Tag: festival

  • Le Festival de Nîmes fait vibrer les arènes

    Le Festival de Nîmes fait vibrer les arènes

    À peine les derniers échos de la Feria dissipés, les arènes changent de peau. La piste antique devient scène géante, les gradins se préparent à vibrer, tandis que le Festival de Nîmes a ouvert, jeudi 11 juin, une édition 2026 annoncée comme l’une des plus denses de son histoire. Jusqu’au 26 juillet, 31 soirées feront défiler artistes internationaux, grandes voix populaires, rockers cultes, orchestres, humour et ballet sous les pierres romaines.

    Le coup d’envoi a été donné par Theodora, figure montante d’une scène française qui mêle rap, pop, afro et électronique. Dès le vendredi 12 juin, Vanessa Paradis partagera l’affiche avec Gaëtan Roussel, avant une première séquence très francophone, marquée notamment par Feu ! Chatterton et Benjamin Biolay. Entre les deux, le 13 juin, les arènes accueilleront aussi Clair Obscur : Expedition 33 – A Painted Symphony, phénomène venu du jeu vidéo, porté sur scène par le compositeur Lorien Testard, la chanteuse Alice Duport-Percier et l’Orchestre Curieux. Une parenthèse symphonique et visuelle pour le titre montpelliérain devenu événement culturel au-delà des manettes, et soulignant l’éclectisme de l’événement.

    Un été à guichets serrés

    Le festival confirme son pouvoir d’attraction. Plusieurs soirées affichent déjà complet, dont The Cure, attendu trois soirs de suite, mais aussi Sting, Katy Perry, Julien Doré, Jamiroquai ou encore Joe Hisaichi accompagné de l’orchestre national d’Avignon-Provence pour jouer des musiques des films du Studio Ghibli et de Miyazaki. D’autres rendez-vous restent accessibles, permettant encore de trouver sa place dans cette grande traversée musicale.

    La programmation balaye large : Sabaton pour le metal, Lenny Kravitz et Nick Cave & The Bad Seeds pour la classe rock, Pixies pour la mémoire indie, Lorde pour une pop féminine et radicale, Charlotte Cardin et Sébastien Tellier pour les élégances électro-pop. Plus rare dans les arènes, le Béjart Ballet Lausanne viendra offrir un temps suspendu autour des grandes chorégraphies de Maurice Béjart. Et, surprise ajoutée à l’affiche, l’humoriste Paul Mirabel investira lui aussi l’amphithéâtre le 12 juillet.

    Avec ses 11 000 places les soirs de concert, le Festival de Nîmes reste une machine culturelle impressionnante. Une vitrine populaire, parfois vertigineuse, où l’été gardois se joue à ciel ouvert.

  • Châteauvallon va tourner une page pour sa saison 2026-2027

    Châteauvallon va tourner une page pour sa saison 2026-2027

    Un parfum inhabituel flottait sur Châteauvallon lundi soir, lors de l’annonce du programme de la saison culturelle 2026-2027. Celui de la fin d’un règne qui lui a permis d’obtenir le titre de scène nationale en 2015 et de devenir la deuxième plus importante du pays. Cela, quatre ans après la création du théâtre Liberté, dans le centre de Toulon, un pourvoyeur de culture dont la 12e ville de France avait cruellement besoin.

    Dans le décor gréco-gallo-romain de l’emblématique amphithéâtre extérieur, Charles Berling, directeur de la scène nationale Châteauvallon-Liberté, a ainsi procédé à sa dernière ouverture de saison culturelle, devant une foule digne de ses plus belles soirées, venue saluer celui qui rendra les clés de ce haut lieu de la culture française en août, après 16 années de bons et loyaux services.

