Tag: Gard

  • Les artisans et les commerçants en première ligne

    Les artisans et les commerçants en première ligne

    La quasi-totalité des artisans du bâtiment, soit 92%d’entre eux, sont déjà impactés par la hausse du prix du pétrole depuis le début du conflit en Iran, selon une consultation menée par la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) auprès de 2 600 entreprises. Cette étude, que La Marseillaise a pu consulter, rapporte que certains matériaux sont particulièrement concernés par les hausses de prix, notamment les dérivés du pétrole, le bois, le béton, le cuivre, le PVC et le zinc. Les augmentations de prix peuvent atteindre 2,5% à 20% pour certaines familles de produits, et 65% des artisans déclarent avoir reçu des courriers de hausse des tarifs de matériaux par leurs fournisseurs. Enfin, 50% des entreprises perçoivent déjà un impact sur leur activité, même si elles ne peuvent pas le mesurer précisément.

    Depuis le 25 mars, la Capeb appelle donc le gouvernement à réactiver le comité de crise interministériel dédié au bâtiment, créé lors de l’invasion de l’Ukraine à grande échelle. Concernant les hausses des prix du pétrole, l’organisation réclame par ailleurs un accompagnement de l’État, « pour permettre aux entreprises d’absorber l’augmentation du GNR et continuer à travailler dans de bonnes conditions ».

    Adaptation et résilience

    La problématique de l’énergie n’est malheureusement pas nouvelle pour les artisans et les commerçants, qui connaissent des crises régulièrement depuis une dizaine d’années. « Nous sommes rompus à gérer ce genre de situation, se désole Xavier Perret, président de la chambre des métiers et de l’artisanat du Gard. Les artisans sont beaucoup de petites entreprises qui, dans la grande majorité, vont s’adapter et réussir à amortir cette nouvelle hausse si elle ne s’installe pas trop dans la durée. Les artisans ont des investissements moins importants que dans l’industrie et ils sont donc plus résilients. Cependant, la problématique est très importante pour les secteurs totalement dépendants comme les taxis, qui ne peuvent pas monter leurs prix. »

    Xavier Perret rappelle également que par répercussion, il faut s’attendre à une inflation généralisée, puisque le prix des transports augmente et que la France reste dépendante du pétrole. Dans leur majorité, les artisans doivent donc déjà pratiquer une hausse de leurs tarifs pour amortir celle des prix du carburant : « Il faut bien comprendre que les artisans sont très attentifs aux tarifs qu’ils pratiquent, affirme Xavier Perret. Nous nous considérons comme de petites entreprises de proximité et nous connaissons nos clients. Augmenter est donc très anxiogène, notamment dans les métiers de l’alimentaire. »

  • À peine élu, le nouveau maire RN de Vauvert annule une expo…

    À peine élu, le nouveau maire RN de Vauvert annule une expo…

    À peine élu à la tête de Vauvert, ravie à la gauche (57,5% des voix) qui gouvernait la commune depuis 12 ans, le nouveau maire Rassemblement national a pris sa première mesure culturelle à la hache. Le 4 avril, Nicolas Meizonnet a annoncé l’annulation de l’exposition photographique « Chroniques vauverdoises », qui devait débuter le 21 mai pour un an.

    Dans une publication Facebook, Nicolas Meizonnet n’y va pas par quatre chemins : « J’ai pris la décision d’annuler l’exposition du photographe militant LFI Sylvain Brino prévue au mois de mai prochain à Vauvert. Ce mélenchoniste convaincu, qui partage des publications aux relents antisémites et des propos haineux tombant sous le coup de la loi, qualifiant le RN de “Résolument Nazi“, ira exposer ailleurs. » Le maire d’extrême droite vante ensuite « une économie de 2 136 euros » pour les 11 800 contribuables Vauverdois « dans un contexte financier particulièrement tendu ». Soit une économie dérisoire de 18 centimes par habitant… « Une exposition moins coûteuse pour la ville et plus fédératrice vous sera proposée », conclut-il.

