Tag: France

  • Il y a 120 ans, quand Einstein fondait la physique moderne

    Il y a 120 ans, quand Einstein fondait la physique moderne

    C’est en 1905 qu’Albert Einstein, alors simple employé du bureau des brevets de Berne, publie quatre articles qui vont transformer à jamais notre compréhension du monde : le mouvement brownien, l’effet photoélectrique, la relativité restreinte et l’équivalence masse-énergie (E=MC2). Vingt ans après sa thèse, et marqué par l’année internationale de la physique en 2005, Boris Chenaud s’est emparé de ce moment fondateur. Avec 1905, l’année miraculeuse d’Einstein, il livre un récit clair, sans équations, destiné au grand public. « Le but du jeu, explique-t-il, c’est de se faire comprendre. » Pas question pour l’enseignant-chercheur montpelliérain d’enfermer Einstein dans un jargon mathématique.

    Contrairement à l’image d’un génie isolé, Einstein s’inscrit dans un réseau fertile. « À Berne, il était bien entouré », rappelle Boris Chenaud. À 26 ans, plein de créativité, le jeune savant nourrit ses intuitions au sein d’un cercle d’amis physiciens et philosophes, porté par une effervescence intellectuelle intense. L’auteur explore les concepts qui ont façonné la physique moderne et continuent de structurer la recherche actuelle. Il insiste aussi sur l’écho contemporain de ces découvertes, de l’énergie nucléaire aux débats philosophiques sur la nature de l’univers. Avec ce livre, Boris Chenaud poursuit une mission de diffusion des savoirs qu’il mène depuis des années à l’université de Montpellier et dans des conférences grand public. La prochaine aura lieu le 12 octobre à Saint-Gély-du-Fesc. Pour lui, les sciences ne sont pas un domaine austère mais « une aventure pleine de rebondissements », dont il faut aussi interroger les applications et leurs conséquences collectives.

    * « 1905, l’année miraculeuse d’Einstein », Édition Maison Jaune (19€).

  • Des mairies hissent le drapeau palestinien dans le Gard et l’Hérault

    Des mairies hissent le drapeau palestinien dans le Gard et l’Hérault

    « Ce n’est pas tous les jours que le conseil municipal de Cendras soutient le président de la République », lance Sylvain André devant sa mairie. L’édile communiste de Cendras a en effet accroché le drapeau palestinien lundi 22 septembre et organisé un rassemblement en fin de journée pour saluer la décision de la France de reconnaître officiellement l’État de Palestine.

    À l’instar des communes de Saint-Julien-les-Rosiers et Le Martinet, Sylvain André n’a pas suivi les consignes de la préfecture concernant l’accrochage du drapeau palestinien. « Je suis surpris par la polémique. Avec ce drapeau, je soutiens la diplomatie française. On avait déjà mis le drapeau ukrainien et la banderole «Ensemble pour la paix» quand la guerre en Ukraine a commencé », explique Sylvain André.

    Dans l’Hérault, plusieurs maires ont également accroché les couleurs de la Palestine comme René Révol (LFI). Saisi par la préfecture, le tribunal administratif de Montpellier a suspendu la décision du maire et le préfet lui a « demandé» d’appliquer cette décision. « La consigne du ministre de l’Intérieur contredit de fait la position diplomatique de la France et ne peut donc avoir aucune légitimité », s’est expliqué l’édile qui a laissé le drapeau flotter toute la journée de lundi. Des rassemblements ont également eu lieu devant de nombreuses mairies pour saluer la position française.

    Allegret-Pilot décroche le drapeau en pleine nuit

    À Cendras aussi, le drapeau palestinien devait être décroché mardi matin. Mais le député d’extrême droite de la circonscription, Alexandre Allegret-Pilot (UDR), en a décidé autrement en venant l’enlever en pleine nuit. Dans une vidéo où il se met en scène, l’élu ciottiste explique : «Le préfet du Gard a exigé que le drapeau soit retiré. Sans surprise, rien n’est fait. Donc on doit s’en occuper », lance-t-il avant de décrocher lui-même le drapeau.

    « Il s’est octroyé un pouvoir judiciaire qui n’est pas le sien en commettant une atteinte à l’autorité de la commune et au bon ordre public […]. Je demeure profondément choqué par cet épisode auquel je me réserve le droit de donner une suite judiciaire », a réagi Sylvain André qui a été contraint de fermer les commentaires sur les réseaux sociaux devant le flot d’insultes reçues : « J’ai reçu des messages comme « qu’il prenne le Hamas chez lui », « terroriste », «islamogauchiste ». Il y en a même un qui a dit : « Qu’on le brûle ». Je ne sais pas si c’était le drapeau ou le maire ».