    « C’est une décision mûrement réfléchie, difficile, mais profondément sereine », assure le principal intéressé, dont on ne connaît pas encore le successeur, mais qui reviendra sur ses terres le 7 octobre, pour jouer et mettre en scène Lost and Found, une pièce du dramaturge suédois Lars Norén. « Difficile car ces 16 années ont constitué une des aventures les plus passionnantes de ma vie. Sereine car l’institution doit se renouveler et se transmettre aux générations qui viennent. » Cet infatigable perfectionniste s’en va avec le sentiment du devoir accompli : « En fondant le Liberté en 2010, avec mon frère Philippe, nous avions une ambition simple : faire une maison en centre-ville, populaire, artistiquement exigeante, mais ouverte à tous. Aujourd’hui, en regardant derrière, je vois des milliers de spectateurs, des centaines d’artistes. Je vois des salles pleines de vie, des moments de partage. Je vois surtout une aventure collective. Rien n’aurait été possible sans les équipes qui m’ont accompagné. »

    « La culture est une nécessité démocratique »

    Mais plus que les concrétisations matérielles, Charles Berling retiendra l’engagement, dans la droite lignée de l’esprit historique des lieux : « Ce dont je suis le plus fier, c’est ce que nous avons défendu. Dans une époque souvent traversée par les peurs, les replis, nous avons essayé de faire vivre ici les valeurs qui font notre République. Nous avons défendu la diversité des points de vue, nous avons défendu et voulu le dialogue, la création, l’idée que la culture n’est pas un luxe, mais une nécessité démocratique. Je crois profondément que cette mission demeure plus essentielle que jamais. »

    Un postulat que Châteauvallon-Liberté continuera d’affirmer cette saison. Tout d’abord grâce à la reconduction du programme « Quartiers en Liberté », lancé il y a trois ans en partenariat avec la Ville de Toulon pour « apporter la culture dans la métropole et montrer que ce n’est pas un truc élitiste et barbant », appuie Charles Berling. Après Sainte-Musse et le Pont du Las, c’est la Beaucaire qui bénéficiera d’un projet participatif porté par la compagnie Gratte Ciel, intitulé « Tawa en Liberté ». Deux ateliers auront lieu les 29 septembre et 2 octobre, pour une restitution le 4.

    Ensuite, par la poursuite de son soutien à l’Opéra de Toulon, en travaux jusqu’à fin 2027. Une manière, par la même occasion, de décloisonner cet art, avec l’accueil de plusieurs représentations, dont Madame Butterfly de Puccini, les 26, 28 et 30 juin, en inauguration du Festival d’Été, et Don Giovanni de Mozart en juin 2027.

    Enfin, à travers ses « thémas » et festivals comme toujours éclectiques, mais surtout engagées et pédagogiques. La théma « Le Pouvoir ? », d’octobre à décembre, interrogera sur cette notion et son exercice. Avec au programme, entre autres, la saga Huit Rois, de Léo Cohen Paperman, qui met en scène avec humour et différentes formes théâtrales les présidents de la Ve République. La pièce Magistral.e.s d’Alexandra Cismondi offrira quant à elle une grande fresque judiciaire participative invitant à imaginer la dialectique homme-femme de demain, à travers un procès fictif dont les spectateurs seront les jurés. Citons également le festival In&Out, du 24 novembre au 4 décembre, qui incarnera, comme chaque année, un espace de réflexion des luttes féministes, antiracistes et LGBTQIA+.

    Programmation complète sur chateauvallon-liberté.fr

  • Le jazz comme pont entre deux rives au Festival d’Aix

    Le jazz comme pont entre deux rives au Festival d’Aix

    Le Festival d’Aix s’ouvre largement au-delà du seul domaine lyrique. En témoigne la programmation « Jazz & Méditerranée », dans le cadre d’Aix en juin, avec des concerts gratuits ou plus, lors de sessions plus institutionnelles en juillet. En hommage à Pierre Audi, l’ancien directeur du Festival, brutalement disparu l’an passé, Pauline Chaigne, directrice adjointe à la programmation, a tenu à teindre cette session d’une couleur libanaise et, plus largement, orientale. Premier point fort, le ténor Karim Sulayman dialoguera avec Sean Shibe à la guitare acoustique, croisant ses racines libanaises à sa formation lyrique.

    Les Aga Khan Master Musicians présenteront un programme intitulé « Broken Branches » qui mêle baroque, chants du Moyen-Orient et créations contemporaines avec la rencontre d’instruments traditionnels et d’artistes jazz. L’idée est de lancer un pont entre cultures asiatiques et méditerranéennes. Liban toujours, incarné par Layale Chaker & Sarafand pour un programme qui mêlera jazz et musique contemporaine, rythmé par la poésie de l’auteur libanais Ounsi el-Hage.

