une logique d’économie, de façon à ce que la question de l’héritage de l’événement ne soit pas négligée. Personne ne peut imaginer qu’on investisse des millions d’euros pour un mois seulement. De plus, la transition écologique est une réalité que l’on ne peut nier. Les Jeux sont aussi une opportunité pour penser la montagne de demain et lui permettre de négocier un virage vers la transition qu’on aurait eu, de toute façon, parce qu’on ne peut pas échapper à cette remise en question.

    Plusieurs communes restent sans arrêt de train ni guichet, malgré l’apport des JO, au grand dam des maires et des habitants. La Région compte-t-elle agir ?

    C.E. : Bien sûr. Je suis en contact avec tous les maires des Hautes-Alpes et j’entends leurs attentes, leur volonté que leurs communes ne soient pas oubliées des Jeux. Ça ne peut pas être les Jeux d’un seul secteur du territoire. Pour la réouverture de guichets dans certaines gares, moi, je dis « pourquoi pas ? » Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs, attendons, mais il faut l’envisager. Jean-Pierre Serrus, vice-président en charge des transports, est aujourd’hui même à Savines-le-Lac. Il rencontre le maire pour discuter de l’éventuelle ouverture de la gare de Savines qui, si elle devait être rouverte, serait couplée avec l’ouverture de la gare de la Bâtie-Neuve et d’autres dans le département. Il faut avoir une analyse globale. On ne peut pas s’engager directement en disant « oui, oui, on va le faire ». Il faut que ça corresponde à une réalité de la fréquentation du train et des arrêts dans ces gares et ne pas vouloir le faire à tout prix, parce que ça coûte. L’argent public est rare. Mais, si effectivement il y a, et il peut y avoir, un sujet, il faut être en capacité de l’anticiper et donc démarrer les échanges aujourd’hui avec les élus concernés.

    Quelle a été votre réaction à l’annonce de la candidature de Renaud Muselier aux élections sénatoriales, et au fait que François de Canson, maire (divers droite) de La Londe-les-Maures (Var), soit pressenti pour lui succéder à la tête de la Région ? Avez-vous, vous-même, envisagé cette fonction ?

    C.E. : Renaud Muselier a fait ce choix, on le respecte, et pour le reste, François de Canson s’est positionné. C’est un élu qui travaille, un maire vraiment au boulot aujourd’hui, qui est président de son intercommunalité, qui connaît bien le terrain, connaît bien la région. Je pense que les choses se dirigent dans ce sens. D’autres conseillers régionaux avec lesquels on est en contact ont une approche qui pourrait être similaire. Personnellement, Renaud Muselier ne m’a pas sollicité. Son choix s’est porté sur François de Canson, dont acte.

  • À Gap, un débat municipal marqué par de vifs échanges

    À Gap, un débat municipal marqué par de vifs échanges

    Ce lundi, le conseil municipal s’est tenu au Quattro, en attendant que la salle dédiée à l’hôtel de ville soit rendue accessible aux personnes à mobilité réduite comme l’exige la loi depuis 2005. Une mesure réclamée par les militants insoumis de Gap en marge du dernier conseil. Si ce déplacement a été salué par l’opposition comme le maire, la concorde fut de courte durée. l’atmosphère s’est vite tendue lorsqu’Elie Cordier, élu de l’opposition de gauche, a interrogé Roger Didier sur sa décision d’augmenter la somme des indemnités annuelles des collaborateurs de son cabinet, de 206 000 à 352 000 euros par an, doutant du bien-fondé de ce choix « au vu du contexte économique que nous connaissons. » Ce à quoi Roger Didier a répondu que cette somme était seulement un plafond permis par la législation.

    Des indemnisations qui scandalisent l’opposition

    Par la suite, Aurélie Allemand, conseillère d’opposition de gauche élue pour la première fois, s’est étonnée qu’à Gap les élus d’opposition ne perçoivent aucune indemnité de mandat. Une mesure justifiée par Roger Didier en raison du manque de présence de ces derniers dans les commissions électorales. Des absences que Charlotte Kuentz, élue d’opposition du mouvement citoyen Ambition pour Gap, a expliqué en raison de « de l’impossibilité totale de débattre » au sein desdites commissions. Elie Cordier a également questionné les augmentations décidées pour plusieurs élus de la majorité durant le précédent mandat et proposé l’idée émise plus tôt par Axel Berriaud, élu d’opposition de gauche, d’indexer les indemnités des conseillers sur leur taux de présence en conseil, proposition qui n’a pas été retenue par le maire.