  • Des symboles et des actes

    Des symboles et des actes

    La reconnaissance de l’État palestinien bien que tardive, résonne dans le monde comme un signal majeur. Elle vient réparer une injustice de plusieurs décennies : les Palestiniens ont le droit d’avoir un État.

    C’est une défaite pour tous ceux qui leur dénient ce droit et pire, qui nient leur humanité en étant responsables ou complices des atrocités que les institutions internationales qualifient de génocide à Gaza.

    Néanmoins, au-delà du symbole, rendu possible par la France et plusieurs de ses alliés, ce sont des actes qui sont nécessaires pour faire taire les armes, secourir la population civile et faire respecter le droit international.

    Dans la société israélienne, traumatisée par le 7 octobre, l’extrême droite messianique et suprémaciste a marqué des points mais des forces nombreuses souhaitent l’arrêt du carnage et une solution à deux États.

    Solidarité entre les peuples

    Cette solution, urgente s’il en est, passe par l’arrêt de la guerre à Gaza et la décolonisation des territoires occupés. Pour cela, la communauté internationale a un rôle indispensable à jouer, la solidarité des sociétés civiles et la diplomatie décentralisée aussi.

    En choisissant ce jour pour sceller son jumelage avec Bethléem, Marseille a su dépasser les polémiques inutiles sur le pavoisement des mairies. Bien sûr le symbole est important, mais dans une situation aussi dramatique que celle du Proche-Orient ce sont là aussi les actes de coopération qui comptent. « Actibus immensis urbs fulget Massiliensis », oui sans nul doute, avec cette décision, « Marseille resplendit par ses hauts faits ».

  • Léon Landini, le dernier FTP-MOI est mort à 99 ans

    Léon Landini, le dernier FTP-MOI est mort à 99 ans

    C’était le dernier des Francs-tireurs et partisans de la main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) : Léon Landini est décédé dimanche, jour international de la paix, à 99 ans.

    Il y a un peu plus d’un an, il était au Panthéon pour accompagner son camarade Missak.

    Fils d’immigrés italiens qui avaient fui le fascisme en 1921, Léon est né en 1926 au Muy près de Saint-Raphaël. Il adhère au PCF à 16 ans. Le 12 octobre 1942, il participe au sabotage de la voie ferrée qui relie Saint-Raphaël à Cannes, provoquant le déraillement d’un train de marchandises allemand. Au sein de son groupe FTP-MOI, il prend part également au sabotage d’une mine de bauxite à Brignoles le 26 février 1943, puis à l’attaque d’un baraquement de l’armée italienne à Fréjus-Plage le 4 mars de la même année. Après le dépôt infructueux d’une bombe à l’Hôtel Bellevue de Saint-Raphaël, il est envoyé dans la Creuse pour y rejoindre le maquis FTP.

    Son action dans la résistance se poursuit jusqu’à Lyon où, de mai à juillet 1944, il participe à des attaques contre des soldats allemands, à des destructions de véhicules militaires, des déraillements, ainsi qu’à la mise hors service d’usines travaillant pour l’occupant. Arrêté le 25 juillet 1944, il est torturé par les miliciens français sous l’autorité de la Gestapo lyonnaise au sein de la prison Montluc : boîte crânienne enfoncée, vertèbres cervicales abîmées, testicules écrasés. Le 24 août 1944, à la suite de l’insurrection de Villeurbanne, déclenchée notamment par le Bataillon Carmagnole-Liberté ils se libèrent obligeant les gardiens allemands à déguerpir.

    Selon son témoignage après la Libération, il traîna d’hôpitaux en hôpitaux jusqu’en février 1946, date à laquelle, il fut réformé, démobilisé et renvoyé dans ses foyers. Léon Landini est grand mutilé de guerre à 100%. Cependant, il fut délégué de la Creuse au congrès des JC en 1945.

    Il revint à Saint-Raphaël et devint exploitant forestier avant de s’installer à Paris en 1963 et de travailler dans la restauration collective. Domicilié à Bagneux, il a été élevé au grade de chevalier (1992) puis officier (1998) de la Légion d’honneur et préside depuis 1967, l’Amicale FTP-MOI des bataillons Carmagnole-Liberté. Longtemps engagé au PCF, il fut ensuite président du PRCF.

