Tag: Gard

  • Dans le Gard, 59 classes fermées en septembre ?

    Dans le Gard, 59 classes fermées en septembre ?

    « Une gifle. » Voici comment le syndicat Unsa a qualifié l’annonce jeudi 9 avril du Dasen qui prévoit de fermer 59 classes sur tout le département. Nîmes, Alès, la ruralité, les maternelles, les primaires, l’éducation prioritaire, aucun secteur n’est épargné. Face à cette présentation, les syndicats ont évidemment voté contre cette carte scolaire alors qu’une manifestation réunissant enseignants, parents et syndicats se tenait devant le siège du Dasen.

    Dans le détail, le Dasen prévoit 14 ouvertures de classes dont dix à Nîmes (neuf en éducation prioritaire) mais aussi à Saint-Ambroix, Beaucaire (éducation prioritaire), Milhaud et Redessan. Le Dasen a aussi consenti à revenir sur trois fermetures prévues à Nîmes (à Georges-Bruguier, Mont-Duplan et Rangueuil). Mais il reste tout de même 59 classes menacées de fermeture dont 17 à Nîmes, six à Alès ou encore deux à Saint-Gilles.

    « La baisse démographique est réelle mais on n’améliore pas les conditions d’enseignement. Il y a des points comme Bessèges par exemple où on avait sauvé la classe l’an dernier mais il prévoit à nouveau de la fermer sauf que ça va faire des classes en maternelle à 25 ou 26 avec des cas pas possibles et une misère sociale importante… C’est une catastrophe. On fait tout peser sur la maternelle alors que c’est le début de la scolarité », fustige Myriam Vermale, co-secrétaire du Snuipp-FSU du Gard.

    Mais ces arguments n’ont pas influencé le Dasen. « Le Dasen, il est honnête, il nous l’a dit, s’il ouvre une classe, il doit en fermer une. S’il ne ferme pas une classe, il en fermera une autre ailleurs. Aujourd’hui, aucune école n’est tranquille parce que la carte scolaire n’est pas arrêtée », avertit Myriam Vermale. D’ailleurs, dix classes sont « sous surveillance » des syndicats dont des classes à Barjac, Vénéjean ou Lassalle qui pourraient avoir de mauvaises surprises.

    Sur ces 59 fermetures, toutes ne sont pas non plus à défendre. Les syndicats ont contacté les écoles concernées et tentent d’influer sur celles qui affirment avoir des effectifs suffisants pour s’opposer aux fermetures.

    Nouvelles négociations

    le 17 avril

    La FSU du Gard regrette également les suppressions de postes d’enseignants : « Le Dasen appuie les directives ministérielles donc il crée des postes mais hors de la classe avec les pôles d’appui à la scolarité pour la gestion des élèves en difficulté. Il dit que ça va tout révolutionner mais il pompe neuf postes d’enseignants sur le premier degré. On part avec une dotation de moins 27 postes. »

    Le Dasen a aussi prévu de créer à nouveau trois classes Ulis, poursuivant la dynamique de déploiement de ces Unités localisées pour l’inclusion scolaire dans le département. Mais ces ouvertures pèsent aussi sur le nombre d’enseignants puisque ces postes sont ponctionnés dans les effectifs des enseignants. « Puisqu’il crée des Ulis dont on a besoin, il crée aussi un poste de coordonnateur Ulis ce qui nous fait encore perdre un poste d’enseignant », s’agace Myriam Vermale.

    Une nouvelle réunion s’est tenue jeudi 16 avril mais la nouvelle véritable négociation se déroulera vendredi 17 avril en conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN). L’occasion de voir si les nombreuses mobilisations à Aimargues, Nîmes, Bagnols-sur-Cèze, Bessèges, Moulézan, Tornac, les Salles-du-Gardon, Cavillargues, Saint-Julien-de-Peyrolas ou encore Vers-Pont-du-Gard influeront sur les choix du Dasen.

  • L’UE durcit ses règles migratoires

    L’UE durcit ses règles migratoires

    Le Parlement européen serait-il en train de se trumpiser ? L’adoption du règlement retour, grâce à l’alliance entre la droite et l’extrême droite, le 26 mars, semble donner raison à cette tendance. En effet, le texte prévoit un net durcissement d’une politique migratoire déjà plus que répressive. « Il aura des conséquences dramatiques pour les personnes étrangères et pour les personnes qu’on accompagne. C’est effectivement un développement très inquiétant », soupire Olivia Carniel, responsable des questions européennes à la Cimade.

