Tag: Hautes-Alpes

  • [Entretien] Martine Assandri : « Faire vivre la démocratie locale à Embrun »

    [Entretien] Martine Assandri : « Faire vivre la démocratie locale à Embrun »

    La Marseillaise : Contrairement à 2020, il y a cette fois une liste de gauche à Embrun. À quel besoin répond‑elle ?

    Martine Assandri : Il y a eu, aux dernières élections, une forme d’essoufflement car il est extrêmement difficile d’être dans l’opposition dans cette ville et le passage de relais ne s’était pas fait comme nous l’espérions. La mairie agit sur le mode « je décide vous suivez ». Très peu de nos propositions ont été entendues. L’une des rares fois où c’est arrivé, mon collègue à la tête de l’opposition, à l’époque, avait sorti le champagne au conseil municipal ! On a une vraie envie de changement, vingt-cinq ans, ça suffit. à Embrun ou ailleurs, une mairie qui ne change pas finit par lasser.

    Comment votre liste « Uni.e.s pour demain » entend-elle faire mieux ?

    M.A. : Un fil rouge anime toutes nos propositions : faire vivre la démocratie locale, renouveler la pratique de la politique municipale. Ce fil rouge va traverser nos thèmes principaux : le logement, la jeunesse et la transition écologique. On veut relancer une activité agricole et commerciale, recréer du lien avec les associations, notamment en créant un vrai centre social municipal, qui n’existe pas à ce jour. Pour ce faire, chacun, du plus jeune au plus âgé, doit avoir sa place dans une ville plus équilibrée, plus sociale et solidaire.

    Quels outils comptez-vous mettre en place ?

    M.A. : Notre position est que tout projet entraînant un budget municipal important soit proposé aux citoyens. Mais pas qu’on leur soumette un projet déjà ficelé sur lequel ils n’auront pas la main, un type de pseudo-consultation comme on a déjà actuellement sur la ville et qui ne correspond en rien aux attentes des citoyens. Il s’agit d’associer la population à tout projet qui engagerait notre ville sur plusieurs années.

  • La première bière 100% artisanale à obtenir le label « Esprit parc »

    La première bière 100% artisanale à obtenir le label « Esprit parc »

    Une levure exclusive 100% haut-alpine entre dans le processus de fabrication de la bière », explique fièrement Jean-Marie Bernard, président du Département des Hautes-Alpes. Guillaume Waille et Jean Escalon, codirigeants de la brasserie Walpine de Saint-Jean-Saint-Nicolas avaient un objectif en tête : élaborer une bière naturelle et locale. Leur désir était que, du houblon au malt, en passant par les levures et l’eau, la bière soit confectionnée à partir de produits naturels et locaux afin d’obtenir le label « Esprit parc ». La brasserie étant située au sein du Parc national des Écrins.

    Un label exigeant qui valorise la passion pour le territoire, les savoir-faire et la nature. Il atteste également que le produit s’inscrit dans un processus écologique qui préserve la biodiversité. Ils se sont mis au travail dès leur retour du Salon de l’agriculture 2024, en collaboration avec le laboratoire départemental pour confectionner une levure 100% haut-alpine.

    Nature et savoir-faire

    « Le partenariat entre la brasserie et le laboratoire départemental a permis la création d’un produit d’une très grande qualité (…)La démarche a permis à La Walpine de décrocher le label “Esprit Parc national”, une véritable consécration pour ce travail partenarial », conclut avec enthousiasme Jean-Marie Bernard. C’est la première bière à obtenir ce label en France. La brasserie Walpine sera présente sur le stand des Hautes-Alpes au Salon de l’agriculture à Paris, du samedi au lundi.

  • Loi parité : des maires témoignent

    Loi parité : des maires témoignent

    Lionel Tardy, maire de Rosans (05)

    « Ce qui fait réagir, c’est la fin du panachage »

    Dans le village de Rosans, de 511 habitants des Hautes-Alpes, comme dans toutes les communes de moins de 1000 habitants, il a fallu s’adapter aux nouvelles réglementations. Le maire sortant, et candidat pour sa réélection, Lionel Tardy, a par exemple dû renouveler sa liste municipale. « En plus on a dépassé les plus de 500 habitants, donc on passe de 12 conseillers municipaux à 15. J’ai donc commencé dès l’automne à aller voir beaucoup de monde », explique le maire. « J’ai eu beaucoup de contacts avec des femmes que je souhaitais investir. Et la plupart d’entre elles, après réflexion, tout en mesurant l’intérêt, ont finalement décliné la proposition par souci de se concentrer sur leurs activités professionnelles, familiales », se désole le maire.

