Tag: France

  • [Pétanque] Philippe Quintais dénonce sa mise à l’écart du collectif France féminin

    [Pétanque] Philippe Quintais dénonce sa mise à l’écart du collectif France féminin

    « L’heure est venue de dire la vérité. » Philippe Quintais, directeur sportif du collectif France senior féminin, tenait à s’expliquer après les nombreuses tensions survenues ces derniers mois avec la direction technique nationale de la Fédération française de pétanque et de jeu provençal (notre édition du 17 septembre). Invité par le président Michel Le Bot à prendre les rênes du collectif après les Mondiaux féminins d’octobre 2025, avec pour objectif de le reconstruire, l’homme aux dix-sept titres de champion du monde avait accepté le challenge à condition d’avoir « carte blanche sur les sélections » et de pouvoir coacher. Mais le retour de joueuses précédemment écartées, comme Cindy Peyrot et Nadège Baussian-Protat, a rapidement ravivé les tensions avec Patrice Rodriguez, le directeur technique national.

    Plusieurs actions cachées

    Des désaccords sont notamment apparus autour de « la présence des conjoints » lors des compétitions, un sujet qui a contribué au départ de Cindy Peyrot, sélectionnée pour les championnats d’Europe en Grèce, obligeant Philippe Quintais à lui chercher une remplaçante. Plusieurs joueuses du collectif, Nelly Peyre, Toréa Tairio puis Aurélie Bories, ont alors décliné la sélection. Le directeur sportif affirme également que « toutes les filles du Collectif non sélectionnées lors de la première annonce », sauf Anna Maillard et Aurélie Bories, avaient adressé « un mail contestant la sélection des “revenantes“ », mais que ce message lui aurait été « caché durant plusieurs jours », pointe-t-il. Patrice Rodriguez a finalement proposé Nelly Peyre et Toréa Tairio, alors qu’elles avaient auparavant « refusé la sélection » auprès de Quintais. Ce dernier estime que le DTN lui a ainsi retiré ses prérogatives de sélectionneur. La direction technique nationale lui aurait ensuite demandé de communiquer « sa potentielle annonce de démission » afin de pouvoir annoncer la nouvelle sélection, ce qu’il a refusé. La Fédération a finalement annoncé la nouvelle sélection sans mentionner son éviction ni évoquer le conflit interne. Le Comité directeur fédéral se réunira à Marseille le 25 septembre.

  • Au Népal, les Kinnars, ces femmes qui sortent de la brume

    Au Népal, les Kinnars, ces femmes qui sortent de la brume

    Le Népal représente, pour beaucoup, le Bouddha et une multitude de divinités hindoues. Parmi elles, Ganesh, le dieu à la tête d’éléphant, symbolise la sagesse et la protection. Un dieu hybride, transgenre pourrait-on dire. Pourtant, malgré l’existence ancestrale d’une culture queer, les tabous sociaux persistent. C’est ce à quoi s’est attaché le réalisateur népalais Abinash Bikram Shah avec
    son premier long-métrage, Les Éléphants dans la brume.

    Shah ancre son récit au sein d’une communauté de femmes transgenres, qu’on appelle les Kinnars, dans un petit village au sud du Népal en lisière d’une forêt où vivent des éléphants. L’animal est vénéré et craint, à condition qu’il ne sorte pas des limites forestières. Il en est de même pour les Kinnars. Elles doivent se cantonner à leurs seules missions de bénédiction. L’espace de tolérance est bien délimité. Malheur à elles si elles en sortent.

    Pirati est la mère d’adoption de trois jeunes femmes. Déterminée, toujours dans l’action, elle veille sur ses filles. Une famille qui se chamaille… et s’invective copieusement. Appréciée des villageois, Pirati est pressentie pour être la future cheffe des Kinnars. Mais elle transgresse l’interdit en tombant amoureuse d’un musicien de la ville voisine avec qui elle projette de s’enfuir.

