Tag: France

  • La rupture c’est dans la rue que ça se passe

    La rupture c’est dans la rue que ça se passe

    Le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu dit vouloir incarner une « rupture ». Audacieux pour un macroniste de la première heure qui figure depuis 8 ans dans tous les gouvernements. Pour l’heure, il s’avère disposé à rompre avec des mesures non encore adoptées comme la suppression des deux jours fériés envisagée par François Bayrou ou avec des dispositions symboliques comme les avantages accordés aux anciens membres du gouvernement.

    Rien qui ne rompe réellement avec le fond de la politique libérale menée depuis la première élection du président de la République. C’est la raison pour laquelle la CGT lui a rappelé ce lundi où se situaient les vraies ruptures attendues par le monde du travail. D’abord l’abrogation de la réforme des retraites qui est minoritaire dans l’opinion comme à l’Assemblée nationale, ensuite l’augmentation des salaires et des pensions, au contraire de l’année blanche prônée par le gouvernement démissionnaire.

    Des preuves

    Sébastien Lecornu, consulte, prend des notes… Il doit désormais agir s’il ne veut pas rejoindre la liste des Premiers ministres éjectés. On dit souvent que l’amour c’est bien mais que les preuves d’amour c’est mieux. C’est finalement pareil avec la rupture. Il ne suffit pas d’en parler, il faut des preuves tangibles.

    Le Premier ministre ne semble pas disposé à en apporter spontanément. C’est par le rapport de force que ces ruptures seront obtenues, quel que soit l’hôte de Matignon.

    En cela, la réussite de la journée du 18 septembre sera d’une importance déterminante.

  • Lecornu consulte, la riposte se prépare

    Lecornu consulte, la riposte se prépare

    Le Premier ministre fraîchement nommé, Sébastien Lecornu, poursuit son opération séduction aux allures de mission impossible. Après la CFDT et le Medef vendredi dernier, le macroniste de la première heure poursuit sa série de rencontres avec les différents syndicats et organisations patronales du pays, ce lundi. Des réunions sur les charbons ardents, qui débutent avec la réception de la CGT et de sa secrétaire générale, Sophie Binet.

    Et autant dire que la rencontre n’a pas été de nature à changer les plans de la confédération, dont les militants se mobilisent ce jeudi avec une journée d’actions et de grève, à l’appel d’une large intersyndicale. « On n’a pas besoin d’un Premier ministre pour prendre des notes », tempête Sophie Binet, à la sortie de la réunion. Avant de dérouler : « On a besoin d’un Premier ministre pour apporter des réponses aux besoins et aux exigences des travailleurs et des travailleuses. On est au pied du mur. » De quoi donner le ton des échanges à Matignon. D’autant que dans la matinée, la syndicaliste avait annoncé la couleur, au micro de la matinale de TF1 : « Je vais lui dire que s’il ne veut pas rejoindre le cimetière des Premiers ministres qui est déjà bien rempli, il faut qu’il pose des actes de ruptures immédiats, et ça commence par l’abrogation de la réforme des retraites. » Un point sur lequel Sébastien Lecornu est visiblement resté intransigeant puisque Sophie Binet explique avoir « senti que le Premier ministre n’était absolument pas déterminé à agir [sur le sujet] ». Et pour cause, l’ancien ministre des Armées avait affirmé, sur la potentialité de l’abrogation de la réforme, « qu’il n’en a jamais été question », ce week-end dans les colonnes de plusieurs titres de presse quotidienne régionale. « S’il n’y a pas d’abrogation de cette réforme, son gouvernement comme les précédents, tombera », répond Sophie Binet, toujours à la sortie de la réunion. Outre ce dossier épineux, Sébastien Lecornu n’a visiblement pas envoyé de signaux positifs sur le reste de sa politique économique et sociale à venir. « À part les deux jours fériés, il n’a renoncé à rien dans le musée des horreurs qu’Emmanuel Macron avait prévu dans son projet de budget », critique la secrétaire générale. Arrêt des licenciements dans l’industrie, hausse des salaires et pensions, moyens des services publics… « Il n’a absolument pas répondu à nos demandes, il ne s’est engagé à rien du tout. »

    En clair, la « rupture » évoquée par Sébastien Lecornu reste au stade de la déclaration d’intention. « Le Premier ministre, à ce stade, parle de rupture dans ses discours mais ne pose aucun acte de rupture vis-à-vis de l’Élysée », tacle-t-elle. Pire, elle affirme même « qu’il n’a donné aucune garantie qu’il n’y ait pas de nouvelle réforme de l’assurance chômage ».

