Tag: festival

  • Voyage poétique en Méditerranée

    Voyage poétique en Méditerranée

    En ce mois de juillet, la ville de Sète accueille comme à son habitude le festival de poésie Voix Vives de Méditerranée en Méditerranée. 29e anniversaire d’un projet qui s’est créé pour transmettre la poésie au plus grand nombre, il célèbre les cultures et les langues du pourtour de la Méditerranée dans un festival tout public presque entièrement gratuit.

    La poésie s’inscrit dans les lieux du quotidien : l’événement, en grande majorité gratuit, se déploie aux quatre coins de Sète, en itinérance dans les rues et sur les eaux. Le public pourra s’initier à l’art de manier les mots lors d’ateliers d’écriture animés par les poètes eux-mêmes, et la musique accompagnera les textes lors de trois concerts payants, qui feront danser les visiteurs en soirée.

    Rendre la poésie accessible, c’est là toute la volonté de Maïthé Vallès-Bled, fondatrice et directrice de Voix Vives. L’ancienne directrice du musée de Lodève et du musée Paul-Valéry à Sète veut défendre cet art : « Elle n’occupe pas la place qui devrait être la sienne. La poésie contemporaine s’inscrit dans la réalité des êtres, elle raconte la vérité du monde. » Une ouverture géographique, linguistique et géopolitique à travers les mots, qui s’ancre pleinement dans l’actualité en engageant le dialogue entre les cultures. « La Méditerranée occupe une toute petite partie du globe terrestre mais présente sept alphabets et un nombre impressionnant de langues », rappelle Maïthé Vallès-Bled. Chaque poète est alors libre de lire ses textes dans la langue dans laquelle il les écrit et un traducteur l’accompagne pour faciliter la compréhension lorsque ce n’est pas le français. « Il y a cette musique des langues présente dans le festival et qui peut résonner en langue originale dans le public », observe la directrice. « Chacun reconnaît quelque chose, un questionnement qui l’habite. Au centre de la poésie, il y a l’humain », conclut celle qui veut partager une passion des mots qui dépasse les frontières.

    Oriane Castan

  • À Avignon, le monde culturel maintient la pression sur le gouvernement

    À Avignon, le monde culturel maintient la pression sur le gouvernement

    C’est malheureusement une pièce à succès qui se joue lors de ce Festival d’Avignon. Avec dans la mise en scène un gouvernement austéritaire et comme acteurs principaux et victimes les professionnels du spectacle vivant. Après une manifestation jeudi dernier devant l’hôtel de Ville et avant une agora ce jeudi 16 devant le palais des Papes, une nouvelle mobilisation s’est tenue ce lundi soir, également sur la place papale. « On construit un mouvement unitaire en intersyndicale avec des organisations d’employeurs et de salariés », pose Joris Mathieu, coprésident du Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac).

    À ses côtés, la CGT spectacle, le Synavi (syndicat national des arts vivants), Scène ensemble ou le collectif Livrer bataille. Tiago Rodrigues, directeur du festival, se joint aussi au mouvement. « Le service public de la culture est un patrimoine démocratique, ce festival n’est pas possible sans lui, à partir du moment où ce service public est en danger, on est tous en danger », estime-t-il. Sa voisine de tribune est l’une de ses prédécesseurs à la tête du festival, Hortense Archimbault. L’actuelle directrice de la MC 93 [Maison de la culture de Seine-Saint-Denis] confie n’avoir « jamais affronté ça en 22 ans ». Le ça en question : le gel de dotations par l’État pour le second semestre mettant en péril de nombreux spectacles et donc d’activités pour les artistes. « Je ne veux pas déprogrammer et renier la confiance accordée aux artistes et au public, en faisant cela, je crée un gros déficit pour ma structure », assume-t-elle. Et ce « alors qu’il y a une forte demande sociale pour le spectacle vivant avec jamais autant de monde dans les salles ».