    Dialogues méditerranéens

    Aix en juin fera découvrir la jeune scène jazz algérienne émergente avec le Trio Jazz TinniT formé par Hacène Zemrani, Youcef Bouzidi et Nazim Ziad. C’est toute la nostalgie de la culture séfarade et arabo-andalouse que chantera le duo Ana Silvera & Saied Silbak, oudiste palestinien, ainsi que la chanteuse sarde Alessandra Soro, associée à l’Ensemble vocal EV’AMU. Cet esprit sarde se veut un prélude à la création en juillet de l’opéra Accabadora de Francesco Filidei. L’œuvre, inspirée par la romancière Michela Murgia, évoque les ancestraux rituels du passage vers la mort.

    Enfin, l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée, avec sa nouvelle cheffe Sora Elisabeth Lee, mettra en valeur des talents des musiciens issus du bassin méditerranéen, avec son programme croisant répertoire symphonique et la désormais composition collective, mise au point lors de leur session en Égypte. Ces dialogues entre cultures musicales et peuples de la Méditerranée joueront dans différents lieux du pays aixois : le Pavillon noir, le Conservatoire, l’Abbaye de Silvacane, le chapiteau du CIAM, route de Galice, Vauvenargues et bien sûr le Théâtre de l’Archevêché.

    La saison méditerranéenne du Festival d’Art Lyrique est un dispositif qui vise à la diffusion de la francophonie. La saison 2026 se veut l’héritière de l’esprit de Pierre Audi qui en avait donné l’impulsion. Le but de La programmation « Jazz & Méditerranée » est de faire entendre la richesse des cultures méditerranéennes et de faire découvrir au plus grand nombre la diversité des talents qui la parcourent.

  • Les « musiques en fête » aux Chorégies d’Orange

    Les « musiques en fête » aux Chorégies d’Orange

    Comme il est de coutume depuis 15 ans, l’ouverture des Chorégies d’Orange coïncide avec la soirée « Musiques en fête », diffusée en direct sur France 3. Cette année, le vendredi 19 juin au Théâtre antique. Un rendez-vous assuré par l’Orchestre national de Cannes dans le but de « réunir sur une même scène les plus belles pages de la musique classique et lyrique, les grands standards de la chanson, les comédies musicales de Broadway et les plus belles musiques de films ».

    Cette date inaugurale donnera ainsi le la d’un programme 2026 qui « associe l’excellence des artistes à la diversité des propositions avec le choix assumé de s’adresser à tous les publics », résume Richard Galy, président de la Société publique locale (SPL) des Chorégies qui n’attend plus que l’aval de l’État pour transiter vers le statut d’Établissement public de coopération culturelle (EPCC). Suite à la démission de Jean-Louis Grinda, en poste depuis 10 ans, un nouveau directeur artistique doit être nommé à l’issue d’un conseil d’administration prévu la semaine prochaine.

    Traviata et Katerine

    La présente édition marquera le retour de La Traviata de Verdi, le 4 juillet, doté d’une « distribution exceptionnelle avec Jessica Pratt dans le rôle-titre aux côtés de Ludovic Tézier ». Parmi les autres temps forts, la venue de la grande soprano Nadine Sierra, le 27 juin, ou encore une invitation faite le 7 juillet au chanteur Philippe Katerine « à faire entendre ses textes et mélodies en version orchestrale avec l’Orchestre national Avignon-Provence ».

  • Éclectique et gratuit, le festival les Escapades est de retour

    Éclectique et gratuit, le festival les Escapades est de retour

    Qui dit début de l’été, dit retour des Escapades au Théâtre Durance. Le festival, gratuit, fait la part belle à l’éclectisme, entre promotion des artistes locaux et ouverture aux musiques d’ailleurs. « On travaille sur la découverte musicale, amener le public vers autre chose que ce qu’il a l’habitude d’écouter. L’esprit c’est la qualité artistique et la découverte », explique la programmatrice Elsa Gobert.

