Tag: Gard

  • Un festival pour briser idées reçues et fake news en région Occitanie

    Un festival pour briser idées reçues et fake news en région Occitanie

    Des tables rondes, des débats, conférences, remises de prix, documentaires, pièces de théâtre et même des matchs de rugby… ! A l’occasion des 120 ans de la loi de séparation des Églises et de l’État, le conseil régional de la laïcité et des valeurs républicaines organise, dans les villes de la région, un festival de la laïcité, du 3 au 9 décembre.

    En présence d’experts, d’associations, de syndicats et de jeunes, les 120 événements* se veulent autant de moments à la fois festifs, vivants et instructifs à rebours de l’image rigide donnée par certains à cette valeur fondamentale de la République française. « Plus que jamais au moment où se développent les fake news via les intégristes et les populistes, la laïcité est une nécessité en démocratie », insiste Carole Delga (PS). La présidente de Région déplore que par « méconnaissance ou incompréhension », la laïcité soit devenue pour certains synonyme de « terreau d’exclusion », alors qu’elle permet au contraire tout l’inverse. « Elle nous permet de vivre ensemble dans la République dans le respect des valeurs et des convictions de chacun. Ce n’est pas un combat contre mais une force bienveillante du commun : la République française », dit-elle par opposition aux 50 ans de la mort de Franco.

    Face à la religion musulmane qui se sent ostracisée, l’élue socialiste l’assure : « La laïcité permet de croire ou de ne pas croire, c’est la liberté de conscience, la capacité à choisir son destin. Il n’y a pas d’excommunication des religions. Il n’y a pas de religion d’État dans notre pays. La loi est toujours supérieure à la foi ».

    Parce que les populations migrent de plus en plus, Henri Peña-Ruiz, évoquant l’assassinat d’une jeune Iranienne (Mahsa Amini) pour « une mèche de cheveu qui dépassait », insiste sur ce bien précieux pour l’avenir. « La laïcité permet le vivre ensemble, l’égalité de droit des convictions spirituelles et l’orientation de la puissance publique vers l’intérêt général ». Et le parrain du conseil régional de la laïcité de conclure à l’attention des jeunes qui doutent : « Dans un pays laïque, il y a de la place pour tout le monde ».

  • Les personnels des urgences de Nîmes se mettent en grève

    Les personnels des urgences de Nîmes se mettent en grève

    Urgences de Nîmes en danger : soutenez les soignants », invite une pétition en ligne sur Change.org qui a rassemblé quelque 2 000 signatures.

    Les personnels mobilisés ne contestent pas, loin s’en faut, l’ouverture prévue d’une unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD), destinée à « mieux accueillir des patients au lieu de les laisser sur des brancards pendant 24, 48 voire 72h », explique Audrey Solignac, secrétaire départementale du syndicat FO santé. « Les patients y seront accueillis dans des lits et non sur des brancards. Des travaux sont en cours pour améliorer dans les meilleurs délais les conditions d’accueil des patients en attente d’hospitalisation ou de retour à domicile », précise de son côté, dans un communiqué, la direction du CHU de Nîmes, qui rappelle que l’établissement « dispose d’un des services d’urgences les plus importants en France avec plus de 120 000 passages par an ». Sur le principe, donc, tout le monde est d’accord. C’est la mise en œuvre qui pose problème.

    Car l’ouverture de cette nouvelle unité de 19 lits se fait à effectifs constants. Le projet prévoit donc de transférer vers l’UHCD un poste d’aide-soignant(e) qui officie actuellement à l’accueil des urgences en journée. « Ils ne veulent pas le remplacer. Pour eux, un infirmier est capable de gérer tout le flux », dénonce Audrey Solignac.

    En grève le 5 décembre

    Le projet prévoit par ailleurs « des effectifs UHCD différents entre le jour et la nuit, alors que les besoins de surveillance et de soins sont identiques 24h/24 ». L’unité bénéficierait ainsi de deux infirmiers et deux aides-soignants le jour, mais seulement d’un infirmier et un aide-soignant la nuit. « La direction nous dit : pourquoi mettre du personnel supplémentaire, puisque vous vous occupez déjà de ces gens en attente sur des brancards ? Sauf qu’à créer une unité, il faut pouvoir mieux les prendre en charge. Si c’est pour les mettre dans des box sans s’en occuper plus que ce qu’on le faisait dans les couloirs, je ne vois pas l’intérêt », dénonce la responsable FO.

