Tag: exposition

  • Une exposition pour ne pas oublier l’horreur des camps

    Une exposition pour ne pas oublier l’horreur des camps

    L’espace des Rotatives de La Marseillaise a accueilli le vernissage de cette exposition portée par l’Amicale de Mauthausen, association qui œuvre à la mémoire de ce terrible patrimoine historique. Cette exposition, qui rappelle les horreurs du camp de Mauthausen, est à découvrir jusqu’au 8 mai. Les photos présentées témoignent des atrocités de Mauthausen, camp de concentration situé en Autriche qui aura vu passer plus de 198 000 détenus de vingt nationalités différentes, entre 1938 et 1945. L’exposition investit l’espace des Rotatives à l’initiative d’Antoine de Gennaro, membre de l’Amicale et du Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943.

    Transmettre

    étaient également présents lors de ce vernissage Léo Purguette, président de La Marseillaise, Lisette Narducci, conseillère municipale déléguée à la mémoire et aux anciens combattants à la Ville de Marseille, Antoine Mignemi, rescapé de la rafle de Marseille en 1943 et Anne-Marie Thomazeau, fille de Marcel Thomazeau, dirigeant historiuqe de La Marseillaise qui a survécu au camp de Mauthausen. L’avocat Pascal Luongo, qui a déposé une plainte en 2019 visant à inscrire la rafle du Vieux-Port comme « crimes contre l’humanité », s’est aussi déplacé.

    Parmi les prises de parole, Léo Purguette a indiqué soutenir la démarche pour inscrire le camp des Milles, à Aix, au patrimoine mondial de l’Unesco. « Il est déterminant de faire comprendre aux jeunes générations que les engranges qui mènent au pire sont les toujours les mêmes », a-t-il souligné. Antoine Mignemi a aussi pris la parole : « Ce témoignage est pour moi un devoir de transmettre la mémoire et, en même temps, prononcer un message de paix et d’espoir, en particulier pour toutes les jeunes générations. Je déclare que le racisme et l’antisémitisme sont des délits majeurs. Soyons vigilants, aujourd’hui et pour l’avenir. » Une conférence-débat avec le collectif Saint-Jean a conclu le soirée.

    17, cours d’Estienne-d’Orves, entrée libre de lundi à vendredi, entre 10h et 18h. Jusqu’au 8 mai.

  • La 10e édition du concours photo Toulon forever ouverte

    La 10e édition du concours photo Toulon forever ouverte

    Le concours photo Toulon forever, invitant les habitants volontaires à poster sur Instagram des clichés représentatifs de « l’âme de [leur] ville », s’est ouvert vendredi 1er mai. Les photographes en herbe intéressés ont jusqu’à la fin du mois pour publier sur leurs réseaux, avec un maximum de deux photos par catégorie. Car, pour être sélectionnés, les clichés devront répondre à l’une des quatre thématiques proposées cette année : « Mon endroit préféré », « Côté mer », « Architecture et patrimoine » ou « Noir et blanc ». Un retour au format carré, traditionnel format d’Instagram, est également imposé. Un prix sera décerné au vainqueur de chaque catégorie, auxquels s’ajouteront trois autres récompenses, pour la photo la plus likée, le coup de cœur du jury et enfin pour « la photo de la décennie ». Pour participer : ne pas oublier, en dessous de sa publication sur un compte Instagram public, de préciser la catégorie dans laquelle on concoure et de taguer Toulonforever2026.

    Le concours se clôtura par une grande exposition en mairie d’honneur, du 17 juillet au 4 septembre. L’occasion, pour cette édition anniversaire, de présenter une rétrospective des gagnants des 10 dernières années. Le public pourra alors choisir, parmi les 65 lauréates, la fameuse « photo de la décennie ».

  • [Grand Entretien] Ernest Pignon-ernest : « L’amnésie,c’est la barbarie »

    [Grand Entretien] Ernest Pignon-ernest : « L’amnésie,c’est la barbarie »

    La Marseillaise : Vous avez laissé
    votre trace à Martigues plusieurs fois, notamment dans les années 1980. Quelles images en gardez-vous
     ?