    Le texte prévoit notamment la possibilité d’externaliser des centres de retour dans des pays hors de l’Union européenne afin d’y enfermer les personnes exilées ou des demandeurs d’asile déboutés. « Ce qui est vraiment problématique, c’est que le texte pose uniquement les bases légales pour créer ces centres mais il ne précise rien. On ne sait pas pour combien de temps les personnes pourraient être enfermées dans de tels centres dans des pays qu’on ne connaît pas, ni dans quelles conditions », reprend Olivia Carniel. Et ainsi criminaliser un peu plus les exilés en les plaçant dans des conditions de détention sans avoir commis de crime ou de délit. « Il n’y a pas de mécanismes pour vérifier si les droits des personnes sont respectés. Les États s’exonèrent de toutes les responsabilités », abonde Titouan Cady, membre de la LDH à Montpellier.

    Les renvois accélérés

    La détention semble d’ailleurs être devenue la norme puisque les délais d’internement pourraient aller jusqu’à 24 mois. « Il y a aussi une logique d’accélérer les renvois sans passer par des recours juridiques. Alors qu’aujourd’hui, on pouvait contester et ainsi suspendre le renvoi », note Titouan Cady. Des renvois pourraient se faire sans que le juge n’ait besoin de statuer. Tout est fait pour déshumaniser des personnes déjà épuisées par un exil forcé. En ce sens, la « décision de retour européenne » est inquiétante. « On généralise le fichage. Toute personne soumise à une procédure d’éloignement dans un pays sera expulsable d’un second pays de l’UE même si elle respecte toutes conditions d’asile. On pousse ces personnes dans une plus grande précarité », se désole Olivia Carniel.

    Un texte xénophobe qui met un coup au respect des droits fondamentaux, pourtant érigé comme une valeur cardinale d’une Union européenne de plus en plus marquée à droite. Si le Parlement lui est acquis, il en est de même à la tête des États membres : seuls trois pays sont gouvernés par la gauche dont le Danemark, connu pour ses positions anti-migrants. « C’est une rupture dans l’histoire du Parlement européen, qui avait toujours été une institution progressiste. Mais depuis 2024 [date des dernières élections, Ndlr], on voit se former une majorité de droite et d’extrême droite sur les sujets liés à l’immigration et l’environnement. Cette alliance est néfaste pour l’UE et affaiblit sa souveraineté », fait valoir Chloé Ridel, députée PS européenne, qui a voté contre le texte, s’inquiétant des dérives trumpistes de l’institution strasbourgeoise. Le texte va maintenant faire l’objet de négociations en trilogue avec la Commission européenne et le Conseil de l’UE, avant d’être définitivement adopté.

  • L’Antiquité s’embrase aux couleurs de Combas

    L’Antiquité s’embrase aux couleurs de Combas

    Il y a des rencontres qui relèvent de l’évidence. Celle entre Robert Combas et le Pont du Gard en fait partie. Du 29 mai au 1er novembre, le site classé à l’Unesco accueille « Guerre et paix », une exposition d’envergure consacrée au chef de file de la figuration libre.

    Une soixantaine d’œuvres y sont présentées, traversées par les thèmes chers à l’artiste : batailles antiques, figures mythologiques, héros grecs et romains. Chez Combas, l’Histoire n’est jamais figée. Elle explose en couleurs, en formes et en récits foisonnants, nourris autant par les livres d’Histoire que par la culture populaire. Au cœur du parcours, une toile monumentale consacrée à la guerre de Troie, longue de près de neuf mètres, s’impose comme pièce maîtresse. Une œuvre à l’image de l’exposition : spectaculaire, dense, presque débordante.

    Une « rencontre inouïe »

    Mais l’expérience ne s’arrête pas aux salles du musée. Dès le 4 juillet, chaque soir, le monument lui-même devient scène. Sous la direction de Christophe Berthonneau et du Groupe F, un mapping vidéo monumental transforme les 275 mètres de l’aqueduc en fresque vivante. Guerriers, batailles et figures mythologiques s’animent sur la pierre bimillénaire. Les images puisent directement dans l’univers de Combas, tandis que la bande sonore s’appuie sur les compositions de son groupe, Les Sans Pattes. Une hybridation totale entre peinture, musique et architecture.

    Ce dialogue entre patrimoine et création contemporaine s’inscrit dans une volonté affirmée : faire du Pont du Gard un lieu vivant, où l’Histoire continue de s’écrire. Pour les organisateurs, il s’agit d’une « rencontre inouïe » entre deux monuments : un site antique exceptionnel et un artiste majeur de la scène contemporaine.

    Tarifs : musée 8 € (réduit 6 €), gratuit pour les étudiants, moins de 18 ans et personnes en situation de handicap.

  • À Nîmes, le cordonnier qui fait marcher la profession

    À Nîmes, le cordonnier qui fait marcher la profession

    Tablier noué, regard attentif et gestes précis, Olivier Sébastien incarne une certaine idée de l’artisanat. Dans sa boutique L’Émile Pompe, nichée rue Émile-Jamais à Nîmes, le cuir reprend vie sous ses mains. Mais derrière l’établi, le cordonnier est aussi devenu un porte-voix. Celui d’une profession longtemps discrète, aujourd’hui en quête de reconnaissance.