    Pour la première fois, le festival démarre ce jeudi soir avec ALA.NI, artiste londonienne originaire de Grenade qui propose « un son assez music-hall mais pas que. Elle peut nous emmener aussi jusqu’aux îles Caraïbes d’aujourd’hui, c’est assez solaire, détaille Elsa Gobert. Ensuite, ce sera Mélissa Lavaux, Une artiste d’origine haïtienne très engagée, qui a livré un dernier album très personnel où elle raconte toutes les fois où elle a frôlé la mort. Un sujet qu’elle aborde d’un point de vue poétique. Elle n’en rit pas mais presque ». Vendredi 19 juin, la première partie de soirée sera assurée par une artiste locale résidant à Embrun, Ottilie B. D’ordinaire adepte de musique électronique, elle revisite son répertoire intégralement en acoustique. Suivra le groupe Atomic PingPong, « une formation qui vient de l’art de rue, à l’esthétique fanfare, presque dadaïste, colorée, décalée et très festive », décrit Elsa Gobert.

    À côté des deux groupes, se produira la Djette, La Louve, qui reprend les musiques maghrébines à la sauce électro. Enfin, samedi 20 juin se partagera entre Sarab, quatuor capable de passer « de la poésie arabe à un rock très underground et post-punk » d’après la programmatrice du festival, et Friedberg, groupe autrichien avec « une pop rock assez envoûtante, qu’on écouterait pour aller faire des road trips ».

    Ottilie B, un répertoire

    en réinvention

    Parmi les artistes de cette édition, Ottilie B, musicienne associée au Théâtre de Gap, est sans doute la plus locale mais aussi la plus difficile à enfermer dans un seul genre. « Le projet actuel, “En boucle”, est une réinterprétation de mon répertoire, en version acoustique, totalement libérée des machines, explique l’artiste embrunaise. Je dis libérée, c’est volontaire, parce que c’est un peu à l’inverse de ce qui se fait aujourd’hui. J’avais envie de quelque chose de plus brut, de plus aux prises avec les choses essentielles. C’est un peu une récréation pour moi. » Un style qui se prête d’ailleurs particulièrement bien aux événements comme les Escapades. « Ma démarche s’inscrit dans un lien au plus près du spectateur, explique-t-elle. D’ailleurs, j’aime bien dire spect’acteur, spectact’rice, les rendre partie prenante de mes créations. Ça m’intéresse de faire sentir au public que sans lui, il n’y a pas de spectacle. C‘est un rendez-vous qu’on se donne. » Le rendez-vous est donc pris, du 18 au 20 juin au Théâtre Durance.

  • Quand l’intelligence artificielle secoue le cinéma

    Quand l’intelligence artificielle secoue le cinéma

    Une dystopie faite de bonhommes en plastique, qui voit leur monde sombrer dans la panique lorsque la matière dont ils sont composés est transformée en carburant… Utopsie, court-métrage réalisé par Anthony Smeyers, est l’un des 48 films d’une minute, 100% généré par IA, sélectionnés par le jury du festival MarsAI, sur le thème « Imaginer des futurs souhaitables ».

    L’événement, qui se tient vendredi, est organisé par l’école La Plateforme, qui propose des formations d’audiovisuel assistées par l’IA, et Bruno Smadja, créateur du Mobile Film Festival, qui présente des films courts réalisés à l’aide de smartphones. Tous se sont réunis, ce mercredi à l’ex-Docks des Suds, pour l’avant-première de la projection de certains courts-métrages. « L’objectif est de créer ensemble de l’attractivité pour faire le futur le plus souhaitable possible. Bruno, en apportant les formats courts, et nous, l’IA », explique Cyril Zimmermann, co-fondateur et président de La Plateforme.

    L’idée du projet est de rendre le cinéma accessible à tous. Réalisés à partir de plusieurs outils vidéos, gratuits comme payants, et de prompts (questions posées à l’IA), « ces formats courts permettent de se mettre à l’échelle de ce qui est possible. On souhaite faire émerger de nouvelles traditions, donner l’envie de créer », déclare Bruno Smadja. La durée de réalisation n’a rien à voir avec un film classique : 48h à 15 jours suffisent à créer un court-métrage 100% IA. « On a vu arriver l’IA comme un formidable outil de création. En discutant avec beaucoup de créateurs, on a compris qu’elle permettait d’exprimer des idées et de raconter des histoires sans besoin financier. »

    L’IA va-t-elle bouleverser l’industrie cinéma ? Bruno Smadja apporte une réponse nuancée : « Elle va plutôt s’intégrer petit à petit. Parce que l’émotion que peut transmettre un acteur ou une actrice sera difficilement battable par une IA. » Au risque toutefois de remplacer le travail humain. « ça aide à la réalisation d’un film, comme le font les effets spéciaux. C’est un outil », précise-t-il.

