Tag: festival

  • Escapade d’un jour au Festival d’Avignon

    Escapade d’un jour au Festival d’Avignon

    « Permettre l’accès à l’art et à la culture pour les personnes qui sont en difficulté, soit financièrement, soit parce qu’elles considèrent que la culture n’est pas faite pour elles, par manque de moyen ou de légitimité. » C’est là l’objectif de Cultures du cœur, association d’inclusion sociale présente dans 28 départements français. Cet été encore, la structure invite plusieurs centaines d’habitants de la région Paca à passer une journée au Festival d’Avignon.

    Pour la première fois cette année, l’antenne aubagnaise de l’association a proposé aux habitants des quartiers du Charrel, de la Tourtelle et du centre-ville de participer à cette escapade culturelle gratuite. La sortie, organisée ce mercredi, a permis à 38 personnes de découvrir le festival.

    Développer le goût du théâtre

    « Nous visons avant tout un public familial, insiste Karine Lacôme, directrice de Cultures du cœur 13. L’idée est de permettre une petite parenthèse pour des familles qui n’ont souvent pas la possibilité de partir en vacances. »

    Au programme de la journée : balade patrimoniale, spectacles, mais aussi ateliers théâtre. « Nous avons réparti les familles en trois groupes. Des personnes sont allées assister à une pièce ce mercredi matin. Avec mon groupe, nous avons visité la ville avec Cultures du cœur Vaucluse. Cet après-midi, les trois groupes iront voir une représentation différente », détaille la directrice de structure. Parmi les spectacles proposés, Yongoyély, Marre Mots, Comment attraper une étoile ou encore l’Ourse.

    « Ce qui est intéressant, c’est aussi qu’il s’agit d’une action sur le temps long, poursuit Karine Lacôme. Nous organisons une médiation culturelle en amont, l’occasion de présenter aux participants le Festival d’Avignon, de leur expliquer la différence entre le In et le Off. Ensuite, après la journée, une session bilan est organisée. L’ambition est de donner aux familles l’envie de se rendre au théâtre régulièrement. »

  • Avignon : la grève se poursuit au cloître Saint-Louis

    Avignon : la grève se poursuit au cloître Saint-Louis

    Les murs du cloître Saint-Louis, siège du In à Avignon, ont tremblé, ce mercredi 22 juillet, en plein Festival. Les grévistes de l’établissement hôtelier ont en effet donné de la voix pour rappeler la grève lancée le 3 juillet dernier.

    Une dizaine de salariés ont initié ce mouvement afin d’obtenir une amélioration de leurs conditions de travail. « En été, à la réception, il fait plus de 40 degrés. Et en hiver, il fait parfois 8 degrés. Ce n’est pas tenable », confie l’un d’entre eux. « Ce n’est que le début. On ne va rien lâcher », s’égosille, micro en main, Laetitia Pancuvilier, déléguée CGT.

    Les salariés réclament également une augmentation salariale de 5%. « Ils sont quasiment tous tout en bas de la grille salariale. Il faut qu’ils soient augmentés à la hauteur de leurs efforts », demande Carlos Acha Moreno, secrétaire de l’UL CGT Avignon. Une dizaine de personnes, soit près de la moitié des employés d’après le syndicat, débrayent plusieurs jours par semaine « car cela nous coûte cher », rappellent-ils. Sans oublier la fermeture annoncée d’un ou deux sites pour des travaux. Période durant laquelle une perte de rémunération de 28% est prévue.

    Appel à la direction

    Des « Direction démission ! » ont fusé pendant plus d’une heure dans l’enceinte de l’établissement, où se promènent quelques festivaliers curieux. Car le dialogue entre les représentants syndicaux et la direction est quasiment au point mort. « On est là et on restera jusqu’au bout ! Sortez pour venir nous parler », lance Laetitia Pancuvilier. Peine perdue. La direction n’a également pas répondu aux sollicitations de La Marseillaise. « Bientôt trois semaines de conflit, mais il n’est pas trop tard pour arrêter l’hémorragie. Nous ne lâcherons pas. Vous serez tenus responsables de toutes les conséquences que le mouvement aura sur vos équipes », insiste l’Union locale du syndicat. Un autre employé évoque un « pseudo-dialogue » qui n’en est pas un. « Il y a même une forme de discrimination mise en place. Comme des pauses où on nous laisse seuls ou des moments sans nous », glisse-t-il.