    Le regard qui s’affranchit

    Pour ce portrait de femme qui interroge ce qu’il faut sacrifier pour devenir soi-même, Shah ose une scène intime quand Pirati et son compagnon font l’amour sous des lumières flamboyantes qui rappellent celles de la divinité éléphantesque. Il se dégage une sensualité qui bouleverse. Les schémas corporels imposés (depuis l’époque coloniale britannique) tombent pour ne voir qu’une réalité : celle d’un couple qui s’aime.

    Un film saisissant

    de contrastes

    Le film est transcendé par l’interprétation fusionnelle de Pushpa Thing Lama, engagée dans la défense des droits des personnes LGBTQIA+. L’actrice non professionnelle joue le rôle de cette mère tiraillée entre son désir de liberté (partir vivre avec son amoureux à Delhi) et son devoir de famille. Le visage de Pirati, dur et fermé par moments, lumineux et souriant à d’autres, évoque les sentiments contradictoires qui la bouleversent au gré des épreuves qu’elle traverse. Avançant d’un pas décidé, elle peut faire profil bas pour se faire accepter des villageois. Lorsque l’une de ses filles disparaît (après une probable relation adultère avec un homme du village), on perçoit le désarroi, la culpabilité et la colère d’une mère anéantie avant l’explosion de la révolte.

    Plongée sensorielle

    dans la forêt

    Les drames s’enchaînent, flirtant avec le thriller. Mais, ici, il s’agit d’histoires humaines réelles, la fiction n’étant qu’un prétexte, aidée en cela par la puissance de l’image et du son. La caméra capte les lumières incandescentes en contraste avec la nuit profonde. Des scènes bucoliques en pleine forêt tranchent avec le spectacle de faisceaux lumineux des torches pour tenir à distance les éléphants. Cette même forêt magnifique devient menaçante lorsque le village est plongé dans l’obscurité.

    Les éléphants que l’on devine seulement par la battue nocturne des villageois qui veulent les éloigner, au début du film, sortent dans la scène finale, obéissant aux claquements des mains des Kinnars. Les puissants animaux, qui subissent aussi l’ostracisme d’une population superstitieuse, sortent de la brume pour répondre à l’appel de ces femmes méprisées.

    En salle le 23 septembre, (1h43)

  • [Entretien] Philippe Diallo : « Je suis très attaché à un football humain, populaire et rassembleur »

    [Entretien] Philippe Diallo : « Je suis très attaché à un football humain, populaire et rassembleur »

    La Marseillaise : Vous êtes à Aix-en-Provence pour lancer une nouvelle tournée interrégionale. Quel est l’objectif de cette démarche ?

    Philippe Diallo : Afin de symboliser l’ouverture de la Fédération vers ses territoires. La Fédération a parfois été perçue comme très parisienne, éloignée du terrain, comme une forme de tour d’ivoire. J’ai donc voulu changer cette image en faisant venir les collaborateurs de la Fédération dans les territoires, à la rencontre de ceux qui font vivre le football au quotidien : les clubs, les Districts et les Ligues. Ces échanges permettent à la fois d’expliquer les politiques fédérales, mais surtout d’écouter les acteurs de terrain et de mieux comprendre leurs réalités et leurs besoins.

    Quel regard portez-vous sur la Ligue Méditerranée ?

    P.Di. : C’est une ligue évidemment importante, parce que d’abord il y a des clubs de l’élite ici qui sont là. Il y en a même plusieurs. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui dans toutes les régions. En Nouvelle-Aquitaine, il n’y a plus qu’un seul club pro de Poitiers à Hendaye. Ici, il y a une plus grande richesse du football professionnel. Il y a aussi un nombre de licenciés significatifs, notamment au district de la Provence qui est vraiment un cœur important aussi dans la région.

