Tag: Culture

  • Succès public pour la première partie de La Biennale d’Aix-en-Provence

    Succès public pour la première partie de La Biennale d’Aix-en-Provence

    Pendant la Biennale, chaque recoin de la capitale de Provence devient un lieu de recherche artistique. L’art, se veut accessible à tous au cours de cette manifestation culturelle qui occupe les lieux patrimoniaux de la ville. Pour sa troisième édition, la Biennale d’Aix a mis l’Italie à l’honneur.

    Sa première partie, lancée le 11 avril, s’est achevée le 14 juin. Quelques semaines après ce premier volet, les équipes de la Biennale en tirent un bilan « positif », avec « 50 propositions artistiques réparties sur 8 week-ends, dont 48 en accès libre et 26 dans l’espace public et jardins ». Pour illustrer son succès, quelques chiffres sont mis en avant. Parmi les expositions et performances de cette première partie, celle du Collectif XY, dont les acrobates ont voltigé sur le haut du cours Mirabeau pour ouvrir cette Biennale. 16 000 personnes, ont assisté à ce lancement. Le 23 mai, à l’occasion du Temps fort Art contemporain, 5 000 personnes ont été recensées pour assister à Monumental, parcours nocturne dédié aux arts numériques.

    La seconde partie à venir

    Pour l’exposition De Hugo Pratt à Corto Maltese, présentée par le Festival de bande dessinée, en partenariat avec la Biennale, ce sont plus de 10 000 visiteurs qui ont été accueillis à la Galerie de la Manufacture, où elle était exposée. Pour l’installation-performance Dream, imaginée par le chorégraphe italien Alessandro Sciarroni et qui a valu l’ouverture spéciale de l’église de la Madeleine, fermée pour restauration, 400 spectateurs ont été enregistrés sur la seule après-midi du samedi 6 juin. Si la plupart des œuvres et performances s’en sont allées, deux programmations majeures restent encore. À commencer par La mode italienne, de Marino Parisotto, visible à La Manufacture jusqu’au 31 juillet, et l’exposition Incarnation, Carte Blanche à Jeanne Vicerial, exposition installée dans quatre lieux de la ville, jusqu’au 4 octobre.

    Par ailleurs, les esquisses de la seconde partie de la Biennale ont été dévoilées. Elle s’ouvrira le samedi 12 septembre, après une pause estivale, et de la même façon qu’en juin : le Collectif XY offrira une performance sur la Place Romée de Villeneuve, dès 18h30. Par la suite, quelques rendez-vous phares sont à noter. Côté contemporain, La Passeggiata (d’après), de Chiara Camoni est à voir jusqu’au 7 novembre à la Chapelle des Andrettes et le Festival Les Promesses de l’aube est porté par la Ville d’Aix-en-Provence, en partenariat avec AMU, est prévu dans plusieurs lieux, sur plusieurs dates. Également, le week-end d’ouverture de la Biennale des imaginaires numériques aura lieu les 30 et 31 octobre.

  • Art Explora, un rendez-vous culturel au parc Chanot à Marseille

    Art Explora, un rendez-vous culturel au parc Chanot à Marseille

    Après deux ans d’absence, la fondation Art Explora est de retour à Marseille pour deux journées placées sous le signe de la culture. Une culture que la fondation souhaite accessible au plus grand nombre, c’est pourquoi ces samedi et dimanche ils investissent le parc Chanot à Marseille autour de trois grands rendez-vous immersifs à destination des familles et gratuits. « L’objectif de la fondation est de lever les barrières qui peuvent exister sur différents plan en ce qui concerne l’accès à la culture et aux musées », explique Lucie Avril, responsable des MuMo de la fondation Art Explora. « Il y a la barrière sociale, la barrière financière mais aussi une barrière symbolique autour des thématiques des expositions, c’est pourquoi nous en avons choisi une qui peut plaire et attirer le plus grand nombre. »

