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  • Sous les étoiles, les Nuits musicales d’Uzès

    Sous les étoiles, les Nuits musicales d’Uzès

    Quand le jour tombe sur la cité ducale, les vieilles pierres changent de partition. Du 18 au 29 juillet, les Nuits musicales d’Uzès célèbrent leur 55e édition entre les cours du Duché et de l’Évêché ainsi qu’à L’Ombrière. Huit concerts composent une affiche cousue main, fidèle au triptyque défendu par Éric Desnoues : artistes, œuvres et lieux.

    La jeunesse donnera le premier accord avec Didon et Énée de Purcell, interprété par le Jeune Orchestre baroque européen. Seize musiciens, sélectionnés parmi plus de 400 candidats, participeront à ce dispositif d’insertion professionnelle. Le lendemain, le sopraniste Samuel Mariño fera résonner Vivaldi et Haendel.

    Du classique
    aux musiques de l’exil

    Alexandre Tharaud jouera Mozart avec l’Orchestre national Avignon-Provence, avant que Benjamin Grosvenor ne traverse Beethoven, Schumann, Scriabine et Chopin. Jean-Christophe Spinosi dirigera l’Ensemble Matheus dans un voyage symphonique tourné vers l’Italie.

    Puis les frontières s’effaceront. Avec La Sultane, André Manoukian puisera dans ses racines arméniennes pour mêler jazz, classique et musiques sacrées. Stochelo et Mozes Rosenberg feront glisser Charlie Chaplin vers le jazz manouche. Enfin, les anciens musiciens de Cesária Évora refermeront le festival en faisant revivre la morna de la Diva aux pieds nus.

    Un tarif à 10 euros est proposé pour les moins de 25 ans.

  • Le château fort se met à l’heure médiévale

    Le château fort se met à l’heure médiévale

    650 ans d’existence

    Plus qu’une simple fête sur deux jours, c’est une immersion à l’époque médiévale qui est proposée au public pour que petits et grands puissent découvrir l’ambiance et la vie quotidienne dans un village de cette époque. « Notre village compte 400 habitants, nous n’avons pas beaucoup de patrimoine remarquable alors il est important pour nous de faire vivre ce lieu historique riche d’une histoire incroyable », ajoute-t-il. « La fête sera vraiment dans son jus puisque nous avons des documents concernant l’édifice qui attestent que le château fort n’a jamais été habité, c’est un patrimoine que nous voulons partager avec le plus grand nombre. » Dans son jus, c’est le moins que l’on puisse dire, l’ensemble des 120 participants qu’ils soient bénévoles ou non seront en tenues médiévales et les visiteurs pourront également en profiter puisque sur place un prêt de costumes est proposé pour tous les âges. Côté animations, chants, danses ou encore enseignement des arts militaires sont au programme. « Il y aura aussi des jeux pour enfants, des ateliers pédagogiques comme de la poterie, des créations d’épées et de boucliers… Le tout avec un objectif ludique et pédagogique. Oui on est là pour s’amuser mais aussi pour apprendre des choses », souligne le passionné. Et quelle plus belle occasion que cette grande célébration pour fêter les 650 ans d’existence de ce château fort dont l’association a à cœur de faire vivre. « L’ensemble des troupes et artistes présents viennent de la région. Sans compter qu’ici il n’y aura rien en rapport avec la société actuelle tavernes, buvettes et autres échoppes ne proposeront que des produits d’époque dans un cercle vertueux. »

  • [C’est l’été] Un festival à taille humaine à Vauvenargues

    [C’est l’été] Un festival à taille humaine à Vauvenargues

    Le violoniste syrien Bilal Alnemr, alors en exil à Vauvenargues, créait le festival de Vauvenargues en 2002 en signe de gratitude pour la commune qui l’avait accueilli. Il a donc voulu une manifestation à taille humaine pour un public qui aime se retrouver dans un village très engagé dans la culture. La programmation se veut ouverte sur des champs larges sans a priori ni préjugés.