    Un « saccage délibéré

    des services publics »

    « Nous n’accepterons pas de mourir en silence », prévient Delphine Lalizout, coprésidente du Synavi. L’intersyndicale pose trois revendications : un moratoire urgent sur ces coupes budgétaires, la création d’une commission interministérielle en lien avec les collectivités territoriales pour mener une vraie concertation, et porter à 1% minimum la part de la culture dans le budget de l’État. « Une catastrophe sociale s’annonce avec un grand mépris du gouvernement qui ne nous a pas concertés », s’insurge Ghislain Gautier, secrétaire général adjoint de la CGT spectacle qui brandit la menace d’une grève. « On exige une prise en considération du gouvernement d’ici au 16 juillet, avoir au moins un rendez-vous, sinon on discutera des modalités d’action qui peuvent aller jusqu’à la grève », annonce le représentant syndical.

    Si pour l’heure il ne s’agit que d’une hypothèse, « c’est l’exécutif qui, par son mutisme, son mépris et son saccage délibéré des services publics, en porterait la responsabilité », conclut Joris Mathieu.

  • La mairie de Lodève ferme ses portes au festival les Fourmilières

    La mairie de Lodève ferme ses portes au festival les Fourmilières

    Le festival les Fourmilières, organisé dans plusieurs villes d’Occitanie du 25 septembre au 10 octobre, devra revoir sa copie à Lodève. Cette manifestation antifasciste et antiraciste réunit associations, artistes, conférences, ateliers et débats autour de la lutte contre l’extrême droite et les discriminations. La nouvelle municipalité de droite a refusé de mettre à disposition les salles demandées par le collectif, estimant que l’événement est « trop politisé ».

    Une atteinte aux libertés

    Les organisateurs pointent du doigt « un maire qui se
    dit apolitique, mais qui s’affiche avec la députée du Rassemblement national Manon Bouquin
     ». Une vision apolitique à géométrie variable dont les conséquences sont dénoncées par les organisateurs : « C’est une attaque aux libertés fondamentales ! »

    Le collectif rappelle qu’« en France, on ne peut interdire une manifestation pour des raisons politiques sans porter atteinte à la démocratie qui a pour principe premier la garantie des libertés fondamentales ».

    Si les événements prévus à Lodève seront finalement accueillis dans des lieux privés ou dans des communes voisines, les organisateurs regrettent « que la nouvelle municipalité de Lodève, censée concourir au bien de toutes et tous, ait fait le choix de ne pas soutenir ces idéaux ». Le collectif annonce par ailleurs se réserver « le droit d’attaquer cette décision au tribunal administratif parce que ça commence à être un peu du proto fascisme, avec une censure politique, nous sentons les choses venir ».

  • [C’est l’été] « Musiques d’un monde en mouvement » à Arles

    [C’est l’été] « Musiques d’un monde en mouvement » à Arles

    « Depuis 30 ans, Les Suds à Arles invitent des artistes d’ici et d’ailleurs, tous porteurs de traditions qui nous éclairent autant sur le chemin des origines que sur ceux qui se dessinent devant nous », rappelle Stéphane Krasniewski, directeur de ce festival qui entend « accueillir les musiques d’un monde en mouvement » du lundi 13 au dimanche 19 juillet dans différents lieux de la ville. Rien donc de plus normal à ce que son programme fasse écho aux « peuples en lutte, plus particulièrement au courage des femmes », précise-t-il, pointant Pour l’Iran, création de Shadi Fathi, reine du setâr, ce luth persan à petit ventre et manche long, et de la chanteuse Mahsa Vahdat, à voir le 18 juillet aux Alyscamps.

    « Diversité »

    À l’occasion de l’exposition « Le passage de Vénus », le Musée départemental Arles antique accueillera, lui, lors de la soirée d’ouverture, Immortelles, où Clémence Gabrielidis conjugue les esprits de la poétesse antique Sappho et de la chanteuse de rebetiko, résistante grecque et féministe des années 1940 Sotiria Béllou. Dans le cadre de la « Saison Méditerranée », le Théâtre antique abritera mercredi une réinterprétation par Camélia Jordan et Sofiane Saidi des Medahates, tradition de chants sacrés de femmes de l’Ouest algérien. Les Suds à Arles, une « promesse de diversité » des musiques du monde, de Jordi Savall, « maître de la musique baroque » à la « rappeuse franco-camerounaise incandescente » Uzi Freyja, en passant par « le rock éthiopien » d’Eténèsh Wassié ou le hip-hop sans frontières de Gaël Faye.