    À 47 ans, l’artisan nîmois ne s’est jamais contenté de réparer des semelles. Depuis plus de quinze ans, il défend un métier qu’il juge « essentiel au quotidien », à la croisée du savoir-faire traditionnel et des enjeux contemporains. « Quand je fais quelque chose, je ne le fais pas pour ma boutique, mais pour le métier », insiste-t-il. Son engagement lui a valu d’être distingué compagnon du mérite fédéral par la Fédération française de la cordonnerie multiservice en 2025. Une reconnaissance qui récompense moins une carrière qu’une énergie constante à fédérer.

    C’est dans cet esprit qu’est né le Printemps de la cordonnerie. Une campagne désormais nationale, organisée du 20 mars au 21 juin, qui invite les Français à « réparer plutôt que jeter ». Une idée simple, mais qui répond à plusieurs urgences : économique, écologique et sociale. Car la réalité du métier est rude : des périodes creuses au printemps, puis des pics intenses à l’automne.

    L’initiative repose donc sur un changement d’habitudes : déposer ses bottes en avril, ses sandales en juillet. Une anticipation bénéfique pour tous. « Plus tu mets la pression à un artisan, plus le travail sera médiocre », tranche-t-il. Derrière cette logique, une volonté : redonner du temps au geste, donc de la qualité au produit.

    Dans le Gard, ils sont plusieurs à suivre le mouvement. Mais il insiste : « Le but, c’est de mettre le métier en avant, pas les individus. » L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais en 2026, le Printemps de la cordonnerie franchit un cap. Grâce à des échanges noués sur les réseaux, l’initiative traverse l’Atlantique. À Montréal, un cordonnier québécois, Patrick Marleau, s’empare du concept. Là-bas aussi, la réparation retrouve du sens, à la fois économique et écologique.

    Réparer, résister

    Au-delà de l’organisation collective, le cordonnier porte un discours plus large sur la consommation. Face à la montée du jetable et à la baisse de qualité des produits, il défend la réparation comme un acte militant. « Aujourd’hui, on fabrique des chaussures qu’on ne peut plus réparer », déplore-t-il. À ses yeux, le cordonnier devient alors un acteur de la transition écologique, mais aussi un rempart contre une économie du gaspillage. Dans son atelier, les objets passent, mais les histoires restent. « Ma plus belle récompense, c’est quand un client m’envoie une photo de ses vacances. Là, je me dis qu’on a gagné », confie-t-il, ému.

    À Nîmes comme ailleurs, la cordonnerie n’est plus seulement un métier d’hier. Elle se réinvente, s’adapte, s’ouvre à la seconde main, au multiservice, à la transmission. Olivier Sébastien en est l’un des visages. « Ce n’est pas un vieux métier. Il repart à la hausse », affirme-t-il. Et si, du Gard au Québec, la campagne continue de s’étendre, c’est peut-être parce qu’elle repose sur une conviction simple : réparer, c’est déjà résister.

  • Une nouvelle usine Haribo à Uzès pour 2029

    Une nouvelle usine Haribo à Uzès pour 2029

    Haribo, le leader du bonbon en France, a annoncé le 1er avril le lancement d’un investissement majeur : la construction d’une nouvelle usine sur le site d’Uzès, dans le Gard. Les travaux débuteront début 2027, pour une mise en service prévue en 2029. « Ils vont abattre le dépôt actuel pour construire la nouvelle usine, tandis que l’usine actuelle sera convertie en dépôt, précise Guillaume Brante, délégué syndical CGT Haribo à Uzès. C’est une très bonne nouvelle dans l’ensemble, parce que l’usine était vieillissante et qu’ils vont remplacer presque toutes les machines. »

    Dans son communiqué, l’entreprise promet bien des technologies de production de dernière génération : « La nouvelle unité d’Uzès intégrera notamment de nouvelles lignes de fabrication et de conditionnement et permettra d’augmenter certaines capacités, notamment sur les dragées. » L’objectif affiché est aussi de réduire l’empreinte carbone de Haribo France, puisque la nouvelle usine devrait avoir un impact carbone réduit de 90% par rapport à l’actuelle et qu’elle sera conçue « selon les standards les plus avancés en matière d’efficacité énergétique et de performance environnementale ».

    Dans son communiqué, l’entreprise déclare également que le futur site d’Uzès concentrera les nouvelles capacités de production modernisées, tandis que le site de Marseille « continuera de jouer un rôle essentiel en se spécialisant sur la fabrication de produits emblématiques tels que les Schtroumpfs, Croco, PIK ou Rotella, renforçant ainsi sa performance opérationnelle et son savoir-faire historique ».