    Rendez-vous pris avec le PCF, le PS et EELV

    Résultat des courses : la syndicaliste ressort de la rencontre encore plus remontée qu’à son entrée. « Ce rendez-vous confirme plus que jamais la nécessité de se mobiliser le 18 […] C’est la seule chose qui permettra de gagner des avancées, de faire en sorte que les exigences sociales soient entendues », tonne Sophie Binet. Elle retient tout de même « un point positif » de la rencontre avec le Premier ministre : « Il est conscient de sa fragilité, cela confirme à quel point les travailleurs sont en position de force. » Sébastien Lecornu a ensuite reçu la CFTC et la CFE-CGC, deux organisations parties prenantes de l’appel intersyndical à la grève pour le 18 septembre. Mais aussi l’organisation patronale, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). Le tout, alors qu’il a reçu un coup de pression du patron des patrons, Patrick Martin, président du Medef, menaçant d’une « grande mobilisation » en cas de hausse d’impôts sur les entreprises.

    De quoi planter le décor avant la réception des représentants de plusieurs partis dans les jours à venir. Après la consultation des formations du camp présidentiel, le groupe centriste Liot est reçu mardi et les partis de gauche (EELV, PS et PCF) ont rendez-vous mercredi à Matignon. Sébastien Lecornu consultera également le parti d’extrême droite, le Rassemblement national, le même jour. « Le seul message que nous avons à faire passer : faire appel à l’intervention des salariés et de la jeunesse pour être très très nombreux le jeudi 18 septembre », répondait le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, à la fête de l’Humanité.

    « Le Premier ministre
    est conscient de sa fragilité, […]
    les travailleurs sont en position de force »

  • Lecornu commence son opération séduction

    Lecornu commence son opération séduction

    « J‘ai décidé de retirer la suppression de deux jours fériés », a déclaré le nouveau chef de gouvernement, dans son premier entretien accordé à la presse quotidienne régionale, publié après un déplacement à Mâcon samedi.

    Quatre jours à peine après sa nomination, le nouveau Premier ministre, qui avait promis une « rupture » en arrivant à Matignon, a assuré aux quotidiens régionaux qu’il misait sur « le dialogue avec les partenaires sociaux » pour trouver « d’autres sources de financement » que l’abandon de deux jours fériés qui, selon François Bayrou, devait rapporter 4,2 milliards d’euros dans le budget 2026. En revanche, Sébastien Lecornu a coupé court aux spéculations sur une réouverture du conclave entre syndicats et patronats sur les retraites : « il n’en a jamais été question ».

    Interrogé sur l’éventuelle mise en place d’une taxe sur les très hauts patrimoines dite « Zucman » et le renoncement au 49.3, il est resté prudent. Pour la première, il s’est dit soucieux du « patrimoine professionnel » et pour le second, il préférerait ne pas l’utiliser mais ne veut pas se démunir d’emblée de cet outil constitutionnel pour faire adopter le budget.

    Tendant la main à la gauche pour une « discussion parlementaire moderne et franche, de très bon niveau » avec les socialistes, les Écologistes et le Parti communiste pour sortir de l’impasse budgétaire, il a aussi annoncé le lancement d’une nouvelle réforme de décentralisation, et plus symboliquement la suppression des avantages bénéficiant aux anciens ministres.

    « Envoyer le budget Bayrou aux oubliettes de l’histoire »

    Si le retrait de la suppression des jours fériés est qualifié de « première victoire » par Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT et une « première bonne nouvelle » pour Marylise Leon de la CFDT, l’heure reste à la grande mobilisation programmée pour jeudi. « Nous voulons battre le fer pendant qu’il est chaud, envoyer l’ensemble du musée des horreurs du budget Bayrou aux oubliettes de l’histoire », a encore résumé dimanche Sophie Binet.

    De son côté, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a annoncé dimanche qu’« une grande journée d’action » aura lieu le 26 septembre autour des questions des échanges internationaux pour les produits agricoles. Quant au patronat, il est monté au créneau par la voix du président du Médef Patrick Martin pour avertir que le gouvernement ferait face à « une grande mobilisation patronale » sous la forme de meetings de milliers de chefs d’entreprise si les impôts sur les sociétés augmentaient.