    Le District de Provence a d’ailleurs initié plusieurs innovations technologiques, dont l’apparition des détections numériques et d’un chatbot avec l’intelligence artificielle…

    P.Di. : Je veux saluer ces initiatives, car une grande Fédération doit rester à la pointe de l’innovation. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons créé l’an dernier un centre de recherche et d’innovation consacré notamment à l’intelligence artificielle et aux données. Ces outils nous permettent de mieux comprendre les réalités du terrain et de prendre des décisions plus précises. Les besoins ne sont pas les mêmes selon les territoires, entre une zone rurale et une grande métropole par exemple. Il est donc essentiel de disposer de données objectives pour mieux évaluer nos politiques, adapter nos actions et accompagner au mieux les territoires. Je suis très attaché à un football humain, populaire, qui rassemble toutes les catégories de la société et crée du lien. C’est notre ADN et il faut le préserver. En parallèle, la technologie fait naturellement évoluer notre sport, que ce soit pour simplifier les démarches ou améliorer l’arbitrage. Il faut accompagner ces évolutions et retenir ce qui peut être bénéfique au football, sans jamais le dénaturer.

    Vous ne craignez pas d’aller trop vite dans l’utilisation de l’IA, alors que certaines innovations, comme le « Football Video Support » à Aubagne, montrent encore leurs limites ?

    P.Di. : La Ligue 3 répond à une demande ancienne des clubs de National 1 qui souhaitaient accéder au statut professionnel. Nous avons voulu en faire un championnat différent des divisions supérieures, avec des règles et des innovations spécifiques. Le football vidéo support en est un exemple : tout n’est pas encore parfait, mais nous travaillons avec les clubs et la direction de l’arbitrage pour l’améliorer. Je souhaite surtout faire de la Ligue 3 un laboratoire d’innovation et un championnat tourné vers les territoires, la formation et la proximité, en favorisant notamment les joueurs formés localement.

    Un mot sur Zinédine Zidane, qui va disputer son premier match vendredi à la tête des Bleus ?

    P.Di. : Zinédine attendait cette opportunité depuis longtemps. Lorsqu’il a été question de lui, j’ai immédiatement souhaité qu’il devienne notre sélectionneur. C’est une figure iconique du football français, mais aussi un entraîneur qui a démontré sa compétence au plus haut niveau. Après un moment d’émotion lié à son histoire avec les Bleus, il est désormais pleinement dans sa mission. Il veut apporter sa vision et insuffler une véritable rupture, avec des choix forts sur la gestion du groupe et l’effectif. Son objectif est clair : gagner, pour redonner à l’équipe de France ce qu’elle lui a apporté et procurer du plaisir et de la fierté à tous.

  • Promesses au rabais face aux prix records des carburants

    Promesses au rabais face aux prix records des carburants

    De nouveau, les prix des carburants battent des records en France. Moins d’une semaine après l’essence, c’est le gazole qui a atteint un niveau historique ce dimanche, avec 2,41 euros par litre à la pompe. De quoi battre le pic atteint au mois d’avril, deux mois après le déclenchement de la guerre par Israël et les États-Unis contre l’Iran.

    Face à cette situation, le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué deux réunions ce lundi à Matignon, avec les directions des administrations centrales en matinée, puis dans l’après-midi avec le gouvernement, pour se pencher sur « l’accompagnement à court et moyen termes » des Français. Mais à l’issue des échanges, les annonces ont été encore repoussées, avec un rendez-vous donné ce mardi à 17h pour présenter de « nouveaux dispositifs d’aide et de soutien ». Emmanuel Macron de son côté s’exprimera à son tour jeudi à 20h, sur TF1 et France 2.

    Des tentatives de reprendre politiquement la main, au moment où la crise géopolitique percute de plein fouet la crise sociale. Face aux spéculations boursières qui nourrissent la flambée, les pénuries se sont en effet répandues dans les stations-service, principalement celles du groupe Total. Ce lundi matin, plus d’une station sur sept était en pénurie en France hexagonale selon les données de Bercy, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur faisant à peine mieux que la moyenne. « Pour les deux mois qui viennent, on n’a pas d’inquiétude », rassurait cependant le ministre de l’Économie Roland Lescure ce lundi matin, indiquant que les stocks stratégiques étaient pleins.