    Un mauvais présage pour l’usine de Marseille ?

    Sur ce dernier point, Guillaume Brante reste nuancé, puisque cela signifie que la nouvelle usine d’Uzès doit récupérer une partie de la production de l’antenne située à Marseille. « Nous allons passer de 26 000 à 40 000 tonnes de production, ce qui enlève une partie du tonnage de Marseille, explique le syndicaliste. Il y aura des possibilités de mutation, mais notre crainte est que cela engendre quand même des suppressions de postes à Marseille. Nous devons donc rester vigilants. »

    Par ailleurs, l’usine d’Uzès embauche actuellement 260 personnes et, contrairement à ce que promet l’entreprise, ce projet ne devrait pas permettre de créations directes d’emplois : « La direction parle d’une trentaine de nouveaux emplois, poursuit Guillaume Brante. Or c’est l’équivalent des départs en retraite d’ici 2029, donc l’effectif restera identique. La construction de l’usine devrait cependant permettre de faire travailler indirectement des entreprises locales, ce qui est une bonne chose pour le département du Gard et nous nous en réjouissons. » Il conclut : « Depuis 2016, nous réclamons du capacitaire en France. Avec cette nouvelle usine, le tonnage total produit à Uzès et Marseille restera le même, il sera juste fabriqué différemment. »

  • L’assurance chômage bientôt réduite après une rupture conventionnelle

    L’assurance chômage bientôt réduite après une rupture conventionnelle

    Chaque année amène avec elle sa nouvelle réforme de l’assurance chômage, signe que pour faire des économies, le gouvernement manque quelque peu d’imagination… ou de volonté ? Car réduire les droits des chômeurs n’entraîne jamais des millions de personnes dans la rue. L’Insee estime pourtant qu’entre 60 et 80% des actifs passeront par au moins une phase de chômage durant leur carrière.

    La proposition de loi adoptée par le Sénat le 1er avril, dont le sénateur Laurent Burgoa (LR) était devenu le rapporteur suite à un changement du calendrier législatif, s’attaque en effet à la durée maximale d’indemnisation après une rupture conventionnelle. Les nouvelles règles prévoient ainsi de réduire la durée de cotisation à 15 mois pour les personnes de moins de 55 ans (18 mois aujourd’hui), 20,5 mois pour les personnes de plus de 55 ans (22,5 mois pour les 55-57 ans et 27,5 mois pour les plus de 57 ans aujourd’hui).

    Selon les chiffres du gouvernement, cette réforme permettrait d’économiser entre 600 et 800 millions d’euros, mais aussi de permettre 12 000 à 15 000 retours à l’emploi supplémentaires. « Déjà à 200 millions d’euros près on ne sait pas compter… mais surtout je voudrais bien comprendre la mécanique qui nous expliquerait que quand tu réduis les droits des chômeurs, ça crée de l’emploi. C’est un argument fallacieux », fustige Serge Ragazzacci de la CGT 34.

    Cette réforme, débattue en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale mercredi 8 avril, devrait être soumise au vote jeudi 16 avril. Elle fait suite à un accord trouvé le 25 février entre une partie des organisations syndicales (CFDT, FO, CFTC) et patronales (Medef, CPME, U2P).

    Deux stratégies syndicales distinctes

    Pour Franck Mary-Montlaur, secrétaire général de l’UD FO 34, cet accord vise surtout à éviter une nouvelle réforme de l’assurance chômage : « On ne voulait surtout pas revenir à une nouvelle négociation sur l’assurance chômage, comme le programmait le gouvernement. On nous a aussi fait comprendre que le patronat était favorable à taxer plus les contrats courts et nous pensons qu’il doit cotiser plus quand il fait appel à des contrats courts. Une brèche est ouverte. En 2008 [lors de la création des ruptures conventionnelles, Ndlr], on y était allé à reculons. C’est surtout le patronat qui a profité des ruptures conventionnelles. Nous avons toujours défendu l’assurance chômage, qui doit rester une protection pour les salariés qui se font licencier. »

    Une méthode contestée par la CGT qui n’a donc pas signé cet accord. « On refuse la politique du “moins pire”. On négocie toujours sur le reculoir. Ça continue d’exonérer le patronat de toute responsabilité mais aussi le gouvernement, qui concède des aides publiques et des exonérations de cotisations sociales via un certain nombre de mesures. Le syndicalisme va devoir se poser les bonnes questions parce que ce n’est pas au syndicat de négocier des reculs et d’ensuite les expliquer aux salariés », estime Serge Ragazzacci, qui regrette qu’une partie des syndicats se soit désolidarisée alors qu’une position commune avait initialement été établie.