    « On consomme

    une énergie délirante »

    Les films d’une minute, qui défilent lors de cette avant-première, présentent pratiquement tous un même thème : celui de l’environnement. Un paradoxe lorsque l’on sait que l’IA a des conséquences néfastes sur celui-ci. « L’impact carbone est absolument terrible. Il faut penser différemment et construire des data center avec intelligence », souligne Bruno Smadja. « Je pense qu’on a besoin de définir un cadre d’utilisation, on consomme une énergie délirante. Il faut imposer des usages responsables », confirme Cyril Zimmermann.

    Mais ce cinéma, pensé comme accessible, réclame tout de même certaines connaissances. « Pour retranscrire ses idées, il faut avoir une culture audiovisuelle, comme les angles ou les postures de caméra », développe Bruno Smadja.

    Vendredi, lors du festival, cinq lauréats obtiendront une bourse de 10 000 euros, leur permettant de créer d’autres projets. « Ce n’est pas en refusant l’outil qu’on va répondre aux inquiétudes, c’est en l’utilisant bien qu’on va l’intégrer », conclut Bruno Smadja.

  • Le cinéma sous les étoiles, pour vivre un film ensemble

    Le cinéma sous les étoiles, pour vivre un film ensemble

    En 2025, plus de 15 000 personnes se sont déplacées pour assister au Ciné Plein-Air Marseille qui fêtait ses 30 ans. Une nette augmentation par rapport à l’année précédente, à hauteur de 40%. Pour cette 31e édition, le festival investit 26 lieux différents, dont 5 nouveaux, qui accueilleront une quarantaine de projections, tout au long de l’été, du 30 juin au 25 septembre.

    « Le Ciné Plein-Air n’est pas seulement une programmation de films. C’est des souvenirs d’été : des familles, des voisins, des amis qui se retrouvent sur une place, dans un parc, une cour, à la tombée de la nuit », confie Emilia Sinsoilliez, conseillère municipale et déléguée à la culture à la mairie des 2-3. « À Marseille, nous sommes attachés à cette idée d’une culture qui rassemble, qui crée du commun, qui occupe l’espace public. Le Ciné Plein-Air incarne pleinement cette ambition. » C’est un festival qui « réussit à être, à la fois populaire et exigeant, accessible et ambitieux », souligne-t-elle. La directrice du festival, Lucie Taurines partage : « L’ADN de ce festival, c’est avant tout la découverte du cinéma, l’expérience du cinéma qui se vit à plusieurs. »

    Une programmation

    diverse et éclectique

    Cette expérience est vécue dans tous les quartiers. Parcourant films cultes, films d’auteur ou cinéma d’animation, le festival propose une programmation diverse et éclectique, une sélection qui s’est dessinée en lien avec chacun des partenaires qui les accueillent. La saison est marquée par de nombreux temps forts, parmi lesquels, un cycle de neuf films, en écho avec l’exposition Bonnes Mères au Mucem jusqu’au 31 août. À l’affiche, on retrouve entre autres, Mamma Roma de Pier Paolo Pasolini, ou encore Tout sur ma mère de Pedro Almodóvar. Autrement, le splendide théâtre Silvain (7e) accueillera l’avant-première de Route Algéricaine, en présence du réalisateur, Rabah Ameur-Zaïmeche, et de l’équipe du film. À la Plaine (14/08), le public pourra découvrir Hit the Road du réalisateur iranien Panah Panahi. Et cette année, le festival investit un lieu nouveau : l’Espace Mistral de l’Estaque où le public sera convié pour la projection de Partir un jour d’Amélie Bonnin (25/07). Au-delà des nouveaux lieux, une autre nouveauté. La directrice met en avant « une séance adaptée aux spectateurs et spectatrices en situation de handicap sensoriel, le 9 août sur le stade nautique avec le film L’Amour c’est surcôté ».

    Le Ciné Plein-Air, c’est aussi des incontournables comme Nous nous sommes tant aimés d’Ettore Scola, proposé en partenariat avec le festival Ciao Moka, Little Miss Sunshine ou encore l’émouvante histoire de Erin Brockovich : seule contre tous.