    Ernest Pignon-Ernest : Martigues avait l’image d’une cité culturelle riche et cosmopolite, où se ressentait une dynamique exceptionnelle. C’est par exemple la seule cité où j’avais vu des animateurs culturels scientifiques. J’avais notamment travaillé avec un biologiste qui était originaire de Martigues et nous avions réalisé des sculptures avec des cellules végétales [pour la série Les Arbrorigènes, Ndlr]

    Parmi vos œuvres à Martigues, « Prométhée et la Martégale » vous avait été inspirée par la pétrochimie…

    E.P.-E. : J’avais constaté ce bouleversement, presque anthropologique, amené par l’arrivée de la pétrochimie. On venait ici avec l’image de la Venise provençale en tête, avant de se prendre ces cheminées et l’industrie pétrochimique dans la gueule. Une transformation que j’ai essayé d’exprimer à partir d’un portrait de Martégale du Musée Ziem. J’ai pris cette image comme l’archétype de la Méditerranéenne. À cette époque, on assistait à des relents racistes avec l’élection des premiers élus d’extrême droite dans la région. Il fallait donc que je travaille le portrait de cette femme qui symbolisait la Méditerranée et qui pouvait aussi bien venir d’une rive que de l’autre.

    La rétrospective que le Musée Ziem vous consacre remonte jusqu’à vos premiers dessins sur papier journal
    en Algérie en 1962, lorsque vous avez fait partie du contingent des appelés. Quels souvenirs gardez-vous
    du cessez-le-feu ?

    E.P.-E. : Je n’avais même pas 20 ans quand je suis arrivé en Kabylie. Moi, je suis originaire d’un village de l’arrière-pays de Nice. Enfant, je ramassais des olives et pois chiches sous les oliviers. En Algérie, j’avais donc l’impression que les gens étaient mes frères. J’étais évidemment contre cette guerre que je trouvais monstrueuse. Ma compréhension du monde vient d’ailleurs de la situation dans laquelle je me trouvais là-bas. J’étais persuadé qu’il allait de soi que le peuple algérien obtienne son indépendance.

    C’est cet épisode
    qui a forgé votre engagement antimilitariste
     ?

    E.P.-E. : Dans l’exposition au Musée Ziem, il y aura des images que j’ai collées à Alger et qui sont comme un hommage à Maurice Audin [mathématicien et militant communiste pour l’indépendance de l’Algérie incarcéré et assassiné par l’armée française en 1957]. Pour nous, c’était une référence, au même titre qu’Henri Alleg [auteur du livre La question en 1958]. Ce sont eux qui nous ont révélé que l’armée française pratiquait la torture.

    Le Musée Ziem fera aussi référence
    à vos interventions sur le plateau d’Albion en 1966, inscrites dans
    le mouvement contre l’arrivée de «
     la force de dissuasion nucléaire » dans la région. Que vous évoque le retour et l’affirmation des discours bellicistes ?

    E.P.-E. : A l’aune de tout ce que les gens de ma génération ont pu espérer, je suis consterné.

    Parleriez-vous de désillusion ?

    E.P.-E. : Oui. On assiste à un recul. Et pour revenir sur l’intervention du plateau d’Albion, c’est un tournant dans mon travail. Je suis allée m’installer dans la Vaucluse à l’époque car j’en avais une vision similaire à la Toscane, à cause de René Char et de la poésie. J’avais l’intention de faire de la peinture. Puis, à ce moment, il y a cet appel de René Char contre l’implantation de la force de frappe. Je pense faire des tableaux sur cette violence faite au territoire avec ces millions d’Hiroshima enkystés sous les oliviers. Et peu à peu, je me rends compte que moi, je ne peux pas représenter ça. L’idée s’impose alors qu’il faut intervenir directement sur les lieux au lieu de les figurer, de les stigmatiser. C’est l’histoire et la mémoire des lieux qui me guide.