    Le secrétaire général de l’Union départementale CGT de l’Hérault souhaite aussi rappeler pourquoi la CGT s’est toujours opposée aux ruptures conventionnelles, qui ont explosé un partout en France à l’image de l’Hérault, qui en dénombre entre 700 et 1 000 par mois : « C’est un énorme plan social qui ne dit jamais son nom. Ces procédures remettent en question la justice prud’homale. Elles permettent de supprimer de l’emploi rapidement sans pouvoir d’intervention des représentants du personnel. Et qui paie ? L’assurance chômage. Enfin, l’inspection du travail vérifie au mieux si la procédure de la rupture conventionnelle a été respectée, mais elle ne vérifie pas si le contenu respecte les droits du salarié. »

  • L’assurance chômage bientôt réduite après une rupture conventionnelle

    L’assurance chômage bientôt réduite après une rupture conventionnelle

    Chaque année amène avec elle sa nouvelle réforme de l’assurance chômage, signe que pour faire des économies, le gouvernement manque quelque peu d’imagination… ou de volonté ? Car réduire les droits des chômeurs n’entraîne jamais des millions de personnes dans la rue. L’Insee estime pourtant qu’entre 60 et 80% des actifs passeront par au moins une phase de chômage durant leur carrière.

    La proposition de loi adoptée par le Sénat le 1er avril, dont le sénateur Laurent Burgoa (LR) était devenu le rapporteur suite à un changement du calendrier législatif, s’attaque en effet à la durée maximale d’indemnisation après une rupture conventionnelle. Les nouvelles règles prévoient ainsi de réduire la durée de cotisation à 15 mois pour les personnes de moins de 55 ans (18 mois aujourd’hui), 20,5 mois pour les personnes de plus de 55 ans (22,5 mois pour les 55-57 ans et 27,5 mois pour les plus de 57 ans aujourd’hui).

    Selon les chiffres du gouvernement, cette réforme permettrait d’économiser entre 600 et 800 millions d’euros, mais aussi de permettre 12 000 à 15 000 retours à l’emploi supplémentaires. « Déjà à 200 millions d’euros près on ne sait pas compter… mais surtout je voudrais bien comprendre la mécanique qui nous expliquerait que quand tu réduis les droits des chômeurs, ça crée de l’emploi. C’est un argument fallacieux », fustige Serge Ragazzacci de la CGT 34.

    Cette réforme, débattue en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale mercredi 8 avril, devrait être soumise au vote jeudi 16 avril. Elle fait suite à un accord trouvé le 25 février entre une partie des organisations syndicales (CFDT, FO, CFTC) et patronales (Medef, CPME, U2P).

    Deux stratégies syndicales distinctes

    Pour Franck Mary-Montlaur, secrétaire général de l’UD FO 34, cet accord vise surtout à éviter une nouvelle réforme de l’assurance chômage : « On ne voulait surtout pas revenir à une nouvelle négociation sur l’assurance chômage, comme le programmait le gouvernement. On nous a aussi fait comprendre que le patronat était favorable à taxer plus les contrats courts et nous pensons qu’il doit cotiser plus quand il fait appel à des contrats courts. Une brèche est ouverte. En 2008 [lors de la création des ruptures conventionnelles, Ndlr], on y était allé à reculons. C’est surtout le patronat qui a profité des ruptures conventionnelles. Nous avons toujours défendu l’assurance chômage, qui doit rester une protection pour les salariés qui se font licencier. »

    Une méthode contestée par la CGT qui n’a donc pas signé cet accord. « On refuse la politique du “moins pire”. On négocie toujours sur le reculoir. Ça continue d’exonérer le patronat de toute responsabilité mais aussi le gouvernement, qui concède des aides publiques et des exonérations de cotisations sociales via un certain nombre de mesures. Le syndicalisme va devoir se poser les bonnes questions parce que ce n’est pas au syndicat de négocier des reculs et d’ensuite les expliquer aux salariés », estime Serge Ragazzacci, qui regrette qu’une partie des syndicats se soit désolidarisée alors qu’une position commune avait initialement été établie.

    Le secrétaire général de l’Union départementale CGT de l’Hérault souhaite aussi rappeler pourquoi la CGT s’est toujours opposée aux ruptures conventionnelles, qui ont explosé un partout en France à l’image de l’Hérault, qui en dénombre entre 700 et 1 000 par mois : « C’est un énorme plan social qui ne dit jamais son nom. Ces procédures remettent en question la justice prud’homale. Elles permettent de supprimer de l’emploi rapidement sans pouvoir d’intervention des représentants du personnel. Et qui paie ? L’assurance chômage. Enfin, l’inspection du travail vérifie au mieux si la procédure de la rupture conventionnelle a été respectée, mais elle ne vérifie pas si le contenu respecte les droits du salarié. »

