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  • Une lagune en première ligne

    Une lagune en première ligne

    L’étang de Berre est un joyau de notre patrimoine naturel. Cette lagune méditerranéenne, la deuxième d’Europe – la plus vaste est la Mar Menor, en Espagne – fait l’objet d’une attention très soutenue, orchestrée par le syndicat mixte Gibrep, gestionnaire du site.

    Des années ont été nécessaires pour redonner vie à l’étang et aujourd’hui, les actions de prévention et de sensibilisation des usagers participent à la préservation de cette bonne santé retrouvée mais toujours très fragile.

    Les lagunes sont en effet considérées par les scientifiques comme des vigies du réchauffement climatique. Ce qui s’y joue préfigure l’état futur de la mer. Les préserver, c’est anticiper et chercher des solutions d’avenir. La biodiversité qui s’y développe oblige à un travail pédagogique. Car sans les citoyens aucune protection durable n’est possible.

    Cohabitation

    Le pari est surtout de ne pas transformer ce site remarquable en sanctuaire. Seize plages sont ainsi aménagées et les membres de la brigade littorale les sillonnent pour rappeler les règles de cohabitation entre humains et nature.

    Paradoxalement, la beauté retrouvée de l’étang de Berre comme les eaux des calanques ou de l’archipel du Frioul à Marseille, attirent des centaines de milliers de visiteurs chaque année ce qui fragilise ces milieux naturels notamment la posidonie et les zostères qu’ils abritent dans leurs fonds. Des plantes indispensables à la protection de l’environnement. Les moyens humains pour assurer leur protection doivent suivre le mouvement et être renforcés, c’est-à-dire financés. C’est une mission de service public impérative.

  • Coups bas

    Coups bas

    Faire toujours payer plus ceux qui sont malades et ont besoin de soins. C’est la logique des gouvernements depuis des années mais, cet été, celui de Lecornu pousse le cynisme encore plus loin en imposant par décret ce qui lui avait été refusé par les parlementaires lors du dernier débat sur le budget de la sécurité sociale : la hausse des franchises médicales. Petit à petit, les libéraux torpillent la sécurité sociale, le système imaginé par Ambroise Croizat à partir du programme du Conseil national de la résistance pour le transformer en assurance au rabais pour les pauvres, les riches pouvant se payer les soins de qualité. En toile de fond, l’éternelle rengaine du « trou de la sécu » qu’il faudrait absolument combler sous peine de voir disparaître cette merveilleuse « exception française ».

    211 milliards aux entreprises

    Ce discours est un leurre pour ne pas assumer les choix politiques qui sont ceux de ce gouvernement. Les économies attendues par les modifications imposées par décret
    – doublement des franchises, relèvement du ticket modérateur et baisse du remboursement des médicaments à service médical rendu faible ou modéré – sont estimées à 2,15 milliards d’euros. Une somme à mettre en balance face aux milliards accordés aux entreprises : 211 milliards. Un tiers du budget de l’État.

    Sans oublier l’argent que le gouvernement se refuse à aller chercher. « Plutôt que de ponctionner quelques dizaines d’euros supplémentaires sur
    les malades, faisons contribuer les milliards
    de revenus financiers qui échappent aujourd’hui aux cotisations sociales
     », pointe ainsi le PCF.

    La santé n’est ni un luxe, ni une marchandise. Mais un droit qu’il faut véritablement défendre quand les coups bas se multiplient.

  • Refuser l’impuissance

    Refuser l’impuissance

    La loi transpartisane pour modifier la politique forestière afin de répondre aux enjeux d’adaptation des forêts au changement climatique, déposée le 23 juillet dernier, permettra un débat fondamental au Parlement. La nécessité de protéger les forêts qui atténuent le changement climatique, régulent le cycle de l’eau, préviennent l’érosion des sols ou fournissent une ressource renouvelable est désormais vraiment sur la table. Une prise de conscience qui s’est faite au prix de morts chez les soldats du feu et de larmes et de traumatisme dans la population.

    Le Parti communiste porte lui la proposition d’un grand service public forestier, s’adressant tant à la forêt publique qu’à la forêt privée. Service public : le terme clé est lâché. Un service public déprécié et ringardisé par les tenants d’une vision libérale du monde. Le capitalisme a exploité et épuisé la planète, mais pas seulement.

