Tag: Gard

  • Quand les départements misent sur les cyclistes

    Quand les départements misent sur les cyclistes

    Depuis 2022, l’Hérault est labellisé « Terre d’excellence cycliste » par la Fédération française de cyclisme. Et pour cause, en comptant la trentaine de boucles cyclables, les voies vertes et les routes départementales à faible trafic, le département compte environ 4 000 kilomètres d’itinéraires cyclables. « La spécificité de l’Hérault est que le territoire offre à la fois des cols à plus de 1 000 mètres, la mer et le milieu lagunaire, explique Élodie Fonteneau, chargée des mobilités décarbonées et du vélotourisme au sein d’Hérault tourisme. Il y en a pour tous les goûts. Les boucles sont donc classées en termes de difficulté. » De son côté, Marie Doutremepuich, cheffe de service tourisme au Département, explique que de nombreux équipements sont mis en place sur le territoire pour favoriser ce mode de tourisme, tels que des stations de gonflage ou des kits de réparation. « Hérault tourisme travaille aussi au déploiement du label “accueil vélo”, ajoute-t-elle. Celui-ci garantit par exemple que des professionnels de l’hébergement ou des restaurateurs réservent un accueil de qualité aux cyclotouristes. Nous en avons déjà 339 sur le territoire. »

    « L’enjeu d’investir dans tous ces équipements est évidemment de décarboner les mobilités touristiques, continue Marie Doutremepuich. Mais il y a aussi un enjeu économique, puisqu’un touriste à vélo dépense davantage sur le territoire, c’est-à-dire environ 68 euros par jour et par personne, contre 55 euros pour un touriste lambda. »

    Le Gard investit lui aussi sur le développement du cyclotourisme : en février 2026, le Conseil départemental a inauguré un nouveau tronçon de la voie verte qui relie désormais le Pont d’Espeyran (commune de Saint-Gilles) au Port de Gallician (commune de Vauvert). Un équipement qui s’inscrit dans l’ambition européenne de la véloroute ViaRhôna, qui reliera, à terme, le lac Léman à la Méditerranée, en traversant le Gard.

  • [Entretien] Sylvain André : « La ruralité n’est pas une variable d’ajustement »

    [Entretien] Sylvain André : « La ruralité n’est pas une variable d’ajustement »

    La Marseillaise : Les arbitrages européens se discutent. De quoi parle-t-on ?

    Sylvain André : Les négociations du prochain Cadre financier pluriannuel de l’Union européenne sont en cours. Sur 2 000 milliards d’euros, une enveloppe de 865 milliards sera consacrée aux plans de partenariats nationaux et régionaux (PPNR) dont 81 milliards pour la France. Ce qui m’intéresse, c’est la répartition de ces fonds pour la ruralité sur la période 2028-2034.

    Quel est l’enjeu pour la ruralité gardoise ?

    S.A. : Le programme européen Leader est géré localement par les Groupes d’action locale (GAL) où siègent des privés et des élus [et peuvent apporter jusqu’à 4 euros européens pour 1 euro national, Ndlr]. Cela permet le financement de projets ruraux vertueux d’intérêt économique, touristique, solidaire tels que : une épicerie de village, un point multiservices (restaurant, relais Poste…), un festival du vivant (Cévennes), de l’artisanat, des jardins partagés, une halte randonneurs, des études sur des cépages anciens, un atelier de transformation de jus de pomme… Ce sont des projets très concrets pour les habitants. Or, nous sommes inquiets pour le fléchage des crédits, ce n’est pas bien clair pour les fonds Leader qui font partie du Feader.

    Dans le Feder, il y a aussi tout
    ce qui est lié à la forêt…

    S.A. : Tout à fait. Toute la filière forêt est déjà le parent pauvre et il pourrait y avoir des baisses de dotations. On parle du financement pour les pistes DFCI (voies de défense des forêts contre l’incendie), des dessertes, de la protection de la biodiversité (Natura 2000). La filière bois doit aussi être développée dans le Gard, notamment les Cévennes. Je ne veux pas que la ruralité soit la variable d’ajustement de leur politique ou pour financer les guerres.

