Tag: France

  • [Entretien] « L’attaque contre le tarif agent dans l’énergie est un contre-feu politique »

    [Entretien] « L’attaque contre le tarif agent dans l’énergie est un contre-feu politique »

    La Marseillaise : Pourquoi les agents du secteur de l’énergie
    se mobilisent-ils ce mardi ?

    Fabrice Coudour : Avant toute chose, il faut mesurer que les attaques en direction des agents, et retraités, de l’énergie sont successives depuis plusieurs années. C’est bien un ensemble d’attaques qui fait qu’aujourd’hui, la coupe est pleine. Cette année, cela se concentre sur le tarif particulier, que l’on appelle plus communément le « tarif agent ». Mais ce n’est que le dernier épisode d’une longue liste : fin de notre régime spécial lors de la réforme des retraites de 2023, puis des attaques sur notre caisse de retraite à la fin de l’année dernière, mais aussi contre la gestion de nos œuvres et actions sociales… Pendant plus d’une année, nous avons aussi eu d’âpres négociations autour de notre grille salariale, qui commence en dessous du Smic ! Et la dernière en date, l’attaque de cet été, contre notre tarif agent.

    Concrètement, qu’entend faire le gouvernement concernant le tarif agent ?

    F.C. : L’attaque prend deux formes : la première vient avec un rapport de la Cour des comptes en direction des ressources humaines d’EDF, avec treize recommandations en son sein, dont une sur le tarif agent et qui pointe une soi-disant fiscalisation incorrecte. La seconde est une injonction de la procureure de la Cour des comptes en direction du directeur de la Sécurité sociale, toujours sur le tarif agent. C’est une procédure juridique, un processus légal, qui concerne l’ensemble du secteur et qui implique une réponse du directeur de la Sécu’. On voit bien là qu’on est sur deux attaques coordonnées, qui s’appuient l’une sur l’autre. Ce tarif est bien plus qu’un totem du statut des travailleurs des industries électriques et gazières.

    En quoi cette attaque ne passe pas pour les travailleurs du secteur ?

    F.C. : C’est une attaque politique : c’est contre notre contrat social, contre notre statut. Ce tarif particulier fait partie intégrante de notre contrat de travail, il est déjà fiscalisé. C’est aussi un élément de rémunération alors que nos salaires sont en dessous de ceux de nos homologues du privé. Il faut mettre ça au regard des contraintes de notre travail : les astreintes, les 3×8, les heures supplémentaires… Les électriciens et gaziers sont sur le terrain, pour remettre en état le réseau lorsqu’il y a des tempêtes, la canicule, des inondations. Sur les incendies, ce sont les agents de l’énergie qui arrivent les premiers après les pompiers. Tous les jours de l’année, ce sont eux qui assurent le service public de l’énergie, 24 heures sur 24. Ce tarif agent est donc une juste reconnaissance au regard de cela. Surtout, cet « avantage » ne représente rien sur les factures des usagers, moins d’1%. Supprimer le tarif agent ne fera pas baisser les factures d’énergie des Français. Par contre, le gouvernement et ses chiens de garde ne parlent jamais de l’irrégularité des règles fiscales sur les factures. Je rappelle que toutes les factures, depuis un an, sont taxées à 20% de TVA, alors même que les biens de première nécessité doivent être taxés à 5,5%, selon le Code des impôts. On pourrait aussi rappeler qu’en 25 ans, on a atteint 100 milliards de dividendes versés aux actionnaires dans les entreprises du secteur… Cette attaque est en réalité un contre-feu politique.

    Vous utilisez le terme de « contre-feu politique ». Pourquoi ?