    Suite à un CSE qui s’est déroulé le 1er décembre sans apporter d’avancée, le syndicat FO, majoritaire, a déposé un préavis de grève aux urgences pour le 5 décembre. Les personnels mobilisés se rassembleront devant l’entrée du CHU pour réclamer « un aide-soignant pérenne sur le service d’accueil des urgences, les mêmes effectifs de jour comme de nuit à l’UHCD et, pour la période hivernale, un renfort d’aide-soignant sur les urgences en général, qu’on avait et qu’on nous a enlevé », indique Audrey Solignac.

  • 3000 Nîmois écrivent l’avenir de leur ville

    3000 Nîmois écrivent l’avenir de leur ville

    Depuis un an, le collectif Nîmes en Commun laboure le terrain politique nîmois à contre-courant des méthodes traditionnelles. Pas de programme ficelé à l’avance, pas de slogans plaqués. Mais une démarche patiente, construite autour d’une ambition : écouter les habitants pour construire avec eux une alternative de gauche crédible à la droite sortante et à l’extrême droite montante. « On a fait le pari d’inverser la logique classique des campagnes : partir des gens, de ce qui les traverse, pour en tirer des priorités politiques », résume Vincent Bouget, tête de liste du collectif.

    Ce pari a pris la forme d’un questionnaire citoyen d’une vingtaine de questions, diffusé massivement sur le terrain, marché après marché, porte après porte. Plus de 3 000 réponses ont été collectées, dont l’écrasante majorité en version papier. « Ce n’était pas un gadget. Aller chercher le papier, c’était aller chercher la parole », insiste Jean-Yves Chabanel, président de l’association Nîmes en Commun. « Chaque questionnaire, c’était une rencontre, un échange, parfois long. On n’a pas fait du chiffre, on a fait du lien. »

    Dans les réunions publiques qui rythment la vie du collectif, cette parole recueillie prend corps. Horia, habitante de Pissevin, a trouvé dans Nîmes en Commun un espace rare : « Depuis que je suis à Pissevin, rien n’a changé. Mais ici, je sens que je peux faire bouger les choses. J’ai été prof de musique, j’ai fait du droit, j’ai un bac littéraire, mais on ne me donne pas de chance. Avec eux, je suis actrice. » De fait, la force du collectif tient aussi à cette diversité de profils. Militants encartés, syndicalistes, habitants engagés sans étiquette : plus de 300 personnes font vivre la démarche, à tous les niveaux. Christine, enseignante et habitante du centre-ville de longue date, apprécie l’originalité du dispositif : « C’est la première fois qu’on va à ce point à la rencontre des gens. Souvent, on se contente d’attendre que les habitants viennent aux élus. Là, c’est l’inverse. »

    Un processus qui ne s’arrête pas à la collecte. Les réponses sont analysées, question par question, avec un objectif : faire émerger des priorités concrètes. « Sur certaines thématiques, il y a un consensus très fort, sur d’autres, des débats. À nous maintenant de faire des choix politiques clairs, en lien avec ce qui a été exprimé », explique Jean-Yves Chabanel.

    « Faire du commun » face aux divisions

    C’est aussi là que se joue la stratégie de Nîmes en Commun : reconstruire une dynamique à gauche, dans un climat de méfiance démocratique, sans tomber dans les vieilles recettes. Le collectif réunit un large spectre politique, des communistes aux écologistes, en passant par Debout ! de François Ruffin, le PS, Place publique ou encore d’anciens insoumis. La liste, en cours de composition, se veut à l’image du collectif : paritaire, diverse, ancrée dans tous les quartiers, mêlant figures expérimentées et visages nouveaux. « On cherche l’équilibre entre représentation politique et implication citoyenne. Il faut incarner ce qu’on veut faire : une ville plus juste, plus démocratique, plus inclusive », ajoute Vincent Bouget.

    Prochaine étape : la restitution publique des résultats du questionnaire, prévue le 11 décembre. Une soirée ouverte à tous, où sera projeté un film retraçant la démarche participative et présentés les résultats détaillés. Une nouvelle étape avant la finalisation du programme et la présentation publique de la liste, prévue fin janvier ou début février. Pour l’heure, les visages s’additionnent, les récits se croisent, et la dynamique se renforce. « Ce projet, ce n’est pas celui de Vincent Bouget seul, ni d’un parti, mais celui de toute une ville qui veut se réapproprier son avenir », conclut Jean-Yves Chabanel. Et dans une ville où le chacun pour soi et le tous contre tous semblent avoir gagné du terrain, c’est peut-être là que réside la véritable rupture.

