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  • Le chantier du siècle

    Le chantier du siècle

    La décarbonation de la zone industrialo-portuaire de Fos, dans les Bouches-du-Rhône, est un enjeu crucial non seulement pour ce département mais pour l’ensemble du territoire régional avec, également, une portée internationale.

    Au XXe siècle, une page de l’histoire industrielle s’était aussi écrite dans ce même territoire au moment où le port autonome de Marseille avait investi l’ouest du département. De très nombreux nouveaux habitants, notamment venus de l’est et du nord de la France, s’étaient installés dans les communes proches de leur lieu de travail.

    Les maires acteurs incontournables

    Une évolution de même ampleur est en cours en ce début de XXIe siècle. Les questions d’emploi, d’environnement, de services publics, de transports, de logement et d’accès aux soins sont centrales. Les élus locaux, notamment les maires, sont des acteurs incontournables et la plupart d’entre eux, notamment à Port-de-Bouc et Martigues, agissent d’ores et déjà pour que ce projet XXL s’inscrive pleinement dans le territoire en mettant aussi au cœur du projet les impératifs de la vie quotidienne. D’ores et déjà, plus de 10% des salariés des Bouches-du-Rhône travaillent directement et indirectement pour l’activité portuaire. Leurs représentants, c’est-à-dire les syndicats doivent également être pleinement associés à cette révolution qui se prépare. La décarbonation de l’industrie de cette zone stratégique ne peut être synonyme de désindustrialisation à bas bruit. Le chantier du siècle doit être partagé.

  • Vaincre la peur, éloigner la guerre

    Vaincre la peur, éloigner la guerre

    Indéniablement, le contexte international marqué par la multiplication des conflits et l’instabilité, pèse lourdement sur les consciences en France. C’est en tout cas l’enseignement principal de l’enquête d’opinion Ifop/ Mouvement de la paix/ La Marseillaise/ l’Humanité.

    80 ans après les bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki dont les ultimes survivants sont venus témoigner dans notre région il y a quelques mois, 79% des Français se disent inquiets d’un usage accidentel ou volontaire de l’arme nucléaire, 64% jugeant cette perspective « probable ».

    Des données particulièrement nettes qui interviennent dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine, l’instabilité au Moyen-Orient et l’intervention impérialiste de Donald Trump au Venezuela et ses vues sur le Groenland.

    La France pays de la diplomatie

    Face à ces bouleversements, les Français affirment un attachement croissant à la perspective de règlement des conflits dans le cadre multilatéral des Nations unis.

    71% des personnes interrogées souhaitent ainsi une participation avec les Nations unies à des opérations de maintien de la paix. Une opinion majoritaire quel que soit le genre, la catégorie sociale, la tranche d’âge et l’orientation politique, sauf chez les électeurs d’Éric Zemmour de la présidentielle de 2022 (47%). Preuve de l’influence en France du trumpisme ?

    La France, pays de la diplomatie doit redevenir un acteur majeur du multilatéralisme. Le conseil pour la paix proposé par Donald Trump en est l’antithèse. C’est l’affirmation de l’argent-roi, autre nom de la loi du plus fort.

    Si la France doit se préparer à toute éventualité, elle a le devoir de promouvoir une culture de paix fondée sur le co-développement et la prospérité. Seul le progrès partagé peut vaincre la peur et éloigner la guerre.

  • Municipales sous le signe de l’austérité

    Municipales sous le signe de l’austérité

    À moins de deux mois des élections municipales, la crise politique nationale initiée par la dissolution
    de l’Assemblée nationale par le président de la République n’en finit pas de s’approfondir.

    Après les échecs de Michel Barnier et de François Bayrou à la tête de gouvernements minoritaires, Sébastien Lecornu avait promis de « changer de méthode » et de « renoncer à l’emploi
    du 49-3
     ». Il a péniblement réussi à faire adopter
    le budget de la sécurité sociale sans y recourir. Pour celui de l’État, le Premier ministre a décidé de jeter sa promesse à la poubelle.

    Dans notre démocratie, empoisonnée par les désillusions successives
    et la défiance envers la parole publique, cette décision du moine-soldat d’Emmanuel Macron, ce revirement, abîme encore un peu plus le débat public.

    « Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent », disait Jacques Chirac. La macronie qui a bien du mal à marcher dans ses pas pour faire entendre la voix de la France au plan international, lui emprunte volontiers son cynisme démocratique.

    Le nerf
    de la guerre

    À quelle sauce seront mangées les collectivités dans ce budget ? Elles qui
    -malgré leurs budgets équilibrés- marinent depuis trop d’années dans l’austérité et les baisses
    de dotation devront encore revoir leurs moyens
    à la baisse même si, pour satisfaire le Sénat, le gouvernement semble ne vouloir leur prendre « que » 2 milliards d’euros.

    Les élus et les citoyens qui croient à l’action publique dans la proximité ne trouveront pas d’alternative du côté du RN qui a voté, quant à lui, un amendement privant de près de 5 milliards d’euros les collectivités de notre pays.

    Pour bâtir des programmes ambitieux
    et changer la vie quotidienne, les moyens sont pourtant le nerf
    de la guerre.

  • Une boussole

    Une boussole

    Le débat obtenu par la gauche qui se déroule ce soir au Parlement est plus que bienvenu. Parce que la réponse d’Emmanuel Macron à l’attaque de Caracas par Donald Trump a été déplorable mais aussi parce que réfléchir au-delà du cas vénézuélien à ce que peut être « le rôle de la France dans la prévention et la résolution des conflits internationaux » est urgent. Bien sûr, les situations internationales n’ont jamais été manichéennes mais la fracturation du monde après ce premier quart du XXIe siècle rend plus difficile que jamais la compréhension d’enjeux où aucun des principaux acteurs ne permet une adhésion sans retenue. D’autant plus que l’institution centrale d’une sécurité humaine collective, l’ONU, est chaque jour un peu plus mise hors jeu, chacun piétinant et bafouant
    les principes qui permettaient de contrer la loi du plus fort et de la prédation des richesses.

    Pas d’amnésie

    À défaut de camps, il faut absolument garder une boussole. Celle qui garde le nord en mettant invariablement les peuples au centre, souverains. Celle qui ne vise qu’à trouver le chemin vers la paix.
    Et refuser l’amnésie.
    À quoi sert-il d’avoir commémoré la Libération et la capitulation des nazis
    si c’est pour oublier comment l’extrême droite arrive au pouvoir, oublier que « la guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas
    au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas
    »,
    oublier que ce n’est que l’expression de la loi du plus fort et des logiques de prédation des richesses. Que ce débat puisse donc permettre à la France de retrouver une boussole qui lui permette d’agir pour prévenir et résoudre
    les conflits.

  • L’algorithme qui joue avec l’avenir des jeunes

    L’algorithme qui joue avec l’avenir des jeunes

    La donnée est à méditer : 84% des lycéens jugent la plateforme Parcoursup « stressante » selon le site officiel de l’État, Vie publique. Créée en 2018 pour sélectionner l’entrée des bacheliers dans l’enseignement supérieur, la plateforme continue de refléter les immenses inégalités dans l’accès aux études. La machine en question a été conçue non pour répondre aux souhaits des lycéens ou étudiants, mais pour rationaliser le nombre de places dans les universités, en manque cruel de moyens humains et matériels. Quant aux formations sélectives, les algorithmes locaux, propres aux établissements proposant des formations sur Parcoursup, universités comprises, sont d’une telle opacité que l’on doit s’interroger sur le traitement égalitaire des dossiers.

    Reproduction des élites

    Rien n’y fait : ni les demandes répétées de la part de la défenseure des droits, ni celles de parlementaires : les algorithmes locaux restent secrets. C’est la garantie pour les élites d’assurer leur reproduction. D’ailleurs, parmi les pièces à fournir par les candidats, la lettre de motivation est un modèle de ce système néolibéral : le capital culturel fait que les classes privilégiées ont la capacité d’aider à sa rédaction. Des officines privées se sont engouffrées dans ce marché en proposant aux lycéens et à leurs familles des « packs sérénité » pour 500 euros en moyenne. Un cynisme assumé par ces marchands du temple pour qui les futurs étudiants sont des consommateurs et non des citoyens éclairés. C’est à ceux qui ne se résignent pas à cette société de concurrence et de la loi du plus fort de se faire entendre et d’exiger des moyens pour permettre l’accès inconditionnel aux études supérieures.

