Tag: France

  • L’énergie du monde d’après

    L’énergie du monde d’après

    Le défi climatique à relever aujourd’hui et pour les siècles à venir comme le blocage très conjoncturel du détroit d’Ormuz… Tout plaide pour en finir avec notre dépendance aux énergies fossiles et donc pour engager les transformations nécessaires à la décarbonation de l’économie.

    Cela implique de très grands investissements pour produire la quantité nécessaire d’électricité décarbonée à travers un mix d’énergies renouvelables et d’énergie nucléaire.

    Cela suppose aussi des infrastructures répondant à ces nouveaux besoins. C’est le cas de la ligne à très haute tension qui doit alimenter les industries 2.0 du golfe de Fos.

    Elle est indispensable à la décarbonation des industries actuelles comme à l’implantation d’usines du XXIe siècle. Les critiques qui lui sont adressées parce qu’elle va traverser des paysages comme ceux de la Camargue, peuvent être atténuées si des moyens sont mis pour l’enterrer sur des segments stratégiques.

    Service public

    Tout cela ne pourra se concrétiser dans notre région comme dans le reste du pays qu’avec une intervention publique forte et planificatrice.

    Le libre-échange, le « laissez faire laissez passer » est mortifère pour les projets de réindustrialisation écologique comme l’a démontré l’abandon du projet Carbon de giga-usine de production de panneaux photovoltaïques à Fos-sur-Mer faute de protection européenne.

    Un grand service public de l’énergie tourné vers la défense de l’intérêt général et la poursuite d’objectifs écologique est l’outil sine qua none d’une politique sérieuse en la matière.

    Sous Emmanuel Macron, on en est encore loin. C’est d’abord parce que les salariés de ce pays sont tenus à distance de ces enjeux qui les concernent directement.

    Pour paraphraser un grand homme, le monde d’après devra se définir par « tout le pouvoir aux travailleurs et l’électrification du pays ».

  • [Passerelle interculturelle] Depuis la France, regarder autrement le système de santé chinois

    [Passerelle interculturelle] Depuis la France, regarder autrement le système de santé chinois

    Depuis que je vis en France, il y a une chose qui continue de m’intéresser : la manière dont chaque pays organise l’accès aux soins révèle en réalité une certaine vision de la société.

    En France, lorsqu’on tombe malade, on passe d’abord par le médecin traitant. C’est lui qui oriente le patient vers un spécialiste ou un hôpital. Le système repose sur un parcours de soins très structuré, étroitement lié à la Sécurité sociale. Cette organisation permet de mieux répartir les patients, mais elle implique aussi du temps : attendre un rendez-vous, parfois plusieurs semaines.

    En Chine, la logique a longtemps été différente. Il n’existe pas de système de médecin de famille comparable à celui de la France. Les patients ont donc souvent eu l’habitude de se rendre directement à l’hôpital, en particulier dans les grands établissements. Pendant longtemps, ces hôpitaux ont ainsi fait face à une très forte pression.

    Pour mieux organiser l’accès aux soins, la Chine dispose déjà d’un système médical hiérarchisé, structuré autour des soins de proximité, des hôpitaux régionaux et des grands hôpitaux de niveau supérieur. Ces dernières années, les réformes ont surtout cherché à rendre ce système plus efficace : renforcer les structures locales, mieux répartir les patients entre les différents niveaux de soins et éviter que les grands hôpitaux ne concentrent une part excessive de la demande médicale.

    Cette évolution répond à un défi immense : comment organiser la santé d’une population de plus de 1,4 milliard d’habitants.

    Espérance de vie

    En 2024, les établissements de santé chinois ont enregistré plus de 10 milliards de consultations et d’actes médicaux. Ce chiffre impressionnant montre à quel point le système fonctionne à très grande échelle. Il explique aussi pourquoi les hôpitaux chinois développent rapidement une expérience clinique importante, notamment dans les grands centres hospitaliers.

    Aujourd’hui, la Chine accorde une place de plus en plus importante à la santé publique, à la prévention et au vieillissement de la population. L’espérance de vie moyenne y a atteint 79 ans en 2024 et continue de progresser.

