Tag: France

  • Des avions français aux quatre coins du monde

    Des avions français aux quatre coins du monde

    Sur le tarmac brûlant de la base aérienne (BA) 125 d’Istres, huit avions multirôles Rafale patientent sagement, prêts au décollage. Ce mardi, quatre d’entre eux participeront à la mission Pégase 2026, accompagnés de quatre Airbus A330 MRTT, deux A400M Atlas et 300 aviateurs. Cette 7e itération de la mission vise à parcourir 40 000 kilomètres autour du globe en 40 jours, de la BA 125 jusqu’en Égypte en passant par le Groenland, le Canada, l’Alaska, le Japon, la Corée du Sud, l’Indonésie, l’Inde, le Qatar et la Réunion. L’opération est pilotée depuis le centre Air de planification et de conduite des opérations (Capcoda), à la base aérienne 942 de Lyon-Mont-Verdun.

    Aux militaires présents lors du briefing de masse, la ministre déléguée aux Anciens combattants Alice Rufo indique qu’il s’agit d’un « moment d’une génération que d’ouvrir une nouvelle route vers l’indo-pacifique, l’Inde et l’Indonésie ». Cette opération de projection de puissance aérienne de longue portée, dont la BA 125 est l’outil dédié, est garante selon la ministre de « la signature française de crédibilité » dans la capacité de la France à « être là où elle veut dans le monde pour défendre ses intérêts ».

    Une dimension partenariale

    De passage et d’escale dans une multitude de pays différents, cette mission s’effectue dans « une dimension internationale et partenariale » d’après la ministre déléguée. Que ce soit avec le Danemark, le Canada et les États-Unis, où le matériel sera testé et éprouvé dans des conditions particulières, confortant la « stratégie Arctique » de la France soulevée par Alice Rufo. « On peut compter sur la France jusqu’au Moyen-Orient, percuté de déstabilisations », assure la ministre, entre les escales de valorisation de la BA 181 de La Réunion et celles visant à renforcer les partenariats stratégiques avec les pays d’Asie traversés, au travers notamment de l’exercice multinational Tarang Shakti piloté par l’Inde.

    Sur le fond, la ministre déléguée affirme que la mission Pégase 2026 constitue surtout « un acte géopolitique important », dans la consécration de « la liberté de circulation » aérienne comme maritime et dans « la valeur du droit international », parlant de construire « un monde fondé sur le droit respect des souverainetés et alliances entre nations ».

    Plus tard, en marge du briefing lors d’un point presse, Alice Rufo insiste sur le fait que la BA 125 d’Istres est « le poumon opérationnel de la mission », « tout part d’ici et tout y reviendra ». « Les deux lois de programmation militaire ont renforcé cette base d’importance cruciale », rappelle la ministre, relevant « la base industrielle et technologique » en arrière-plan.

    La France est « une puissance de paix » qui « renforce l’autonomie stratégique européenne » selon Alice Rufo, insistant sur le « développement de l’interopérabilité avec les armées partenaires : on vole, se pose et travaille ensemble ». « Si on est amenés à agir face à une menace on doit être prêts » ajoute-t-elle, précisant que cette posture n’est « pas en réaction ». À l’heure du choc des impérialismes, le vœu est pieux.

  • Vite une loi contre les violences sexuelles

    Vite une loi contre les violences sexuelles

    Exigée depuis des années par les mouvements féministes et enfantistes, ce n’est que quand le pire arrive que le sujet d’une loi-cadre contre les violences sexuelles, sexistes et intrafamiliales est mis sur la table. Le 4 juin dernier, la France découvre l’histoire terrible de Lyhanna, violée et tuée par un homme qui avait déjà été signalé plusieurs fois pour agression sexuelle ou comportement inapproprié à l’encontre de mineures.

    Les défaillances au niveau de la police et de la justice ne manquent pas d’attiser l’indignation d’une grande partie de l’opinion publique. L’importance d’une loi intégrale pour tenter de faire face à ces violences et aux dysfonctionnements institutionnels revient alors au cœur des débats. Ce lundi, la proposition de loi a débuté son parcours parlementaire, déposée officiellement le 11 août 2026 par la députée socialiste de Seine-et-Marne Céline Thiébault-Martinez.