    suds-arles.com

  • Entre festivaliers et baroudeurs au Camping Bagatelle d’Avignon

    Entre festivaliers et baroudeurs au Camping Bagatelle d’Avignon

    Face au Palais des Papes et du Pont d’Avignon, de l’autre côté du Rhône, se dresse un arc bleuté derrière lequel on aperçoit quelques tentes et mobile homes. C’est là que se trouve le camping Bagatelle, presque dans la ville, tout « en restant champêtre », aime rappeler Christine Debernardini, l’une des gérantes, qui est aussi l’arrière-petite-fille de Jean Pelegrin, le fondateur des lieux en 1920.

    Il s’agit notamment du camping le plus proche du centre-ville de la Cité des Papes. En plein Festival d’Avignon, où des dizaines de milliers de personnes affluent du 4 au 25 juillet pour assister aux milliers de représentations proposées, et où les prix des hôtels et locations de courte durée s’envolent pour accueillir spectateurs et travailleurs, les prix réduits du camping sont une bonne alternative.

    Avec ses 197 emplacements, dont la plupart bénéficient au moins partiellement de l’ombre des grands platanes, le camping attire de nombreux festivaliers. « Des amies avaient réservé un Airbnb, mais on s’y est prises trop tard et c’était bien trop cher », confient devant leur tente commune Élise et Nelly. Venues toutes les deux de Grenoble pour voir plusieurs spectacles pendant quelques jours, elles n’ont pas le même rapport au camping. Élise, elle, est venue ici même « plusieurs fois avant le confinement ». « Moi, je n’en ai pas fait depuis au moins dix ans », sourit sa compère, à moitié inquiète. « Il fait chaud, donc on va voir comment ça se déroule. J’espère qu’il y aura assez d’ombre le matin pour dormir un peu. C’est des vacances et il faut qu’on se repose un peu quand même, parce qu’on a chacune un enfant de 2 ans qui nous attend à la maison », poursuit-elle. « Mais ça va aller. Elle a pris trois matelas pour les empiler », taquine sa copine.

    À quelques allées de là, Alain a installé son camping-car pour une semaine : « C’est l’endroit parfait, je peux tout faire à pied. » S’il s’est déjà rendu dans d’autres campings voisins – il y en a quatre sur la seule Barthelasse – il ne choisit plus que celui-ci, après une mésaventure. « On m’a volé mon vélo en cinq minutes il y a trois ans », peste le Montpelliérain.

    Un esprit à conserver

    D’autres sont plus aventuriers. À l’image de Wout, Néerlandais d’une cinquantaine d’années, venu à vélo tout droit de la ville de Bergen, au nord-ouest des Pays-Bas. « Je fais ça tous les ans, avec une destination différente, mais je suis déjà venu ici », se remémore-t-il devant sa petite tente une place. Pendant plus de deux semaines, il a traversé trois pays avant d’atteindre Avignon, étape finale de son périple. Il compte désormais rester plusieurs jours au camping pour conclure son voyage en beauté. « Il y a souvent des artistes qui viennent. C’est une ambiance vraiment sympathique », ajoute-t-il. Pas de souci de confort pour lui, même s’il reconnaît avoir « hâte de retrouver » son lit après une vingtaine de jours de bourlingue.

    Un esprit camping que souhaite conserver la direction actuelle du site, mis en place dans les années 50. « Certes, il y a quelques tentes solides ou des mobile homes. Mais on ne veut pas être une sorte de parc immobilier. Bien sûr, c’est un camping qui a de l’ancienneté, un peu dans son jus, mais on s’améliore », souligne Christine Debernardini, qui s’occupe du camping depuis 1999. Elle montre alors avec fierté des photos d’époque de ses aïeuls, qui organisaient des spectacles de vachettes avec des toreros en patins à roulettes, sur le parking. « Pour la suite, ce sera aux enfants et petits-enfants de choisir », conclut la gérante.