    Dans la sphère politique aussi, les réactions ne se sont pas fait attendre. « Tout le monde a compris la manœuvre : renoncer aux deux jours feriés pour maintenir toutes les autres mesures toxiques du budget Bayrou », tacle le sénateur communiste Ian Brossat, avant de conclure : « Si c’est ça, Lecornu finira censuré comme les autres ».

    « Si le Premier ministre souhaite demeurer en poste, il doit comprendre qu’il y a une soif de changement dans le pays. (…) La rupture, c’est suspendre la réforme des retraites, c’est permettre l’augmentation des salaires », a rappelé le député Philippe Brun sur Franceinfo. « Nous ne souhaitons pas, nous Écologistes, que M. Lecornu reste Premier ministre. Nous trouvons qu’il n’a rien à faire là », a pour sa part asséné Marine Tondelier dans l’émission Le Grand Jury RTL.

    À droite, le patron des LR Bruno Retailleau a posé ses conditions pour participer au gouvernement : la lutte contre l’immigration et « l’assistanat » et le refus de la taxe Zucman sur les hauts patrimoines.

  • Le grand JT des territoires du 13 septembre

    Le grand JT des territoires du 13 septembre

    Sommaire :

    À 66 ans, Coco est une super mamie et surtout une championne internationale de CrossFit ! Des performances incroyables qui allient force et agilité à découvrir dans cette édition.

  • La précarité crée l’angoisse du lendemain

    La précarité crée l’angoisse du lendemain

    Le constat établi par le baromètre Ipsos pour le Secours populaire français va bien au-delà de la description d’une situation économique et sociale difficile, voire dramatique pour une partie toujours plus importante de la population. Pour rappel, plus de 5 millions de personnes en France vivent sous le seuil de pauvreté en France, selon les derniers chiffres de l’observatoire de la pauvreté.

    L’angoisse, la peur, le stress, le pessimisme, la perte de sens touchent une part croissante de la population française et européenne, et en particulier les jeunes : « un tiers des Français craint de basculer dans la précarité », une crainte qui n’est pas un fantasme, « près de trois Français sur cinq connaissent un proche vivant une situation de pauvreté » et « un Français sur cinq se déclare dans une situation précaire ». Les raisons sont connues et se généralisent à grands pas : en premier lieu, « des revenus insuffisants » pour faire face au quotidien, la crainte de « dépenses imprévues importantes » qui les mettraient sous l’eau, et celle d’un problème de santé physique qui amoindrirait leur capacité à travailler et à subvenir à leurs besoins. Le fait d’avoir « un travail » est loin de répondre aux craintes, comme l’atteste déjà la montée en puissance des travailleurs pauvres dans les files d’attente des associations caritatives. « Pour près d’un actif sur trois, les revenus du travail ne permettent pas de faire face à l’ensemble des dépenses », ont-ils répondu en masse.

    Prolongement logique de cette réalité : « la majorité des Français se montre pessimiste pour les futures générations, estimant que le risque qu’ils connaissent une situation de pauvreté est plus élevé que pour leur génération ». Et 86% des jeunes expriment un sentiment négatif quant à leur avenir : « angoisse, désespoir, colère… »

    Pour autant, face une situation sociale toujours très tendue, « les Français ne baissent pas la garde et maintiennent un haut niveau d’engagement », auprès de leurs proches, en signant des pétitions, en faisant des dons ou du bénévolat. Un paradoxe qui n’en est pas un pour Farida Benchaa, la secrétaire générale de la fédération du Secours populaire des Bouches-du-Rhône et secrétaire nationale. Face à un climat anxiogène, une situation sociale difficile, « cet engagement permet de reprendre la main, de redonner du sens à sa vie », constate-t-elle. Même si ce n’est pas la panacée. Tendre la main, c’est aussi faire un choix « et ne plus subir ». Aider l’autre, c’est aussi s’aider soi.

    « L’engagement permet de reprendre la main et de redonner du sens à sa vie »

  • Une Fête de l’Huma en pleine mobilisation anti-austérité

    Une Fête de l’Huma en pleine mobilisation anti-austérité

    Des concerts, de la gastronomie populaire, de la convivialité mais aussi beaucoup de politique. C’est la recette de la Fête de l’Humanité dont la 90e édition se tient au Plessis-Pâté en Essonne à partir de ce vendredi. Cette année, la crise politique et sociale qui secoue le pays sera évidemment au cœur des échanges.

    Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, s’exprimera sur la situation samedi à 11h30 sur le stand national des communistes. Un meeting retransmis sur les réseaux sociaux après avoir croisé le fer avec Michel-Édouard Leclerc dans un face-à-face programmé vendredi à 19h30 et intitulé « Vie chère, alimentation, produits d’hygiène et de soins : où sont les marges, où vont les profits, quelles solutions ? ».

    Ce jeudi lors de son passage sur le plateau des 4 Vérités, le dirigeant communiste a appelé à se rendre à la Fête de l’Humanité et à poursuivre la mobilisation « pour le pouvoir d’achat, l’emploi, les services publics. Il faut que le peuple s’en mêle pour que ça change. »

    Dans une période où les gauches peinent à dialoguer, l’agora de l’Humanité accueillera samedi à 12h45 Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Stéphane Peu, député communiste, coprésident du groupe GDR, François Ruffin, député et président de Debout !, et Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes sur le thème « Rentrée politique, la gauche face à la crise sociale et démocratique ».

    Un peu plus tard, sur le stand national des communistes, Igor Zamichiei (PCF) ; Cyrielle Châtelain (Les Écologistes) ; Hadrien Clouet (LFI) et Boris Vallaud (PS), croiseront leurs points de vue autour de l’idée de projet alternatif à l’austérité pour la France.

    Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France insoumise, a quant à lui prévu un meeting samedi toujours, sur le stand de la FI, intitulé « Macron destitution ! ».

    Le directeur de l’Humanité et sénateur PCF de Seine-Saint-Denis, Fabien Gay, tiendra meeting sur la grande scène de la Fête de l’Huma à 18h30, samedi également. La veille, il affrontera Patrick Martin, le président du Medef dans l’agora de l’Humanité.

    La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, s’exprimera samedi à 16h sur les enjeux de la rentrée sociale également dans l’agora de l’Humanité.

    Enfin, le stand national des communistes accueillera dimanche à 11h, un débat sur le thème « 80e anniversaire de la sécurité sociale et alternative à l’austérité » avec le député PCF de l’Allier, Yannick Monnet, l’administrateur confédéral de la CGT, Laurent Brun et la secrétaire générale de la FSU, Caroline Chevé.

    Des échanges qui nourriront la réflexion des participants sur l’issue qu’il convient de trouver à la crise politique et sociale en cours, mais aussi qui encourageront la mobilisation anti-austérité du 18 septembre à l’appel de l’intersyndicale.

    « Il faut que le peuple s’en mêle pour que ça change pour le pouvoir d’achat, l’emploi, les services publics. »

  • « Derrière l’élection de Trump, il y a l’extrême droite »

    « Derrière l’élection de Trump, il y a l’extrême droite »

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre ?

    Patrick Le Hyaric : J’ai été sollicité pour de nombreuses conférences à la suite d’un précédent livre. Donc, j’ai fait beaucoup de rencontres, de conférences un peu partout. Au fur et à mesure du déroulement des événements et notamment de la deuxième élection de Trump, j’ai senti un questionnement nouveau lié à cette situation. Cette élection est le signe d’un mouvement général où de plus en plus d’autocrates prennent le pouvoir, où on nie la science et l’enseignement. Derrière tout cela, il y a la montée des forces de l’extrême droite partout dans le monde. C’est un basculement extrêmement important du monde qui est en train de se dérouler sous nos yeux est le résultat des contradictions d’un capitalisme mondialisé à bout de souffle et qui cherche des solutions à ses contradictions et à ses crises. C’est tout ça qui m’a conduit à faire ce livre.

    Dans votre livre, vous parlez d’une internationale brune. Qu’est-ce que cela ?

    P.L.H. : C’est tous ces gens qu’on voit aujourd’hui : Bolsonaro, qui heureusement a été battu au Brésil, le président actuel du Salvador, Trump. Et tous ceux autour de lui : Peter Thiel, Steve Bannon, Elon Musk et les seigneurs de la tech qui ont rallié pour des intérêts bien particuliers : celui de la révolution numérique. Et en Europe, il y a Viktor Orban, Giorgia Meloni et tous les partis d’extrême droite qui monte comme l’AfD en Allemagne ou Nigel Farage au Royaume-Uni. C’est cela l’internationale brune : les forces du nouveau capitalisme, qui choisissent de nouveaux mandataires, voire qui vont directement au pouvoir. Par exemple, autour de Donald Trump, ce ne sont pas des ministres, ce sont des secrétaires d’État, mais ce sont des ministres qui sont issus du monde capitaliste lui-même.

    Le terme « internationale » fait penser à des échanges entre eux. S’organisent-ils ?

