Tag: exposition

  • [Expo] Être civil dans l’Hérault pendant la Seconde Guerre mondiale

    [Expo] Être civil dans l’Hérault pendant la Seconde Guerre mondiale

    Face aux horreurs des guerres, les populations civiles sont les premières impactées. Des drames et des tragédies que le Département de l’Hérault a voulu mettre en lumière avec sa nouvelle exposition au domaine Pierrevives, jusqu’au 9 mai 2026. Intitulée « Vivre la guerre en Hérault », celle-ci explore le quotidien des habitants durant la Seconde guerre mondiale. L’occupation, les rationnements, la répression, la collaboration, la résistance : aucun aspect n’est oublié, tous représentés par une multitude d’objets et de documents d’époque.

    L’exposition est découpée en quatre parties thématiques. La première, « Sauver », s’attache à montrer la défaite française sous un angle politique. « C’est une sorte de face-à-face entre Pétain et de Gaulle. On montre comment Pétain, qui au départ jouit d’une opinion plutôt favorable et est vu comme le sauveur de la France, l’homme providentiel, va au fur et à mesure devenir le traître », détaille Véronique Sassetti-Aguilera, conservatrice du patrimoine en chef aux Archives départementales de l’Hérault et commissaire de l’exposition. L’inverse de de Gaulle, vu d’abord comme un traître par les institutions avant de devenir l’homme providentiel.

    Un salon reconstitué

    Très vite, le régime de Vichy se met en place et débute avec lui la collaboration avec l’occupant allemand. Un climat de terreur s’installe et il faut donc « Survivre » pour beaucoup d’Héraultais. « On traite des difficultés de ravitaillement, on reconstitue l’intérieur d’un salon des années 1940, on expose des objets insolites comme un poste TSF, des documents de propagande », poursuit Véronique Sassetti-Aguilera. L’absence des prisonniers de guerre puis la mise en place du STO viennent compléter ce sombre tableau. « Il y a vraiment un aspect peur et discrimination puisque Vichy est une administration pléthorique qui enquête sur tout, surveille tout le monde. C’est vraiment un État autoritaire pratiquant des révisions de naturalisation, des lois antisémites, etc. », insiste la commissaire d’expo.

    Dès lors, les Héraultais se sont tournés vers la Résistance ? Pas vraiment, comme le montre la troisième partie, « Collaborer vs résister ». « C’est une période trouble, les choix de collaboration ou de résistance sont exceptionnels, la majorité de la population ne se positionne pas. Elle fait ce qu’elle peut dans un sens ou dans l’autre, en fonction des opinions, parfois par opportunisme. La contingence du quotidien peut également jouer, quand le mari est prisonnier de guerre et que l’on doit nourrir sa famille, cela peut être difficile de se positionner. C’est de la réprobation ou de l’acceptation silencieuse », observe Véronique Sassetti-Aguilera, illustrant ces propos par des Héraultais allant acclamer Franco lors de sa rencontre avec Pétain à Montpellier, en 1941 – le maréchal avait d’ailleurs pris le soin d’interner préventivement des réfugiés espagnols installés à Montpellier au camp d’Agde – tout en écoutant Radio Londres. De l’autre côté, des parcours de vie de résistants locaux sont mis en lumière – notamment Laure Moulin – afin de montrer « qu’il n’existe pas de profil type du résistant ».

    Vient ensuite la fin de la guerre, la libération du département et la « Reconstruction ». « C’est refaire société après la fracture qu’a été la Seconde guerre dans la société française. Avec le travail d’épuration judiciaire et extrajudiciaire, la création de l’État providence, le retour des déportés et des prisonniers. Enfin le droit de vote des femmes et la construction de l’Europe et la réconciliation franco-allemande », énumère Véronique Sassetti-Aguilera.

