Tag: Hautes-Alpes

  • Pierre Vaultier, le virage d’une vie dans les Hautes-Alpes

    Pierre Vaultier, le virage d’une vie dans les Hautes-Alpes

    S’il n’est pas né avec, la planche de snowboard a toujours été un attribut caractéristique de Pierre Vaultier. « Je suis né à 500 mètres de la télécabine, alors, glisser a été rapidement ma seconde nature, après avoir appris à marcher » confie le natif de Serre-Chevalier. Sa première ? « J’avais 4 ans, mon voisin, de 7 ans mon aîné, a été mon premier instructeur », enchaîne-t-il. Dès sa première descente, « sur des skis normaux, j’ai kiffé ». Très vite, le petit Pierre va opter pour le snow, « à l’âge de 6 ou 7 ans, c’est devenu ma philosophie de vie. Ma planche était devenue un prolongement de moi-même. »

    Il a appris à maîtriser un outil qui « naturellement a tendance à filer tout droit. Or, il faut savoir faire des tours et des détours, dans un savant jeu d’équilibre, sans être vraiment un équilibriste », détaille-t-il. L’objectif, « savoir gérer la vitesse et les trajectoires, sachant que la glisse peut te faire aller très vite et monter très haut ». Avec en compétition, un autre élément à prendre en compte et non des moindres. « Là, tu n’es plus seul en piste. Il faut donc anticiper ce que les autres vont faire. » Le plus dur ? « Éviter les chutes, surtout celles des autres lorsqu’ils ne maîtrisent plus rien. »

    Déblocage olympique

    À ce petit jeu, Pierre Vaultier a su aller plus haut, plus vite et plus loin. À l’image de la devise des Jeux olympiques, il s’est forgé un des plus beaux palmarès mondiaux. Après avoir connu quelques claques qui lui ont permis de rebondir. « La première, c’était en 2006 à Turin. Je l’ai prise en pleine poire. J’ai très mal géré ce rendez-vous alors que j’avais des ambitions », se souvient-il.

    Pierre Vaultier continuait à récolter les trophées, mais il lui manquait ce petit quelque chose lors des joutes olympiques. « Je suis arrivé aux Jeux de Sotchi avec une blessure au genou. Paradoxalement, ce handicap a été mon atout. J’y suis allé en laissant mes soucis au village car, dans ma tête, j’étais au top. » Et là, les titres ont suivi, notamment un second sacre olympique en Corée du Sud, à Pyeongchang. « Jusqu’à cette fichue blessure, en 2019. Celle qui m’a fermé définitivement la porte de la compétition. »

    Aujourd’hui consultant télé, Pierre Vaultier n’est jamais loin d’une piste. Il est surtout devenu un expert en nivologie et connaît sur le bout des doigts les caractéristiques de chaque type de neige. Sa préférée en France, « celle du Puy-Saint-Vincent. C’est mon spot favori, même si je suis de Serre-Che, je le trouve plus propice à la pratique de mon sport. » Il garde aussi des « souvenirs bluffants de Fukushima et sa neige très particulière avec son goût de reviens-y. C’est une poudreuse avec une bonne humidité. Tu as la sensation d’être posé sur un matelas à mémoire de formes. »

    Ailleurs, il retient la Finlande « et sa neige qui permet de faire des trucs super sur une planche et en Iran, c’était carrément furieux ». Il n’a qu’un regret, « ne jamais avoir testé la neige en Nouvelle-Zélande ».