    F.C. : Car cela participe à une division des travailleurs entre eux, à agiter l’opinion publique et détourne des vrais sujets. Aujourd’hui, tout le monde s’accorde sur le fait que la transition énergétique et écologique sont des enjeux majeurs. Il y a donc une nécessité de filières, d’emplois et donc de recrutements pour faire face à ces enjeux. Mais avec quelle attractivité va-t-on attirer de nouveaux travailleurs s’ils rabotent tous nos conquis sociaux, qui sont des éléments d’attractivité ? Je le répète, nous avons une grille de salaires qui débute en dessous du Smic. C’est un contre-feu car ils tapent toujours en bas de l’échelle, tout en fermant les yeux sur les aides publiques aux grandes entreprises, de 211 milliards. Alors que les travailleurs de l’énergie, et la FNME-CGT en tête, ont toujours défendu la baisse des factures pour les usagers. En réalité, nous faisons partie des corporations à abattre, comme les cheminots l’ont été précédemment.

  • Le protoxyde d’azote, une histoire ancienne

    Le protoxyde d’azote, une histoire ancienne

    L’association Protoside rassemble depuis 2024 des médecins et professionnels de santé pour faire connaître les dangers du protoxyde d’azote. Leur site offre des ressources précieuses pour les familles et les jeunes concernés par ce fléau. Des définitions simples permettent de comprendre la nature de cette nouvelle substance et sa longue histoire.

    Le protoxyde d’azote c’est quoi ? Aussi appelé gaz hilarant, le protoxyde d’azote est un gaz incolore à la fois utilisé pour ses applications médicales et industrielles, mais aussi sujet à un usage détourné. Il a été découvert en 1772 par le chimiste Joseph Priestley. mais c’est le physicien et chimiste britannique Humphry Davy qui découvre, 20 ans plus tard, les effets euphorisants de ce gaz. Le protoxyde d’azote est initialement utilisé dans le domaine festif et notamment dans les fêtes foraines, cependant cela a été ensuite arrêté, lié à des complications médicales importantes.

    Utilisation en médecine. Le protoxyde d’azote est ensuite utilisé comme anesthésique en combinaison avec d’autres gaz pour des procédures chirurgicales courtes. Sa capacité à induire une sédation légère tout en permettant aux patients de rester conscients en fait un choix populaire pour des procédures moins invasives.

    Applications industrielles. En dehors du domaine médical, le protoxyde d’azote est utilisé comme propulseur dans les aérosols (cartouche pour crème chantilly) et comme oxydant dans les moteurs à fusée. Il est également utilisé dans la fabrication de semi-conducteurs.

    Usage récréatif et détourné. Depuis quelques années, le protoxyde d’azote a été détourné pour son effet euphorisant lorsqu’il est inhalé. L’usage détourné du protoxyde d’azote a initialement débuté par l’utilisation des cartouches de crème chantilly avec des ballons. Les contenants à usage récréatif du protoxyde d’azote ont été ensuite de plus en plus volumineux avec l’utilisation de bonbonnes qui contiennent environ 80 à 100 capsules de protoxyde d’azote. Les contenants de protoxyde d’azote les plus volumineux actuellement appelés « Tank » contiennent un équivalent de 400 à 600 capsules de protoxyde d’azote. On trouve également des contenants variés de protoxyde d’azote aromatisés afin d’inciter à la consommation.

  • Fabien Roussel appelle à descendre dans la rue « sans attendre les urnes »

    Fabien Roussel appelle à descendre dans la rue « sans attendre les urnes »

    Devant 40 000 spectateurs selon les organisateurs, Fabien Roussel lance, depuis la grande scène de la Fête de l’Humanité, samedi, un appel à ne pas attendre l’élection présidentielle pour obtenir des avancées en matière de justice sociale à l’heure où le prix des carburants flambe et où le débat sur le budget de la nation s’ouvre. « Je dis une chose : il faut que la tonte change de camp ! Prenons le pouvoir ! Unissons-nous dans la rue dès maintenant ! J’appelle les Français à redresser la tête et à s’unir, à marcher comme un seul peuple contre ces oligarques qui nous privent de notre dignité, de nos richesses, de notre pouvoir de vivre de notre travail ! »

    Le secrétaire national du PCF refuse de « céder au déclinisme ambiant ». « Portons cette ambition de redevenir une grande nation, de redevenir une grande nation agricole, une grande nation industrielle, une grande nation en matière de santé et d’éducation ! », lance-t-il.