    Vendredi 17 juillet 21h, sur le parvis de la mairie de Vauvenargues, Elad Navon, clarinette Bilal Alnemr, violon et l’israélien Itai Navon, piano joueront un programme Bartók, Weber et Mozart. Ce sera aussi l’occasion de découvrir la Sonate pour violon et piano en hommage à Chostakovitch du compositeur syrien Solhi Al-Wadi.

    Toujours sur le parvis de la mairie, samedi 18, l’Ensemble les « Cordes de Shams » fondé par Bilal Alnemr rassemblera sous une forme qui relève peut-être de l’heureuse Utopie du West-Eastern Divan Orchestra de Daniel Barenboïm, des solistes en exil, entre Syrie, Liban, Israël, Turquie et Palestine pour la musique de chambre de Mendelssohn. Mercredi 22 juillet au musée Granet, le pianiste Éric Le Sage passera de Debussy à Schumann et Gershwin. Le concert aura lieu dans le cadre de l’exposition « Paul McCartney » et une visite privative sera organisée pour l’occasion à 19h30. Enfin mardi 21 juillet l’Orchestre des jeunes de la Méditerranée dirigé par Sora Elisabeth est invité, pour un concert gratuit offert par la commune de Vauvenargues en partenariat avec le Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence et l’association du festival de Vauvenargues « Ugarit en Provence ». On notera que Bilal Alnemr a été membre à 13 ans d’une promotion de cette indispensable phalange. Le programme associera les musiques des hongrois Zoltán Kodály et Ernö Dohnányi aux Tableaux d’une exposition de Moussorgski avec en point d’orgue la composition collective de l’OJM avec le quintet et Amina Edris. À côté d’Aix mais pas dans son ombre, le Festival de Vauvenargues offre l’occasion de découvertes passionnantes. Rendez-vous aux amateurs.

  • [C’est lété] L’opéra investit le Off avec « La Vie de Bohème »

    [C’est lété] L’opéra investit le Off avec « La Vie de Bohème »

    Les plus grands et les plus populaires opéras ont piqué l’imagination de metteurs en scène que les morts de Carmen, Traviata, Liù, Tosca et autres Mimi, ont toujours fascinée. Trempées dans le mélodrame, ces héroïnes meurent dans d’immortelles arias que nul ne songerait à critiquer. Car l’opéra n’entend pas refléter la réalité, il échappe au quotidien, à la médiocrité de nos petites vies. Il veut transporter interprètes et public dans un ailleurs sublime que les voix et l’orchestre exaltent à l’envi. On pleure volontiers à l’opéra. Non pas de tristesse mais du bonheur physique, impalpable, qui tressaille dans notre corps.

    Olivier Desbordes, mentor de la compagnie Opéra Éclaté la bien nommée, a mis plusieurs fois en scène La Bohème de Puccini, c’est dire s’il connaît l’ouvrage dans la moindre note. Il a décidé d’en gérer une adaptation pour des scènes moins ambitieuses et convaincre ainsi les spectateurs novices en la matière, que l’opéra est un art à la portée de tous, à condition d’y entrer sans préjugés, et de se laisser embarquer dans un voyage hors du réel. Avec La Vie de Bohème, il opte pour une version qui réunit de jeunes chanteurs et musiciens bourrés de talent : certains passent d’un instrument à l’autre, d’autres d’un rôle chanté à un violoncelle. Voilà la preuve que nos jeunes artistes n’ont rien à envier à leurs aînés, même si certains rétorqueront que chanter un rôle entier exige plus de métier. Après tout, n’ont-ils pas toute la vie devant eux ? Oublions le XIXe siècle (la création de La Bohème date de 1896), enfilons blousons cloutés, vestes pailletées et guitares électriques façon années 70-80. Les quatre jeunes gens, artistes affamés mais armés d’une solide détermination à être reconnus, volontiers bambochards, brûlent d’un même Fureur de Vivre. L’arrivée de la petite couturière Mimi court-circuite le cœur de Rodolphe. L’aventure amoureuse est en marche. Puccini aime les fins tragiques qui comblent son appétit pour les généreuses envolées lyriques sur d’intenses lignes mélodiques.