  • Embrun et Chorges choient les commerces de centre-ville

    Embrun et Chorges choient les commerces de centre-ville

    « La fréquentation est de plus en plus cyclique. Avant, la saison d’été s’étalait de mai à octobre, maintenant c’est concentré sur un mois et demi. » Si le cœur de ville d’Embrun demeure attractif, Étienne Davello, gérant d’une cave à vin place Barthelon, constate la baisse du pouvoir d’achat, et l’étiolement dans le temps de la fréquentation. Le commerçant rappelle aussi qu’avec l’essor des commerces en station de montagne, l’affluence touristique « redescend de moins en moins vers les villes de la vallée ». Afin de préserver la vitalité du commerce de centre-ville, malgré ces défis conjoncturels, comme tous les commerçants du centre, il a récemment été consulté par une enquête publique lancée mi-avril. À Embrun et à Chorges, commerçants et artisans, ainsi que la clientèle locale, de passage et touristique ont pu livrer leurs témoignages et suggestions. Au total, la municipalité a récolté plus de 500 participations. « Notre volonté est de faire qu’Embrun continue à être un petit bourg qui vit toute l’année avec une vitalité commerciale et culturelle et pour ça un diagnostic était indispensable », explique la maire Chantal Eymeoud. Si l’activité commerciale à Embrun est dynamique, avec un nombre de commerces en hausse, il existe des disparités entre des commerces de bouche plus pérennes que les boutiques de vêtements ou d’artisans d’art. Parmi les leviers d’action, la mairie a ciblé la vacance et les loyers et doit délibérer cet été quant à la création d’une taxe sur les locaux commerciaux vacants, pour inciter les propriétaires à louer. « Nous avons aussi mis en place au niveau de la Communauté de communes une exonération de taxes pour les trois années qui suivent installation d’un nouveau commerçant », rappelle Chantal Eymeoud. Chorges et Embrun bénéficient aussi du statut « Petite ville de demain », un label national qui octroie des aides aux communes de moins de 20 000 habitants pour revitaliser leur centre-ville.

    Une réunion publique avant l’été

    « Chorges bénéficie de la proximité de Gap et Embrun, de par sa taille, troisième ville du département, et son patrimoine architectural, est attractive. La problématique de revitalisation est plus complexe pour d’autres petites villes qui n’ont pas autant d’atouts, analyse Alain Mars, directeur du Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement des Hautes-Alpes. Pour autant, rien n’est acquis. C’est quand même fragile, on est un territoire de 140 000 habitants avec une population qui vieillit, des saisons très touristiques mais où il y a moins d’activité économique en dehors et le contexte économique est compliqué pour tout le monde. Pour un élu, c’est une bataille sans fin. »

    Les membres du CAUE rappellent aussi les défis à venir pour les centres-villes : un vieillissement de la population qui amène un besoin de concentrer les services en ville, la nécessité de végétaliser face au dérèglement climatique ou encore la rénovation nécessaire d’un bâti ancien, souvent étroit et peu adapté. Autant de facteurs de la vitalité d’un centre-ville qui pourront être débattus prochainement, la mairie d’Embrun ayant prévu la tenue d’une réunion publique sur l’enquête avant l’été.

  • Pour les paysans, la nouvelle route grignote trop la terre

    Pour les paysans, la nouvelle route grignote trop la terre

    Ils n’écoutent pas nos propositions. On n’a rien contre la rénovation des routes, au contraire, mais ils font tout tous seuls. » Pour Joël Robert, éleveur bovin, les travaux, certes nécessaires, de réhabilitation de la D942 qui traverse la vallée de l’Avance, manquent de cohérence. Avec une vingtaine d’agriculteurs concernés, ils dénoncent une artificialisation excessive et évitable, de terres agricoles. Vitale pour relier l’A51 à la N94 et à la moitié nord du département, la D942, qui traverse le val d’Avance, fait l’objet d’une remise en état par le Département dans le cadre du plan d’investissements de 180 millions d’euros débloqués pour améliorer les routes avant l’arrivée des JO 2030.

    « Le problème, c’est que c’est très mal géré, il y a beaucoup de gaspillage. Chaque paysan ne perd pas des surfaces énormes, c’est 600 m2 pour ma part, 800 m2 pour le voisin, mais au total on perd près de quinze hectares de terres agricoles », regrette Joël Robert. Les agriculteurs déplorent des élargissements de chaussée qui empiètent sur les terres cultivées.