    Détails sur seances-speciales.fr

  • Les Rencontres vocales investissent différents lieux de Marseille

    Les Rencontres vocales investissent différents lieux de Marseille

    Une programmation variée

    Chorales en terrasses, ateliers participatifs, création mondiale et concert scolaire géant : le festival porté par l’association les Vallonés célèbre la voix sous toutes ses formes, entre amateurs et professionnels, dans un esprit de partage et d’ouverture. Et pour débuter les festivités qui s’ouvriront samedi à partir de 16h, le cours Julien et les abords de Notre-Dame du Mont se transforment en scènes à ciel ouvert pour les chorales en terrasses. Quatre adresses accueilleront les ensembles vocaux : le Black Bird Coffee, la Brasserie Communale, Asabiya et Le Petit 51. À partir de 21h, l’événement prendra un autre tournant et c’est à l’église Notre-Dame du Mont qu’un grand concert autour de créations originales et d’œuvres chorales contemporaines est organisé. Dimanche, rendez-vous est donné au parc Bagatelle avec une journée entièrement dédiée à la pratique et à la transmission. De 9h30 à 16h30, une large palette d’ateliers participatifs accueille amateurs et curieux, sans prérequis musical exigé.

    Événement gratuit et accessible à tous.

  • [Grand entretien] Vladimir Cosma : « La culture marseillaise ne m’a jamais quitté »

    [Grand entretien] Vladimir Cosma : « La culture marseillaise ne m’a jamais quitté »

    La Marseillaise : Dans la région, le grand public a surtout gardé en mémoire vos compositions pour l’adaptation de « La gloire de mon père » et du « Château de ma mère » par Yves Robert, en 1990. Cela a-t-il été votre porte d’entrée vers la culture marseillaise et provençale ?

    Vladimir Cosma : J’ai commencé à connaître la région lorsque Roger Luccioni m’a invité dans le festival de jazz qu’il avait créé [le Marseille jazz des cinq continents, Ndlr.]. Et quelque temps avant, à travers ces films d’Yves Robert, d’après Marcel Pagnol. Ils m’ont largement ouvert la porte de la culture marseillaise et cela ne m’a jamais quitté. D’ailleurs, une partie de mon répertoire en découle et vient de là.

    Pour ces deux films, vous êtes allé à rebours des clichés autour de la culture provençale. Loin d’utiliser fifres et tambourins, vous avez plutôt livré une musique aux accents méditerranéens. Pourquoi ?

    V.C. : Je ne voulais surtout pas faire une musique telle que vous l’avez décrite. Je ne voulais pas d’une couleur trop folklorique. Pour éviter cela, je me suis plongé dans la musique de la jeunesse de Marcel Pagnol, dans les années 1930. Les inspirations folkloriques étaient alors plutôt espagnoles, il y avait aussi la habanera… C’est plutôt ceci qui m’a donné l’idée, par la suite, d’employer de réelles cigales que j’ai samplées [fait d’échantillonner un extrait sonore déjà existant pour le réutiliser ensuite dans un autre contexte]. J’ai par exemple gardé le battement de ces cigales avec lesquelles j’ai rythmé la habanera de La gloire de mon père.

    À vos yeux, Marseille, c’est davantage la Méditerranée que la Provence ?

    V.C. : Mes liens personnels avec Marseille viennent surtout par la connaissance de l’œuvre de Marcel Pagnol, qui m’est venue grâce aux films d’Yves Robert. Par le passé, j’ai d’ailleurs eu l’occasion de rencontrer Marcel Pagnol. Il m’a même écrit une lettre dans laquelle il me faisait part de son goût pour des musiques que j’avais faites, comme celle de Michel Strogoff [adaptation en feuilleton du roman éponyme de Jules Verne], et qu’il aimerait bien, un jour, que je fasse de la musique sur ses propres œuvres.

    Comment décririez-vous votre rapport à la mandoline ?

    V.C. : J’ai découvert cet instrument assez tôt, car il est similaire au violon. La seule différence est que, sur la mandoline, on pince les cordes et il n’y a pas d’archet. Le son vient donc du pincement des cordes. On joue en quelque sorte ce qu’on appelle un violon pizzicato. Car le problème de la mandoline, c’est la durée du son. Et pour prolonger la durée de la note, il faut utiliser le trémolo [répétition rapide d’une même note].