  • L’Étoile de Bessèges 2026 placée sous haute sécurité

    L’Étoile de Bessèges 2026 placée sous haute sécurité

    L’Étoile de Bessèges – Tour du Gard a présenté le 3 décembre les contours de sa 56e édition, qui se déroulera du 4 au 8 février 2026. Pourtant rien n’était d’acquis. « En février 2025, je n’étais pas très motivée à l’idée de repartir », confie l’organisatrice Claudine Fangille-Allègre, encore marquée par les incidents de l’édition précédente. Après une voiture à contresens lors de la 3e étape et l’abandon de plusieurs équipes étrangères, la course avait frôlé l’arrêt. « J’étais même prête à tout arrêter, puis j’ai reçu un nombre incalculable de messages de soutien. Ça rebooste. » La mémoire de son père, Roland Fangille, fondateur de l’épreuve en 1971, semble aussi l’accompagner : « Nous avons tenu parce qu’on y croyait », disait-il. En 2026, l’Étoile « tient » encore.

    Pour retrouver la confiance des équipes, l’organisation a revu son fonctionnement en profondeur. La préfecture et la gendarmerie ont travaillé main dans la main pour calquer certains dispositifs du Tour de France. « La bulle de sécurité sera composée de vingt motocyclistes dédiés exclusivement à la sécurité, épaulés par une association habilitée », détaille le capitaine de gendarmerie Mickaël Dubois. Dix motos « flamme jaune » supplémentaires signaleront les obstacles. « Dans l’Hexagone, seul le Tour de France a un dispositif plus important », souligne Romain Le Roux, responsable sécurité. Un livret a été transmis aux maires des 103 communes traversées, et chaque arrivée se fera sur un circuit, plus facile à sécuriser. « Le cyclisme évolue vite, on s’adapte. Ce fonctionnement est la bonne solution », insiste Le Roux.

    Côté sportif, vingt équipes et 126 coureurs sont attendus. Les formations restées jusqu’au bout l’an dernier sont prioritaires : « Sans elles, nous ne serions peut-être pas là », souligne Claudine Fangille-Allègre. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 15 décembre. Le peloton s’élancera sur quatre étapes en ligne – de Bellegarde, Saint-Gilles, Bessèges et Saint-Christol-lez-Alès – avant un contre-la-montre final à Alès. L’Étoile, éprouvée mais déterminée, brille toujours.

  • Mauvaise limonade chez Perrier après de nouvelles contaminations

    Mauvaise limonade chez Perrier après de nouvelles contaminations

    Chez Perrier, dans la tourmente depuis 2024, l’accalmie aura été de courte durée. Deux semaines après la décision de justice qui, suite à un recours en référé de l’UFC que choisir, autorisait le 18 novembre la filiale de Nestlé Waters à continuer à commercialiser son eau en bouteille sous l’appellation « eau minérale naturelle », une nouvelle bombe assomme l’entreprise historique de Vergèze.

    Mercredi 3 décembre, la cellule investigation de Radio France a révélé que de nouvelles contaminations ont récemment perturbé le site gardois. Lequel attend toujours fébrilement la décision du préfet du Gard qui doit décider si Perrier peut encore afficher son label d’eau minérale naturelle.

    Selon l’enquête de nos confrères, l’exploitation des deux derniers puits du site de Vergèze aurait été suspendue par la direction plusieurs jours entre le 23 et le 28 novembre. Près de 4 millions de bouteilles seraient ainsi bloquées. En cause, la découverte de deux nouvelles sources de pollution bactérienne. Interrogée, Nestlé Waters confirme avoir détecté « une anomalie » lors d’une analyse du premier puits arrêté « dans l’attente d’analyses complémentaires ». Concernant le second forage, il s’agirait d’un simple souci technique lié à une « panne de courant ». La multinationale continue à affirmer que « les eaux de Perrier peuvent être bues en toute sécurité ».