    L’objectif est d’apporter une réponse globale contre ces violences, que ce soit au niveau de la police, du pouvoir judiciaire, de la santé et de l’éducation. Elle prévoit notamment la formation des personnels de police, judiciaire et éducatif pour mieux recevoir la parole des victimes et la création d’une juridiction spéciale. Elle statue aussi sur un budget annuel de 3 milliards d’euros de 2027 à 2032 consacré à la lutte contre les violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales.

    Mais le temps est compté. La demande de session extraordinaire a été abandonnée, repoussant l’examen du texte début octobre. Entre les débats sur la loi de finances et la présidentielle qui approchent, les partisans de la loi craignent qu’elle ne soit pas votée à temps.

  • Choix de société

    Choix de société

    De très nombreuses mobilisations ont eu lieu hier dans notre région et partout en France pour exiger une loi « intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants ».

    L’affaire Lyhanna a fait l’effet d’un catalyseur dans une France secouée par la révolution #MeeToo et la révélation de plusieurs affaires dont les victimes étaient des mineurs.

    Face au fatalisme abject qui veut que les violences sexuelles
    « ont toujours existé » et seraient d’une certaine manière inévitables,
    le mouvement qui s’est emparé des parvis de tribunaux est salvateur.

    Oui, il faut une loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Avec les moyens qui
    vont avec.

    L’Espagne a démontré qu’en investissant massivement sur cette question, il était possible de faire reculer le nombre de féminicides.

    L’austérité est un poison

    Oui, les féministes de notre région et de France ont raison d’exiger les trois milliards d’euros nécessaires à protéger les femmes et les enfants de la violence patriarcale.

    Comme en tout domaine, le renoncement est un poison.

    Dans une France qui s’apprête à choisir son destin en 2027, le gouvernement Lecornu semble déterminé à reproduire les recettes qui ont échoué depuis 40 ans.

    L’austérité comme seul horizon est un recul de société et peut être même un recul de civilisation.

    Elle est incompatible avec la résolution des questions posées par
    les femmes et les enfants victimes de violences sexuelles.

    Un autre chemin est possible. C’est un choix de société. Une exigence d’humanité.

  • [Passerelle interculturelle] ZXMOTO : la compétition vitrine des motos chinoises en Europe

    [Passerelle interculturelle] ZXMOTO : la compétition vitrine des motos chinoises en Europe

    Lors de la manche française du WorldSSP cette saison, ZXMOTO a réalisé un week-end solide. Valentin Debise a obtenu deux troisièmes places lors des deux courses, tandis que son coéquipier italien Federico Caricasulo a signé comme meilleur résultat une cinquième place.

    Fabio Evangelista, team principal d’Evan Bros Racing, estime que les résultats de la moto de course, tout comme les performances de la ZXMOTO 820RR, démontrent que les produits chinois, notamment dans le secteur de la moto, ont atteint le niveau des modèles européens et japonais et peuvent même, dans certains domaines, se montrer supérieurs. Selon lui, le fait que l’équipe soit aujourd’hui engagée dans la lutte pour le titre mondial témoigne des performances et de la qualité de la moto. Il ajoute que cette appréciation est également partagée par de nombreuses personnes avec lesquelles il échange en Europe.

    Pour ZXMOTO, la compétition constitue à la fois un laboratoire et un moyen de gagner rapidement en visibilité. Sa moto de course, la 820RR-RS, permet de tester les performances du moteur, du châssis et des différents composants dans des conditions extrêmes. Les enseignements tirés sur les circuits peuvent ensuite contribuer au développement des modèles destinés au grand public, notamment la 820RR.

    Une nouvelle étape pour l’industrie chinoise de la moto

    Gregorio Lavilla, directeur exécutif de WorldSBK, estime que l’arrivée de nouveaux constructeurs internationaux, notamment chinois, contribue au développement et à la diversité du championnat. Selon lui, la participation des marques chinoises est également importante pour rapprocher WorldSBK du marché chinois et élargir son audience internationale.