    Tolérance zéro sur le racisme et l’antisémitisme

    « Depuis que la France ne peut plus se financer elle-même, car elle a décidé en 1979 d’emprunter auprès des banques, la France a dû payer 1 350 milliards d’euros d’intérêts auprès banques ! La dette, c’est une énorme machine pour faire taire les peuples et pour enrichir les actionnaires », dénonce le candidat communiste.

    Fabien Roussel propose ensuite, afin de faire cesser la déconnexion des élus, une « parité sociale ». « 50% des candidats devront être ouvriers ou employés », avance-t-il.

    Déterminé à mettre à distance les sujets identitaires portés par l’extrême droite dans le débat public, il lance : « Dans l’espace public, ce n’est pas le voile qui pose problème, c’est le racisme et l’antisémitisme qui grandissent ». Il promet de ne laisser aucun acte ou parole raciste, antisémite ou homophobe passer dans une France où ils sont en augmentation.

    Partisan de la paix et de la résolution des conflits par la diplomatie et le droit international, Fabien Roussel refuse l’idée d’une France qui devienne le « 51e État américain avec leur président d’extrême droite, raciste, et belliciste ». « Il n’y aura pas de progrès social si la France continue d’investir dans l’armement et de s’aligner derrière l’OTAN, d’investir dans les bombes plutôt que dans nos écoles ! Préparer la guerre plutôt que de faire grandir nos services publics ! Nous voulons moins d’obus et plus de Sécu ! Nous voulons la paix pour les peuples d’Ukraine et de Russie, pour cette jeunesse qui souffre et se voit forcer de prendre les armes », insiste Fabien Roussel.

    « Nous voulons aussi que la France s’engage pour le droit des peuples à vivre librement, libre de leurs choix, en toute indépendance ! Nous voulons la liberté et l’indépendance pour le peuple palestinien et pour l’État de Palestine ! », poursuit le candidat communiste. Sur Cuba, il lance : « la dictature est du côté des États-Unis pas du côté d’un peuple qui malgré le blocus, a envoyé en France des dizaines de médecins cubains pour nous aider en plein Covid ! Viva Cuba ! »

    « Comptons les portes

    que nous aurons ouvertes »

    Déterminé à mener campagne sans commenter les faits et gestes des autres candidats il invite à laisser « les petits épiciers commenter les sondages et compter les candidats. Moi, je vous propose dans ces prochains mois que nous comptions tout autre chose. Comptons les portes que nous aurons ouvertes et les échanges que nous aurons. Comptons les salariés que nous aurons convaincus. Comptons les luttes que nous aurons renforcées et les victoires que nous aurons obtenues. Et, surtout, – surtout ! – comptons les millions de Français qui auront retrouvé l’envie d’agir et de transformer la société ».

    Convaincu que dans la période, les Français peuvent reprendre leur destin en main, il conclut : « Cette campagne présidentielle peut rendre à notre peuple, sa fierté, sa dignité et son envie de participer et de décider ! C’est la plus belle des boussoles que nous pouvons nous donner. Allons-y pour cette belle campagne, populaire, fière et révolutionnaire ! Pour le peuple et pour la France ! Pour Vivre ! Enfin ! »

  • Fabien Roussel : « nationalisation sanction de Total ! »

    Fabien Roussel : « nationalisation sanction de Total ! »

    Vivre ! Le slogan de campagne de Fabien Roussel pour 2027 s’affiche un peu partout dans les allées de la Fête de l’Humanité. Le candidat communiste a donné rendez-vous à la presse sur le stand de la Dordogne la veille de son meeting.