    Pourtant, les signaux d’alerte qui créent du doute se multiplient ces derniers mois. En 2024, Nestlé avait dû détruire 3 millions de bouteilles contaminées par des bactéries à base de germes fécaux. En mai 2025, un rapport sénatorial évoquant de nombreuses « défaillances » recensées depuis 2020 avait conduit la préfecture du Gard à contraindre la firme de changer ses microfiltres non réglementaires à 0,2 micron destinés à filtrer les bactéries. En 6 mois, pas moins de 27 incidents de non conformité – dont certains restent en cours d’analyse – en lien avec la présence de pollutions bactériologiques auraient été signalés.

    Quelle décision du préfet ?

    Ce nouveau couac intervient au moment où Didier Jaffre, le directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie, est censé remettre au préfet son rapport. Lequel pourrait être « favorable sous réserves », selon Radio France. Cette révélation peut-elle changer la donne ? Dans tous les cas, ce sera au préfet du Gard, Jérôme Bonet, de trancher d’ici la fin de l’année. Le principe de précaution prévaut-il ? Des solutions techniques peuvent-elles encore être trouvées par l’exploitant pour garantir au consommateur une eau de Perrier de la qualité qui, par le passé, a fait sa renommée ? Ce qui est sûr, c’est que dans le Gard, plus d’un millier d’emplois sont en jeu.

  • [Entretien] Nicolas Cadène : « La neutralité ne s’impose qu’à l’administration et non aux citoyens »

    [Entretien] Nicolas Cadène : « La neutralité ne s’impose qu’à l’administration et non aux citoyens »

    La Marseillaise : Au fil des années, cette loi a été modifiée et le principe de laïcité dévoyé ?

    Nicolas Cadène : Les dernières propositions de sénateurs ou de députés LR sont, en la matière, totalement contraires au principe même de la laïcité. Elles s’opposent à ses fondements puisqu’elles ne ciblent qu’une catégorie de la population, qu’une catégorie de croyants, en demandant en l’espèce l’interdiction de certaines pratiques cultuelles d’une seule religion : l’islam. Cela rompt avec le principe d’égalité que pose la laïcité. Cela rompt aussi avec le principe de liberté en restreignant la liberté de religion sans motif objectif. Enfin, rappelons que la neutralité ne s’impose qu’à l’administration publique et non aux citoyens. Ainsi, lorsque ces parlementaires veulent interdire le port du foulard ou du voile dans la rue, ils s’opposent au principe de laïcité.

    Pour des raisons électoralistes ?

    N.C. : Il semblerait, car ils surfent sur les peurs et les émotions pour attirer un électorat. Cela est favorisé par une information insuffisamment plurielle, qui fausse le débat public. Quand ces peurs sont diffusées très largement, en particulier par des médias mainstream et même du service public, les idées les plus sombres et les logiques de division de la population, ciblant pour l’essentiel les Français de confession musulmane, infusent dans l’opinion. Et ce d’autant plus qu’elles sont justifiées, à tort, par une laïcité dévoyée. Loin de chercher à élever le débat, à dénoncer ces instrumentalisations, ces clichés, beaucoup de responsables politiques préfèrent aller dans le sens de l’opinion facile.

    Avec le risque d’exclure une catégorie de la population et de provoquer un repli communautaire…

    N.C. : Évidemment. Ces propositions sont totalement contre-productives puisqu’elles ne font que stigmatiser davantage cette population, ce qui ne peut qu’aboutir à son repli encore plus net. Si on exclut une partie de la population du cadre commun, celle-ci va évidemment se replier sur une communauté de solidarité. De plus, le fait de poser des interdits sans justification objective réelle rend possible, demain, de poser des interdits à l’encontre de toute opinion qui ne serait pas considérée comme majoritaire, et qui serait considérée comme à bannir par le camp au pouvoir. C’est très dangereux et cela bafoue nos principes fondamentaux. Pourtant, c’est un discours que l’on entend régulièrement et qui n’interroge plus. C’est sans doute le plus inquiétant : ça ne choque plus grand monde.

    Comment se battre contre toutes ces dérives et réaffirmer
    ce principe de laïcité
     ?