    La représentation qu’il nous est donné de voir à Avignon est une intéressante approche d’une œuvre gorgée des sèves de l’amitié et de l’amour. Les voix sont tout à fait agréables, l’orchestre assure avec panache, la mise en scène papillonne au gré des rythmes et des émotions où se glissent quelques anachronismes (merci Dalida et le disco au Palace !). Si les duos, si célèbres, paraissent un peu longuets c’est qu’il leur manque cette distance avec le public, indispensable pour en goûter toute la saveur. Ne doutons pas que cette Vie de Bohème sortira de sa chrysalide dans une salle mieux adaptée. À Avignon, nous en avons eu la primeur, réjouissons-nous et profitons-en.

    « La Vie de Bohème », tous
    les jours sauf jeudi à 18h10
    à la Nouvelle Étincelle.

  • La CGT veut une riposte culturelle face au RN

    La CGT veut une riposte culturelle face au RN

    Des États généraux face à un État toujours moins généreux. Un an après l’appel lancé par le PCF à la tenue de nouveaux États généraux de la culture, le sujet était, ce jeudi matin, au cœur d’échanges en plein festival d’Avignon. Avant une table ronde de représentants politiques de gauche sur le dossier, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, est montée sur scène au côté de Tiago Rodrigues, directeur du festival d’Avignon. Pour rappel, en toile de fond de cette 80e édition, les acteurs du spectacle vivant multiplient les alertes et mobilisations face au gel des dotations décrété par le gouvernement, laissant de nombreuses structures dans la panade. Une grande manifestation nationale est dans les tuyaux le 26 septembre.

    « Il y a beaucoup de travail pour relancer l’idée d’une culture populaire de qualité qui est aujourd’hui considérée au rabais car de masse », pose Sophie Binet en faisant écho au fait que l’ADN du festival est étroitement lié à l’avènement des congés payés et l’idée de proposer des spectacles accessibles à tous. À ses côtés, Tiago Rodrigues défend sa « mission de service public avec un accès à la création ». Portugais, le directeur du festival ne cesse de vanter le modèle culturel français, si envié à l’international. « Quand j’étais directeur du théâtre national de Lisbonne, j’ai réussi à faire passer la création d’un statut d’intermittent du spectacle au Portugal calqué sur celui qui existe en France », rappelle-t-il.

    Face au fascisme,

    « il faut faire rempart »

    Or, « les mâchoires des politiques d’austérité » sont là « avec des coupes budgétaires en cours d’année », dénonce Sophie Binet. En parallèle, s’ajoutent « le projet idéologique de l’extrême droite qui investit dans la culture » et « les attaques contre la liberté de création avec des discours populistes comme quoi la culture défendrait son petit entre soi bobo », alerte la dirigeante syndicale. Tiago Rodrigues se fait offensif. « On crée une atmosphère pour qu’un directeur ne pratique plus son droit à la liberté de création qui est inscrite dans la loi, il n’y a pas de neutralité, on est un festival progressiste, féministe, antiraciste… mais avec les baisses de subventions et les injonctions idéologiques, on prépare le terrain au fascisme, il faut faire rempart », monte-t-il au créneau, très applaudi.

    « Le plus grand danger est l’autocensure silencieuse, il y a besoin de jouer collectif », exhorte Sophie Binet. Manière de s’adresser aux représentants politiques de gauche qui ont pris la suite sur scène de ne pas (trop) se désunir car « même si l’extrême droite ne gagne pas, elle sera la première force d’opposition ». Une façon de faire passer le message aux représentants de gauche présents dans l’assistance de ne pas partir (trop) désuni à la présidentielle. Et à entendre Pierre Dharréville (PCF), Emma Rafowicz (PS), Sophie Taillé-Polian (Debout), Clémentine Autain (L’Après), Sarah Legrain (LFI) et même Raphaël Glucksmann (Place publique), croisé à l’extérieur du débat, on s’aperçoit que la culture est un dénominateur commun à gauche avec un même constat partagé et des réponses très partagées. « Dans nos aspirations à faire face au danger de l’extrême droite, il y a peu de domaines dans lesquels les discussions que nous avons se déroulent avec ce type d’initiatives communes », apprécie l’ex-député PCF Pierre Dharréville, un des instigateurs de ces États généraux. Et d’appeler à « ne pas regardez ailleurs, ça brûle ici ».