  • Dans le Gard, la viticulture attend toujours un vrai cap

    Dans le Gard, la viticulture attend toujours un vrai cap

    Au Pont du Gard, cadre carte postale et symbole patrimonial, la viticulture indépendante a voulu montrer son visage combatif. Du 24 au 26 mars, le congrès annuel des Vignerons indépendants a transformé le département en capitale éphémère du vin « fait par ceux qui le produisent », avec une thématique assumée : l’œnotourisme, présenté comme un levier devenu vital quand la consommation recule et que les marchés se tendent. Dans les salles de conférences comme lors des visites de domaines, le message est clair : accueillir, raconter, fidéliser. Faire venir au caveau pour mieux vendre, mais aussi pour recréer du lien avec des consommateurs plus jeunes, plus volatiles, parfois éloignés de la culture du vin. Une stratégie de survie autant qu’une promesse de territoire.

    Car sur le terrain, la mécanique économique se grippe. Les coûts de production pèsent, les stocks s’accumulent, les prix du vrac ne couvrent plus toujours les charges. Dans ce contexte, l’œnotourisme n’est plus seulement un plus : il devient une ligne de survie. « Une opération de séduction en direction des plus jeunes », résume Denis Verdier, président des vins IGP du Gard, qui dit l’effort d’adaptation (bulles, cocktails, cuvées moins alcoolisées) autant que la difficulté à sortir d’un cadre jugé étouffant. « On passe notre temps à faire de l’administratif plutôt que du commercial », lâche-t-il.

    À cette vitrine, l’État a voulu accrocher un signal politique. Annie Genevard, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, a fait le déplacement dans le Gard sur deux jours avec une séquence très calibrée : congrès des vignerons indépendants, passage à l’Institut français de la vigne et du vin au Grau-du-Roi, puis arrêt au Mas des agriculteurs à Nîmes, qu’elle a vanté comme une « structure exemplaire » pour ses circuits courts.

    Mais si la visite a été saluée pour ce qu’elle dit de la place du Gard dans la carte viticole, elle a aussi laissé un goût d’inachevé. « À ce stade, ces mesures ne répondent pas pleinement aux attentes de la filière », tranche Denis Verdier, qui résume l’état d’esprit : l’heure n’est plus aux promesses, mais à des arbitrages rapides, lisibles, efficaces. Les vignerons, eux, ne demandent pas d’être rassurés à la tribune : ils demandent de pouvoir tenir jusqu’aux prochaines vendanges sans s’enfoncer davantage.

    Une crise profonde

    Le point de crispation principal tient en un mot qui fait mal : l’arrachage. « Un crève-cœur », répète Denis Verdier, mais un outil jugé indispensable pour rapprocher l’offre d’une demande qui baisse. Or la perspective d’un dispositif repoussé à fin décembre 2026 est vécue comme un contre-signal : trop tard par rapport au calendrier agricole, trop tard pour peser sur les volumes dès les prochaines vendanges, trop tard pour stopper l’hémorragie économique.

    Même inquiétude sur la distillation de crise : annoncée, mais à des niveaux de prix que les professionnels jugent « inacceptables », car bien en deçà des coûts de production. Dans ces conditions, la mesure absorberait mal les stocks et soulagerait peu les trésoreries déjà fragilisées. Pire : officialiser des prix cassés enverrait, selon eux, un message destructeur au marché. D’où un appel explicite à revoir les modalités des deux dispositifs : avancer l’arrachage, relever les niveaux de prix, et arrêter de laisser la filière naviguer à vue.

    La colère, elle, affleure aussi dans le monde syndical : le Modef Gard, à travers son porte-parole local Xavier Fabre, fustige un dialogue jugé verrouillé, une visite « mise en scène » et un manque de pluralisme dans les échanges. De quoi rappeler que, dans le Gard viticole, l’œnotourisme peut offrir de l’air, mais ne remplacera pas des décisions structurelles. Car derrière les dégustations et les discours, une question demeure, brutale : combien de domaines tiendront encore une saison sans cap clair ?

  • Dans le Gard, la viticulture attend toujours un vrai cap

    Dans le Gard, la viticulture attend toujours un vrai cap

    Au Pont du Gard, cadre carte postale et symbole patrimonial, la viticulture indépendante a voulu montrer son visage combatif. Du 24 au 26 mars, le congrès annuel des Vignerons indépendants a transformé le département en capitale éphémère du vin « fait par ceux qui le produisent », avec une thématique assumée : l’œnotourisme, présenté comme un levier devenu vital quand la consommation recule et que les marchés se tendent. Dans les salles de conférences comme lors des visites de domaines, le message est clair : accueillir, raconter, fidéliser. Faire venir au caveau pour mieux vendre, mais aussi pour recréer du lien avec des consommateurs plus jeunes, plus volatiles, parfois éloignés de la culture du vin. Une stratégie de survie autant qu’une promesse de territoire.

