Tag: France

  • Deschamps révèle une liste pour le Mondial

    Deschamps révèle une liste pour le Mondial

    À 26 pour conquérir l’Amérique. Ce jeudi soir, à l’issue du JT de TF1, Didier Deschamps a révélé sa dernière liste à la tête de l’équipe de France. Le sélectionneur a couché 26 noms pour cette dernière campagne avec les Bleus.

    Peu de grandes surprises avec la présence de Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé, Mike Maignan, William Saliba, les frères Hernandez ou encore Aurélien Tchouameni. Mais alors qui sont les grands absents ? En premier lieu, le milieu de terrain du Real Madrid Eduardo Camavinga paie sa saison en dents de scie, faite de blessures et de méformes. Autres noms n’apparaissant pas sur cette liste, ceux de Lucas Chevalier, le gardien du PSG, Randal Kolo Muani (Tottenham) ou encore le meilleur buteur de Ligue 1 Esteban Lepaul (Rennes).

    La première de Risser

    Crystal Palace a eu les faveurs du sélectionneur français avec deux joueurs convoqués. Maxence Lacroix et Jean-Philippe Mateta sont récompensés de leur saison et de leurs apparitions intéressantes lors de leurs premières sélections avec les Bleus. Le gardien lensois Robin Risser est pour la première fois appelé par Didier Deschamps, lui qui était encore avec les Espoirs lors du dernier rassemblement. La France jouera son match d’ouverture le 16 juin, face au Sénégal.

    La liste des 26

    Gardiens : Mike Maignan, Robin Risser, Brice Samba

    Défenseurs : Lucas Digne, Malo Gusto, Lucas Hernandez, Théo Hernandez, Ibrahima Konaté, Jules Koundé, Maxence Lacroix, William Saliba, Dayot Upamecano

    Milieux de terrain : Ngolo Kanté, Manu Koné, Adrien Rabiot, Aurélien Tchouameni, Warren Zaire-Emery

    Attaquants : Maghnès Akliouche, Bradley Barcola, Rayan Cherki, Ousmane Dembélé, Désiré Doué, Jean-Philippe Mateta, Kylian Mbappé, Michael Olise, Marcus Thuram

  • L’extrême droite veut mettre l’audiovisuel public au pas

    L’extrême droite veut mettre l’audiovisuel public au pas

    Six mois de débats, 67 auditions, 234 personnes interrogées : la fastidieuse commission d’enquête parlementaire sur « la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public » a débouché mardi 5 mai sur la publication par l’Assemblée nationale d’un rapport de plus de 550 pages. Son rapporteur, le député de l’Hérault Charles Henry Alloncle (UDR), y formule 69 recommandations pour une refonte profonde de l’audiovisuel français, notamment via des réductions budgétaires draconiennes, supposées aboutir à 1,12 milliard d’euros d’économies par an à l’horizon 2030.

    Parmi ces propositions, le député d’extrême droite propose notamment de supprimer France TV Slash, France 4 et la station radio Mouv’ ; de confier la tutelle de l’audiovisuel public à un nouveau secrétariat général à l’audiovisuel public placé sous l’autorité du Premier ministre ; de confier la nomination des dirigeants de l’audiovisuel public au Président de la République ; de réduire de trois quarts le budget des jeux et divertissements et d’un tiers le budget des sports de France Télévisions ; de fusionner France 2 et France 5 ainsi que France 24 et Franceinfo ou encore, de fusionner totalement les réseaux France 3 Régions et ICI (France Bleu) pour créer une chaîne unifiée de l’information et de la vie locale. Sur ce dernier point, Thierry Will, journaliste à France 3 Occitanie et délégué syndical du Syndicat National des Journalistes (SNJ) pour Montpellier, s’inquiète : « La marque commune existe déjà en Outre-mer et nos retours montrent que le rythme et les conditions de travail sont rudes. Nous sommes habitués aux réformes, mais le problème ici c’est que l’esprit du rapport est purement et simplement de réduire le périmètre de l’audiovisuel public, alors que la présence des journalistes de terrain sur le territoire est essentielle. »