    Les soutiens se multiplient et les modalités de poursuite de la mobilisation sont actuellement en discussion. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, s’était rendue sur place il y a une semaine.

  • À Avignon, le Club de la presse récompense les jeunes compagnies

    À Avignon, le Club de la presse récompense les jeunes compagnies

    Cette année, c’est la jeune compagnie parisienne Les Enfants ininterrompus qui repart avec le chèque de 500 euros, grâce à leur pièce Les bateaux de Thésée, jouée au théâtre Les Étoiles à 21h15. Ont également été récompensés Les débuts n’ont pas d’importance, ils sont toujours parfaits au 11 et Les Fanfarons à l’Actuel. Des prix qui ont « pour ambition de mettre en valeur des pépites du théâtre contemporain à travers uniquement des créations de l’année, jouées pour la première fois à Avignon », rappelle le Club de la presse. « Un sacré coup de boost », se réjouissent les vainqueurs.

  • [C’est l’été] Les escales du Cargo à Arles

    [C’est l’été] Les escales du Cargo à Arles

    Depuis plus de 20 ans, Les Escales du Cargo résonnent chaque été au sein du monument historique classé
    au patrimoine mondial de l’Unesco, le Théâtre Antique d’Arles, pour vous faire vivre des moments uniques et hors du temps. Pour la première soirée de cet événement prévu sur deux jours, c’est Selah Sue et Patrick Watson qui vous feront voyager dans leur univers. Le lendemain, place au mythique collectif britannique Archive.

    Ouverture des portes à 20h. 42 euros la place.

  • [C’est l’été] À Banon, une programmation riche pour la librairie Le Bleuet

    [C’est l’été] À Banon, une programmation riche pour la librairie Le Bleuet

    Samedi, à 20h, l’acteur André Marcon y rendra hommage à l’auteur, metteur en scène et peintre Valère Novarina, disparu en janvier 2026. Mardi, à 17h, une sieste littéraire y sera proposée avec deux libraires qui liront un ouvrage de Maylis de Kerangal. Mercredi, à 19h, le vernissage de l’exposition de photographies « Le Trièves et Giono » et du diaporama « portraits inédits et insolites de Giono » aura lieu, en ouverture des Rencontres Giono 2026. L’exposition Monts et merveilles est par ailleurs toujours visible jusqu’à mardi, dans le cadre du festival « Trouver Refuges, montages et transitions ».

  • [C’est l’été] Festival de la Lune à Carqueiranne

    [C’est l’été] Festival de la Lune à Carqueiranne

    Placée sous le thème « Smart & Glamour », cette nouvelle saison mêle avant-premières, grands succès populaires et cinéma d’auteur, dans trois lieux emblématiques du Var.
    Ce mardi, vous avez donc rendez-vous à Carqueiranne, cœur de la manifestation, et plus précisément au sein de l’auditorium de Clair-Val pour la projection du film d’animation Des Minions et des Monstres, actuellement en salle et qui raconte l’histoire turbulente, absurde et évidemment vraie des Minions, et la manière dont ils ont conquis Hollywood. La projection est à 21h30. Entre 5 et 8 euros la place.

  • [C’est l’été] Soprano accueilli par des danseurs manosquins

    [C’est l’été] Soprano accueilli par des danseurs manosquins

    Une centaine de danseurs des écoles de danse de Manosque, prévenus l’après-midi même, ont réalisé un flash mob sur la musique DJ du rappeur marseillais, vêtus des lunettes vertes et du tee-shirt du chanteur. Certains chanceux ont pu faire des photographies avec le rappeur et lui faire signer des autographes, avant qu’il remonte dans son van en direction du festival Musiks, auquel il jouait à 22h15. Les fans avaient été prévenus seulement quelques heures avant, via une story Instagram, qu’une surprise les attendait avenue Jean Giono à 18h.