    Donnant l’accolade à Ian Brossat, le sénateur de Paris qui a accepté d’être son directeur de campagne, il lance : « C’est mon frère, je suis content qu’il soit avec moi pour cette nouvelle campagne. On reforme notre tandem mais ça ne sera pas la même qu’en 2022 ».

    Visiblement aminci, « j’ai couru en Corse cet été », il assure être en pleine forme pour mener le combat avec un credo : ramener le centre de gravité du débat public sur l’urgence sociale et l’exigence de paix.

    Très remonté contre le prix de l’essence, il dénonce le « racket inacceptable de M. Pouyanné », le PDG de Total qui « gagne 1 million d’euros par mois et dont le groupe va afficher entre 17 et 20 milliards d’euros de bénéfices », pendant que les Français peinent à faire le plein. « Pourquoi le litre d’essence est plus bas en Outre Mer ? Parce que ce sont les préfets qui fixent le prix. J’appelle le préfet de Matignon à se bouger sinon son siège, on va aller le prendre sans attendre la censure », prévient-il à l’adresse de Sébastien Lecornu en affirmant son souhait d’être le candidat des mobilisations pour « obtenir des résultats immédiats, pas des promesses lointaines ». « J’appelle les Français à se mobiliser le 15 septembre sur l’énergie, le 29 septembre sur les services publics et le 17 octobre pour faire entendre leur voix, sur les ronds points, devant les préfectures, devant le siège de Total », énumère-t-il.

    Il dénonce « Le Groupe Rubis qui a le monopole de l’approvisionnement des carburants en Corse comme le groupe Total, ils font leurs profits sur la guerre comme Renault pendant la Seconde Guerre Mondiale. C’est inacceptable, je propose la nationalisation-sanction ! ». Fabien Roussel estime qu’une baisse « immédiate » de 40 centimes par litre est possible en nationalisant Total et en retirant la taxe ajoutée par le gouvernement en janvier.

    « Carte Vitale ou

    American Express »

    Le communiste, scandalisé par la proposition de TVA « sociale » qui monte dans le débat public fustige une « arnaque ». « Supprimer des cotisations pour augmenter la TVA c’est donner d’une main pour reprendre de l’autre mais c’est surtout la marque d’un projet de société anti-Sécurité sociale. Ceux qui le proposent veulent remplacer la Carte Vitale par l’American express », dénonce le secrétaire national du PCF.

    Porteur d’un « plan climat » qui vise à planifier jusqu’en 2050 une politique de lutte et d’adaptation au changement climatique, Fabien Roussel martèle sa conviction : « la canicule, c’est une violence de classe ». « Les 8 000 morts de la canicule, ce ne sont pas les riches. Eux, ils ne risquent rien dans les palaces climatisés avec des gouvernantes qui viennent les éponger quand il fait trop chaud », attaque-t-il en réclamant une commission d’enquête sur l’origine sociale des victimes de la chaleur.

    Sur le plan international, le communiste assume ses nombreuses « différences avec ceux qui veulent rester alignés derrière les États-Unis, dans l’OTAN, en dépensant beaucoup pour alimenter les conflits ». Quant à lui, Fabien Roussel se pose en promoteur de la culture de paix et du respect du droit international.

    Questionné à propos de Jean-Luc Mélenchon qui tiendra meeting ce samedi après-midi sur le stand de la France insoumise, le candidat communiste botte en touche : « dans cette campagne, je ne parlerai pas des autres candidats, seulement de mon programme. On va enfin se débarrasser de Macron l’année prochaine, je veux faire en sorte que ce soit une fenêtre d’espoir qui s’ouvre ».