  • [Entretien] Keny Arkana : « Je brûle, je finis en cendres et je renais »

    [Entretien] Keny Arkana : « Je brûle, je finis en cendres et je renais »

    La Marseillaise : Après la sortie de votre mixtape « Avant l’exode », en 2021, vous avez observé un silence médiatique. Qu’avez-vous fait ces dernières années ?

    Keny Arkana : Je suis partie de France en 2021 et ne suis revenue qu’en juin dernier. J’ai passé cinq ans au Mexique. La première année, j’étais un peu à droite à gauche, puis je me suis posée en 2023. J’avais une partie de mon matos avec moi, j’ai fait mon petit studio : ordi, compresseur, micro, enceinte… et je n’ai pas arrêté de faire du son toute seule : des instrus aux textes en passant par les enregistrements. J’ai énormément de chansons de côté donc j’aimerais bien sortir un album dans l’année qui arrive. Et puis, comme les artistes comme moi sont un peu boycottés, je me suis dit que ça serait bien de montrer au public que je suis encore là.

    Depuis vos débuts dans les années 2000, votre carrière et discographie alternent souvent entre les périodes hyperprolifiques et des parenthèses hors des radars de plusieurs années. Vous renaissez à chaque fois comme un phénix en fait ?

    K.A. : La vérité, c’est que je n’ai jamais eu vraiment de manager autour de moi. Ce qui explique que, souvent après la sortie d’un album et d’une tournée, je finissais en gros burn-out. J’étais aussi souvent en fight avec ma maison de disques à l’époque. Cette industrie me gavait. J’ai toujours été sur tous les fronts, je n’ai jamais eu le luxe d’être juste une artiste. Durant toutes ces années, je me suis toujours battue pour ne pas être un produit et garder mon intégrité. Après, même si j’ai des périodes d’inactivité publique, je fais toujours de la musique, j’ai des disques durs pleins de morceaux. Mais, à force de tout faire, les albums et les tournées, je finis en burn-out et ciao. Je brûle, je finis en cendres et je renais.

    Êtes-vous aussi partie au Mexique parce que Marseille vous gonflait ?

    K.A. : Ce n’est pas Marseille qui me gonfle mais la France. Je suis partie à l’époque du « passe sanitaire ». À Marseille, pendant le confinement, ça allait à peu près car il n’y avait pas trop de ségrégation. Mais j’ai surtout mal vécu le retournement de veste du peuple français. Si je me sens mal quelque part, et même si c’est chez moi, je me casse. Moi, je suis bien à Marseille, je n’ai pas de problème ici. Mais vraiment, ce qui m’a gonflé, c’est la France, la macronie, tous ces gens qui font du mal au peuple.

    Vous avez mis en ligne il y a trois mois un nouveau titre, « Quelque chose de pur a survécu »…

    K.A. : J’y parle des gens comme moi, qui ont traversé des épreuves depuis l’enfance et qui, malgré tout, ont fait preuve de résilience. On a gardé un truc pur en nous.

    Grâce à quoi n’avez-vous pas sombré ?

    K.A. : Déjà, j’ai la foi. J’arrive encore à m’émerveiller des belles choses de la vie. C’est la racine de mon engagement, de mon côté antisystème, de mon militantisme. Cela m’a toujours donné de la force par rapport à la douleur et à l’obscurité de ce monde. Je ne suis pas habitée par la peur et j’essaie de cultiver cela. Je me considère comme un être spirituel avant tout, avant même d’être un être social.

    Est-ce que le mouvement zapatiste au Chiapas, cette région pauvre du Sud du Mexique, avec qui vous êtes en lien depuis 20 ans, vous a aussi aidé à tenir le coup ?

    K.A. : Depuis cette période, nous sommes toujours en contact étroit. Marcos [le « sous-commandant » et figure de l’Armée zapatiste de libération nationale, Ndlr.] ainsi que tous ses camarades sont des gens vraiment importants dans ma vie. Notre relation a traversé les années. Souvent, ils me font des clins d’œil dans leurs communiqués, et moi, je leur en fais dans mes morceaux. Ce sont mes frères de lutte. Ce n’est bien sûr pas un hasard que je sois allée au Mexique car j’ai finalement un lien plus profond avec eux qu’avec mes propres origines.