    Les arts du cirque à l’honneur cette année

    Ainsi, avec son musée mobile (MuMo) – Centre Pompidou, ce n’est pas le public qui va à l’art mais l’art qui vient au public et ce week-end, petits et grands pourront découvrir l’exposition « Pompidou Circus ». « Chaque année, le Centre Pompidou, musée national d’art moderne à carte blanche pour trouver une thématique. Cette année c’est Anne Lemonnierqui est attachée de conservation aux collections modernes qui a imaginé l’exposition », continue-t-elle. « On pourra donc découvrir des peintures, des photographies, des vidéos mais aussi des affiches, aquarelles et papiers découpés de grands artistes comme Matisse, Chagall, Dufy ou encore Bombois tous représentant les athlètes ou arts du cirque. »

    En parallèle de l’exposition deux ateliers seront proposés au sein du Palais des Arts du parc Chanot, le premier est une expérience immersive en réalité virtuelle pour plonger au cœur des cultures méditerranéennes intitulé « Merveilles de Méditerranée » et accessible dès 10 ans. Autre activité, un atelier de papier découpé autour de la série « Jazz » d’Henri Matisse en écho aux œuvres présentées dans le camion musée.

    Samedi et dimanche de 10h à 12h30 et de 17h à 21h. Le MuMo ouvrira ses portes à 11h30. Gratuit.

  • À Aix, une première « proposition » pour sauver l’Hôtel de Venel

    À Aix, une première « proposition » pour sauver l’Hôtel de Venel

    Après l’Hôtel de Caumont, le bâtiment d’Austerlitz de l’Espace Forbin, la Ville cède désormais l’ancien Hôtel de Venel. Un appel à candidature, ouvert jusqu’au 21 août, vient d’être diffusé sur le site de la Ville.

    Dans la foulée, Stéphane Salord, délégué Génération écologie pour le Pays d’Aix, qui se définit comme « citoyen, acteur engagé en faveur de l’économie sociale et solidaire », veut proposer une « solution » pour conserver ce bout de patrimoine du XVIIe siècle, pour éviter une « vente sèche ». « Le scénario est toujours le même : d’un côté, une municipalité qui invoque le coût de l’entretien, la lourdeur de la rénovation, la nécessité d’équilibrer son budget ; de l’autre, des habitants et des amoureux du patrimoine qui redoutent qu’un bien commun, transmis de génération en génération, ne bascule définitivement dans des mains privées et ne se ferme au public », constate Stéphane Salord, par voie de « tribune grand public ».

    Lui, propose un bail emphytéotique administratif « plutôt qu’une vente, un projet d’avenir plutôt qu’une transaction ». Selon lui, ce dispositif permettrait à un opérateur de financer la restauration et l’entretien du monument, en amortissant son investissement, sans que la commune n’en perde la propriété. La solution préserverait le patrimoine communal tout en évitant à la Ville de supporter le coût des travaux. Il demande « une réflexion publique sur une solution alternative ».

  • [Entretien] Ghislain Gauthier, CGT Spectacle : « Le gouvernement veut nous faire la peau »

    [Entretien] Ghislain Gauthier, CGT Spectacle : « Le gouvernement veut nous faire la peau »

    Entretien

    La Marseillaise : Quel bilan dressez-vous de ce 80e Festival d’Avignon ?

    Ghislain Gauthier : On sent bien que l’enjeu, pour nos secteurs, est de faire exister ce sujet pour la présidentielle, à un an de cette échéance. Dans les débats, la crise était sur les lèvres de tout le monde. Au niveau de la liberté de création, on sent que l’étau se resserre en ce moment, sans oublier la question des financements publics, qui sont en chute libre depuis deux ans.

    Pourquoi ces coupes budgétaires sont-elles sans précédent ?