    Qu’est-ce qui vous fait penser
    que les enveloppes pourraient baisser ?

    S.A. : Avant nous avions 14 programmes européens, désormais tout est regroupé dans un seul PPRL. On sait qu’il sera de 81 milliards pour la France dont 50 d’aides directes (notamment la politique agricole commune) et 5,6 de fonds climat. Les 25 restants du Feder, on ne sait pas où ils iront. Ça nous inquiète pour le programme Leader. En additionnant tous les programmes, on a du mal à retrouver nos petits. Je gère un village de 1 600 habitants, je ne suis pas un expert de la finance européenne. Je dis, attention à ne pas abandonner des programmes pertinents, à ne pas sacrifier la ruralité. Un premier fléchage devrait être donné en juin. Je vais en discuter avec la députée européenne Chloé Ridel (PS). J’ai interpellé les sénateurs Denis Bouad (PS), Laurent Burgoa (LR) et le ministre de la ruralité, Michel Fournier. Un mail de l’AMR30 informera les maires le 24 avril.

  • [Tourisme] Le nombre de réservations impacté par le prix de l’essence

    [Tourisme] Le nombre de réservations impacté par le prix de l’essence

    Alors que la hausse du coût du carburant impacte nombre de professions, en témoignent les diverses mobilisations qui ont essaimé dans l’Hexagone ces derniers jours, qu’en est-il pour les vacanciers ?

    Dans le secteur du tourisme, certains semblent avoir pris les devants, à l’instar du camping Maïana, à La Grande-Motte, où les gérants ont mis en place une ristourne sur le carburant. Pour une semaine de réservation complète cet été, les futurs touristes pouvaient recevoir un bon d’achat d’une valeur comprise entre 30 et 80 euros.

    À l’aune de la saison estivale, d’autres dispositifs émergent pour tenter d’attirer la clientèle. « Nous avons un rôle à jouer pour maintenir le pouvoir d’achat. Chacun fait son truc. Par exemple, j’ai décidé de ne pas augmenter le prix de la restauration et de baisser celui de certaines boissons. D’autres mettent en place des bons d’achat sur le gasoil mais cela reste marginal », développe Philippe Robert, président de la Fédération de l’hôtellerie de plein air d’Occitanie et gérant du camping 4 étoiles La Méditerranée, à Vias. Tous espèrent que la guerre et l’augmentation du prix du carburant seront de courte durée et qu’ils pourront faire le plein au cœur de l’été. « Sur le début de l’année, les réservations étaient bien engagées, à un niveau similaire à 2025, une très bonne saison pour le tourisme. Mais depuis un mois et demi, il y a un ralentissement dû à la guerre. Ce qui se traduit par une baisse des réservations et un changement de comportement : les gens séjournent plus près, des établissements ont eu des annulations justifiées par le fait qu’ils se trouvaient trop loin », observe Philippe Robert. D’autres encore préfèrent partir moins longtemps. Preuve que le porte-monnaie pèse sur le choix des vacances : « On observe un regain d’activité sur le camping avec emplacements nus, l’offre la plus accessible », note Philippe Robert.

    « Un effet ciseau »

    Des tendances qui semblent se restreindre à la France. « Nous travaillons beaucoup avec des Allemands, des Hollandais : eux sont au rendez-vous. Seuls les Français pêchent, c’est étonnant », précise Philippe Robert. Néanmoins, ces réticences impactent les professionnels. « Les réservations sont bonnes pour les mois de mai et juin, mais nous avons des difficultés sur la haute saison, alors que nous sommes déjà complets en temps normal », poursuit le président de la fédération. Au point d’avoir un impact sur l’emploi ? « On reste prudent et on regarde nos dépenses car on a bien compris que tout peut arriver à tout moment. On n’a aucune visibilité contrairement aux autres années. Il y a une part de risque et on est prudent sur les embauches. »

    Le gérant de camping veut croire en sa bonne étoile en tablant notamment sur le fait que des Français, partant initialement à l’étranger, se rabattent sur l’Hexagone. « Il y a aussi un effet ciseau. On voit qu’il est compliqué de partir du fait du problème de pouvoir d’achat mais, d’un autre côté, avec ce climat anxiogène, on a besoin de s’échapper, de partir », soutient Philippe Robert.