  • Association Dar Yumi : la maison qui rassemble les mémoires

    Association Dar Yumi : la maison qui rassemble les mémoires

    La porte grande ouverte est une invitation à entrer. Les têtes passent. Promettent de ne pas rester trop longtemps et finalement s’installent autour de la table baignée de soleil, juste derrière la baie vitrée, avec un thé à la menthe. À peine rouverte après plus de six mois de fermeture, la boutique Dar Yumi, inaugurée par Amel Ben Messaoud en 2021 sur la place du Docteur Igonet, redevient un lieu de vie où les visiteurs se sentent comme à la maison. C’est d’ailleurs la signification de Dar Yumi. « La maison de ma mère », traduit la Port-de-Boucaine.

    À l’intérieur, des tapis amazighs chatoyants jonchent le sol, de la vaisselle en céramique faite à la main garnit les armoires, des livres et des affiches de calligraphies arabes habillent les murs. « Au départ, je voulais absolument remettre en lumière les objets avec lesquels j’avais grandi, qui m’ont été transmis par ma mère et ma grand-mère, qui étaient vraiment issus de mon patrimoine culturel », raconte Amel, qui s’est donc associée avec des coopératives de femmes au Maroc et en Algérie pour mener à bien ce projet.

    Une culture populaire vivante

    Pour la jeune mère de famille, ces artefacts ne sont pas de simples biens matériels. Ils sont le témoin d’une histoire intime, familiale tout en étant universels. Ils appartiennent à la culture, celle du geste du quotidien. « Pour moi, le devoir de mémoire se fait aussi par l’objet », confie-t-elle.

    Amel veut désormais aller plus loin. Elle qui a vécu au Canada, à New York et qui a fait ses études à Montpellier puis à Paris explique : « J’ai voulu rentrer à Port-de-Bouc parce que c’est un des rares endroits où le multiculturalisme a un vrai sens. La proximité avec les gens ici est dingue, c’est un village et les personnes de différents milieux sociaux, de différentes origines évoluent ensemble. Je le vois dans ma boutique, où les gens de tous horizons s’installent et me racontent leurs histoires. Maintenant il faut que je fasse quelque chose de ces récits, c’est plus possible que je les garde pour moi. » Pour y parvenir, le statut de Dar Yumi change pour passer de commerce à association.

    Désormais, la trentenaire veut travailler avec les différentes structures et associations présentes à Port-de-Bouc et encadrer des projets culturels intergénérationnels, à mener sur une année entière, pour aboutir à une exposition. Amel illustre : « Ça peut être une maman sénégalaise et un jeune d’origine marocaine qui travaillent ensemble sur un livre de recettes qu’ils ont chacun l’habitude de faire chez eux, avec des ateliers cuisine pour échanger et se transmettre leurs secrets. Ça peut aussi être un projet musical, dans lequel le rap old school et le rap actuel se répondent. La culture populaire doit être vivante. L’idée c’est que les adhérents se nourrissent les uns des autres. Chacun a un patrimoine culturel, a une mémoire individuelle qui, mis en commun, devient une mémoire collective. »

    La Port-de-Boucaine veut faire rayonner sa ville et son histoire ouvrière liée à l’immigration, mais cette association est aussi pour elle un moyen de rompre l’isolement des personnes âgées et d’aider la jeunesse à ne pas céder à l’appel du narcotrafic. « Il faut les faire sortir des quartiers, assène-t-elle. Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient. Ça nous donne de la valeur. Et souvent, on apprend de nos aînés, qui représentent la sagesse et sont parfois un refuge. »

    Les premiers événements de Dar Yumi auront lieu le 10 décembre, avec un petit-déjeuner offert aux seniors à partir de 8 heures, puis un goûter à destination des jeunes à partir de 15 heures.

    Le prix de l’adhésion varie en fonction de paliers, voir sur place à la boutique Dar Yumi.

  • Une cellule de prison inspirée de Luynes 2 reconstituée à Aix-en-Provence

    Une cellule de prison inspirée de Luynes 2 reconstituée à Aix-en-Provence

    Ouverte à la visite ce mercredi, de 10h à 18h et ce jeudi,
    de 10h à 13h, l’exposition, proposée
    par le Groupe local de concertation prison, est organisée dans le cadre des Journées nationales prison.

