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  • La piscine de Nino

    La piscine de Nino

    Sous sa petite tente surchauffée, Élise s’apprête à (sur)vivre une nouvelle journée. Elle est sans-abri, dans une extrême précarité. Elle se fait discrète en marchant dans la rue ou quand elle s’assied sur le bitume, – qui brûle à plus de 40° – pour faire la manche. Élise reçoit plus d’indifférence que de mains tendues. Mais elle s’accroche, reste digne malgré l’exclusion.

    À Marseille, les personnes sans-abri sont près de 16 000 dont 40 % de femmes. Parmi elles, Élise. Leur situation est gravissime mais n’empêche pas l’État de supprimer 200 places d’hébergement d’urgence dans les Bouches-du-Rhône. Pourtant Emmanuel Macron promettait « zéro SDF ». Une galéjade du président des riches, pilote de jet-ski.

    Indignité

    L’État et ses représentants savent parfois se montrer zélés avec les Élise de la rue. Précisons que si ces actes seraient a priori marginaux, des humiliations et vexations seraient commises par ceux qui sont censés protéger. Oui, les forces de l’ordre arpentent la ville pour notre sécurité. C’est bien. Mais, parfois, certains policiers butent sur une petite tente surchauffée, bien cachée des regards mais pas du leur. Celui du limier. Que voient les pandores ?Une minuscule piscine s’étiole près de la tente. On ne saura dire quel justicier a sorti un canif pour crever cette « arme par destination contre la canicule », qui a vomi son eau en quelques secondes. Ce microbassin de fortune (qui ne gênait personne) servait à rafraîchir le chien d’Élise. Unique compagnon de rue contre la solitude. Celui, aussi, qui éloigne les violeurs. La piscine de Nino a donc été crevée ; des dizaines d’hébergements sont supprimées ; Une dizaine de sans-abri sont déjà morts d’hyperthermie en France, depuis juin. Du plus infime au plus tragique, ces faits révèlent l’indignité d’une politique et l’absence de volonté. Il est temps que cela cesse.

  • Quand le jour s’est levé

    Quand le jour s’est levé

    Événement crucial des combats contre l’Allemagne nazie et pièce maîtresse de la victoire finale qui aboutira à sa capitulation,
    le débarquement de Provence, le 15 août 1944 sur les plages varoises, n’en finit pas de livrer son histoire à la fois militaire, résistante, humaine et populaire.

    Grâce aux historiens, aux récits des descendants des combattantes et combattants, aux témoignages des protagonistes de ces journées libératrices, (recueillis et désormais abrités dans les archives publiques), les jeunes générations sont éclairées et savent le prix de la liberté et de la démocratie. Ils peuvent aussi mettre des visages sur les mots courage et sacrifice.

    Combats dantesques

    Des cérémonies commémoratives sont organisées en Provence dans les villes qui furent libérées à partir du 15 août jusqu’au mois de septembre 1944. Ces dates sont autant de jalons marquant l’avancée des soldats et de leur union avec les résistants. Les combats furent dantesques face aux nazis qui avaient reçu l’ordre d’Hitler
    de se battre jusqu’à la dernière cartouche.

    Aujourd’hui, 82 ans après, célébrer et commémorer le débarquement de Provence c’est se rappeler le visage de l’armée de la France libre : des tirailleurs sénégalais, algériens, marocains. C’est indispensable car le révisionnisme est à l’œuvre chez les héritiers des collaborationnistes et les néonazis. L’extrême droite, en Europe et sur les autres continents, mise sur le temps et l’amnésie pour mettre à bas la démocratie et ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

  • Consumés, les pompiers exigent des moyens

    Consumés, les pompiers exigent des moyens

    « La Sécurité civile est-elle dans les priorités du gouvernement ? » interrogent d’une même voix l’ensemble des organisations syndicales des Services départementaux d’incendie et de secours (Sdis). La réponse est « non » pour les représentants des pompiers mobilisés ce jeudi pour exiger des moyens à la hauteur des enjeux. Grèves dans les casernes et rassemblement devant le ministère de l’Intérieur sont organisés pour interpeller le gouvernement dans la perspective du budget 2027.