    « Cadre budgétaire »

    Comme lui, les membres du gouvernement se sont multipliés en matinée sur les chaînes de radio et télévision pour jouer les pompiers. « On voit bien qu’il faut réfléchir à une aide supplémentaire pour accompagner les gros rouleurs et les salariés modestes », assurait le ministre du Travail. Qui faute de mieux pour l’instant « encourage l’usage du télétravail » pour faire des économies. « Toutes les pistes sont sur la table, à condition que ça reste des aides ciblées et que ce soit respectueux du cadre budgétaire », indiquait de son côté la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. Car quoi qu’il en soit, Bercy avait déjà indiqué refuser toute mesure structurelle, qu’il s’agisse d’une baisse des taxes ou un plafonnement des prix. « Ça coûte énormément d’argent », justifiait la porte-parole du gouvernement. Et d’assurer, très sérieusement, qu’elle préfère « viser les plus précaires ». Reste à savoir si les annonces de ce mardi sauront davantage viser la colère sociale, au moment où les mouvements, sans être pour l’instant massifs, commencent à se multiplier.

  • Petits chèques et gros profits

    Petits chèques et gros profits

    Les prix du carburant montent, la colère aussi dans le monde du travail.

    Le gouvernement qui a longtemps fait la sourde oreille ne peut plus l’ignorer tant le problème a pris des proportions intolérables pour les Français qui ne demandent qu’à vivre de leur travail.

    La ministre de la Mer a été dépêchée à Sète et au Grau-du-Roi pour tenter de calmer la révolte des pêcheurs quand le ministre du Travail a proposé de… recourir au télétravail.

    Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, promet quant à lui des annonces pour aujourd’hui. Empêtré dans le casse-tête du projet de budget et prisonnier des dogmes libéraux, il s’apprête à relancer la politique des petits chèques.

    Une approche à la fois inefficace et injuste parce qu’elle ne suffit pas à redonner significativement du pouvoir d’achat aux Français et qu’elle consiste à verser de l’argent public directement dans les caisses des compagnies pétrolières dont les profits explosent.

    30 à 45 centimes de moins par litre en Espagne

    Pourtant, il est possible de mener une autre politique. Le gouvernement de gauche en Espagne montre la voie en agissant sur le levier des taxes. Résultat : de l’autre côté des Pyrénées, le sans-plomb est à 30 centimes de moins par litre et le gazole à 45 centimes par litre en dessous des prix pratiqués en France.

    Face à l’importance stratégique du prix des carburants pour le fonctionnement de notre économie et le niveau de vie de nos concitoyens, des propositions supplémentaires sont sur la table : blocage des prix, taxe sur les superprofiteurs de crise, nationalisation…

    Le Premier ministre ne pourra pas rester longtemps sur la réserve.

  • Nouveau record du prix du gazole dimanche

    Nouveau record du prix du gazole dimanche

    À 10h30 dimanche, le prix du litre de gazole atteint 2,4097 euros, selon une moyenne calculée par l’AFP à partir des prix affichés dimanche pour plus de 8 700 stations-service sur le site Prix-carburants.gouv.fr du ministère de l’Économie, et dépassant le précédent record établi la veille.

    À plus de 2,17 euros le litre dimanche matin selon une moyenne enregistrée dans plus de 6 700 stations, le SP95-E10, carburant le plus vendu en France, évolue depuis plus d’une dizaine de jours au-dessus de son pic de 2022 de 2,11 euros. Et très au-dessus des 1,57 euro d’octobre 2018 déclenchant le mouvement des Gilets jaunes.