    Toutefois, ces changements de comportement sont à l’œuvre depuis la crise sanitaire, amplifiée avec la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine. Les gens partent moins longtemps et plus près pour un tourisme plus vert. Cette nouvelle hausse à la pompe ne serait-elle pas l’accélération d’un changement inéluctable ?

  • Prix des carburants : les infirmiers libéraux alertent

    Prix des carburants : les infirmiers libéraux alertent

    Les infirmiers libéraux sont la dernière profession médicale à se rendre tous les jours à domicile chez leurs patients. Face à la flambée des prix du carburant, la Fédération Nationale des Infirmiers du Gard (FNI 30) a donc annoncé le 15 avril se donner la possibilité de ne plus prendre en charge de nouveaux patients, tout en assurant la continuité des soins, si aucune mesure n’est prise pour compenser la crise. « Les tarifs des infirmiers sont conventionnés, donc contrairement aux autres professions libérales, nous ne pouvons pas jouer sur les prix pour compenser la hausse des coûts liés au carburant, explique Matthieu Reynet, président de la FNI 30. Ainsi, sur des zones avec de gros écarts de kilométrages entre les patients, les cabinets risquent de devoir calculer le coût du déplacement selon le soin, et certains patients pourraient alors se retrouver avec des refus de prise en charge. C’est la raison pour laquelle nous nous mobilisons pour alerter sur cette urgence. » Selon l’infirmier, le surcoût lié à cette augmentation des prix du carburant serait d’environ 15 euros par jour de travail, ce qui représente en moyenne entre 150 et 200 euros par mois.

    Ce que la FNI réclame, ce sont des mesures spécifiques en cas de crise, comme une exonération partielle ou totale des taxes sur le carburant pour surpasser l’augmentation des prix. « Si cette part de charge continue d’augmenter, nous serons obligés de faire des choix, se désole Matthieu Reynet. Nous ne sommes plus au temps de bonnes sœurs. » Le 21 avril, le gouvernement a tout de même annoncé une aide de 20 centimes par litre de carburant pour les « travailleurs modestes » dits « gros rouleurs », soit une aide soumise à des conditions de revenus et de kilométrage.

  • Un Café Rando s’installe à Saint-Jean-du-Gard

    Un Café Rando s’installe à Saint-Jean-du-Gard

    C’est un projet qu’il mûrit depuis 2017. L’artisan Nicolas Friedli rêvait depuis longtemps de créer un lieu dédié à la randonnée, sur le modèle des Cafés Rando flamands. Le 1er mai, il ouvrira donc les portes de son établissement juste au-dessus de l’office de tourisme, à Saint-Jean-du-Gard. Un lieu idéal puisque la commune est située au carrefour de deux itinéraires culturels européens (« Le Chemin de Stevenson » et « Sur les pas des Huguenots »), et d’un itinéraire de Grande Randonnée, le Chemin Urbain V.

    Le Café Rando accueillera un espace de restauration en circuit court, une boutique, mais aussi un espace d’échange et d’accueil touristique, pour s’informer sur les randonnées et activités de pleine nature, ou participer à des ateliers et à des événements culturels. « Nous organiserons notamment des
    départs de randonnée toute
    l’année
    , précise Nicolas Friedli.L’historienne Nelly Duret, spécialiste de la région, emmènera par exemple des petits groupes pour parler du patrimoine local, des résistantes ou des filatures. » Le Café Rando accueillera aussi du public du 22 au 25 mai à l’occasion du FIRA, le Festival de l’Itinérance, de la Randonnée et des Activités de pleine nature.