    G.G. : Elles sont déjà inédites par leur ampleur, car on peut compter plusieurs millions d’euros qui manquent au secteur. L’état et certaines collectivités territoriales se sont désengagés conjointement des financements de la culture. Ce qui est inédit aussi, c’est que la culture est considérée comme une variable d’ajustement au nom de la résorption du déficit public. Il y a donc moins de projets qui se font. On est pourtant très nombreux à travailler : environ 250 000 personnes dans le spectacle vivant et le secteur audiovisuel. On a le sentiment que les politiques ont abandonné le champ culturel et ne le considèrent pas comme un enjeu pour le pays. Il y a deux sujets pour nous : on continue de se mobiliser pour un financement public de la culture à hauteur de 1 % du budget de l’État, mais aussi au niveau local pour ramener les collectivités autour de la table et regagner ces budgets, car la situation de l’emploi est catastrophique.

    La CGT parle d’une « catastrophe sociale » à venir…

    G.G. : Beaucoup de personnes n’arrivent pas à faire leurs heures en tant qu’intermittents. Il y a aussi une dégradation des conditions de travail. Tout ce qu’il se passe dans le Off d’Avignon est un scandale. On nous a indiqué, dans plusieurs endroits, qu’il n’y avait aucun jour de relâche pour les salariés. Ou encore des conventions de stages conclues, pour certains, afin de tenir la billetterie le matin et l’après-midi, puis ils ont un contrat de travail pour faire le bar, ont des horaires à rallonge avec un non-respect des 11h de repos minimum par jour. Sans compter le travail sous des chaleurs excessives et sous des préfabriqués… Les conditions d’accueil des compagnies sont aussi très difficiles.

    Qu’en est-il de la grève qui se profile en septembre pour les travailleurs
    du monde de la culture
     ?

    G.G. : Cela fait deux ans qu’on essaye de mobiliser notre secteur. Là, on a décidé de passer un cran. On annonce donc une semaine de mobilisation et de grève à partir du 21 septembre. On a le sentiment que le gouvernement veut nous faire la peau. Notre mouvement est essentiel par rapport au budget à venir et la présidentielle va être déterminante pour nos professions, avec l’extrême droite aux portes du pouvoir. Nous sommes déterminés à nous battre pour nos emplois et nos salaires. 95 % des personnes qui travaillent dans le spectacle sont des prolos. C’est insupportable d’entendre qu’on est dans l’entre-soi. On a du mal à payer nos loyers et à finir le mois. La colère est bien là. Ça devient une question de survie.

  • À Jouques, Mathieu Charreyre veille sur un trésor du patrimoine numérique

    À Jouques, Mathieu Charreyre veille sur un trésor du patrimoine numérique

    Au pied du massif de la Sainte-Victoire se cachent deux trésors. Le premier est le domaine Saint-Antonin, propriété des descendants d’Annibal Thus. Le second est abrité dans un entrepôt du domaine. Dans cette pièce sombre, soigneusement surveillée, des centaines d’ancêtres de nos ordinateurs et de nos téléphones sont alignés sur des étagères qui semblent s’étendre à perte de vue.

    L’association Winter Development Association (WDA), fondée en 1996, y conserve une partie de son importante collection dédiée à la préservation du patrimoine numérique. En région Provence-Alpes-Côte d’Azur, près de 40% des collections de l’association sont ainsi entreposées. La WDA est l’une des trois seules associations françaises spécialisées dans ce domaine et vient de célébrer ses trente ans d’existence. À l’heure où les technologies se renouvellent à un rythme effréné, ordinateurs, consoles, logiciels et périphériques sont restaurés et préservés afin de témoigner de l’histoire de l’informatique et de transmettre cette mémoire aux générations futures. À la tête de cette mission, Mathieu Charreyre, descendant de la famille Thus et cofondateur de l’association, gère seul cette collection depuis le début des années 2000.

    Des « bouts de vie »

    « Depuis le décès de mes parents, j’ai repris la gestion du domaine parce qu’il n’y a plus que moi. Je pense que quelque part, j’ai été fait pour ça, puisque je fais la même chose avec la WDA depuis le début, explique Mathieu Charreyre, hyperactif qui a fait ses débuts au sein de Club Internet. Le patrimoine, c’est mon Rocher de Sisyphe », ajoute l’informaticien.