    Une instruction à charge

    De fait, rarement une commission d’enquête n’avait autant suscité la critique, de l’aveu même de son président, le député Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), qui affirme regretter « des méthodes contestables et des dérives regrettables ». Dans une longue introduction au rapport, dans laquelle il formule ses propres recommandations, ce dernier fustige : « L’utilisation massive des réseaux sociaux par le rapporteur a accéléré la propagation de fausses informations et perturbé la sérénité des travaux et des auditions qui se sont transformés souvent en procès à charge. » Dès sa publication le 5 mai, Delphine Ernotte Cunci, présidente de France Télévisions, a également réagi en dénonçant sur X (ex-Twitter) un rapport construit sur « des insinuations, des approximations et des contrevérités » et qui propose « le plus grand plan social de l’histoire culturelle française ». De son côté, Thierry Will n’est pas moins critique : « Il n’y a rien de bon dans le rapport Alloncle. Cette commission d’enquête s’est transformée en véritable foire d’empoigne, qui décrédibilise complètement le travail des députés. Je n’en attendais rien de plus, puisque cette commission fait partie d’une campagne [pour le parti ciottiste Union des Droites Républicaines, ndlr]. Cela renforce peut-être simplement chez nous une combativité qui a toujours été là. »

    Prise illégale d’intérêt

    Avant même que le rapport ne soit rendu public, le journal Le Monde révélait dans un article du 26 avril que la direction des affaires institutionnelles du groupe d’Arnaud Lagardère, contrôlé par Vincent Bolloré, avait envoyé des listes de questions à des députés. Des révélations qui ont conduit à ce que Charles Alloncle soit visé par une plainte, déposée contre X par l’association AC !! Anti-corruption, samedi 2 mai, devant le Parquet national financier pour « prise illégale d’intérêts  » et « trafic d’influence passif ». Dans cette même plainte, Lagardère News est visé pour « trafic d’influence actif ».

  • Une riposte antifasciste imaginée par Jean Zay

    Une riposte antifasciste imaginée par Jean Zay

    L’antifascisme est un facteur déterminant des naissances du Festival de Cannes, en 1939, 1946 et 1947 », écrit Tangui Perron dans son ouvrage Tapis rouge et lutte des classes*, publié en 2024. Dans cet essai, l’historien du cinéma et du mouvement ouvrier revient sur la genèse de cette fête du cinéma qui est une histoire populaire, ouvrière et antifasciste. « Le projet de 1929, au départ porté par les derniers éléments les plus progressistes du gouvernement, s’est construit en réaction à la mainmise du pouvoir fasciste sur le Festival de Venise en 1938, elle-même renforcée par l’intervention du pouvoir nazi sur le palmarès », relate-t-il.

    La Mostra couronne cette année-là Les Dieux du Stade de Leni Riefenstahl – intime d’Hitler qui lui confie la réalisation de films de propagande nazie – et Luciano Serra, pilote de Goffredo Alessandrini, supervisé par Vittorio Mussolini, fils du Duce. Présent sur place, le haut fonctionnaire Philippe Erlanger alerte à son retour en France Jean Zay, alors ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts du Front populaire, lui insufflant l’idée. « C’est un acte de résistance, culturelle cette fois-ci, contre ce régime totalitaire. Et qu’il faut que ce soit la France, le pays des droits de l’homme, qui soit aux avant-postes pour ça », témoigne Hélène Mouchard-Zay dans Affaires sensibles.

    La première édition de l’événement fixée au 1er septembre 1939 sera annulée : l’Allemagne nazie a envahi la Pologne, la Seconde guerre mondiale éclate. Jean Zay est assassiné par la Milice en 1944. Mais le projet survit. À la Libération, Raymond Picaud, maire socialiste de Cannes, médecin des pauvres et résistant, met tout en œuvre pour que le festival se tienne dans sa ville. Cette première édition du 20 septembre 1946 est un succès, à la fois une fête populaire, mondaine et cinématographique. Des milliers d’ouvriers syndiqués à la CGT travaillent jour et nuit, parfois bénévolement, pour construire en quatre mois le Palais des festivals. Le syndicat, entré au conseil d’administration dès la première édition, participe au financement pour pérenniser l’événement jugé trop coûteux par le gouvernement dans la France d’après-guerre. C’est aujourd’hui le plus grand festival du cinéma au monde.

    *Aux éditions de l’Atelier

  • Le grand rendez-vous cannois du cinéma mondial

    Le grand rendez-vous cannois du cinéma mondial

    C’est La Vénus électrique du réalisateur français Pierre Salvadori qui sera projeté dans les salles de cinéma en même temps qu’à Cannes afin d’offrir aux spectateurs comme aux festivaliers et professionnels une occasion de se rassembler autour de cette comédie romanesque burlesque.

    Chaque année, pendant les 12 jours, plus de 35 000 passionnés de cinéma célèbrent la plus grande fête du 7e art. 22 films ont été retenus en compétition, et parmi lesquels se trouvera peut-être la Palme d’or *.