    Cette présence attire aussi l’attention des entreprises européennes du secteur. Guido Acerbis, dirigeant de l’équipementier italien Acerbis, considère que la coopération avec les marques chinoises ouvre de nouvelles perspectives. Il estime que les marques chinoises sont appelées à occuper, à l’avenir, une place importante dans l’ensemble des compétitions motocyclistes.

    Le marché représente désormais la prochaine étape. Mais transformer les succès sportifs en succès commercial demandera du temps. Pour s’installer durablement en Europe, les marques chinoises devront construire un réseau de distribution, garantir le service après-vente, assurer la disponibilité des pièces détachées et gagner la confiance des consommateurs. Dans ce processus, les résultats obtenus sur les circuits constituent un argument concret : ils permettent de démontrer la fiabilité et les performances des motos au-delà des discours commerciaux.

    La saison 2026 marque ainsi une nouvelle étape pour l’industrie chinoise de la moto. Après avoir développé sa production et son marché intérieur, elle cherche désormais à se faire une place dans les compétitions internationales et sur le marché européen. À Magny-Cours, ZXMOTO ne joue donc pas seulement un classement : la marque tente aussi de changer le regard porté en Europe sur les motos chinoises.

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • [Entretien] Patrick Mennucci : « Si c’est Mélenchon face à Le Pen, on est sûr de perdre »

    [Entretien] Patrick Mennucci : « Si c’est Mélenchon face à Le Pen, on est sûr de perdre »

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui a convaincu le PS de vous confier cette mission et pourquoi l’accepter ?

    Patrick Mennucci : Je n’étais demandeur de rien et ce consensus s’est opéré, sans doute parce que j’ai cette forme de neutralité car je n’ai pas choisi de candidat et que j’entretiens les bonnes relations avec tous. Peut-être aussi le respect lié à mon âge et le fait aussi que je ne suis plus demandeur de mandat ou de désignation. Après, moi j’ai toujours essayé d’aider le PS et je ne peux pas me défiler quand on me demande de contribuer à remettre la gauche de gouvernement sur les rails.

    Quel sera votre rôle ?

    P. M. : Surtout de coordination. L’important, c’est que la primaire tourne autour des sujets qui intéressent les Français et que les candidats veulent mettre en avant. Mon rôle sera de favoriser le débat de fond et régler avec les membres de la commission ces bisbilles qui surgissent toujours dans une élection.

    Quel est le principal objectif ?

    P. M. : Que le scrutin se passe bien, mais avec le vote sur plateforme numérique*, on a moins de problèmes qu’avec des bureaux de vote. Et puis on a élargi la plage de vote à deux jours pour que si quelqu’un a des difficultés lors du vote, il ait le temps d’appeler la hotline. De ce point de vue, tout a été fait pour que la transparence soit totale et que le candidat ou la candidate désignée soit reconnue par tous, de manière incontestable. Après, si j’ai peu de choses à faire, c’est bon signe. Un des enjeux sera aussi l’éventualité d’un second tour. On s’y prépare du point de vue des adhésions puisqu’il sera possible de payer pour voter juste au 2nd tour.

    Craignez-vous la participation ?

    P. M. : Non, c’est un vote interne au PS, à Place publique et GRS puisque leurs militants ont un droit de vote « gratuit ». Ceux qui veulent adhérer à ces partis ont jusqu’au 6 octobre pour obtenir le droit de voter. Puis à côté, on a une association de financement qui permet de voter en payant sans être adhérent. Des citoyens sans-parti… une vieille expression du communisme municipal.

    Cette primaire peut-elle signer un renouveau du Parti socialiste ?

    P. M. : Le HuffPost a sorti un sondage qui dit que la primaire est plébiscitée. 59% des Français de gauche trouvent ça très bien et 23% disent vouloir y participer. Et les Français de droite disent vouloir faire la même chose. La primaire va mettre en avant des positions de la gauche de gouvernement.

    François Hollande dit qu’une primaire divise et n’y participe pas. C’est contradictoire.