    Mais ce qui me frappe le plus entre la Chine et la France concerne peut-être le rapport au corps lui-même. En France, beaucoup de personnes parlent du repos, du soleil, de l’équilibre de vie. En Chine, il existe aussi une culture très quotidienne du soin : acupuncture, massages, ventouses, médecine traditionnelle, alimentation ou sommeil font partie, pour beaucoup, d’une manière de préserver le corps avant même la maladie.

    J’ai d’ailleurs été surprise de découvrir qu’en France aussi, certains hôpitaux proposent aujourd’hui des consultations d’acupuncture. Pour beaucoup d’Européens, ces pratiques restent associées à une médecine alternative. En Chine, elles appartiennent simplement au quotidien. Vivre entre ces deux pays m’a finalement appris une chose : la médecine ne reflète pas seulement un système hospitalier ou une technologie. Elle révèle aussi une manière de penser le temps, la prévention et la relation qu’une société entretient avec le corps humain.

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • [Entretien] Bastien Bonnargent : « Il y a un sentiment de déclassement chez les jeunes »

    [Entretien] Bastien Bonnargent : « Il y a un sentiment de déclassement chez les jeunes »

    La Marseillaise : Vous avez été élu ce dimanche à la tête du MJCF. Quel est votre parcours ?

    Bastien Bonnargent : J’ai adhéré à la JC en 2016, dans le département dans lequel j’ai grandi, les Hautes-Pyrénées. Mais comme beaucoup de jeunes des Hautes-Pyrénées, j’ai déménagé très vite pour faire des études d’histoire dans la métropole toulousaine, où j’ai pris mes premières responsabilités jusqu’à devenir secrétaire fédéral. En 2024, je suis ensuite rentré à la coordination nationale de la JC. Et désormais, c’est un nouveau mandat qui s’ouvre.

    Quelles sont les priorités
    de ce mandat ?

    B.Bo. : C’est toute une équipe de direction nationale qui est renouvelée. Nos priorités, pour les mois et années à venir, c’est de continuer le travail de renforcement engagé pour construire une organisation qui s’adresse à toute la jeunesse, dans sa diversité. Nous nous fixons comme objectif de nous implanter au maximum dans les lieux de formation professionnelle, dans les lieux d’emploi, pour toucher un public moins politisé que dans les lycées généraux ou les grands pôles universitaires, et qui pourtant constituent les futures forces vives du pays. Nous avons engagé depuis l’année dernière une campagne pour la création d’emplois pour nous adresser à eux sur les conditions de stage, d’apprentissage, leur orientation. Nous voulons les impliquer au maximum pour faire émerger des responsables qui viennent de ces milieux.

    C’est presque à rebours des autres organisations de jeunesse qui ciblent plus les universités
    et les quartiers populaires ?

    B.Bo. : Nous voulons développer une conscience de classe, nous adresser à tout le monde. Nous militons bien sûr dans les facs, les résidences étudiantes, mais nous voulons éviter de nous adresser à un petit cercle déjà convaincu. Les jeunes dans les milieux professionnels sont pour beaucoup confrontés aux effets les plus immédiats du capitalisme, ils subissent la casse de la formation, la baisse du salaire des apprentis, les conditions de stage de plus en plus difficiles. On le voit avec le nombre de jeunes morts au travail qui augmente de manière fulgurante. Et ces lieux de formation ou d’emploi sont le plus souvent dans les quartiers populaires.

    La présidentielle est un moment de politisation pour une jeunesse qui a surtout connu Emmanuel Macron au pouvoir. Vous l’abordez comment ?

    B.Bo. : Nous n’avons pas encore de position arrêtée, mais il ne faut pas avoir peur de ce que nous sommes, des communistes, et de revendiquer ce que nous portons au quotidien sur la création d’emplois, contre l’impérialisme. Nous devons être les plus offensifs possible. Nous sommes dans un moment où il y a énormément de résignation, il y a un sentiment de déclassement très fort chez les jeunes. C’est dans les endroits où nous militons, les CFA, les lycées professionnels, que le Rassemblement national s’implante alors nous devons pousser pour créer de la conscience de classe et transformer la colère sociale des jeunes en levier de transformation sociale.