    L’exposition supprimée n’avait pourtant rien de partisan. Elle rassemblait des clichés pris durant une quinzaine d’années autour de la vie locale : abrivados, concert de flamenco, repas de quartier, fête votive… « Avant de qualifier cette exposition de non fédératrice, M. Meizonnet, vous auriez pu avoir la curiosité d’en vérifier le contenu », a répliqué sur sa page Facebook Sylvain Brino, 83 ans, qui déplore une décision arbitraire. Sur le réseau social, il publie la photo d’une scène de marché, assortie de ce commentaire : « Voici un aperçu des clichés d’un redoutable activiste auxquels vous avez échappé grâce à la vigilance de M. Meizonnet », ironise l’artiste.

    Concernant la publication relayée par Sylvain Brino sur Facebook avec la mention « Résolument Nazi » pour qualifier le RN, pointée par Nicolas Meizonnet, le photographe indique, dans Midi Libre, que le maire « n’a montré que le bandeau, pas le contenu. Ce qui m’intéressait, c’était une analyse sur la dette du RN ».

    Levée de boucliers

    Dans un communiqué, la section Camargue Vidourle du PCF dénonce « une première décision autoritaire et arbitraire en matière culturelle. (…) Que le maire puisse juger une œuvre artistique à partir des opinions supposées d’un artiste est inacceptable ». Par ailleurs, « évoquer des économies financières ridicules témoigne du mépris que le nouveau maire a de la culture », estime le PCF.

    « C’est une censure intolérable à la création artistique mais dans la réalité, une atteinte grave à la liberté d’expression et d’opinion contraire à nos principes républicains et laïcs », dénonce de son côté la France insoumise du Gard. « À travers cette annulation, ce sont toutes les activités culturelles, associatives et syndicales à Vauvert qui sont menacées de censure », estime LFI. « L’accusation d’antisémitisme est inacceptable et relève de la justice », ajoute-t-elle par ailleurs.

    Pour dénoncer publiquement cette décision, la directrice des éditions Au Diable Vauvert, Marion Mazauric, personnalité culturelle locale de renom, a lancé sur change.org* une pétition de soutien à « cet ancien professeur aux Beaux-Arts, plasticien passionné d’histoire de l’art et d’architecture » qui voit son exposition interdite au motif « qu’il est un homme de gauche et serait membre de la France insoumise ». « Faire acte de censure sur des motifs politiques n’est pas acceptable », assène le texte, rappelant que « la liberté de penser et de créer ne se négocie pas » et qu’« un maire se doit de représenter tous les citoyens de sa cité ». Avant de conclure : « Nous ne laisserons nulle part, ni à Vauvert ni ailleurs, notre pays basculer dans le totalitarisme, qui commence toujours par tenter de contrôler la culture, par censurer et par interdire. »

  • Les Journées européennes lancent la saison à St-Quentin

    Les Journées européennes lancent la saison à St-Quentin

    Tous les ans au printemps, les Journées Européennes des Métiers d’Art mettent à l’honneur le savoir-faire des métiers d’art. Et c’est à l’occasion de ce week-end que Saint-Quentin-la-Poterie et ses dizaines d’échoppes de métiers artisanaux présentent un programme fourni dans l’objectif de faire découvrir au public la richesse du savoir-faire communal. Placé cette année sous le thème « Cœur à l’ouvrage », le programme propose notamment des portes ouvertes des ateliers-boutiques de 40 artisans, une visite libre du Musée de la poterie méditerranéenne, une exposition « La terre s’emmêle les pinceaux » à la galerie Terra Viva, des ateliers de modelage, des démonstrations de création, de tournage ou encore des initiations au modelage.

    Ce week-end est aussi l’occasion d’exposer le travail d’un artiste accueilli en résidence pendant plusieurs mois sur la commune. Cette année, c’est Rebecca Maeder qui est mise à l’honneur. Céramiste depuis plus de 25 ans, elle a beaucoup étudié la culture locale ces derniers mois, et notamment les œuvres du musée pour donner naissance à une série de sculptures contemporaines qui s’inspirent « de formes, de moules et d’argiles liés à l’histoire locale » et « propose une relecture sensible du patrimoine céramique de Saint-Quentin-la-Poterie, faisant dialoguer tradition potière, terroir et création contemporaine ».

