Tag: Culture

  • [C’est l’été] Atelier archéologue en herbe à Marseille

    [C’est l’été] Atelier archéologue en herbe à Marseille

    Truelle, pinceau ou encore balai-brosse, mais à quoi peuvent bien servir tous ces outils ? Les enfants auront la chance d’utiliser ces outils destinés aux fouilles archéologiques pour découvrir des vestiges du passé, interpréter et lire les différentes strates d’un chantier ou encore apprendre à reconnaître le matériel et les vestiges découverts. Tel est l’objectif de ces ateliers pratiques proposés gratuitement par le musée d’Archéologie méditerranéenne de Marseille à vivre dès ce mardi et jusqu’à jeudi.

    L’occasion également de tenter de faire une classification par typologie ou par les décors qui caractérisent les tessons ou fragments. Tant d’indices nécessaires à la datation des objets trouvés.

    Pour ce faire, un bac à fouille sera mis à la disposition du jeune public pour les initier à la pratique et aux techniques de l’archéologie. Ils pourront ainsi creuser le sédiment à la recherche des tessons de céramique dissimulés dans l’espace dédié.

    Activité accessible à partir de 10 ans accompagné d’un adulte. Inscription obligatoire : museearcheologie@marseille.fr

  • Un projet de musée sur la Seconde Guerre dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Un projet de musée sur la Seconde Guerre dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Soutenir les militaires blessés, les familles des combattants tués, et cultiver le souvenir des résistants décédés : tels sont les objectifs de la maison du combattant, créée début juin dans les Alpes-de-Haute-Provence, et présidée par Patrick Agli, lui-même ancien militaire, notamment au Liban.

    Depuis sa création, l’association s’est rapprochée de la mairie de Peipin, qui l’avait contactée pour redorer la tombe abandonnée de Marius Méyère, un résistant né dans le village et mort pour la France, abattu par des Allemands en 1944. Le maire de Peipin a ensuite proposé à la maison du combattant de s’installer dans les locaux de l’ancienne mairie, mesure qui doit encore être votée en conseil municipal. Après avoir rénové et remis en état le bâtiment, les membres de l’association ont pour projet d’y installer le premier musée du département consacré à la Seconde Guerre mondiale. La maison du combattant devrait signer un bail de 10 ans.

    « L’objectif serait de pérenniser le devoir de mémoire en s’adressant aux jeunes. Il faut que l’on suscite la curiosité des enfants », explique Patrick Agli. Son association compte sur les subventions de l’État ou encore de financeurs privés pour ce projet. Le bâtiment de 200 mètres carrés pourra également servir à « héberger certaines associations partenaires », avance le président de la maison du combattant, qui n’a pour l’instant pas de locaux, mais est domiciliée à Sisteron.

    Un maillage

    sur tout le département

    L’association compte déjà une quarantaine d’adhérents, et trois vice-présidents. Elle espère en recruter deux nouveaux pour avoir « un maillage complet » sur le département. Parmi les trois existants, Hubert Tassel, ancien colonel chasseur alpin, historien et chercheur ubayen, a récemment été enrôlé.

    L’association souhaite également organiser des conférences avec divers intervenants, et répertorier les sites ayant facilité le débarquement de Provence. « Le département, communiste à l’époque, fourmillait de maquisards, c’était l’un des plus actifs », avance Patrick Agli. Les membres du bureau ont déjà rencontré les élus de plusieurs mairies, comme celles de Sisteron et de Mison.

  • [C’est l’été] Le Château d’If, partagé entre Histoire et histoires

    [C’est l’été] Le Château d’If, partagé entre Histoire et histoires

    « Et voici le château d’If, rendu célèbre par le comte de Monte-Cristo […] Il était réputé impossible de s’en évader » scande un haut-parleur alors que le bateau s’approche de l’île. Après une vingtaine de minutes de traversée, du vieux port à l’ancienne prison politique, il ne reste qu’à débarquer et monter à l’entrée des fortifications. Une fois le billet d’entrée en poche, (7 euros pour les adultes, gratuit pour les moins de 18 ans), se trouve le château d’If.