    Assez de paroles, des actes !

    Car s’ils sont applaudis et salués pour leur courage et leur abnégation, les pompiers professionnels et volontaires en ont assez de ces paroles et veulent des actes et des engagements. Pour qu’elle puisse répondre aux nouveaux défis du réchauffement climatique, la Sécurité civile doit changer d’échelle. Comment admettre que faute de budget, des pompiers professionnels reçus au concours en 2023 ne soient toujours pas recrutés ? Est-ce décent d’épuiser les pompiers volontaires qui n’ont pas de statut décent ?

    Pour les neuf syndicats de pompiers « on a loupé le coche » après les feux de 2022. La faute au choix politique fondateur du président Macron : absoudre les riches de l’impôt en coupant dans les budgets des services publics. La préparation du budget 2027 ne devrait pas déroger à cette règle d’airain de la macronie. Autant dire que l’annonce du Premier ministre, mercredi, sur la création d’une mission confiée à quatre députés et trois sénateurs pour proposer de nouvelles mesures contre les feux de forêt a tout d’un coup de communication. Insupportable.

  • La science à portée de tous

    La science à portée de tous

    L’évènement astronomique de ce mercredi 12 août est historique car la prochaine éclipse solaire totale visible en France le sera en 2081. C’est donc à l’échelle d’une vie humaine un moment important et vertigineux. Historique aussi, car le rendez-vous s’inscrit dans la très longue histoire des découvertes de la physique et du fonctionnement de l’univers. Historique enfin car, la vision de cette éclipse sera partagée par des millions de personnes. Elles tourneront ensemble le regard vers le même astre. Un moment rare
    de partage, d’émerveillement mais aussi de transmission.

    Ne pas éclipser l’éducation populaire

    Car les rendez-vous publics organisés par les communes, les associations et les observatoires sont surtout l’occasion de partager des savoirs, de mettre à portée de tous la science avec à l’appui un spectacle unique. Ainsi, l’association française d’astronomie s’est engagée à former des « montreurs d’éclipse » afin de diffuser largement les connaissances. C’est essentiellement le large mouvement de l’éducation populaire qui est à la manœuvre pour organiser, au quotidien, des actions comme celles qui rassembleront des adultes et des enfants ce soir pour admirer et comprendre l’éclipse. Un mouvement d’éducation populaire résistant face aux baisses de subventions publiques et des budgets de plus en plus contraints. Sans éclipser son plaisir et la joie de cette soirée, il faut avoir à l’esprit que peut s’éteindre l’accès à la culture scientifique si on ne prend pas garde aux attaques au vaste tissu associatif.

  • Des signaux d’alarme en cascade

    Des signaux d’alarme en cascade

    « Nous n’avons pas connu un tel climat de notre vivant et peut-être même pas depuis l’avènement de notre civilisation. » Le constat alarmant de Carlo Buontempo, directeur de l’Observatoire européen de la sécheresse, Copernicus, se traduit dans notre région par
    un état calamiteux des cultures, notamment des fruits et légumes, mettant en grande difficulté les paysans. Combien de temps faudra-t-il pour une prise de conscience se traduisant par un changement radical de modèle agricole et de système économique autre que capitaliste ?

    Car ces vagues de chaleur extrême vont devenir la norme. La sécheresse et la canicule sont symptomatiques d’un climat qui se réchauffe durablement et rapidement. Selon Copernicus « l’Europe occidentale a connu son début d’été le plus chaud jamais enregistré, avec une période juin-juillet à un niveau record ». Idem pour les océans qui ont aussi atteint en juillet 2026 « des niveaux de chaleur inédits pour ce mois ».

    Nappes au plus bas

    La ressource en eau se raréfie. Ainsi, en France, deux tiers des nappes phréatiques sont sous la normale. Au 1er août, « la quasi-totalité (94%) des réserves souterraines métropolitaines en eau présente des niveaux en baisse » a déclaré lundi le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Autre constat : Selon une analyse de l’Agence France presse, « Environ 95% du territoire métropolitain français ont été touchés par la sécheresse en juillet ». Combien faudra-t-il de signaux d’alarme pour réagir ? Outre les agriculteurs, en première ligne, l’écrasante majorité des citoyens, classes populaires en tête, subissent une situation qui n’a rien de fatal.