    Signe de l’importance de son engagement, la ministre démissionnaire chargée de la Mémoire et des Anciens combattants s’est jointe aux nombreux hommages : « Résistant des FTP-MOI, Léon Landini nous a quittés. Engagé dans la résistance contre les nazis dès ses 16 ans, il a été arrêté, torturé et a survécu. Après la guerre, il a été un passeur de mémoire notamment au sein de l’Amicale des anciens FTP-MOI de Carmagnole-Liberté, qu’il présidait. Ses précieux témoignages nous rappellent le prix de la Liberté et la nécessité de la défendre. J’adresse mes sincères condoléances à sa famille et à ses proches. »

    Le décès de Léon Landini, internationaliste convaincu, a fait réagir également l’ambassadeur de Cuba en France, qui a rappelé qu’en tant qu’« exemple de résistance et de courage, le gouvernement cubain lui avait décerné la médaille de l’amitié ».

    Dans notre région, où il a marqué de son empreinte la Résistance notamment à Saint-Raphaël, la fédération PCF du Var et la section Var Est se sont inclinées devant sa mémoire.

    « Officier de la Légion d’honneur, médaillé de la Résistance, grand mutilé de guerre… Léon Landini fait partie de ces militants qui n’ont jamais plié qui ont combattu toute leur vie pour libérer la France du nazisme, pour l’idéal communiste, pour une société bâtie sur l’émancipation des hommes et des femmes », salue le communiqué des communistes varois. Et de souligner que rappeler ses actions exemplaires est indispensable, « au moment où des esprits révisionnistes malsains tentent de faire disparaître la mémoire de ces grands résistants y compris en enlevant la plaque commémorative où figurent les noms de Roger et Léon Landini sur le front de mer à Saint-Raphaël ».

    La Marseillaise s’associe aux hommages rendus et adresse ses condoléances à tous ses proches.

    Fabien Roussel

    Secrétaire national du PCF

    Léon Landini, dernier des FTP-MOI vient de nous quitter. Nous nous étions retrouvés au Pantheon, autour de Manouchian. Ensemble, ils symbolisaient la résistance communiste et l’internationalisme.

    Assan Lakehoul

    Secrétaire général du Mouvement des Jeunes communistes

    Léon Landini, résistant communiste FTP-MOI, est mort. La France perd un combattant de la liberté, à l’heure où ils sont à nouveau tellement nécessaires. L’histoire se répète. Notre génération saura aussi unir dans la lutte drapeaux rouge et tricolore.

    PRCF

    Camarade Léon Landini, tu restes à jamais un exemple et un honneur pour nous tous ! Léon Landini à jamais : l’avenir appartient aux révolutionnaires, aux résistants, à ceux qui reconstruisent le parti communiste, combattent le fascisme et la guerre pour la liberté des peuples, les droits des travailleurs.

    Ian Brossat

    Porte-parole national du PCF
    et sénateur

    Résistant, engagé au sein des FTP-MOI dès l’âge de 16 ans, communiste jusqu’à son dernier souffle, il fut une grande et belle figure de la classe ouvrière. Hommage à lui et à tous ses camarades de combat.

    Marie-Hélène Amiable,

    Maire PCF de Bagneux

    C’est avec une grande émotion que j’ai appris le décès de Léon Landini, à presque 100 ans. Avec lui disparaît l’un des plus illustres Balnéolais, l’un des derniers représentants des FTP-MOI, ces résistants communistes et étrangers au courage inouï qui ont combattu l’occupant nazi.

    Jean-Luc Mélenchon

    Fondateur de la France insoumise

    Léon Landini est décédé. Une douleur pour tous ceux qui le connaissaient. Un ami, un modèle est parti. On va suivre l’exemple. Et ne jamais oublier la leçon : quelles que soient les circonstances, toujours savoir que la seule bataille perdue d’avance est celle qu’on ne mène pas.

    François Ruffin

    Député Debout !

    Lui et ses camarades ont tenu bon dans les pires moments de notre histoire. À notre tour de ne pas baisser les bras.

    Gilles Perret

    Réalisateur

    J’apprends avec tristesse le décès du copain, résistant FTP-MOI, Léon Landini qui dans mon film Les Jours Heureux symbolisait la lutte armée qui permit au programme du CNR d’être signé puis largement adopté à la Libération. Un militant qu’on croyait immortel ! Salut Léon !