    Objectif : rendre compte des conditions de détention actuelles, en France. Par ailleurs, une projection du film documentaire de Valérie Müller, Danser sa peine, qui retrace le travail d’Angelin Prejlocaj avec des détenues aux Baumettes, est prévue ce mercredi 26 novembre à 20h. Rendez-vous est donné à l’hôtel Maliverny. Entrée libre et gratuite.

  • Déjà plus de 80 000 visiteurs pour l’expo Soulages au musée Fabre

    Déjà plus de 80 000 visiteurs pour l’expo Soulages au musée Fabre

    Avec 80 000 visiteurs depuis son ouverture le 27 juin dernier, l’exposition « Pierre Soulages. La rencontre », à découvrir jusqu’au 4 janvier, connaît un franc succès. Un engouement « fruit d’un dynamisme retrouvé à l’occasion de la célébration du bicentenaire du musée Fabre et d’une politique volontariste déployée par les équipes », se félicite la Ville de Montpellier.

    L’exposition consacrée au maître de l’outrenoir se déploie sur plus de 1 000m2 et crée une continuité entre les salles d’exposition et les salles Soulages permanentes du musée. Avec 120 toiles, œuvres sur papier, cuivres, bronzes et verres, elle donne à voir les rencontres plastiques, formelles, théoriques et amicales de Soulages avec l’histoire de l’art et l’art de son temps.

    Au fil du parcours, le visiteur découvre ainsi une sélection de toiles signées de grands noms de l’histoire de l’art qui le précèdent – comme Rembrandt, Zurbarán, Courbet, Cézanne, Van Gogh, Mondrian, Picasso -, autant que des rencontres significatives qui ont émaillé la vie de l’artiste – telles Hans Hartung, Anna-Eva Bergman, Pierrette Bloch ou encore Zao Wou-Ki.

    En guise d’épilogue à l’exposition, le Musée Fabre propose aux visiteurs, dans un espace adapté, de découvrir différents aspects de l’œuvre de Pierre Soulages grâce à la réalité virtuelle, à travers une expérience immersive d’une quinzaine de minutes, coproduite par Lucid Realities. Depuis son atelier de Conques et en passant par les salles permanentes du Musée Fabre, les visiteurs sont transportés poétiquement dans l’univers de l’artiste, accompagnés de ses propres mots sur l’art (prononcés par Isabelle Huppert) et sur sa carrière.

  • Violences faites aux femmes : à Martigues, une semaine pour sensibiliser

    Violences faites aux femmes : à Martigues, une semaine pour sensibiliser

    Il y a des rendez-vous qu’on préférerait voir disparaître. C’est le cas de la semaine dédiée à l’élimination des violences faites aux femmes, qui marque chaque année la fin du mois de novembre dans les communes membres du Conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance (CISPD) – Martigues, Port-de-Bouc Châteauneuf-les-Martigues et Saint-Mitre-les-Remparts.

    Car les chiffres sont alarmants. L’an passé, le nombre de féminicides a augmenté de 11%, passant de 96 victimes en 2023 à 107 en 2024. La région Sud, avec 20 féminicides recensés dont 6 dans les Bouches-du-Rhône, demeure la plus touchée. « Et notre commune, Martigues a elle-même été marquée par un tel drame cette année », rappelle le maire (PCF) Gaby Charroux. En effet, dimanche 3 août dernier, Sylvia Iannello, rouée de coups par son compagnon, décédait à son domicile à l’âge de 43 ans.

    Ce fléau n’est pas « inéluctable », affirme l’édile, qui pointe la responsabilité de l’État, des institutions et des collectivités territoriales, mais aussi la responsabilité citoyenne. Pour donner de la visibilité aux actions menées au quotidien par les associations et les acteurs locaux, la Ville et ses partenaires du CISPD ont construit un programme riche et ambitieux.