    Les écologistes s’indignent aussi

    Des revendications soutenues par les Écologistes des Hautes-Alpes, qui fustigent l’absence de concertation tout comme l’impact des travaux. « Écologiquement parlant, on ne peut pas accepter, sous prétexte des Jeux Olympiques décidés en déni de démocratie, de faire avancer des travaux à marche forcée pour privilégier le transport individuel, pose Francine Daerden, porte-parole du groupe. Et cela, en mettant à mal des terres agricoles dont on a besoin pour notre économie locale, au lieu de se tourner uniquement vers le tourisme haut de gamme, d’hiver. » De plus, selon elle, les zones de dépassement qui nécessitent d’élargir la route sur les terres agricoles, « ne serviront de toute façon à rien puisque les bouchons se concentrent toujours en traversant Tallard, à Chorges et au pont de Savines. » Néanmoins, ces élargissements de sols artificialisés ne sont pas dus qu’à la création de zones de dépassement mais aussi à des installations de sécurité routière, comme des îlots en béton de ralentissement au milieu des giratoires, ou encore la création de deux bandes de pistes cyclables de part et d’autre de la route. Face aux critiques exprimées, Marcel Cannat, vice-président en charge des transports, a convié les agriculteurs à une réunion ce mardi. Et d’après ces derniers, les conseillers ont affirmé étudier les propositions pour diminuer la taille des parcelles bétonnées.

  • Jean Castex inaugure la relance du train dans les Hautes-Alpes

    Jean Castex inaugure la relance du train dans les Hautes-Alpes

    « Stop à la sinistrose, vous avez un beau projet entre les mains, et vous allez le mener à bien ! » Arrivé en TER à 14h à la gare de Briançon, l’ex-Premier ministre, Jean Castex, est venu avec sa bonhomie caractéristique et un discours mobilisateur à l’heure de lancer le plan Performances ferroviaires dans les Alpes du Sud. Aux côtés du président de Région Renaud Muselier, du maire de Briançon, Arnaud Murgia et du président du Département Jean-Marie Bernard, le nouveau directeur de la SNCF a d’abord inauguré le pôle multimodal de la gare de Briançon. Un aménagement urbain destiné à mieux connecter les mobilités autour de la gare et la rendre plus accessible.

    Ce chantier à 20 millions d’euros est l’un des volets du plus vaste plan de modernisation ferroviaire dans les Alpes du Sud. Il vise à préparer le territoire à l’accueil des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2030, tout en modernisant les infrastructures ferroviaires des Hautes‑Alpes, un besoin réclamé depuis plus d’une décennie. « Depuis que je me suis engagé en politique dans ce département, je n’ai eu de cesse que d’entendre, pour seule problématique, le mot désenclavement », a rappelé Arnaud Murgia. Or, c’est bien pour montrer que l’action a désormais pris le pas sur les discours que le PDG de la SNCF a détaillé les grandes lignes du plan de performance ferroviaire lors d’une présentation à la mairie de Briançon.

    Le projet, d’un montant total de 342 millions d’euros, prévoit le renouvellement de 159 km de voie sur la ligne Aix‑en‑Provence–Briançon, le remplacement de 53 aiguillages, la régénération de 108 ouvrages d’art, la réouverture de deux points de croisement, ainsi que la modernisation de la signalisation. Dans les Hautes-Alpes, 40 millions d’euros seront spécifiquement consacrés à la rénovation des gares.

    Concernant l’augmentation de l’offre de trains de nuit, dont la fréquentation est en hausse, Jean Castex a indiqué attendre d’ici la fin de l’année les résultats de l’appel d’offres lancé par l’État. Celui‑ci doit permettre de mettre à disposition de la SNCF de nouvelles locomotives bi‑modes, électriques et diesel, adaptées au réseau ferré alpin, non électrifié entre Veynes et Briançon.

    Dissiper les doutes

    Renaud Muselier a loué l’opportunité que constituent les JO pour le département, estimant que les investissements liés à l’événement permettront de ressusciter une ligne « qui aurait très certainement fermé ». « Si on n’avait pas eu les JO, on n’aurait pas pu avoir ces aménagements structurels profonds pour nos infrastructures ferroviaires, a affirmé le président de Région. Sans ça, on aurait eu que des circulations routières sur le département, qui aurait été encore plus enclavé. »