    Car sur le terrain, la mécanique économique se grippe. Les coûts de production pèsent, les stocks s’accumulent, les prix du vrac ne couvrent plus toujours les charges. Dans ce contexte, l’œnotourisme n’est plus seulement un plus : il devient une ligne de survie. « Une opération de séduction en direction des plus jeunes », résume Denis Verdier, président des vins IGP du Gard, qui dit l’effort d’adaptation (bulles, cocktails, cuvées moins alcoolisées) autant que la difficulté à sortir d’un cadre jugé étouffant. « On passe notre temps à faire de l’administratif plutôt que du commercial », lâche-t-il.

    À cette vitrine, l’État a voulu accrocher un signal politique. Annie Genevard, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, a fait le déplacement dans le Gard sur deux jours avec une séquence très calibrée : congrès des vignerons indépendants, passage à l’Institut français de la vigne et du vin au Grau-du-Roi, puis arrêt au Mas des agriculteurs à Nîmes, qu’elle a vanté comme une « structure exemplaire » pour ses circuits courts.

    Mais si la visite a été saluée pour ce qu’elle dit de la place du Gard dans la carte viticole, elle a aussi laissé un goût d’inachevé. « À ce stade, ces mesures ne répondent pas pleinement aux attentes de la filière », tranche Denis Verdier, qui résume l’état d’esprit : l’heure n’est plus aux promesses, mais à des arbitrages rapides, lisibles, efficaces. Les vignerons, eux, ne demandent pas d’être rassurés à la tribune : ils demandent de pouvoir tenir jusqu’aux prochaines vendanges sans s’enfoncer davantage.

    Une crise profonde

    Le point de crispation principal tient en un mot qui fait mal : l’arrachage. « Un crève-cœur », répète Denis Verdier, mais un outil jugé indispensable pour rapprocher l’offre d’une demande qui baisse. Or la perspective d’un dispositif repoussé à fin décembre 2026 est vécue comme un contre-signal : trop tard par rapport au calendrier agricole, trop tard pour peser sur les volumes dès les prochaines vendanges, trop tard pour stopper l’hémorragie économique.

    Même inquiétude sur la distillation de crise : annoncée, mais à des niveaux de prix que les professionnels jugent « inacceptables », car bien en deçà des coûts de production. Dans ces conditions, la mesure absorberait mal les stocks et soulagerait peu les trésoreries déjà fragilisées. Pire : officialiser des prix cassés enverrait, selon eux, un message destructeur au marché. D’où un appel explicite à revoir les modalités des deux dispositifs : avancer l’arrachage, relever les niveaux de prix, et arrêter de laisser la filière naviguer à vue.

    La colère, elle, affleure aussi dans le monde syndical : le Modef Gard, à travers son porte-parole local Xavier Fabre, fustige un dialogue jugé verrouillé, une visite « mise en scène » et un manque de pluralisme dans les échanges. De quoi rappeler que, dans le Gard viticole, l’œnotourisme peut offrir de l’air, mais ne remplacera pas des décisions structurelles. Car derrière les dégustations et les discours, une question demeure, brutale : combien de domaines tiendront encore une saison sans cap clair ?

  • [Maj] Nîmes Métropole bascule à gauche

    [Maj] Nîmes Métropole bascule à gauche

    C’est un basculement politique autant qu’un signal envoyé à l’ensemble du territoire gardois. Un mois après avoir remporté la mairie de Nîmes, Vincent Bouget réalise le doublé en étant élu ce mardi 14 avril président de Nîmes Métropole, avec 74 voix contre 21 à Julien Sanchez (RN), sur 95 suffrages exprimés (dix bulletins blancs ou nuls). Après Jean-Paul Fournier, Yvan Lachaud et Franck Proust, l’Agglo change de cap : pour la première fois depuis sa création en 2002, la présidence bascule à gauche. Et ce résultat a une portée particulière ici : dans un territoire où le vote RN s’est durablement installé depuis les législatives de 2017, cette élection acte un choix politique clair à l’échelle intercommunale. Elle dit aussi, en creux, qu’une majorité peut se construire pour tenir tête à l’extrême droite et refuser sa banalisation.

    Au Colisée, siège de l’agglo, la scène avait quelque chose d’une passation historique. La candidature de Vincent Bouget, portée par Rémi Nicolas (DVG, maire de Marguerittes) « au nom de l’ensemble des maires de l’agglomération », traduisait le travail de contact mené ces dernières semaines avec les 38 autres édiles. Face à Bouget, Julien Sanchez (RN) a tenté d’installer un contre-récit lors de sa prise de parole, dénonçant un supposé « sectarisme » et tentant de rallier au-delà de son camp. Mais le scrutin a confirmé un rapport de force net : après la ville-centre, c’est bien l’intercommunalité qui entre dans une nouvelle phase.