    Des refus que le maire explique par le fait que trop souvent encore, ce sont les femmes qui assurent une grande part du travail familial, tout en ayant une profession. Malgré ces quelques freins, il félicite l’aspect paritaire de cette réglementation et affirme ne pas avoir eu trop de mal à créer sa liste sans étiquette, composée de huit hommes et sept femmes, et de deux remplaçants.C’est surtout la fin du panachage qui l’inquiète. « C’est une tradition qui est bien ancrée dans nos villages. Beaucoup vont continuer à rayer les noms sur les bulletins. Je pense qu’il faudra être attentifs aux votes nuls que cela va engendrer. » En effet, des bulletins annotés seront dorénavant considérés comme invalides.

    Eva Janus

    Fabienne Quiévreux, maire de Saint-Estève-Janson (13)

    « Les femmes plus âgées acceptent plus facilement ce mandat »

    Successeure de Martine Cesari depuis le mois de juin, Fabienne Quiévreux, ancienne cadre d’hôpital, a décidé de se présenter pour les municipales de 2026 dans son village de Saint-Estève-Janson. Une première campagne municipale qui doit s’organiser avec les nouvelles réglementations pour les communes de moins de 1 000 habitants.

    Le respect de la règle de la parité a notamment ralenti la formation de sa liste complète. « J’ai commencé à chercher vers la fin de l’année, explique Fabienne Quiévreux. Je pense que sans cette contrainte, la liste aurait été bouclée plus vite. Car les femmes sont moins disponibles. Certaines auxquelles j’avais pensé ont refusé. L’une ne voulait pas se représenter, l’autre était déjà beaucoup engagée dans une association et une dernière a refusé par rapport à ses enfants. » Pour la candidate, attirer des femmes encore dans la vie active est assez difficile car elles ont moins tendance à accepter de s’investir sur les listes par rapport aux hommes. « C’est plus facile chez les femmes plus âgées, sans enfant, ou sans responsabilité. Elles acceptent plus ce type de rôle. Alors que chez les hommes, j’ai réussi à recruter des jeunes très volontaires, c’est plus facile pour eux. »

    C’est finalement à la tête d’une liste, sans étiquette, composée de 6 femmes et 5 hommes, que Fabienne Quiévreux se présente donc à ce scrutin proportionnel. Un changement de mode de scrutin qui pose toutefois des questions à la candidate. « Je me demande comment on va pouvoir calculer à la proportionnelle, mais je pense que c’est une bonne chose. Ce sera plus réglementaire parce qu’avant, on pouvait rajouter les noms qu’on voulait. »

    Eva Janus

    Éric Massot, maire de Saint-Léger-du-Ventoux (84)

    « On cherche à éliminer les petites communes »

    Avec Lagarde d’Apt, Saint-Léger-du-Ventoux dispute le titre de village le moins peuplé de Vaucluse avec à peine une trentaine d’habitants. Deux communes qui doivent élire 7 conseillers municipaux. Conséquence cocasse, Lagarde d’Apt devra faire un peu de place aux hommes puisqu’ils ne sont que 2 à siéger aux côtés de 5 femmes, dont la maire Maryse Bonnet. Équilibre totalement inverse à Saint-Léger-du-Ventoux où le maire, Eric Massot, siège avec 4 hommes et 2 femmes. Le premier magistrat de 60 ans, qui aspire à un « 4e et dernier mandat » conduira une liste de 4 hommes et 3 femmes.

    La féminisation du conseil s’est opéré en 2020, alors qu’en 2008 et 2014 la liste était 100% masculine. Si Éric Massot n’a pas eu de difficultés à tendre vers la parité, cette nouvelle loi « ne sert pas à grand chose, à part de mettre des contraintes supplémentaires », juge-t-il. « Je me demande si l’administration réfléchit aux petites communes rurales, parce qu’un jour ou l’autre, on n’arrivera vraiment plus à rien faire, mais ils cherchent peut-être à éliminer toutes les petites communes pour n’en faire que des grandes », redoute ce chauffeur de taxi. Natif de Saint-Léger, il vit à Mazan mais resté impliqué « dans [son] village, où [il a] grandi, pour le faire vivre ».