    P. M. : François Hollande, qui est un ami, a dit qu’il participerait en étant électeur. On focalise beaucoup, mais c’est d’abord un homme de parti attaché aux règles. Il n’a pas souhaité participer, j’ai essayé de le convaincre, pour des raisons qui lui sont propres. Mais il aura à un moment la nécessité, comme Bernard Cazeneuve, d’aller vers le candidat choisi. J’ai confiance, c’est un homme qui ne fait pas n’importe quoi et sait prendre les bonnes décisions.

    Le PS peut-il exercer un leadership sur la gauche avec cette primaire ?

    P. M. : Déjà, il n’y a pas que le PS dans cette primaire. Mais l’espace politique qui y participe est celui qui doit, si on veut gagner la présidentielle, dominer la gauche. Si c’est Jean-Luc Mélenchon face à Marine Le Pen, on est sûr de perdre. Cet enjeu redouble l’intérêt de cette primaire, qui permettra aussi aux candidats de s’expliquer et se révéler.

    Le vainqueur de cette primaire social-démocrate aura la légitimité pour parler à toute la gauche ?

    P. M. : La primaire sert aussi à préparer l’unification de notre famille politique. La gauche de toute façon est divisée. L’important, c’est que le camp de la social-démocratie et du socialisme soit capable de dominer cet espace pour s’adresser aux Français au 2nd tour. Notre candidat parlera au nom des partis qui ont fait la primaire, après, il n’est pas interdit de discuter avec d’autres, les Verts, le parti communiste, le Parti radical de gauche, de leur soutien sur un accord législatif.

    Un mot sur la gauche marseillaise ?

    P. M. : Je suis ravi de la victoire de Benoît Payan et j’aimerais que le Parti socialiste retrouve une visibilité à Marseille, où la gauche de gouvernement porte avec force ses valeurs et tient à distance les élucubrations mélenchonistes. Je me félicite aussi de la liste sénatoriale et de la probable élection de Marie-Arlette Carlotti. Entretien réalisé par Christophe Casanova

    * participer.choisir2027.fr

  • [Motocross] Mathys Agullo entre dans la cour des grands en rejoignant la Team KTM

    [Motocross] Mathys Agullo entre dans la cour des grands en rejoignant la Team KTM

    C’est à 5 ans que Mathys Agullo a effectué ses premiers tours de roue.

    « C’est un coup de cœur, après être monté sur une moto avec mon père. » Son père, c’est Florent, qui n’a jamais fait de compétition, juste roulé pour le plaisir. Alors que Mathys a rapidement su que sa passion l’amènerait à la compétition. À tout juste 12 ans, le Ciotaden a intégré un sport-études, afin de combiner entraînement, compétition et scolarité.

    « Tout est calculé à la minute près, afin que je puisse avoir mes quatre entraînements par semaine, plus les mercredis et week-ends », détaille-t-il. Avec le soutien total de sa famille, qui ne compte plus les kilomètres et les sacrifices pour amener Mathys sur les compétitions françaises, européennes et mondiales. « En moyenne, ce sont 60 000 kilomètres par an, essentiellement avec le camping-car familial », indique son père. Sauf pour se rendre aux championnats du monde, en Bulgarie. « Nous y sommes allés en avion, la logistique a suivi, c’était une sacrée organisation ! »

    Florent Agullo qui, jusqu’à présent, était également mécanicien, pour l’entretien des six motos nécessaires à la pratique du haut niveau. Néanmoins, depuis un mois, la carrière de Mathys Agullo a pris une nouvelle dimension. En devenant pilote officiel chez KTM, une des plus importantes écuries en motocross, il va bénéficier d’une logistique qui lui simplifiera la vie et lui permettra de gravir les échelons vers le très haut niveau, qu’il tutoie déjà.

  • Fabien Roussel désigné candidat du PCF à l’élection présidentielle

    Fabien Roussel désigné candidat du PCF à l’élection présidentielle

    Le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) a confirmé sa candidature à l’Élysée au journal de TF1, dimanche soir, assurant avoir fait « un choix largement réfléchi » et porter « un projet de rupture ».

    « Cela fait des années que je parcours la France. Je suis maire d’une commune du Nord, je connais la France de l’intérieur. Je sais les souffrances et les espérances de changement de nos concitoyens. Mais il faut un vrai changement ! Un changement qui va redonner du pouvoir d’achat, qui va respecter les travailleurs. C’est pour ça que j’ai fait ce choix, avec un programme, un projet de rupture pour notre pays », a souligné Fabien Roussel.