    Inspirés par le socialisme libertaire et l’autogestion, les Zapatistes du Chiapas continuent de défendre leurs terres mais le gouvernement mexicain ne cesse pas ses coups contre eux…

    K.A. : Oui, et depuis toujours. Derrière leur lutte, il y a aussi toute une spiritualité, quelque chose de très profond envers les humains, la nature, les animaux : la vie quoi. Cela fait des décennies qu’ils construisent une autonomie, c’est un exemple. À mes yeux, c’est presque le seul exemple d’un peuple qui s’est construit dans l’autonomie totale par rapport au système actuel. Ils ont fait énormément de belles choses dont il faut s’inspirer.

    Pour revenir à un aspect plus musical, vos derniers titres montrent qu’en plus du rap, vous vous laissez de plus en plus aller au chant…

    K.A. : J’ai toujours chantonné, même sur mon premier album [Entre ciment et belle étoile, 2006]. J’essaye d’aller au bout de mes délires musicaux. Mais ce qui change aujourd’hui, c’est que je produis tout au niveau de mes instrus : je peux donc aller encore plus loin. J’ai depuis toujours eu des influences musicales plus larges que le seul rap. J’aime la musique en général, donc la mélodie aussi. J’ai la même bande de musiciens avec moi depuis 2012. Désormais, ça se fait un peu plus car le rap est devenu plus mélodieux.

    Vous vous produisez vendredi 10 juillet à Vitrolles, au cours d’une soirée très marseillaise avec notamment Le Rat Luciano et Massilia Sound System. Quel est votre rapport à eux ?

    K.A. : Cette soirée, ça tue. Avec Luch’ [L’un des surnoms du Rat Luciano, Ndlr.], on n’a jamais officiellement fait de morceaux, mais je l’ai toujours croisé en centre-ville. Pour l’anecdote, quand j’étais petite, encore mineure, et qui lui était une star de la Fonky Family, je suis allée quelques fois chez lui au Panier. Il m’a fait des instrus alors que moi, j’étais une petite anonyme. Ce mec est une légende, l’un des plus grands rappeurs de France, voire le plus grand. Et c’est surtout un exemple d’humanité. À l’époque, j’étais juste une petite du centre-ville, tout le monde s’en battait les couilles de moi, et lui prenait le temps pour me faire des sons. Et je ne suis pas la seule dans ce cas, il a aidé plein de petits à l’époque. Quant à Massilia Sound System, je les considère comme des grands frères. Pour moi, ça représente les sardinades de la Plaine et tout le reste. On a déjà fait des festivals en commun. C’est la famille.

    Entretien réalisé par Philippe Amsellem

    Hip-hop, folk et pop fleurissent Jardin Sonore à Vitrolles

    « Deux jours, comme un temps de rencontres musicales entre les têtes d’affiche et les plus émergents », résume Alexandre Langlais, directeur du festival Jardin Sonore dont la 9e édition se déploie les 10 et 11 juillet au Domaine de Fontblanche. Au menu, vendredi soir, un plateau très marseillais avec les tauliers du raggamuffin Massilia Sound System et le rappeur le plus légendaire de la ville, Le Rat Luciano, récemment à l’origine de l’album Magma, 26 ans après son classique Mode de vie béton style. La rappeuse colombienne Valentina ou encore le MC marseillais Allen Akino seront aussi de la partie. Davantage portée pop, folk et électro, la soirée du samedi verra la venue du groupe Lilly wood and the prick, mais aussi d’Angus & Julia Stone ou Ben Mazué.

    www.jardinsonorefestival.com

  • La mairie RN de Monteux retire à la MJC 42 000 euros de subventions

    La mairie RN de Monteux retire à la MJC 42 000 euros de subventions

    Après la mairie RN de Carpentras, qui supprime les subventions du Planning familial, c’est au tour de la municipalité de Monteux, également passée RN en mars dernier, de réduire de 90 % celle accordée à la Maison des Jeunes et de la Culture de sa ville.