    Avec un budget de 50 000 euros, gare aux imprévus comme quand le système d’eau, vieillissant, a pris la foudre. « C’est 25 000 euros de travaux, où on n’est pas aidés, il a fallu prendre sur notre réserve », indique Éric Massot. Pour le reste, comme l’installation de toilettes sèches, la commune arrive à être subventionnée jusqu’à 80%. Saint-Léger compte surtout des résidences secondaires. « On a lancé une révision de carte communale pour faire quelques constructions nouvelles mais on nous a stoppés car il faut être en harmonie avec le Scot [schéma de cohérence territoriale] de l’intercommunalité Vaison-Ventoux », s’agace l’édile. En attendant, chaque année, à la fin août, la fête votive « fait le plein avec 250 personnes ».

    Florent de Corbier

  • [Entretien] « L’idée c’est de ramener tout le monde à la montagne »

    [Entretien] « L’idée c’est de ramener tout le monde à la montagne »

    La Marseillaise : Les Jeux olympiques de Milan Cortina s’ouvrent de l’autre côté des Alpes. Quel regard portez-vous sur eux et quels enseignements en tirez-vous pour préparer ceux de 2030 dans les Alpes françaises ?

    Renaud Muselier  : Milan Cortina, je suis ça de très près puisqu’on est les prochains. Ce sont les premiers Jeux à se faire sur des sites éclatés, nous serons les seconds donc c’est intéressant pour nous de regarder comment ça s’organise, quelles difficultés se présentent… Je serai là-bas jusqu’à lundi pour échanger avec les organisateurs et soutenir bien sûr les athlètes français et régionaux. On m’a expliqué il y a six mois que Milan Cortina c’était une catastrophe et que les Italiens ne seraient jamais prêts. Il me semble que ce n’est pas le cas. C’est comme Paris 2024 qui a été déglingué par tout le monde avant d’être un succès planétaire extraordinaire. Je crois qu’il ne faut pas trop écouter les critiques, tracer le chemin et s’entourer des meilleurs. J’aime les grands événements. C’est comme ça que m’est venue l’idée de Jeux olympiques d’hiver ici. Jeune parlementaire, j’avais suivi le dossier de Lillehammer. C’était un objectif accessible en nous appuyant sur ce qu’on a chez nous : la neige et les chalets, avec des projets sobres. Je pense que ça aura une plus-value énorme. Quand on parlera des Jeux on parlera de la France et dans ce monde complexe, où on perd ses repères, s’affronter à la loyale ce n’est pas rien. Et ça donne toujours un bonus de bonne humeur ! On en a tous besoin. Les anneaux seront pour tout le monde !

    Vous parlez de « sobriété » et pourtant, il y a une attente forte d’un héritage des Jeux dans les Alpes du Sud. Comment résoudre la contradiction ?

    R.M. : C’est l’occasion de remettre le plus possible nos montagnes à niveau. Nous n’avons jamais eu les Jeux donc c’est le nord qui en a profité qui a pu ensuite organiser des coupes du monde… C’est la discussion que nous avons eue avec nos amis d’Auvergne-Rhône-Alpes. Je leur ai dit « laissez-nous rattraper notre retard ». Maintenant qu’on a décroché les JO, on fait un budget le plus bas possible et on s’efforce de s’y tenir.

    Comment les JO de 2030 se préparent-ils ? À quel rythme ? Quelle répartition des rôles ?

    R.M. : Pour que les Jeux réussissent, il y a trois piliers essentiels. D’abord, il y a le Dijop, le délégué interministériel aux jeux olympiques et paralympiques. C’est l’État. Ça se passe plutôt très bien. Ensuite, il y a la Solideo que je préside et qui est installée à Marseille. C’est la société qui livre ou rénove les équipements avec un budget d’un milliard. Tout est en route. Enfin, il y a le Cojop. C’est le comité d’organisation, souvent c’est ce qu’on connaît le plus parce que c’était l’instance pilotée par Tony Estanguet pour les Jeux de Paris. C’est Edgar Grospiron qui s’en charge pour 2030. Là, il y a quelques difficultés organisationnelles, humaines, il y a un choc des cultures.