    La journée a également été l’occasion de répondre aux inquiétudes exprimées par les élus et les usagers. Alerté par Gérard Martinez, maire de Saint-Léger-les-Mélèzes, sur le manque d’effectifs dans certaines gares, Jean Castex a tenu à rappeler que la SNCF est « en phase de création nette d’emplois en 2025 et en 2026 ». Jérôme Rebourg, vice-président de la Fédération nationale des usagers des transports (Fnaut), a lui suggéré de rouvrir les 22 km reliant Digne et Saint-Auban afin de recréer l’ancienne ligne Alpazur, de Nice à Genève, fermée en 1989. « La priorité est de solidifier l’existant, investir pour maintenir et améliorer les lignes qui existent », a répondu Jean Castex, tout en se disant « ouvert » à l’idée d’étudier la réouverture d’anciennes lignes.

  • Le président de la SNCF Jean Castex en déplacement à la gare de Briançon

    Le président de la SNCF Jean Castex en déplacement à la gare de Briançon

    Sur le papier, ou plutôt sur les agendas, le président de la SNCF Jean Castex vient pour inaugurer le pôle multimodal de la gare de Briançon. Un chantier destiné à faciliter les transitions et la complémentarité entre les mobilités (voitures, train, bus, vélo…). En creux, il s’agit aussi de venir présenter un plan attendu depuis longtemps sur le territoire et sur lequel État, SNCF et Région Sud veulent montrer leurs efforts tant ils sont attendus : la modernisation des voies de chemin de fer dans les Hautes-Alpes. Avec la perspective des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver en 2030, l’État et la SNCF ont lancé le plan « Performance ferroviaire des Alpes du Sud » doté d’un budget de 367 millions d’euros. L’objectif est double : moderniser une ligne vieillissante décriée et préparer l’arrivée de Jeux qui nécessiteront une bien meilleure desserte ferroviaire. Le pôle d’échange multimodal de la gare de Briançon, dont les travaux doivent se dérouler jusqu’en 2029, fait partie de ce plan ambitieux. Les objectifs affichés sont majeurs : réduire le temps de trajet de la ligne Briançon-Marseille, d’environ 4h30 actuellement, à 3h40 et rénover près de 80 ouvrages d’art sur la ligne, le tout concernant 280 km de voie ferrée.

    Défendre un plan adapté

    aux enjeux locaux

    Toutefois, ce projet doit encore démontrer qu’il répond aux problématiques locales. En effet, ce n’est pas la durée du trajet qui est pointée en premier lieu par les usagers alpins de l’axe Briançon-Marseille. La rareté de l’offre pose d’abord des difficultés régulières avec seulement trois trains dans chaque sens par jour. Viennent ensuite l’inadéquation des horaires, avec un premier train partant de Briançon qui n’arrive qu’à 12h50 à Marseille, pour un dernier départ en sens retour à 17h40, et la petitesse de trains où il ne reste plus de place assise une fois passé Gap. Autant d’axes d’amélioration que pointent depuis plusieurs années les citoyens mobilisés sur le sujet, comme le collectif l’Étoile ferroviaire de Veynes. Lors de sa dernière réunion, ses membres ont affiché une préoccupation claire : que ce nouveau plan ne soit pas pensé uniquement pour le public et les athlètes des JO.

    Afin de répondre au mieux à ces attentes, la SNCF a ouvert une concertation publique accessible à tous les usagers, en ligne, par courrier ou téléphone jusqu’au 29 mai. Cette visite de Jean Castex devra donc prolonger ce travail en même temps qu’annoncer les chantiers à venir. Le projet est sur les rails, reste à faire monter à bord les principaux concernés : les habitants du territoire.

  • Les parents dénoncent une classe de maternelle à 30 enfants à Garde-Colombe

    Les parents dénoncent une classe de maternelle à 30 enfants à Garde-Colombe

    Trente, c’est trop ! » Plusieurs parents et enseignants ont manifesté ce jeudi matin à 7h30 devant l’école Henri-Audibert de Garde-Colombe pour dénoncer le sureffectif de la classe de maternelle, qui comptera trente élèves à la rentrée 2026. Face à cette situation, les parents d’élèves réclament l’ouverture d’un quatrième poste au sein du personnel éducatif. Selon eux, avec un effectif de trente élèves regroupés en une classe, de la petite à la grande section, l’école présente le sureffectif le plus important des Hautes-Alpes. Or, depuis 2020, le ministère a fixé pour objectif de plafonner les classes de grande section à 24 élèves maximum. Le sureffectif, déjà présent en 2025, avait occasionné la mise en service de moyens provisoires.