  • Gap : Roger Didier réélu à la tête de la communauté d’agglomération

    Gap : Roger Didier réélu à la tête de la communauté d’agglomération

    C’était attendu, c’est désormais chose faite. Président de la communauté d’agglomération depuis sa création en 2017, Roger Didier a été réinvesti à cette fonction par le conseil communautaire, composé de 59 élus et conseillers municipaux des 17 communes membres. Le maire de Gap a récolté 44 des 58 suffrages exprimés. S’il ne s’est pas présenté, Elie Cordier, tête de file de l’opposition de gauche à Gap a cependant été crédité de 10 votes. Son groupe d’union de la gauche gapençaise, représenté par sept conseillers communautaires, n’a pas présenté de candidature. Elie Cordier a dit tenir à « ne pas importer au sein de la communauté le débat de la vie municipale gapençaise », tout en appelant ses pairs à « voter librement, pour un candidat, si ce n’est une candidate, présentant un état d’esprit rassembleur ».

    S’en sont suivies les élections respectives des 13 vice-présidents du conseil. Au poste de premier vice-président, Roger Didier a annoncé la candidature de Christian Hubaud maire de Pelleautier. Elie Cordier a lui annoncé celle de Sophie Delphino, élue d’opposition à Gap, arguant qu’« en 2026, il serait temps de respecter la parité au sein du conseil communautaire ». C’est toutefois Christian Hubaud qui a remporté le siège de premier vice-président avec 41 voix contre 12 pour sa concurrente.

    Les élus de gauche ont demandé plus de parité

    Tout au long de la soirée, Elie Cordier et les membres de l’opposition gapençaise ont témoigné leur inquiétude quant au non-respect de la parité, avec dix hommes élus à la vice-présidence contre seulement trois femmes, sans compter le président du conseil lui-même. L’élu de gauche a proposé, sans concertation préalable et avec l’accord spontané de ces dernières, les candidatures de Blandine Allamanno, maire de Curbans, au poste de 12e vice-président et de Sophie Deschamps, 1ère adjointe à Sigoyer, au 13e. Sans succès. Claudie Boyer, élue d’opposition à Gap, a tenu à rappeler qu’en 2020 déjà, une seule femme avait été élue au conseil contre douze hommes, et que le taux de 2026, certes en augmentation, reste très loin de la parité. « La moitié de la population est sous-représentée dans les instances politiques, l’égalité est pourtant une exigence démocratique », a-t-elle conclu. « Ce souci d’avoir plus de femmes dans l’exécutif est positif, et il faudra que nous y travaillions ensemble pour faire plus, je prends acte de vos appels », s’est engagé le sénateur des Hautes-Alpes, Jean-Michel Arnaud, mentionné à plusieurs reprises par Elie Cordier pour ses engagements en faveur de la parité en politique.

  • Dans les Alpes, la scène électro doit gravir des montagnes

    Dans les Alpes, la scène électro doit gravir des montagnes

    En ce début de mois d’avril, comme presque chaque vendredi soir, l’Antidote, bar situé sur le boulevard de la Libération à Gap, se prépare à accueillir un concert de musique techno. Le lieu devrait pourtant être cédé dans les prochains mois. Le repreneur, qui doit encore réunir les fonds, ne souhaite « a priori » pas poursuivre la programmation musicale. Avec la fermeture du Gorille en janvier, haut-lieu des musiques alternatives à Gap, c’est le dernier espace dédié aux musiques alternatives (techno, électro, punk…). Paradoxalement, Benjamin, propriétaire du lieu, ferme pour des raisons personnelles et non financières. Il explique même qu’organiser des soirées est très intéressant économiquement. « Un vendredi soir nous permet de faire le chiffre d’affaires de la semaine », affirme-t-il. « Ce n’est pas le public qui manque, ajoute Bassmount, l’un des trois DJ du collectif Osni Crew, qui se produit sur scène ce soir-là. LAntidote est plein à chaque soirée, tout comme l’était le Gorille avant sa fermeture. En attendant qu’un autre lieu ouvre, les gens cherchent des endroits… mais il n’y en a pas beaucoup. Nous, ça fait six mois qu’on ne joue qu’ici. »