    Vous parlez des démissions successives ?

    R.M. : Je m’explique : on a hérité de beaucoup de gens de Paris 2024. C’est une très bonne chose parce qu’ils ont de l’expérience. Mais, en même temps, ils ont une forme de suffisance envers le territoire qui pose des difficultés. Ils ne connaissent ni la montagne ni les montagnards. L’osmose est complexe. Ils ont la culture des moyens presque illimités pour Paris alors que nous avons des moyens très limités pour la montagne. Quand vous avez quelqu’un qui arrive en mocassins pour aller voir une piste de ski dans la neige, vous vous rendez compte qu’il y a un problème d’adaptation au terrain. Mais j’ai entendu M. Grospiron et la ministre s’exprimer devant le CIO à Cortina, on va avancer. Il y a un soutien politique très fort des deux régions et de l’État. On a désormais la loi olympique sur laquelle on peut s’appuyer.

    À quoi va ressembler l’héritage de ces Jeux pour le territoire ?

    R.M. : On va avoir une modification structurelle très forte au niveau des transports. J’avais mis un astérisque dans le contrat de plan État-Région pour clause de revoyure si nous avions les Jeux. On avait déjà engagé pas mal de dossiers. Les JO sont un accélérateur. Grâce à ça, on a pu débloquer ce qu’on attendait depuis 50 ans : le contournement de Martigues-Fos ça touche 900 000 personnes. Le train Marseille-Briançon est sauvé grâce aux Jeux, il va faire 3h40 au lieu de 5h et on va refaire les 16 gares qui montent. C’est énorme, ça touche 800 000 personnes.

    Avec la SNCF ?

    R.M. : Oui, c’est la SNCF qui s’en occupe. Est-ce qu’il y aura après un appel à projet ? On n’est pas là dedans pour le moment. On a un opérateur avec lequel on s’est entendu. Les relations sont plutôt bonnes parce que tout le monde a fait des efforts. J’ajoute qu’il y a un autre volet, c’est le train de nuit Briançon-Paris qui dessert toute l’étoile de Veynes autour de Gap. Il n’y a pas énormément d’habitants mais c’est énorme au niveau du désenclavement. Il y a là un historique ferroviaire très important, c’est nous qui avons sauvé le site et les Jeux qui vont le redynamiser. L’autre volet ferroviaire, c’est Marseille-Menton, la ligne nouvelle Provence Côte d’Azur, le Nice-Digne dit le train des pignes…

    Au-delà des transports quel sera l’héritage des Jeux pour les Alpins ?

    R.M. : On a des problèmes de logement. Si on peut, grâce à cet événement international, sauver les forts Vauban et leur donner une destination hôtelière, touristique et d‘habitation pour les saisonniers ou les Alpins, ce sera énorme. Côté niçois, il y aura un complexe olympique avec une patinoire qui perdurera.

    Comment ces Jeux aideront-ils à penser les Alpes de 2050 ? Quelle adaptation au changement climatique ?

    R.M. : Oui c’est très important, on en tient compte. Les stations de basse montagne voire de moyenne montagne surtout lorsqu’elles sont exposées sud, sont mécaniquement en danger. On travaille la suite. Celles où il y aura les épreuves, la neige sera au rendez-vous. Même lorsqu’il y a une mauvaise saison, il y aura de la neige mais il n’y en aura pas partout. J’entends les critiques mais ce n’est pas tout blanc ou tout noir. Il faut donner de la perspective.

    La Région a en charge les lycées. Quelle prise en compte de la jeunesse dans la démarche des JO ?