    Les parents réclament l’ouverture d’un poste

    Les parents d’élèves mobilisés dénoncent qu’à la rentrée 2026, la carte scolaire ne prévoit pas d’ouverture d’un nouveau poste pour l’école, nécessaire selon eux pour assurer de bonnes conditions d’apprentissage compte tenu du nombre d’élèves. « Une classe en sureffectif en maternelle, c’est un risque de tensions pour l’ensemble de la classe, de fatigue excessive et d’épuisement professionnel », dénonce le communiqué paru jeudi. A.F.

  • Les premiers chantiers lancés pour les JO 2030

    Les premiers chantiers lancés pour les JO 2030

    Douze mois après son lancement officiel, la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo) a convié, ce mercredi, la presse pour dresser un premier bilan et s’étendre sur les chantiers à venir. Quatre acteurs étaient présents, à l’Hôtel de Région, à Marseille pour détailler les principaux sujets. Fabrice Pannekoucke et Renaud Muselier, présidents des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Sud, étaient accompagnés du directeur général exécutif de la Solideo, Damien Robert, et du délégué interministériel aux Jeux Olympiques, Pierre-Antoine Molina.

    Ces quatre personnages clés de l’engrenage Alpes 2030 ont, dans un premier temps, détaillé le bilan de l’an 1 de la société de livraison. Renaud Muselier s’est félicité du lancement de la fusée : « La mission est engagée et les financements sécurisés. En un an, la Solideo est pleinement opérationnelle, avec 55 collaborateurs recrutés. Livrer les 40 ouvrages sera le cœur de notre réalisation. Ces ouvrages seront ensuite transformés en logements et équipements dans le cadre de l’héritage des Jeux. » Parmi les premiers travaux, nous retrouvons, pêle-mêle, les villages olympiques de Bozel, Nice, Briançon et Saint-Jean-de-Sixt, mais aussi la modernisation de la piste de bobsleigh de La Plagne et des tremplins du Praz, basés à Courchevel.

    Premier anniversaire

    Après avoir salué le travail des équipes de la Solideo, du Cojop et des partenaires institutionnels, Fabrice Pannekoucke a débuté une projection vers l’échéance de l’hiver 2030. L’ex-maire de Moûtiers (Savoie) a évoqué le besoin de s’inspirer de ce qui a été fait. « Pour nous, beaucoup de choses se sont passées en un an, dont les Jeux olympiques de Milan – Cortina d’Ampezzo. Nous avons été sur place, en observation et à l’écoute. Il y a une volonté de copier ce qui a marché et de cibler les carences pour les décortiquer et les améliorer », décrypte-t-il. L’homme de 50 ans évoqua également ses rencontres avec ses homologues de l’Utah, hôte des JO 2034, et de Suisse, où la candidature pour 2038 est encore embryonnaire. Le DG de la Solideo Damien Robert a précisé les prochaines étapes clés, pour être dans les temps. « 2025 était l’année de la conception, 2026 sera celle de la mise en œuvre des projets et de la phase des travaux, ainsi que des concertations et du lancement des marchés. » Justement, ces marchés représenteront 2 milliards d’euros et un fonds d’innovation a été créé lors du 6e conseil d’administration, ce mercredi. Le président de la région AURA ajoute : « Un tiers du marché sera dédié à des TPE et PME, contre 25% lors de Paris 2024. » Renaud Muselier a quant à lui assuré que des concertations publiques se tiendront dans les villages abritant les 40 ouvrages. Un calendrier est prêt pour les trois prochains mois, à propos de ce sujet qui a pu inquiéter les habitants de certaines localités. Le quatuor savait pertinemment qu’il ne pourrait pas éviter les questions sur les patinoires de Nice.