    Malgré un intérêt manifeste du public, les difficultés s’expliquent selon lui par une certaine frilosité des pouvoirs publics. « La techno et les musiques underground ont encore une mauvaise image, c’est très difficile d’être soutenus, déplore-t-il. Il faut arriver à s’attirer le soutien des élus locaux mais c’est très long… » Pour y parvenir, son groupe organise depuis peu des ateliers d’initiation à la musique électronique, auprès du public scolaire ou dans des maisons de retraite, et participe à des fêtes locales.

    La réussite du collectif la Zinzaïe dans le Champsaur

    Un processus long mais qui peut s’avérer payant. Du côté du Champsaur, le collectif la Zinzaïe y est parvenu. Fondé en 2023 à Saint-Michel-de-Chaillol, il réunit une quinzaine d’adhérents et organise cinq soirées par an consacrées aux différents genres de la musique électronique. Une de leurs idées phares a été de relancer la fête votive de la Saint-Pierre, qui avait cessé d’être célébrée, et qu’ils organisent désormais chaque année au mois de juin. « C’est un environnement très différent de notre programmation habituelle, avec un grand repas, des jeux… Ça nous permet de faire vivre le village et nous offre une légitimité auprès des habitants » détaille Brice, l’un des fondateurs du collectif. Il raconte qu’au départ les autorités étaient « très frileuses » à l’idée de soirées techno sur le territoire, gendarmerie et préfecture s’inquiétant auprès du maire à la veille du premier soir. « Notre avantage, c’est qu’on est des gens du pays, on connaît le maire et les conseillers depuis des années, un atout que n’aurait pas quelqu’un qui voudrait s’installer », analyse Brice.

    Une difficulté que Mael Graneri, fondateur de Darkside Event, collectif qui démocratise la culture des musiques électroniques dans le département, a rencontrée à Gap. « Ce n’est pas pour viser qui que ce soit en particulier, mais on sent que ce n’est pas dans la culture politique locale du Gapençais, qui est moins réceptrice de ce type d’événements en dehors des programmations plus familiales », explique-t-il.

    Tous citent également les obstacles inhérents au territoire : un marché immobilier saturé, une géographie de montagne enclavée qui oblige le public à venir en voiture, et une offre ferroviaire réduite qui rend onéreux de faire venir des artistes d’autres villes. « Petit à petit, des projets alentour se montent, comme la salle du Nid Rouge à La Bâtie-Montsaléon, un espace culturel qui est en train de se concrétiser. Mais à Gap, on a dix ans de retard », résume Bassmount. En attendant, les trois musiciens du groupe, tout à leurs derniers réglages, se prennent à rêver que l’association Auprès de mon arbre, qui gérait le bar le Gorille parvienne à acquérir à nouveau une salle à Gap, et fasse à nouveau vivre les musiques alternatives tout au long de l’année.

  • [Entretien] Rémi Roux : « Agir pour préserver les services publics à L’Argentière »

    [Entretien] Rémi Roux : « Agir pour préserver les services publics à L’Argentière »

    La Marseillaise : Maintenant que vous êtes installés, quels sont vos principaux axes de travail ?

    Rémi Roux : La première chose sera de recréer un lien de confiance avec la communauté de communes du Pays des Écrins. Les relations n’étaient pas forcément au beau fixe avec la municipalité précédente. Travailler à ce niveau-là est la priorité pour faire avancer le projet de rénovation de la friche industrielle, qui appartient justement à la communauté de communes, et la rénovation du bâtiment de la trésorerie, dans le centre-ville, qui lui appartient également pour moitié.

    Cette rénovation vise à créer davantage de logements ?