  • [C’est l’été] Un voyage musical tout en nuances et délicatesse au Festival d’Aix

    [C’est l’été] Un voyage musical tout en nuances et délicatesse au Festival d’Aix

    Délaissant La Flûte Enchantée dans la fosse de l’Archevêché, Leonardo García-Alarcón offrait, mardi soir au GTP, un délicieux concert baroque, illuminé par la présence de la soprano bulgare Sonya Yoncheva. Soutenus par neuf pupitres choisis et d’un programme rayonnant entre l’Italie, Angleterre et Espagne, les deux artistes ont livré un peu plus d’une heure d’un voyage musical tout en nuance et délicatesse. Les deux artistes ont rappelé leur rencontre, leur projet mûri pendant les heures angoissantes de la crise du Covid et leur bonheur à se retrouver ce soir-là. Leur complicité était évidente. L’Argentin de La Plata, claveciniste et organiste, musicologue averti est désormais une incontournable figure du Festival. Outre le Mozart cette année, il est, l’homme des succès au Jeu de Paume des opéras de Cavalli ; Elena, Erismena et de Monteverdi, Il Ritorno di Ulisse in Patria, Orfeo et L’incoronazione di Poppea. Sonya Yoncheva qui a débuté aux côtés des Arts Florissants de William Christie, est depuis rompue aux grands rôles ; Violetta, Desdemona, Tatiana d’Onéguine, et semble mettre ses pas dans ceux de Callas en abordant Bellini, Donizetti, la Médée de Chérubini… Une voix bien ample, bien chaleureuse, pour un programme très « camerata musicale ».

    Le baroque à ses sources vénitiennes est illustré par des madrigaux de Claudio Monteverdi, un extrait de L’incoronazione di Poppea et Francesco Cavalli, bien sûr ; Xerse, L’Egisto. Sans oublier une composition du maître Alarcón sur une mélodie de l’Italien Antonio Draghi. Un détour conduit vers les derniers feux du madrigal anglais élisabéthain d’Orlando Gibbons et John Dowland. La Mort de Didon, « Remember me ! » du Dido & Æneas de Purcell, suspend le vol du temps. L’auditoire est recueilli, comme il est bien plus encore lorsque la soprano entame un chant traditionnel bulgare. Puis le voyage passe par l’Espagne du Siglo de Oro. Une « Jácara » (chanson satirique) de Lucas Ruiz De Ribayaz et une mélodie de José Marín Ojos. L’Atlantique est alors traversé dans ce galion musical pour conduire le public sur les rivages du Venezuela (Simón Díaz) et l’Altiplano péruvien (Tomás De Torrejón y Velazco).

    Un bel instant

    Le voyage n’aurait pas eu ce charme propice aux découvertes sans le talent des neuf pupitres qui ont servi de guides. Très applaudie la flûte à bec virtuose de Rodrigo Calveyra et les guitares aux teintes flamenca de Monica Pustilnik et Quito Gato, pinçant avec tout autant de grâce Archiluth et Théorbe. Sonya Yoncheva se laisse aller à quelques pas de danses. Il n’en faut pas plus pour séduire un public déjà largement acquis. Pour être entièrement juste il convient de retenir les noms de la harpiste Marina Bonetti, des violonistes Amandine Solano et Laura Corolla, de la gambiste Margaux Blanchard, du violoncelliste Oleguer Aymami Busqué et du contrebassiste Eric Mathot. Ils forment le Cappella Mediterranea qui est aujourd’hui l’instrument incontournable du répertoire baroque. Instrument on ne peut plus exact que Leonardo García-Alarcón dirige presque de loin, faisant entière confiance aux talents de ses musiciens. Un très bel instant de musique.