    Dans un message posté sur ses réseaux sociaux, la structure, qui accueille un peu plus de 500 personnes à travers des activités sportives et des événements divers, explique que cette aide passe de 45 000 euros à 5 000. Elle ajoute que les subventions de fonctionnement et celle du festival des cultures urbaines des vacances d’automne, respectivement de 1 350 et 1 500 euros, sont, elles, supprimées. Et explique prendre acte de cette décision et que le conseil d’administration va se réunir en cette fin de semaine « pour mesurer l’impact sur la vie de l’association ».

    Répartition

    Le maire d’extrême droite, Patrice de Camaret, a justifié, lors du conseil municipal, cette décision en s’appuyant sur les comptes de l’association. Ceux-ci étant, d’après lui, assez fournis. « La collectivité doit soutenir en priorité les associations qui en ont réellement besoin, et non celles qui disposent d’une trésorerie solide », stipule la collectivité. Et assure que cette « décision ne remet pas en cause l’utilité de la MJC ni son travail auprès des Montiliens », mais « traduit une volonté de justice dans la répartition de l’argent public, au bénéfice d’associations qui, elles, ont un besoin réel et immédiat de soutien ».

    Les élus d’opposition ne l’entendent pas de cette oreille. « Il le vend comme une nécessité économique, mais pour moi, c’est idéologique », glisse Michel Mus (DVG). Car, dans le même temps, les subventions aux associations sportives augmentent de 8 %.

  • [Avignon off] Coupables ou non coupables ?

    [Avignon off] Coupables ou non coupables ?

    Que deviennent les enveloppes corporelles enfermées dans leur cercueil, et déposées sous terre ? voilà une interrogation qui a titillé bien des écrivains et auteurs de théâtre. Jean-Paul Sartre trace un Huis Clos étouffant, René de Obaldia exhume deux squelettes féminins condamnés à cohabiter (Grasse Matinée)… Aujourd’hui Aurélie Camus ne prend aucun gant pour déterrer Amaury et Gaspard, condamnés, faute de place dans le tombeau familial, à une réduction de corps qui les placera… l’un à côté de l’autre. Une promiscuité dérangeante pour ces deux cousins ennemis. Ils n’apprécient guère cette situation conflictuelle mais, pour « tuer » le temps ils n’ont d’autre échappatoire que d’engager la conversation, s’ouvrir à la discussion. De souvenirs charmants, en bagarres dérisoires et en injures au vitriol, ils s’engagent inconsciemment dans une psychanalyse pointue pour débusquer et vaincre la culpabilité « mortelle » que tous deux ont vécue : l’un parce qu’accusé du décès de sa mère à l’accouchement, l’autre pour dissimulation de son orientation sexuelle après avoir fait deux enfants à sa femme (à vérifier !). De propos tendus à d’amusants flashbacks sur les points névralgiques de leur courte existence, Aurélie Camus, qui assume tous les rôles féminins avec un plaisir qui saute aux yeux, brode une comédie zinzin où l’on rit franchement tant les situations surprennent, ourlées de dialogues piquants, et bifurque discrètement dans l’émotion. La scénographie de Jérôme Sauvion accentue la bizarrerie du propos avec un décor à transformation qui évite tout temps morts. L’action va bon train, Aurélie (encore elle !) signe une mise en scène à l’image de sa pièce : tonique, ironique. Après Yaourt et Chocolat, Rassemblez les corps ! est sa deuxième pièce qui accuse encore quelques maladresses mais privilégie une spontanéité qu’on lui souhaite de ne pas perdre dans ses pièces futures. Ajoutons qu’elle est admirablement servie par Julien Debuys et Simon Jouannot, jeunes comédiens passionnants et passionnés qui transmettent leur amour du jeu à un public conquis. Leur complicité sur scène renforce une empathie immédiate : sourires mordants, œil enflammé, voilà des morts qu’on aimerait bien côtoyés ! Rassemblez les corps ! rassemble un trio gagnant dans une partie macabre d’où les morts sortent en grands vainqueurs.