    D’autres films s’ajoutent à la sélection officielle avec notamment des sections parallèles (Quinzaine des cinéastes, Semaine de la critique, Acid). Un savant équilibre pour que le cinéma mondial soit représenté dans toute sa diversité et son excellence. Autre moment très attendu, la Caméra d’or qui récompense le meilleur premier film**. Cannes fait ainsi le pari de la création.

    C’est le réalisateur Sud-Coréen qui succède à Juliette Binoche. Park Chan wook (Decision to leave, Aucun autre choix) présidera la 79e édition. La salle de cinéma est, dit-il, une « captivité volontaire qui rassemble et crée de la solidarité émouvante et universelle ».

    Un retour à l’Histoire

    L’actrice française, Leïla Bekhti sera la présidente du jury d’Un Certain Regard. Une section dédiée aux cinémas émergents et aux écritures singulières et qui récompense des réalisateurs peu ou pas connus. À l’instar du Chilien Diego Céspedes, auréolé en 2025 avec Le Mystérieux Regard du flamant rose.

    Cocorico, parmi les cinq réalisatrices qui concourent pour la Palme d’or, trois représentent le cinéma tricolore. La réalisatrice Jeanne Henry (Je verrai toujours vos visages) retrouve Adèle Exarchopoulos (avec Sara Giraudeau) dans Garance, une apprentie actrice qui doit affronter son addiction à l’alcool. Léa Mysius connue pour ses mélanges de genre (Ava, Les cinq diables) adapte le roman éponyme de Laurent Mauvignier (Prix Goncourt 2025 pour La Maison vide), Histoires de la nuit avec un casting de choix (Bastien Bouillon, Hafsia Herzi, Benoît Magimel et Monica Bellucci). La Française Charline Bourgeois-Tacquet (Les amours d’Anaïs) met en scène un duo de femmes dans La Vie d’une femme avec Léa Drucker, une chirurgienne confrontée à la maladie de sa mère et bouleversée par l’arrivée d’une écrivaine dans sa vie (Mélanie Thierry). Autre duo de femmes avec Gentle Monster de l’Autrichienne Marie Kreutzer (Corsage), avec Léa Seydoux et Catherine Deneuve, signe un drame intime sur deux femmes confrontées à des vérités troublantes. Enfin, l’Allemande Valeska Grisebach, avec L’Aventure rêvée, filme une héroïne vivant dans la région frontalière entre la Bulgarie, la Grèce et la Turquie.

    Soudain, réalisé par le Japonais Ryûsuke Hamaguchi (Drive My Car) met la lumière sur la rencontre entre deux cultures et deux femmes engagées. Avec Virginie Efira, une directrice française de maison de retraite et Tao Okamoto, une metteuse en scène japonaise.

    La présidente du festival, Iris Knobloch le rappelait lors de sa conférence de presse : « Le Festival est né en 1939, dans un autre moment d’incertitude, car dans ces moments-là, rassembler des films et des artistes, ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité. » Un rappel historique quant à la création par le ministre du Front populaire Jean Zay d’un festival libre et antitotalitaire né en opposition à la Mostra de Venise aux relents fascistes.

    Plusieurs films marquent le retour à l’Histoire parmi lesquels Notre salut d’Emmanuel Marre (qui avait signé l’étonnant docu-fiction D’un château l’autre sur la campagne présidentielle de 2017 – opposant Emmanuel Macron à Marine Le Pen). Ce dernier revient sur les années sombres de la France de Vichy avec Swann Arlaud. Tandis que le réalisateur hongrois László Nemes (Le Fils de Saul, 2015) revient sur Vichy et la Gestapo avec l’arrestation de Jean Moulin (incarné par Gilles Lellouche).

    Le film espagnol, La bola Negra de Javier Ambrossi et Javier Calvo revient, lui, sur la guerre civile espagnole avec Penélope Cruz et Glenn Close.

    Le retour de grands cinéastes

    L’iranien Asghar Farhadi aux multiples films (À propos d’Elly, Une Séparation, Un héros…) rassemble un casting français de renom avec Isabelle Huppert, Vincent Cassel, Catherine Deneuve, Virginie Efira, Pierre Niney, India Hair, Adam Bessa pour Histoires parallèles. Un film tourné dans l’Hexagone.

    Le polar (une affaire liée à la mafia russe) Paper Tiger de l’Américain James Gray (Little Odessa) offre un casting impressionnant de stars (Adam Driver, Scarlett Johansson et Miles Teller). Autre casting de taille, celui du cinéaste espagnol Rodrigo Sorogoyen (As Bestas) et son film El ser querido, un drame intime et familial autour du cinéma avec Javier Bardem et Marina Fois.

