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  • Des raisins de plus en plus précoces

    Des raisins de plus en plus précoces

    Les viticulteurs sont des vigies du changement climatique et des acteurs en première ligne de l’embrasement de la planète. Dans l’Aude, une grande partie du vignoble est partie en fumée et été et les vignes épargnées portent un raisin au goût de cendres impossible à récolter. Sans être en proie au même drame, la majorité des viticulteurs doivent faire face à la précocité des vendanges. Dans notre région, qui a connu des épisodes caniculaires majeurs, ce bouleversement démontre combien le réchauffement de la planète impacte cette activité humaine millénaire mais aussi la géographie et nos paysages. De plus en plus difficiles, les vendanges vont pourtant proposer de bons vins et un excellent millésime 2025. Mais un autre problème, de taille, met en grandes difficultés la profession.

    Climat et taxes Trump inquiètent

    Car outre le climat, qui nécessite d’adapter les cépages pour proposer des vins buvables, la politique agressive du président des États-Unis, Donald Trump, met en péril l’avenir de nombreux professionnels. Les taxes à l’exportation vont priver les viticulteurs d’un marché. Le phénomène du recul de la consommation de vin, au profit d’autres alcools, travaille aussi la profession. Mais la passion est toujours vivace en dépit des obstacles. En Provence, les exploitations sont à échelle humaine et la question, centrale, des conditions de travail des saisonniers dans les vignes, est désormais posée au grand jour par les syndicats.

    Une action indispensable pour dénoncer et mettre fin aux situations d’exploitation des travailleurs sans qui aucune récolte n’est possible.

  • Retrouver le chemin du progrès

    Retrouver le chemin du progrès

    La rentrée sociale et politique s’annonce explosive alors que François Bayrou et les composantes du « socle commun », minoritaire à l’Assemblée nationale, cherchent à faire passer un budget prévoyant près de 44 milliards d’euros de coupes.

    Quelle est leur feuille de route ? Infliger recul social sur recul social, serrer la vis des dépenses publiques pour toujours mieux préserver la poignée de possédants qui s’est enrichie à une vitesse exponentielle depuis la première élection d’Emmanuel Macron.

    Budget inacceptable

    Inacceptable pour la majorité des Français. C’est dans ce contexte que s’organise confusément la riposte. L’intersyndicale se retrouve le 1er septembre pour examiner la situation. L’appel informel à « tout bloquer » le 10 septembre est désormais soutenu par toutes les composantes de
    la gauche politique.
    La perspective
    d’une censure du gouvernement se rapproche…

    En tout état de cause, il faudra un rapport de force construit dans la durée pour imposer de nouveaux choix au sommet de l’État. Et pour mettre l’extrême droite face à son imposture : elle qui prétend défendre les intérêts populaires n’a toujours pas annoncé qu’elle censurerait le budget Bayrou.

    Elle constitue une impasse pour toutes celles et ceux qui cherchent un nouveau chemin de progrès.

    L’histoire de notre pays, qu’une stèle de la honte tente de falsifier à Saint-Raphaël, nous enseigne que ce sont dans les pires situations que les plus grandes avancées peuvent être arrachées.
    À condition de courage et d’opiniâtreté.

  • Répondre à la question sociale

    Répondre à la question sociale

    La justice sociale et la dignité des travailleurs sont la grande réponse progressiste, celle de la gauche, à la grande question sociale et son lot d’inégalités. Elle doit irriguer plus encore les propositions du camp du progrès. Elles doivent aussi représenter, aux yeux des citoyens, une alternative solide face au rouleau compresseur des politiques antisociales mises en œuvre depuis 2017. Jean Jaurès fit de cet enjeu la priorité et l’élargissait à la défense de la démocratie, de la République et des droits humains. Il fut, à ce titre, l’incarnation de
    la défense du Capitaine Dreyfus. Assassiné par un nationaliste en 1914, Jaurès n’a eu de cesse de combattre la réaction.

    Banalisation
    du mal

    Les héritiers des ultranationalistes de son époque ont, en 2025, pignon sur rue. La banalisation de l’extrême droite lui a permis de faire infuser ses idées de haine dans la société. Ainsi, le projet de l’irresponsable François Bayrou de supprimer deux jours fériés, dont le 8 mai, illustre cette banalisation du mal.
    À quoi bon commémorer la victoire sur le nazisme ? Cet effacement de l’histoire se produit au moment où nous devrions puiser dans les conquêtes sociales de l’après-guerre pour faire grandir notre modèle social né du programme du conseil national de la Résistance.

    Bayrou, Macron et consorts marginalisent
    la question sociale.
    Ils l’ignorent ou, quand ils y répondent, c’est par la répression. Quant à l’extrême droite, sa réponse est le racisme euphémisé : « la préférence nationale », machine infernale pour exclure. Aucune de ces réponses n’est acceptable. La responsabilité des gauches est immense pour porter haut et remettre au mitan
    la justice sociale et
    le combat contre
    les inégalités.

  • Un cinéaste artisan de notre époque

    Un cinéaste artisan de notre époque

    Les œuvres de Robert Guédiguian ne sont jamais anecdotiques même celles qui semblent les plus légères. Elles nous accompagnent et nous nourrissent, elles nous heurtent et nous saisissent. De Marius et Jeannette, – au succès populaire qui a permis au cinéaste de construire un parcours artistique solide, en amitié et en fraternité avec le public – on retient souvent l’histoire d’amour formidable, ce miracle de la vie. Mais aussi, en filigrane, en sachant saisir un regard ou des mains qui économisent le reste d’un tube de sauce tomate, l’âpreté de la condition des femmes ouvrières, leur pugnacité aussi. D’autres figures féminines seront au cœur de son prochain film intitulé Une femme aujourd’hui. Un titre simple pour nous raconter une réalité complexe.

    Guédiguian élargit la question sociale

    En se saisissant toujours de la question sociale, Robert Guédiguian l’élargit à nos enjeux contemporains. Ici, les questions d’identité, de féminisme, d’immigration. Il entend les révéler au grand jour, avec les outils qui sont les siens, ceux du cinéaste, de l’artiste : un scénario, des actrices, des acteurs, des costumes, des décors, de la lumière et des couleurs. Georges Simenon écrivait des « romans durs » au sens où il était le conteur de son époque et de sa réalité crue, invisible à ses contemporains. C’est la fonction de la culture : être révélatrice de notre vie et nous offrir des clés pour s’émanciper.

    Impossible de dire si Une femme aujourd’hui va s’inscrire dans les films « durs » de Robert Guédiguian. Une chose est sûre : ce film, son 25e, est attendu avec impatience.