    « Que le meilleur gagne ! »

    Fabien Roussel rappelle sa volonté de battre l’extrême droite et d’élargir le socle de la gauche en allant convaincre des électeurs déçus, abstentionnistes ou tentés par l’extrême droite : « chaque fois que la gauche a atteint ou approché les 50% au premier tour, elle s’est qualifiée au second. Que le meilleur gagne ! »

    Le voilà déjà reparti dans les allées de la Fête de l’Humanité. Ian Brossat glisse à la presse que le programme présidentiel qui « s’élabore sous la conduite de Jérémy Bacchi sera dévoilé au début de l’année ».

    Des comités de campagne vont se former un peu partout sur le territoire pour donner à la campagne une assise populaire.

  • Stopper le fléau du protoxyde d’azote

    Stopper le fléau du protoxyde d’azote

    Utilisé pour des usages légaux, notamment dans l’industrie et la médecine, le protoxyde d’azote est massivement détourné pour un usage dit « récréatif » mais qui n’a plus rien d’hilarant. Il suffit d’une petite cartouche de protoxyde, ou désormais d’une bonbonne jetable, d’un banal ballon gonflable pour se droguer à moindres frais. Sauf que depuis une dizaine d’années, le « proto » est devenu une des substances les plus populaires chez les jeunes, entraînant accidents et handicaps à vie.

    Peu nombreux sont les usagers de cette drogue à mesurer qu’ils sont les victimes d’un trafic très lucratif à échelle européenne et mondiale. Exemple : en 2023 à Nîmes un vaste réseau de vente illicite de bonbonnes de protoxyde d’azote a été démantelé. Les chiffres sont énormes : entre « 200 000 et 500 000 bonbonnes » auraient été achetées puis revendues par le principal suspect « via plusieurs sociétés. Un trafic estimé entre 2,7 et 6,7 millions d’euros » relatait à l’époque France 3 Occitanie. Deux ans plus tard, en avril 2025, le tribunal correctionnel de Nîmes avait lourdement condamné les trois prévenus : « 3 750 euros d’amende pour la vente des crackers (dispositif d’extraction) ; 1 an avec sursis et 60 000 euros ; 4 ans de prison, 250 000 euros et confiscation de 3 immeubles pour l’organisateur » avait résumé sur les réseaux sociaux la procureure de Nîmes, Cécile Gensac.

    La Ville de Montpellier fait usage de fermeté, sans trembler, depuis septembre 2024 en interdisant la vente au détail et en procédant à des fermetures administratives d’épiceries de nuit. Selon la police municipale deux cents de ces établissements vendaient des bonbonnes. L’arrêté municipal signé par le maire socialiste Michaël Delafosse (PS), justifie ces mesures par la dangerosité du produit. « La consommation de cette substance entraîne des risques graves pour la santé : troubles moteurs, altération de la perception, convulsions, troubles neurologiques », précise l’arrêté municipal. Elles « ont été sources d’accidents parfois mortels et de refus d’obtempérer ».

    Dès 2021 la loi sanctionne la détention et le transport par un particulier de protoxyde d’azote au-delà d’une certaine quantité. La législation s’est encore musclée en 2026 : la loi fourre-tout, Ripost, promulguée le 18 août prévoit qu’à partir du « 1er février 2027, la vente de protoxyde d’azote aux particuliers sera purement et simplement interdite. En outre, un délit d’inhalation détournée de protoxyde d’azote hors cadre médical est créé ». L’amende sera de 500 euros. La répression donc.

    Mais pour Yann Bisiou, maître de conférences en droit privé et sciences criminelles à l’université Paul Valéry de Montpellier, spécialiste des politiques publiques sur la drogue, la réponse apportée par la loi Ripost « ne sera pas efficace ».

    Mais face à l’ampleur du trafic, c’est la loi du bâton qui domine. Début septembre, le préfet de police de Paris a révélé que 26 tonnes de bonbonnes de protoxyde d’azote ont été saisies dans l’agglomération parisienne au cours des 8 premiers mois de l’année, soit déjà dix fois plus que sur l’ensemble de l’année 2025. le protoxyde d’azote « est un problème sanitaire et un problème d’ordre public », résume Patrice Faure. Mais il mise sur la loi Ripost pour « apporter des réponses beaucoup plus fermes et visibles ».