    Pour cette exposition disponible du 11 au 26 avril à la Salle Joseph Monier, Rebecca Maeder est associée à Yulia Batyrova (née au Turkménistan) et Marat Mukhametov (Russie) qui ont quitté leur pays après l’invasion de l’Ukraine et dont le travail de sculpture en porcelaine est très inspiré par la nature.

  • La Bambouseraie d’Anduze fête ses 170 ans

    La Bambouseraie d’Anduze fête ses 170 ans

    Afin de préparer au mieux cet événement, Yann Arthus-Bertrand, cinéaste et grand photographe, a été nommé parrain de l’anniversaire. Un invité de « marque, pour un anniversaire unique », assure Valentine Crouzet, directrice générale de la Bambouseraie. Un enthousiasme amplifié par l’histoire familiale de la directrice, très attachée à la Bambouseraie.

    Créée en 1856 par Eugène Mazel, la Bambouseraie est un jardin botanique composé de plantes venant de 5 continents (Asie, Europe, Afrique, Amérique et Océanie). Racheté en 1902 par Gaston Nègre, l’organisme n’a depuis jamais cessé d’appartenir à la famille de Valentine Crouzet. « Ce jardin, c’est vraiment une histoire de famille. Ce sont mes parents qui détiennent le lieu aujourd’hui encore et ensuite ce sera mon tour », confie l’arrière-petite-fille de Gaston Nègre.

    Un lieu symbolique et un amour pour les plantes et la nature : « Pour nous, faire vivre la nature, c’est aussi donner la possibilité de la connaître. Le vivant, les plantes et la préservation du milieu naturel, ça a toujours été l’ADN du jardin. C’est aussi pour cela que le lieu s’appelle la Bambouseraie », ironise Valentine Crouzet. Pourtant, si le jardin botanique compte plus de 230 types de bambous différents, la directrice le garantit : « La Bambouseraie, ce n’est pas qu’un jardin avec des bambous. Aujourd’hui, on compte plus de 1300 variétés de plantes de tous types. Notre objectif, depuis la création du lieu en 1856, a été le même : préserver la nature et mettre en avant les plantes du monde entier ».

    Une mise en avant de la nature et de sa beauté célébrée cette année avec les 170 ans d’existence du lieu. « Cette célébration est venue assez spontanément. Quand j’ai évoqué l’idée de fêter les 170 ans avec les équipes, tout le monde était d’accord pour organiser un événement spécial ».

    Une célébration sous l’égide de la sensibilisation, comme le souligne la directrice : « Au-delà de fêter notre anniversaire, notre objectif est aussi de faire prendre conscience de la beauté de la nature et de l’importance de la préserver. C’est pour cela que nous avons contacté Yann Arthus-Bertrand, que nous faisons intervenir Marc-André Selosse, Vinciane Despret ou Jeanne Pham Tran pour parler de ces sujets ».

    * Retrouvez le programme des 170 ans de la Bambouseraie : https://bambouseraie.fr/notre-histoire

  • Pierre Alain Coucourde, la jeunesse éternelle

    Pierre Alain Coucourde, la jeunesse éternelle

    Pierre-Alain Coucourde est un véritable phénomène et comme le bon vin il se bonifie avec l’âge.

    Sa passion pour le jeu provençal ne date pas d’hier. « J’avais 18 ans quand j’ai commencé à jouer en suivant les traces de mon grand-père. » Par la suite Albert Bellon, président de la Boule printanière d’Arles, le prend sous sa coupe et en 1980 cet Arlésien bon teint dispute son premier championnat de France à Béziers avec un quart de finale à la clé en compagnie d’Albert Bellon et Roger Laplanche.

    C’est le début d’une longue aventure et d’une histoire d’amour avec le Jeu Provençal.

    « J’ai commencé au poste de pointeur puis je suis passé au milieu avant de finir tireur depuis 8 ans maintenant. »

    Incroyable Coucourde qui prend du galon au fil des ans.

    « Le jeu provençal m’a procuré de grandes joies avec de belles victoires [Martigues, La Valette, finaliste du Provençal 2017, demi-finalistes du Midi Libre], j’ai disputé cinq championnats de France. Au-delà de la compétition c’est un vecteur social où l’on fait de belles rencontres. »

    Jeu Provençal et Kinésithérapie

    C’est aussi un peu un lien avec son métier de kinésithérapeute qu’il exerce depuis 51 ans.