    Date limite début juin pour Nice

    Le hockey-sur-glace ne possède pas encore de domicile fixe. L’élection d’Éric Ciotti (UDR) dans la cité azuréenne a rebattu les cartes et l’édile fraîchement élu s’est opposé aux patinoires de l’Allianz Riviera. Ce dont nous pouvons être sûrs, c’est que le village olympique et le complexe omnisports olympique (COOL) ont été validés par la municipalité. Renaud Muselier a réaffirmé son souhait « de conserver la totalité des épreuves de glace à Nice ». D’autres options sont cependant à l’étude par le Cojop, avec des candidatures lyonnaise et parisienne sur la table. Une révision de la carte des sites a été lancée et l’hôte du hockey masculin devrait être connu début juin. Il devra l’être obligatoirement avant la 146e session du Comité International Olympique (CIO), les 24 et 25 juin.

    Jamais un pays n’a obtenu un laps de temps aussi court pour organiser des Jeux d’hiver (5 ans et demi), mais l’inquiétude n’est pas à l’ordre du jour.

  • L’Étoile ferroviaire pose ses propositions

    L’Étoile ferroviaire pose ses propositions

    Ce samedi 25 avril, la gare de Veynes-Dévoluy était animée, mais pas par des passagers. Le collectif l’Etoile ferroviaire de Veynes, qui plaide pour le retour d’une offre de train à hauteur des besoins locaux, y a réuni plusieurs dizaines de personnes, élus, militants et citoyens autour de quatre ateliers de réflexion. Les propositions seront transmises à la SNCF dans le cadre de sa concertation publique « Performance Ferroviaire des Alpes du Sud » lancée jusqu’au 29 mai.

    Un service pensé pour

    les besoins des habitants

    En premier lieu, les travaux de modernisation pour réduire le temps de trajet entre Marseille et Briançon de 4h30 à 3h40 en vue des JO 2030 ont été jugés louables mais insuffisants s’ils ne prennent pas en compte les besoins réels locaux. « Le train express, ce sera pour qui ? questionne Nicole Tagand, porte-parole du collectif. On comprend qu’il y a un enjeu pour aller de Marseille à Briançon pour les Jeux, mais dans la vraie vie, ce n’est pas ce qui correspond le plus aux besoins des gens. » Les personnes mobilisées ont réclamé des horaires adaptés à la vie des habitants. « On aimerait être à Briançon avant 9h, notamment pour les lycéens ou les jeunes en sport étude qui rentrent le week-end et qui pourraient repartir le lundi matin, explique Nicole Tagand. À l’inverse, le premier train partant de Briançon arrive à Marseille à 12h50 et repart à 16h40… Si on a un rendez-vous médical à passer, ça fait court. » Les participants ont aussi émis la volonté de remettre la gare de Veynes au cœur des correspondances entre Grenoble, Valence, Marseille et Briançon. « Il faut penser la cohérence globale du réseau, car l’ouverture à la concurrence dans trois ans amène le risque que chaque opérateur ne s’intéresse qu’à sa ligne », signale Nicole Tagand. Enfin, le collectif a de nouveau demandé le « retour de l’humain dans les gares », et notamment d’un guichet en gare de Veynes, supprimé en 2023.

  • Les fermes des Alpes s’ouvrent aux visiteurs

    Les fermes des Alpes s’ouvrent aux visiteurs

    Ici, le jeu, ce sera de trouver Charlie », annonce Aurélie. Devant elle, une trentaine de chèvres s’agitent dans leur enclos. Parmi elles, une brebis corse, à la laine sombre si longue qu’elle traîne au sol, se cache dans le coin. C’est Charlie, l’intruse que les visiteurs devront débusquer.

    Le temps d’un week-end, Aurélie et Amandine Chaix, éleveuses du Gaec de la Roche à Jarjayes, ont prévu toute une série d’activités pour les visiteurs. Elles participent pour la première fois à « De ferme en ferme », samedi 25 et dimanche 26 avril. « Il faut finir de tout préparer, on est un peu stressées, pour nous, c’est une grande première », confesse Aurélie, qui ne sait pas encore combien de personnes franchiront le seuil de la ferme. Les deux sœurs ont créé un parcours « petit paysan », destiné aux enfants.