    R.M. : On va copier le plan rugby que l’on a fait à l’occasion de la coupe du monde. On a aidé les clubs, refait les vestiaires, payé les camionnettes… Je crois que c’est plutôt réussi puisqu’on est en très bonne place au niveau des licenciés de rugby en France. Il y a un engouement réel. Nous avons déjà fait la même chose avec le plan voile en soutenant les clubs que ce soient sur les lacs ou le littoral. On accompagne désormais trente clubs de sports de montagne, on a multiplié par trois le soutien régional aux ligues de sports d’hiver et aux deux comités de ski. 800 000 euros pour les équipements de clubs et équipements de sport de proximité. On soutient 75 événements et compétitions nationales et internationales. On sort d’ailleurs de la coupe d’Europe de snowboard d’Isola. On a la coupe d’Europe de ski alpin, les championnats d’Europe de vitesse à Vars, la coupe du monde d’alpinisme à Puy-Saint-Vincent et le championnat de France de patinage artistique à Briançon. On a aussi lancé le pass Sud Montagne. Il y a déjà 7 000 jeunes qui ont déposé une demande d’inscription. C’est 100 euros pour financer la licence, la location de skis, l’équipement, les forfaits… S’ils sont abonnés Zou, ils prennent le train ou le bus, s’ils partent tôt le matin ils peuvent revenir le soir. S’ils veulent passer le week-end, ils se mettent à quatre et ils louent un studio. L’idée c’est de ramener tout le monde à la montagne. On va réinventer les classes de neige pour permettre à nos jeunes de savoir ce que c’est un chamois ou une marmotte.

    Serez-vous le président de Région qui coupera le ruban en 2030 ?

    R.M. : Je n’en sais rien. Ce que je sais c‘est que c’est lancé, que ça apportera un plus à la région et que ça aura fait avancer des dossiers à l’arrêt depuis 50 ans tout en montrant nos pôles d’excellence au-delà du tourisme, des cigales et de la lavande.

    « La Marseillaise » arrive ce 7 février dans les Alpes. Quel regard portez-vous sur cette démarche ?

    R.M. : Ça ne peut que me réjouir. Premièrement parce que j’ai toujours défendu la presse. J’en suis respectueux. Deuxièmement, parce que c’est malin. Je pense que tous ceux qui sont dans ces vallées et ces montagnes auront la possibilité d’avoir des informations complémentaires sur des choses qui vont arriver chez eux. C’est une formidable opportunité.

  • « La Marseillaise » à la conquête des Alpes !

    « La Marseillaise » à la conquête des Alpes !

    Au commencement, il y avait une poignée de lecteurs qui nourrissaient un projet un peu fou : créer les conditions de l’arrivée de notre journal dans les Alpes au nom du pluralisme, des valeurs de la Résistance dont il est porteur et de la nécessité de donner la parole aux sans-voix.

    Il y avait – il faut bien le reconnaître – une petite pointe de jalousie : pourquoi les Vauclusiens, avaient-ils eu droit depuis septembre 2022 au retour de La Marseillaise et pas les Alpins ? Notre journal n’est en effet pas tout à fait un inconnu dans les départements de montagnes. Cela fait une dizaine d’années qu’il est absent des Alpes-de-Haute-Provence et bien plus encore dans les Hautes-Alpes.

    En cause : les difficultés successives que notre titre a dû surmonter tout au long de son histoire.

    Mais le petit groupe de lecteurs opiniâtres n’en démord pas : le contexte a changé, La Marseillaise progresse, elle a gagné en qualité, les Jeux olympiques arrivent…

    Côté direction, la prudence est de mise. Si la détermination à faire exister La Marseillaise est en acier, les finances sont en porcelaine. Le message est clair : aide-toi, le journal t’aidera.

    Têtes dures

    Les voilà prêts à frapper à toutes les portes, en commençant par les organisations avec lesquelles notre journal est historiquement lié. La fédération communiste des Alpes-de-Haute-Provence organise en novembre 2024 un débat sur l’exigence de pluralisme de la presse à Digne, salle de l’Ermitage. L’UD CGT 04 inscrit la question à l’ordre du jour de son congrès prévu en mai 2025.

    Quelques mois auparavant, mars 2025, la poignée de têtes dures décide de se constituer en comité départemental des Amis de La Marseillaise avec la bénédiction de Serge Baroni, président de l’association.

    Frédérique Laîné en prend les rênes. Avec la foi du charbonnier, elle remue ciel et terre. Dès la première réunion, une quarantaine répondent présent et adhèrent au comité. Puis la machine s’emballe et gagne le 05.

