À moins de deux mois des élections municipales, la crise politique nationale initiée par la dissolution
de l’Assemblée nationale par le président de la République n’en finit pas de s’approfondir.
Après les échecs de Michel Barnier et de François Bayrou à la tête de gouvernements minoritaires, Sébastien Lecornu avait promis de « changer de méthode » et de « renoncer à l’emploi
du 49-3 ». Il a péniblement réussi à faire adopter
le budget de la sécurité sociale sans y recourir. Pour celui de l’État, le Premier ministre a décidé de jeter sa promesse à la poubelle.
Dans notre démocratie, empoisonnée par les désillusions successives
et la défiance envers la parole publique, cette décision du moine-soldat d’Emmanuel Macron, ce revirement, abîme encore un peu plus le débat public.
« Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent », disait Jacques Chirac. La macronie qui a bien du mal à marcher dans ses pas pour faire entendre la voix de la France au plan international, lui emprunte volontiers son cynisme démocratique.
Le nerf
de la guerre
À quelle sauce seront mangées les collectivités dans ce budget ? Elles qui
-malgré leurs budgets équilibrés- marinent depuis trop d’années dans l’austérité et les baisses
de dotation devront encore revoir leurs moyens
à la baisse même si, pour satisfaire le Sénat, le gouvernement semble ne vouloir leur prendre « que » 2 milliards d’euros.
Les élus et les citoyens qui croient à l’action publique dans la proximité ne trouveront pas d’alternative du côté du RN qui a voté, quant à lui, un amendement privant de près de 5 milliards d’euros les collectivités de notre pays.
Pour bâtir des programmes ambitieux
et changer la vie quotidienne, les moyens sont pourtant le nerf
de la guerre.

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