    « Mon boulot a un point commun avec le Jeu Provençal, je le pratique avec la même passion. Pendant de longues années j’ai été au service du club de football d’Arles et Arles-Avignon qui a évolué en Première Division sous la houlette de Michel Estevan excellent pétanqueur. Il y a une similitude dans l’approche, dans les rapports humains D’ailleurs je continue d’exercer le lundi et le vendredi. C’est un gage de rester dans le coup, jeune (rire). »

    Justement lorsqu’on lui pose la question sur sa longévité dans tous les domaines Pierre-Alain répond instantanément. « Être toujours actif, faire du sport c’est la clé de la réussite. »

    Une réussite qu’il a connue lundi avec ses deux partenaires Antoine Ferrer et Joseph Bianco champion de France en 2012.

    « C’est la première année que je signe dans le club de Beauvoisin avec deux copains très expérimentés et talentueux. 180 équipes étaient au départ de la compétition. Il a fallu faire neuf parties pour atteindre la finale, je ne pensais pas y arriver, en plus la veille de mes 78 ans. C’ est un vrai bonheur. À nous trois nous comptabilisons plus de 220 ans. Vous vous rendez compte. »

    Une joie non dissimulée qu’il partage avec ses partenaires. L’avenir leur appartient.

  • Nîmes Métropole : un enjeu majeur

    Nîmes Métropole : un enjeu majeur

    Le 22 mars, Vincent Bouget a fait basculer Nîmes. Le 14 avril, il peut réussir le doublé : prendre aussi la présidence de Nîmes Métropole, ce mastodonte de 39 communes et 105 élus communautaires. Sur le papier, l’affaire ressemble à un boulevard. Dans les coulisses, c’est un vote à la calculette, où chaque maire vient avec ses lignes rouges. Depuis 2002, l’agglo a toujours été présidée par un élu de Nîmes. Et la ville centre reste la clé : 52 sièges sur 105. Problème : sur ces 52, Bouget n’en contrôle pas la totalité. Sa majorité nîmoise pèse 37 voix. Pour être élu, il lui en faut 53 : 16 voix sont donc à aller chercher ailleurs. Pas impossible, mais tout sauf automatique dans une intercommunalité encore très marquée à droite.

    L’heure des compromis

    Premier signal : Eddy Valadier, maire de Saint-Gilles (2e ville de l’agglo, 6 sièges), ne sera pas candidat. « Vincent Bouget sera président, de toute évidence », glisse-t-il au Réveil du Midi, sans promettre pour autant un soutien. Les élus le répètent : mieux vaut peser dans l’exécutif que jouer l’affrontement permanent. Car l’agglo, ce n’est pas un symbole : c’est la machine des compétences lourdes : transports, déchets, développement économique, grands équipements, et des arbitrages qui touchent directement les communes.

    Bouget, lui, promet une gouvernance « respectueuse de tous » et assure qu’il n’y aura « pas de passages en force ». Les maires des petites communes veulent des garanties : sur le PLUi, sur l’urbanisme, sur la crainte d’une montée en puissance vers une communauté urbaine, sur la répartition des investissements. Et ils savent qu’ils peuvent monnayer leur vote : l’exécutif compte des vice-présidences où les communes hors Nîmes pèsent traditionnellement. Reste l’inconnue : une coalition « anti-Bouget » est techniquement possible, mais complexe à stabiliser, et risquée si elle devait compter sur les voix RN.

  • [Entretien] Secours Populaire du Gard : « Ces jeunes peuvent vivre un moment unique »

    [Entretien] Secours Populaire du Gard : « Ces jeunes peuvent vivre un moment unique »

    La Marseillaise : C’est quoi le projet « Famille de Vacances » ?