    Le roi est nu

    Sa logique individuelle, ses recherches de profit toujours plus importantes et toujours à plus court terme, ses clés de lecture uniquement comptable ont sapé toutes possibilités d’agir collectivement et interdit toute possibilité de planifier et de mener une stratégie globale. Les investissements ont été considérés comme des charges, les fonctionnaires attaqués, les agences publiques montrées du doigt… Mais les incendies l’ont montré : le roi est nu. La France n’est ni préparée, ni apte à affronter les défis du bouleversement climatique. Rien n’est joué cependant et la bataille doit être menée. Les débats pour cette loi transpartisane devront permettre de dire clairement les choses et de regagner du terrain. La présidentielle suivra durant laquelle il faudra regarder la situation en face et refuser l’impuissance.

  • Avant l’incendie…

    Avant l’incendie…

    Tandis que la macronie n’assume pas son impréparation, ses comptes d’apothicaires pour l’achat de canadairs et globalement son déni, il est des régions qui n’ont jamais baissé la garde en matière de prévention du risque incendie. Il est vrai que dans le Sud-Est, il y a eu un avant et un après 1989. Du 28 au 31 août de cette année-là, la Sainte Victoire brûle. 60% du site est ravagé. La résilience fut au rendez-vous : plantations nouvelles, pistes DFCI (défense de la forêt contre l’incendie) surveillance et moyens accrus. Le tout essentiellement financé par les collectivités locales. Grâce aux services publics locaux, notamment les Services départementaux d’incendie et de secours, les Sdis, nos massifs régionaux sont sous surveillance. S’y ajoute le dispositif de la garde forestière régionale qui n’emploie pas moins de 250 vigies.

    La santé de nos forêts

    Le contraste est saisissant avec le sort réservé à l’Office national des forêts, l’ONF, affaiblie à force de diminution de ses effectifs au nom de la réduction des déficits. Or, ces forestiers nationaux sont indispensables pour le maintien de la bonne santé de nos forêts qui, rappelons-le, représentent un tiers du territoire métropolitain.

    Des leçons sont à tirer d’ores et déjà des ravages des feux dantesques, en Gironde notamment. La prévention doit être un des piliers de la lutte contre le risque incendie. Le gouvernement a fait savoir mercredi qu’il souhaite la création d’une « filière » des industriels « de lutte contre les incendies ». Pourquoi pas. Mais il ne s’agit pas de se payer de mots. Il y a 37 ans que
    des solutions ont été apportées dans le Sud !

  • Austérité incendiaire

    Austérité incendiaire

    « Préoccupant, grave même », « limite notre liberté d’action et nous place en situation de vulnérabilité » : ces propos du Premier ministre Sébastien Lecornu datent du 22 juillet, date du départ du gigafeu de Gironde. Ils ne parlent pas des incendies, mais du déficit et tentent de justifier les tours de vis budgétaires.

    Sur pression de l’Union européenne et au nom d’un respect d’une règle édictée par des libéraux, les dépenses publiques doivent toujours être revues à la baisse. Pourtant, ce que nous démontrent ces incendies, ce qui est « préoccupant, grave même », qui « limite notre liberté d’action et nous place en situation de vulnérabilité », c’est bien le sort réservé aux investissements dans les services publics. Que si les inconséquences humaines provoquent des incendies, l’austérité budgétaire empêche de les combattre correctement, à l’heure où le changement climatique transforme les brasiers en ogres destructeurs.

    Dans le rouge

    Manque de moyens et de personnels pour la Sécurité civile, coupe claire chez les agents de l’Office national des forêts… ont toujours des explications comptables.

    Ces superstitions libérales nous ont mis dans le rouge dans bien des domaines. On l’a vu en 2020 avec la santé et une épidémie de Covid qui n’a été surmontée que grâce à la mobilisation incroyable des soignants. Cette fois-ci, c’est le dévouement des pompiers au bord de l’épuisement qui force le respect. Respect qu’on ne peut éprouver envers des dirigeants qui préfèrent le dogme budgétaire à la sécurité des personnes. Mais, contrairement au Covid, il faudra s’en souvenir une fois ces incendies surmontés.