    La mémoire des lieux mais aussi
    de ceux qui les habitent. Pionnière
    de l’art urbain en France, votre œuvre a entre autres été irriguée par la Commune de Paris ou ce qui touche
    à la condition ouvrière. Pour vous, c’était aussi un moyen de faire perdurer la trace de ceux qui ne possèdent rien mais ont pourtant fait l’histoire de ce pays
     ?

    E.P.-E. : Parfois, on peut se dire qu’on veut faire prendre conscience. Mais j’ai une plus grande humilité. Mes images apparaissent comme des interrogations. Elles font remonter des choses enfouies à la surface mais sont nourries de l’histoire des lieux. Or les villes sont faites de la vie des gens. Quand on intervient dans la ville, on partage de l’histoire, du symbolique. Et puisque vous parlez de l’image de la Commune, sachez que la première fois où je colle de grandes sérigraphies, elles sont entièrement faites avec du papier de La Marseillaise. Je suis allé le chercher à Marseille où on m’a donné des rouleaux des rotatives.

    Beaucoup de vos œuvres convoquent la mémoire comme « Les immigrés » ou « Les expulsés ». Quelles lueurs décelez-vous face à l’internationale réactionnaire qui ne cesse de gagner du terrain, y compris en France ?

    E.P.-E. : La culture, l’éducation, l’information. Le danger pour la démocratie, c’est la main mise sur l’information. Tous les journaux, à part deux ou trois, sont entre les mains de milliardaires. Et le danger, c’est aussi l’oubli. L’amnésie, c’est la barbarie. Au temps de Pinochet, j’ai travaillé avec des artistes chiliens. La vie y était impossible. C’est effrayant de voir que, 30 ans après, les gens revotent pour leurs héritiers. L’absence de mémoire conduit au pire. Moi, je travaille essentiellement sur ça en fait. Dans l’exposition à Ziem, il y aura aussi des images par rapport à Pasolini qui parlait dans ses Écrits corsaires [1973-75] de la force révolutionnaire du passé et de la nécessité d’être nourri par l’histoire.

  • « 1 + 1 = 11 », une exposition-atelier à hauteur d’enfants

    « 1 + 1 = 11 », une exposition-atelier à hauteur d’enfants

    Triste hasard, l’artiste, qui devait être présent à Montpellier le 18 avril pour l’inauguration, est décédé brutalement le 9 avril à l’âge de 50 ans, à la veille d’être fait chevalier des Arts et des Lettres. En concertation avec sa famille, le directeur du musée Parcelles 473, Laurent Rigail, galeriste et ami de longue date de Fabien Verschaere, a décidé de maintenir l’exposition prévue
    à Montpellier, qui revêt une dimension d’hommage à cet artiste aussi doué qu’atypique.

    Atteint d’une maladie génétique rare entravant sa croissance qui l’a contraint, enfant, à de longs séjours hospitaliers, Fabien Verschaere avait trouvé dans le dessin une échappatoire, un langage.

    « Un monde à la fois ludique et profondément poétique »

    Formé à l’École des Beaux-Arts de Paris, dont il sort diplômé en 2000, puis à celle de Nantes en 2001, il s’impose rapidement sur la scène contemporaine avec son esthétique faussement enfantine, si reconnaissable. « Un univers visuel foisonnant où se mêlent références médiévales, culture populaire, bande dessinée et univers de l’enfance », décrit Laurent Rigail. « Peuplant ses œuvres de créatures étranges et colorées, il explore les frontières entre rêve et cauchemar, humour et inquiétude, construisant un monde à la fois ludique et profondément poétique ».