    Construit au XVIe siècle sur ordre du roi François 1er pour protéger la côte des attaques, le lieu a ensuite été transformé en prison d’exception, aussi appelée prison politique. Entre histoire et fiction, l’édifice a abrité les plus célèbres des détenus de l’époque. Mais le plus connu reste sans doute Edmond Dantès du célèbre livre d’Alexandre Dumas. « J’ai lu le livre et vu le film, il fallait que je visite le château » déclare comme une évidence Laure, retraitée en visite avec son mari, avant de franchir la grande porte du lieu. Celle-ci débouche directement sur une petite cour carrée. En son centre un puits et tout autour s’articulent les cellules, sur deux étages. L’entrée de ces dernières est surmontée d’une plaque indiquant les noms des condamnés. Parmi lesquels l’Homme au masque de fer, l’Abbé Faria, codétenu du comte de Monte-Cristo, ou encore le comte de Mirabeau. Sur les murs, les ancêtres des graffitis actuels, réalisés par les prisonniers au marteau et au burin : date d’incarcération, nom, fonction.

    Imprégnés d’histoire et de légendes, ces lieux se découvrent aussi grâce aux guides, qui partagent avec passion anecdotes et récits pour en dévoiler les moindres détails. Une fois les deux premiers étages, leurs cachots et leurs expositions visités, le clou du spectacle reste à venir. Tout en haut des escaliers en colimaçon, le point culminant, une vue à 360° autour de l’île, depuis laquelle on peut voir le Frioul ou encore observer Marseille, de l’Estaque aux Goudes. « Ce que j’aime particulièrement ici, c’est la vue en haut, on connaît le château d’If vu de Marseille mais Marseille vu du château d’If est bien différent » retiennent Christelle et Océane, venues entre mère et fille.

  • [Passerelle interculturelle] Shanghai et Marseille : deux villes ouvertes sur le monde

    [Passerelle interculturelle] Shanghai et Marseille : deux villes ouvertes sur le monde

    Aujourd’hui, pour un voyageur français, Shanghai n’est plus si loin de Marseille. Grâce à la liaison aérienne directe entre les deux villes et à l’exemption de visa accordée par la Chine aux titulaires d’un passeport français pour les séjours de courte durée, il suffit presque d’acheter un billet d’avion pour partir de la Méditerranée et se retrouver, quelques heures plus tard, sur les rives du Huangpu. Cette liaison directe donne une réalité nouvelle aux relations entre Shanghai et Marseille, officiellement jumelées depuis le 26 octobre 1987. Les deux villes sont très différentes par leur taille, leur architecture et leur paysage, mais elles partagent une longue histoire liée au port, au commerce maritime et aux échanges avec le monde extérieur.

    Shanghai s’est développée à l’embouchure du Yangtsé, autour du fleuve Huangpu. Son port a fait entrer des marchandises, des capitaux, des voyageurs, mais aussi de nouvelles idées et différentes influences culturelles. Aujourd’hui, Shanghai constitue l’une des principales portes d’accès au delta du Yangtsé, l’une des régions économiques les plus dynamiques de Chine.

    Cette histoire reste visible dans son paysage urbain. Sur le Bund, les bâtiments historiques témoignent des échanges anciens entre Shanghai et l’étranger. Certains quartiers de l’ancienne concession française conservent également des rues bordées de platanes, des villas et des immeubles d’inspiration européenne. De l’autre côté du Huangpu, les gratte-ciel de Pudong incarnent une métropole financière et technologique tournée vers l’avenir.

    Contraste architectural saisissant

    Shanghai se découvre aussi par sa cuisine. Le matin, les habitants peuvent acheter des shengjian bao, de petits pains farcis à la viande et grillés à la poêle, ou des xiaolongbao, servis dans de petits paniers en bambou. On trouve également des nouilles, des raviolis, des poissons et des plats légèrement sucrés, caractéristiques de la cuisine locale.

