Tag: exposition

  • Avec Pierre Paulin, le design fait son entrée au musée Fabre

    Avec Pierre Paulin, le design fait son entrée au musée Fabre

    « On est très heureux de faire entrer le design par la grande porte au musée Fabre en consacrant cette exposition à celui qui fut assurément un des plus grands designers français », introduit Juliette Trey, directrice du musée montpelliérain. Premier en région à proposer une grande rétrospective dédiée à la carrière de Pierre Paulin, le musée Fabre a bénéficié, pour ce projet, de l’accompagnement et du prêt de nombreux objets et archives provenant du Fonds Pierre-Paulin, ainsi que de prêts du Mobilier national, avec lequel le designer a coopéré durant 40 ans. Notamment une pièce qui constitue le clou de l’exposition : le Fumoir de l’Élysée (photo 1), une commande présidentielle réalisée sous Georges Pompidou. Resté en réserve depuis son démontage en 1974 et restauré pour l’occasion, il est exposé pour la première fois à Montpellier.

    Un design utile et confortable

    Né en 1927 à Paris, Pierre Paulin, venu s’installer en 1982 dans les contreforts des Cévennes et décédé à Montpellier en 2009, fut l’un des pionniers du design moderne. À travers un parcours chronologique, cette exposition retrace les différentes étapes de sa carrière, « qui épouse véritablement l’essor du design en France », commente la commissaire Florence Hudowicz, conservatrice en chef du patrimoine au musée Fabre. Le designer a marqué son époque par sa capacité à imaginer des formes nouvelles tout en restant attentif aux usages du quotidien. Et à l’impératif de confort. « Ce qui a fait le début de sa popularité, ce sont les salons des arts ménagers et décoratifs. Dès 1953, Paulin y expose et obtient immédiatement une reconnaissance populaire », rapporte Florence Hudowicz. « On est à l’époque où la modernité est en marche, avec le réfrigérateur, l’aspirateur… Une ère nouvelle s’ouvre pour le couple moderne. Paulin veut s’adresser au plus grand nombre, montrer que le design n’est pas du luxe ou du gadget, mais qu’il peut servir à améliorer voire transformer le quotidien. » Il va notamment façonner des fauteuils devenus iconiques -Mushroom chair (1960), Ribbon chair (1966), Tongue Chair (1967) – avec une structure simplifiée et un garnissage de plus en plus souple dans lesquels le corps se love. Des créations intemporelles alliant confort et élégance au service des usages, qui continuent d’incarner la modernité et d’inspirer aujourd’hui. « Dans l’effervescence des années 1960 et 1970, marquées par l’émergence de nouveaux modes de vie, de nouvelles technologies et d’un désir de liberté, il invente des formes inédites, souples et profondément humaines », souligne Michaël Delafosse, maire PS de Montpellier et président de la Métropole. « Cette exposition montre comment le travail de Pierre Paulin a été le produit de son époque, mais également sa dimension visionnaire », complète la directrice du musée.

  • Exposition « Dévotion », les lendemains de la Peste de 1720

    Exposition « Dévotion », les lendemains de la Peste de 1720

    Cette renommée ne concernait pas seulement les arts de la table. Dans le catalogue de cette exposition, Marina Laffon-Borelli, Régis Bertrand, Jean-Manuel Sanchez et Daniele Maternati-Baldouy, qui fut entre 1995 et 2012 la conservatrice du musée de la faïence du Château Pastre, examinent les liens profonds que les grands feux pouvaient entretenir avec les mutations de la vie religieuse. À côté de scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament de multiples provenances – le Sacrifice d’Abraham, un Bon Samaritain, le profil sur fond bleu de l’évangéliste Saint Jean qui figure sur l’affiche -le musée de Notre-Dame réunit en plaques décoratives des portraits qui se souviennent de Della Robbia, des Christs, des Crucifix et des statues de la Vierge, des objets du culte principalement issus de la fabrique de Joseph Fauchier, proche du quartier de la Porte d’Aix.