    Au programme : parcours d’obstacles, slalom de tracteurs à roulettes et rencontre avec les animaux (lapins, chevaux, poules, vaches et chèvres). Le tout ponctué par une initiation à la traite et une démonstration de la transformation du fromage. « Le but est qu’ils voient comment c’est fait de A à Z, c’est quand même beau à voir », explique Aurélie, qui prépare des panneaux explicatifs disposés au fil du parcours.

    Le Gaec de la Roche est une ferme familiale depuis quatre générations. Aurélie et Amandine ont repris l’élevage caprin et bovin depuis 2015. Lait, fromage et saucisson de chèvres sont les principaux produits de la ferme et seront proposés à la vente aux visiteurs.

    Pour les deux sœurs, qui vendent leurs produits trois jours par semaine sur les marchés de Gap, Jarjayes et Espinasses, « De Ferme en Ferme » est l’occasion de créer du circuit court. « On souhaite faire de la vente directe avec les consommateurs plutôt que passer par la commercialisation. Mais, entre le marché à 6h du matin, les trois enfants à s’occuper, la traite et la transformation du fromage, c’est compliqué de dégager du temps », explique Aurélie. L’exploitation familiale est presque autonome, le foin et l’orge pour les bêtes sont produits sur place. « Nos grands-parents faisaient du lait et du maraîchage, c’est surtout ma grand-mère qui m’a transmis la passion. C’est une fierté de pouvoir montrer cet héritage », raconte Aurélie.

    Aller à la rencontre

    des producteurs locaux

    Organisés dans différents départements depuis 30 ans, les week-ends « De ferme en ferme » permettent au public de visiter des exploitations agricoles gratuitement. Et, pour la troisième année consécutive, les Hautes-Alpes participent. « La première année, on a voulu commencer petit avec deux territoires, le Buech et le Champsaur, et un petit objectif de dix fermes sur le circuit. Finalement, on a eu 18 fermes intéressées et 4 800 visites. Ça a hyper bien marché, retrace Coline Bourru, chargée de mission pour Agribio 05, association qui fédère les producteurs bio des Hautes-Alpes et qui coordonne l’événement.

    « On peut avoir une ferme à côté de chez soi et ne pas oser venir, avoir peur de déranger, rappelle Coline Bourru. L’idée est d’ouvrir ses portes pendant un week-end, montrer ce que signifie travailler sur une ferme avec des agriculteurs passionnés qui ont envie de partager leur expérience. Et une fois que vous savez où les trouver et à quels horaires, vous pouvez revenir les voir. » L’an passé, l’événement avait attiré plus de 5 000 visiteurs.

  • [Entretien] Joël Bonnafoux : « Les JO sont une opportunité, mais il ne faut pas faire n’importe quoi »

    [Entretien] Joël Bonnafoux : « Les JO sont une opportunité, mais il ne faut pas faire n’importe quoi »

    La Marseillaise : Vous avez été réélu pour la quatrième fois. Qu’avez-vous mis en place pour gagner cette confiance sur le long terme ?

    Joël Bonnafoux : Ça fait deux élections où je n’ai pas d’adversaire. Je suis élu à La Bâtie depuis 1983 ; j’ai d’abord été conseiller, puis adjoint, puis maire. Et ça fait trois mandats que je suis maire, j’attaque le quatrième. On a eu 55% de participation avec une seule liste. Il y a des endroits où, même avec plusieurs listes, ils n’ont pas 50%. On est satisfaits. En sachant que moi, sur La Bâtie, quand j’ai été élu la première fois, on était 800 habitants. À l’heure actuelle, on est 2 900. Pour ce qui est du cadre de vie de nos concitoyens depuis que je suis en place, j’ai obtenu qu’il y ait un collège à La Bâtie et l’agrandissement des écoles. On a fait aussi plusieurs équipements sportifs, la crèche, le centre de loisirs, la médiathèque et, dernièrement, la maison médicale avec la communauté de communes, dont je suis président aussi. Pour ce nouveau mandat, on réfléchit à repenser la mairie, où on est un peu à l’étroit maintenant. On va refaire le stade aussi, parce qu’on a un stade en stabilisé, en gravier ; on va en faire un en synthétique et refaire les deux courts de tennis qu’on avait supprimés aussi. Après, on va être sur la végétalisation dans le village ancien pour respirer un peu plus, végétaliser des places de parking dans le village et faire plus d’espaces verts.