    Les Amis de La Marseillaise des Alpes participent à la diffusion de « l’appel qui sème l’espoir » lancé par notre titre et plusieurs associations de protection du vivant pour promouvoir la biodiversité à l’occasion de l’arrivée du printemps. Le texte est imprimé sur une Une de La Marseillaise ensemencée. Une première dans la presse : il suffit de couvrir votre journal avec un peu de terre, d’arroser et des fleurs des champs en sortent.

    Dans les Alpes, l’opération revêt un sens supplémentaire : il s’agit de semer les graines d’une possible arrivée du journal. Le bouche à oreille s’amplifie en marge des manifestations syndicales et sur les marchés. De plus en plus de citoyens commencent à y croire.

    Pour forcer le destin, les Amis de La Marseillaise décident d’une date : le 2 novembre 2025, aux Mées, se tiendra un repas populaire de soutien au journal avec un débat portant sur les médias et la démocratie. La salle est pleine à craquer : de simples citoyens, des responsables associatifs, politiques, syndicaux, culturels, et des maires de tous horizons. Plus de 3 500 euros de dons versés et des idées pour aller plus loin.

    En janvier 2026, c’est décidé, le comité de surveillance du groupe La Marseillaise donne le feu vert.

    Tout au long de ce week-end et de la semaine qui suit, les Amis de La Marseillaise seront sur les marchés des deux départements pour diffuser leur journal. À la Une il est désormais écrit « Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse &… Alpes ! »

    Le défi ne fait que commencer.

    « verbatim »

  • Quatre années pour se projeter

    Quatre années pour se projeter

    Alors que l’Italie inaugure les Jeux de Milan-Cortina, l’Hexagone se tourne déjà vers une échéance majeure : les Jeux olympiques d’hiver 2030, confiés aux Alpes françaises par le Comité international olympique (CIO) en juillet 2024. Cette échéance, la quatrième organisation française après Chamonix (1924), Grenoble (1968) et Albertville (1992), dépasse la seule ambition sportive : elle interroge le devenir de nos montagnes à l’heure du changement climatique et de la redéfinition des modèles touristiques.

    Vision d’avenir

    Les défis sont nombreux. D’abord, tenir le cap de la préparation. La loi olympique a été adoptée, ce jeudi. Une « boîte à outils » présentée comme essentielle, accordant des dérogations en matière d’urbanisme, de sécurité ou de logement. Reste que les débats sur l’environnement, l’artificialisation des sols ou la gouvernance demeurent vifs.

    Le projet Alpes 2030 pâtit d’une crise ouverte au sein de son comité d’organisation (Cojop), après les démissions, en deux mois, de sa directrice des opérations, de son directeur de la communication et du président du comité des rémunérations.

    Avec un budget de 3,4 milliards d’euros, la France espère démontrer que des Jeux d’hiver peuvent être maîtrisés et adaptés aux enjeux d’aménagement contemporains. En misant sur des infrastructures existantes et une organisation répartie sur divers sites. Un nouvel esprit olympique doit s’inventer dans les Alpes françaises : celui d’un événement qui conjugue spectacle, responsabilité et vision d’avenir. Il reste quatre ans pour se projeter. D’ici-là, laissons les athlètes briller.

  • Quatre années pour se projeter

    Quatre années pour se projeter

    Alors que l’Italie inaugure les Jeux de Milan-Cortina, l’Hexagone se tourne déjà vers une échéance majeure : les Jeux olympiques d’hiver 2030, confiés aux Alpes françaises par le Comité international olympique (CIO) en juillet 2024. Cette échéance, la quatrième organisation française après Chamonix (1924), Grenoble (1968) et Albertville (1992), dépasse la seule ambition sportive : elle interroge le devenir de nos montagnes à l’heure du changement climatique et de la redéfinition des modèles touristiques.

    Vision d’avenir

    Les défis sont nombreux. D’abord, tenir le cap de la préparation. La loi olympique a été adoptée, ce jeudi. Une « boîte à outils » présentée comme essentielle, accordant des dérogations en matière d’urbanisme, de sécurité ou de logement. Reste que les débats sur l’environnement, l’artificialisation des sols ou la gouvernance demeurent vifs.