    Gravement endeuillé par les décès de six enfants, Fauchier œuvra jusqu’en 1751. Les séquences religieuses de son travail s’accordent avec le ressaisissement de Marseille au lendemain des catastrophes engendrées par la Peste de 1720. En témoigne à sa façon un mélange de sincérité et de fraîcheur, la singularité de la Vierge à l’enfant qui illustre cet article. Les polychromies bleues et jaunes de cette statue, les motifs floraux de ses vêtements, ses gestes qui ne cachent pas la nudité et la blondeur de l’enfant, son discret déhanchement ainsi que des menus détails (entre autres, au bout de ses sandales, le vernis de ses ongles) étonneront les visiteurs.

    Exposition « Dévotion », musée de la Basilique Notre-Dame de la Garde, jusqu’au 22 novembre, tous les jours de 9h à 17h.

  • Un nouvel espace d’art ouvre ses portes à Sommières

    Un nouvel espace d’art ouvre ses portes à Sommières

    Voilà plus de 40 ans que la maison d’édition Anagraphis, basée dans l’Hérault, près de Montpellier, réalise des sérigraphies d’art originales numérotées et signées par de grands noms de l’art contemporain, du street art et de la BD. Elle accompagne aussi, dans toute la France, des projets culturels.

    Aujourd’hui, elle a décidé, en plus, d’ouvrir un espace dédié à l’art contemporain à Sommières, dans le Gard. « Anagraphis a cette particularité de ne pas seulement valoriser les grandes villes, qui n’en ont pas forcément besoin », souligne Apolline Montfraix, la responsable du lieu. « Il ne s’agit pas d’une galerie d’art classique. On est plutôt en soutien des artistes, pour leur offrir un espace où ils puissent exposer et vendre leurs œuvres, mais ce lieu n’a pas une vocation commerciale », insiste-t-elle.

    Trois expos estivales

    « L’idée est de dynamiser la culture et l’art sur Sommières », en collaboration étroite avec le voisin direct : la galerie Art Fresque Povera, dédiée à l’art contemporain depuis plus de 15 ans. « Ce lieu est le premier, mais l’idée serait d’en ouvrir d’autres un peu partout », confie Apolline Montfraix.

    Tout au long de l’été, trois artistes seront invités à présenter leur travail. La première exposition, dont l’inauguration, le 27 juin de 19h à 21h, coïncidera avec l’ouverture officielle de la galerie Anagraphis, sera consacrée au peintre Jean-Paul Bocaj. Établi à Montpellier depuis 1985, il est devenu une figure incontournable de la scène artistique locale, exposé en France comme à l’international. « Son travail est très reconnaissable, notamment par ses femmes inspirées de la pop culture », commente Apolline Montfraix.

    À partir du 25 juillet, l’artiste plasticienne Claire Dodin prendra le relais. « Son univers est inspiré par la nature, la couleur et la recherche d’harmonie. Son travail comporte beaucoup de feuillages, de fleurs ou de formes organiques. On est dans quelque chose de vivant, poétique, délicat », décrit la responsable de la galerie.

    Enfin le jeune artiste plasticien et sérigraphe franco-guinéen Bella Bah, formé aux arts graphiques et décor au lycée Frédéric-Mistral de Nîmes puis à l’atelier Anagraphis, où il découvre et perfectionne les techniques de l’édition d’art, fermera la marche du 22 août au 20 septembre, de retour de la biennale de Venise où il a été invité pour représenter la Guinée. « Nourri par ses origines guinéennes, son travail se distingue par des portraits vibrants aux couleurs multiples devenues sa signature artistique. En s’affranchissant des représentations conventionnelles de la couleur de peau, il propose une vision universelle de l’humanité dans laquelle chacun peut se reconnaître. »

    Peintures et dessins de chacun des artistes seront proposés à la découverte et à la vente. « L’idée est qu’il y en ait pour tous les budgets. Pour Bocaj, par exemple, j’ai fait une sélection qui va de 100 à 6 000 euros », indique Apolline Montfraix. « Il y aura également, sur place, une partie boutique Anagraphis dans laquelle les visiteurs pourront acheter des sérigraphies originales ». Pour débuter, le lieu accueillera le public trois jours par semaine, les jeudis (15h-19h), vendredis (10h-13h ; 15h-19h) et samedis (10h-13h ; 15h-19h).