    P.L.H. : Oui, elle est organisée. Elle se réunit. Il n’y a pas si longtemps que ça, au mois de juin, dans le Loiret, autour de Bardella et de Le Pen [où l’extrême droite Européenne s’est réunie]. Il y a eu deux grandes réunions à Madrid et en Italie avec Bannon et d’autres. Elle aura évidemment des contradictions liées à la défense des capitalismes nationaux. Comme ils sont nationalistes, ce qui les rend encore plus dangereux, ils se développent chacun dans leur coin ce qui provoquera inévitablement des contradictions.

    Vous affirmez que l’élection de Donald Trump est le résultat de la dérégulation des années 80. En quoi ?

    P.L.H. : La liberté totale de circulation des capitaux et des marchandises a abouti au fait que les capitaux se délocalisent pour aller exploiter des mains d’œuvre à moindre coût. Dans ce système globalisé et libéralisé, une part de l’appareil productif occidental est partie vers les pays du Sud-Est asiatique ou au sein de l’Europe. Cela a fait beaucoup de mal à l’ancienne industrie et aux classes ouvrières. La stratégie de Trump, a été de parler à ces couches-là contre la mondialisation capitaliste. Il a donc mis en place des taxes douanières en disant à ces ouvriers « on va vous protéger ». Mais, le capitalisme nationaliste n’a pas aboli le capitalisme. Et ceux qui vont payer ce sont évidemment les pays affectés par les taxes et les consommateurs.

    Quelles solutions ?

    P.L.H.  : Je crois beaucoup à quelque chose qui apparaît utopique aujourd’hui : l’alliance des peuples, pour transformer le monde pour qu’il soit plus juste et humain.

  • La colère sociale face à un pouvoir bunkérisé

    La colère sociale face à un pouvoir bunkérisé

    « Linstabilité politique commande à l’humilité et à la sobriété », a déclaré, faussement modeste, le nouveau Premier ministre, au cours d’une prise de parole de trois minutes. Un signe de fébrilité ? Au même moment, des manifestations se déroulaient sur tout le territoire dans le cadre du mouvement « Bloquons-tout » contre la politique antisociale d’Emmanuel Macron. « On va y arriver, il n’y a pas de chemin impossible », a ajouté Sébastien Lecornu, conscient de ne pas disposer, comme son prédécesseur, François Bayrou, de majorité à l’Assemblée nationale.

    Sans développer sa pensée, il a annoncé « des ruptures sur le fond » et des changements « dans la manière de travailler avec nos oppositions ». Il a aussi dit vouloir s’attaquer « au décalage entre la vie politique du pays et la vie réelle » qui devient « préoccupant ». Mais il n’a pas eu un mot pour le mouvement social en cours ni évoqué le prochain budget, dont les grandes lignes ont été dévoilées le 15 juillet par François Bayrou, avec 44 milliards de coupes budgétaires. C’est sur la base de cette cure d’austérité que le président du Modem a chuté, le 8 septembre, en engageant sa responsabilité devant les députés.

    Le premier geste politique du 5e Premier ministre de ce second quinquennat a été de débuter par des tractations avec ses soutiens, issus d’un « socle commun » de plus en plus fragilisé. Il a ainsi reçu, mercredi après-midi, Gabriel Attal, secrétaire général du parti Renaissance et président du groupe des députés Ensemble pour la République. En dépit de ses rancœurs envers le chef de l’État, qui l’avait débarqué sans ménagement de Matignon en décidant de dissoudre l’Assemblée nationale, le 9 juin 2024, Attal a assuré le Premier ministre, dès sa nomination, de son entier soutien. Ont suivi dans le bureau de Matignon, Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains, ministre de l’Intérieur démissionnaire, et Laurent Wauquiez, président du groupe LR à l’Assemblée nationale. Deux hommes qui représentent un parti dont la moitié des députés a refusé la confiance à Bayrou. Retailleau, qui tient à rester place Bauveau, sort affaibli de cette fronde des députés de droite.