  • Sophie Binet : la parole syndicale criminalisée

    Sophie Binet : la parole syndicale criminalisée

    « J’ai appris vendredi que j’étais mise en examen suite au fait que j’ai dénoncé la répression syndicale qui sévit à Tefal », a expliqué Sophie Binet, lundi sur France 2.

    Cela fait suite « à une plainte en diffamation de l’entreprise Tefal contre les propos de Sophie Binet : “la CGT de Tefal fait face à une répression patronale violente” tenus lors d’un débat à la Fête de l’Humanité en septembre 2025 », a précisé la CGT dans un communiqué. Si la mise en examen est quasi-automatique en cas de plainte pour diffamation, les poursuites engagées par l’entreprise témoignent de la criminalisation des actions syndicales en France. Sollicité par l’AFP, Tefal a confirmé « avoir engagé une procédure judiciaire contre Madame Binet et ses co-auteurs » à savoir le directeur du journal l’Humanité et sénateur communiste Fabien Gay, lui aussi mis en examen. « Cette procédure concerne des accusations publiques graves et erronées visant l’entreprise, que Tefal conteste fermement », indique l’entreprise, en précisant que la mise en examen « lui a été notifiée le 12 mars ».

    Alerte sur la dangerosité des PFAS

    Sophie Binet a expliqué que « la CGT alerte depuis des mois sur la dangerosité des PFAS, un composant chimique qui est utilisé pour les poêles de Tefal ». La coordinatrice CGT du groupe SEB (détenant la marque Tefal) et membre de la direction confédérale de la CGT a été sanctionnée en interne par le groupe pour avoir demandé des précisions sur ces composants, une sanction qu’elle contestera le 4 juin aux prud’hommes, selon la CGT. Pour Sophie Binet, Tefal « essaie de bâillonner les syndicalistes qui s’expriment sur les conditions de travail ou l’impact environnemental des productions ». Les propos de Sophie Binet tenus lors d’un débat au Forum social, samedi 13 septembre 2025 lors de la Fête de l’Humanité, sont les suivants : « Les luttes environnementales sont maintenant parmi les plus réprimées, avec le plus de violence. À Tefal, je suis très fière que la CGT ait eu la force de dénoncer les PFAS et d’expliquer qu’il ne fallait pas céder au chantage à l’emploi mais qu’il fallait transformer le modèle productif de l’entreprise pour défendre l’emploi à moyen et long terme ». Sophie Binet ajoutait : « J’étais à Tefal la semaine dernière avec mes camarades pour soutenir la CGT, qui fait face à une répression patronale violente, puisque notre camarade Ouria Belaziz, coordonnatrice de la CGT Tefal, a été sanctionnée par la direction. » Tefal de son côté affirme qu’« il ne s’agit pas de remettre en cause la liberté syndicale, le droit de critique ou le débat public » mais estime que « la liberté d’expression ne permet pas d’imputer à une entreprise des faits inexacts ». « Tefal réfute toute accusation de répression syndicale », ajoute l’entreprise.

    « Une loi pour protéger

    la liberté d’expression »

    La CGT, estimant « anodins » les propos pour lesquels Sophie Binet est poursuivie, affirme, elle, que « sur cette base, la quasi-totalité des syndicalistes du pays pourraient être poursuivis ». La leader de la CGT a appelé les parlementaires et le gouvernement « à enfin mettre sur le tapis une loi pour protéger la liberté d’expression et la liberté syndicale qui aujourd’hui est en danger ». Sophie Binet avait déjà été mise en examen en décembre pour « injure publique » après avoir qualifié en janvier à la radio les patrons de « rats qui quittent le navire » dont « le seul objectif, est l’appât du gain ». Selon l’Humanité, « depuis le 1er avril 2023, la CGT dénombre plus de 1 000 militants et cadres inquiétés par des poursuites judiciaires ou disciplinaires ».