    « Rassemblez les corps ! »
    tous les jours, sauf lundi,
    à 17h30 à l’Épiscène.

  • Au festival d’Aix, le chant fait homme

    Au festival d’Aix, le chant fait homme

    Le public du Grand Théâtre de Provence n’a pas boudé, mercredi soir, son plaisir ni mégoté son enthousiasme. L’objet de cette ovation debout ? Le ténor français Benjamin Bernheim invité pour un récital de mélodies dans le cadre du Festival d’Aix. La veille, ce même public saluait un autre français, le baryton Stéphane Degout. Alors, peut-on dire que le chant lyrique français se porte bien ? Assurément ! De ce côté-là, non plus, notre « équipe de France » n’a pas à rougir. Le ténor était accompagné de la pianiste chinoise Qiaochu Li, toute en délicatesse de toucher et de sensible lecture, immensément attentive. On a même entendu dans la salle lancer un « la pianiste est formidable ! ». Et, certes, cette ancienne pensionnaire de l’Académie Européenne de musique méritait bien qu’on commençât par elle. Elle fait part à deux dans L’Invitation au voyage d’Henri Duparc. « Là tout n’est qu’ordre et beauté… ». Et surtout, elle fait oublier l’absence de l’orchestre dans les sublimes Nuits d’été de Berlioz. Benjamin Bernheim c’est ce type de ténor, à l’élégance française, à la diction impeccable, héritier direct d’un Georges Thill, et frère de Julien Behr ou Sébastien Droy. Ajoutons des aigus d’argent, lancés sans un soupçon de vibrato et une âme profondément artiste. L’école de chant français se porte plutôt bien. Les Nuits d’été sont un enchantement. Les mélodies espagnoles, Monpou et Turina, ou argentine, Alberto Ginastera, sont de petits bijoux de délicatesse. Le ténor se fait plus ample avec des mélodies de Puccini. Puis le ton change avec des adaptations de classiques de la chanson française. Douce France de Trenet, Les feuilles mortes de Kosma et Prévert et un très beau Tant qu’on a que l’amour de Brel. Un hommage à Pierre Audi et José Van Dam précède des bis généreux ; Werther Pourquoi me réveiller et Roméo et Juliette Ah ! Lève-toi Soleil ! finissent de mettre le public sous le charme. Une grande leçon de chant !

  • Les musiques du monde s’offrent à Aix-en-Provence

    Les musiques du monde s’offrent à Aix-en-Provence

    « Notre moteur, c’est d’offrir la culture à tout le monde et mélanger les publics avec des concerts de qualité. Des concerts gratuits, il n’y en a plus beaucoup. Quand vous voyez les prix des places de certains festivals, autour de 50-60 euros, une famille ne peut pas se les payer », souligne Jean-Michel Lasserre, fondateur du Zik Zac Festival. Dans ce monde onéreux, cet événement porté par l’association La Fonderie constitue une joyeuse anomalie dont la 29e édition, gratuite, démarre jeudi 9 juillet au Parc Gilbert Vilers, dans le Théâtre de verdure du Jas de Bouffan.

    Sons en fusions

    Parmi les têtes d’affiche de cette soirée inaugurale, le chanteur et guitariste de reggae Vanupié, le « punk afropop » du groupe congolais, Kin’Gongolo Kiniata, ou les mélodies RnB de la Franco-Malgache Issa Naïmo. « Groupe fusionnant rap multilingue, trip-hop et cumbia dans son album Mozaïk », indique l’organisation du Zik Zac, la Cafetera Roja sera de la partie le lendemain. Au menu aussi, le « funk énervé » de Vaudou Game, qualifie Jean-Michel Lasserre, mais aussi le trio marseillais Sidiaz, qui « réinvente l’héritage sahraoui au carrefour du blues touareg, des grooves sahéliens et d’un rock psychédélique exalté ». Clap de fin de cette 29e édition, samedi, avec Temenik Electric, quintet marseillais, fine fleur de la fusion entre le rock et les musiques du Maghreb, ou encore la rappeuse et chanteuse brésilienne Mariana Da Cruz.