    Avec Fjord du Roumain multi primé Cristian Mungiu, on retrouve son cinéma minimaliste et politique : une enquête qui touche une famille roumaine immigrée en Norvège soupçonnée de maltraitance, avec l’actrice norvégienne Renate Reinsve et l’acteur roumano-américain, Sebastian Stan (génial en Donald Trump dans The Apprentice).

    Deux ans après La Chambre d’à côté, Pedro Almodóvar revient avec Autofiction, un film sur le deuil. Va-t-il remporter, enfin, la Palme d’or ?

    Une Palme d’or d’honneur sera remise au réalisateur néo-zélandais (le Seigneur des Anneaux) Peter Jackson le 12 mai.

    Un festival qui s’annonce plein de surprises pour notre plus grand plaisir.

    * Décerné en 2025 à « Un simple accident » du réalisateur iranien Jafar Panahi

    ** Décerné en 2025 à « Le gâteau du président » du réalisateur irakien Hasan Hadi (PCA n°643) et présenté à la Quinzaine des cinéastes. Une mention spéciale était attribuée à « Un jour avec mon père » du britannico-nigérian Akinola Davies Jr
    (PCA n°650)

  • L’épidémie qui vient ?

    L’épidémie qui vient ?

    L’expérience de la pandémie de la Covid des années 2020-2021, qui a totalement paralysé le monde et confiné des milliards de personnes, sur tous les continents, sera-t-elle mise à profit pour appréhender au mieux la menace représentée par l’hantavirus ? La question est dans toutes les têtes. Sans tomber dans la psychose, il convient de prendre très au sérieux la possible propagation de ce virus. Tout d’abord parce qu’il se transmet d’humain à humain et que sa période d’incubation, évaluée à six semaines, est longue. D’où des mesures de quarantaine réelle mise en œuvre (42 jours préconisés par l’Organisation mondiale de la santé, l’OMS). Encore faut-il que les personnes « cas contact » se manifestent. 22 sont recensées en France.

    L’hôpital sur la corde raide

    Au-delà, l’autre grande interrogation est la capacité de notre hôpital public à faire face à une flambée épidémique. Cela dépasse le cas précis de l’hantavirus car le risque de nouvelles pandémies, quelle que soit leur nature, doit être anticipé. Il ne suffit pas pour cela de posséder des stocks de masques et de tests mais de s’assurer de la solidité du système de santé public, hôpitaux en tête. Or, nulle leçon n’a été véritablement tirée de la précédente pandémie. L’hôpital est toujours sur la corde raide et soumis à des contraintes budgétaires contraires à l’intérêt général. Il convient de muscler et de développer les structures de santé publique et donc d’inverser la logique libérale. C’est le seul chemin pour être prêts à proposer un accès à la santé pour tous, de prévenir et de faire face à des pandémies dont il serait illusoire de croire qu’elles n’adviendront plus jamais dans nos sociétés mondialisées.

  • Un premier cas d’hantavirus en France

    Un premier cas d’hantavirus en France

    Vers une nouvelle épidémie ? Un premier cas français d’hantavirus a été confirmé ce lundi. Il s’agit d’une femme rapatriée du bateau de croisière MV Hondius qui a présenté des symptômes dans l’avion médicalisé qui la transportait, de même que quatre autres ressortissants français, jusqu’à l’hôpital Bichat à Paris. Son cas « s’est dégradé dans la nuit » de dimanche à lundi, détaille la ministre de la Santé Stéphanie Rist. Les quatre autres croisiéristes ont, pour l’instant, été « testés négatifs ». Ils restent néanmoins considérés comme des cas « à haut risque » par les autorités sanitaires. Hospitalisés « dans des chambres avec des flux d’air qui permettent d’éviter la contamination », « ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu’à nouvel ordre », au minimum 15 jours, a-t-elle indiqué.

    Pour éviter la propagation du virus, le gouvernement français a renforcé son dispositif de sécurité. « Afin de prévenir toute propagation de l’hantavirus de souche Andes, les personnes ayant séjourné à bord du navire MV Hondius entre le 1er avril 2026 et le 10 mai 2026 et arrivées sur le territoire national sont placées en quarantaine dans un établissement de santé pour la durée nécessaire à la réalisation d’une évaluation médicale et épidémiologique. À l’issue de cette évaluation, elles sont maintenues en quarantaine ou placées à l’isolement, pour une durée totale de 42 jours », acte un décret paru au Journal officiel lundi.