    Pensée comme une véritable aventure immersive, cette exposition-atelier invite donc les enfants (à partir de 4 ans) et leurs familles à plonger dans l’univers singulier de Fabien Verschaere à travers un jeu-parcours évoquant une forêt enchantée peuplée de personnages mystérieux issus de l’imaginaire de l’artiste. « Tout au long de la visite, les jeunes participants sont invités à relever des défis, manipuler, expérimenter et faire des choix qui dessineront leur propre parcours jusqu’à un château miroitant », détaille Laurent Rigail. « Chaque visite devient ainsi une expérience unique où l’enfant n’est plus seulement spectateur mais acteur de l’œuvre ». Une belle idée de sortie culturelle pour les vacances !

    A.G.

    * 425 avenue des frères Bühler. Du mercredi au samedi 11h-18h ; le mardi et le dimanche : 14h-18h

  • L’art aborigène dévoile la grammaire secrète de sa culture millénaire

    L’art aborigène dévoile la grammaire secrète de sa culture millénaire

    C’est une immersion dans une autre culture que propose le musée de Lodève, qui accueille jusqu’au 30 août une centaine d’œuvres, peintures et sculptures, issues des communautés aborigènes d’Australie, réalisées entre les années 1990 et 2000. Conçue en partenariat avec l’Institut pour les échanges culturels de Tübingen et la collection d’Alison et Peter W. Klein à Eberdingen (Allemagne), cette exposition est une rareté : « On a peu d’art aborigène en France, et il est surtout concentré dans deux grandes institutions : le musée des Confluences à Lyon et le Quai Branly à Paris. Ce n’est pas évident d’arriver à réunir une centaine d’œuvres, c’est une belle chance », souligne la directrice du musée de Lodève, Aurosi Moreno.

    Bien plus qu’une simple tradition picturale, l’art aborigène constitue un système de connaissance et de croyances, un modèle de vie qui a guidé les communautés depuis 65 000 ans. « Cette pratique artistique est liée à une culture millénaire qui a un lien très fort à son territoire. Un territoire qu’elle préserve, dont elle est le gardien. Pour nous c’est de l’art, mais pour eux cela revêt une dimension à la fois culturelle et spirituelle, c’est un cérémonial, des récits englobés sous un concept appelé “Le temps du rêve” », détaille Aurosi Moreno. « Ce “temps du rêve”, c’est l’histoire mythologique des grands ancêtres totémiques australiens qui ont parcouru le pays, façonné le paysage mais aussi créé des lois, inscrites dans des rites, des chants, des danses. C’est tout ça que contiennent ces œuvres. Cette peinture si belle, si graphique, parle de leur terre car c’est un peuple nomade et la connaissance de ce territoire est un moyen de survie », poursuit la directrice. La diffusion de l’art aborigène s’est en effet imposée comme un moyen de préserver et transmettre des savoirs culturels menacés. « La vente de leurs œuvres constitue l’une des principales ressources économiques » des Aborigènes, complète Aurosi Moreno. Lesquels qui ne représentent plus que 3% de la population australienne (selon un recensement de 2011).

    « Une cartographie sensible de leur territoire »

    La grande diversité de ces œuvres provenant de régions différentes rappelle que l’Australie n’a jamais constitué un pays unique. « On devrait parler “d’arts aborigènes” au pluriel, car avant la colonisation [à partir du XVIIIe siècle, Ndlr], il y avait 250 communautés distinctes, donc autant de langues, de rêves, de récits, de motifs différents », souligne la directrice. Les artistes de cette exposition appartiennent ainsi à des groupes linguistiques et des identités claniques spécifiques (Pintupi, Pitjantjatjara, Warlpiri, Gija ou Yolngu), chacun avec son héritage créatif et ses responsabilités envers sa Terre.