    Si le ministre du Commerce Serge Papin a indiqué vendredi que l’aide gouvernementale sur les carburants ciblée sur les « gros rouleurs », initialement prévue jusqu’au 30 septembre, ne « s’arrêtera pas ». Le soutien s’arrêtera là. La limitation des dispositifs de soutien a encore été justifiée samedi par le ministère de l’Économie par la situation des finances publiques françaises, dont l’endettement atteindra un niveau record en 2027 en raison d’un déficit public demeurant « élevé ».

    La flambée des prix du carburant depuis fin février provoquée par la guerre en Iran alimente une tension sociale chaque jour plus palpable. La date du 17 octobre pour une grande mobilisation sur le sujet revient sur les réseaux sociaux. Samedi, quelques rassemblements de Gilets jaunes ont déjà eu lieu. À Marseille mais aussi au rond-point de Kermaria, à Pont-l’Abbé dans le Finistère, au rond-point de l’Europe à Bagnols dans le Rhône ou encore au péage de Chamant-Senlis dans l’Oise où le secrétaire national du PCF Fabien Roussel qui a officiellement appelé à une mobilisation nationale le 17 octobre contre la flambée des prix des carburants, a rejoint les manifestants pour demander la baisse de la TVA sur l’essence.

  • La Fête de l’Humanité : luttes, joie et débats pour le Syndicat des avocats de France (SAF)

    La Fête de l’Humanité : luttes, joie et débats pour le Syndicat des avocats de France (SAF)

    Par le SAF Marseille

    Chaque semaine, retrouvez « Robes noires », une chronique dédiée au monde de la justice, proposée par des avocats du SAF, issus des barreaux d’Aix-en-Provence, de Marseille et de Montpellier.

    Ce week-end se tenait en région parisienne l’historique rassemblement du Parti communiste français : la Fête de l’Humanité, ou « Fête de l’Huma » pour les intimes. Ces 91 dernières années, ce rassemblement s’est élargi aux associations, syndicats et autres partis politiques de gauche. Le Syndicat des avocats de France (SAF) est un habitué de la « Fête de l’Huma », où il tient régulièrement un stand depuis plusieurs années. En 2023, le Syndicat de la magistrature (SM) a lui aussi fait son entrée, marquant sa toute première participation à la grande messe de la gauche. Les deux syndicats ont depuis scellé leur alliance en partageant un stand commun, transformant leur QG en lieu de débats sur de nombreux sujets touchant à la justice, l’accès au droit, ou encore la répression judiciaire des militants. Sur les trois jours de cette fête, les bénévoles du stand commun du SAF / SM ont organisé plusieurs tables rondes et moments festifs pour les militant.es et curieux.ses s’intéressant à ces sujets.

    Un prisme international

    Un prisme international a été choisi en évoquant d’abord les évolutions des droits des personnes étrangères en 2027, ainsi qu’une table ronde sur la justice internationale sous pression politique, questionnant l’avenir du droit international notamment face à des États faisant fi des normes internationales.

    La politique pénale nationale n’a pas été laissée de côté, des experts ont exposé l’impact de la récemment créée amende forfaitaire délictuelle, dont l’application par la police municipale « surpénalise » la jeunesse racisée. Des chercheurs et avocats ont pu partager leurs constats face à une jeunesse endettée pour des infractions mineures, et les modalités de lutte face à ce phénomène inquiétant.

    Les questions de justice climatique ont également été centrales et notamment la question de la criminalisation de la défense de l’environnement. Cette table ronde a permis de revenir sur certains procès récents de militants écologistes dans le cadre d’actions de lutte menées pour la défense de l’environnement.

    Les violences sexistes et sexuelles, sujet brûlant et remis à la Une depuis l’affaire Lyhanna, ont également été évoquées avec des professionnels et professionnelles du secteur afin d’identifier comment améliorer la réponse pénale face à ce phénomène de société massif, tout en partageant un prisme anti-carcéral à la lumière d’une surpopulation croissante dans nos prisons. Le stand SAF / SM a également su partager de la joie et des rires en invitant une fanfare pour enjoindre les militants à danser en fin de journée, ainsi qu’un humoriste de stand-up et plusieurs DJs pour clôturer ces denses journées d’échanges. La lutte, oui, mais avec de la joie toujours !