  • « Les soldats ont fait la guerre en la maudissant »

    « Les soldats ont fait la guerre en la maudissant »

    La Marseillaise : Que s’est-il passé à la Courtine en 1917 ?

    Jean-Yves Le Naour : C’est un événement un peu exceptionnel, une sorte de prolongement de la révolution russe en pleine Creuse. En 1914, la France a moins d’hommes que l’Allemagne et demande donc au tsar russe des hommes contre des fusils. La Russie envoie donc 40 000 hommes, bien que la France en ait voulu 500 000. Ces hommes se sont bien comportés mais lorsque la révolution russe survient en février 1917, ils n’ont qu’une envie, rejoindre la Russie pour participer au partage des terres. Ils n’ont plus du tout envie de faire la guerre. Ils commencent alors à s’organiser en soviet et à questionner l’autorité. On les retire donc du front et on les met dans une caserne au centre de la France, à la Courtine, en Creuse. On les oublie un peu, mais ils s’organisent et prennent le contrôle de leur caserne. Pour les soumettre, la France va les encercler et les bombarder, faisant une dizaine de morts en septembre 1917. Quand ils se sont rendus, ils ont été envoyés dans un bagne en Algérie.

    Y a-t-il eu d’autres mutineries de cette ampleur lors de la Grande Guerre ?

    J.-Y.L.N. : Il y a eu des Tunisiens qui ont refusé d’obéir en décembre 1914, parce qu’ils sont épuisés. C’est l’hiver, il fait froid, ils pataugent dans l’eau, ils ne dorment pas. Quand on leur a demandé d’attaquer, ils n’ont pas pu. Il y a donc eu plusieurs fusillés, pour l’exemple, mais peut-on parler de mutinerie ? Je ne sais pas. Il y a aussi les mutineries de 1917 des poilus qui sont très documentées.

    Quels sens ont ces mutineries ?

    J.-Y.L.N. : Il y a le désir de paix. Mais pour les Français, le désir de paix est inatteignable, en dehors d’un renversement de l’ordre politique. Ils se replient donc vers des revendications acceptables : comme davantage de permissions. Les Français ne veulent pas la défaite de la France. Lénine lui, prône le défaitisme révolutionnaire, qu’il a théorisé. Mais ce défaitisme révolutionnaire n’est pas porté par les socialistes français. Ils veulent sortir de la guerre, mais pas au prix de la défaite de leur pays. Ils sont donc coincés. Les soldats français ont fait la guerre tout en la maudissant, mais ils l’ont faite. À gauche, on a consenti à la guerre en imaginant que c’était la dernière et qu’on allait tuer la guerre en renversant les trônes, les Kaisers, les Césars, l’impérialisme. Mais on s’est aperçus, trop tard, que c’était la guerre elle-même, la barbarie. Ces mutineries elles disent une part de résistance à cela.

  • Quand les peuples refusent la guerre à travers l’histoire

    Quand les peuples refusent la guerre à travers l’histoire

    Comment s’est-on opposé aux conflits dans le monde depuis la Première Guerre mondiale ? C’est la question que vont se poser historiens, déserteurs et objecteurs de conscience les 4 et 5 octobre à Vitry-sur-Seine. Organisé par l’association La Courtine 1917 en partenariat avec La Marseillaise, ce colloque veut mettre en avant ces femmes et ces hommes qui ont refusé d’aller ou de continuer le combat.

    C’est un parcours chronologique que propose de suivre les organisateurs de cet événement. Le point de départ sera la mutinerie des 10 000 soldats russes en 1917, dont l’association qui organise l’événement est le porteur de mémoire. C’est donc l’historien Rémi Adam, spécialiste de l’événement qui ouvrira le colloque le samedi. Une première journée consacrée aux oppositions pendant la première guerre mondiale. Il y aura notamment « le maire de Gentioux où se trouve un monument aux morts célèbre où un enfant lève le poing face à une inscription “Maudite soit la guerre” », déroule Jean-Paul Gady, membre du conseil d’administration de l’association La Courtine 1917 et organisateur de l’événement.