    La ville offre de nombreuses manières de passer une journée. On peut commencer par une promenade sur le Bund, traverser le Huangpu en ferry pour rejoindre Pudong, puis monter dans l’une des tours afin d’observer la ville d’en haut. Plus tard, les jardins de Yuyuan permettent de découvrir une architecture chinoise traditionnelle au milieu d’un quartier très animé.

    Le soir, Shanghai change encore de visage. Les façades du Bund s’illuminent, tandis que les tours de Pudong se reflètent dans le fleuve. Les restaurants, les théâtres, les salles de concert et les petites rues commerçantes restent animés jusque tard. La ville mêle ainsi patrimoine, consommation, culture et loisirs dans un même espace urbain.

    Shanghai et Marseille ont chacune leur caractère, mais toutes deux savent accueillir ceux qui arrivent par la mer ou par les airs. Dans ces deux villes, le voyage ne commence pas seulement au moment du départ.

    Dong Qiao, correspondante de China Media Group à Paris

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • [Unesco] La Camargue officiellement sur les rangs

    [Unesco] La Camargue officiellement sur les rangs

    Les protagonistes de cette candidature ne partent pas de rien. « La Camargue a été reconnue par l’Unesco comme réserve de biosphère et inscrite sur la liste indicative en 2002 », rappelle Véronique Jullian, la vice-présidente de l’association La Carmague à l’Unesco. C’est ce même périmètre, du Delta du Rhône et toutes ses activités qui allient « nature et culture », que souhaite faire reconnaître la structure, « au plus haut niveau ». « Notre action s’inscrit dans un temps long, précise-t-elle. Car nous sommes dans une coévolution, une cohabitation avec l’humain, ses activités, sa diversité », insiste Véronique Jullian. Et qui nécessite que « tout le monde se mette autour de la table » : Régions, Départements, EPCI, mairies, habitants, professionnels… Sachant que « cette reconnaissance aura des effets positifs en termes de tourisme, mais aussi de financements européens et internationaux pour faire face à la salinité et au changement climatique », détaille-t-elle.

    L’association a également demandé une étude sur l’impact de la ligne à très haute tension sur la candidature à l’Unesco.

  • Le PCF sétois célèbre les 90 ans du Front populaire

    Le PCF sétois célèbre les 90 ans du Front populaire

    « Un anniversaire qui résonne avec les combats sociaux et démocratiques d’hier comme d’aujourd’hui », soulignent les organisateurs de cette fête annuelle de la section sétoise du PCF.

    Le débat politique ouvrira la soirée autour de l’héritage du Front populaire et de son actualité. Parmi les invités figurent Vincent Bouget, maire PCF de Nîmes, et Raphaëlle Primet, coprésidente du groupe communiste au Conseil de Paris, qui témoignera notamment de sa participation à la Flottille pour Gaza.

    Pour Vincent Bouget, cet anniversaire intervient dans un contexte qui appelle à regarder l’Histoire sans céder aux raccourcis. « Il faut faire attention avec les comparaisons entre les moments de l’Histoire, parce que forcément tout change. On n’est jamais sur les mêmes choses. Pour autant, effectivement, on peut se dire que les années 30, par un certain nombre d’aspects, notamment les crises qui peuvent exister, les impérialismes à l’échelle de la planète et la montée de courants d’extrême droite qui prônent la recherche d’une identité renfermée sur elle-même, les divisions, une forme d’autoritarisme, qui tournent le dos à l’esprit des Lumières, tout ça fait écho à la situation qu’on a actuellement. Et sans doute que l’anniversaire du Front populaire, les 90 ans, vient rappeler le danger, mais aussi les opportunités, et ce que le Front populaire a marqué dans la mémoire collective. »

    Au-delà de son contexte historique, Vincent Bouget souligne l’héritage social laissé par le gouvernement de 1936, des avancées qui, près d’un siècle plus tard, demeurent des références dans les combats sociaux. « Le fait même de poser la reconnaissance des droits syndicaux, la réduction du temps de travail, je pense aussi à la possibilité pour tous d’avoir un temps hors du travail pour vivre, ça, ce sont évidemment des acquis fondamentaux qui marquent une rupture avec ce qui se faisait avant. » Des conquêtes qui, selon lui, continuent de structurer notre modèle social.

