La Marseillaise : Quelle est l’histoire de Chinese Man ?
Matteo : On a lancé le projet de Chinese Man il y a 20 ans. C’étaient des artistes qui avaient envie de faire de la musique tout en restant indépendants. Chinese Man, c’est d’abord un groupe, formé par High Ku, Sly et moi, puis un label, Chinese Man records, et un collectif. Au départ, c’était un projet uniquement musical, mais il est devenu protéiforme en évoluant, avec d’autres formes d’art, notamment de la vidéo. On a toujours eu comme objectif de mettre en avant un projet, plus que des individus, tout en restant libres dans nos choix artistiques et dans les directions que l’on voulait prendre. On tient à cette indépendance.
Comment définiriez-vous la musique de Chinese Man ? Quel est le style du collectif ?
Matteo : C’est une musique inspirée par le hip-hop, notamment la manière de fabriquer de la musique avec le sample. Au début, on était très influencé par la culture hip-hop des années 80 et 90, le hip-hop instrumental, DJ Shadow, puis la bassmusic par exemple. Toute cette vague-là nous a beaucoup influencés. Au fil des années, puisqu’il y a une porosité entre les styles musicaux, on est arrivé à un mélange qui nous permet d’avoir des esthétiques musicaux très différents.
Qui sera présent sur scène ce mercredi ?
Matteo : Ce mercredi soir, ce n’est pas le groupe Chinese Man qui se produit, c’est moi en tant que membre du groupe et du collectif. J’ai invité l’artiste Tracy De Sá, une rappeuse engagée, qui tient un collectif féministe. Elle a un parcours incroyable, avec des influences musicales espagnoles, anglaises, indiennes, portugaises… Cela fait déjà plusieurs fois que j’arrive à l’inviter sur scène avec moi. Je serai en DJ set et elle sera là pour poser une voix, créer de l’interaction avec le public. Elle interviendra sur des sons de son répertoire et sur d’autres pour qu’elle improvise : l’idée, c’est vraiment de faire fusionner nos deux univers.
C’est la première fois que vous prenez part à la tournée d’été La Marseillaise. Pourquoi avoir accepté d’y participer ?
Matteo : Les valeurs, l’indépendance et l’engagement de La Marseillaise correspondent à la fois à ce que l’on fait avec notre label et à comment je situe personnellement mon action en tant qu’artiste. Par exemple, avec la branche Applause du label Chinese Man Record, on développe des scènes émergentes et inclusives, ou nous essayons de créer de la sécurité. La tournée d’été La Marseillaise représente également une occasion de se réunir, d’avoir un espace gratuit pour se rassembler autour de la musique. La musique permet de partager ces valeurs. Le collectif est également basé dans le sud de la France. Personnellement, j’habite à Marseille depuis longtemps. On trouvait ça chouette de faire une date gratuite ici. Depuis le début de notre carrière, on a beaucoup bougé et on a beaucoup fait de dates à l’international, mais c’est vrai que l’on a un peu délaissé la scène locale. Cela fait quelques années que l’on essaie de remettre notre énergie vers ces espaces-là, la Plaine est un lieu significatif pour ça.
La scène sur laquelle vous allez jouer mercredi est une scène ouverte, place Jean-Jaurès. Avez-vous l’habitude de jouer dans ce type de configuration ? Comment appréhendez-vous le concert ?
Matteo : C’est rare pour nous de faire des scènes ouvertes et gratuites. C’est une configuration particulière pour les gens qui sont là pour écouter la performance, pour ceux qui viennent juste sur cet espace public sans avoir forcément envie d’écouter un concert, mais aussi pour ceux qui jouent sur scène. Il faut prendre en compte la situation et s’adapter au public. La scène ouverte permet d’offrir un accès à la musique. On crée un temps ensemble, d’échange et de partage.