    Les professionnels de santé souhaiteraient de véritables campagnes préventives à l’échelle nationale comme l’explique à La Marseillaise la professeure Hélène Donnadieu-Rigole, responsable du service addictologie du CHU de Montpellier. Pour l’heure, les villes sont en première ligne et mènent leur propre campagne de prévention tout en devant gérer la terrible pollution générée par ces bonbonnes.

    EN CHIFFRES

    12%

    des jeunes âgés de 16 à 30 ans ont déjà expérimenté le protoxyde d’azote comme gaz hilarant contre 6% il y a quatre ans, selon le baromètre Ipsos commandé par la Macif en juin 2026. L’Occitanie est l’une des régions les plus touchées.

    27%

    des consommateurs de protoxyde d’azote déclarent avoir des pensées suicidaires selon la même étude Ipsos.

    25%

    des consommateurs réguliers déclarent avoir eu un accident de la route après avoir inhalé du protoxyde d’azote. En tête des consommations chez les jeunes : l’alcool, suivi du tabac puis du cannabis.

  • [Entretien] Serge Ragazzacci : « L’Espagne est très en avance sur nous »

    [Entretien] Serge Ragazzacci : « L’Espagne est très en avance sur nous »

    La Marseillaise : Qu’est-ce que vous retenez de votre visite en Espagne ?

    Serge Ragazzacci : On a visité un chantier et un entrepôt, nous avons discuté avec la ministre du Travail espagnole, nos homologues d’autres syndicats espagnols… Et le constat est clair : Ils sont en avance, voire très en avance, sur la réglementation et la prise en compte de la santé des travailleurs dans le cadre d’événements climatiques anormaux. Leur gouvernement est ouvertement engagé sur le sujet, il sait prendre ses responsabilités pour obtenir de vrais résultats. Plus globalement, les commissions ouvrières espagnoles travaillent depuis près de 15 ans sur ce type d’événements. Par exemple, il y a un système d’alerte pour les phénomènes météorologiques avec des plans d’actions dans les entreprises. Ces plans sont négociés dans les entreprises et dans les conventions collectives. L’inspection du travail joue un rôle de prévention… Cet été, quand la CGT a demandé des mesures sur les fortes chaleurs, le patronat, certains politiques et une certaine presse, l’ont pris à la rigolade. Mais dès lors qu’il y a eu des morts, ça a commencé à être pris au sérieux. En France, on dénombre 7 000 morts sur cette période, alors qu’on en recense 5 000 en Espagne et qu’ils ont des zones où il fait beaucoup plus chaud que nous.

    Concrètement, quelles différences entre l’Espagne et la France sur cette prise en compte ?

    S.R. : Par exemple, sur la prévention, ils distinguent travail extérieur et intérieur, travail physique ou léger, selon les conventions collectives et les saisons. À l’entrepôt que nous avons visité, ils avaient un niveau de prévention qui allait jusqu’aux salariés qui avaient des problèmes de santé et susceptibles de souffrir de la chaleur. Autre exemple parlant : À partir de 27 degrés dans les bureaux, ils ne travaillent plus. Si un endroit dans l’entreprise dépasse ces degrés, ils ont des appareils pour refroidir la zone et les salariés travaillent dans un autre endroit, mieux tempéré. Pour le travail en extérieur, il y a plus de pauses, un système de récupération, mise en place de points d’eau… Cela va même jusqu’à la prise en compte du degré d’humidité. En clair, ils ont un cadre national fort et un travail de prévention et d’organisation qui est fait dans les conventions collectives et les entreprises. Dernier exemple très concret : partout où nous sommes allés, les mesures se discutaient en comité d’hygiène et sécurité… Qui a été supprimé en France !