    Aller vers

    Jeudi, le van Nina Simone du CIDFF PACA sera stationné au marché de Jonquières puis devant le centre social du Mas de Pouane pour aller au-devant de celles qui n’osent pas franchir une porte ou demander de l’aide. Rebecca Guyot-Kaboré, la conductrice du véhicule, explique : « Ma mission est de sillonner le territoire pour sensibiliser les publics à l’égalité entre les femmes et les hommes et d’orienter les victimes vers les partenaires adaptés si elles se présentent à moi. La lutte contre les violences faites aux femmes est vraiment un enjeu sociétal et de santé publique. L’aller vers est indispensable. »

    Des actions de sensibilisation auprès des jeunes, des temps d’échanges et des expositions sont également proposées. Le film Black box diaries sera par exemple projeté ce mardi à La Cascade devant des lycéens. La population pourra se retrouver vendredi soir à 19h au centre social Jacques Meli pour discuter. Une exposition conçue comme un outil pour comprendre les mécanismes de violence au sein du couple est également visible au sein de l’hôtel de ville jusqu’au 28 novembre. Le programme complet est à retrouver sur le site de la Ville.

  • [Exposition] Nîmes en mutation sous l’œil des photographes

    [Exposition] Nîmes en mutation sous l’œil des photographes

    Depuis le 15 octobre, l’exposition TransUrbaNîmes investit les murs de la Faculté d’éducation de Nîmes. Présentée dans le cadre de la mission photographique Regards sur la Ville, cette édition 2025 réunit dix artistes gardois autour d’un thème aussi poétique qu’essentiel : les métamorphoses urbaines. Cinéma disparu, collège fantôme, sites industriels ou quartiers en reconstruction… leurs œuvres racontent une ville en perpétuel mouvement. Le 4 novembre, les visiteurs avaient pu rencontrer les artistes lors d’une soirée d’échanges organisée par NegPos, structure à l’origine du projet. Pour Patrice Loubon, son directeur artistique, « TransUrbaNîmes interroge les états transitoires de notre espace urbain, les traces qui résistent et celles qui s’effacent ».

    L’urbanisme en transition

    De la démolition des tours de Pissevin captée par Jocelyn Banabera à la fermeture du cinéma Le Forum, immortalisée par Chantal Auriol, chaque série d’images documente un morceau de mémoire. Gwenaëlle Bourriaud explore la poésie du quotidien dans le même quartier, tandis que Marcelle Boyer saisit l’atmosphère d’un collège déserté. Sarah Malclès s’attarde sur la mobilisation citoyenne face à la bétonisation de certains secteurs, et Yann Roubeau fixe sur pellicule les vestiges industriels du site de la Sernam. Entre regards documentaires et approche sensible, TransUrbaNîmes dresse le portrait d’une cité en mutation, où la photographie devient archive vivante d’un patrimoine souvent éphémère. Une exposition à la fois esthétique et citoyenne, qui rappelle combien les images peuvent préserver ce que la ville efface.

    Jusqu’au 15 janvier 2026
    à la Faculté d’Éducation de Nîmes (62 rue Vincent-Faïta). Entrée libre du lundi au vendredi, de 9h à 17h. Fermeture du lundi 22 décembre 2025 au 5 janvier 2026

  • [Exposition] Un voyage dans le temps entre Aden et Marseille

    [Exposition] Un voyage dans le temps entre Aden et Marseille

    En pénétrant dans la première salle d’exposition du musée de la Vieille Charité, le visiteur plonge dans l’Antiquité. « À la genèse de ce projet, on a un ensemble de pièces archéologiques originaires du Yémen qui ont été offertes aux musées de Marseille par la Compagnie des Messageries maritimes et par la famille Riès, présente Ann Blanchet, conservatrice en chef du patrimoine au sein des Musées de Marseille, dont cette magnifique dalle en albâtre, fragment d’un trône du VIIe siècle avant JC, venue d’un temple au sein du royaume de Saba », ajoute-t-elle. « Pour la première fois à Marseille, c’est l’occasion de présenter cette civilisation qui s’est épanouie au Sud de la péninsule arabique et avec laquelle il n’y a cessé d’y avoir des interactions. » Les prêts ont été consentis par le Louvre et par des grands musées européens tel que le British Museum.