    R.R. : Notre priorité est de faire un inventaire des logements communaux afin de savoir lesquels ont un réel besoin de rénovation. Beaucoup ne sont pas occupés à cause de leur état vétuste. Il y a un besoin urgent de s’en occuper pour pouvoir y loger des familles. Rénover la trésorerie nous donnera aussi la possibilité de créer des logements. La communauté de communes a aussi acheté à la SNCF un tènement, à côté de la gare, pour un projet immobilier qu’on voudrait faire avancer. Il y a environ 3 000m2, un bel endroit où l’on pourrait faire des logements. Enfin, il y a aussi la rénovation de la maison planche, une grande bâtisse, qui appartient en partie à la commune et où on pourrait faire du logement.

    Vous avez également cité la friche industrielle, inoccupée depuis 2012. Quelle est votre idée pour ce site ?

    R.R. : Étant donné la dépollution nécessaire du site, le fait de rechercher les financements, de rénover le bâtiment qu’on veut garder, à savoir la première centrale hydroélectrique… On est sur un projet sur dix à quinze ans, donc au-delà d’un seul mandat. Déjà, il faut donner un cap à ce projet, montrer où on veut aller. Nous, en l’occurrence, nous souhaitons y regrouper des services publics qui sont dans des installations qui ne sont plus aux normes, le centre social, la bibliothèque et la crèche. Ensuite, l’installation d’entreprises. On sait que ça ne peut pas se faire du jour au lendemain. Le plus important est de se donner un horizon de long terme, sinon, on avance au jour le jour.

    L’Argentière est également confrontée à des baisses d’heures d’enseignement et à des risques de fermeture de classe. Quelles sont vos actions sur ce sujet ?

    R.R. : Notre équipe est en ce moment en discussion pour obtenir un poste de professeur des écoles pour l’école maternelle du Plan d’Ergue, afin de rouvrir une classe de petite section, qui a fonctionné pendant des années, dès la rentrée 2026. Le poste avait été gelé, l’an dernier, et nous avons fait les démarches auprès de l’académie pour avoir également la création d’un poste d’Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles) et la remise en place d’un service continu de cantine. De notre côté, nous nous engageons à pérenniser cette classe pour les deux à trois ans, dès la rentrée 2026. Cela veut dire attirer et maintenir les familles et les jeunes sur le territoire. Pour cela, il faut agir pour préserver les services publics, y compris ceux qui ne sont pas du ressort de la mairie. En ce sens, nous sommes en discussion avec La Poste pour maintenir une continuité du service et le remplacement des effectifs absents, ou encore avec le rectorat concernant la baisse des dotations horaires du collège de la commune, baisse contre laquelle les enseignants ont fait grève, ce mardi. Nous voulons que ces services publics restent en état de marche. On n’a pas toutes les cartes en main, mais on veut impulser une volonté, être une municipalité pro-active en ce sens.

    Entretien réalisé par Ange Fabre

  • Femmes et progressistes : le double combat

    Femmes et progressistes : le double combat

    C’était la grande nouveauté de ce scrutin 2026 pour les communes de moins de 1 000 habitants : l’obligation de listes paritaires. Cette loi vise à améliorer la représentativité des femmes dans les conseils municipaux. Pourtant, cette année, elles ne seront par exemple que 38, dans les Alpes-de-Haute-Provence, à être maires, contre 50 en 2020. Dans le Vaucluse également, elles seront moins nombreuses, passant de 36 à 29, pour ce nouveau mandat. Les Bouches-du-Rhône voient toutefois leur nombre de femmes maires augmenter, passant de 17 à 20 (hors mairies d’arrondissement à Marseille).

    Au niveau national, le nombre d’édiles féminines a quelque peu augmenté par rapport aux élections de 2020, passant de 21,1% à 22,6%. Une hausse continue depuis la première loi imposant la parité en 2000, mais qui reste lente et tend même à s’essouffler. Au sein des conseils municipaux, on comptait 42% d’élues en 2020.

    Même si la parité est établie dans les listes engagées lors de ce scrutin 2026, dans la région, moins d’un quart d’entre elles étaient menées par des femmes. C’est donc dès le choix des têtes de liste que le plafond de verre se fait sentir pour elles.