  • Dire stop

    Dire stop

    Étrange fin de semaine à Marseille. Ce vendredi soir, Marine Le Pen vient soutenir son candidat, Franck Allisio, dans la 2e ville de France, à trois jours de l’ouverture de son procès dans l’affaire des assistants parlementaires européens du RN qui lui a valu 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire en première instance.

    Un fait plutôt rare en politique où, jusqu’à présent, les personnalités condamnées ou sulfureuses, étaient écartées des campagnes électorales.

    Franck Allisio, lui-même visé par une enquête préliminaire du parquet pour détournement de biens publics, semble ne pas être intimidé par le CV judiciaire de l’héritière de Jean-Marie Le Pen.

    Signe des temps, le fait d’avoir des démêlés avec la justice n’est pas disqualifiant pour représenter ce parti qui prétendait autrefois avoir la tête haute et les mains propres.

    Normalisation

    L’extrême droite qui joue à fond la carte de la normalisation, entend emporter Marseille, la deuxième ville de France, lors des municipales de mars.

    Et pourtant, au plan local aussi, ses représentants sont aux prises avec la légalité.

    Le monde du travail, ceux qui ressentent durement l’injustice sociale, n’ont rien à attendre dans ces municipales de cette force politique qui vient de voter 5 milliards d’euros de baisse des dotations aux collectivités locales.

    Ceux qui sont tentés par elle parce qu’ils ne l’ont « jamais essayé » ont oublié les leçons sanglantes de l’histoire dont La Marseillaise est là pour témoigner et sont aveugles aux bouleversements que l’extrême droite inflige partout dans le monde.

    Il faut lui dire stop et pour y parvenir dans la durée, construire un projet collectif de progrès partagé.

  • Compte à rebours

    Compte à rebours

    Dans deux mois exactement, le premier tour des élections municipales aura lieu. Le compte à rebours est lancé pour une campagne qui se déroule dans un contexte inédit à bien des égards.

    Dans les différentes communes, la campagne ne fait que commencer. Écrasé par la crise politique nationale, la menace constante d’une dissolution et l’actualité internationale anxiogène, le débat démocratique local peine à se déployer.

    Et pourtant, les municipales sont un enjeu majeur pour le quotidien que nous allons vivre durant les six et peut-être les sept prochaines années car le grand nombre de scrutins à venir pourrait bien conduire à la prolongation du mandat des maires élus en 2026.

    Expériences positives

    Elles détermineront l’état des services publics, les politiques d’urbanisme et de logement, les actions de solidarité, de protection de la biodiversité et la manière d’associer ou non la population aux choix qui seront faits.

    Dans ce contexte, les gauches, à la peine au niveau national depuis le mandat de François Hollande, font face à un double défi. D’une part, convaincre à nouveau dans les grandes villes qu’elles dirigent malgré la poussée du RN et la stratégie solitaire de LFI, d’autre part reprendre pied dans les petites communes dans lesquelles son influence s’est réduite comme peau de chagrin.

    Pour y parvenir, elles doivent être unies, parler simple et vrai, renouer avec la relation de proximité et les préoccupations quotidiennes des habitants. C’est la condition pour contrer l’extrême droite.

    Dans notre région, où les rapports de forces sont très contrastés, elles ne partent pas de rien, les expériences municipales progressistes qui mettent au cœur de leur action les services publics, la justice sociale, la défense de l’environnement et la démocratie de proximité sont là pour en témoigner.

  • Cinéaste engagé

    Cinéaste engagé

    Censuré, perdu, retrouvé, restauré… L’histoire du Rendez-vous des quais est une épopée. Sorti des limbes, où la censure avait voulu le plomber, par la volonté d’une poignée de convaincus, dont Claude Martino, pilier des pages cinéma de La Marseillaise des années durant. Le chef-d’œuvre de Paul Carpita va vivre une nouvelle étape dans une version désormais numérisée.

    Un film où les héros sont un docker et une ouvrière, où on parle chômage, crise, répression, lutte syndicale et solidarité. Mais aussi de refus de la guerre, de la « sale guerre », la guerre d’Indochine. Une œuvre tournée avec des moyens dérisoires, des acteurs non professionnels, qui mêle images de fiction et archives. Ce qu’on ne voit pas à l’écran, c’est la censure dont cette œuvre a été la victime, accusée de porter atteinte à l’ordre public pour avoir osé s’opposer à la guerre et montrer des ouvriers qui refusaient d’obéir.