    L’histoire de cette collection débute en 1988, alors que trois amis, dont Mathieu, récupèrent les technologies abandonnées dans les rues de Paris. Au fil des années, l’initiative se structure en association et dirige sa ligne vers la préservation d’un bout d’histoire. Alors, dans cette pièce ou sont préservés les traces de l’histoire technologique et numérique, on ne compte même plus les objets de collection en nombre, mais en m3 : ici, 500 m3 de matériel, provenantentièrement de legs. Alors, trônent une machine de calculateur venue du CEA de Cadarache, datée de 1973. Ou des « licornes », comme les modèles des trois Oric Atmos… Le travail « d’une vie » qui a valu des collaborations avec le Cnam et la BNF. Pour Mathieu Charreyre, hors de question de vendre. « Ce sont des bouts de la vie des gens qui me sont confiés. » Quant au devenir de cette collection : « Ça, je ne sais pas encore… » Ses portes restent néanmoins ouvertes à « qui le veut ». Sur le domaine, Mathieu Charreyre s’attelle également à restaurer des ordinateurs, pour les redistribuer.

  • Un 80e Corso de la Lavande haut en couleurs se prépare

    Un 80e Corso de la Lavande haut en couleurs se prépare

    Dans le hangar des chars du Corso de La lavande, des dizaines de bénévoles s’activent depuis des mois pour préparer les seize chars de cette édition, qui célébrera les 80 ans de la fête traditionnelle du Pays Dignois.

    « Je travaille sur la préparation de cette édition depuis mars. En mars, on commence à préparer les grosses structures en bois et en métal, puis en mai, on commence à coller », explique Aurélien, 15 ans, bénévole depuis déjà cinq ans. Chaque char est préparé par une équipe d’une quinzaine de bénévoles, qui choisissent un thème libre chaque année. Cette année, pour les 80 ans, on retrouve un char bisounours, un sur le thème des montgolfières, un sur le groupe ABBA, sur les années 80, le tour du monde en 80 jours ou encore sur le film Dragons. En plus des huit chars entreposés dans le hangar pendant leur préparation, huit autres chars sont en plein montage chez les pompiers, à l’hôpital ou encore à la préfecture. Les bénévoles profitent de tracteurs prêtés par des paysans de la région pour tirer leurs chars.

    « Cette année, il y a beaucoup de mécanismes de mouvement qui ont été installés pour que les papillons ou encore les dragons puissent battre des ailes », se réjouit Julien Di Benedetto, maire de Digne et participant au Corso depuis son plus jeune âge, pendant qu’une bénévole installe une guirlande lumineuse pour le défilé nocturne sur son char bisounours.

    Une histoire de famille

    Le Corso est un rendez-vous annuel primordial pour les Dignois depuis des décennies. « à une époque, chaque quartier faisait son propre char », se rappelle Julien Di Benedetto. « Dans ma famille, il était hors de question de partir en vacances pendant le Corso, cela aurait fait scandale ! Souvent, toute la famille vient même à Digne pour la fête », raconte-t-il, tout ému de vivre son premier Corso en tant que maire. Car le Corso, c’est avant tout une histoire de famille. Les enfants dignois baignent dedans depuis tout petit. « Avec l’actuel premier adjoint, mon ami d’enfance, on traversait la ville à vélo pour coller sur les chars tous les après-midi de juillet, c’était incroyable », se rappelle Julien Di Benedetto, qui participe depuis ses 7 ans.

    Cette année, pour le 80e anniversaire du Corso, le nouveau maire a voulu viser grand en proposant à Cyril Féraud, célèbre animateur de télévision, d’être le parrain de cette édition. « C’est un vieux copain, on était à l’école ensemble. Son papa, décédé il y a sept ans, faisait les plus gros chars du Corso », explique Julien Di Benedetto.