    *Espace Daniel Heitz, 244 boulevard Ernest François,

  • Ça va encore swinguer partout cet été dans le Port du Levant

    Ça va encore swinguer partout cet été dans le Port du Levant

    Du monde, jeudi matin, derrière et devant le pupitre du salon Clemenceau de la mairie d’honneur pour mettre en avant la politique culturelle de la Ville de Toulon pour la saison estivale. Avec, comme temps fort de la programmation, le festival Jazz à Toulon, qui revient du 26 juillet au 8 août faire swinguer le Port du Levant au rythme des sonorités du monde. Et ce sur les places, en ville comme dans les quartiers, de Saint-Jean du Var au Pont du Las.

    Pour cette 36e édition, parmi les invitations au voyage proposées, on retient le projet New Sketches of Spain, avec le retour d’Erik Truffaz aux côtés d’Antonio Lizana, « qui signe un mariage audacieux entre jazz classique et flamenco ». Pour les rythmes endiablés puisant aux sources de la salsa et du jazz afro-cubain, cette fois, place à Spanish Harlem Orchestra, Orquesta Akokán et le collectif El Comité. « Tandis qu’Alfredo Rodríguez et Fabiola Mendez sublimeront leurs racines latines par une approche soliste d’une grande finesse poétique », comme le décrit la maire de Toulon (SE), Josée Massi, dans son édito.

    En tout, dix soirs de concerts gratuits transformeront Toulon en une scène de jazz à ciel ouvert. Sans oublier « les Off » du festival, qui prendront place dans les quartiers de la ville, à l’heure de l’apéritif.

    Morceaux choisis

    Pas de bel été non plus sans lecture. L’occasion donc de « Partir en Livre » jusqu’au 20 juillet, avec une 11e édition riche aussi en ateliers, rencontres et jeux. Le jeune public étant invité à venir exercer son imaginaire dans les médiathèques. Mais aussi en plein air.

    Sous les arbres du parc, bien installés dans l’herbe, les enfants pourront par exemple découvrir, avec « À l’ombre des pages », de nombreuses histoires partagées par les bibliothécaires. Comme les 9 et 11 juillet de 9h30 à 11h, au parc du Pré Sandin.

    Sur le parvis du Zénith revient également, du 12 au 25 juillet, le festival Son By Toulon. Avec de grosses pointures, telles que Ben Harper, Bigflo & Oli et Mika.

    Côté expo, le Musée d’art de Toulon propose de découvrir Man Ray avec « Magie de l’image ». Près de 200 œuvres, photographies, peintures… retraçant le parcours de l’artiste. Et du côté de la Maison de la photographie, jusqu’au 19 septembre, place au travail de Martin Parr, de ses premiers reportages en noir et blanc réalisés dans le nord de l’Angleterre dans les années 70, jusqu’à ses gros plans d’objets de consommation, à la fin de son parcours.

    Mais aussi de l’opéra, de la musique classique et de la danse à Châteauvallon. Ou encore du chant a cappella avec les Voix Animées et leur répertoire de la musique vocale de la Renaissance. Le tout se déroulera à la Tour Royale.

    Et pour se mettre dès dimanche soir dans l’ambiance, 94 groupes seront présents dans les rues de la cité pour la Fête de la musique, sur 33 scènes.

    La Marseillaise ne pouvait pas non plus faire l’impasse sur la pièce Les Résistantes, consacrée au rôle longtemps invisibilisé des femmes dans le combat contre le nazisme. Ce projet participatif retrace l’engagement de ces héroïnes entre 1940 et 1944. Elle sera jouée le 4 juillet, à Châteauvallon.