    Une fête fidèle

    à l’esprit populaire

    La soirée entend aussi renouer avec l’esprit des fêtes populaires qui jalonnent l’histoire du mouvement communiste. « Je pense que c’est peut-être l’esprit du Parti communiste, où il y a à la fois des repas partagés, du débat politique et de la culture. Oui, c’est généralement ce qu’on aime bien mélanger. C’est le modèle de la Fête de l’Humanité d’ailleurs, évidemment toutes proportions gardées. »

    Une dimension historique qui, selon Vincent Bouget, dépasse les seules mesures sociales adoptées en 1936. « C’est aussi la considération qui a été donnée à tous, et notamment aux ouvriers, à ceux qui ne l’avaient pas et qui étaient considérés comme des gens avec moins de droits, moins de considération », estime-t-il. Une mémoire qui reste, selon lui, particulièrement actuelle alors que les débats sur le travail, les droits sociaux et la place de chacun dans la société demeurent au cœur des préoccupations.

    À Sète, cette célébration prendra donc la forme d’un rendez-vous à la fois politique et festif, dans la continuité d’une tradition qui dure depuis 57 ans. Des rassemblements qui permettent de faire vivre une certaine conception de la politique, où la réflexion collective côtoie la convivialité et la culture. Une manière également de rappeler, à travers l’histoire du Front populaire, que les conquêtes sociales sont le fruit de mobilisations collectives.

    Après le débat, les participants pourront partager un apéro-tapas, une sardinade et une brasucade avant de se retrouver autour d’un bal populaire. La section sétoise du PCF invite les habitants à venir partager « une soirée festive, populaire et engagée, fidèle à l’esprit de fraternité qui anime cette fête depuis cinquante-sept ans ».

  • Le Festival de l’été donne rendez-vous dans les quartiers Nord

    Le Festival de l’été donne rendez-vous dans les quartiers Nord

    « On veut montrer une autre vision des quartiers Nord. » C’est le mot d’ordre de cette troisième édition du Festival de l’été, qui débarque du 3 au 7 août, chaque soir, dans un quartier différent du 14e arrondissement de Marseille. Organisées par le centre social de Sainte-Marthe la Paternelle, un organisme qui dépend du Centre de culture ouvrière, ces cinq soirées rassemblent des concerts, de la danse, mais aussi de la magie et une kyrielle d’animations.

    « Si on parle souvent de sortir les personnes des quartiers, l’inverse est également vrai », explique Anna Canales, coordinatrice enfance et famille du centre social. Celle-ci revendique une volonté d’« inverser le flux et faire venir du monde dans le 14e arrondissement ».

    En effet, « ne pas se concentrer sur l’offre culturelle de Marseille à son centre-ville » est l’enjeu essentiel du festival. Imaginé par le directeur du centre social en 2024, qui était alors parti du constat « qu’on n’imaginait jamais un festival dans le 14e arrondissement », raconte sa collègue Anna Canales.

    Pour ce faire, le festival proposera « des animations de base », un programme qui reviendra en boucle sur les cinq jours, comme des stands de nourriture, des châteaux gonflables ou des jeux en bois. La programmation culturelle, quant à elle, sera exclusive chaque jour, pour permettre « aux spectateurs de pouvoir suivre les cinq jours ». C’est donc « naturellement qu’est née l’idée de combiner les arts afin d’avoir un choix varié ».