    Une question ? Besoin d’un conseil ? Contactez nos chroniqueurs par mail avocats@lamarseillaise.fr

  • [Entretien] Alain Rouy, secrétaire national du Mouvement de la Paix : « Il faut travailler la paix du quartier à la planète »

    [Entretien] Alain Rouy, secrétaire national du Mouvement de la Paix : « Il faut travailler la paix du quartier à la planète »

    La Marseillaise : À quoi sert un événement comme le Village de la Paix ?

    Alain Rouy : Cela répond à la Journée internationale de la paix, décrétée par l’ONU il y a 25 ans. C’est un moyen de sensibiliser les populations, les pouvoirs publics. Par exemple, la question de la défense, de la paix, est occultée en France, où toute la politique de défense est entre les mains du chef de l’État. Il peut déclencher une intervention militaire sans même consulter le Parlement avant 100 jours. Dans les autres pays d’Europe, le Parlement est étroitement associé. On a appris par un discours, sur la base des sous-marins nucléaires de l’Île Longue, l’an dernier, que la France changeait de doctrine militaire nucléaire, avec une nouvelle invention, la dissuasion avancée. Personne n’a été consulté, pas même les militaires. La France ne fera désormais plus la transparence sur son armement nucléaire, certaines bombes nucléaires vont être remplacées par de plus puissantes, par l’unique volonté du chef de l’État. C’est un problème. Mais presque tous les pays sont soumis à cette hausse inconsidérée des dépenses militaires au détriment des programmes sociaux, de santé, d’enseignement, d’où l’idée d’une convergence internationale.

    Le thème de la journée est : « Investir dans la paix pour tous, partout, tous les jours ».
    Qu’est-ce que cela évoque
     ?

    A.R. : Ça incarne ce que promeut l’ONU, c’est-à-dire que l’armement est surfinancé alors que les œuvres de paix et les grands défis existentiels tels que le réchauffement climatique sont sous-financés. L’ONU a établi les objectifs du développement durable, en 2015, à la suite des objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Certains ont été obtenus, notamment sur le plan de l’alphabétisation, de la santé… Mais on est loin du compte parce qu’il manque des financements. Avec moins de la moitié du budget militaire, on règle quasiment tous les problèmes des OMD et on peut commencer à s’attaquer à la transition écologique. Au lieu de ça, on prépare la mort de la planète avec l’accumulation des armes et le risque d’un conflit nucléaire.

    Comment parvient-on à se mobiliser dans un monde bouleversé par les guerres et les génocides ?

    A.R. : Comme le disent certains slogans, il faut travailler à la paix du quartier à la planète. Ça commence par la culture de paix, grand chantier lancé par l’ONU en 2000, parce que la paix s’apprend dans les comportements, dans une culture tournée vers l’autre qui doit abreuver la vie publique. Les gouvernements ont aussi un rôle à jouer. Par exemple, le traité sur l’interdiction des armes nucléaires de 2017 est venu d’une convergence de l’ONU, des ONG et d’États qui en ont été les relais diplomatiques. Mais pour que ces relais existent, il faut faire évoluer l’opinion publique.

    À un an de l’élection présidentielle, quelle devrait être, selon vous,
    la position du futur gouvernement en matière internationale
     ?

    A.R. : On craint que ces questions de défense soient occultées de la campagne. Beaucoup de candidats vont parler du pouvoir d’achat sans faire le lien avec la hausse des dépenses militaires. La France, sous Macron, a fait le choix de résoudre les problèmes par la guerre, en soutenant les dérives bellicistes de l’UE, sans proposer d’action diplomatique. On pourrait prendre la tête, en tant que puissance nucléaire, d’un mouvement de désarmement, puis aller vers une nouvelle manière d’envisager les relations internationales, à savoir la coopération, un mode de sécurité collective ou de sécurité commune, notion apparue dans les années 1980 avec le Premier ministre suédois de l’époque, Olof Palme. Celle-ci implique que je ne suis en sécurité que si mon voisin, ou mon ennemi, se sent lui-même en sécurité. Donc, nos sécurités sont interdépendantes.