    N.C. : Si vraiment on veut se battre pour la laïcité et si ces responsables politiques étaient véritablement fidèles à la laïcité, ils s’assureraient par exemple qu’il y ait des offres publiques laïques partout sur le territoire. Ils s’engageraient pour un soutien massif à l’enseignement public pour éviter le séparatisme scolaire, pour éviter qu’il n’y ait plus de mixité sociale dans les écoles, ce qui conduit évidemment à des replis communautaires. Pourtant, alors qu’ils ne soutiennent pas ces offres, ils s’étonnent ensuite que, dans certains quartiers ségrégués, il y ait des replis communautaires ! C’est trop facile. Ils se disent laïques mais ils dissocient question laïque et question sociale. Pour revenir à la polémique sur le voile et les jeunes filles, s’ils veulent vraiment protéger ces dernières, pourquoi refusent-ils de donner plus de moyens aux services sociaux et à l’aide sociale à l’enfance, qui peut sanctionner tout abus de la part des parents ?

    Pour réaffirmer le principe de laïcité, des contrats d’engagements républicains ont été mis en place à destination des associations. Une bonne chose ?

    N.C. : Cela émane de la loi dite « Séparatisme » de 2021. Le fait que les engagements républicains soient respectés n’est pas un problème. Le problème c’est la définition que l’on donne à ces engagements. Par exemple, le septième engagement n’est pas très clair et parle de « respecter les symboles de la République ». L’interprétation peut être très large. Si dans un festival, quelqu’un joue une chanson qui se moque de La Marseillaise – comme l’ont fait beaucoup de chanteurs – est-ce que l’association organisatrice sera sanctionnée ? Heureusement, à ce stade, les juges qui ont eu à se prononcer sur certaines interprétations trop larges par certains préfets, ont cassé les sanctions. Mais il faut être très vigilant pour ne pas tomber dans une sorte de suspicion généralisée et finalement dans la mise à mal du tissu associatif qui pourtant fait énormément pour l’intérêt général. C’est un partenaire majeur qu’il faut renforcer plutôt que suspecter.

  • Une pluie de stars au Festival de Nîmes

    Une pluie de stars au Festival de Nîmes

    Le Britannique, déjà passé plusieurs fois par Nîmes, y présentera sa tournée « Sting 3.0 », une formule trio resserrée avec le guitariste Dominic Miller et le batteur Chris Maas. Une configuration plus brute, plus directe, qui revisite ses grands classiques – de Roxanne à Fields of Gold – dans une atmosphère plus intime.

    Mais Sting n’est qu’un visage parmi une programmation qui s’annonce exceptionnelle. Le public pourra retrouver Vanessa Paradis et Gaëtan Roussel le 12 juin, Lenny Kravitz le 24 juin, ou encore le rappeur Damso le 1er juillet pour un show très attendu. S’ajoutent à la liste Sabaton (17 juin), les Pixies (7 juillet), Katy Perry (11 juillet), Nick Cave (14 juillet), Christophe Maé (17 juillet), Orelsan
    (22 et 23 juillet), ou encore le Béjar Ballet Lausanne (10 juillet). Entre rock, pop, rap, metal et danse, le Festival de Nîmes 2026 promet l’une de ses éditions les plus ambitieuses.

  • Ces cépages interdits aujourd’hui, en voie de légalisation

    Ces cépages interdits aujourd’hui, en voie de légalisation

    Il y a quelques rares bonnes nouvelles pour la viticulture française. La décision du Parlement européen d’autoriser les cépages Isabelle, Clinton, Noah, Jacquez, Othello et Herbemont, aujourd’hui interdits, en fait partie. Cette proposition portée par le député européen socialiste Éric Sargiacomo était en effet très attendue par les viticulteurs gardois dont la culture de ces cépages dans les Cévennes ne s’est jamais arrêtée et a même été transmise par plusieurs générations de vignerons.

    Ce savoir a d’ailleurs permis de s’appuyer sur un certain nombre de données pour démonter les arguments qui avaient justement poussé à leur interdiction. « Nous avons réalisé des analyses sur une quinzaine de vins réalisés avec des vinifications de cépages interdits. Il y avait des pétillants, des cidres et trois vins rouges et nous avons montré que nous étions au même niveau de méthanol. Nous sommes aux alentours des 200 mg par litre pour les rouges alors que la norme est de 400. Nous sommes donc comme un Bordeaux ou un Bourgogne. Cet argument peut donc être balayé d’un revers de la main », explique Christel Guiraud, président de l’IGP Cévennes et propriétaire du Domaine des Loubatières.