    Quatre salles d’envergure, quatre espaces-temps qui remontent le fil de l’histoire. Les œuvres exposées témoignent des influences culturelles, sociales, économiques qui se sont tissées entre Marseille et la ville portuaire d’Aden. Dès le premier millénaire avant notre ère, les routes caravanières reliaient le sud de l’Arabie au monde méditerranéen et mésopotamien. L’écriture, centrale, y revêtait des formes originales et artistiques, au point que des marchands découpaient et revendaient les inscriptions esthétiques. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, ces territoires deviennent projections de fantasmes exotiques. Le développement de la consommation de café, d’encens, les rend attractifs. L’Alcazar de Marseille a fait le prêt de manuscrits retraçant les expéditions d’explorateurs sur ces terres de plus en plus cosmopolites. Le Yémen deviendra société coloniale, notamment sous l’influence d’Antonin Besse, homme d’affaires français au XIXe siècle.

    Rimbaud au Yémen

    Il y a des pièces inattendues. « Rimbaud a porté cette montre à gousset. Et nous avons ici l’un des rares portraits de l’artiste », explique Juliette Honvault, chargée de recherche à l’Institut de recherche et d’études sur les Mondes arabes. « Rimbaud a atteint le port d’Aden en août 1880 avant de s’associer avec de puissants hommes d’affaires européens sur place », développe-t-elle. L’exposition se poursuit avec la période industrielle. « La main-d’œuvre yéménite bon marché était embauchée dans les cales de navires marseillais, poursuit Juliette Honvault, ce qui a donné des destinées rares comme celle du yéménite Hayel Saees An’am qui finira par construire un groupe industriel avec ses compétences accumulées. » Il rentrera au Yémen et continuera de nourrir le lien en faisant connaître Marseille.

  • Une plainte inédite contre l’amiante dans le bâti scolaire

    Une plainte inédite contre l’amiante dans le bâti scolaire

    « L’omerta, le déni et les mensonges, ne peuvent plus durer. » Devant le palais de justice de Marseille, Nathalie Laclau, présidence de l’Avalé 13 (Association des victimes de l’amiante dans les locaux de l’éducation des Bouches-du-Rhône) tire la sonnette d’alarme sur un « scandale sanitaire » dans le bâti scolaire. Entourée de représentants syndicaux d’enseignants, d’agents territoriaux, d’association de parents d’élèves, elle dénonce : « Il n’y a jamais eu de politique d’éradication de l’amiante dans les locaux scolaires depuis son interdiction. Mais le bâti s’est usé et libère immanquablement des fibres d’amiante. »

    D’où un dépôt de plainte inédit, contre X pour mise en danger de la vie d’autrui, auprès du procureur de la République du pôle santé publique de Marseille, ce mercredi par la dizaine d’organisations et les plusieurs dizaines de parties civiles réunies sous la même bannière pour cette action. L’objectif affiché est simple : « Demander justice et faire la lumière sur les responsabilités politiques et institutionnelles. Que plus personne ne puisse se défiler sans rendre des comptes », résume Arnaud Dupleix pour la FCPE 13. Pour les travailleurs des établissements scolaires comme les parents d’élèves, la présence d’amiante et leur exposition ne font aucun doute. « Il y a eu des droits de retrait et des mobilisations d’ampleur dans plusieurs établissements sur la question », rappelle Laurence Rouvière, pour le Snudi-FO. « L’éducation et les collectivités territoriales refusent de se confronter à l’ampleur du phénomène », abonde Sébastien Fournier, pour la FSU-SNUipp.

    « Des expositions passives et actives »

    Et s’ils posent la question de la responsabilité, c’est car le collectif fait face à un labyrinthe institutionnel où se mêlent l’intervention de l’Éducation nationale et les compétences des collectivités territoriales sur le bâti scolaire : les écoles dépendent des communes, les collèges du Département et les lycées de la Région. « On a 12 exemples : des écoles maternelles et élémentaires, des collèges et un lycée dans les Bouches-du-Rhône où il y a une défaillance dans la production et la communication des diagnostics techniques amiantes. Ils sont parfois inexistants, parfois incomplets », précise Me Julie Andreu qui porte le dossier. Avant de conclure : « Il y a des expositions actives et passives : quand on est enseignant et qu’on perce un mur, on peut être exposé à l’amiante. Quand on est élève et qu’on dort dans une salle où il y a des dalles de plafond dégradées et amiantées, on n’est pas informé.»