    22 cas contacts identifiés appelés à se signaler

    À ce stade, vingt-deux cas contacts ont été identifiés sur le territoire national : huit d’entre eux étaient passagers sur le vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesburg sur lequel voyageait également une croisiériste néerlandaise dont l’époux pourrait être le « patient zéro ». Les deux sont depuis décédés. Les voyageurs français concernés « ont été mis à l’isolement rapidement ». Les 14 autres français ayant voyagé à bord du vol Johannesburg-Amsterdam du même jour – dans lequel la passagère néerlandaise est montée brièvement – sont appelés à se signaler « sans délai aux autorités sanitaires ». « Nous prenons les mesures les plus strictes de la zone européenne (…) c’est tout au début de l’épidémie que ça se joue, il faut briser les chaînes de transmission du virus », martèle la ministre sur France 2.

    Le Premier ministre a convoqué lundi dans l’après-midi une deuxième réunion en deux jours à Matignon sur le sujet, en présence de la ministre de la Santé, celui de l’Intérieur, de la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon et de hauts responsables de l’administration dont le directeur général de la santé Didier Lepelletier. Plus tard dans la soirée ont été reçus des spécialistes de l’épidémiologie dont Olivier Schwartz (Institut Pasteur), Yazdan Yazdanpanah (ANRS MIE – agence des maladies infectieuses émergentes), Xavier Lescure (AP-HP Bichat) et Jean-François Delfraissy (président du Comité national d’éthique), selon Matignon cité par l’AFP. Le gouvernement se veut prudent mais pas alarmiste. Contactée l’ARS Paca ne donne pas de consignes à ce stade et renvoie sur les communications de l’Organisation de la direction générale de la Santé (DGS).

    « Nous ne sommes pas face à un nouveau Covid »

    La souche des Andes de l’hantavirus a un délai d’incubation allant de une à six semaines et ses symptômes sont des détresses respiratoires et cardiaques, ainsi que des fièvres hémorragiques. Elle peut se transmettre par aérosols dans des conditions de particulière de proximité. Son taux de létalité est de 40%. Il n’existe aucun traitement ni vaccin pour une infection à hantavirus. Si les traumatismes liés à la pandémie de coronavirus ont marqué les esprits, pour l’Organisation mondiale de la santé « nous ne sommes pas face à un nouveau Covid », assure-t-elle.

    « Nous prenons les mesures les plus strictes de la zone européenne (…) c’est tout au début de l’épidémie que ça se joue, il faut briser les chaînes de transmission du virus »

  • [Le coin de la BD] Les droits des femmes, ce n’est pas que le 8 mars

    [Le coin de la BD] Les droits des femmes, ce n’est pas que le 8 mars

    Une balade trépidante sur les traces de l’histoire des femmes et une révolution féministe au cœur du Moyen Orient ! Ces deux BD sont à mettre entre toutes les mains pour rappeler que les droits des femmes ne viennent pas de nulle part et sont encore à conquérir tout au long des années et pas seulement le 8 mars.

    Dans La marche des femmes, l’historienne Michelle Perrot joue son propre rôle et va transmettre à une lycéenne à travers une promenade dans Paris les dates et les lieux clés de cette longue histoire, d’Olympe de Gouges à Simone Veil et Louise Michel… Car avant les travaux de Michelle Perrot, l’histoire de France était peuplée d’hommes et grâce à ses travaux, les femmes du passé et du futur existent ! À ses côtés, la grand reporter Annick Cojean, Sophie Couturier qui a milité aux côtés de Gisèle Halimi et la graphiste Emma Ere apportant leur pierre à ce travail essentiel.

    Direction la Syrie avec Les filles du Kurdistan où la réalisatrice Mylène Sauloy a longuement travaillé sur l’épopée du Mouvement des Femmes Libres, une histoire mise en dessin par Clément Baloup. En prenant les armes face à Daesh et aux gouvernements qui persécutent les Kurdes, ces combattantes ont planté les graines d’une société paritaire, écologique et multiconfessionnelle au cœur du patriarcat laïque ou religieux. Et qui ont germé dans le mouvement iranien « Femme, vie, liberté ». Souhaitons leur longue vie dans ce monde de brutes machistes.

    ET AUSSI

    Une voix pour la liberté

    Face au silence assourdissant du rap français, sur ce sujet comme sur tant d‘autres, cet album de l’autrice Bahareh Akrami en partenariat avec Amnesty International met en lumière le rappeur iranien Toomaj Salehi, emprisonné, torturé et condamné à la pendaison pour avoir été la voix de la révolte de son peuple. Avant d’être provisoirement sauvé par la mobilisation internationale. Un album magnifique et d’une actualité brûlante à l’heure où ce malheureux pays est pris en étau entre son régime dictatorial et une agression israélo-américaine.