    Le concert avait rapidement affiché complet après la mise en vente des billets, dès le début du mois de juin. C’était le seul concert payant du festival Musiks, qui est autrement entièrement gratuit. Face à l’engouement, la Ville de Manosque avait décidé de remettre en vente 1 000 places supplémentaires.

  • [C’est l’été] « El Cimarrón », voix d’un peuple au Festival d’Aix

    [C’est l’été] « El Cimarrón », voix d’un peuple au Festival d’Aix

    Dernier des spectacles programmés au Festival d’Aix, El Cimarrón peut surprendre l’amateur d’opéra. Car ce n’est pas d’opéra dont il s’agit ici, mais de théâtre musical. Cette nouvelle production du Festival, donnée au Théâtre du Jeu de Paume, se présente comme un récital pour quatre musiciens.

    Sur une musique du compositeur allemand Hans Werner Henze et un livret d’Hans Magnus Enzensberger, El Cimarrón, créé en 1970 au festival d’Aldeburgh, adapte deux récits ; la biographie d’Esteban Montejo, esclave cubain qui s’est échappé vers la liberté avant que l’esclavage ne soit aboli sur l’île en 1886 et Biografía de un Cimarrón de Miguel Barnet, écrivain et ethnologue cubain. Le Cimarrón, l’indompté, qualifiait un esclave fugitif dans les Caraïbes au XVIIIe siècle. On parlait de « Nègre marron » dans les Antilles françaises. Henze compose cette pièce atypique lors d’un séjour à Cuba entre 1969 et 1970.

    Trois instrumentistes, un guitariste, un flûtiste et des percussions fournies accompagnent un récit dit, chanté, psalmodié, incarné par une voix, celle du comédien vénézuelien Iván García. C’est toute l’histoire de Cuba, de la domination espagnole à l’indépendance et de la liberté données aux esclaves à l’hégémonie yankee, qui est racontée en à peu près d’une heure 20 d’un spectacle dense, exigeant et passionnant.

    La partition protéiforme de Henze présente des éléments aléatoires qui laissent place à l’improvisation. Les hauteurs et les sons sont spécifiés, mais le tempo et la dynamique sont laissés à l’appréciation des interprètes. La mise en scène d’Elayce Ismail et le travail de la scénographe et Rosie Elnile mettent à nu le plateau sculpté par les seules lumières. En 15 tableaux l’histoire d’un homme recoupe celle d’une nation. Les horreurs de l’esclavage, la fuite hasardeuse, le refuge dans les montagnes puis le retour dans la pseudo-liberté d’une exploitation capitaliste de main-d’œuvre et la guerre d’indépendance. L’humain, ce sont les femmes, les prêtres et enfin l’amitié, la solidarité et le combat qui ne finit jamais, symbolisé par la machette dernière image du spectacle.

    Dans une exceptionnelle performance théâtrale et vocale Iván García, incarne cet homme à la fois individu ballotté par l’Histoire et symbole dans sa chair du destin d’une nation. Il chante en baryton, dit le texte, en espagnol, danse, fait de son corps tout entier l’instrument de sa vie racontée avec crudité et sincérité. La musique est davantage le contrepoint, chaotique, violent, âpre de ce récit qu’une partition confortable. Elle exige un maximum d’attention. Elle enrobe la voix du comédien, sinueuse, insistante, lorsque le narrateur évoque la nature sauvage. Puis elle se fait capharnaüm percussif pour évoquer les combats, la bataille de Mal Tiempo, où les rebelles cubains, les Manbises, luttèrent contre le colonisateur espagnol en 1895. El Cimarrón, objet théâtral hors norme, trouve sa place dans ce festival, voué à des répertoires plus identifiables. Le public lui a fait un accueil plus que chaleureux. Avec raison.