    « Les petits pointillés, c’est plutôt le centre de l’Australie, au niveau des déserts, du bush ; les motifs avec de fines rayures, c’est plutôt le nord : il y a aussi les traditions anciennes de peinture sur écorce de l’Arnhem Land », décrit la directrice. « C’est une véritable grammaire de symboles. Le cercle désigne un point d’eau, un ancrage, un lieu sacré. Les lignes sont des chemins codifiés. » Loin d’une représentation naturaliste et occidentale du monde, les artistes aborigènes « élaborent des cartes mêlant topographie et mythologie, espace et temps, dans une cartographie sensible et précise de leur territoire. (…) Cette exposition nous enseigne qu’une autre relation au territoire, à la Terre, est possible, où l’Homme ne possède pas la Terre, mais vit en symbiose avec elle. Une thématique qui vient faire écho au musée de Lodève, dont les collections témoignent d’un territoire, de son évolution et de l’impact de l’homme sur les paysages. »

    * Du mardi au dimanche 10h30-13h, 14h-18h.
    Fermé le lundi.

  • [Mort au travail] Venelles : un appel lancé pour réagir

    [Mort au travail] Venelles : un appel lancé pour réagir

    Haut floqué du nom du Collectif familles Stop à la Mort au travail dont il est membre actif, Michel Bianco, rappelle les chiffres glaçants : « 840 000 personnes meurent chaque année de problèmes de santé liés à des risques sur le lieu de travail selon l’Organisation Internationale du Travail (…) il faut réagir : pendant combien de temps notre société acceptera la mort de 424 jeunes depuis 2020 ? » Aussi co-président du Carrefour Citoyen, association solidaire locale et organisatrice de la soirée, Michel Bianco appelle à ce que « la justice soit plus tranchante » sur cette question. Ce mardi soir, le Collectif organise à la médiathèque de l’Etincelle une soirée visant à sensibiliser sur cette question. Le thème choisi pour cette rencontre annuelle est celui des conditions de travail des livreurs de repas. Une exposition, réalisée par le photographe Christian Revest qui a suivi à vélo et sur plusieurs jours ces travailleurs précaires, a été montée pour l’occasion. Le film L’histoire de Souleyman (réalisé par Boris Lojkine) a lui aussi été diffusé, suivi d’un temps de débat.« C’est un thème d’actualité, contextualise Jean-Michel Vayssière, co-président du Carrefour Citoyen. De récents travaux de l’Ances et de Médecins du Monde montrent que les livreurs s’épuisent au boulot. Ils ne sont pas, par exemple, rattachés au Code du travail. Il faut que leur métier soit reconnu. » Avant de rappeler, au public que « derrière chaque repas livré, il y a un visage ».

  • Divines beautés en dialogue au Musée départemental Arles antique

    Divines beautés en dialogue au Musée départemental Arles antique

    On lui donnerait le bon Dieu sans confession, à cette statue qui défie le temps. Une greco-classiciste qui se déhanche et présente sa pomme, gracieuse comme le marbre. De retour à bon port (voir papier ci-contre), la Vénus d’Arles devient « l’épicentre », le temps d’une exposition et de son prêt par le Louvre jusqu’au 31 octobre, du Musée départemental Arles antique. Elle aimante à coup sûr les yeux du public, venu en nombre en ce vendredi d’ouverture de l’exposition « Le passage de Vénus ». Une déesse qui semble même charmer la Vénus de Botticelli détournée en 1984 par Andy Warhol, qui laisse planer son regard enamouré sur son antique beauté.

    Métamorphoses

    Sismographe s’il en est, la Vénus d’Arles a provoqué de nombreuses secousses artistiques dans le monde des arts à travers les époques, comme l’évoque « un cortège de chefs-d’œuvre, d’antiques Aphrodites ou de plus modernes, peintes par Gustave Moreau ou photographiées par Man Ray, illustrant le prestige persistant de Vénus et les pouvoirs qu’elle continue d’incarner », indique ce parcours, dont le commissariat a été confié à Romy Wiche, directrice du Musée départemental Arles antique, Ludovic Laugier, conservateur en chef du patrimoine au département des antiquités grecques, étrusques et romaines du Louvre, ainsi que Jean de Loisy, directeur artistique de la Fondation Van Gogh Arles. Tout au long de ce dialogue dense entre la Vénus d’Arles et 80 œuvres « dont 33 choisies parmi les collections du Louvre », le syndrome de Stendhal est assuré.