    Selon Sandrine Raymond Lucarini, maire (SE) réélue à Saint-Pierre-de-Vassols, dans le Vaucluse, et initiatrice d’un groupe WhatsApp pour les maires vauclusiennes, le manque de femmes à la tête de municipalité s’explique avant tout par un manque de représentativité. « à chaque élection, on a le droit au portrait-robot d’un maire. Et souvent, c’est un homme de 60 ans. Il faut que nous, les femmes, nous nous inspirions entre nous, pour montrer que l’on peut être maire. Car beaucoup se disent que ce n’est pas un rôle pour elles. »

    Pour la membre du bureau de l’association des maires de France et des maires ruraux, l’autocensure est l’un des facteurs explicatifs de cette sous représentation, mais n’est pas le seul : « Il y a aussi un problème financier. Car les indemnités pour les maires ruraux sont très faibles, et les femmes étant plus souvent dans des situations de précarité, elles envisagent moins de s’investir dans ce rôle. »

    Sans étiquette

    L’édile vauclusienne évoque aussi la question de la parentalité : « Souvent, on vous fait des reproches, on vous demande comment vous pouvez vous occuper de vos enfants… Alors qu’on ne fait jamais ce genre de remarques aux hommes. […] Et puis, il y a plus de femmes monoparentales qui ne peuvent donc pas faire garder leurs enfants », explique la mère de famille.

    Des barrières qui semblent un peu moins présentes dans les Hautes-Alpes, où les petits villages sont surreprésentés. Le rôle de maire est légèrement plus féminisé dans ce département, avec 22,6% de femmes maires en 2026, soit autant qu’au niveau national, alors qu’elles représentent 19,59% dans l’ensemble de la zone regroupant Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse, Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-Provence.

    Par ailleurs, l’absence d’affiliation à un parti politique semble leur être favorable. Alors qu’elles n’étaient qu’un peu plus de la moitié à mener des listes sans étiquette (SE), celles-ci représentent au final 84,5% des femmes maires, dans toute la zone des cinq départements. Au niveau national, les élus sans étiquette ne représentent pourtant qu’un peu plus de la moitié des maires français.

    à droite toute

    Et lorsqu’elles portent des couleurs politiques, elles sont très souvent bleues, voire brunes. Les deux plus grandes villes de la région Sud ayant installé des femmes dans le fauteuil du maire sont toutes deux situées à droite de l’échiquier politique : Sophie Joissains (UDI) à Aix-en-Provence et Josée Massi (DVD) à Toulon.

    Car ce que révèlent également ces élections, c’est la quasi-absence de femmes élues marquées à gauche. En effet, les femmes étaient moins présentes à la tête de listes de gauche ou d’extrême gauche (52) que sur des listes de droite ou extrême droite (63), dans la zone des cinq départements. Une féminisation de l’extrême droite qui a notamment pour but aussi de féminiser son électorat, autrefois majoritairement masculin. Il est donc urgent que le camp progressiste brise ce plafond de verre s’il souhaite porter plus haut et plus loin son ambition d’une société plus juste.

    En chiffres

    155

    femmes ont été élues maires, en 2026, dans les 791 communes des Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse, Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-Provence. Soit 19,59% de l’ensemble des édiles.

    22,8%

    C’est le taux de femmes élues maire dans les Hautes-Alpes. Un meilleur chiffre que les Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse et Alpes-de-Haute-Provence. Le Var affiche seulement 16,9%.

    52

    listes affiliées à la gauche ou l’extrême gauche ont été portées par des femmes dans les cinq départements, contre 31 pour l’extrême droite et 32 pour la droite.

    84,5%

    des femmes élues sont sans étiquette.

  • [Entretien] Maurice Brun : « Les deux thèmes de notre projet sont proximité et solidarité »

    [Entretien] Maurice Brun : « Les deux thèmes de notre projet sont proximité et solidarité »

    La Marseillaise : Quels axes de votre campagne ont suscité l’adhésion ?

    Maurice Brun : Les deux thèmes principaux de notre projet, c’est d’un côté la proximité et, de l’autre, la solidarité. Pour moi, la proximité, c’est de rendre des services à la population. Les Laragnaises et les Laragnais doivent primer avant tout. Ensuite, la solidarité, c’est tendre la main vers son prochain, vers ceux qui sont en difficulté, ceux qui sont seuls, qui sont isolés, et les personnes à mobilité réduite. Ces deux principes forment le socle numéro un. Le numéro deux, c’est la rénovation complète de notre ville. Laragne a mal vieilli. Tous les villages à 360 degrés autour ont été refaits à neuf, sauf notre commune. Nous avons annoncé une programmation pour rénover l’ensemble de la ville, avec la propreté et la sécurité que cela implique.