    Vincent Beer-Demander, le directeur du Mandol’in Marseille festival, écrit à votre sujet : « Ses mélodies si populaires, qui appartiennent à la mémoire collective, nous font parfois oublier le grand compositeur classique qu’il est »…

    V.C. : Je ne me considère pas, par exemple, comme un compositeur de musiques de films. Je ne fais pas une musique spécifique par rapport à un film, je ne fais pas de musique descriptive. Même les musiques qui semblent le plus descriptives possibles, comme Le grand blond avec une chaussure noire ou La boom, ne décrivent en fait rien. C’est de la musique pure. Si on les écoute sans penser à l’image du film, elles ne dictent pas une action spécifique. Mais elles accompagnent l’image et lui apportent un surplus de beauté et d’émotion.

    L’idée, c’est de laisser libre cours
    à l’interprétation de chacun
     ?

    V.C. : Oui. Je ne vois d’ailleurs toujours pas le rapport que font les gens entre la musique du Grand blond avec une chaussure noire, réalisée avec une flûte de Pan roumaine avec une inspiration plutôt folklorique, avec le sujet du film et les aventures de ce héros. C’est surtout une musique qui a du caractère, un style, mais qui n’est pas dictée par l’image. Je n’ai jamais aimé les musiques descriptives. J’estime même que des musiques de Bach ou n’importe quel autre prélude ou fugue, ne vous décrivent ni l’aspect religieux, ni d’autres cotés qu’on veut bien leur attribuer.

    La musique est surtout un sentiment pour vous ?

    V.C. : Oui, la musique dégage des sentiments. Mais elle ne délivre ni un sens, ni une histoire…

    Des sentiments perpétués par des musiciens de tous âges qui joueront une partie de votre répertoire pendant le festival. D’autant plus que le Conservatoire d’Aubagne sera bientôt officiellement rebaptisé de votre nom…

    V.C. : Je suis très flatté de voir mon nom accolé à celui de Pagnol, un auteur que j’apprécie énormément et qui m’a beaucoup inspiré dans ma musique. Je suis très content de tout cela. Et cela me touche beaucoup de savoir que de jeunes musiciens jouent encore ma musique.

    Mandol’in Marseille festival, du 30 juin au 6 juillet. Programme complet sur le site mandolinmarseillefestival.com

  • Festival à la Bonne Mère, le théâtre au clair de lune

    Festival à la Bonne Mère, le théâtre au clair de lune

    Organisé depuis quelques années par l’association Théâtre des Criques, le Festival à la Bonne Mère est de retour pour une nouvelle édition à vivre jusqu’au 20 juin et toujours au pied de l’emblématique Notre-Dame de la Garde. Si de nombreuses pièces de théâtre proposées dans les jours à venir affichent déjà complet, celle qui se jouera ces samedi et dimanche est encore accessible.

    Louison et Monsieur Molière raconte l’histoire vraie de Louison, héroïne du roman éponyme de Marie-Christine Helgerson qui est adapté pour la toute première fois au théâtre par Axelle Masliah, jeune adaptatrice et metteuse en scène de 22 ans.

    Une toute première adaptation théâtrale

    Louison a 10 ans. Entre une mère autoritaire et un père effacé, elle ne trouve pas sa place. Jusqu’au jour où ses parents rejoignent la troupe du Palais Royal, celle de Molière. Une rencontre bouleversante avec l’icône, qui voit en elle quelque chose d’unique et lui écrira le rôle de Louison dans sa toute dernière pièce avant de mourir : Le Malade imaginaire. Pour Louison, c’est une évidence désormais, elle sera comédienne.

    Pour rappel, la représentation théâtrale sera comme à l’accoutumée précédée de visites gratuites et sans réservation du Sanctuaire aux côtés d’un guide à partir de 18h30. Vous aurez également l’occasion de vous restaurer à la guinguette le Bon Air ouverte tout au long de la saison estivale. Le coucher de soleil pointera le bout de son nez au moment où le public sera invité à s’installer pour la représentation et cette dernière commencera à 21h45 pour un moment de théâtre au clair de lune et ainsi découvrir la pièce Louison et Monsieur Molière d’une durée totale d’1h20 et accessible à un public large.

    « Louison et Monsieur Molière »

    samedi et dimanche à 21h15.

    Entre 16 et 39 euros la place.