Tag: Culture

  • Les produits locaux mis en avant à la foire de la lavande de Digne-les-Bains

    Les produits locaux mis en avant à la foire de la lavande de Digne-les-Bains

    « Montrer le territoire au travers de ceux qui le font vivre au quotidien », « valoriser les circuits courts » et les savoir-faire des agriculteurs et des restaurateurs de la région : tels sont les objectifs de la foire de la lavande et de l’espace terroir, selon Bruno Acciaï, vice-président de l’agglomération délégué à la ruralité. Six produits locaux seront mis en avant sur l’espace terroir cette année, du 20 au 23 août : l’agneau, le miel, le safran, la lavande, le banon et les aromatiques. Plusieurs producteurs seront présents, comme Guilène Cheron, productrice de safran dans la vallée de Thoard, pour qui ce sera malheureusement la dernière édition. « Je suis obligée de tirer ma révérence. Les rats des champs ont eu gain de mes bulbes », regrette-t-elle. Chaque producteur est en binôme avec un chef pour une animation culinaire. Pour elle, ce sera avec Vincent Pelaia, le chef du restaurant la Marmite du pêcheur, aux Mées.

    Curry thaï à l’agneau

    Alexis Hoarau, cuisinier réunionnais qui travaille avec des produits « issus de l’agriculture raisonnée », sera lui en binôme avec Gabrielle Alcazar, cueilleuse et herboriste, et utilisera notamment son hydrolat de rose pour sa recette. Le chef Frédéric Payan, lui, utilisera le banon, « un produit qu’il affectionne », et Supapan Billiau, cheffe thaïlandaise, proposera un curry à l’agneau.

    Cette année, l’invité d’honneur sera la Bulgarie.

  • [C’est l’été] À Manosque, le centre social offre des vacances

    [C’est l’été] À Manosque, le centre social offre des vacances

    Sorties baignade à Marseille, séjours au camping, virées organisées par les jeunes du centre… Cet été, le centre social de Manosque est « pris d’assaut » par des familles précaires, qui n’ont pas les moyens de partir en vacances. « On a de longues listes d’attente. Cette année, il y a beaucoup plus de familles qui ne peuvent pas partir en vacances, de mamans qui ne sont pas véhiculées, qui ont des problèmes financiers avec l’explosion des prix, qui s’inscrivent à nos sorties », constate Emmanuelle Evin, directrice du centre social municipal. La structure a organisé par exemple deux sorties en mer pendant l’été : une en juillet, et une en août, avec un grand bus de 50 places. « Pour certaines familles, c’est leur seule sortie de tout l’été. Les participants sont ravis, ils ne veulent plus repartir », regrette la directrice.

    En plus de ces sorties, le centre social municipal propose des permanences France Travail en pied d’immeuble, pour aider les habitants des quartiers prioritaires de la ville à trouver du travail. « On travaille beaucoup avec les entreprises Proman et La Pizza Manosque pour qu’ils puissent embaucher des personnes des quartiers », explique Nesrine Rahou Guerfi, adjointe déléguée au centre social. La structure est également financée par le Conseil départemental pour accompagner les bénéficiaires du RSA. « Nous, assistantes sociales, manquons de moyens. Que le centre social puisse accompagner certaines personnes, c’est un vrai plus, une vraie aide pour les assistantes sociales », avance l’adjointe, qui exerce elle-même cette profession à Forcalquier.

    Un fonds de participation des habitants

    Le centre social organise également des « week-ends famille » ciblés pour les familles non francophones, les parents d’adolescents ou encore « les familles en grande précarité », explique Emmanuelle Evin. « Si on voit que les familles ont envie de passer le pas et d’essayer d’aller passer un week-end ou une semaine seules avec leurs enfants, on enclenche un dispositif avec la fondation “Je pars, Tu pars, Il part“, qui offre des séjours pour des familles vraiment défavorisées à 60 euros la semaine l’hébergement », détaille la directrice du centre.

    Le centre encourage aussi les habitants à monter des projets, avec son « fonds de participation des habitants ». Des participantes ont par exemple monté « un atelier sortie répit parental maternel », raconte Emmanuelle Evin. « Ce sont des mamans qui ont envie de prendre du temps pour elles, sans les maris, sans les enfants, pour souffler. Elles ont fait un programme avec différentes sorties, comme le spa, le karaoké ou le laser game », explique-t-elle. D’autres habitantes ont décidé d’organiser des ateliers loto, quiz musical ou encore plantation à la maison de retraite Saint-André. Une subvention de 2 000 euros est répartie entre quatre projets des habitants, soit 500 euros par projet.

    Le centre a également un espace jeunes, agréé par la CAF, qui leur permet de monter eux aussi des projets. L’année dernière, ils ont monté le projet « Paca 360 », qui leur permettait de découvrir chaque mois une nouvelle ville de l’un des départements de la région.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, le cinéma itinérant en ruralité baisse le rideau

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, le cinéma itinérant en ruralité baisse le rideau

    Problèmes de gouvernance, baisse des subventions, crise post-Covid… Après 30 ans d’exercice, l’association Cinéma de Pays a décidé de mettre fin à son activité à la rentrée.