    Toujours d’actualité

    Ce qui crève l’écran est qu’un instituteur, issu de la classe ouvrière, militant communiste, a pris une caméra, avec une virtuosité désormais reconnue. Qu’il veut montrer « les petites gens » pour reprendre sa formule, leur vie quotidienne et leurs luttes, documenter les mouvements sociaux, le refus de la guerre. Ce qu’on ne montrait jamais, qu’on ne voulait pas voir.

    Forcément, on ne peut que penser à la récente action de la CGT des Dockers, qui ont refusé de charger sur un navire à destination d’Israël un conteneur rempli de composants militaires, refusant d’« être complices de massacres » qui se déroulaient à Gaza. Le Rendez-vous des quais à plus de 70 ans. Mais son sujet est d’une actualité brûlante.

  • Municipales paradoxales

    Municipales paradoxales

    L’enquête exclusive La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA est très instructive sur l’état de l’opinion à Marseille.

    D’une part, les intentions de vote révélées hier, témoignent d’une poussée de l’extrême droite au plan local, portée par une crise politique nationale initiée par la dissolution de l’Assemblée nationale décidée par le chef de l’État. Le candidat RN qui devance Martine Vassal pour le bloc central se hisse donc à égalité du maire sortant à 30%.

    Tiercé pas dans le même ordre

    D’autre part, la perception de qui « ferait un bon maire ». En la matière, le tiercé n’arrive pas dans le même ordre.

    Benoît Payan occupe sans conteste la première place du podium avec 47%. Il est le seul candidat à bénéficier de plus d’appréciations positives que négatives.

    Martine Vassal remonte sur la deuxième marche. Plus consensuelle que Franck Allisio, elle bénéficie probablement de son expérience à la tête du Département et de la Métropole qui la font être perçue comme une « bonne maire » potentielle par 44% des personnes interrogés. Soit 15 points devant Franck Allisio, le candidat d’extrême droite.

    Si celui-ci semble être en mesure de rassembler largement son camp et de retrouver un étiage d’intentions de vote comparable au score réalisé par Jordan Bardella aux européennes, il reste clivant mais moins que le candidat de la France insoumise.

    En effet, le rejet est massif s’agissant de Sébastien Delogu avec 56% de personnes interrogées qui considèrent qui ne feraient pas un bon maire. Ce qui interroge sur les limites de la stratégie de clivage défendue par Jean-Luc Mélenchon.

  • La bataille de Marseille sera féroce

    La bataille de Marseille sera féroce

    Les résultats de l’enquête d’opinion exclusive La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA, marque un tournant dans la bataille de Marseille. Pour la première fois, ils révèlent le risque d’une victoire RN dans un contexte politique national qui lui est particulièrement favorable.

    Les gauches, unies dans le Printemps marseillais, continuent d’être en mesure de l’emporter avec un niveau d’intention de vote à 30%, équivalent à celui du RN, avec un total gauche qui progresse sur celui de 2020, et cela avant l’entrée en campagne de Benoît Payan puisque l’enquête a été réalisée
    du 2 au 8 janvier. Néanmoins, comme dans la totalité des villes ou une majorité de gauche est sortante, la présence d’une liste LFI pourrait handicaper la capacité des progressistes à avoir le dessus.

    Rien n’est joué

    La droite et le centre-droit ont, quant à eux, l’obligation de se ressaisir s’ils ne veulent pas finir siphonnés par l’extrême droite. Un des enseignements de ce sondage, comme de la période, est que la porosité entre ces deux courants politiques se fait systématiquement en faveur du RN. Il y a donc urgence à recréer des digues et à rappeler les enseignements de l’histoire mais aussi de l’actualité mondiale : il n’y a pas une différence de degré mais de nature entre la droite républicaine et l’extrême droite.

    Rien n’est joué.
    La présentation des programmes, la composition des listes et le déroulement de la campagne pèseront sans nul doute dans le résultat final des urnes.

    La bataille de Marseille sera féroce. Elle ne fait que commencer.