    Des animations variées

    Le festival débutera le 3 août à la Visitation, avec les Magiciens du Garlaban et ses deux artistes, Céline et Arthur Tivoli, qui se produisent depuis plus de 20 ans. À la Simiane, le 4 août, c’est la danse qui prendra le relais avec les Coquelicots Éphémères. Une pièce contemporaine qui invite le spectateur à créer une nouvelle perception de l’espace urbain, mêlant danse et architecture. Pour les trois derniers soirs, les organisateurs ont misé sur la musique. Mercredi, Santo Cuero est un collectif marseillais dédié aux musiques traditionnelles de la côte caraïbe colombienne qui aura sa place sur scène. Les éditions précédentes ont été couronnées de succès, avec des « retours très positifs » de la part du public, affirme l’organisatrice. « À la Paternelle, par exemple, ce n’était pas que des habitants du quartier », se rappelle-t-elle, nombre de « personnes extérieures sont venues pour le festival », note-t-elle. Avec un seul regret cependant « il y avait encore trop peu de personnes du centre-ville [qui] se déplacent jusque-là », précise Anna Canales, en lançant les invitations pour cette nouvelle édition.

  • [C’est l’été] Au centre Fabien Menot à Port-de-Bouc, le lien social se rénove

    [C’est l’été] Au centre Fabien Menot à Port-de-Bouc, le lien social se rénove

    Deux ans et bien des changements. Depuis son arrivée en mai 2024, le directeur du centre social Fabien-Menot, Maxime Tardivel, dresse un bilan positif en cette fin juillet. « Nous sommes sortis du comité de suivi de la CAF, l’instance pour les centres sociaux en difficulté, par le renouvellement de notre agrément avec le nouveau projet social 2026-2028 », se félicite-t-il.

    Ce projet s’adapte l’été venu. « On est plus sur des activités détente, vacances. On a plus de temps pour se poser sur les bancs, devant le centre, pour discuter avec les habitants », relate le directeur, même s’il y a « moins de monde dans le quartier, avec les vacances et retours au pays ». Il ajoute : « Ceux qui restent sont ceux qui ont le plus besoin de nous, pour s’évader ou rêver un peu. » C’est l’idée du dispositif Quartiers d’été. « Depuis deux ans, cela finance des sorties familles communes aux quatre centres sociaux de Port-de-Bouc, porté par Mandela », indique Maxime Tardivel.

    Mais il existe une problématique bien particulière, l’été, sur la Presqu’île. « L’accès à la piscine et l’apprentissage de la nage, c’est difficile, alors qu’on est dans un quartier cerné par l’eau. On propose des activités aquatiques, dont le “savoir nager”, qui aura lieu la semaine prochaine, où trois centres sociaux de la ville vont emmener une cinquantaine de jeunes apprendre la nage », développe le directeur.

    « Nous sommes dans

    une vraie quête de sens »

    Ayant déjà été directeur de centre social auparavant, Maxime Tardivel voit une évolution du métier depuis les débuts de la politique de la Ville, dans les années 1980. « Aujourd’hui, on est sur une vraie quête de sens sur ce que nous pouvons apporter aux populations avec qui on travaille, que ce soit les habitants des quartiers populaires ou résidentiels. L’objectif est de mettre ensemble les gens, le centre social, c’est pour tout le monde, pas que pour les “cassos” ! », affirme-t-il.

    Cela prend du temps, « pour installer le vivre-ensemble, ça ne se décrète pas », selon lui. Les repas régulièrement organisés par le centre sont des moments importants de lien social : « Nous sommes des ambassadeurs de bienveillance », lance-t-il.

    Cette démarche vaut aussi pour le jeune public accueilli. « Il est parfois plus difficile de mettre en action les jeunes, notamment à cause des écrans dans leur poche dont il n’est pas évident de sortir. Dans une société où tout est fait pour nous inciter à consommer, il faut les inciter à être acteurs de leur vie, donner envie de créer des projets pour y arriver. On a un peu plus de mal à le mettre en place qu’auparavant », remarque Maxime Tardivel.