    Soutenu, entre autres, par la commune et par l’agence de développement Alès Myriapolis, le Café Rando a vocation à devenir un véritable café de Pays. Un aspect qui tient à cœur à son créateur : « Cela signifie que le lieu n’est pas réservé uniquement aux randonneurs, c’est aussi un lieu de vie pour les Saint-Jeannais, avec une cuisine locale, simple et en service continu. Il sera d’ailleurs ouvert toute l’année. » Et ce n’est peut-être que le début de l’aventure : le Café Rando a pour ambition de devenir une Maison de la Randonnée.

    96, Grand Rue à Saint-
    Jean-du-Gard.

  • L’extrême droite met la main sur Beaucaire Terre d’Argence

    L’extrême droite met la main sur Beaucaire Terre d’Argence

    L’extrême droite ne se contente plus de Beaucaire. Jeudi 16 avril, Nelson Chaudon, maire RN de la ville, a conquis la présidence de la Communauté de communes Beaucaire Terre d’Argence en battant le président sortant de gauche Juan Martinez, maire de Bellegarde, par 18 voix contre 16. Un seul tour a suffi pour faire tomber une intercommunalité que le RN convoitait depuis des années.

    Ce scrutin ne relève pas d’un simple jeu d’alternance institutionnelle. Il marque une nouvelle étape dans l’enracinement du RN dans le Gard. Déjà solidement installé à Beaucaire depuis 2014, le parti d’extrême droite ajoute désormais à son pouvoir municipal un levier intercommunal décisif, sur un territoire de plus de 30 000 habitants réunissant Beaucaire, Bellegarde, Jonquières-
    Saint-Vincent, Fourques et Vallabrègues. La progression du RN dans plusieurs communes gardoises à l’issue des municipales donnait déjà à voir cette dynamique.

    La bascule s’est jouée là où tout le monde l’attendait : à Fourques. Avant le vote, les deux camps étaient à égalité, avec 16 voix chacun. Les deux élus fourquésiens, le nouveau maire Alain Fouque et sa première adjointe Nadine Castellani, détenaient donc les clés du scrutin. Leur choix a tranché net : sans eux, Nelson Chaudon ne pouvait pas l’emporter.

    « Tradition » et « usages »

    Pour sa première déclaration, Nelson Chaudon a promis un « traitement équitable entre les communes » et affirmé vouloir « insuffler une nouvelle dynamique ». Mais derrière cette rhétorique lisse, c’est bien une prise de contrôle qui s’opère. Et elle s’est immédiatement traduite dans l’organisation de l’exécutif communautaire. 7 vice-présidences ont été distribuées, contre 4 auparavant. Alain Fouque, dont le ralliement a été décisif, a hérité de la première, avec un score révélateur du malaise : 20 voix pour, 11 blancs et 3 nuls. Juan Martinez a été relégué à la deuxième vice-présidence, tout en saluant le travail des agents de la collectivité et en annonçant qu’il serait « très vigilant ».

    Le reste de la soirée a aussi mis en lumière une vieille mécanique de pouvoir, habillée par le mot « tradition ». Quand des candidatures féminines ont été évoquées pour les premières vice-présidences, Nelson Chaudon s’est retranché derrière les « usages » pour imposer sa ligne. Le nouvel exécutif s’est ainsi construit sous domination beaucairoise et masculine, avant quelques correctifs de façade en fin de séance.

    Derrière les formules d’équité, une question se pose désormais à la CCBTA : l’intercommunalité deviendra-t-elle un outil de coopération ou un instrument de conquête ? Car une présidence RN, ce n’est pas un simple changement de couleur : c’est une autre vision de la solidarité, des services publics et du vivre-ensemble. Et cette fois, la bascule ne se jouera pas à deux voix, mais à chaque décision budgétaire, chaque priorité, chaque renoncement.