  • [C’est l’été] La palette de Cézanne inspire les musiciens à Aix

    [C’est l’été] La palette de Cézanne inspire les musiciens à Aix

    Au long des 5 km qui relient Aix à la Sainte Victoire, la route Cézanne laisse entrevoir certaines des inspirations de ce peintre et père de l’art moderne. Passé à la postérité sous ses coups de pinceau, le Domaine Saint-Joseph accueillera mercredi le concert d’ouverture des Musicales de la route Cézanne. Les pianistes Christophe Bukudjian et Josquin Otal à la manœuvre, le Sacre du printemps composé en 1913 par Igor Stravinsky y résonnera, avant la transcription pour deux pianos de La valse de Maurice Ravel et les Suites pour deux pianos de Rachmaninov.

    Hommages à Satie et Judy

    Jusqu’au 27 juillet, les Musicales de la route Cézanne proposent des « concerts au lever du jour » comme cela sera le cas jeudi à 8h30 avec « deux pianistes qui donnent vie à L’histoire de Babar de Poulenc » ainsi qu’au Casse-Noisette de Tchaïkovsky, et « des grandes soirées en plein air ». Parmi celles-ci, The last moon, « création mondiale » confiée à l’accordéoniste et compositeur Vincent Peirani, le 23 juillet, ou le Trio George Sand, le lendemain au Musée Granet, pour « un voyage au cœur du XIXe siècle, entre musique, peinture et littérature ». Le Château du Tholonet accueillera, lui, les trois dernières soirées du festival : un programme « de Vivaldi à Piazzolla », un hommage de la soprano Julie Fuchs à Erik Satie et un concert du Amazing Keystone big band, accompagné de la chanteuse Neïma Naouri, qui « retrace la vie éclatante de Judy Garland ».

  • L’Art du chant français au festival d’Aix

    L’Art du chant français au festival d’Aix

    Daniele Rustioni à la tête de l’Orchestre de Lyon, instrument idéal, a le geste ample et expressif. Il dirige, danse presque, de tout son corps animé d’une passion communicative. Très attentif au chanteur, souvent tourné vers eux, il enveloppe la musique et fait sourdre toutes les plus fines nuances et en fait jaillir la violence éruptive. Ajoutez-y un chœur inspiré et parfaitement en place et ce Verdi-là est servi à la perfection.

    L’Hélène de Karine Deshayes est une prise de rôle. Elle joue à merveille de son colorature étincelant (le célèbre boléro) et d’une projection de voix généreuse dans les moments plus dramatiques. Elle se permet des pianissimi de toute beauté et des accents plus sombres pour un rôle qui annonce déjà une Elisabeth de Valois de Don Carlo. John Osborn, était le Duc dans Rigoletto à Marseille le mois dernier. Il offre un ténor lumineux, sans brutalité à Henri, l’amant déchiré entre sa foi amoureuse, sa patrie et son amour filial. Parfait pendant du Guy de Montfort magnifié par Insik Choi, longuement applaudi. Le baryton à la diction française exemplaire jouit d’un timbre clair et ouvert qu’on peut qualifier d’évident tant il semble ne jamais passer en force, refusant toujours le spectaculaire au profit des enjeux dramatiques. Il lance avec son « mon fils ! » toute l’humanité profonde de ce personnage de méchant traditionnel (je suis ton père !)

    L’autre baryton, Michele Pertusi, est Jean Procida, au fanatisme monolithique. Mais que ce vieux routier sait le rendre passionnant. Samy Camps, que le public marseillais avait applaudi dans un Loge de L’Or du Rhin dirigé par un autre grand chef italien Michele Spotti, fait un Danieli de haute tenue. Loin d’être de simples comparses, Niamh O’Sullivan (Ninetta), Ugo Rabec (Le sire de Béthune), Thomas Dear (Vaudemont), Ronan Caillet, Jusung Park et Grégoire Mour consolident de leur talent ce plateau idéal.