    Vous avez plusieurs expériences de direction sur le territoire. Cela a-t-il pu convaincre ?

    M.B. : J’ai été président de la Chambre de commerce et d’industrie de la région Paca et de la chambre départementale, tout en étant à la tête d’une TPE (très petite entreprise). Ce qui est assez original. Je pense ne pas avoir été le plus mauvais. Le plus important, c’est d’être sérieux sans se prendre au sérieux. Sans prétention, je crois que ces expériences m’ont aidé à gagner la confiance des Laragnais et à bâtir ma méthode. Un exemple : j’ai été élu maire avec l’équipe, vendredi soir. Eh bien hier soir [lundi], à la salle des fêtes de Laragne, j’ai réuni au complet l’ensemble des élus et du personnel pour se présenter. C’est l’expérience qui m’a appris à être comme ça. Élus vendredi soir, nous nous présentons dès le lundi aux salariés pour dire que nous les soutenons et nous les respectons. Ça a vraiment été une belle soirée, conviviale, où le personnel, qui n’était pas tranquille, pas serein, parce qu’il y a eu un changement de gouvernance, a été rassuré. Et je leur ai expliqué ce qu’on attendait dans l’audit financier et dans l’audit social de manière très positive. Je suis convaincu que cette méthode vient de mon expérience de trente ans de gestion d’un établissement public dans les chambres de commerce.

    De quelle manière votre méthode va-t-elle se traduire dans l’action municipale ?

    M.B. : Je pense que le terme proximité a beaucoup plu aux Laragnaises et aux Laragnais. On ne fera pas des projets inconsidérés pour faire voyant et plaire. On va gérer au jour le jour pour rendre des services concrets à notre population. C’est pour ça que j’ai nommé un adjoint à la proximité, poste qui n’existait pas avant, qui sera en charge de faire remonter les besoins des habitants. L’équipe précédente a totalement délaissé la population. Aucune réunion de quartier, peu de rencontres avec les citoyens, ni de projets présentés au comité des fêtes. Le manque de considération de la municipalité envers la population, en six ans, a affecté les Laragnais.

    Quels seront les principaux chantiers à venir ?

    M.B. : On souhaite développer un secteur très important : l’intergénérationnel. Nous allons créer des parcs pour les tout-petits. Pour ceux un peu plus grands aussi, avec la création d’un parc des sports autour du stade Pierre-Bini, rénovation de la piscine, création d’un pump track et d’un parcours de santé. Mais aussi un parc intergénérationnel, que l’on le fera en bas de la résidence Autonomie Soleil, à la fois pour les tout-petits et pour que les seniors puissent aller sur des bancs, à l’ombre, et voir ce qu’il se passe avec les petits. Ce que j’appelle de l’intergénérationnel. Et, bien sûr, nous mettrons en route cette rénovation de l’ensemble de la commune, avec un gros chantier : la rénovation des écoles. Tout a été délaissé petit à petit, donc il y a tout à faire. D’abord, nous ferons un audit financier et un audit social, ensuite nous reconstruirons. Nous mettrons le temps qu’il faut pour repartir sur des bases saines.