    Aphrodite chez les Grecs, Vénus chez les Romains… Peu importe son nom, la beauté de la déesse fascine et inspire à travers tous les âges. Encore jusqu’à aujourd’hui, atteste par ailleurs une série d’œuvres disséminées dans les collections permanentes du Musée départemental Arles antique, parmi lesquelles La toilette de Venus après Velazquez sculptée en 2022 par Ali Cherri. Du culte du corps nu jusqu’à la déconstruction de certains canons de beauté, comme en font montre une Vénus de Nikki de Saint Phalle ou même une installation vidéo de Chantal Akerman. Avant que la petite ascension vers le 1er étage du Musée ne parachève le voyage des visiteurs en nous plongeant dans l’histoire de cette icône qui ne cessera jamais de nous fasciner.

  • Passez voirla Vénus d’Arles…

    Passez voirla Vénus d’Arles…

    « Le passage de Vénus. » Quel joli titre pour cette exposition phare du Musée Arles antique, lieu emblématique de la culture gréco et gallo romaine aux différents parcours remarquables et toujours pédagogiques. Le retour de la Vénus d’Arles, visible jusqu’au 31 octobre, est un événement à plus d’un titre, car il nous invite
    à nous plonger dans plusieurs temporalités historiques. Premièrement, la découverte de cette statue a eu lieu au mitan du XVIIe siècle, en plein règne du roi Soleil, Louis XIV. Un roi à l’origine de la monarchie absolue. Un absolutisme qui s’imposait à tous les niveaux jusqu’à exiger en cadeau cette Vénus du Ier siècle avant notre ère, pour agrémenter la Galerie des Glaces du Château de Versailles, qu’il fallait meubler des œuvres les plus remarquables !

    Diane ou Vénus ?

    L’exposition suscite aussi un grand intérêt quant à l’identité de cette statue de plus de deux mètres de haut : est-ce Vénus ou Diane ? Des indices sont à découvrir et chacun peut se faire son histoire dans la grande Histoire. Qui est son créateur ? C’est une autre énigme que les historiens de l’art ont tenté de résoudre. La Vénus d’Arles serait la réplique de l’Aphrodite de Thespies du grand sculpteur athénien Praxitèle. L’inspiration est grecque, la réalisation romaine. Mais pas uniquement, car la statue a subi des restaurations. La Vénus d’Arles témoigne donc d’une histoire multiple. Passé le choc de sa découverte – elle est monumentale – on plonge dans ce périple historique jusqu’à nos jours avec un dialogue fantastique entre la Vénus d’Arles et des œuvres contemporaines. Une exposition à voir.

  • « 435.1 m’a tué » : une loi ciblée, des morts et l’art pour dénoncer

    « 435.1 m’a tué » : une loi ciblée, des morts et l’art pour dénoncer

    « Au fur et à mesure, c’est la vérité qui se dilue », déplorait, en juin 2025 devant l’Assemblée nationale, Issam El Khalfaoui, le père de Souheil, dont la vie s’est arrêtée à 19 ans, le 4 août 2021 à 18h, à la Belle de mai, dans le 3e arrondissement. La balle d’un policier l’a atteint au thorax, lors d’un contrôle routier au croisement des rues Bonnardel et Fortuné-Jourdan.

    Souheil, Rayanna, Olivio, Luis… Quatre portraits de jeunes victimes de violences policières, des noms, des dates. En tout, sept panneaux grand format affichés en pleine rue pour une chronologie « de l’impunité ». À Paris, le 18 avril, à Saint-Denis le 19, à Marseille le 26, puis à Rennes et Lilles en juin, « 435.1 m’a tué.e » tourne dans l’espace public. C’est le premier projet de sensibilisation de Save pour faire bouger le droit. L’exposition collective rend visible les vies brisées que les familles estiment liées à l’article L.435-1 du Code de la Sécurité intérieure (CSI). Elle met en relief des enquêtes qu’elles jugent « biaisées dès le départ » ou qui, après des années, « aboutissent à des non-lieux ».