    Retrouver le programme complet dans le magazine de l’été sur le site toulon.fr

  • Le Mémorial du camp de Rivesaltes revisité

    Le Mémorial du camp de Rivesaltes revisité

    Le lieu rassemble les pages sombres de l’Histoire de France. Le camp de Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales, fut un lieu d’internement de personnes jugées « indésirables » par l’État : républicains espagnols, Juifs, prisonniers coloniaux, nomades, harkis, migrants… Pas moins de 60 000 personnes y sont passées de 1941 jusqu’à la fin du XXe siècle.

    Ouvert depuis 2015, le Mémorial, témoin de toutes ces mémoires construit au milieu des vestiges des baraquements, vient de bénéficier d’une enveloppe de 2,6 millions de la Région Occitanie, du Département des Pyrénées-Orientales et de l’Union européenne afin de refondre intégralement son parcours. « Après dix ans d’existence, le Mémorial devait franchir une nouvelle étape. Nous ne voulions pas simplement actualiser un contenu ou moderniser des outils. Nous voulions nous interroger sur la manière dont un lieu de mémoire peut encore parler à la société d’aujourd’hui. Cette refonte est née d’une conviction : la mémoire n’a de sens que si elle continue à éclairer le présent et à nourrir la vigilance citoyenne », précise Céline Sala-Pons, directrice du Mémorial.

    Une nécessité, à l’heure où la montée de l’extrême droite et des nationalismes dans le monde, prônant un discours d’exclusion, rappelle ces heures sombres de l’Histoire de France. « Comprendre comment des sociétés démocratiques ont pu accepter l’exclusion de certaines populations est une question fondamentale pour les générations actuelles », poursuit la directrice.

    Des îlots thématiques

    Ainsi, selon le nouveau parcours, aux côtés de la table centrale, colonne vertébrale de l’exposition, viennent s’ajouter des îlots « thématiques » (les exilés espagnols, la période de Vichy, la décolonisation, etc.). Une manière de faire dialoguer les périodes entre elles et de questionner le public. « Nous ne cherchons pas à juxtaposer des séquences historiques. Nous cherchons à faire émerger des questionnements. Faire dialoguer les périodes permet au visiteur d’identifier des mécanismes, des continuités, mais aussi des ruptures. L’objectif n’est pas de fournir des réponses toutes faites. C’est d’encourager une réflexion personnelle et critique », fait valoir Céline Sala-Pons.

    La refonte ne se limite pas à un changement scénographique. Les recherches récentes issues du conseil scientifique du Mémorial sont venues enrichir l’exposition. « De nouveaux travaux ont permis d’affiner notre connaissance du fonctionnement militaire du camp Joffre, des parcours des populations internées -notamment chez les nomades ou encore les soldats coloniaux- mais aussi des politiques publiques qui ont conduit à leur enfermement », souligne Céline Sala-Pons. Ces nouvelles recherches seront éclairées par des témoignages, une manière pour le musée « d’incarner l’Histoire, de lui donner un visage, un nom ». Des rencontres avec des témoins du camp sont d’ailleurs au programme.

    Le Mémorial entend également jouer à fond sa carte « lieu d’éducation à la citoyenneté » et essayer de toucher un plus large public. En ce sens, des parcours différenciés ont été mis en place : un parcours citoyen et un autre jeune public. Chaque année, pas moins de 20 000 élèves visitent le site. Des textes ont été simplifiés et traduits en plusieurs langues et les supports diversifiés. En somme, tout est fait pour donner des outils des réflexions. Car « la mémoire n’est pas tournée vers le passé. Elle est tournée vers les choix que nous faisons aujourd’hui et vers la société que nous voulons construire demain. »

  • Une exposition monographique d’Adrien Fregosi au Miam

    Une exposition monographique d’Adrien Fregosi au Miam

    Les projets monographiques ne sont pas courants au Musée international des arts modestes (Miam) de Sète. Pourtant, peu après la mort de l’artiste Adrien Fregosi en 2024, sa directrice Françoise Adamsbaum et son fondateur Hervé Di Rosa ont décidé d’inviter l’ancienne compagne de l’artiste, Marine Lang, à créer une exposition consacrée à sa vie et à son œuvre. Elle s’intitule « Les Moyens du bord » et est visible jusqu’au 7 mars prochain.