    Cette année marque aussi le premier partenariat avec la marque provençale iconique L’Occitane. « Comme c’était leurs 50 ans et qu’ils venaient de sortir une nouvelle gamme lavande, je leur ai dit qu’il y avait quelque chose à faire », détaille le maire.

    « Une autre nouveauté depuis deux ans, c’est que les chars sont conservés et ressortent pour Halloween et pour Noël. Cela leur permet d’avoir une vie plus longue que pendant les quelques jours du Corso », explique Julien Di Benedetto.

  • Le Off d’Avignon, entre précarité et succès

    Le Off d’Avignon, entre précarité et succès

    Le Festival d’Avignon, In et Off, se termine ce samedi 25 juillet après trois semaines intenses sur les planches, entre les remparts (et un peu au-delà) de la Cité des Papes. Ce jeudi 23 juillet, l’association Avignon Festival & Compagnies (AF&C) a indiqué que, selon ses estimations, environ 54 % des places mises en vente par les 141 théâtres avaient été vendues. Ces salles ont réalisé 27 000 levers de rideau de 1 812 spectacles.

    Des « chiffres stables », ont estimé, lors d’une conférence de presse, les dirigeants de la structure qui gère et organise l’événement. C’est en effet la première fois, depuis sa création, qu’ils parviennent à disposer d’un chiffre plus précis de la situation. « Il n’y a pas de billetterie centralisée, donc c’est compliqué d’avoir les données exactes. Mais cette année, oui, grâce aux remontées des différents prestataires », détaille Harold David, directeur délégué de l’AF&C. Les chiffres recueillis représentent 52 % de la billetterie totale au 21 juillet, soit 1 371 000 billets sur 2 600 000. Ce qui est « assez représentatif, car il y a une grosse variété et ça va du plus grand, la Scala, au plus petit, le Chapeau Rouge », estime le directeur délégué. Avec des calculs supplémentaires, il est aussi estimé que la billetterie représente 22 millions d’euros de chiffre d’affaires.

    Vision du futur

    Un peu plus de la moitié du taux de remplissage donc. Si, de l’extérieur, les rues pleines, les tractages à la pelle par des compagnies déguisées, souriantes, et les multiples spectacles de rue animent joyeusement les rues d’Avignon, le bilan est cependant presque systématiquement salé pour les compagnies. « Même si c’est tout le temps complet, c’est dur d’être à l’équilibre économiquement. 54 %, ce n’est pas satisfaisant », confirme Harold David, qui a lui-même été comédien et patron de théâtres. « Avignon, c’est stricto sensu déficitaire. Parce que c’est basé sur l’espoir que l’on va être programmé plus tard dans d’autres théâtres et se refaire, en quelque sorte », ajoute Laurent Domingos, coprésident de l’AF&C.

    En fin de conférence de presse, plusieurs compagnies ont également tenu à témoigner. David Nathanson, des Ailes de Clarence, estime que les « chiffres ne disent pas grand-chose de la suite des diffusions des spectacles » et que les « compagnies ne se payent pas à Avignon ».

    Une réflexion sur l’avenir est ainsi nécessaire. Car les budgets ne cessent de diminuer, tout comme les subventions versées par les collectivités. Selon l’AF&C, 80 % des compagnies ne percevaient aucune subvention en 2026, contre 78 % en 2025. « On est à la croisée des chemins. Il faut se rendre compte de la gravité de la situation. Moins d’aides, c’est aussi moins de programmateurs. Ce qui veut dire moins de théâtres et moins de compagnies. Et, à terme, plus de Off si on se projette dans 5, 10 ou 15 ans », alerte Raymond Yana, autre coprésident de l’AF&C. L’organisation rappelle qu’elle a adressé une lettre ouverte aux candidats à la présidentielle et que huit d’entre eux, surtout des personnalités de gauche, se sont rendus à Avignon pour échanger sur la question de la place de la culture dans leur programme. « Il faut interpeller ceux qui font les lois, car on dépend d’eux malgré tout », glisse Raymond Yana.