  • [Entretien] Vincent Boulet (PCF) : « Redonner à la France une voix indépendante pour la paix et le droit international »

    [Entretien] Vincent Boulet (PCF) : « Redonner à la France une voix indépendante pour la paix et le droit international »

    La Marseillaise : Quel message avez-vous envie de porter aujourd’hui ?

    Vincent Boulet : Je veux parler de paix. Parce qu’elle est, aujourd’hui, comme le disait Jean Jaurès, « la mère de toutes les batailles ». Elle permet de lutter contre la domination impérialiste et les concurrences capitalistes qui provoquent les guerres, de poser la question de l’émancipation démocratique et sociale, car il n’y a pas de paix sans progrès social ni de progrès social sans paix. Et puis, ça permet d’aborder le positionnement de la France dans les crises internationales. En perdant les outils de sa politique d’indépendance, la France est devenue inaudible et vassale de l’Otan et des États-Unis. Donc la question, c’est comment redonner à la France une voix indépendante pour la paix et le droit international.

    Comment fait-on pour peser
    sur cette question avec une gauche affaiblie, en France et en Europe ?

    V.B. : Au PCF, nous pensons que la question est de savoir sur quelle base on reconstruit une gauche à l’offensive sur les questions sociales et sur celle de la république que nous voulons. Est-ce qu’on veut un État désindustrialisé, sans vision ni poids sur les questions internationales, ou en position de peser ? Ça fait longtemps que les communistes disent que l’Otan n’est pas un outil pour la sécurité mais un outil de guerre et d’ingérence et on le voit aujourd’hui avec les injonctions à porter les dépenses militaires à 5% du PIB ou les menaces de Trump contre ses membres. Donc nous militons pour la sortie de l’Otan, ce qu’avait fait le général de Gaulle en sortant du commandement intégré en 1966 et nous posons aussi l’exigence d’un autre ordre de sécurité collective en Europe sur la base de l’esprit de la conférence d’Helsinki de 1975. Ce sont des sujets que nous portons, notamment via des événements comme la Fête de La Marseillaise.

    Sous-entendez-vous la création d’une Europe de la défense ?

    V.B. : Non, car elle serait soumise à l’Otan. L’UE a renforcé sa vassalisation envers l’Otan et les États-Unis, et après plus de quatre ans de guerre en Ukraine et plus d’un million de morts à nos frontières, elle a été incapable de prendre la moindre initiative diplomatique et pire, provoque des tensions. Donc une Europe de la défense ne peut pas exister et encore moins une armée européenne. Ce que nous voulons, c’est une Europe de la sécurité collective, impliquant que la sécurité d’un peuple ne peut pas être assurée contre celle du peuple d’à côté. C’est le principe de l’indivisibilité de la sécurité. Et les peuples européens de l’Atlantique à l’Oural ont des intérêts communs à la paix et à la sécurité.

    En termes de souveraineté, la hausse de 36 milliards d’euros de la loi de programmation militaire
    ne va-t-elle pas dans ce sens ?

    V.B. : Non, elle ne répond pas à ces enjeux-là car elle reste, là aussi, dans une logique de soumission à l’Otan et de renforcement de la militarisation. La défense nationale doit retrouver son indépendance en sortant de l’Otan, en rebâtissant un pôle public industriel de défense, et au service d’objectifs politiques de paix. Mais on n’oppose pas les choix souverains des peuples à la nécessité des coopérations. Au contraire, l’un ne va pas sans l’autre. C’est justement en reconquérant des outils de souveraineté que la France pourra rebâtir des politiques de coopération selon ses intérêts, mais aussi les intérêts communs à l’ensemble des peuples.

    Un débat sur la paix au programme de l’après-midi

    Quelle défense nationale ? Pour ou contre le nouveau porte-avions ? Quel rôlede la France dans le concert des nations ? Quel chemin pour atteindre la paix ?Vincent Boulet (PCF) a croisé son point de vue avec celui de Richard Roméo-Giberti (UD CGT 83). Un débat de haute tenue salué par l’assistance. Photos M.E.H.