  • [C’est l’été] Les coups pleuvent aussi sur les planches du Festival Off d’Avignon

    [C’est l’été] Les coups pleuvent aussi sur les planches du Festival Off d’Avignon

    Deux frères

    Ils ont été élevés dans la même famille, ont tout partagé : deux frères comme les autres, sauf que… leur père brutalise l’aîné, Renaud. Les gifles pleuvent pour le plus minuscule prétexte, les coups frappent à la volée. René, le cadet, ne subit aucuns sévices. Que cache cette presque indifférence paternelle ? Pourquoi lui et pas moi ? s’interroge René. Toujours très complices, presque fusionnels, ils grandissent. Au fil du temps, leur connivence débusque par bribes tous les non-dits qui pourrissaient leur enfance, les violences subies mais jamais oubliées. Renaud Merviel a écrit ce vibrant hymne à l’amour fraternel d’où il exclut toute forme de jalousie. Il interprète lui-même le rôle de Renaud avec une fougue juvénile, une fervente complicité avec son partenaire qui le lui rend bien. Quelques notes de piano, un accord de guitare adoucissent le blouson en cuir noir qui matérialise la dureté d’un père malfaisant mais qu’on aime quand même ; « Après tout, c’est mon père » bougonne Renaud devant un paternel gisant à terre qu’il faut relever ou livrer à la police.

    Dans cette tranche de vie, Renaud Merviel dénonce sans fioriture le traumatisme des enfants battus et parvient à écrire une comédie où l’on sourit souvent devant cette bouffée d’optimisme qui ne demande qu’à se développer pour en faire une grande pièce. Alain Degois dit Papy, leur metteur en scène, pourrait bien l’y aider.

    Rosalinde

    Bon, d’accord les conditions de la représentation ne sont pas optimales : une cour aménagée en théâtre avec gradins et coques en plastique, une scène avec de grands panneaux noirs en guise de coulisses, et début et fin du spectacle en plein jour, avec bruits de la rue adjacente… Les comédiens sont obligés de porter la voix à un niveau tel qu’il leur est difficile de jouer les nuances. Pourtant la pièce Rosalinde aurait exigé une intimité très british pour cette histoire inventée par James Matthew Barrie, adaptée par Anne-Hélène Landaret, truffée de didascalies qu’une voix enregistrée égrène en douceur. Dans un salon cossu, méridienne et fauteuil de velours bleu ciel, tapis, service à thé anglais, s’avachit Madame Page, 40 ans, et sa domestique Madame Quickly… Ambiance alanguie dynamitée par l’arrivée d’un fougueux jeune homme, fan de Béatrice Page, fille de madame, comédienne. Rosalinde (clin d’œil à Shakespeare) parle avec ironie du vieillissement, des apparences, avec une légèreté un peu factice. Les comédiens, malgré les difficultés dénoncées, s’en sortent à merveille dans une mise en scène de Mélanie Le Duc, élégante et voluptueuse. On la déguste comme un bonbon anglais.

    « Deux Frères » :
    tous les jours sauf jeudi, à 13h
    au Théâtre de l’Oriflamme.

    « Rosalinde » :
    tous les jours sauf mercredi,
    à 18h55 dans la cour du Roi René.

  • [C’est lété] « Ciao Moka », une vague culturelle italienne à Marseille

    [C’est lété] « Ciao Moka », une vague culturelle italienne à Marseille

    Une vague aux couleurs criardes sort de la moka, cette cafetière italienne emblématique, pour répandre ses notes, couleurs et la culture de la Botte sur Marseille. Symbolisé sur l’affiche de sa 6e édition, l’ADN de Ciao Moka, ce festival qui, « comme une marée montante, apporte les saveurs, rythmes et histoires d’une Italie vivante, généreuse et toujours en mouvement ». Selon Sonia Nisi, sa fondatrice et directrice, une édition « encore plus pluridisciplinaire » lancée à l’Alcazar jeudi 16 juillet à 17h30 par une rencontre avec Arianna Cecconi, « anthropologue, enseignante à l’Université d’Aix-Marseille et chercheuse dans le domaine des rêves et du sommeil qui viendra présenter son deuxième roman La ronde des insomniaques ».