    Luisa Benbouzid : Le projet Famille de Vacances, c’est un projet de mise en relation de familles ou de particuliers partout en France avec des enfants issus de milieux modestes qui n’ont pas la chance de pouvoir partir en vacances. Ces familles sont issues de tous horizons et parfois ont même déjà des enfants. Par exemple, en 2025, on a eu une famille qui avait déjà 3 enfants qui a accepté de recevoir un enfant du Secours populaire et qui revient encore cette année. En 2025, dans le Gard, nous avons réussi à loger 7 enfants dans 7 familles différentes. Pour 2026, on espère pouvoir en faire autant, voire peut-être même plus. Actuellement, on recherche des familles jusqu’au 8 avril pour finaliser les candidatures et pouvoir entrer en contact avec elles. Cette année, les deux créneaux de dates d’accueil des enfants par les familles sont du 15 au 29 juillet et du 29 juillet au 12 août.

    Qu’est-ce que ça représente ces vacances pour ces enfants ?

    L.B. : L’initiative Famille de Vacances, c’est une réelle échappatoire pour de nombreux jeunes dans le besoin. Une partie de ces enfants n’a jamais vraiment voyagé ou eu l’occasion de partir de chez eux. Pour certains, ils n’ont connu que les barres d’immeubles des grandes villes d’Île-de-France et ne connaissent pas la campagne ou d’autres espaces en France, c’est un dépaysement pour eux. Nous, on le ressent chaque année, à la fin du voyage, on récupère des enfants avec le sourire qui ont pu, grâce à ces familles, avoir un véritable moment de pause dans leur quotidien.

    Ça veut dire quoi devenir une famille d’accueil pour le Secours Populaire ?

    L.B. : Devenir famille d’accueil pour le Secours Populaire, ça veut avant tout dire être ouvert sur les autres. C’est pouvoir partager un moment d’échange unique avec des enfants issus de milieux populaires. Nous, dans le Gard, on reçoit surtout des enfants en provenance d’Île-de-France. Ces jeunes, grâce aux familles accompagnées par le Secours Populaire, peuvent vivre un moment unique et souvent intergénérationnel.

    Propos recueillis par Thomas Bonnel

  • Quand le recours à la justice devient payant

    Quand le recours à la justice devient payant

    Vous souhaitez contester un licenciement, dénoncer du harcèlement, demander un rappel de salaire  ? Ou vous voulez engager une procédure pour un problème lié à un divorce, une pension alimentaire, un droit de garde, une succession ou un litige de la consommation ? Il faudra désormais mettre la main à la poche.

    La loi de finances pour 2026 instaure en effet le paiement d’un forfait de 50 euros pour toute saisine du conseil de prud’hommes ou du tribunal judiciaire. Entrée en vigueur le 1er mars, cette mesure présentée comme une contribution à l’aide juridictionnelle a été contestée devant le Conseil constitutionnel, qui l’a toutefois validée en s’appuyant notamment sur l’exemption dont font l’objet les bénéficiaires de l’aide juridictionnelle. Lesquels ne représentent toutefois qu’une part réduite de la population…

    « Cela contribue à une défiance des citoyens »

    Ce n’est pas la première fois qu’une telle contribution est mise en place. « Le droit d’entrée pour l’accès à la justice est un serpent de mer », soupire Maxime Delchambre, co-président du SAF (Syndicat des avocats de France) de Montpellier. Un timbre de 35 euros avait en effet déjà été instauré de 2011 à 2013, supprimé en 2014 à l’initiative de la garde des Sceaux de l’époque Christiane Taubira. Une baisse de 13 % du nombre de saisines dans les contentieux de faibles montants avait alors été constatée.

    « Cette mesure rompt l’égalité des justiciables devant la justice : si on a beaucoup d’argent ce sera indolore, mais si on en a peu, 50 euros c’est une somme », dénonce Maxime Delchambre. « Freiner l’accès à la justice n’est pas le bon moyen de désengorger les tribunaux. On décourage les citoyens de se tourner vers elle. C’est dangereux, encore plus aujourd’hui dans un climat où les gens se sentent délaissés », poursuit l’avocat montpelliérain. « Il faut au contraire allouer des moyens supplémentaires à une justice qui en a grand besoin depuis des années ».