    Plusieurs de vos pairs au département ont exprimé des inquiétudes quant à l’avancement des travaux liés aux JO à venir. Les partagez-vous ?

    J. B. : Du côté du département, il y a un axe majeur : c’est le rond-point qui va être aménagé à Montgardin. On est à la fois sur une nationale et une départementale. Mais c’est le département qui a la maîtrise d’œuvre, pas l’État. C’est un projet qui va être réalisé dans les deux ou trois ans. Pour ceux gérés par l’État, je vois que les mois avancent et qu’on n’a pas trop de décisions qui sont prises. Nous, le département, on agit quand c’est dans nos compétences, mais après, on se doit de tirer un peu l’oreille de l’État sur certains retards. Je pense à l’intervention de Michel Cannat, à la dernière séance du conseil, à propos du pont de Savines-le-Lac, qui ne supporte pas un certain tonnage, ce qui pose quand même problème en vue des chantiers à venir.

    Ces Jeux représentent un bel événement, mais ils suscitent aussi une certaine appréhension chez les élus chargés de les organiser ?

    J. B. : Je pense que les JO, c’est une opportunité, mais il ne faut pas faire n’importe quoi non plus. En sachant qu’il y a quand même bagarre avec les Alpes du Nord. On a obtenu quelque chose dans le Sud pour une fois, et les Alpes du Nord auraient bien voulu tout récupérer. Je ne sais pas du tout où on en est à l’heure actuelle au sujet de certaines décisions, ce qui va être fait par rapport à la patinoire à Nice. J’ai peur que tout soit remis en question et aille finalement sur Lyon. Et puis, à Nice, le changement de la municipalité ajoute de l’incertitude, sans compter les changements à venir à la Région aussi… Tout ça, c’est un peu inquiétant pour les prises de décision à venir, ça peut remettre des choses en question.

    Il y a aussi des craintes que les Jeux laissent d’importantes charges financières aux collectivités locales ?

    J. B. : Ça, il faut l’entendre aussi. Il ne faut pas qu’on fasse n’importe quoi non plus, c’est clair. Ce sont des financements d’État ; il y a une petite participation du Département, d’accord, mais il ne faut pas que ce soit le Département qui en subisse les conséquences, comme ça avait été le cas pour Grenoble après les Jeux de 1968. Après, quand ça amène des aménagements, comme à Montgardin, c’est bien aussi.

    Concernant les Jeux, vous faites partie des élus qui alertent sur le fait que, malgré la modernisation des voies ferrées, certaines communes ne bénéficieront pas du retour du train.

    J. B. : C’est difficile d’être entendu à ce niveau. Le train, on demandait simplement des arrêts, on ne demandait pas l’ouverture de la gare, qui est en piteux état. On voudrait l’acquérir, d’ailleurs, mais la SNCF ne souhaite pas vendre pour l’instant. Moi, j’ai les lycéens qui vont sur Embrun et qui prennent le train à Chorges le matin, donc je ne vois pas où est l’économie. C’est une compétence de la Région. Il y a six ans, on nous avait promis des trains pendulaires entre Embrun et Gap, mais il n’y a toujours rien. Il y a des promesses électorales… Mais celui qui a les données là-dessus, c’est le vice-président de Région chargé des transports.

    En tant qu’élu de longue date sur le territoire, comment avez-vous accueilli l’annonce de la candidature du président de Région, Renaud Muselier, aux élections sénatoriales ?

    J. B : J’ai trouvé cela regrettable, finalement. Parce que, pour moi, c’était quelqu’un de dialogue. Malgré le fait qu’on ne partageait pas toujours les mêmes opinions politiques, c’était quelqu’un qui était à l’écoute, abordable. Il y a le côté humain de la personne et ça, j’apprécie beaucoup. Je n’ai pas forcément les mêmes orientations politiques que lui, mais on pouvait passer outre et discuter.