  • [Fête de l’Humanité] Stand commun du conseil national et de la fédération PCF des Bouches-du-Rhône

    [Fête de l’Humanité] Stand commun du conseil national et de la fédération PCF des Bouches-du-Rhône

    Un grand espace relie le stand national des communistes et celui de la fédération PCF des Bouches-du-Rhône.
    Lieu de débat le jour, il devient piste de danse la nuit avec DJ Naemars aux platines qui a démarré son set dès jeudi soir sous l’égide de La Marseillaise. Ce vendredi à 18h se tiendra une soirée de solidarité internationale avec le peuple cubain. Samedi à 11h30, l’espace accueillera un débat « Santé : De la lutte contre le cancer du sein à l’accès aux soins pour toutes et tous » puis à 14h30 « Industrie : Prenons le pouvoir sur la production du pays ! » et à 16h « Égalité : Pour une loi intégrale féministe et enfantiste ». Suite du programme dans l’édition de ce week-end .

  • [Entretien] Ian Brossat : « La gauche doit recréer une conscience de classe »

    [Entretien] Ian Brossat : « La gauche doit recréer une conscience de classe »

    La Marseillaise : La Fête de l’Humanité arrive ce week-end, l’occasion de lancer officiellement la campagne présidentielle de Fabien Roussel (PCF). Quels messages allez-vous porter ?

    Ian Brossat : D’abord, c’est une rentrée qui se fait dans un climat particulier avec une question du pouvoir d’achat qui revient de manière très puissante. Différents éléments y contribuent : l’explosion du prix des carburants, une inflation galopante, l’augmentation du prix de l’alimentation et des difficultés accrues pour le monde du travail. Tout ça sur fond de salaires qui stagnent et une rémunération du travail qui ne permet pas du tout de faire face à l’augmentation des prix. Ça, c’est sur le plan social. Sur le plan environnemental, nous sortons d’un été qui a été meurtrier avec des incendies monstrueux, qui ont ravagé l’équivalent de 4 fois la surface de Marseille. La canicule a fait 8 000 morts, ce qui est absolument considérable. C’est l’équivalent de ce qui s’est passé lors de la canicule de 2003. Tout ça mis bout à bout, avec une crise écologique et une crise sociale qui prennent une dimension très forte, appelle une rupture majeure en matière de politique publique. Il y a besoin de changements radicaux par rapport à ce qu’on a connu au cours des dix dernières années avec Macron. C’est ce que nous voulons porter avec la candidature de Fabien Roussel.

    La lutte contre l’extrême droite doit aussi être abordée ce week-end. Comment la combattre ?

    I.B. : Je dirais de deux manières. Premièrement, en dénonçant les impostures de l’extrême droite. L’extrême droite veut nous faire croire qu’elle propose des solutions à ceux qui n’arrivent pas aujourd’hui à boucler leur fin de mois. La réalité, c’est que le RN, dans les institutions où il siège, est l’ennemi des travailleurs. L’extrême droite vote main dans la main avec la macronie contre l’augmentation du SMIC, contre le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune, contre les prélèvements sur les milliardaires. En réalité, il y a une grande duplicité de l’extrême droite qui veut nous faire croire qu’elle est l’amie des travailleurs et qui, dans les institutions, se comporte en pur valet du capital. Ça, c’est la première chose. La deuxième, c’est que pour faire reculer l’extrême droite, il faut que la gauche redonne espoir et surtout qu’elle recrée de la conscience de classe. La réalité, c’est que – et ce sera le message que Fabien Roussel portera tout au long de la campagne – pour gagner le monde du travail, la classe travailleuse doit être unie, par-delà les différences de couleur de peau ou de religion. Ce qui doit nous unir, ce sont nos intérêts communs. Et pour faire triompher nos intérêts communs, il ne faut pas laisser s’installer le venin de la division, ce que l’extrême droite fait matin, midi et soir.