    Une exposition vivante et généreuse

    « L’idée de l’exposition est de révéler les conditions matérielles et biographiques avec lesquelles il a développé son œuvre très prolifique », explique Margaux Bonopera, co-commissaire de l’exposition aux côtés de Marine Lang. « Adrien a été diagnostiqué d’un cancer en 2013 et jusqu’à sa disparition, il n’a jamais cessé de travailler. » Né à Grenoble en 1980, Adrien Fregosi est entré dans la pratique artistique par le dessin, la culture punk, le graffiti et le fanzinat, avant de s’engager dans une pratique plus picturale à son arrivée à Sète, où il a passé les dix dernières années de sa vie.

    L’exposition réunit 130 de ses créations, dont des peintures, des dessins, des photos ou encore des collages sculpturaux. Celles-ci sont accompagnées d’une vingtaine d’œuvres d’autres artistes, dont certaines ont été réalisées spécialement pour l’occasion. « Adrien pensait les choses de manière très collective, poursuit Margaux Bonopera. Nous exposons donc aux côtés de ses œuvres des artistes qui étaient un peu des modèles pour lui, comme Robert Crumb, Derek Jarman ou Miriam Cahn. D’autres sont des amis avec qui il co-créait parfois, tels que Paul Loubet, Safia Bahmed-Schwartz ou Julie Béna, entre autres. »

    La volonté des deux commissaires avec cette exposition est avant tout de « révéler toute la vitalité de l’œuvre d’Adrien en termes de palette, de personnages, de gestualité et de force ». Margaux Bonopera l’affirme : « Il y a une alliance entre le souhait d’adresser les questions de la vie de l’artiste, dont celle de la maladie bien sûr, et de proposer une exposition généreuse et joyeuse, dans laquelle on retrouve, à travers le travail d’Adrien, beaucoup d’humour, de malice et parfois même de cynisme. » Selon elle, l’exposition révèle aussi de nombreuses problématiques liées à l’aspect validiste du monde de l’art. C’est dans cette logique que l’équipe a demandé à la Ville d’installer, dans les murs du musée, des bancs urbains sur lesquels les visiteurs peuvent venir s’asseoir, se reposer et accepter l’idée que nous ne sommes pas tous égaux face à la santé, aux douleurs et à la fatigue : « J’ai eu la chance de travailler avec lui de son vivant, confie Margaux Bonopera. Il a toujours eu cette volonté de créer une œuvre lisible, appréciable et qui puisse être réceptionnée par un maximum de personnes. »

    En parallèle de celle du Miam, une autre exposition consacrée à l’œuvre d’Adrien Fregosi s’ouvre au Centre national d’art contemporain – Le Magasin, à Grenoble. Le projet est également accompagné d’un ouvrage monographique et collectif édité par le Miam et FP&CF éditions, dont le graphisme a été confié à Jad Hussein. « Il s’agit d’un objet magnifique, se réjouit Margaux Bonopera. C’est important, quand on sait à quel point le format éditorial lui tenait à cœur. »

    * 23 quai Maréchal de Lattre de Tassigny à Sète. Tous les jours sauf le lundi, de 9h30 à 12h et de 14h à 18h. Entrée : 5,60 €

  • [Exposition] Le Pont du Gard coloré par les enfants

    [Exposition] Le Pont du Gard coloré par les enfants

    Relier le passé, le présent et le futur. C’est l’objectif de la 11e édition de Pont du G’Art, qui met à l’honneur les enfants gardois et donc les citoyens de demain. Sur le thème « L’animal au carré », 47 classes de la région ont travaillé sur ce sujet et les œuvres des enfants seront donc exposées dans le bâtiment de la Rive Gauche pendant cinq jours, du 18 au 22 juin.