  • L’Unicef met en lumière les droits des enfants

    L’Unicef met en lumière les droits des enfants

    « On fait comprendre aux enfants qu’ils ont des droits et une véritable valeur », explique Stéphane, bénévole à l’antenne de Gap de l’Unicef. Formé par l’organisation, il intervient dans les écoles pour informer les élèves sur leurs droits. « Il y a toujours à faire, même en France, bien que la situation soit moins grave que dans d’autres pays », ajoute-t-il. Brigitte Pinel Pedro, bénévole dans les Hautes-Alpes, précise : « Les enfants sont les premières victimes des guerres. Ils ne peuvent pas se débrouiller seuls dans ce monde, c’est pour ça que la Convention des droits de l’enfant est aussi importante. » Mais alors, quels sont ces droits ? Il en existe quatre principaux, explique Bruno Enjolras : « La non-discrimination, chaque enfant, peu importe d’où il vient, a les mêmes droits. Le droit pour les enfants de donner leur avis. Aussi, l’intérêt supérieur de l’enfant, car toutes les décisions prises par les adultes doivent s’y inscrire. Enfin leur prise en compte dans les politiques publiques. » Le secrétaire général revient sur la situation en France : « Le suicide est la première cause de mortalité chez les adolescents. Un enfant meurt sous les coups d’un proche tous les cinq jours. » Après la diffusion d’un court-métrage sur la santé mentale, il insiste : « Les enfants doivent avoir conscience de leurs droits, cela peut les pousser à parler, se confier et éviter le pire. »

    Former aux droits des enfants

    Maeva, jeune ambassadrice de l’Unicef, revient sur l’organisation des Gap Good Game, un événement autour du jeu et du numérique : « Nous avons présenté une exposition en réalité virtuelle pour sensibiliser aux droits à l’éducation et à l’importance de l’eau. » Le président détaille sa volonté, cette année, de développer les partenariats « écoles amies » qui ont pour objectif de former les acteurs éducatifs aux droits des enfants, et ainsi les diffuser plus largement dans les départements de la région Paca. Bruno Enjolras rappelle que les élections municipales représentent un enjeu important : « Si les valeurs de l’Unicef ne sont pas intégrées par les mairies, le travail peut devenir difficile. » La journée s’est terminée par une table ronde animée notamment par la pédopsychiatre Pascale Louarn et la sophrologue Marie-Lyne Rozanes autour de la santé mentale des enfants et des adolescents. « Une thématique devenue centrale depuis la crise du Covid-19, qui a accentué le mal-être des jeunes », rappelle Morgane, également bénévole.

  • Roger Didier reconduit à la tête de Gap d’une courte tête

    Roger Didier reconduit à la tête de Gap d’une courte tête

    « Il n’y aura pas rupture, pas de temps perdu, nous allons tout de suite nous remettre au travail. » Entouré de son équipe et de ses soutiens, le maire sortant de Gap, Roger Didier (divers droite) peut savourer, il est réélu à Gap pour la quatrième fois de suite. Savourer, et souffler également, car le scrutin aura bel et bien été aussi serré qu’annoncé. Le maire sortant l’emporte avec une centaine de voix d’avance sur l’alliance de gauche emmenée par Élie Cordier, d’après les estimations en début de soirée.

    Il y avait des motifs de croire à un retournement de situation malgré l’avance nette de Roger Didier au premier tour (40,58%). En effet, Elie Cordier (union de la gauche), arrivé deuxième avec 26,91% des votes avait fusionné dès lundi avec la liste de Charlotte Kuentz (gauche citoyenne) qui avait elle récolté 18,68% des voix. Mathématiquement, la gauche pouvait l’emporter. Mais il semble qu’une mobilisation plus prononcée des soutiens du maire sortant et une réorientation d’une partie des votes du candidat RN Raphaël Leroux, qui avait réalisé 10,94% des voix au premier tour et en récolterait environ cinq au second d’après les estimations, aient joué en sa faveur.

    Des scores plus faibles qu’en 2008 et 2014

    « Je tiens à remercier les plus de huit mille électeurs qui nous ont accordé leur confiance », a entamé Roger Didier avant d’avancer son bilan comme clé de sa réussite. « Nous avons su faire entendre notre voix, grâce au travail que nous avons accompli, à notre très, très bon bilan pour la ville. La ville de Gap a connu des progrès sur plusieurs aspects, un progrès démographique, un progrès de qualité de vie, la ville a été modifiée, embellie, elle est dynamique. » Cette action pour la ville, l’édile entend bien la poursuivre et au plus vite. « Nous sommes déjà en place pour commencer, dès demain, à réaliser les 100 propositions que nous avons présentées pendant la campagne », a-t-il annoncé.