    Pistes d’amélioration

    D’autres pistes d’amélioration ont été évoquées, notamment concernant l’accueil et les transports, tant pour les spectateurs que pour les compagnies et leurs équipes. « Mon spectacle se tient à 21h. Mais pour rentrer à Nîmes, par exemple, les derniers trains sont dans ces eaux-là et ça me fait perdre des ventes », glisse un festivalier au micro. D’autant que 41 % du public provient du quart sud-est de la France. Un travail est en cours avec le Grand Avignon, notamment sur les transports en commun pour se rendre dans les villes environnantes. « Les habitants des villages d’à côté aimeraient bien pouvoir louer leurs apparts ou leurs maisons. Mais il n’y a souvent pas de transports. Parfois, il y en a même moins que le reste de l’année puisque l’on est en horaires d’été », pointe Laurent Domingos. Il reste un peu moins d’une année pour réfléchir à ces enjeux. Avec, entre-temps, une élection qui risque de tout chambouler.

    REPÈRES

    54 %

    de taux de remplissage estimé dans les salles de théâtre du Off.

    1 400 000

    billets vendus, d’après ces mêmes estimations.

    27 000

    levers de rideau pendant les trois semaines de l’événement.

    22 000 000

    d’euros de chiffre d’affaires ont été générés grâce à la seule vente de billets.

  • La culture ne veut pas finir K.O debout

    La culture ne veut pas finir K.O debout

    Vitrine du spectacle vivant, le festival Off d’Avignon illustre tout à la fois la vitalité des artistes, des techniciens et le profond malaise de ces travailleurs de la culture. Au-delà des chiffres, toujours vertigineux (141 théâtres, 1 812 spectacles présentés en trois semaines), le Off est aussi à l’image d’un monde de la culture traversé par une mise en concurrence cruelle.
    À ce titre, le théâtre est aussi pris dans les rets
    de la société d’ultraconsommation. Les publics sont tellement sollicités que la tentation d’opter pour des têtes d’affiche, laisse souvent en marge les artistes émergents, c’est-à-dire l’avenir. La précarité grandissante, les difficultés accrues alimentent un marché
    du divertissement au détriment de la visée émancipatrice du théâtre et des interrogations nécessaires sur notre monde.

    Résister à l’économie de guerre

    Les mobilisations des travailleurs du spectacle vivant durant les festivals et programmées à partir de 21 septembre ne sont pas corporatistes mais portent une vision de la fonction de la culture. Exiger comme le fait la CGT Spectacle que le budget de la culture atteigne 1 % du budget de la nation c’est résister à la marche forcée et exclusive vers une économie de guerre où au nom de la défense de la démocratie et de la liberté, sont sapés les piliers de la démocratie et de la liberté : santé, éducation, culture…

    Hisser tous les budgets culturels tant sur le plan national que dans les territoires est une nécessité au moment où les partis d’extrême droite mènent en Europe et au-delà une guerre culturelle aussi violente que dangereuse.

  • [C’est l’été] Le camion mobile du Centre Pompidou s’installe à Aix

    [C’est l’été] Le camion mobile du Centre Pompidou s’installe à Aix

    « Ce sont des œuvres originales ! », prévient le chauffeur du musée ambulant dès l’ouverture des portes. Sur la place de la Croix-Verte, également appelée place du Marché du Jas-de-Bouffan, une partie du Centre Pompidou a pris ses quartiers. Dans ce camion aux espaces modulables, quinze œuvres inspirées de l’univers du cirque, signées notamment Auguste Sander, Henri Matisse ou encore Raoul Dufy, sont présentées au public dans cette galerie nomade.

    Une projection vidéo et des ateliers pour les plus jeunes complètent la visite de cet échantillon du Centre Pompidou. Le MuMo (Musée Mobile) accueille ainsi le public aixois. Ses portes sont encore ouvertes gratuitement ce jeudi de 17h30 à 20h et ce vendredi de 16h30 à 19h. Initialement attendu dès mardi à Encagnane, le camion-musée n’avait pas pu ouvrir en raison de problèmes techniques.