  • Le troisième tour des municipales

    Le troisième tour des municipales

    Le dernier grand scrutin national avant la présidentielle du printemps 2027, sont les élections sénatoriales, prévues en septembre.

    Si cette élection se déroule dans un climat beaucoup plus feutré que les municipales, puisqu’il s’agit d’un scrutin au suffrage universel indirect (le corps électoral est composé de grands électeurs), elle n’en demeure pas moins majeure.

    Aujourd’hui, la chambre haute du Parlement est dominée par la droite qui y dispose d’une majorité confortable. Une hégémonie qui tranche avec son recul au profit de l’extrême droite RN dans les derniers scrutins nationaux. Il n’empêche, les résultats des élections municipales sont déterminants puisque l’essentiel des grands électeurs est issu des conseils municipaux nouvellement élus en mars. Ces rapports de force dessineront une nouvelle configuration même si seule la moitié des sièges de sénateurs sont renouvelés.

    Freiner les velléités du RN

    Si les listes ne sont pas encore complètes, il se dessine des stratégies, notamment à gauche où l’union est privilégiée, même si elle demeure « un combat », les sièges étant comptés. Ce choix serait cohérent car l’un des objectifs est de freiner les velléités de l’extrême droite RN et de renforcer les rangs des progressistes au Palais du Luxembourg.

    Autre dimension importante, le Sénat est la voie des territoires et donc des collectivités. Sénateurs et sénatrices participent bien sûr à l’élaboration de la loi mais défendent également le développement des communes et départements. Ils en sont, en quelque sorte les porte-paroles. Ce scrutin est donc essentiel.

  • Bastien Bonnargent élu secrétaire général des Jeunes communistes

    Bastien Bonnargent élu secrétaire général des Jeunes communistes

    Âgé de 26 ans et préparant le concours pour devenir enseignant en lycée professionnel après des études d’histoire, le Toulousain Bastien Bonnargent a été élu ce dimanche secrétaire général du Mouvement des jeunes communistes de France, à l’occasion de son assemblée nationale des animateurs. Il succède à Assan Lakehoul, resté pendant trois ans à la tête de l’organisation, à l’occasion d’un renouvellement plus large au sein de la direction nationale.

    «Nos priorités dans les mois et années à venir, c’est de continuer le travail de renforcement engagé et de réussir à nous implanter au maximum dans les lieux de formation professionnelle, d’emploi, pour toucher un public moins politisé», explique celui qui avait adhéré en 2016 dans son département natal des Hautes-Pyrénées, s’inscrivant dans la continuité de son prédécesseur. A l’occasion de son dernier congrès il y a un an, le mouvement a ainsi lancé une campagne sur la question de la création d’emplois.

    Faire face au RN

    «Il y a un fortement de déclassement très fort chez les jeunes, nous constatons au quotidien que c’est dans les endroits dans lesquels nous militons que le Rassemblement national trouve son terreau, dans les lieux où les jeunes sont les plus précaires», alerte Bastien Bonnargent, pointant la multiplication des accidents du travail chez les jeunes, notamment sur leurs lieux de stage.

    Et si le MJCF, fort de 15 000 contacts dans plus de 70 départements, n’a pas encore arrêté sa stratégie pour la présidentielle à venir, «nous avons pour ambition d’être le plus offensif possible dans la période», insiste le fan du Toulouse Football club. «Il faut pousser partout pour créer de la conscience de classe et transformer la colère des jeunes en levier de transformation sociale», défend-il.