    Refuser les guerres coloniales

    Le dimanche sera plutôt l’occasion d’évoquer le refus de certains de prendre part aux guerres coloniales. L’historien Victor Pereira évoquera le cas des Portugais. « Ce sont des travailleurs et jeunes Portugais qui ont refusé de partir dans l’armée coloniale dans les années 1965 jusqu’à la révolution portugaise des années 1974. Ils étaient 250 000 à avoir donc fui leur pays pour ne pas être enrôlés », précise l’organisateur de l’événement.

    Les opposants à la guerre d’Algérie seront également mis en avant. à travers le témoignage de Thomas Liechti, petit-fils du premier soldat qui refusa la guerre d’Algérie. Il évoquera la vie de son grand-père. Enfin la chercheuse et historienne Armelle Mabon évoquera le massacre par l’armée française de tirailleurs sénégalais. « Ce sont des interventions prévues extrêmement variées, insiste l’organisateur. Mais en même temps, tout ramène à une chose : comment la réaction individuelle et collective peut se faire quand on refuse la guerre. »

    Cet ensemble de conférences sera accompagné de ventes de livres et de dédicaces de tous les historiens présents. L’association La Courtine 1917 tiendra également un stand pour vendre leurs différentes revues et livres. Une soirée est également prévue le samedi soir de 20h à 23h aux 3 cinés Robespierre, à Vitry-sur-Seine.

    Echos à l’actualité

    Elle débutera avec une pièce de théâtre intitulée Vincent Moulia, évadé pour survivre. Dans un seul en scène, un acteur retracera la fuite de cet homme accusé de mutinerie. Cela sera suivi à 21h30 par la projection d’un film documentaire qui évoque la mutinerie de La Courtine.

    Un cycle de conférences qui sera ponctué de témoignages de déserteurs ukrainiens, russes ou israéliens qui refusent de participer aux guerres actuelles. « Ce colloque a un écho avec l’actualité mortifère, insiste le membre du conseil d’administration. Notamment en France où des centaines de milliards d’euros sont programmés pour la dépense militaire. Face à cette situation de tension et de guerres qui ne manquera pas d’arriver en Europe, nous souhaitons faire de l’éducation populaire pour montrer que ces déserteurs, souvent minoritaires avaient raison. Il ne sert à rien d’abonder dans une logique capitaliste. »

    Inscription nécessaire par mail : lacourtine1917@gmail.com

  • Répondre à l’urgence

    Répondre à l’urgence

    C’est un cap historique que s’apprête à franchir la France en reconnaissant officiellement l’État de Palestine, à l’ONU. Ce geste, longtemps espéré, représente certes un symbole. Mais pas seulement. Il manifeste la volonté de relancer un processus de paix agonisant et d’affirmer le droit du peuple palestinien à l’autodétermination.

    Malgré les vives critiques, venues d’Israël et de son allié inconditionnel américain notamment, la France n’est pas isolée : neuf autres pays, dont le Royaume-Uni ou la Belgique, reconnaîtront aussi l’État de Palestine. Cette démarche « s’inscrit dans un plan de paix complet pour la région », a considéré Emmanuel Macron.

    Face à l’impasse diplomatique, à la violence qui ravage Gaza et à l’enlisement du conflit, la France rappelle que la solution à deux États reste la voie crédible vers une paix juste et durable.

    Une position constante

    Cette initiative s’inscrit dans une tradition diplomatique constante. Dès les années 1960, le général de Gaulle posait les bases d’une politique française indépendante, appelant à la coexistence de deux États, israélien et palestinien, vivant côte à côté dans des frontières sûres et reconnues. Comme le prévoit le plan de partage de l’ONU, voté en 1947, avec la voix de la France.

    Reconnaître la Palestine, c’est rejeter l’amalgame entre un peuple et le Hamas. C’est aussi répondre à l’urgence. Chaque jour qui passe rend la perspective d’un État palestinien plus lointaine. Cette reconnaissance n’est, cependant, pas une finalité. Alors que la Journée internationale
    de la paix vient d’être célébrée, la communauté internationale doit se mobiliser pour que le droit prime sur la force.

  • Reconnaître la Palestine, un chemin de paix

    Reconnaître la Palestine, un chemin de paix

    Enterré depuis près de 30 ans et laissant les Palestiniens au désespoir de voir leur droit à l’autodétermination s’accomplir, le processus de paix est rendu de plus en plus incertain depuis l’attaque terroriste du Hamas, le 7 octobre 2023, contre des civils israéliens, et la vengeance sanglante qui s’en est suivie, orchestrée par le gouvernement de Benjamin Netanyahu contre les Palestiniens, dans la bande de Gaza, mais aussi en Cisjordanie occupée. Un peuple génocidé sous les yeux du monde avec la complicité des États-Unis.