    Le lendemain, place aux arts vivants pour Ciao Moka, qui investira le Parc Longchamp dès 19h avec Yaraka. Originaire des Pouilles, un groupe qui « chante dans le dialecte de Tarento, tout en fusionnant les rythmes du sud de l’Italie et de la Méditerranée en général. Ils explorent aussi les musiques africaines et amazoniennes dans une idée de transe », décrit la directrice de ce festival qui poursuivra la soirée pour les amateurs de danse avec des ateliers de pizzica, tarentelle venue du sud de l’Italie, mais aussi de cinéma. Dans le cadre de l’été marseillais et du Ciné plein air, Nous nous sommes tant aimés sera projeté. Un chef-d’œuvre d’Ettore Scola (1974) qui « retrace 30 ans d’histoire italienne après-guerre et les changements de la société. Avec des acteurs phares du cinéma italien (Vittorio Gassman, Stefania Sandrelli, ndlr). Et c’est aussi un hommage au cinéma italien, on voit même Federico Fellini dans le film en train de jouer son propre rôle et de tourner La dolce Vita », développe avec plaisir Sonia Nisi.

    Italo-disco au sommet

    Ciao Moka fera son retour à l’Alcazar le samedi 18 juillet à 16h, où le maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université d’Aix-Marseille Stéphane Mourlan « va raconter l’histoire de l’immigration italienne à Marseille aux XIXe et XXe siècles », avant une visite guidée sur les traces qu’elle a laissées dans la ville. Cap ensuite, dès 19h30, sur le toit-terrasse de la Friche Belle de Mai avec une triple performance : la danseuse et DJ de house italienne Betty Wesh, la rappeuse et chorégraphe originaire de Vénétie Adriana et le groupe de Valentino Vivace, « nouvelle figure montante de l’italo-disco ». Clap de fin de cette 6e édition de Ciao Moka, dimanche à 17h30 avec une visite guidée de la Belle de Mai autour de l’histoire de ce quartier ouvrier irrigué par l’immigration italienne au siècle dernier. à 19h, la Friche accueillera Niente panico, spectacle de cascades et jonglages imaginé par le circassien florentin Giuliano Garufi, avant un karaoké géant basé sur le répertoire des chansons populaires transalpines.

  • [C’est l’été] À Saint-Rémy, musiciens et chanteurs retiennent la nuit

    [C’est l’été] À Saint-Rémy, musiciens et chanteurs retiennent la nuit

    « Il est de ces lieux où la musique ne résonne pas de la même manière », affirme Mathieu Herzog, directeur du Festival de Glanum établi sur ce site antique datant de l’Empire romain situé au pied des Alpilles. « Le silence y est habité, les pierres portent une mémoire et chaque son semble trouver une profondeur particulière. Lorsque la nuit tombe, l’écoute devient plus intérieure et libre. La musique y prend une dimension presque intime. C’est de cette sensation qu’est née cette 11e édition, placée sous le signe de la nuit », développe-t-il à propos de ce festival qui s’élancera jeudi 16 juillet par les Splendeurs du baroque italien. Nourri par des œuvres de Pergolèse et Vivaldi, un programme interprété par la soprano Gwendoline Blondeel, le contre-ténor Philippe Jaroussky et dirigé par le violoniste Thibault Noally.

    « Paysages nocturnes »

    Dans cette ancienne cité gallo-romaine et véritable musée à ciel ouvert, trois soirées échafaudées comme autant de « voyages », illustreront aussi Les grands airs de la nuit, prévus le lendemain. Le sextet du trompettiste Romain Leleu dispensera des notes jazz aux « résonances cinématographiques », avant la prestation de la grande mezzo-soprano Marina Viotti. Accompagnée du guitariste Gabriel Bianco et du violoncelliste Léonard Disselhorst, elle dépeindra de sa voix puissante des « paysages nocturnes aux multiples visages » suggérés par des compositeurs tels que Schubert, Nino Rotta ou encore Dizzie Gillespie.

    Soirée de clôture du Festival de Glanum prévue samedi 18 juillet avec une création dirigée par Mathieu Herzog lui-même et portée par les voix de Kaïna Blada, Neïma Naouri ou Bastien Jacquemart, sous la forme d’une « version symphonique » de la comédie musicale américaine West Side Story.

  • France travail, CGT ou CE font aussi leur Festival

    France travail, CGT ou CE font aussi leur Festival

    Pendant trois semaines, jusqu’au 25 juillet, Avignon bat au rythme du spectacle vivant avec notamment quelque 1 780 pièces programmées par le Off dans 140 salles. Si parmi ces lieux d’accueil, on compte énormément de théâtres éphémères, plusieurs structures éloignées initialement du milieu culturel font aussi leur Festival.