  • Prendre le large

    Prendre le large

    Contrairement à la répression dont les coups d’éclat font souvent la une des journaux, la prévention ne fait pas bruit. Un travail de longue haleine, silencieux, qui exige de la « patience », comme le disent les éducateurs, pour entamer le dialogue, écouter, puis inciter et orienter. Las, cette année encore, le gouvernement a décidé de rogner une nouvelle fois sur le budget alloué au fonds interministériel de prévention de la délinquance qui est passé de 62 millions d’euros en 2025 à… 42,4 millions d’euros pour l’exercice actuel. Soit « une baisse historique de 30% », au point que l’association des maires de France est une nouvelle fois montée au créneau. Si elle se félicite des orientations et du renforcement de la coordination, comme le détaille ici Amine Kessaci pour Marseille, elle « alerte sur le risque de voir cette stratégie demeurer inefficace, faute de moyens à la hauteur des enjeux ».

    Le besoin d’une approche globale

    Et d’en appeler, notamment, à un plan de financement pluriannuel pour inscrire ladite stratégie « sur une trajectoire cohérente ». Indispensable pour œuvre à moyen et long termes dans les différents quartiers prioritaires des communes et au-delà. Sortir les minots des cités, leur permettre d’avoir un autre horizon que l’argent facile – et ô combien dangereux – du narcotrafic, de travailler et de vivre honnêtement dans un logement décent, nécessite une approche globale incluant aussi l’habitat et l’accès aux formations, pour que les uns et les autres puissent prendre le large plutôt que de rester à quai, au pied d’immeubles délabrés.

  • Au sommet

    Au sommet

    Dix kilomètres en solitaire dans les lacets
    du Géant de Provence,
    le Mont Ventoux, cher au poète Pétrarque qui en avait mesuré la dimension mythique.

    Une ascension redoutée et redoutable. Tous les amateurs de vélo le savent pour l’avoir éprouvé. C’est l’exploit réalisé vendredi par la championne cycliste Kasia Niewiadoma, désormais vêtue de jaune. Nouvelle reine de la Grande boucle, elle devra défendre sa tunique ces deux prochains jours dans d’autres massifs
    puis au bord de la Méditerranée à Nice,
    pour un final qui s’annonce enlevé.
    Sa performance éclaire une autre ascension, celle des femmes dans le sport et dans le cyclisme en particulier.

    Lever les barrières

    Si le temps de la misogynie est fort heureusement dépassé,
    le sport féminin n’est pas encore totalement respecté. Le temps d’antenne, bien moindre que pour le Tour de France masculin, en témoigne. Même si le service public audiovisuel fait beaucoup pour mettre en lumière les sportives. Les résistances sont essentiellement économiques.

    Ces barrières doivent être levées pour permettre aux plus jeunes d’accéder à des modèles. Une petite fille doit pouvoir se dire qu’elle aussi peut gravir des montagnes. Pour cela, elle doit voir l’exploit d’une Niewiadoma, entendre
    le public l’encourager, admirer sa victoire,
    les bras levés.

    Le cyclisme est populaire car accessible. À ce titre, il convient de saluer le Département de Vaucluse et ses efforts pour offrir des pistes cyclables sécurisées et de qualité. Terreau de futures championnes sous le regard du majestueux Mont Ventoux.

  • Relever la tête

    Relever la tête

    Relever la tête et regarder les étoiles. La symbolique de ces journées d’observation à forte valeur pédagogique dépasse largement le cadre scientifique. Certes, les passionnés d’astronomie vont partager leurs connaissances et leur matériel pendant ces grands rendez-vous donnés aux quatre coins de la région pour, une fois de plus, s’émerveiller du spectacle grandiose de ces nuits des étoiles. L’occasion aussi, évidemment, de méditer sur le temps, l’éloignement, l’espace, à ce qui nous dépasse sans cesse et que l’on ignore la plupart du temps. L’évènement force à changer d’échelle, à prendre du recul les yeux fixés sur une multitude de points lumineux qui vont éclairer le ciel pendant quelques jours.