    Cette reconnaissance intervient alors que l’armée israélienne est en train de raser la ville de Gaza en dépit des condamnations internationales, essentiellement verbales.

    Le président de la République, Emmanuel Macron, prendra la parole à la tribune des Nations Unies à New York à 15h30 heures locales, 21h30 en France. Il s’exprimera devant les représentants de tous les pays de l’ONU rassemblés pour l’Assemblée générale de l’organisation qui célèbre cette année son 80e anniversaire dans un contexte international sanglant.

    Jeudi 17 septembre, Emmanuel Macron a défendu, sur la chaîne de télévision israélienne N12, sa décision de reconnaître un État palestinien, « meilleure manière d’isoler le Hamas » tout en condamnant une fois de plus vivement l’offensive à Gaza qui « détruit totalement » la « crédibilité d’Israël ». Pour lui, « reconnaître un État palestinien, c’est simplement décider de dire “la perspective légitime du peuple palestinien et ce qu’il endure aujourd’hui, n’a rien à voir avec le Hamas” ». Il a plaidé la cause de son plan, qui accompagnera son annonce formelle ce lundi à l’ONU, estimant qu’il s’agissait d’un « processus » censé « déclencher une série de nouveaux comportements et de nouveaux engagements ». Le président français, lors de l’entretien accordé à la télévision israélienne, a aussi estimé que « l’approche de votre gouvernement, de quelques ministres particulièrement, est de détruire la possibilité d’une solution à deux états ». Or « il y avait urgence », notamment en raison des menaces d’annexion de la Cisjordanie occupée. « C’était la dernière occasion avant que proposer la solution à deux états ne devienne totalement impossible », a-t-il insisté.

    Mahmoud Abbas interdit de visa par Donald Trump

    L’assemblée générale de l’ONU a déjà adopté à une large majorité, le 12 septembre, ce plan franco-saoudien qui exclut clairement le mouvement islamiste palestinien de toute gouvernance future. Ce geste « symbolique » pourrait avoir une vraie portée « si les pays qui reconnaissent la Palestine enchaînent avec d’autres mesures pour tenter de faire pression sur Israël pour mettre fin à sa campagne à Gaza », commente Richard Gowan, de l’International Crisis Group. Mais l’analyste craint dans le même temps des représailles israéliennes, évoquant un risque d’« escalade » de la part du Premier ministre Benjamin Netanuyhu, qui doit s’exprimer à la tribune de l’assemblée générale, dans les prochains jours, et a clairement dit qu’« il n’y aurait pas d’État palestinien ».

    Les États-Unis, principal allié d’Israël, se sont eux aussi publiquement opposés à ce processus et ont annoncé qu’ils n’accorderaient pas de visa à la délégation palestinienne, dont le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Il pourrait s’exprimer par vidéo mais ne pourra se rendre à New York.

    Donald Trump a aussi usé une nouvelle fois du veto américain au conseil de sécurité de l’ONU, le 17 septembre, pour empêcher l’adoption d’un texte réclamant un cessez-le-feu dans la bande de Gaza et l’accès humanitaire au territoire palestinien. Depuis le début des représailles israéliennes, près de 65 000 Gazaouis ont été tués sur quelque 2,2 millions d’habitants, soit plus de 10% de la population initiale de la bande de Gaza.

    148 pays sur 193 pays membres de l’ONU reconnaissent l’État palestinien. Si le Royaume-Uni rejoint la France, quatre des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies auront reconnu ce nouvel état, puisque la Chine et la Russie l’ont fait dès novembre 1988, dans la foulée de la déclaration d’indépendance de la Palestine, le 15 novembre 1988 par le conseil national palestinien, présidé à l’époque par Yasser Arafat.

  • Une plongée avec les scaphandriers du nucléaire à Marseille

    Une plongée avec les scaphandriers du nucléaire à Marseille

    « Sous l’eau, tout est plus compliqué. On a toujours de l’air dans les mains, les gestes sont plus longs. C’est un peu comme pour les astronautes, on a les mêmes sensations. » Julien Pillard, scaphandrier pour Onet Technologies, vient à peine de sortir de la piscine de la Comex (compagnie maritime d’expertise) dans le 9e arrondissement de Marseille. Avec encore de l’eau sur sa combinaison et son attirail de plus de 50 kilos sur le dos, il ressort d’un exercice « de montage-démontage mécanique » quasi en conditions réelles.