    Chez Delcourt, 17,50 euros

    Gigi

    Claire Bouilhac et Catel Muller adaptent le chef-d’œuvre de Colette qui a marqué son époque et méritait sans doute un nouveau regard pour les jeunes générations. Gigi, qui fut l’une des dernières nouvelles de l’écrivaine, raconte la vie d’une adolescente qui vit modestement à la fin du XIXe siècle entre sa mère, sa tante, demi-mondaine ou ex, ainsi que sa grand-mère. Mais la jeune fille va prendre son destin en main et imposer ses choix jusqu’à devenir dans l’histoire littéraire une égérie féministe… Une relecture très réussie !

    Chez Dargaud, 26,95 euros

    Diplomatie clandestine

    Ceux qui ont adoré la série « Le bureau des légendes » vont se régaler avec cet album d’Hubert Maury qui offre une plongée inédite au cœur des services secrets français. L’histoire débute au Cambodge à la fin du XXe siècle mais se situe surtout en Afghanistan en 2010 quand Raphaël, officier de renseignement français tout juste débarqué à Kaboul doit licencier une source… Qui va lui faire une proposition difficilement refusable. Entre coups tordus et faux-semblants, cette fiction d’espionnage est aussi haletante que crédible.

    Chez Glénat, 28 euros

    Pour qui sonne le glas

    Jean-David Morvan et Pierre Dawance proposent avec brio leur version du grand roman d’Ernest Hemingway situé en pleine guerre d’Espagne où l’américain Robert Jordan, membre des brigades internationales, est chargé par l’armée républicaine de faire sauter un pont. Dans son groupe de maquisards qui combattent les fascistes, il croise le regard de Maria qui a vécu les pires horreurs dans les geôles franquistes. Le graphisme exceptionnel de l’album magnifie la tragédie intemporelle qui se joue entre guerre, amour et mort !

    Chez Sarbacane, 29 euros

    Un espoir sans papiers

    Sans mièvrerie ni pathos, Ingrid Chabert et Espé racontent la rencontre sur l’île d’Aix, au large de la Charente-Maritime, d’une vieille dame touchée par Alzheimer et d’un jeune migrant algérien rescapé d’un naufrage qu’elle va prendre pour son fils disparu depuis des décennies. Par petites touches, les auteurs vont rendre leur histoire et leur dignité à ces deux personnages abimés par la vie mais qui vont aussi rencontrer la solidarité ! Avec au bout du chemin, peut-être une nouvelle chance, même si le racisme et la bêtise bureaucratique rodent.

    Chez Dupuis, 21,50 euros

    Frankenstein

    David Sala livre sa version flamboyante et d’une virtuosité graphique époustouflante du chef d’œuvre devenu mythique de Mary Shelley. En revenant aux sources de l’histoire et sans hésiter à en combler les trous, il donne à son roman graphique des échos d’une incroyable modernité, le monstre du docteur ressemblant aux « réplicants » de Blade Runner ou aux futures créatures issues de l’intelligence artificielle. Sans oublier les thèmes de l’acceptation de la différence, de la peur de l’inconnu ou de la vindicte populaire en meute… Fascinant !

    Chez Casterman, 28 euros

  • Le Grand J.T. des Territoires du 9 mai

    Le Grand J.T. des Territoires du 9 mai

    Cette semaine dans le Grand J.T. des Territoires de Cyril Viguier sur TV5 Monde

    Vivre sous 50 degrés, ce n’est bientôt plus de la science-fiction ! En Moselle, immersion dans une expérience qui reproduit ces conditions de vie, pour y découvrir les changements sur le corps humain.

    Territoires : plusieurs régions en France ont ouvert à la concurrence l’exploitation des lignes TER. Dans la région Sud, la SNCF propose désormais un train toutes les 15 minutes entre Cannes et Menton. Immersion dans ce journal.

    Ils volent sur l’eau ! Les pratiquants de wingfoil glissent sur l’eau de manière spectaculaire. Découverte de cette discipline avec un wingfoiler professionnel pendant une compétition en Corse.

  • [Entretien] Guillaume Roubaud-Quashie : « Le Front populaire de 1936 était une dynamique antifasciste »

    [Entretien] Guillaume Roubaud-Quashie : « Le Front populaire de 1936 était une dynamique antifasciste »

    La Marseillaise : En quoi fêter le Front populaire est toujours aussi important, 90 ans après ?