  • Les premiers choix de Zidane à la tête des Bleus scrutés de près

    Les premiers choix de Zidane à la tête des Bleus scrutés de près

    Il va falloir s’habituer à évoquer la liste de ZZ après celle de DD. C’est le jour J pour Zinédine Zidane, qui s’apprête à présenter son premier groupe en tant que sélectionneur de l’équipe de France (18h). Quatre matches sont au programme de cette première trêve de la saison, tous en Ligue des Nations pour les Bleus. Turquie, Italie et Belgique deux fois, de sérieux adversaires feront face au champion du monde 1998 et sa sélection.

    Qu’attendre de l’ancien numéro 5 du Real Madrid après 14 ans où Didier Deschamps a replacé la France en haut de l’échiquier mondial ? Le principal intéressé a tout refusé pour occuper le siège de sélectionneur et se retrouve attendu par les fans. Une véritable ferveur s’est logiquement créée, tant ses succès avec les Madrilènes, comme entraîneur, ont été grands (trois Ligues des Champions consécutives notamment). Aujourd’hui, ces succès paraissent lointains et le Marseillais n’a plus coaché depuis 2021. Mais la méthode et les préceptes de l’ex-milieu de terrain sont encore bien ancrés dans les esprits de chacun.

    La recette du chef Zidane au Real était finalement simple. Plaisir, travail, cohésion, l’homme de 54 ans faisait en sorte que chaque joueur se sente important dans le groupe. Il a placé les ingrédients nécessaires pour créer une équipe saine et aller chercher de grandes victoires, avec de grands joueurs. Un point qu’avait confirmé Gareth Bale lors d’une interview à la fin de sa carrière. Le Gallois, élément fort du dispositif du Français, évoquait des séances d’entraînement assez minimalistes et une tactique peu complexe, sauf face aux plus grosses écuries européennes, où la préparation était plus poussée. D’où les succès continentaux à la chaîne pour son Real Madrid.

    Diriger un club et une équipe nationale, ce n’est de toute évidence pas la même chose, mais est-ce si différent de gérer le groupe France et celui de la capitale espagnole ? Qui plus est, avoir de l’autorité sur son vestiaire paraît déjà acquis tant l’aura de Zinédine Zidane et le respect de sa personne sont importants dans le football et au-delà. Non pas que Didier Deschamps ne soit pas dans la même catégorie, au contraire, mais Zidane reste Zidane.

    De nouvelles têtes invitées à Clairefontaine ?

    L’autre grande question soulevée par l’arrivée du nouveau sélectionneur concerne l’effectif. Va-t-il opérer une véritable rupture avec les habitudes de son prédécesseur ? Faut-il s’attendre à une revue d’effectif dès ce vendredi ? DD avait ses cadres et avait construit un groupe sur plusieurs années. Celui-ci ne bougeait pas énormément, sauf blessures. Nul ne sait aujourd’hui si Zidane va se tourner vers une stratégie similaire ou non.

    Ces dernières semaines, alors que la saison connaissait ses balbutiements, les premiers présélectionnés ont commencé à fuiter dans la presse. Ismaelo Ganiou, Jérémy Jacquet, Enzo Le Fée, Pablo Pagis, Andy Diouf… Beaucoup de joueurs n’ayant jamais vu la couleur du maillot bleu et qui pourraient représenter de nouvelles alternatives à court et moyen termes.

    Plus concrètement, la blessure de William Saliba libère un spot en défense centrale et les méformes des latéraux pourraient profiter à Diouf, mais aussi à Adrien Truffert, son pendant à gauche. À l’heure actuelle, le mandat de ZZ est une plongée dans l’inconnu pour les fans et suiveurs des Bleus. Premier éclaircissement prévu à 18h.