  • Censuré par le RN, Jazz à Vauvert accueilli à Vergèze

    Censuré par le RN, Jazz à Vauvert accueilli à Vergèze

    Récidive. Après avoir annulé une exposition de photographies, le maire d’extrême droite de Vauvert, élu le 22 mars, Nicolas Meizonnet, s’en prend à un événement culturel majeur, le festival Jazz à Vauvert porté depuis 12 ans par l’association Jazz à Junas. « Face à cette décision brutale prise par la nouvelle majorité d’extrême droite, une solidarité immédiate s’est mise en place de la part des élus locaux, des bénévoles, des artistes et des techniciens. L’association Jazz à Junas, avec le soutien spécifique de la ville de Vergèze, du Département du Gard et de la Région Occitanie, a décidé de créer, pour cette année, Jazz à Vergèze ». « Le jazz trouve terre d’accueil à Vergèze », a souligné la maire de la commune, Pascale Fortunat-Deschamps (DVG) qui souhaite « bienvenue à Jazz à Junas les 26 et 27 juin ». Vice-président du Département du Gard, délégué à la culture, Patrick Malavieille (PCF) a œuvré pour que ce festival ne disparaisse pas. Il rappelle que l’événement a aussi permis « d’approcher plus de 8 000 scolaires qui ont découvert le monde du jazz grâce aux concerts pédagogiques, en lien avec l’éducation artistique ». Si le maintien du festival est « une bonne nouvelle malgré tout », Patrick Malavieille estime que « l’heure est grave de voir ces manifestations culturelles complètement anéanties par une forme de sectarisme et de populisme ». L’heure de la résistance est plus que jamais d’actualité.

  • Nîmes Métropole : la majorité ferme la porte au RN

    Nîmes Métropole : la majorité ferme la porte au RN

    Ce devait être un conseil communautaire « technique ». Il a surtout été politique. Réunis le 21 avril, une semaine après l’élection de Vincent Bouget à la présidence, les 105 élus de Nîmes Métropole ont poursuivi l’installation de la mandature : 72 délibérations, des délégations attribuées au bureau, et surtout une rafale de désignations dans les satellites de l’agglomération (syndicats, sociétés publiques, commissions). Autant de postes où se jouent, loin des projecteurs, des décisions très concrètes : marchés publics, aménagement, déchets, répartition du foncier.

    En ouverture, Vincent Bouget a affiché la méthode qu’il veut imposer. Dans un territoire marqué par une abstention record, « le cœur des habitants bat encore moins pour leur agglomération », a-t-il lancé, appelant à des rendez-vous sur le terrain : « Pendant ces réunions, je vous propose que nous nous mettions en retrait pour laisser la place à la parole des habitants. Nous entendrons sûrement des choses avec lesquelles nous ne serons pas complètement d’accord. Mais je vous assure que cela nous fera du bien, collectivement. Cela donnera du sens à notre action commune. Et surtout, de la force à cette action. »

    L’extrême droite isolée

    Derrière ce discours, un exécutif se met en ordre de marche : 15 vice-présidents, un bureau où siègent les maires des 39 communes de l’agglo, et des délégations confiées pour fluidifier le fonctionnement. C’est précisément sur ce point que le RN, fort de ses 11 élus, a choisi d’ouvrir les hostilités. « Délégations abusives » et « sectarisme », a dénoncé Sylvie Josserand, contestant le périmètre financier confié au bureau. Bouget a répliqué en défendant la « qualité du débat » entre maires. Et Franck Proust, ancien président, est venu rappeler depuis l’opposition que le conseil garde la main : les décisions du bureau remontent à chaque séance, « l’avantage étant de réserver l’hémicycle aux débats primordiaux ».

    Mais c’est sur les représentations extérieures que la photographie politique s’est figée. À main levée, pour la SAT, la SPL Agate, le Scot Sud Gard, le PETR Garrigues et Costières, le RN n’a obtenu que ses seules voix : onze. Un contraste avec le vote d’installation, à bulletin secret, où la candidature de Julien Sanchez avait récolté 21 voix. Même lors d’un scrutin à bulletin secret réclamé par le RN pour le Sitom Sud Gard, l’extrême droite est restée cantonnée à ses 11 suffrages.