  • « Qui aurait pu prédire? »

    « Qui aurait pu prédire? »

    Sécheresse maximale, températures records, fréquentation humaine décuplée : les ingrédients propres au risque incendie dans les régions touristiques du sud de la France faisaient redouter le pire. Nous y sommes. Des méga feux rapides, violents et pour l’heure incontrôlables ravagent les Landes et la Gironde et obligent à l’évacuation de dizaines de milliers d’habitants et de visiteurs. Celui qui martyrise le Var depuis le début de la semaine continue et, dans les Hautes-Alpes, le feu dit du Bois Noir, au nom prémonitoire, a quasiment doublé de volume. Des milliers de pompiers sont à pied d’œuvre et risquent leur vie. 42 sont déjà blessés.

    Il n’y a aucune fatalité à ces catastrophes, qui n’ont rien de naturelles.
    Un véhicule en feu aurait provoqué l’incendie des landes, des travaux celui en Gironde… Neuf feux sur dix sont d’origine humaine.

    Absence d’anticipation

    L’absence d’anticipation des moyens matériels et humains pour combattre ces fléaux est le fait des gouvernements successifs d’Emmanuel Macron.

    Vendredi soir, sur TF1, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a balayé les critiques. Un déni qui ne tient pas la route. Car les différents rapports sur le dérèglement climatique, connus depuis des années, précisent que la surface des forêts de plus en plus sensibles aux incendies augmente. Les moyens doivent suivre ! La sécurité civile, au sol et dans les airs, doit être une priorité. Le coût humain, matériel, environnemental, culturel et économique des feux de plus en plus fréquents est autrement plus lourd que les nécessaires investissements pour la sécurité de tous.

  • La culture ne veut pas finir K.O debout

    La culture ne veut pas finir K.O debout

    Vitrine du spectacle vivant, le festival Off d’Avignon illustre tout à la fois la vitalité des artistes, des techniciens et le profond malaise de ces travailleurs de la culture. Au-delà des chiffres, toujours vertigineux (141 théâtres, 1 812 spectacles présentés en trois semaines), le Off est aussi à l’image d’un monde de la culture traversé par une mise en concurrence cruelle.
    À ce titre, le théâtre est aussi pris dans les rets
    de la société d’ultraconsommation. Les publics sont tellement sollicités que la tentation d’opter pour des têtes d’affiche, laisse souvent en marge les artistes émergents, c’est-à-dire l’avenir. La précarité grandissante, les difficultés accrues alimentent un marché
    du divertissement au détriment de la visée émancipatrice du théâtre et des interrogations nécessaires sur notre monde.

    Résister à l’économie de guerre

    Les mobilisations des travailleurs du spectacle vivant durant les festivals et programmées à partir de 21 septembre ne sont pas corporatistes mais portent une vision de la fonction de la culture. Exiger comme le fait la CGT Spectacle que le budget de la culture atteigne 1 % du budget de la nation c’est résister à la marche forcée et exclusive vers une économie de guerre où au nom de la défense de la démocratie et de la liberté, sont sapés les piliers de la démocratie et de la liberté : santé, éducation, culture…

    Hisser tous les budgets culturels tant sur le plan national que dans les territoires est une nécessité au moment où les partis d’extrême droite mènent en Europe et au-delà une guerre culturelle aussi violente que dangereuse.

  • L’impasse de l’austérité

    L’impasse de l’austérité

    Dans la novlangue du gouvernement, il faut traduire l’opération « État efficace », concocté par le Premier ministre Sébastien Lecornu, par « destruction du service public et des outils remarquables de la recherche français ». C’est plus long mais cela colle parfaitement à la réalité. On sait depuis Orwell que « la paix, c’est la guerre » et que « 2+2 = 5 ». C’est donc la sidération qui domine au sein des travailleurs de l’Institut de recherche pour le développement, l’IRD depuis qu’ils ont appris qu’un projet de fusion avec le CNRS était sur la table du gouvernement. Selon les informations de La Marseillaise, l’affaire pourrait être pliée en moins de six mois. Mais rien n’est fait et la médiatisation, la mobilisation des personnels pourraient mettre un coup d’arrêt à ce projet d’appauvrissement de la recherche publique. Quelle est, de plus, la légitimité réelle d’un gouvernement en fin de course, à quelques mois de l’élection présidentielle pour qu’il se croie autorisé à détruire 80 ans d’histoire et de travaux nécessaires ?