    Pour ce travail, les élèves ont été accompagnés par la photographe, écrivaine, reporter et vidéaste Anne-Lise Lepellec. Cette artiste au parcours étonnant, qui a d’abord suivi des études de philosophie avant de parcourir le monde pendant dix ans pour finir par devenir artiste de rue en Irlande, s’appuie sur la lumière, les mots et la matière des supports pour proposer des œuvres poétiques. En traitant de l’animal, l’objectif était d’interroger les élèves sur leur rapport à la faune entre peur, fascination, attirance ou révulsion et de questionner leur lien avec la nature.

    Mapping sur
    le Pont du Gard

    Au-delà de l’exposition, les élèves auront le privilège de voir leurs œuvres projetées sur le Pont du Gard. En effet, dès la nuit tombée (22h30), un mapping sera projeté sur le célèbre bâtiment antique. « L’objectif est de donner accès à la culture au plus grand nombre. Le point final de la démarche, après la découverte du processus créatif, est la visite sur site qui permet aux élèves non seulement de découvrir leurs œuvres exposées mais aussi d’avoir un contact avec un lieu patrimonial et historique », précise la collectivité.

    Une autre exposition de scolaires est prévue dans la foulée : du 24 au 29 juin, les élèves du collège Voltaire de Remoulins exposeront leur travail sur le thème « Tisser–Métisser », réalisé avec leur enseignant Julien Salmon et la plasticienne Margaux Fontaine. Un travail dans lequel ils ont entrelacé matières, images et histoires pour créer une œuvre singulière.

  • L’œuvre de Jeanne Vicerial, à Aix, entre sciences et féminité

    L’œuvre de Jeanne Vicerial, à Aix, entre sciences et féminité

    Baignée dans un faisceau de lumière qui traverse le ventre de la Chapelle de la Visitation, une gisante blanche, tissée de cordes et parsemé de fleurs. Autour d’elle, dans une mise en scène proche du mystique, d’autres corps aux attraits féminins, composés de textiles noirs, prennent possession du lieu. Nichée dans l’une des alcôves de la chapelle, La Présence à l’Enfant, haute, mutique, fait partie des œuvres qui interroge « l’histoire de l’art et la place des femmes et des enfants dans notre société, qui est un sujet particulièrement d’actualité », explique Jeanne Vicerial, artiste montante, et qui expose son travail dans quatre lieux de la Ville à l’occasion de la Biennale. Intitulée Incarnations, l’exposition est répartie entre la Chapelle, le Pavillon Vendôme, le Musée Granet et le Musée des Tapisseries où sont en partie exposés des costumes conçus pour Atys, ballet d’Angelin Prejlocaj. Jusqu’au 4 octobre, l’artiste dévoile ses sculptures filées, travaillées à la main.

    Titulaire d’un doctorat Sciences, Arts Création et Recherches, ancienne pensionnaire de l’Académie de France à Rome (Villa Médicis), l’artiste plasticienne et designer pose son travail à la croisée de la science et du mystique. « Le parcours développe quatre volets de son travail avec des ambiances et des orientations très différentes. C’est ça, la richesse de cette Carte blanche, donnée à Jeanne Vicerial », explique Chrystel Pélissier-Roy, directrice des Musées d’art et d’histoire d’Aix. « Ces œuvres existaient déjà, et déployées dans un espace différent, reprennent vie », précise l’artiste, passée
    par le Palais de Tokyo à Paris,
    la Maison Guerlain, mais aussi les galeries new-yorkaises, bruxelloises… Et multi-récompensée pour son travail.

  • Ernest Pignon-Ernest à Carpentras

    Ernest Pignon-Ernest à Carpentras

    Des œuvres inédites à découvrir

    L’occasion de rencontrer et d’échanger avec ce célèbre plasticien français, premier artiste à avoir investi les murs, trottoirs et façades d’une ville pour délivrer un message.

    Plus tôt dans la journée, une visite guidée d’« Ombres de Naples » vous est également proposée. Plus de 200 œuvres y sont affichées dont certaines sont inédites : dessins, photographies, sérigraphies et issues de cette série créée entre 1988 et 2015 à Naples. Les œuvres d’Ernest Pignon-Ernest dialogueront avec une sélection d’œuvres de l’Inguimbertine, en écho à cette terre comtadine liée historiquement à l’Italie.