    Les premières craintes concernant la pérennité, l’avenir et la capacité à perdurer de la structure sont nées au sortir du Covid, explique Stéphane Paillet, président du Cinéma de Pays.

    Un déséquilibre financier

    « C’est compliqué parce qu’on est vraiment en milieu rural, avec des villages éloignés, en montagne, et on avait des jauges, des fréquentations qui étaient bien trop en deçà de ce qu’il fallait faire pour être à l’équilibre financier », explique le président. Le cinéma itinérant touche des subventions, mais « elles ne couvrent pas le déficit de fréquentations, l’inflation sur l’énergie, les tarifs qui ont explosé », déplore Stéphane Paillet.

    Le départ du nouveau directeur de la structure a par ailleurs « précipité » sa fin. L’association a eu beaucoup de mal à trouver un directeur sur le long terme, et en a changé régulièrement.

    « On ne peut plus se permettre de faire du cinéma comme on le faisait il y a trente ans. Il y avait un certain nombre de réformes à lancer au sein de la structure, et on n’a pas réussi à les mettre en œuvre », regrette le président.

    « Il y a eu une baisse de subventions, mais on était en train de dépasser ce problème financier. Par contre, le problème de gouvernance, il n’y avait pas moyen de le résoudre. S’il n’y a pas de volonté d’aller dans la même direction tous ensemble, cela ne fonctionne tout simplement pas. S’il n’y a pas un projet commun partagé, c’est très compliqué. Il se trouve que ce projet, on n’a pas réussi à le mettre en musique », déplore Stéphane Paillet.

  • [Passerelle interculturelle] Beijing et Paris : protéger les villes anciennes sans les figer

    [Passerelle interculturelle] Beijing et Paris : protéger les villes anciennes sans les figer

    Beijing et Paris sont deux capitales anciennes, mais elles ne racontent pas leur histoire de la même manière. À Beijing, la vieille ville se reconnaît à ses murs rouges, à ses toits gris et à ses hutong qui s’étendent autour de la Cité interdite. À Paris, elle apparaît le long de la Seine, dans les façades en pierre, les passages, les places, les cafés et les immeubles serrés les uns contre les autres.

    À Beijing, l’histoire est visible à une échelle impressionnante. La Grande Muraille serpente dans les montagnes au nord de la capitale. Au centre de la ville, les murs rouges et les toits dorés de la Cité interdite rappellent plusieurs siècles d’histoire impériale. Plus au sud, le Temple du Ciel, avec sa silhouette circulaire, reste l’un des paysages les plus reconnaissables de Beijing.

    Ces monuments ne sont pas isolés. Ils s’inscrivent dans un vaste ensemble historique organisé autour de l’axe central de Beijing, qui traverse la capitale du nord au sud. La Cité interdite, la place Tian’anmen, les anciennes tours de la Cloche et du Tambour, les temples et les quartiers traditionnels composent une structure urbaine unique. Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 2024, cet axe raconte plusieurs siècles d’histoire politique, architecturale et culturelle chinoise.

    Concilier le charme de l’ancien et le confort moderne

    Mais le charme du vieux Beijing ne se trouve pas uniquement dans ses grands monuments. Il apparaît aussi dans les hutong, ces ruelles étroites bordées de maisons traditionnelles à cour carrée, les siheyuan. On y découvre une ville plus intime : des habitants assis devant leur porte, des vélos appuyés contre les murs gris, de petites boutiques, des arbres qui dépassent des cours et des voisins qui se connaissent depuis longtemps.

    Pendant des années, de nombreuses maisons de hutong ont souffert du vieillissement et d’un manque d’équipements. Certaines étaient mal isolées, difficiles à chauffer ou dépourvues d’installations sanitaires adaptées. Protéger ces quartiers ne pouvait donc pas signifier les conserver exactement dans leur état ancien.

    Beijing a restauré et rénové de nombreuses maisons dans les hutong. Les toitures, les murs et les cours ont été réparés, tandis que les réseaux d’eau, de chauffage et d’électricité ont été améliorés. Ces travaux cherchent à préserver l’apparence traditionnelle des ruelles et des siheyuan, tout en rendant les logements plus sûrs et plus confortables.

    Les hutong attirent également des habitants étrangers. Certains choisissent de vivre dans une maison à cour plutôt que dans un immeuble moderne. Ils apprécient le calme des ruelles, les relations de voisinage et la possibilité de découvrir Beijing au plus près de la vie locale.

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • La gestion du couvent Levat devrait changer de main

    La gestion du couvent Levat devrait changer de main

    La convention d’occupation de l’ancien couvent des sœurs de la congrégation des Victimes du Sacré-Cœur de Jésus arrive à son terme. Pour décider de l’avenir de ce site remarquable de 17 000 m2, dernier poumon vert du quartier, la municipalité va lancer très prochainement un AMI, sur lequel elle devra statuer en janvier 2027.