  • [Le coin BD] Les animaux malades de la peste… et des humains aujourd’hui

    [Le coin BD] Les animaux malades de la peste… et des humains aujourd’hui

    Un procès, celui d’animaux qui viennent à la barre, qui seraient responsables des pandémies, l’occasion de questionner notre rapport aux autres espèces et la propre responsabilité des hommes dans les zoonoses… Alors que le souvenir du Covid 19 est toujours vivace, la question des maladies transmissibles de l’animal à l’homme comme la rage, la tuberculose ou la grippe aviaire est d’une actualité brûlante. L’anthropologue et philosophe du CNRS Frédéric Keck et l’illustratrice Héloïse Chochois font, à travers de nombreux exemples dans ce procès fictif, un récit de vulgarisation qui invite à repenser notre place parmi les autres espèces. Avec dans le box vison, chauve-souris, pangolin, singe ou poulet, les deux auteurs racontent de manière scientifique la transmission des virus d’une espèce à l’autre. Et surtout montrent comment le capitalisme qui a transformé les espèces vivantes en marchandise, entre élevage en batterie, urbanisation galopante, changement climatique et chute de la biodiversité, est l’un des principaux responsables, si ce n’est « le » responsable de ces zoonoses. Ce que démontre dans l’album le scientifique américain marxiste Mike Davis qui a largement travaillé sur ces questions et dont la pensée éclaire ce problème majeur. Avec une vraie question : foncer dans le mur avec une multiplication à venir des épidémies ou bifurquer ?

    Saint-Exupéry

    Et l’origine du Petit Prince… Cette intégrale de Pierre-Roland Saint-Dizier et Cédric Fernandez célèbre les 80 ans de la parution en France du plus célèbre livre de l’écrivain aviateur. À travers ces trois albums, ils reviennent sur la biographie d’Antoine de Saint-Exupéry depuis son début à l’Aéropostale en Afrique et en Amérique du Sud jusqu’à son crash mortel au-dessus des calanques de Marseille le 30 juillet 1944. C’est lors de son exil aux États-Unis qu’il écrira ce conte pour enfants immortel publié dans l’hexagone à titre posthume.

    Chez Glénat, 16€

    Le goût du métal

    Bruno Duhamel livre un très beau roman graphique situé dans le milieu agricole de la vallée du Beuvron sur le thème original des chercheurs de trésor flanqués de leurs détecteurs de métaux dont la quête de l’Eldorado détruit le patrimoine local. À travers le personnage de Léo, un garçon inadapté qui vit chez sa sœur, de son voisin éleveur ainsi que celui de Gabriel, un défenseur de ce patrimoine qui devient progressivement fou, il tresse un passionnant drame rural dans un milieu habituellement très peu traité. Une réussite !

    Chez Grand Angle, 15,90€

    La belle histoire des jardins

    De l’enclos néolithique aux jardins du Mucem de Marseille ou de la fondation Luma à Arles, en passant par ceux de Versailles et tous les autres, Catherine Delvaux et Simon Hureau proposent une plongée passionnante et érudite dans l’histoire des jardins qui charmera autant les amateurs que les néophytes. Au fil de 15 chapitres, le lecteur en apprendra autant sur les plantes et leur histoire que sur les styles qui ont conduit à leur agencement à travers le monde et les civilisations. Une somme incroyable et facile à lire.

    Chez Les Arènes BD, 26€

    Français langue étrangère

    Éric Salch propose une BD sur un sujet pas vraiment drôle, l’accueil des réfugiés hommes et femmes qui ont fui guerres et misères et les cours de « français langue étrangère » qui leur sont dispensés par Marie, une professeure spécialisée. Avec justesse et sans pathos, il décrit le choc culturel de ces exilés et leur volonté d’apprendre pour s’en sortir. Un album qui va bien au-delà des clichés et sert sa cause sans en cacher les difficultés en privilégiant l’humain dans un mélange de réalisme et d’humour qui est la marque de fabrique de l’auteur.

    Chez Dargaud, 23,95€

    Dortmunder

    Dans la collection « Aire noire », Doug Headine et Jesus Alonso Iglesias adaptent en BD l’un des principaux personnages de Donald E. Westlake, John Dortmunder, cambrioleur et braqueur poursuivi par la poisse. Dans ce tome un, « Bank shot », il va tenter non de braquer une banque installée dans un mobile home mais de la mettre sur roue pour la subtiliser. Un plan brillant qui doit être servi par une équipe compétente et efficace, mais rien ne fonctionnera comme prévu dans une ambiance polar noir comme on les aime.

    M.B.