    Plus contesté qu’au cours des deux précédents scrutins, avec un score au premier tour plus faible qu’en 2008 et 2014, Roger Didier a cependant, une nouvelle fois, su convaincre les Gapençais de lui accorder leur confiance. Lancé tard dans la campagne, voulant vivre son mandat de maire jusqu’au bout, le sortant, désormais réélu, se disait confiant dans son bilan pour la ville, qu’il estime partagé et reconnu de ses concitoyens. Dans les rangs la liste Agir ensemble pour Gap, fusion d’Union pour Gap et d’Ambition pour Gap, il y avait évidemment de la déception tant la victoire paraissait possible, et tant le sort du scrutin se sera joué à peu de voix.

    « Une union d’opposition intransigeante »

    Mais il y avait aussi le sentiment d’avoir construit quelque chose pour l’avenir. « C’était presque inespéré d’en arriver là même si l’on aurait aimé gagner, a réagi la tête de Liste Elie Cordier. Nous sommes partis de rien et nous sommes arrivés à cent voix de Roger Didier, nous avons réussi à créer une dynamique hors-norme, qui va se poursuivre. » Pour la nouvelle tête de liste, qui a tenu à remercier les électeurs qui ont fait confiance à sa candidature, « une nouvelle campagne démarre ». Il s’engage déjà à ce que « l’ union de citoyens humaine et cohérente », construite autour de sa candidature, devienne « une union d’opposition, intransigeante et constructive au conseil municipal ».

    Du pain sur la planche pour la liste d’union des partis de gauche d’Elie Cordier (PS, PCF, Écologistes) et le mouvement citoyen de Charlotte Kuentz.

  • [Entretien] Roger Didier : « Nous sommes droit dans nos bottes »

    [Entretien] Roger Didier : « Nous sommes droit dans nos bottes »

    La Marseillaise : Quel bilan faites-vous de cette campagne ?

    Roger Didier : Il faut tout d’abord remercier les 7 114 électeurs qui nous ont accordé leur confiance. Nous avons obtenu un score considérable avec 14 points d’avance sur la deuxième liste. Liste qui a fusionné avec la troisième, aboutissant à une liste de compromis et de compromission. Pour moi, c’est une alliance de la carpe et du lapin. Parmi leurs électeurs, il y a des personnes qui doivent se sentir trahies. Ils se sont opposés, et j’en suis témoin, pendant des années au conseil municipal, avec des démissions et des créations de groupes. Ce rassemblement de circonstances est-il sérieux et pérenne ? Dans l’équipe que j’ai l’honneur de présider, il n’y a jamais eu de démission. Mais ce rapprochement ne conduira pas une addition arithmétique. Aux élections, un plus un ne fait pas deux. Nous, nous sommes droits dans nos bottes et n’avons fait aucune compromission avec le RN, dont les électeurs doivent comprendre qu’en votant pour son candidat, ils permettent à la gauche de prendre les rênes de la ville.

    Pourquoi une entrée en campagne tardive ?

    R.D. : On me le reproche alors que j’ai été élu pour mon dernier mandat le 15 mars 2020, à la veille du premier confinement. En termes d’efficacité municipale, l’année 2020 a quasiment été gommée. Nous voulions donc vivre notre mandat de maire jusqu’au bout. Nous avons commencé notre campagne le jour de son ouverture officielle, le 1er mars. Aurait-on trouvé normal que je m’agite sur mon siège comme un candidat un an et demi à l’avance alors que j’ai un mandat de maire à mener ?

    Pensez-vous que votre bilan joue en votre faveur ?

    R.D. : On peut au moins reconnaître que nous avons transformé la ville, nous l’avons embellie, et avons apporté de la sécurité et du confort. Nous avons géré la ville comme une entreprise et je ne crois pas que ce soit une mauvaise chose. Quand je suis devenu maire en 2007, l’endettement de la commune représentait 18 années de désendettement. Cette durée a été ramenée à deux ans. En même temps, nous avons continué d’investir, à hauteur de 110 millions d’euros entre 2020 et 2025. Nous avons préservé la qualité du centre-ville. Il ne se paupérise pas et la délinquance ne s’y installe pas. C’est pourquoi j’appelle les Gapençaises et les Gapençais à se mobiliser pour ne pas perdre ce à quoi nous sommes attachés, cette qualité de vivre et ce dynamisme qui sont reconnus par tous.