    Pour la petite histoire, le MuMo permet aux œuvres des musées d’art moderne d’aller à la rencontre des habitants des villages et des quartiers les plus éloignés de l’offre culturelle. Créé en 2011 par Ingrid Brochard avec l’ambition de rendre l’art contemporain accessible à tous les publics, il s’est associé en 2022 au Centre Pompidou, donnant naissance à ce camion-musée qui sillonne aujourd’hui les routes de France. Depuis 2025, le MuMo poursuit son développement au sein de la Fondation Art Explora grâce à de nouveaux dispositifs culturels mobiles.

    Pour que le MuMo fasse halte à Aix-en-Provence, c’est le CIAM qui, en lien avec le Centre Pompidou, a porté l’idée auprès de la municipalité avant que le projet ne soit repris par la Direction de la culture et la Politique de la ville. « Il est important que la culture aille au-devant des gens (…), les personnes en précarité s’interdisent souvent d’aller vers la culture », contextualise Elisabeth Huard, élue à la politique de la Ville. En matinée, explique Yahnis, médiatrice culturelle au sein d’Art Explora, des ateliers sont organisés avec les structures sociales. « Quand on discute avec les familles, on se rend souvent compte d’un manque d’accessibilité vers les musées, parce qu’ils sont loin », notet-il. Dans le camion, le public arrive timidement à l’ouverture. Adrien, venu avec sa petite sœur et sa grand-mère, désigne une œuvre de Raoul Dufy qui attire son attention. « C’est quand même le musée Pompidou qui vient à nous ! Et puis le cirque, c’est passionnant… », glisse Marie-Josée, leur grand-mère.

    La halte prévue à Marseille les 25 et 26 juillet est annulée.

  • Au Festival d’Aix, toujours plus d’engouement pour l’opéra

    Au Festival d’Aix, toujours plus d’engouement pour l’opéra

    La 78e édition du prestigieux Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence vient de s’achever. Conçue par Pierre Audi, disparu l’an dernier, elle a été menée à son terme par son successeur, le metteur en scène américain Ted Huffman. Ponctuée de représentations exigeantes, d’actions à vocation solidaire et de visites officielles, dont celle de la ministre de la Culture, Catherine Pégard, cette édition s’est déroulée du 2 au 21 juillet (lire en page 18). Le Festival dresse son bilan.

    Sur plus de deux semaines, près de 64 000 spectateurs ont participé aux différentes propositions du Festival, dont plus de 38 000 pour les opéras et concerts programmés en juillet. Les événements gratuits organisés autour de la manifestation, qui fait de la démocratisation de l’opéra une priorité, ont quant à eux attiré 26 000 personnes.

    Dans cette même volonté d’ouverture au plus grand nombre, plus d’un tiers des billets ont été vendus à moins de 60 euros, tandis que 3 136 places ont été achetées par des spectateurs de moins de 30 ans. Le dispositif de découverte Opéra ON, destiné à ce public, a notamment permis à 697 jeunes d’assister à des représentations à tarif préférentiel. Les organisateurs soulignent un taux de remplissage des opéras de 97 %, en hausse de quatre points par rapport à 2025, tandis que la fréquentation globale du Festival s’établit à 92 %.

    Les échanges avec le public ont également rythmé cette édition, avec 27 Préludes, 17 Midis du Festival et 14 projections gratuites d’opéras organisées dans onze communes de la région. Au total, le Festival compte « près de 4 500 participantes et participants aux actions de sensibilisation à l’opéra, invités à 21 répétitions et spectacles, ou à 17 rencontres en musiques et récitals pédagogiques sur le territoire ».

    Côté rayonnement international, ce sont au total « 47 artistes de 16 nationalités accueillis dans le cadre des activités de l’Académie », indiquent les équipes. À noter que 223 journalistes étaient accrédités pour couvrir l’événement, dont 119 issus de médias internationaux. La 79e édition est d’ores et déjà programmée du 1er au 20 juillet 2027.