    Vendredi 25 septembre (20h45) : Turquie – France

    Lundi 28 septembre (20h45) : Belgique – France

    Vendredi 2 octobre (20h45) : France – Italie

    Lundi 5 octobre (20h45) : France- Belgique

  • Des aides financières dans les filets des pêcheurs

    Des aides financières dans les filets des pêcheurs

    Le port de Fos-sur-Mer mardi, les ports de Nice et de Frontignan ce jeudi, et une nouvelle menace qui se profilait ce vendredi sur celui de Marseille. Les pêcheurs du littoral méditerranéen avaient décidé de passer à l’action pour faire entendre leur voix – et leur détresse – à l’heure où les prix des carburants s’envolent. Étranglant, de fait, leurs très faibles marges.

    Les pêcheurs « se sont engagés à débloquer les barrages », a annoncé jeudi la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, à l’issue d’une rencontre de plus de six heures au ministère. Des aides indexées, la ministre a promis que lesdites aides « suivr(aient) la variation des cours des carburants ». Elle a aussi évoqué « la possibilité d’ouvrir, pour ceux qui ont des problématiques de trésorerie, un prêt à taux zéro ». « Bien évidemment, c’est surtout pour permettre de faire la transition d’ici le versement des aides », a-t-elle souligné.

    « On peut pas dire que nous avons tout eu. Des négociations sont encore en cours sur certains points mais la monnaie d’échange, c’est qu’on lève les barrages », a réagi auprès de l’AFP Vincent Scotto, pêcheur à Sète (Hérault), à la sortie de la réunion. Catherine Chabaud a également évoqué les aides promises mais non encore reçues par les pêcheurs pour les mois précédents : « Nous avons mis du temps à mettre en place le dispositif d’enregistrement des dossiers, mais aussi de paiement. Et à l’heure qu’il est, on a quasiment, pour les mois d’avril et mai, versé toutes les aides en carburant à tout le monde, on est à 90%. »

    Actions dans les ports

    « Il y avait du retard, et on a regardé avec le service de paiement des aides comment accélérer la procédure. Comme on a cumulé les deux premiers mois, plus les trois mois derrière, les pêcheurs ont rencontré des difficultés de trésorerie », a-t-elle expliqué. « Les pêcheurs sont très dépendants du prix du carburant. C’est, pour certains d’entre eux, jusqu’à 50% de leur chiffre d’affaires », a noté la ministre.

    Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait annoncé mercredi soir le relèvement de 25 à 35 centimes par litre du montant de l’aide accordée aux pêcheurs français. Ce montant retrouvait ainsi le niveau maximal autorisé par l’Union européenne, et qui fluctue selon le cours du pétrole.

    Les pêcheurs mobilisés ont levé jeudi à la mi-journée les blocages organisés au port de Nice et à un dépôt pétrolier de Frontignan, dans l’attente de l’issue du rendez-vous entre leurs représentants et la ministre de la Pêche.

    Après un blocage mis en place avant l’aube à Frontignan (Hérault), les quelques dizaines de pêcheurs qui empêchaient l’accès des camions-citernes à un dépôt pétrolier se sont repliées sur la capitainerie de Sète, à l’ouest de Montpellier.

    De même, le port de Nice a été rouvert en début d’après-midi, a indiqué sa direction, après un blocage de plusieurs heures mené par une dizaine de bateaux déployés en mer à l’entrée du port. Les protestataires avaient laissé passer quelques bateaux, notamment un navire de recherches océanographiques, mais un ferry en provenance de Corse a été dérouté vers Savone en Italie, selon une source portuaire.

    Au Grau-du-Roi, des manifestants ont pendu deux mannequins représentant des pêcheurs en ciré jaune du haut d’un phare, avec ces banderoles : « la pêche se meurt », « l’Europe tue ». La mise en scène macabre était aussi déployée sur des bateaux à quai, avec des messages similaires et d’autres faux cadavres.