    Un point de vue partagé par Bertrand Lacabanne, vice-président CGT du Conseil des prud’hommes de Sète : « le service public de la justice est de plus en plus détérioré. Et au lieu de donner des moyens aux conseils des prud’hommes, le gouvernement essaie de limiter au maximum le nombre d’affaires en décourageant les gens d’engager une procédure », dénonce-t-il. « Cette contribution est inadmissible, car elle pèse sur les épaules de travailleurs déjà fragilisés par leur situation au travail, avec des situations financières parfois catastrophiques. Certains viennent chercher des salaires qui ne leur sont pas versés et on leur demande de payer pour accéder à leur droit ! », s’indigne-t-il. Un coup de canif supplémentaire dans la justice du travail, dont l’accès est rendu de plus en plus difficile. Depuis 2016, il faut en effet déposer une requête motivée, accompagnée de son bordereau et des pièces remises au greffe. « Avant, un salarié pouvait saisir lui-même le conseil de prud’hommes par voie orale ou sur papier libre. Ce nouveau mode de saisine peut dissuader, car cela devient très difficile de le faire sans avocat  », rapporte Bertrand Lacabanne. À cela s’ajoute la baisse du délai de prescription pour contester son licenciement (5 ans en 2008, 2 ans en 2013 puis 1 an depuis 2017) et surtout l’entrée en vigueur du « barème Macron » (2017), qui a conduit à une baisse drastique de l’indemnisation obtenue par les salariés, les grands perdants étant ceux ayant une faible ancienneté. Le résultat est là : en 10 ans (2013-2023), le nombre de saisines des conseils de prud’hommes a été quasiment divisé par deux…

    L’association de consommateurs UFC Que Choisir se joint à ce front de contestation, dénonçant elle aussi « une mesure qui va décourager encore davantage les personnes en proie à des”petits” litiges et inciter un certain nombre de professionnels à ne pas répondre à des demandes légitimes de leurs clients parce qu’ils se disent : ils n’iront pas jusqu’au tribunal parce qu’il faut payer  », estime Claude Gaubert, de l’UFC Que Choisir Montpellier. « Ça contribue à une défiance des citoyens vis-à-vis de la justice, qui leur paraît de plus en plus inaccessible. »

  • La gauche tente de peser à Alès Agglomération

    La gauche tente de peser à Alès Agglomération

    Touché mais pas coulé. Après une victoire étriquée au second tour des élections municipales (55,5%) malgré le retrait de toute la gauche et la présence d’un candidat du Rassemblement national inconnu face à lui, Christophe Rivenq a semblé marquer le coup. Mais en bon animal politique qui arpente le Conseil régional et a présidé des instances des Républicains dans le Gard, l’élu a rapidement repris du poil de la bête et est apparu tout sourire lors de son élection par le conseil municipal le 28 mars.

    Affaibli, Christophe Rivenq a donc impérativement besoin d’obtenir une victoire sereine pour la présidence de l’Agglomération. Car entre le poids de la ville centre et plusieurs maires acquis à sa cause, son élection à la tête de l’intercommunalité est quasiment assurée. Mais si une opposition venait à se monter et à peser dans le scrutin, il sait que son mandat serait alors beaucoup plus difficile.

    C’est pourquoi plusieurs élus de gauche ont entamé des discussions avec lui en rappelant au passage que les deux listes de gauche se sont retirées en sa faveur dans l’entre-deux-tours des municipales. Ils souhaitent ainsi arracher plusieurs vice-présidences avec des délégations pour pouvoir peser dans l’avenir de l’Agglomération.

    Un candidat de gauche

    à la présidence ?

    « À l’Agglomération se gèrent énormément de compétences, donc on ne peut pas lui laisser libre cours sans nous. Nous avons donc des discussions sur l’avenir du fonctionnement de l’Agglo. Nous, les élus de gauche, sommes dans un esprit constructif. Nous voulons pouvoir travailler ensemble à la condition que les sensibilités soient respectées et qu’on arrive à faire des compromis pour avancer tous ensemble », insiste Sylvain André (PCF), qui préfère trouver un compromis avant de créer une opposition frontale de gauche au maire d’Alès.

    Mais si un terrain d’entente n’est pas trouvé avec la vingtaine d’élus de gauche, ceux-ci sont prêts à se présenter face à Rivenq lors de la première séance prévue le jeudi 9 avril. Un candidat a même déjà été désigné si le président sortant d’Alès Agglomération ne consentait pas à partager une partie du pouvoir. « Les discussions sont saines et normales. Mais on ne veut pas des vice-présidents pot de fleurs, on veut des vice-présidents avec des marges de manœuvre pour pouvoir porter des politiques », conclut Sylvain André, qui réclame aussi des garanties pour les communes rurales du territoire.