    Pendant sa plongée, il était surveillé par son collègue Rémi Douzou, ingénieur et scaphandrier depuis un poste de commande aux multiples écrans et un assistant prêt à intervenir à tout moment pour la sécurité du plongeur. « Chacun de ses déplacements est suivi par des caméras et des remontées d’informations radiologiques qu’on a avec toutes les sondes qui équipent le plongeur », détaille Rémi Douzou. Une surveillance de tous les instants qui s’explique facilement : l’exercice visait à reproduire l’immersion dans une piscine d’un réacteur nucléaire, la spécialité des scaphandriers d’Onet Technologies. « On a les plongeurs en milieu nucléaire les plus expérimentés du monde », note Rémi Douzou. Une affirmation pas exagérée : ils réalisent une centaine de missions par an, en France et à l’international. « On est sollicité par tous les exploitants du nucléaire et on intervient sur les centrales, qu’elles soient en activité ou en démantèlement, mais aussi sur les usines de recyclage de déchets nucléaires ou les centres de recherche… », développe l’ingénieur. Un métier encore plus spécifique que les soudeurs sous-marins et scaphandriers en travaux publics, déjà réputés pour leurs dangerosité et pénibilité, puisqu’ils sont « dans un milieu contaminé radiologiquement ». Mais rien d’insurmontable pour Julien Pillard : « La pression, c’est de ne pas s’approcher d’éléments irradiants. On a des capteurs et le chef d’opération en surface nous dit de s’approcher ou pas des éléments. Il faut toujours rester vigilant mais quand ça fait des années qu’on en fait, c’est un travail comme un autre. »

    250 ingénieurs à Marseille

    De quoi mettre en valeur les travailleurs d’Onet Technologies, division axée sur le nucléaire et l’ingénierie de l’entreprise marseillaise. « On est très connu pour la propreté, beaucoup moins pour d’autres métiers », reconnaît Magali Bousquet, directrice marketing et communication du groupe Onet. Pourtant, avec 40 ans dans le milieu et 3 000 salariés, son expertise n’est plus à prouver : « On est aussi aux États-Unis et au Japon, où l’on participe au démantèlement de Fukushima. » Et son siège marseillais a une place bien particulière. Claire-Amélie Gabriel, responsable de la communication et du marketing d’Onet Technologies met en avant le « centre d’ingénierie avec 250 ingénieurs spécialisés et 20 000m2 de capacité industrielle pour la fabrication » du site. En bref, une expertise made in Marseille.

  • Mettre KO l’austérité

    Mettre KO l’austérité

    La journée d’hier est sans appel. Mouvement social : 1, Lecornu : 0.

    Alors que le nouveau Premier ministre n’est parvenu à convaincre que les partisans du gouvernement renversé, l’intersyndicale, elle, a démultiplié les capacités de mobilisation de la journée « bloquons tout » du 10 septembre.

    Dans les rues, c’est de la colère qui s’est exprimée avec force à l’égard de l’austérité, de l’injustice sociale, du déni de démocratie mais aussi de la joie d’être ensemble et de l’envie de construire un avenir meilleur.

    Premier ministre seul

    La volonté répressive affichée par le ministre démissionnaire de l’Intérieur n’aura pas découragé les manifestants. Et les cortèges encadrés par l’intersyndicale ont permis à toutes et tous de défiler dans la sérénité, démontrant à ceux qui en doutent, l’importance et l’efficacité des organisations pour faire vivre la démocratie sociale.

    Face à un Premier ministre dépourvu de majorité, de gouvernement et de popularité, le mouvement social n’a jamais été en si grande position de force depuis l’élection d’Emmanuel Macron.

    Si le chef de l’État et le double de lui-même qu’il a nommé à Matignon s’obstinent dans le libéralisme et la poursuite des choix politiques à l’œuvre depuis trop longtemps, le mouvement s’amplifiera encore.

    Il faut rompre avec la réforme anti-démocratique des retraites, avec l’asphyxie des services publics, et les bas salaires.

    Sébastien Lecornu semble s’y refuser, alors qu’il déclare forfait.

    Le monde du travail est prêt à mettre KO l’austérité.