    « Vivre ! C’est ce mot que

    je souhaite porter »

    À 57 ans, celui qui représentait déjà les communistes lors de la présidentielle, en 2022 (2,28% des suffrages), a recueilli 72,06% des voix en faveur de sa candidature dans ce scrutin interne au parti, a indiqué dimanche le PCF, qui chiffre la participation à 24 000 votants.

    Fabien Roussel a évoqué sa feuille de route pour cette campagne présidentielle, avec un mot d’ordre : « Vivre ! C’est ce mot que je souhaite porter. Pouvoir vivre de son travail. Sur cette question, je me distingue. Vivre avec un travail qui paie correctement, qui permet d’élever ses enfants, de faire ses courses. Vivre d’un travail dans lequel on s’épanouit, où l’on peut décider de ses choix. Reconstruire une France qui produit des richesses en respectant la nature, les êtres humains, les salariés. »

    Le candidat, réélu début juillet à la tête du PCF avec 70,1% des voix, a détaillé une stratégie qui s’appuie, notamment, sur un plan climat : « Nous sommes les seuls à avoir un projet avec un plan climat qui donne une trajectoire carbone dans lequel on va doubler la production d’électricité nucléaire, renouvelable, hydraulique et qui va permettre de réindustrialiser la France. Nous proposons de doubler la part de l’industrie dans le PIB : ce sont 2 millions d’emplois à créer. C’est bon pour le travail de chacun, pour nos jeunes, mais aussi bon pour le climat, pour notre souveraineté économique. Nous sommes les seuls à mettre ce projet : le plan climat et la réindustrialisation de la France, avec un travail qui rémunère et qui permet à chacun de vivre dignement. »

    Autre thème abordé par Fabien Roussel, la fraude et l’évasion fiscale : « Aucun candidat n’en parle. Je souhaite mettre ce sujet au cœur de la campagne, au cœur de la République. On devrait tous se rassembler dans ce combat contre la fraude et l’évasion fiscale. Sous Emmanuel Macron, les plus riches qui ont été pris la main dans le pot de confiture peuvent négocier leur amende. C’est inadmissible. Il s’agit d’un privilège de classe que je souhaite abolir et faire en sorte que les fraudeurs passent par la case prison ou par la déchéance des droits civiques ou encore des travaux d’intérêt général. ça leur ferait peut-être du bien d’aller travailler dans les hôpitaux qui manquent de moyens à cause de ces 80 à 100 000 milliards d’euros qu’il manque au budget la France. »

    « Que la gauche redevienne majoritaire »

    Fabien Roussel rejoint de nombreux candidats sur la ligne de départ à gauche, divisée notamment entre Jean-Luc Mélenchon (LFI), Marine Tondelier (Les Écologistes) et les candidats de la primaire du pôle socialiste et démocratique comme Raphaël Glucksmann et Olivier Faure. « Je vais faire un choix dans cette campagne, c’est de ne pas parler des autres, mais mettre en avant mon programme. Le problème de la gauche, ce n’est pas qu’il y ait plusieurs candidats, le problème de la gauche, c’est qu’elle n’est pas majoritaire dans le pays. Ce que je souhaite, c’est pouvoir contribuer à ce qu’elle redevienne majoritaire. Aller convaincre des hommes et des femmes qui ne votent plus ou qui s’égarent dans leur vote. Je ne souhaite m’en prendre à personne à gauche. C’est pour ça que je souhaite porter des propositions qui puissent rassembler », a-t-il martelé.

  • Quel avenir pour le moustique tigre et la dengue en France ?

    Quel avenir pour le moustique tigre et la dengue en France ?