    À l’instar de la CGT, dont la secrétaire générale Sophie Binet est d’ailleurs ce jeudi à Avignon où elle débattra (10h30) dans le cadre des États généraux de la culture. Depuis 18 ans, au sein des locaux de la Bourse du travail, le syndicat programme six pièces dans une salle dédiée pouvant accueillir une cinquantaine de spectateurs (notre édition du 7 juillet). « La culture a toujours été indissociable de l’activité syndicale », juge Fred Laurent, directeur du théâtre de la Bourse du travail, à la programmation forcément engagée socialement. « Dès sa création, la grande aventure du festival d’Avignon s’est inscrite dans la dynamique de grandes conquêtes sociales de la Libération : protection sociale, services publics, maîtrise nationale de secteurs économiques déterminants, institution des comités d’entreprise, émergence de politiques culturelles publiques et décentralisation théâtrale, nouvel essor de l’éducation populaire… c’est pour toutes ces raisons, que la CGT a entretenu avec le festival de fortes complicités », rappelle-t-il. Un combat criant d’actualité alors que le secteur culturel se mobilise contre les coupes budgétaires et que l’extrême droite gagne du terrain. « Il nous faut encore plus dénoncer les menaces qui planent sur la culture et le spectacle vivant, avec la montée des extrêmes droites et l’arrivée possible du RN au pouvoir », prévient Fred Laurent.

    Un mur d’offres d’emploi pour les artistes

    Dans un registre à la philosophie similaire, la caisse centrale des activités sociales (CCAS) des industries électriques et gazières – soit le plus gros comité d’entreprise de France – a mis sur pied son propre festival, très étroitement lié à celui d’Avignon dont il est partenaire. Jusqu’à ce vendredi sur l’île de la Barthelasse se déroule la 24e édition du festival Contre courant. « Depuis 80 ans, les activités sociales défendent une conviction profondément moderne : la culture, comme les vacances et les loisirs, ne doit être un privilège pour personne, expose Anthony Juan, président de la CCAS. Contre courant en est l’incarnation la plus vivante : le spectacle vivant n’est pas un luxe, mais un bien commun, un espace de rencontre, de dignité et de partage qui nous rassemble, par-delà les langues et les frontières. » Dix-huit spectacles y sont programmés autour de 105 artistes. Des représentations gratuites pour les adhérents de la CCAS et à 10 euros pour les personnes extérieures.

    Un service public phare s’investit aussi dans le Festival : France travail. Pas en mettant sur scène des spectacles mais, en partenariat aussi avec le Festival, en organisant plusieurs ateliers, rencontres et permanences jusqu’à ce vendredi. Ce jeudi (10h30-12h30) se tient notamment une table ronde intitulée « Être humoriste aujourd’hui : panorama d’un genre en pleine évolution ». « Être au cœur du festival permet d’être au plus proche des professionnels du spectacle et aux équipes spécialisées d’accompagner professionnels et employeurs de la filière culturelle », souligne Astrid Focké, experte régionale culture à France travail. Un mur d’offres d’emploi est ainsi affiché à l’ISTS (institut supérieur des techniques du spectacle).

    La Banque alimentaire se met au Off

    Pas de répit estival pour la Banque alimentaire de Vaucluse, car « la précarité alimentaire n’a hélas pas de vacances », souligne l’association dont les besoins augmentent de 10 % chaque année (64 000 bénéficiaires). La structure, spécialisée dans la collecte et logistique de dons alimentaires, profite de la visibilité du Festival pour faire connaître ses activités. Une collecte alimentaire est ainsi installée au Village du Off, où « les festivaliers sont invités à déposer des dons alimentaires dans un caddie déposé à l’entrée du village, en privilégiant les protéines végétales et les conserves de poissons », précise la Banque alimentaire. Ce partenariat a été conclu dans le cadre de la RSE [responsabilité sociétale des entreprises] de AF&C, l’association qui chapeaute le Off. La Banque alimentaire a aussi mené des ateliers ludiques sur l’alimentation au Village Tadamm consacré aux enfants.