  • Une exposition à Marseille pour lever des fonds contre le cancer

    Une exposition à Marseille pour lever des fonds contre le cancer

    En ce mois sans tabac, un laboratoire pharmaceutique, Bristol Myers Squibb France, propose une exposition pour briser le tabou autour de cette maladie. « Tout le monde sera touché par le cancer, de près ou de loin », campe Frédérique Saas, directrice des Affaires Corporates de Bristol Myers Squibb France, laboratoire pharmaceutique à l’origine du projet et qui consacre 80% de ses recherches au cancer, « et le tabac est le premier facteur de risque », 8 cancers sur 10 y étant liés.

    Récolter 100 000 euros pour la recherche

    Une semaine durant, trois espaces mêlant art et sciences sondent les origines de la maladie, l’immersion et l’espoir car d’« incroyables préventions thérapeutiques sont à venir tels que les immunothérapies, les car-T », explique Frédérique Saas. L’artiste marseillais Gaetan Marron y présente des œuvres inédites : « l’inspiration », souffle de vie, devient cellule cancéreuse qui explose, sons, lumières, papillon suspendu dans les airs…

    Chaque entrée, visite sur le site #InspireForCancer et interaction sur les réseaux permettront de mobiliser 0,10 euro. Bristol Myers Squibb France fait le pari de récolter 100 000 euros. Pour Frédérique Saas, l’« objectif financier est atteignable ». « L’opération, certes éphémère, oriente directement vers nos réseaux sociaux. De plus, les visiteurs ont le sentiment de faire une bonne action en entrant dans l’exposition », ajoute-t-elle optimiste. Les fonds seront directement reversés à l’Institut Paoli-Calmettes et à l’Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille pour un projet public de recherche sur le cancer. L’opération prend sa source à Marseille en raison de ces deux centres scientifique d’excellence.

    Gratuit. 10h-17h. 41 rue Montgrand (6e).

  • Une autre image de Damas chez Negpos

    Une autre image de Damas chez Negpos

    Lancé en pleine période Covid, le festival Villes invisibles se pérennise à la galerie Negpos de Nîmes malgré la « diminution impressionnante des membres permanents de l’équipe due principalement à la disparition intégrale des emplois aidés », précise Patrice Loubon, le directeur artistique de la galerie.

    Pour autant, le festival renouvelle sa proposition d’éclairer les villes invisibles autour d’une exposition du photographe arlésien Jean-André Bertozzi, qui s’était rendu à Damas, capitale de la Syrie, en 2005, six ans donc avant la révolution avortée suivie par l’émergence de l’État islamique, la guerre civile et la chute de Bachar El-Assad fin 2024. « On a beaucoup entendu parler de cette ville ces 15 dernières années, mais ici, on se plonge dans la période précédant les Printemps arabes où l’on peut percevoir que quelque chose va se passer. Il y a comme une tension sourde dans ces photographies, qui révèle une explosion imminente », résume Patrice Loubon.

    « Tourner la page »

    Avec cette exposition, Negpos se projette désormais sur la suite après une année 2025 marquée par les actes de vandalisme contre l’exposition « Benzine Cyprine », de Kamille Levêque Jégo, fin avril, quinze jours après son inauguration. Suite à ce saccage, la galerie avait été contrainte de revoir son programme pour accueillir à nouveau cette exposition féministe jusqu’au 15 octobre dernier. « L’enquête est au point mort. Le principal suspect doit être convoqué prochainement mais il manque des preuves concrètes même si cette personne nous avait plusieurs fois menacés. Mais nous sortons enfin de ce tunnel et « Villes invisibles » a permis de tourner la page », confirme le directeur artistique de Negpos.

    Désormais tourné vers l’avenir, Patrice Loubon connaît déjà le thème de la 7e édition du festival de l’an prochain : « Ce sera Gaza parce que c’est obligatoire. Ce sera le travail d’une photographe grecque avec un jeune Gazaoui qui a déménagé au Caire. Cela évoquera aussi ce jeune photographe palestinien car nous ne voulons jamais détacher l’urbain de l’humain ».