    Guillaume Roubaud-Quashie : C’est toujours compliqué de choisir une date pour fêter le Front populaire. Car c’est d’abord une grande ambition, une grande orientation stratégique qui commence dès 1934. Et qui se traduit par une victoire électorale au début de mai 1936. Un grand mouvement social s’enclenche par la suite. C’est un peu compliqué de séparer ces trois dimensions. On voulait absolument le fêter car c’est un moment qui concerne de près l’histoire du Parti communiste et l’histoire des travailleurs et travailleuses de notre pays. Par leur mobilisation massive, alors que l’extrême droite est aux portes du pouvoir, ils ont réussi à obtenir une amélioration concrète de leur sort. Prenons l’exemple des congés payés, ce sont des mesures symboliques et très concrètes en même temps. Aujourd’hui encore, on le voit avec les polémiques autour du 1er-Mai, c’est quelque chose que le patronat a du mal à digérer : payer des gens qui ne travaillent pas, c’est difficile à conquérir, ça ne tombe pas du ciel. Même principe pour le passage des 48 heures de travail à 40 heures par semaine : c’est considérable. Son mot d’ordre était « pain, paix, liberté », on voit là les aspirations profondes derrière cet élan populaire.

    C’est aussi un renforcement des droits syndicaux, avec des mesures qui ont été attaquées au fil du temps ?

    G.R.-Q. : L’idée du Front populaire, qu’est-ce que c’est ? Regardons les accords de Matignon pour l’augmentation des salaires qui se font au terme de grands mouvements de grève. Ce sont des accords pour tous les travailleurs, mais des accords minimaux. C’est-à-dire que les salaires augmentent pour tout le monde, au minimum, de 7 à 13%. Mais dans la vie concrète, là où le rapport de force était fort, dans les entreprises, il y a eu des accords à condition qu’ils soient meilleurs que ce qui était acquis pour tout le monde. C’est la logique des conventions collectives. Le droit du travail est conforté, pour l’ensemble des travailleurs, mais quand il y avait un rapport de force dans certaines branches, on pouvait aller au-delà, faire mieux. Il y a une volonté de casser cette architecture que les luttes et le Front populaire ont construite.

    Le mouvement social est indissociable de la victoire électorale ? Les deux se sont nourris mutuellement ?

    G.R.-Q. : On ne peut pas séparer une dimension de l’autre, sans quoi, l’édifice s’effondre. Parlons clairement : sur les congés payés, il est évident que ça n’aurait pas été obtenu sans la victoire électorale. Mais en même temps, ce n’était pas dans le programme du Front populaire. C’est parce qu’il y a eu des mobilisations sociales que ça a été obtenu. Et on pourrait ajouter la dimension culturelle. Car cela s’appuie sur une grande rencontre entre le monde du travail et celui de la création. C’était une dynamique profonde et antifasciste.

    Vous parlez d’antifascisme : en quoi était-ce une réponse du monde du travail à la montée de l’extrême droite ? Et en quoi peut-on s’en inspirer aujourd’hui ?

    G.R.-Q. : Il faut avoir en tête la situation spécifique des années 30. Il y a d’abord une situation sociale et économique difficile pour les travailleurs, avec la dépression. Sur ce fond, il y a une espèce de tache brune qui grandit en Europe et qui menace explicitement la France en 1934. Cela fait des dégâts considérables dans des pays voisins : en Italie, en Allemagne. Face à cela, il y a une prise de conscience dans le mouvement ouvrier qu’il faut faire barrage. Faire barrage, c’est l’unité. Mais c’est aussi se mettre à l’écoute, la plus attentive possible, des aspirations majoritaires du monde du travail. Forcément, quand on regarde la France d’aujourd’hui et la France des années 30, il y a de grandes différences : la ruralité, la place des villages, le téléphone, internet, un monde du travail qui n’a rien à voir. Mais il y a aussi de quoi faire écho. On ne commémore pas le Front populaire par envie de faire un cours d’histoire, mais car on garde une conscience de ce moment-là. C’est la démonstration, dans un univers où il y a l’impression que le fascisme est dans une irrésistible ascension, qu’on peut le mettre en échec. Alors qu’au début du Front populaire, la classe ouvrière est peu syndiquée, peu présente dans les partis politiques. Ça dit des choses pour notre temps : quand les travailleurs s’organisent sur la base de leurs revendications, ils sont en capacité de gagner d’importantes avancées.

  • Le Jeu provençal a-t-il perdu son identité ?

    Le Jeu provençal a-t-il perdu son identité ?