    Samedi à 11h et 15h.
    5
     euros la visite et pour la rencontre.

  • L’archéologie ouvre ses portes en grand

    L’archéologie ouvre ses portes en grand

    Le musée de préhistoire de Quinson se prépare aux journées européennes de l’archéologie ce week-end, et mise sur la protection des découvertes, trop souvent négligées et pillées par les randonneurs.

    L’exposition permanente du musée retrace 400 000 années d’occupation humaine, en commençant par le paléolithique, puis le néolithique et l’âge des métaux. On y retrouve notamment des objets en pierre et des matières osseuses trouvés dans la grotte de la Baume Bonne, l’un des sites les plus connus des gorges du Verdon. Des visites y sont d’ailleurs proposées dans le cadre des journées européennes de l’archéologie, ce samedi et ce dimanche, mais sont déjà complètes.

    Le parcours de visite raconte ensuite de manière chronologique le passage à l’économie de production, à la sédentarité, aux villages et aux maisons au néolithique.

    Cette année, la thématique des journées européennes de l’archéologie est l’âge du fer. Des panneaux ludiques prêtés par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) ont été installés à la fin du parcours de visite de l’exposition permanente à cette occasion. « Cela permet de casser les clichés, d’enrichir les connaissances de manière ludique, et de mettre en avant ces peuples qui n’avaient pas l’écriture, et dont l’histoire a donc souvent été racontée par d’autres, par leurs ennemis, ce qui ne leur rendait pas toujours hommage », se réjouit Chimène Honnorat, médiatrice culturelle et scientifique. Pour les journées européennes de l’archéologie, des espaces vides ont également été mobilisés pour faire deviner aux visiteurs les plantes et les viandes consommées à cette époque, ou encore quel os appartient à quel animal. Des mini métiers à tisser sont aussi installés ce week-end pour que les visiteurs puissent s’essayer à fabriquer un morceau de tissu.

    Depuis 2024, l’exposition temporaire « Sors de ta réserve » est proposée en partenariat avec la réserve naturelle géologique de Haute Provence, à l’occasion de ses 40 ans. L’accent est mis sur la préservation de la géologie. « On se bat pour que les gens marquent leurs découvertes avec des coordonnées GPS et les signalent, pour que les choses soient faites correctement », insiste Ludivine Franceschi, responsable du développement des publics. « Les pillages de fossiles sont monnaie courante. Beaucoup de sites doivent être protégés avec du béton autour. Des fossiles sont arrachés à coups de pioche. Il suffit d’un orage pour que des vestiges soient visibles en surface », regrette-t-elle. « Aux États-Unis, on a le droit de payer pour récupérer des fossiles dans la nature. Les législations sont très différentes d’un pays à l’autre. Cela va prendre du temps pour faire changer les mentalités », avance-t-elle.

    Des archéologues

    en tyrolienne

    Le plésiosaure, grand reptile marin prédateur du Mésozoïque, découvert à Tartonne, est exposé pour la dernière fois au public au musée de Quinson. Il sera ensuite réservé aux chercheurs, pour éviter que les vibrations et les changements de température et d’humidité n’altèrent sa conservation.

    Le musée a été créé pour conserver les découvertes réalisées lors des fouilles de sauvetage du Verdon, au moment des travaux des barrages EDF. Les archéologues ont alors dû faire du rafting et de la tyrolienne pour accéder aux lieux de fouilles.

    L’exposition permanente, inchangée depuis l’inauguration du musée en 2001, doit être totalement refaite dans les prochaines années. Le musée élargira ainsi ses collections avec de nouveaux fonds. « Il faut aller chercher ailleurs pour montrer la diversité. Là, il n’y a que des objets en pierre exposés, alors qu’à l’époque, il y avait beaucoup d’objets en matières osseuses. Ce n’est pas du tout représentatif de cette période », avance Ludivine Franceschi. « Idéalement, il faudrait changer la muséographie tous les dix ans pour faire avec le renouvellement des connaissances et les découvertes », explique-t-elle. Le nouveau parcours de visite devrait être plus interactif, afin que les visiteurs soient plus actifs et impliqués.