    Le projet Alpes 2030 pâtit d’une crise ouverte au sein de son comité d’organisation (Cojop), après les démissions, en deux mois, de sa directrice des opérations, de son directeur de la communication et du président du comité des rémunérations.

    Avec un budget de 3,4 milliards d’euros, la France espère démontrer que des Jeux d’hiver peuvent être maîtrisés et adaptés aux enjeux d’aménagement contemporains. En misant sur des infrastructures existantes et une organisation répartie sur divers sites. Un nouvel esprit olympique doit s’inventer dans les Alpes françaises : celui d’un événement qui conjugue spectacle, responsabilité et vision d’avenir. Il reste quatre ans pour se projeter. D’ici-là, laissons les athlètes briller.

  • [Entretien] Frédérique Laîné : « On fait notre maximum pour l’arrivée du journal dans les Alpes »

    [Entretien] Frédérique Laîné : « On fait notre maximum pour l’arrivée du journal dans les Alpes »

    La Marseillaise : Après la réussite d’un banquet aux Mées, dans la perspective de voir La Marseillaise couvrir l’actualité des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes, le comité des Amis de La Marseillaise que vous animez a décidé de prendre de nouvelles initiatives.

    Quelles sont-elles ?

    Frédérique Laîné : Nous avons décidé pour le samedi qui vient d’avoir lieu et les trois suivants, de diffuser La Marseillaise dans un certain nombre de bars de notre territoire. L’idée étant de faire connaître son contenu actuel que nous estimons déjà très riche et d’engager la discussion sur le pluralisme de la presse. Il nous a semblé que c’étaient des lieux de convivialité propices à l’échange. C’est une manière de populariser notre démarche dans l’objectif que La Marseillaise étende sa diffusion aux Alpes.

    Quel a été l’accueil pour le premier samedi de cette opération ?

    F.L. : Bon ! J’ai été heureuse de constater que dans les bars dans lesquels nous nous sommes rendus, les gens lisaient très volontiers le journal. Je trouve ça prometteur. Je suis persuadée que ce sont des endroits où le journal doit être présent.

    Avez-vous entrepris d’autres types d’initiatives ?

    F.L. : Oui, nous avons prévu une campagne d’affichage qui porte le message de Lucie Aubrac et qui va si bien à La Marseillaise : « Résister se conjugue au présent ». C’est l’occasion de donner de la visibilité dans l’espace public à notre journal qui n’a pas les moyens d’autres titres. Nous espérons bientôt compléter ces affiches avec des bandeaux annonçant l’arrivée effective de La Marseillaise dans les Alpes ! Mais ce n’est pas tout…

    C’est-à-dire ?

    F.L. : On est également en train de préparer des points de rencontres le samedi 7 février avec les oriflammes de La Marseillaise et des barnums aux couleurs des Amis du journal pour donner encore plus de visibilité à notre démarche. C’est déjà prévu dans six communes : à Manosque, Digne, Gap, Forcalquier, Sisteron, Château-Arnoux et je suis certaine que d’autres membres des Amis de La Marseillaise, peut-être avec un peu moins d’équipements visibles, vont rejoindre l’opération dans des localités plus modestes afin de prendre leur part à ce que nous voulons être une grande diffusion de notre journal. Voilà ce qui est dans les tuyaux à ce jour.

    Quel est l’état d’esprit de celles et ceux qui participent à tout cela ?

    F.L. : De l’enthousiasme, mais aussi beaucoup d’impatience. Nous connaissons la situation de La Marseillaise, les progrès qu’elle a enregistrés, mais aussi sa fragilité financière. De notre côté, on fait notre maximum pour créer les conditions de son arrivée.

    Comment adhérer ou ré-adhérer aux Amis de La Marseillaise ?

    Pour rejoindre l’association des Amis de La Marseillaise ou renouveler son adhésion, il suffit d’adresser un chèque d’au moins 10 euros libellé au nom des Amis de La Marseillaise à l’adresse suivante : Les Amis de La Marseillaise 84 bis Vieille route de la Gavotte 13170 Les Pennes-Mirabeau, en précisant vos coordonnées.

    Vous pouvez en profiter pour effectuer un don déductible d’impôts à 66% avec un chèque libellé à l’ordre de « Presse et pluralisme – La Marseillaise ».