    Lecornu sort le rabot

    Le Premier ministre a dévoilé ses intentions dans Paris Match, propriété de Bernard Arnault, un des individus les plus riches du monde, qui n’aime pas payer des impôts et dîne à l’occasion avec Marine le Pen. Et que nous dit l’autoproclamé « moine soldat » de la macronie finissante ? Qu’il faudra, dans le budget 2027, raboter encore les finances publiques sans augmenter les impôts mais en demandant, par exemple « un effort à ceux qui achètent plus de 50 boîtes de médicaments par an ou vont plus de 25 fois chez le médecin par an ». Ce sont des recettes libérales éculées à des années-lumière des défis à relever et des aspirations citoyennes. Des propos qui illustrent aussi la terrible impasse de l’austérité.

  • Courage et dévouement

    Courage et dévouement

    Deux sapeurs-pompiers ne sont pas rentrés chez eux mardi soir. Ils sont morts en Gironde en combattant un violent incendie ; un parmi tant d’autres. De ceux qui embrasent nos territoires sous l’effet des fortes chaleurs et de la sécheresse, deux marqueurs d’un changement climatique structurel. Le 8 juillet, un jeune soldat du feu avait déjà péri en Savoie. Or, les feux vont se multiplier. Météo France le documente : « Dans une France à +4 °C d’ici à 2100, le risque de feu se généralisera à l’ensemble du pays avec une forte aggravation dans la région méditerranéenne. La saison des feux pourrait durer un à deux mois supplémentaires dans certaines régions. » Nous ne sommes qu’au début de l’enfer climatique.

    9 feux sur 10 sont d’origine humaine

    Or, neuf feux sur dix sont d’origine humaine, provoqués pour l’essentiel par des imprudences et des comportements dangereux. La responsabilité de tous est donc engagée, mais celle des pouvoirs publics doit être enfin assumée. Car la lutte contre les feux repose majoritairement sur les pompiers volontaires. Ils sont en manque de reconnaissance et de protection sociale. Ce combat pour leurs droits, les « soldats du feu » le mènent en s’engageant pleinement dans leur mission avec leur devise en bandoulière, « courage et dévouement ». Mais mourir, non, c’est insupportable, ce n’est pas fatal.

    Pour affronter les conséquences du réchauffement, les moyens humains et matériels doivent être décuplés et une bifurcation radicale pour des territoires vivables doit être amorcée d’urgence. Ce n’est pas le chemin choisi ces dernières années.

  • « Urgence agricole » : attention danger !

    « Urgence agricole » : attention danger !

    Le clientélisme du gouvernement, de la droite parlementaire – « bloc central » macroniste compris – et de l’extrême droite à l’égard de la finance et de l’agro-industrie aura-t-il la peau de notre agriculture, de l’essentiel de ses travailleurs et de l’ensemble des citoyens ? Le texte de loi « urgence agricole » est cousu sur mesure pour une petite partie seulement du « monde agricole », très pluriel en réalité, mais dominé par les très gros exploitants. Ils ont l’oreille du pouvoir actuel comme aux temps les plus éculés de la Ve République, à bout de souffle aujourd’hui.

    Le danger est là car la vision à très courte vue de ce texte de loi fait reculer une impérieuse nécessité : celle d’adapter notre société au désordre climatique et à ses conséquences.

    Guerre de l’eau

    Comme le prévoit le texte, doubler les capacités de stockage de l’eau, d’ici 2035, reviendrait à aggraver la crise de l’eau et entraîner une « guerre » pour s’accaparer cette ressource vitale pour tous. Cela ne mettra pas fin aux sécheresses. De même, réintroduire des pesticides tueurs de la biodiversité, à l’origine de cancers pour les humains, serait faire le choix, une fois de plus, du rendement à n’importe quel prix, celui de vies.

    Tous les agriculteurs ne sont pas d’accord avec cette fuite en avant. D’autant que l’enjeu du revenu agricole est méprisé par ce texte. Modef et Confédération paysanne, deux syndicats soucieux du vivant, se tiennent aux côtés des associations et de scientifiques.

    Les réponses à l’inéluctable réchauffement de notre climat doivent être placées sous le sceau des coopérations. Imaginer une agriculture du XXIe siècle avec les citoyens en fait partie.