    De la magie aux sciences

    Et comme le dit si bien le directeur du centre d’astronomie de Saint-Michel-l’Observatoire, c’est une belle occasion de « susciter des vocations », de forcer l’admiration et la curiosité des futures générations de scientifiques, parmi les garçons et les filles – de plus en plus nombreuses – souhaitant comprendre ces phénomènes longtemps considérés comme magiques. Car l’astronomie est aussi un de ces fils ténus qui permet aux citoyens de sortir des croyances pour appréhender les sciences. Une logique cartésienne, qui inclut aussi le doute, l’absence de réponse immédiate, pour laisser place à la réflexion, l’analyse, le questionnement.

    Faut-il encore privilégier une telle approche au quotidien, dans le cadre scolaire et extrascolaire, s’en donner les moyens à l’échelle nationale, pour la construction des citoyens de demain.

  • Abolir la Bombe

    Abolir la Bombe

    Mettre fin à l’engrenage de la guerre. C’est l’urgence de ce début de XXIe siècle, 81 ans après la bascule dans l’ère de la bombe atomique avec les bombardements criminels des deux villes japonaises d’Hiroshima, le 6 août 1945, et de Nagasaki, trois jours plus tard, le 9 août.

    Aucun objectif militaire n’était visé. Le Japon avait perdu mais il fallait aux États-Unis une démonstration de force. Les leçons d’Hiroshima et de Nagasaki ne doivent cesser d’être tirées et enseignées. L’arsenal nucléaire est désormais massif et les guerres en cours, menées par des pays qui possèdent la « Bombe », font planer une menace réelle sur l’humanité. Aussi, la campagne lancée ce jeudi à Marseille par le Mouvement de la paix est d’intérêt public. Car l’économie de guerre, au prétexte de secourir notamment l’Ukraine lâchement agressée par la Russie de Poutine depuis 2022, est en train de prendre le pas sur le droit international et la diplomatie.

    Culture de paix

    Cette orientation belliciste des budgets publics nationaux et internationaux (celui de l’Otan notamment) partout dans le monde, et en particulier en Europe, est extrêmement inquiétante. Car elle se fait au détriment de la paix en minant les investissements publics nécessaires aux politiques sociales, aux services publics, à la culture, la santé, l’environnement.

    La culture de paix est un long apprentissage. Exiger l’abolition des armes nucléaires participe de cette culture qui fait le choix de la fraternité, de la coopération, de la vie. La paix est un enjeu démocratique qui doit être au cœur de la campagne présidentielle.

  • Le défi du sport pour tous

    Le défi du sport pour tous

    L’essor des salles de sport ne relève pas d’une simple mode. Il traduit une aspiration profonde à mieux vivre, dans une société marquée par la sédentarité et le stress. Regarder ce phénomène avec distance serait une erreur. Derrière les haltères et les tapis de course se cache une véritable question sociale : celle de l’accès de tous à des espaces dédiés au bien-être et à l’activité physique.

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc), en 2024, la pratique dans les installations sportives, qu’il s’agisse de salles, de clubs ou de complexes, a retrouvé son niveau d’avant-Covid et concerne désormais 28% des pratiquants. Cette progression montre que le besoin de lieux collectifs, accessibles et encadrés est bien réel. Face à cette demande, la puissance publique ne peut se contenter d’observer. Elle doit investir davantage dans les équipements sportifs de proximité et garantir leur accès à tous, quel que soit le niveau de revenu.

    Nouveau marché de masse

    Mais cet engouement révèle aussi une autre réalité. Avec près de 7 millions d’adhérents et plus de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, selon l’Institut professionnel des métiers du sport (IPMS), le fitness est devenu un marché florissant. Le soin du corps, la santé et parfois la confiance en soi sont désormais des produits que l’on achète. Une marchandisation du bien-être qui interroge.

    Le sport ne peut devenir un produit réservé à ceux qui en ont les moyens. Garantir l’accès de tous à une pratique sportive de qualité est un enjeu de santé publique et de justice sociale.