    Sa marche vers le nord semble inarrêtable. Depuis qu’il est apparu en 2004 dans le sud de la France, le moustique tigre s’est implanté dans 83 des 96 départements métropolitains –soit deux de plus que l’an dernier. Une colonisation qui s’accompagne d’un risque de transmission de la dengue depuis les premiers en 2010. « Ils sont aujourd’hui généralement concentrés dans le sud de la France, souligne Andrea Radici, chercheur de l’IRD au laboratoire Mivegec de Montpellier. Mais qu’en sera-t-il demain ? »

    Le spécialiste de la modélisation des épidémies a effectué des projections jusque 2085 en se basant sur deux scénarios de réchauffement climatique : l’un médian, l’autre plus pessimiste. Publiés dans Global Change Biology, les résultats sont assez clairs : dès 2050, presque toute la population française vivra probablement dans des régions habitées par Aedes albopictus – le nom scientifique du moustique tigre. Seuls les territoires les plus en altitude des Alpes et des Pyrénées seront épargnés.

    Forcément, le risque de transmission de dengue s’étendra à une grande partie du territoire. « Il faut tout de même un certain niveau de température pour que le virus puisse incuber au sein du moustique, précise Andrea Radici. S’il ne fait pas assez chaud, le moustique meurt avant de pouvoir le transmettre. »

    Fin de la trêve hivernale ?

    Et le risque pourrait s’étendre dans la durée avec des conditions favorables dès le printemps et jusqu’à l’automne. « Les épidémies autochtones de dengue dépendent de cas importés depuis un pays tropical qui arrivent sur le territoire à un moment où les conditions sont favorables », rappelle le chercheur.

    Le risque le plus fort sera dans les zones moyennement peuplées -comme les quartiers résidentiels avec maisons et jardins– où il y a suffisamment d’humains pour que le moustique puisse se nourrir de leur sang et suffisamment de gîtes pour pondre ses œufs (dans les récipients susceptibles de retenir de l’eau comme les coupelles des pots de fleurs ou les jouets pour enfants). Une étude récente a également montré le rôle de l’eau stagnante dans les bouches d’égout et les chambres télécoms sur la voie publique. « Les zones urbaines, très densément peuplées et sans espaces verts sont moins propices », souligne Andrea Radici.

    Le risque d’épidémie autochtone de dengue pourrait-il exister toute l’année ? Les projections indiquent que les conditions climatiques pourraient le permettre le long des côtes méditerranéennes et du sud-ouest. Le moustique tigre pourrait s’épargner la diapause – cette capacité des œufs à entrer en dormance pendant l’hiver, le temps que les conditions redeviennent favorables. Cette faculté, acquise par le moustique pour s’adapter à nos climats tempérés, deviendrait alors non-nécessaire. « Mais cela reste un scénario très hypothétique et très pessimiste », tente de rassurer Andrea Radici.

  • Sophie Adenot, étoile française dans l’espace

    Sophie Adenot, étoile française dans l’espace

    Rencontre

    On se sent à la fois tout petit et vraiment connecté à la planète. On se dit qu’elle nous protège tous et qu’elle nous relie. » À plus de 414 km de la Terre, Sophie Adenot profite d’une vue imprenable sur notre planète bleue dans la Station spatiale internationale (ISS). Cela fait 202 jours et quelques heures, ce samedi, que l’ingénieure en aéronautique a la tête dans les étoiles et le corps en apesanteur au sein de l’ISS, devenant ainsi l’Européenne ayant réalisé la plus longue mission au sein de ce vaisseau. Le record était auparavant détenu par son homologue italien Luca Parmitano (201 jours).

    Les deux pieds dans le vide

    L’occasion pour la Française de dresser un bilan de sa mission, qui devrait s’achever mi-octobre, lors d’une conférence de presse ce mercredi, en direct de l’ISS. « Je pense que la plupart des objectifs ont été accomplis », confiait la spationaute. Des recherches et des activités multiples qui ont passionné la quadragénaire, bien qu’elle « doit avouer sincèrement que depuis qu’[elle a] effectué les sorties extravéhiculaires, c’est ça qu’[elle] préfère ».