    Chez Dupuis, 21€

    Cécile la Shérif

    Au XIXe siècle, au cœur de la France, Cécile a un rêve : devenir la première magistrate du pays ! Rêve impossible, ce qui la conduira à traverser l’Atlantique en compagnie d’un musicien-poète-aventurier… C’est dans le Far West qu’elle pourra assouvir sa vocation pour le respect de la loi en devenant shérif. Walter Guissard et Victor Coutard livrent un récit de western enlevé et burlesque servi par un graphisme vif et coloré pour un album extrêmement original et plaisant entre Orléans et la Nouvelle Orléans.

    Chez Casterman, 24€

  • Les pressions se multiplient pour l’annulation des concerts de Bruel

    Les pressions se multiplient pour l’annulation des concerts de Bruel

    Plusieurs maires ont invité le chanteur, visé par quatre enquêtes pour viols en France et une enquête judiciaire en Belgique pour agression sexuelle, à renoncer à se produire dans leur ville, à Paris, Marseille, Lille, Nancy ou encore Toulon (lire ci-contre) .

    « La présomption d’innocence doit être garantie. Mais y compris pour la sérénité de sa défense, je pense qu’effectivement, il devrait se retirer, il devrait mettre entre parenthèses sa carrière », le temps que « la justice soit rendue », a déclaré le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, sur France 2. Une exigence défendue dès les premières accusations par différentes associations et collectifs féministes.

    Sa tournée doit démarrer le 16 juin au Cirque d’Hiver à Paris, puis passer dans de nombreuses villes françaises, en Suisse et en Belgique. Mais plus au Canada, où trois dates de concerts prévues en décembre ont été annulées mardi par l’agence d’événementiel Gestev, en raison « du contexte actuel et de l’impossibilité d’assurer la promotion ».

    L’interprète de Alors regarde, Casser la voix et Place des grands hommes, fait aussi l’objet d’une plainte déposée par l’animatrice Flavie Flament, pour un viol qu’elle affirme avoir subi en 1991 quand elle avait 16 ans, selon le parquet de Paris.

    De « nouvelles plaintes pour viols » sont à venir, a annoncé mardi Corinne Herrmann, l’avocate de l’animatrice, alors que la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a enjoint « les femmes à parler, même des dizaines d’années après », dans les affaires de violences sexistes et sexuelles. Patrick Bruel, 67 ans, conteste l’ensemble des faits qui lui sont reprochés, affirmant n’avoir « jamais forcé » une femme à des relations sexuelles. Il a expliqué avoir eu une « brève histoire » avec Flavie Flament, ajoutant qu’« il n’y eut ni viol, ni drogue ».

    En écho à cette libération de la parole, une pétition, soutenue par des associations féministes et qui avait recueilli plus de 25 000 signatures mercredi, demande l’annulation de ses prochains concerts. Pour l’heure, Patrick Bruel est à l’affiche d’une pièce de Samuel Benchetrit, au théâtre Edouard VII à Paris, où son public lui témoigne toujours sa fidélité, a constaté mardi soir l’AFP.

    De son côté, la ministre déléguée chargée de l’Égalité femmes/hommes, Aurore Bergé, estime que c’est à Patrick Bruel de « décider s’il souhaite être sur scène (…) C’est une décision qui lui appartient, à lui, et qui ne m’appartient pas, à moi, ni à vous. C’est lui qui doit décider s’il souhaite continuer à être sur scène », a déclaré la ministre sur RTL jeudi, avant de rappeler qu’il y avait une enquête ouverte mais « pas de condamnation ».

    Pas le bienvenu dans la région

    À Marseille, Toulon et Salon, les maires demandent au chanteur d’annuler ses concerts.