    La passe d’armes a eu sa phrase-clé. « Vous avez constitué une majorité avec des élus qui ne sont pas du même bord que vous. Mais manifestement, votre ouverture s’arrête aux frontières du RN », a accusé Stéphane Guillemin. Réponse sèche du président : « Oui, aux frontières du RN. » Une ligne rouge assumée, au nom d’une majorité ouverte dans sa composition mais décidée à ne pas banaliser l’extrême droite. Le RN a tout de même arraché deux sièges via les rares scrutins à la proportionnelle. Pour le reste, l’agglo a tranché : l’installation se fera sans le RN dans ses instances stratégiques. Et ainsi, le « technique » aura, déjà, dessiné l’axe du mandat.

  • Les ménages pauvres des zones rurales périphériques plus pauvres en Occitanie qu’ailleurs

    Les ménages pauvres des zones rurales périphériques plus pauvres en Occitanie qu’ailleurs

    Créé en 2022 à l’initiative des Udaf (unions départementales des associations familiales) du Gard, de l’Hérault et de la Lozère, de l’Union régionale des associations familiales (Uraf) du Languedoc-Roussillon et de la Mutualité sociale agricole (MSA) Languedoc, l’Observatoire de l’action sociale des territoires (OAST) est « un outil expérimental d’observation et de compréhension des besoins des familles, des phénomènes sociaux des territoires et de l’impact des politiques et actions qui y sont conduites. »

    Après une enquête sociologique consacrée, l’an dernier, à « l’économie de la débrouille » déployée par les familles du Gard, de l’Hérault et de la Lozère dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat généralisé, l’OAST a confié cette année à Benoît Prévost, professeur des universités en sciences économiques et directeur du centre universitaire Du Guesclin de Béziers (Université Paul-Valéry Montpellier 3), le soin de se pencher sur le niveau et les conditions de vie de ces ménages en lien avec les réseaux des Udaf et de la MSA.

    Pour ce faire, 2 137 réponses à autant de questionnaires ont été collectées. « Près de 60 % de l’échantillon qui a répondu vit dans ce que l’Insee appelle les zones rurales sous influence d’un pôle urbain. C’est-à-dire ces villages qu’on trouve autour des métropoles et des villes moyennes, qui ne sont plus de l’urbain mais qui ne sont pas du rural au sens de l’imaginaire collectif », explique Benoît Prévost, qui a procédé fin mars à une restitution des premiers résultats de cette étude avant sa publication début mai sur le site de l’OAST. « Dans ces zones rurales périphériques, on trouve à la fois des agriculteurs, des ouvriers, des employés qui vivent assez pauvrement et des cadres, des professions intermédiaires et supérieures qui ont un capital économique, social et culturel plus élevé leur permettant de profiter davantage de la qualité de vie de ces territoires  », décrit le chercheur.

    « Des gens qui travaillent »

    Intitulée « Ménages pauvres et classes modestes », l’étude conduite par Benoît Prévost « porte sur ces ménages en difficulté qui ont des niveaux de revenus parmi les plus pauvres des plus pauvres. (…) On est sur des départements [Hérault, Gard, Lozère, Ndlr.] et des communes parmi les plus pauvres de France », insiste-t-il. Les résultats de l’étude sont éloquents  : « les ménages de l’échantillon sur lequel j’ai travaillé ont des revenus qui représentent entre 60 et 70 % du niveau de vie du même type de ménages ailleurs en France », illustre le chercheur. « Et je parle de gens qui travaillent », insiste-t-il.

    Ces ménages les plus pauvres n’ont pas les mêmes caractéristiques d’un département à l’autre. « Dans l’Hérault, ça va être essentiellement des femmes employées à temps partiel, cheffes de famille monoparentales, qui ont entre 55 et 65 ans et qui ont un niveau de vie moyen de 827 euros », détaille Benoît Prévost. « Dans ces zones rurales périphériques, elles sont encore plus isolées qu’en ville », souligne-t-il. Dans le Gard, « le ménage pauvre type c’est un couple avec un à deux enfants, entre 40 et 49 ans, surtout des ouvriers et des employés, avec un niveau de vie de 1 032 euros ». En Lozère, enfin, « on va être sur des couples avec un peu plus de deux enfants, qui sont surtout des agriculteurs et qui ont un niveau de vie de 813 euros. »