    Celui qui a créé l’observatoire des cépages en 2022 s’est rendu au Parlement européen à Strasbourg accompagné de cinq vignerons du secteur mi-octobre. Ils ont eu l’occasion d’avancer un certain nombre d’arguments que les députés ont entendus. « Je ne pense pas sauver la viticulture avec ces cépages mais l’idée, c’est qu’ils peuvent apporter une identité cévenole, un côté patrimonial et un côté œnotouristique. Avec ces anciens cépages demain autorisés, nous allons pouvoir créer de nouveaux mélanges de Noah, d’Isabelle et de Clinton parce que le reste, on en a un peu moins sur notre secteur. La demande actuelle, ce sont des vins plus légers, plus faciles à boire et ces vins-là répondent à cette demande. Ce sont des vins légers tout en étant sur le fruit. Ces cépages résistent aussi mieux aux coups de chaleur », ajoute le vigneron.

    Chloé Ridel interpelle la ministre de l’Agriculture

    Désormais, chaque pays doit se prononcer pour ou contre cette réintroduction. C’est dans ce cadre que la députée européenne socialiste basée à Nîmes, Chloé Ridel, a écrit à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard (LR) pour « connaître clairement la position du Gouvernement français sur cette question essentielle pour l’avenir de notre viticulture ».

    « Ces variétés se trouvent dans une véritable zone grise réglementaire : d’un côté, depuis 2021, l’obligation de les arracher a été levée, mais de l’autre, leurs producteurs n’ont toujours pas le droit d’appeler « vin » la boisson qu’ils élaborent, alors même qu’ils sont soumis à la même fiscalité. Cette situation paradoxale illustre la nécessité de clarifier et d’harmoniser le cadre juridique, afin de donner de la lisibilité et de la stabilité aux producteurs concernés. De plus, leur réhabilitation apparaît pleinement cohérente avec les défis auxquels la viticulture française est confrontée », précise celle qui est depuis juin en charge de la refondation du projet du Parti socialiste en vue de l’élection présidentielle de 2027.

    Pour l’heure, la ministre de l’Agriculture, confrontée à une crise sans précédent de la viticulture, n’a toujours pas rendu son avis sur ces cépages. « Elle est à l’écoute », rassure tout de même Christel Guiraud qui espère une légalisation de ces cépages pour 2027 : « Il faut que cela soit décidé dans le paquet vin de la PAC 2027. »

  • Vers le retour du train à Villeneuve et Roquemaure

    Vers le retour du train à Villeneuve et Roquemaure

    L’heure du retour du train à voyageurs approche à grands pas dans les communes gardoises du Grand Avignon, Villeneuve-lès-Avignon et Roquemaure. Depuis le lundi 24 novembre, une consultation publique sur le volet environnemental du projet de réouverture de la ligne de la « rive droite du Rhône » Nîmes-Le Teil (Ardèche), passant par les deux communes, a été lancée par l’État.

    À ce propos, une réunion publique s’est tenue ce lundi 1er décembre à Villeneuve afin d’expliquer aux habitants du territoire les enjeux de ce projet, mais aussi les raisons de cette consultation. Car les voies de train existent déjà, mais les locomotives qui relient Nîmes à Pont-Saint-Esprit ne s’y arrêtent pas. La gare est également toujours debout malgré sa fermeture aux voyageurs en 1973. Une ouverture était initialement prévue en 2026, mais l’État a imposé une étude environnementale, ce qui a retardé l’échéance. « Tout ce projet a été figé lorsque nous avons appris que cette étude allait avoir lieu. Nous avions eu de nombreuses réunions depuis des années. Nous aurions sinon entrepris les travaux dès cette année 2025 », confie ainsi Pascale Bories, maire (LR) de la commune gardoise en fin d’assemblée. Comme d’autres gares sur le trajet, une transformation en pôle multimodal est programmée à l’issue de la consultation. « La rive droite du Rhône est la porte d’entrée de l’Occitanie. Cela a donc un attrait particulier avec un territoire industrialisé. Ce projet est un générateur de travail et de tourisme », plaide de son côté Pascal Rousson, président de l’Association des Usagers de la ligne TER SNCF Rive Droite du Rhône.