    DES RENDEZ-VOUS DANS LA RÉGION

    BOUCHES-DU-RHÔNE

    Saint-Rémy-de-Provence. Le site de Glanum propose un atelier pour découvrir les différentes sous-disciplines de l’archéologie. Le public pourra également manipuler de véritables vestiges pour reconstituer l’histoire du site. Dimanche 14 juin, de 9h45 à 12h30. Tarifs : enfants 6 euros, adultes 12 euros.

    Marseille. Le Palais Longchamp invite le public à se glisser dans la peau d’un archéo-anthropologue pour s’initier aux chantiers de fouilles de sépultures et découvrir les rites funéraires du Paléolithique à l’âge du Bronze. Samedi 13 et dimanche 14 juin. Gratuit.

    VAR

    Giens. Les médiateurs du Parc national de Port-Cros proposent une visite guidée pour explorer le sanctuaire d’Aristée sur la presqu’île de Giens. La visite se poursuit avec une randonnée jusqu’au fort du Pradeau, pour présenter l’histoire de la rade de Hyères. Dimanche 14 juin, de 10h30 à 14h30. Gratuit.

    Toulon. Le Centre archéologique du Var ouvre exceptionnellement ses portes pour une activité consacrée aux vêtements gaulois. Les participants pourront apprendre les techniques de tissage et expérimenter la fabrication textile sur un métier à tisser, inspiré des modèles utilisés à l’époque. Dimanche 14 juin 2026 de 11h à 12h30. Gratuit.

    VAUCLUSE

    Entraigues-sur-la-Sorgue. Le chantier archéologique préventif de la Zac du Plan ouvre exceptionnellement ses portes au public. Les responsables des fouilles du site présenteront les découvertes en cours, les méthodes d’intervention des archéologues et l’histoire du territoire. Samedi 13 juin, à partir de 10h. Gratuit.

    Vaison-la-Romaine. Sur la colline du site antique de Puymin, une visite guidée convie les participants à parcourir les vestiges des anciennes domus, notamment ceux de la Maison à l’Apollon lauré et de la Maison à la Tonnelle, avant de rejoindre le théâtre antique. Samedi 13 et dimanche 14 juin, de 14h à 15h30. Gratuit.

    HAUTES-ALPES

    Saint-Véran. Au départ de l’esplanade Sainte-Luce, une randonnée de 9 km invite le public à découvrir le patrimoine archéologique local aux côtés d’un géologue et d’un guide conférencier. Les participants exploreront notamment l’ancienne mine de cuivre de Clausis, exploitée dès l’âge du Bronze. Samedi 13 juin, de 9h à 17h. Gratuit.

    Gap. Le muséum départemental des Hautes-Alpes propose un voyage dans l’Antiquité à Gap (ex-Vappincum). La troupe Pax Augusta, spécialisée dans la reconstitution, vient y faire revivre la civilisation gallo-romaine et ses coutumes grâce à des installations immersives. Samedi 13 et dimanche 14 juin, de 14h à 17h45. Gratuit.

    ALPES-DE-HAUTES-PROVENCE

    Sisteron. Au Musée gallo-romain, les visiteurs ont 25 minutes pour retrouver un bijou antique en résolvant une série d’énigmes. Pensé comme un escape game, cet atelier aborde les méthodes de la recherche en anthropologie et l’étude du corps humain. Samedi 13 juin, de 10h à 12h et de 14h à 17h30. Gratuit.

    Reillanne. Le prieuré de Carluc propose une conférence animée par un archéologue, suivie d’un apéritif romain antique. Pour l’occasion, la chapelle de Carluc sera exceptionnellement ouverte et le public pourra la visiter. Samedi 13 juin, de 11h30 à 12h. Gratuit.