    « Chaque commune

    et habitant comptera »

    Depuis la tribune, Vincent Bouget a plutôt choisi l’axe du rassemblement, en insistant sur la réalité d’un territoire de 39 communes et de près de 260 000 habitants, où la Métropole décide du quotidien (transports, eau, déchets, développement économique) : « Cette confiance que vous m’accordez est à la fois un honneur et une très grande responsabilité. Depuis des siècles, notre territoire est un carrefour. Aujourd’hui, chaque commune de Nîmes Métropole tient à sa manière une partie de cet héritage (…) Je suis convaincu que cette diversité est une force et que nous n’en tirons pas encore suffisamment parti. Chaque commune et chaque habitant comptera dans notre métropole. À nous de faire en sorte que notre pluralité soit une force. »

    Le message n’est pas anodin. Dans une agglo souvent perçue depuis les petites communes comme trop nîmo-centrée, le nouveau président veut manifestement désamorcer les craintes d’écrasement par la ville-centre. Il assume aussi le cumul mairie-présidence, critiqué par ses adversaires, mais présenté par lui comme un outil d’efficacité : « Ce n’est pas une volonté de cumuler les pouvoirs, mais un gage d’efficacité pour dynamiser notre action collective. »

    Une promesse

    de réorientation

    Sur le fond, Vincent Bouget a esquissé plusieurs directions. Le développement économique restera un axe fort, mais avec une exigence de cohérence et de retombées concrètes pour le territoire. Magna Porta, l’aéroport, Oc’Via, le marché gare : autant de dossiers qu’il dit vouloir examiner « avec attention et pragmatisme », sans céder à l’éparpillement ni au pilotage hors-sol. Même logique sur les transports, où il promet de « franchir un cap » en matière de tarification, de dessertes et d’intermodalité, sans opposer la voiture aux transports collectifs. Il a aussi replacé la transition écologique, la question de l’eau, le logement et les filières économiques locales dans le cœur du mandat.

    Derrière ces premières annonces, une idée affleure : remettre l’agglo sur des politiques utiles au quotidien, loin des seuls effets de vitrine. Pour la gauche nîmoise, qui a longtemps dénoncé une intercommunalité verrouillée par la droite, l’enjeu est désormais clair : montrer qu’une autre pratique du pouvoir local est possible, plus concertée, plus lisible, plus attentive aux communes et aux habitants. L’après-midi, l’élection des quinze vice-présidents a prolongé cette volonté d’équilibre entre fidèles, les élus nîmois et les maires d’autres sensibilités politiques mais reconnus pour leurs compétences.

    Reste maintenant le plus dur : transformer l’essai. Car l’événement politique est là, incontestable. Mais à Nîmes Métropole, l’histoire retiendra moins le basculement que la capacité du nouveau président à faire vivre sa promesse : que, cette fois, chaque commune compte vraiment.

    Le profil des 15 vice-présidents

    Rémi Nicolas (PCF) : 1er vice-président, finances et administration. Maire de Marguerittes, proche de Vincent Bouget, et pilier de la majorité.

    Fanny Daguenet (PCF) : mobilités et transports. Conseillère municipale nîmoise, engagée sur les questions sociales et de déplacement.

    Bernard Clément (PCF) : eau et assainissement. Maire de Domessargues, président du Syndicat des eaux de Domessargues et Saint-Theodorit.

    Fidéline Sébileau (SE) : petite enfance et solidarité. Nouvelle maire de Bernis.

    Olivier Fabregoul (DVD) : développement économique. Maire de Caissargues, reconduit dans ses fonctions.

    Pierre Jaumain (PS) : urbanisme et rénovation urbaine. Adjoint à Nîmes, secrétaire PS du Gard.

    Eddy Valadier (LR) : attractivité et grands projets. Maire de Saint-Gilles, poids lourd politique du territoire.

    Sibylle Jannekeyn (EELV) : transition écologique. Adjointe nîmoise, co-secrétaire des Ecologistes du Gard.

    Gilles Gadille (SE) : ruralité et agriculture. Maire de Cabrières, relais des petites communes.

    Nicolas Cadène (DVG) : citoyenneté et participation. Conseiller municipal nîmois, issu de la société civile.

    Gaël Dupret (SE) : travaux et voirie. Maire de Sernhac, en prise avec les enjeux de proximité.

    Gilles Guillaud (PRG) : finances. Adjoint aux finances à Nîmes.

    David-Alexandre Roux (SE) : équipements publics. Maire de Manduel, nouvel élu en responsabilité.

    Michel Verdier (SE) : environnement et cadre de vie. Maire de Saint-Côme-et-Maruéjols, reconduit.

    Gaëtan Prévoteau (DVD) : culture et vie associative. Maire de Langlade, ouverture vers des profils moins politisés.