    Sur place, tout semble presque prêt à accueillir les voyageurs qui souhaiteront se rendre en capitale gardoise ou en Ardèche. Derrière les portes du bâtiment aux stores à demi baissés, une lumière invite à entrer. Et à l’intérieur, aussi surprenant que cela puisse paraître, il y a un accueil physique par une employée, avec la possibilité d’acheter billets et abonnements, malgré l’absence pour l’heure d’arrêts. D’autant plus surprenant quand la CGT des cheminots dénonce la disparition de guichets dans des gares qui, elles, accueillent bien des usagers. L’ouverture de l’ensemble de la ligne est prévue pour 2030.

    Espèces protégées

    Une demande de consultation publique et d’étude environnementale qui a surpris au sein des différentes collectivités. Outre le passage de fret, les voies servent déjà aux voyageurs utilisant la ligne Pont-Saint-Esprit-Nîmes, rouverte en août 2022. Plusieurs points ont en réalité été à nouveau étudiés, car les normes diffèrent selon le nombre de voyageurs qui circulent chaque jour sur les rames. Au niveau environnemental, plusieurs ajustements sont prévus, comme par exemple à Roquemaure, où une espèce protégée de fleur, qui sert de lieu de reproduction aux papillons, se trouve sur la zone de travaux prévue. Les services de l’État recommandent donc de déplacer ces végétaux à l’abri. Des contrôles sur les nuisances sonores ou de risques d’inondations ont aussi été effectués, sans blocage particulier.

    Détail de la consultation du public et des documents sur https://www.registre-numerique.fr/reouverture-rive-droite-du-rhone

  • Occitanie : Sylvain André, « Cette liste se revendiquera de gauche »

    Occitanie : Sylvain André, « Cette liste se revendiquera de gauche »

    La Marseillaise : Pourquoi avez-vous hésité à vous représenter ?

    Sylvain André : J’ai pris du temps parce que je connais bien la fonction et je sais que c’est un mandat très prenant, très exigeant mais passionnant. La passion est intacte et j’ai envie de finir les projets engagés et d’en porter de nouveaux. J’ai surtout envie de continuer ce travail engagé sur le vivre-ensemble. Les attaques que j’ai subies m’ont aussi fait réfléchir parce que c’était très virulent. Mais l’envie est toujours là.

    Quel bilan tirez-vous de ces six ans de mandat ?

    S.A. : Nous avons dédié un vrai budget à l’éducation et nous avons beaucoup soutenu le centre socio-culturel, avec un programme culturel important. Concernant les investissements importants, nous avons réalisé la rénovation du centre du village, la rénovation énergétique des bâtiments publics et la création d’un deuxième réseau chaleur bois pour alimenter plusieurs bâtiments. Nous avons aussi mené un travail pour améliorer les équipements des services techniques et nous avons réalisé un travail de fond sur la tranquillité publique. Nous avons mis en place la vidéoprotection en début de mandat, qui sert uniquement aux gendarmes quand il y a une infraction. Ensuite, nous avons acheté un terrain pour un projet d’habitat inclusif de onze appartements. L’appel d’offres est prévu en 2026. Nous avions commencé à travailler sur ce projet en 2016 et si tout se passe bien, il verra le jour en 2028.

    Quels sujets allez-vous porter durant la campagne ?

    S.A. : Nous avons des projets pour plusieurs mandats, entre ceux pensés par l’équipe sortante et ceux portés par les nouveaux. Mais il y en a deux qui sont certains : le cimetière, où nous venons de trouver un nouveau terrain et l’habitat inclusif. Il y a d’autres projets dans les tuyaux comme la création d’une boulangerie à la place du foyer, la rénovation de la salle polyvalente, l’aménagement du quartier des Fonzeaux qui a besoin d’un gros travail… Il faut avancer sur un maximum de choses, plus que ce qu’on peut déjà faire, et en fonction des financements que l’on pourra trouver nous les réaliserons. Ce sont les financements qui déterminent si certains projets se font avant les autres. Pour cela, nous aurons aussi une équipe renouvelée à 50%. Cette liste se revendiquera de gauche. J’y tiens beaucoup. Toutes les personnes de la liste se revendiquent de gauche avec différentes sensibilités.

    Vous êtes régulièrement la cible de l’extrême droite, y aura-t-il une liste soutenue par le RN face à vous ?

    S.A. : Je ne pense pas. Je n’ai pas entendu de liste se positionner en face mais on n’est jamais à l’abri.