    Au cours des deux dernières semaines, la Française a effectué trois sorties en scaphandre à l’extérieur de la station. Des sorties où l’« on n’a pas la sensation de sécurité que l’on a dans l’ISS », explique la colonelle de l’Armée de l’air. Car ces sorties extravéhiculaires sont très risquées et demandent un grand temps de préparation. « Cela veut dire ajuster la nutrition, s’assurer que le sommeil est vraiment bon et ensuite ajuster l’effort physique, détaille Sophie Adenot. Mais on est accompagnés par des nutritionnistes et des médecins pour s’adapter à nos besoins physiologiques. » Un « grand saut dans l’inconnu » pour Sophie Adenot, devenue donc la première femme française, dans le vide spatial, à « voir la Terre immense sous [ses] pieds ». Avec 19h41 de travail en scaphandre, elle est également devenue la compatriote ayant passé le plus de temps en sortie extravéhiculaire, derrière Thomas Pesquet.

    Lors de sa dernière sortie, c’est avec Jessica Meir, astronaute américaine et commandante de la mission, que la colonelle a pu réaliser différents travaux dans le vide spatial. Une sortie 100% féminine qui reste encore rare dans le secteur. Cette expédition 75 de l’ISS est d’ailleurs la première avec trois femmes à son bord.

    Trop peu de femmes

    Celles-ci restent encore trop peu nombreuses. Alors que 558 hommes se sont rendus dans l’espace, seules 85 homologues féminines ont vécu la même expérience. Elles ne représentent que 13% des astronautes, toutes nationalités confondues.

    Cette sous-représentation s’explique notamment par des stéréotypes de genre persistants et des biais sexistes qui conduisent encore de nombreuses jeunes filles à penser qu’elles sont moins à l’aise dans les disciplines scientifiques. Les sciences, en particulier les mathématiques et les sciences de la nature, demeurent souvent perçues comme des domaines masculins. Une tendance qui apparaît dès le choix des spécialités au baccalauréat, mais qui s’affirme surtout dans les études post-bac. Si elles représentent presque la moitié des effectifs dans les spécialités mathématiques ou physique-chimie au bac, elles ne sont plus qu’un cinquième dans les filières scientifiques des études supérieures.

    Face à ce constat, de plus en plus de femmes, d’universités ou d’écoles se mobilisent pour montrer que la science n’est pas une affaire d’hommes. La présence de modèles féminins comme Sophie Adenot permet de rappeler aux petites filles qu’elles, aussi, ont le droit de viser la lune.

    « C’est un grand saut dans l’inconnu,
    voir la Terre immense sous nos pieds »

  • Francis Scott Fitzgerald et Tennessee Williams, un duo choc

    Francis Scott Fitzgerald et Tennessee Williams, un duo choc

    Au cœur de cette fiction, se trouve Gatsby, alias Fitzgerald. Personnage que nous connaissons bien, puisque jeune étudiante, nous avions fait un exposé oral sur l’auteur et son célèbre roman. Exposé qui commençait par un article de 1927, écrit par Victor Llona : « Pourquoi j’ai traduit Gatsby le Magnifique ». Si nous vous donnons à le lire, c’est parce qu’il résume ce que Hurstel a superbement fait ressortir : « Une tristesse désespérée s’exhale des pages ; c’est la danse macabre d’une société falote qui se démène en une folle sarabande rythmée par le tintement des dollars, fouettée sans merci par la cravache de l’ivresse »… Nous sommes le 29 février 1940, dix mois avant la mort de Fitzgerald. Conscient que la mort approche, il se transporte en songe dans les années 1920, et le tournage de l’adaptation à l’écran de son roman.

    Un homme qui a été

    Au lecteur de découvrir ce qui s’ensuit. N’est-ce pas le rôle d’une chronique de tenir sa curiosité en suspens ? Si nous voulions cataloguer ce livre, articulé autour de la fin du rêve américain, nous serions bien en peine. Histoire pure ? Vie romancée ? Qu’importe l’étiquette qui pourrait convenir, car son vrai mérite est de nous faire vivre, ou revivre, l’un des écrivains les plus illustres des Années Folles, aussi capiteuses et pétillantes que des coupes de champagne.

    Une résurrection pareille ne pouvait être réussie que par un auteur, à savoir Daniel Hurstel, amoureux de la Littérature. Un grand talent d’écrivain auquel s’ajoute celui d’un metteur en scène, emporté par un personnage ténébreux qui est, d’abord et avant tout, un homme qui a été.

    Cherche-Midi, 21 euros