    La Gazette de la Presqu’île, journal de quartier réalisé avec les jeunes, répond à cette problématique et à celle « de faire le tri dans les infos », selon le directeur. « Beaucoup d’habitants se plaignaient de passer à travers l’info. On a fait le lien avec les jeunes qui se sont investis dans le journalisme », à travers plusieurs stages. « S’ils connaissent les mécanismes de construction de l’info, ils sauront mieux différencier les fake news et les infos orientées. J’espère qu’ils pourront vite écrire et faire des choix éditoriaux », conclut le directeur. À démarche inédite, enjeux inédits.

  • [C’est l’été] Entretien : Chinese Man, « La tournée d’été, l’occasion de se rassembler autour de la musique »

    [C’est l’été] Entretien : Chinese Man, « La tournée d’été, l’occasion de se rassembler autour de la musique »

    La Marseillaise : Quelle est l’histoire de Chinese Man ?

    Matteo : On a lancé le projet de Chinese Man il y a 20 ans. C’étaient des artistes qui avaient envie de faire de la musique tout en restant indépendants. Chinese Man, c’est d’abord un groupe, formé par High Ku, Sly et moi, puis un label, Chinese Man records, et un collectif. Au départ, c’était un projet uniquement musical, mais il est devenu protéiforme en évoluant, avec d’autres formes d’art, notamment de la vidéo. On a toujours eu comme objectif de mettre en avant un projet, plus que des individus, tout en restant libres dans nos choix artistiques et dans les directions que l’on voulait prendre. On tient à cette indépendance.

    Comment définiriez-vous la musique de Chinese Man ? Quel est le style du collectif ?

    Matteo : C’est une musique inspirée par le hip-hop, notamment la manière de fabriquer de la musique avec le sample. Au début, on était très influencé par la culture hip-hop des années 80 et 90, le hip-hop instrumental, DJ Shadow, puis la bassmusic par exemple. Toute cette vague-là nous a beaucoup influencés. Au fil des années, puisqu’il y a une porosité entre les styles musicaux, on est arrivé à un mélange qui nous permet d’avoir des esthétiques musicaux très différents.

    Qui sera présent sur scène ce mercredi ?

    Matteo : Ce mercredi soir, ce n’est pas le groupe Chinese Man qui se produit, c’est moi en tant que membre du groupe et du collectif. J’ai invité l’artiste Tracy De Sá, une rappeuse engagée, qui tient un collectif féministe. Elle a un parcours incroyable, avec des influences musicales espagnoles, anglaises, indiennes, portugaises… Cela fait déjà plusieurs fois que j’arrive à l’inviter sur scène avec moi. Je serai en DJ set et elle sera là pour poser une voix, créer de l’interaction avec le public. Elle interviendra sur des sons de son répertoire et sur d’autres pour qu’elle improvise : l’idée, c’est vraiment de faire fusionner nos deux univers.

    C’est la première fois que vous prenez part à la tournée d’été La Marseillaise. Pourquoi avoir accepté d’y participer ?

    Matteo : Les valeurs, l’indépendance et l’engagement de La Marseillaise correspondent à la fois à ce que l’on fait avec notre label et à comment je situe personnellement mon action en tant qu’artiste. Par exemple, avec la branche Applause du label Chinese Man Record, on développe des scènes émergentes et inclusives, ou nous essayons de créer de la sécurité. La tournée d’été La Marseillaise représente également une occasion de se réunir, d’avoir un espace gratuit pour se rassembler autour de la musique. La musique permet de partager ces valeurs. Le collectif est également basé dans le sud de la France. Personnellement, j’habite à Marseille depuis longtemps. On trouvait ça chouette de faire une date gratuite ici. Depuis le début de notre carrière, on a beaucoup bougé et on a beaucoup fait de dates à l’international, mais c’est vrai que l’on a un peu délaissé la scène locale. Cela fait quelques années que l’on essaie de remettre notre énergie vers ces espaces-là, la Plaine est un lieu significatif pour ça.