  • Main basse du RN sur deux intercommunalités gardoises ?

    Main basse du RN sur deux intercommunalités gardoises ?

    C’est un nouveau palier que le Rassemblement national s’apprête à franchir. Si jusqu’ici les maires confrontés à l’élection d’un membre du RN dans une commune voisine faisaient front pour qu’il ne puisse pas présider l’intercommunalité, la digue à ce niveau aussi a cédé. Dans le Gard, deux d’entre elles sont en effet tout proches de basculer à l’extrême droite.

    Il y a d’abord Beaucaire Terre-d’Argence (CCBTA). S’il s’en était fallu d’un cheveu pour que Julien Sanchez (RN) n’enlève la présidence en 2020, le maire de Beaucaire Nelson Chaudon semble avoir, cette année, plus de soutiens. Si la possibilité d’une alternative à Juan Martinez, président sortant et maire de Bellegarde, a été avancée, ce n’est pas la gestion de l’ancien socialiste qui est remise en cause. Juan Martinez est donc candidat pour reprendre les rênes de la communauté de communes et devrait compter sur le soutien des élus d’opposition à Beaucaire, mais aussi sur les maires réélus à Jonquières-Saint-Vincent et Vallabrègues.

    Le Gard rhodanien

    dans la continuité ?

    C’est en réalité à Fourques, avec l’élection d’Alain Fouque, que la balance pourrait s’opérer. Les deux élus de la majorité qui siégeront à la CCBTA multiplient les rencontres avec la majorité sortante, mais aussi avec le RN. « On est assez pessimiste », confie un participant aux discussions. Les élus de la CCBTA se prononceront le 15 ou 16 avril.

    La situation est également mal engagée en Petite Camargue après la défaite de Jean Denat à Vauvert. Le nouveau maire, Nicolas Meizonnet (RN) a immédiatement annoncé sa candidature à l’intercommunalité, qui regroupe Aimargues, Aubord, Beauvoisin et Le Cailar. Aucun élu ne semble en effet vraiment souhaiter s’opposer à l’ancien député alors que la communauté de communes a toujours été dirigée par le maire d’une autre commune (à l’exception d’un bref passage sous Jean Denat, qui a assuré une transition). Selon plusieurs sources, les élus d’Aimargues se seraient aussi entendus avec Nicolas Meizonnet, lui assurant ainsi la présidence. Car avec un conseil qui se réduit de 37 à 30 élus, le nouveau maire de Vauvert et ses onze élus à la communauté de communes n’a que cinq voix à aller chercher. La date de la première séance du conseil n’est pas encore connue.

    Pour la communauté d’agglomération (la 3e du département après Alès et Nîmes) du Gard rhodanien, trois élus sont candidats alors que le président, Jean-Christian Rey (SE), a annoncé qu’il ne se représente pas. La nouvelle maire de Bagnols-sur-Cèze Pascale Bordes (RN) tente aussi de s’imposer à l’agglo mais elle manque aujourd’hui cruellement de relais dans les 43 autres communes qui composent le Gard rhodanien. Son opposant de gauche au conseil municipal, Jérôme Jackel (Debout !), également candidat, est confronté au même problème. Valère Ségal, réélu largement à Pont-Saint-Esprit, est lui candidat à la 1ère vice-présidence en charge de la santé « quel que soit le président ». Mais après les tensions entretenues avec les maires voisins, pas sûr qu’il soit entendu.

    Soucieux de travailler dans la continuité du travail engagé ces dernières années, Christophe Serre, maire SE de Saint-Paulet-de-Caisson et conseiller départemental, fait donc aujourd’hui figure de favori. « Nous sommes une très grande majorité d’élus sortants réélus au sein de l’agglomération et nous ne voulons pas qu’on balaie le travail réalisé. Nous allons proposer un nouveau projet de territoire que nous allons travailler avec tout le monde. J’ai le soutien d’une grande majorité d’élus », affirme-t-il. Le conseil communautaire qui élira le futur président est prévu le 7 avril à Laudun-l’Ardoise.