    La candidature de Fabien Roussel a été pointée par certains comme pouvant entraîner une division des voix à gauche.

    Que répondez-vous ?

    I.B. : Dans la Ve République, la gauche n’a jamais gagné avec un candidat unique au premier tour. Elle a eu un candidat unique à deux reprises, en 1965 et en 1974. Dans les deux cas, cela s’est traduit par un échec. Lorsque la gauche a gagné, elle a pu s’appuyer sur des candidats divers au premier tour qui lui ont assuré la victoire au second tour grâce à un total des voix de gauche plus conséquent. Notre candidature n’est pas là pour affaiblir la gauche ou pour concurrencer d’autres candidats de gauche. Elle vise à élargir le socle de la gauche et à faire en sorte qu’on soit plus fort au second tour, pour battre la droite et l’extrême droite. Ensuite, parmi les différents candidats de gauche qui se présentent, il y a des propositions différentes qui sont faites. Ça ne serait pas honnête de les passer sous silence et de faire semblant qu’on est d’accord sur tout. Prenons l’exemple très concret du nucléaire. Si nous voulons diminuer notre empreinte carbone, ce qui est fondamental, il faut diminuer nos importations et donc réindustrialiser notre pays. Or, pour développer une industrie propre, une industrie verte, il faut qu’on puisse s’appuyer sur des énergies décarbonées. C’est la raison pour laquelle nous sommes favorables à un mix énergétique nucléaire renouvelable. Nous sommes d’ailleurs le seul parti politique à gauche à défendre le nucléaire, non pas comme une obsession, mais simplement parce que c’est une condition indispensable pour réindustrialiser notre pays.

  • Leçons espagnoles

    Leçons espagnoles

    Parmi les nombreuses questions que soulèvent le dérèglement climatique figure la question du travail, comme on a encore pu le voir cet été, en France. La raison pour laquelle le ministre du Travail Farandou était en déplacement en Espagne, pour voir comment ce pays, confronté depuis longtemps à des températures élevées, fait pour continuer à produire. Car c’est bien la question centrale qui l’anime comme elle obnubile les décideurs économiques.
    « L’Espagne sait fonctionner en dépit de températures élevées, donc la réponse n’est pas de tout arrêter, mais de s’adapter », a ainsi conclu le ministre du Travail au terme de son « voyage d’étude ». Sans jouer les décroissants ou nier l’importance de la production, la priorité doit pourtant être sur la santé des travailleurs.

    Importance des syndicats

    D’où l’importance des syndicats. Car ce que montre aussi l’exemple espagnol, c’est que sans rapport de force, les entreprises peuvent rechigner à appliquer les lois. Pour triste preuve, les 264 morts au travail encore recensés, lors de l’été 2025, dans la région de Castilla-La Mancha, malgré une législation à la pointe et dont le gouvernement français est venu s’inspirer. Autre leçon hispanique : les syndicats doivent pouvoir s’appuyer sur des contrôles pour faire vérifier que les lois sont appliquées.

    Ce qui rappelle le caractère essentiel des agents publics. Une option sur laquelle les libéraux ne cessent de rogner et que le gouvernement Lecornu entend bien poursuivre avec sa cure d’austérité annoncée. Une option mortifère que les progressistes doivent parvenir à renverser.

  • Les basketteuses françaises en démonstration face au Nigeria filent en quarts de finale

    Les basketteuses françaises en démonstration face au Nigeria filent en quarts de finale

    Ces dernières n’ont rien pu faire face à des bleues extrêmement adroites emmenées par Gabby Williams, élue meilleure joueuse du match avec 25 points inscrits et 6 rebonds. Une victoire qui les place premières du groupe B. Elles affronteront le vainqueur du barrage opposant Porto Rico au deuxième du groupe D en quarts de finale le jeudi 10 septembre 2026 à Berlin.