    La scène sur laquelle vous allez jouer mercredi est une scène ouverte, place Jean-Jaurès. Avez-vous l’habitude de jouer dans ce type de configuration ? Comment appréhendez-vous le concert ?

    Matteo : C’est rare pour nous de faire des scènes ouvertes et gratuites. C’est une configuration particulière pour les gens qui sont là pour écouter la performance, pour ceux qui viennent juste sur cet espace public sans avoir forcément envie d’écouter un concert, mais aussi pour ceux qui jouent sur scène. Il faut prendre en compte la situation et s’adapter au public. La scène ouverte permet d’offrir un accès à la musique. On crée un temps ensemble, d’échange et de partage.

    La sixième date de la tournée d’été La Marseillaise se tient ce mercredi 29 juillet sur la place Jean-Jaurès, à Marseille, à partir de 20h. Accès libre.

  • [Passerelle interculturelle] Jingdezhen et Gien : deux villes façonnées par la céramique

    [Passerelle interculturelle] Jingdezhen et Gien : deux villes façonnées par la céramique

    Lorsque je suis arrivée à Gien, petite ville du Loiret située au bord de la Loire, une ville chinoise m’est immédiatement venue à l’esprit : Jingdezhen.

    Les deux villes sont très différentes par leur taille et leur histoire. Pourtant, toutes deux ont construit une part essentielle de leur identité autour de la terre, du feu, de la couleur et du savoir-faire des artisans.

    Située dans la province chinoise du Jiangxi, Jingdezhen est souvent appelée la « capitale de la porcelaine ». Son histoire de la céramique remonte à plus de 1 700 ans. Pendant des siècles, ses porcelaines ont voyagé à travers l’Asie, le Moyen-Orient et l’Europe.

    Elles ont fait connaître dans le monde les techniques, les formes et les motifs de la culture chinoise. Les porcelaines bleu et blanc ont largement contribué à sa renommée. Mais Jingdezhen ne se résume pas à son passé.

    Aujourd’hui, la ville attire des artistes, des étudiants, des designers et de jeunes artisans venus de Chine et de l’étranger.

    D’anciennes fabriques ont été transformées en ateliers, en galeries et en espaces culturels. La tradition y devient ainsi une source de création contemporaine.

    Un geste qui semble presque universel

    À Gien, la faïence occupe elle aussi une place importante dans l’identité locale. Dans les collections et les boutiques, les assiettes, les services de table et les objets décoratifs racontent l’évolution des goûts français. Leurs motifs s’inspirent souvent de la nature, des animaux et de la vie quotidienne.

    Jingdezhen possède une histoire beaucoup plus ancienne et Gien permet de comprendre comment une ville peut être durablement façonnée par un savoir-faire artisanal. Entre la Loire et le Jiangxi, la distance est grande. Pourtant, lorsqu’un artisan pose son pinceau sur une pièce encore blanche, le geste semble presque universel.

    L’été est la saison des voyages. Depuis mon arrivée en France il y a un peu plus d’un an, j’ai moi aussi beaucoup voyagé, de Paris à Marseille, de Lyon à Gien, en passant par plusieurs villes grandes ou petites. Au fil de ces découvertes, j’ai souvent été frappée par les ressemblances qui existent entre certaines villes françaises et chinoises, malgré la distance, la différence d’échelle et des histoires parfois très éloignées. Ces correspondances permettent peut-être de comprendre pourquoi tant de Français qui se rendent en Chine s’attachent à certaines villes chinoises. Cet été, je vous propose donc une série de cinq voyages croisés entre la France et la Chine. Chaque étape rapprochera deux villes autour d’une histoire, d’un paysage ou d’une identité commune, tout en vous invitant à mieux découvrir une ville chinoise.

    Dong Qiao, correspondante de China Media Group à Paris

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.