    Politique pro-riches

    Dans la foulée, le nouveau Premier ministre a aussi déroulé le tapis rouge à un ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron, Édouard Philippe, aujourd’hui président du parti Horizons et dont les ambitions présidentielles sont limpides. « Sébastien Lecornu me paraît avoir les qualités pour essayer d’amener autour de la table des gens qui ne feront pas exactement ce qu’ils souhaitent, mais qui pourront s’entendre pour éviter que la France aille plus mal », a-t-il déclaré, le 9 septembre, sur TF1. Sur le fond, la politique pro-riches n’est remise en cause par aucune des formations du socle commun. Pour ne pas immédiatement sauter, Sébastien Lecornu doit composer avec les gauches et notamment le PS. Il recevra les représentants des partis et des groupes de gauche (pour l’heure la FI ne serait pas invitée) dans les prochains jours. « Si c’est pour nous dire que “tout change pour que rien ne change” nous censurerons », prévient le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. Pour arracher la passivité des socialistes, Lecornu fera-t-il des concessions ? Le choix d’Emmanuel Macron de le nommer à Matignon ne semble pas le suggérer.

    Quant à l’extrême droite, Jordan Bardella dit attendre « une rupture » et n’agite pas de censure a priori, mais avance l’obsession de son parti en demandant le durcissement de la politique migratoire.

    Les syndicats seront aussi reçus. Ils comptent s’appuyer sur le mouvement social, amorcé ce mercredi et qui se poursuivra le 18 septembre, pour exiger la justice sociale pour tous et la fin de l’austérité.

  • La rupture est dans la rue

    La rupture est dans la rue

    Des centaines de manifestations, occupations de ronds-points, piquets de grève dans les entreprises publiques et privées, blocages de collèges, lycées et universités, pacifiques et responsables dans leur écrasante majorité, ont donné le coup d’envoi, partout en France et massivement dans notre région, de l’irruption dans le débat public de la question sociale et de l’exigence d’une réponse à la hauteur : la justice sociale après huit ans de politique macroniste, honnie et impopulaire tant son caractère ultra-libéral a appauvri les ménages.

    Huit années terribles pour le monde du travail et la cohésion de la société. La réforme inique des retraites, passée en force au mépris de son rejet par les Français, demeure l’acte le plus sombre d’une politique du chaos tournée vers les plus aisés et contre les citoyens.

    Rompre avec la régression sociale

    Mais la macronie a-t-elle entendu ? Nous pouvons sérieusement en douter avec la nomination à Matignon de Sébastien Lecornu, ministre balayé comme François Bayrou après le refus de la confiance, le 8 septembre.

    Le nouveau Premier ministre n’a pas eu un mot, ce mercredi, pour les mobilisations populaires. Il a néanmoins déclaré qu’« il va falloir des ruptures, et pas que sur la forme, et pas que dans la méthode, des ruptures aussi sur le fond. » S’il n’a pas été plus loquace, la rue, elle, lui a envoyé un message limpide : « Oui » pour rompre avec cette politique de régression sociale que Sébastien Lecornu soutient depuis 2017. Sa nomination a donné du carburant au mouvement social qui entend s’inscrire dans la durée. Aujourd’hui, la rupture est dans la rue.

  • Des centaines d’actions ont été menées en France

    Des centaines d’actions ont été menées en France

    Toulouse

    Un défilé mêlant gilets jaunes, syndicalistes ou encore salariés d’Airbus a réuni 13 000 personnes selon la préfecture, 30 000 selon la FSU.

    Nantes

    5 000 personnes ont défilé. Les forces de l’ordre ont fait usage de lacrymogènes et interpellé 24 personnes.

    Lille

    La police annonce 8 500 manifestants contre 40 000 pour la CGT, très représentée dans les cortèges avec notamment le mot d’ordre « faire du métal sans Mittal » pour soutenir les salariés d’Arcelor en lutte.

    Valence

    Près de 2 500 manifestants ont également défilé, selon la préfecture. Quelque 300 personnes ont bloqué les voies de la gare TER, interrompant le trafic, avant d’être évacuées.

    Lyon

    La préfecture de police a compté 8 000 manifestants contre plus de 10 000 pour les organisateurs. Les cortèges ont été bloqués et la cible de tirs de gaz lacrymogènes.

    Paris

    L’intervention de la police a conduit à l’interpellation de 203 personnes. Des images impressionnantes d’un restaurant en feu ont suscité l’ouverture d’une enquête par le parquet, qui privilégie pour l’heure la piste d’un « feu involontaire, qui pourrait être lié à l’intervention des forces de l’ordre ».

    Grenoble

    11 000 manifestants ont battu le pavé selon la police, 12 500 selon la CGT.

    Montpellier

    La mobilisation a rassemblé 8 000 personnes selon la police. Un canon à eau a été utilisé pour disperser les manifestants, fait savoir la préfecture de l’Hérault.