    Outre la question des revenus, une partie du questionnaire portait sur les éventuelles privations (en matière d’alimentation, de santé, de loisirs, de soins…) en lien avec ces situations de précarité. « Les déclarations sont à prendre avec du recul car il n’est pas rare que les gens pauvres se privent plus qu’ils ne le disent : ce que d’autres pourraient considérer comme une privation est devenu normal pour eux. C’est ce que montre toute une partie de la recherche sur la pauvreté : il y a une intériorisation », relève le chercheur. Aussi, « une bonne partie des personnes que j’ai interrogées se disent heureuses », rapporte-t-il. Pour autant, « il reste une minorité qui ne l’est pas et une partie de l’échantillon qui dit qu’il n’a pas choisi la vie qu’il mène », insiste Benoît Prévost. « C’est là que la pauvreté, au-delà d’une question économique et sociale, est une vraie question politique  : comment peut-on admettre qu’une partie importante de la population ne puisse pas formuler des choix de vie lui permettant de s’émanciper ? »

    Autre point important de cette étude : le sentiment d’être au bout du rouleau touche aussi ce que l’Insee appelle « le halo de pauvreté », c’est-à-dire les personnes juste au-dessus du seuil de pauvreté [1 288 euros, Ndlr.], qui vivent dans la menace permanente d’y tomber. « Ces personnes déclarent parfois des situations plus difficiles que celles qui sont juste sous le seuil de pauvreté. Cela correspond à ce que les sociologues ont identifié comme la peur du déclassement, dont on sait qu’elle nourrit un ressentiment et une évolution du vote, ces territoires étant ceux où le vote RN a beaucoup augmenté. »

  • Nemausus replonge trois jours dans l’Antiquité

    Nemausus replonge trois jours dans l’Antiquité

    Chaque printemps, Nîmes réussit un tour de force : faire cohabiter le quotidien et l’Histoire. Un centurion qui traverse les Halles, un « barbare » qui s’attarde en terrasse, des légionnaires qui surgissent au détour d’une rue… Du 24 au 26 avril, la ville remet les sandales cloutées et invite habitants comme visiteurs à un voyage vivant au cœur de l’Antiquité avec ses Journées romaines.

    Point d’orgue du week-end : trois représentations dans les arènes du grand spectacle « Spartacus, l’esclave qui défia Rome ». Une fresque XXL, avec plus de 500 participants en piste (reconstituteurs, cavaliers, cascadeurs, comédiens), des décors créés pour l’occasion et une mise en scène pensée comme une immersion totale. Le héros thrace, symbole universel de révolte et de dignité, revient hanter les gradins nîmois dans un récit qui puise dans l’histoire : la rébellion menée entre 73 et 71 av.
    J-C, tout en parlant au présent.

    Une feria antique à travers la ville

    Mais les Journées romaines ne se résument pas aux arènes : elles débordent, s’installent, s’invitent partout. Sur l’Esplanade, le village gallo-romain et ses ateliers font découvrir les savoir-faire d’époque, pendant que le marché antique aligne étals, costumes et trouvailles inspirées du monde romain. Sur la place Gabriel-Péri, combats, démonstrations et ateliers autour de la gladiature rythment les journées. Aux Jardins de la Fontaine, lectures théâtrales, spectacles interactifs, jeux de piste et ateliers créatifs transforment l’Histoire en expérience partagée.

    Le samedi soir, le décor change d’échelle : grand défilé nocturne de la Maison Carrée jusqu’aux arènes, à 21h, comme un cortège qui relie les pierres les plus célèbres de la ville. Et pour prolonger l’immersion, des visites aux flambeaux dans les coulisses des arènes sont proposées en amont tandis que des conférences gratuites à l’Université Vauban replacent Spartacus dans son contexte historique. Au total, l’événement joue sur tous les tableaux : transmission, spectacle, convivialité. Une fête grand public, oui, mais aussi une manière de rappeler que le patrimoine n’est jamais plus vivant que lorsqu’il se partage.
    A.J