    Aujourd’hui, nous sommes loin des envolées des Lilou Maurin, Baldi. Locatelli, Benoît Gonin, Lovino, Griseri, Massoni avec parfois cette manière de valoriser le tir en claquant le troisième pas. C’est une époque révolue. Certes on retrouve quelques tireurs au style d’antan à l’image de Benmostefa mais ils se comptent sur les doigts d’une main. Essentiellement disputé dans le Sud pendant de longues décennies, le Jeu provençal s’est démocratisé il y a plus de 20 ans. Les titres nationaux en triplette ont toujours été l’apanage du Sud (Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse, Gard, Alpes, jusqu’en 2000 où trois gars du Rhône Besacier, Cazemajou, Chapeland triomphent). C’est le début de la démocratisation et de la transformation du Jeu provençal, jusqu’à « la déformation ». Entre-temps, une triplette de Gironde en 2016 avait suivi celle du Rhône (Bardolle, Sanchez, Grilleau) et celle des Pyrénées-Orientales avait carrément la main mise sur la France (Pedragosa, Pedragosa, Cazorla 2019/2021/2022).

    Pour Yves Rinck, président de Nyons de longue et champion de France doublette 1998 (avec Michel Lienard), « il va falloir que les deux fédérations se réunissent ». « Le Jeu Provençal de nos ancêtres a pris un coup dans l’aile », poursuit-il.

    « Samedi, j’ai passé la journée au boulodrome de Nyons où se déroulait le Championnat régional des clubs (CRC 1) au Jeu provençal je me suis régalé ! », nous raconte Yves Rinck avant d’analyser : « Force est de constater que dans la région Rhône-Alpes le Jeu provençal est devenu le Jeu lyonnais. Les nouveaux règlements de la FFPJP m’amènent à cette constatation. »

    « Le temps (1 mn 15) pour jouer la boule, la durée 2 h + 2 mènes, le cadre (lignes de pertes) , le tir (4 pas), on ne prend pas de temps à faire une donnée. La majorité des pointeurs sont sur le mauvais pied. Bref pour moi le Jeu provençal a perdu son identité », explicite-t-il.

    Mais le nouveau Jeu provençal, « lyonnais comme je me permets de l’appeler, est très attrayant et d’un très bon niveau ».

    À son avis il va falloir que les deux fédérations (boules et pétanque) s’entendent sur les dates des compétitions et que les joueurs de Lyonnaise puissent participer à toutes les rencontres fédérales de Jeu provençal. Selon lui, le jeu en sortira gagnant. « On a tout intérêt que tous ces talentueux joueurs du sport boules relèvent le niveau du Jeu provençal », conclut-il.

    « Le Jeu provençal évolue comme la société »

    Vincent Meger, responsable de la commission Jeu provençal dans le Gard, tient à souligner les efforts faits par la Fédération pour promouvoir le Jeu provençal. Pour ce passionné, « il faut trouver un compromis entre modernité et respect de la tradition ». « Il y a eu cette sélection de l’équipe de France, dans un premier temps, elle s’attache à être une locomotive, surtout auprès des jeunes. La Fédération donne de la visibilité en publiant beaucoup de vidéos », se félicite le passionné.

    Ce puriste à la belle plume cite volontiers Victor Hugo : « Soyez comme l’arbre. Changez vos feuilles mais jamais vos racines. »

    Quant à Pierre Dantin, vice-doyen sport de haut niveau de la Faculté des sciences du sport de Marseille, son regard est assez proche de ceux de Vincent Meger et Yves Rinck.

    « Le Jeu provençal évolue comme la société c’est implacable », campe ce féru de la longue distance. « Contrairement aux idées reçues je trouve un rajeunissement dans les pratiquants et surtout des jeunes très performants. Ils viennent avec leur culture, leur identité et dans une notion de véritable performance sportive », relativise-t-il. Même si « je suis nostalgique d’une certaine époque ». Malgré tout, il reconnaît : « Dans une société où tout va à 200 à l’heure, il est inconcevable aujourd’hui qu’une partie puisse durer 6h. Mettreun temps imparti de 2h est une bonne chose. » Pierre Dantin complète : « J’ai disputé sept championnats de France et les joueurs de grosses boules ont toujours été performants. Qu’ils arrivent en force aujourd’hui n’est pas une surprise mais une suite logique de leur incorporation. »

    Patrick Fara, président du Comité 13, est catégorique : « Non, le Jeu provençal n’a pas perdu son identité, il évolue avec son temps. » Il s’explique : « Les jeunes aujourd’hui apprennent avec les nouvelles règles, aux anciens de s’adapter. » Il semble évident pour le président que « la pratique est diversifiée avec des championnats des clubs pour lesquels il était obligatoire de mettre une limite de temps (2h+ 2 mènes) ».

    « Les règles sont appelées à évoluer comme dans tous les sports. Le plus préoccupant est la difficulté d’attirer les très jeunes vers cette discipline. Une dizaine sont recensés dans les Bouches-du-Rhône. C’est trop peu et inquiétant pour l’avenir », s’alarme Patrick Fara.