    Une exposition sur le fil

    En 2017, l’article L.435-1 élargit les conditions d’usage des armes à feu par la police. « Dans les mois qui suivent, les tirs augmentent de 50% », souligne l’association, qui tire le fil rouge politique des engrenages qui amènent à l’impunité, l’injustice. Les familles de ces victimes refusent de se résoudre à voir la vie de leur proche tomber dans les oubliettes, elles exigent que la vérité soit mise à jour car, à leur douleur, s’ajoute « l’impossibilité de faire le deuil ».

    Le 4 août 2021, après la mort de Souheil, commence un marathon judiciaire. Une vidéo perdue par l’IGPN, une procédure qui s’éternise, neufs scellés qui avaient pourtant été versés au dossier disparus, puis retrouvés après la menace d’une inspection (une enquête a été ouverte et dépaysée au tribunal d’Aix). Rien n’est encore clos, puisqu’une « information judiciaire a été ouverte pour homicide volontaire, le 8 octobre 2022, contre le policier auteur du tir mortel et l’instruction est toujours en cours », rappelle le parquet de Marseille.

    Pour la famille, ce qu’elle traverse n’a rien d’un cas isolé : ailleurs, les mêmes violences, le même déni, la même impunité. « 435-1 m’a tué.e » est un projet militant qui utilise l’art pour mettre en question une loi, dénoncer ses conséquences. L’exigence des familles réunies au sein de Save et qui travaillent avec d’autres collectifs, comme Flagrant Déni, et des avocats, est d’obtenir « l’abrogation de l’article L.435-1 du CSI. Pour que ça n’arrive plus ». « Parler, créer, lutter, c’est le fil rouge d’une même résistance », défend Save. Déjà, en 1994, Maurice Rajfus, auteur de nombreuses œuvres portant sur la police et les atteintes aux libertés, avait fondé l’Observatoire des libertés publiques.

  • Les affiches de Toulouse-Lautrec s’invitent à l’Hôtel de Caumont

    Les affiches de Toulouse-Lautrec s’invitent à l’Hôtel de Caumont

    Plonger dans l’univers bohème du Paris de la Belle Époque : telle est l’immersion proposée par la nouvelle exposition du centre d’art de Caumont, en place jusqu’au 4 octobre et consacrée à Henri de Toulouse-Lautrec, « grand maître de l’avant garde parisienne ». Imaginée par Fanny Girard, directrice du musée Toulouse-Lautrec, et Gilles Genty, historien de l’art spécialiste du postimpressionnisme, l’exposition adopte un angle précis : celui d’un « créateur d’icônes », capable de « sublimer ses contemporains » grâce à « des images très fortes qui ont traversé les siècles ».

    Car Henri de Toulouse-Lautrec, né à Albi en 1864 avant de partir étudier la peinture à Paris, affiche la particularité de représenter des figures immédiatement reconnaissables, là où nombre d’artistes de son époque privilégient des incarnations anonymes. Surnommé « l’âme de Montmartre », il laisse derrière lui (il meurt en 1901), à travers ses affiches et ses peintures, un témoignage saisissant des visages qui ont animé le Paris de la fin du XIXe siècle.

    à chaque univers

    ses visages

    Habitué des cafés‑concerts, cabarets et théâtres emblématiques de son temps, Toulouse-Lautrec en devient l’un des observateurs privilégiés et représente nombre de leurs protagonistes. Parmi elles – car ce sont souvent des femmes – : La Goulue, Jane Avril ou Loïe Fuller, stars des affiches de l’artiste Albigeois.

    Mais le « faiseur d’icônes » fige aussi d’autres visages : ceux qui incarnent des productions commandées par les publicitaires, ceux de son entourage, fréquemment peints, mais aussi ceux qu’il croise au hasard de ses déambulations. Autant d’univers auxquels l’exposition entend rendre hommage, avant de clore le parcours sur les représentations des « marges de la société » auquel « il rend une certaine dignité », d’après Fanny Girard.