    Benoît Payan, le maire (DVG) de Marseille, a demandé mercredi à Patrick Bruel de « ne pas maintenir son concert prévu à Marseille, le temps que la justice fasse sereinement son travail », a-t-il indiqué mercredi. Même son de cloche du côté du maire (LR) de Salon-de-Provence Nicolas Isnard, le même jour, qui enjoint le chanteur visé par plusieurs plaintes de femmes pour viol et agressions sexuelles d’annuler de lui-même ses concerts « le temps que la justice se fasse ». Ce jeudi, c’est au tour de Josée Massi, la maire (SE) de Toulon de prendre position par le biais d’un communiqué et de « s’associer à plusieurs maires pour demander à Patrick Bruel d’annuler lui-même ses concerts ». Si l’élue se dit « profondément attachée à la présomption d’innocence qui doit s’appliquer en toutes circonstances », elle considère que « chacun doit faire sa part » pour « permettre un climat apaisé et respectueux pour toutes et tous ». S.F.

  • Carburants : Lecornu annonce 710 millions d’euros d’aides

    Carburants : Lecornu annonce 710 millions d’euros d’aides

    Désireux de « changer d’échelle » sans abandonner « personne », le Premier ministre et dix de ses ministres ont détaillé, lors d’une conférence de presse, ce nouveau paquet de mesures de « soutien à l’activité » percutée de plein fouet par la guerre en Iran, avec la même « philosophie » d’aides aux secteurs les plus touchés.

    Les aides sectorielles existantes pour les agriculteurs, les transports, la pêche ou le BTP, vont être prolongées jusqu’à l’été, et les entreprises sont invitées à verser une prime carburant augmentée à leurs salariés. Dans le détail, celles pour la pêche représenteront entre 30 et 35 centimes d’euro par litre de gazole, tandis que les agriculteurs bénéficieront d’un soutien de 15 centimes par litre de gazole non routier (GNR).

    Parmi les plus vulnérables, les aides à domicile, qui utilisent beaucoup leur voiture, et les fonctionnaires verront leurs indemnités kilométriques revalorisées, à hauteur d’environ 20 centimes par litre. L’aide aux gros rouleurs de 50 euros sera doublée à 100 euros. Les fonctionnaires amenés à utiliser leur véhicule personnel dans le cadre de leur mission verront eux aussi leurs indemnités de déplacement revalorisées, avec une majoration équivalente à environ 0,20 euro par litre de carburant.

    Avancer « prudemment »

    Car « d’une manière ou d’une autre, sous une forme ou sous une autre, cette guerre va durer, soit de manière froide (..) soit malheureusement aussi avec une reprise du conflit et des frappes, ce qui est un scénario évidemment possible », a prévenu Sébastien Lecornu.

    Mais comment aider davantage les métiers touchés sans creuser le déficit ou contraindre les dépenses ?

    Il faut « avancer prudemment » pour ne pas « casser la croissance », a souligné le chef du gouvernement parce que ces aides et la guerre ont « un coût » et un « certain nombre d’économies » seront « nécessaires ». Elles seront détaillées dans un comité d’alerte sur les finances publiques qui se réunira au mois de juin.

    Le gouvernement a déjà annoncé six milliards d’euros de gels ou annulations de crédits sur les dépenses publiques en 2026, dont quatre sur l’État et deux dans « la sphère sociale », qu’il envisage de « remettre à jour ».

    Le Premier ministre a écarté de nouveau « toute baisse générale indiscriminée de la fiscalité sur le carburant » qui coûte « très cher » aux finances publiques. Elle reste l’une des demandes d’une partie des oppositions pour soulager la facture énergétique des ménages. Pas question non plus de réclamer aux Français plus de sobriété dans leur consommation de carburant. « Il ne faut pas emmerder les Français » en leur faisant la « leçon » sur la façon dont ils doivent vivre, a affirmé Sébastien Lecornu, reprenant une formule célèbre de son lointain prédécesseur Georges Pompidou.

    Le gouvernement s’en remet en partie aux entreprises, en renforçant la prime carburant pour les salariés. Le montant maximum de cette prime défiscalisée versée par les employeurs sera portée de 300 à 600 euros. Sébastien Lecornu avait déjà salué la mesure prise par le groupe pétrolier TotalEnergies de plafonner les prix à la pompe dans ses stations-service, à défaut de le faire à son niveau compte tenu des contraintes budgétaires.