    Depuis sa bascule dans le domaine communal, le couvent accueille une pépinière d’artistes, des événements culturels y sont programmés et dans son vaste parc, les jardins familiaux continuent à y être cultivés. L’accès au public y était cependant « trop conditionné aux activités des gestionnaires » reprochaient les associations du quartier réunies au sein du Collectif des habitants organisés du 3e (CHO3).

    Interrogé sur l’avenir du couvent, le maire (PS) du secteur, Anthony Krehmeier nous assurait il y a quelques semaines : « la vocation du site restera artistique et culturelle, la quarantaine d’ateliers d’artistes seront pérennisés, car il en faut, c’est un besoin, et ces cellules de 8 m2 ne permettent guère d’autres usages ». Il précisait que la Ville souhaitait « ouvrir davantage l’accès du jardin au quartier, au public en général, sans toutefois le fragiliser ».

    La préservation du jardin et du verger créés par les religieuses qui y vivaient depuis 1843 en totale autarcie pour se consacrer au silence et à la méditation mérite en effet une attention particulière. En 2023, un manque d’attention lors des manifestations organisées, avait conduit à retirer la gestion de la serre et du verger à la structure gestionnaire, au profit de L’Hydre. Pour la nouvelle convention, la Ville prévoit d’intégrer le jardin au domaine public. Ce changement de statut juridique exige d’en passer par un appel à manifestation d’intérêt (AMI). La gestion future du site est donc ouverte à la concurrence. Mais le jardin devrait tomber sous l’administration de la direction municipale de la Nature en Ville.

    L.E.V.A.T. seul en lice ?

    En janvier 2025, en proie à des difficultés financières, le gestionnaire avait annoncé ne plus souhaiter continuer l’aventure au couvent. Déjà investies sur le site, mais avec une vision collective de la gouvernance, 18 structures du quartier se réunissent au sein d’un collectif L.E.V.A.T. et après 18 mois de réunions, définissent leur feuille de route. Présentée le 11 juillet, elle dresse les grands axes d’un projet pour un lieu « davantage tourné vers les besoins du quartier ». Les 41 ateliers d’artistes y sont maintenus sur les deux étages du bâtiment principal. Le rez-de-chaussée accueillerait des espaces partagés pour les associations avec une cuisine collective.

    Dans un article de Marsactu publié le 11 juillet dernier, Karine Terlizzi, directrice de Juxtapoz, annonçait avoir finalement décidé de répondre à l’AMI. Avec des propos plus que maladroits à l’adresse du collectif concurrent, elle attisait le feu dans la bataille pour la reprise de gestion. Dans une publication sur les réseaux sociaux le 6 août, face au tollé de L.E.V.A.T., cette dernière fait son mea culpa « Des mots que je regrette » admet-elle en présentant des excuses accompagnées d’une volte-face : « Dans ce contexte, nous avons pris la décision de ne pas répondre à l’AMI lancé prochainement par la Ville de Marseille ».

  • Du piano à gogo dans l’écrin du parc de l’orangerie

    Du piano à gogo dans l’écrin du parc de l’orangerie

    Pour glisser en douceur vers septembre « Un piano sous les arbres » revient, comme chaque année, adoucir la fin de l’été en musique dans le cadre fabuleux du parc de l’Orangerie, transformé pour l’occasion en scène à ciel ouvert.

    Ce festival municipal porté par la commune de Lunel-Viel fête cette année ses 18 ans, la majorité, tout en restant fidèle à son esprit de départ : « proposer une programmation à la fois exigeante et populaire », résume le directeur de la manifestation, Fabrice Fenoy. Quatre jours de spectacles et de concerts en plein air, gratuits pour beaucoup, où le piano, dénominateur commun, visite tous les styles : classique, jazz, rock, musique tzigane, électro… « On peut faire un tour du monde avec tout ce qu’il est possible de jouer au piano ! » assure Fabrice Fenoy. « En cassant les barrières entre les styles de musique, on casse aussi les barrières entre les gens », estime-t-il.

    Comme chaque année, des concerts de classique (Max Walsh, Alessio Massi et un concert à 4 mains des deux musiciens) seront proposés dans l’Orangerie. À la rubrique jazz, un coup de cœur du programmateur (2 août, 21h30) : l’étonnant hommage d’Édouard Ferlet au Köln concert de Keith Jarrett, « l’album de piano-jazz le plus vendu dans le monde. Ce qu’il y a de très original, c’est qu’il fait ça avec le concours d’un deuxième piano, piloté par IA, auquel il a appris à répondre à ses traits d’improvisation. Je l’ai vu à Marseille l’année dernière et j’ai pris une claque monumentale. Le résultat est esthétiquement bluffant ! », assure Fabrice Fenoy.

    Tankus, Magyd Cherfi, Charlie Winston…

    Autre temps fort de cette édition, qui promet une ambiance explosive : le groupe anglais Tankus (21 août, 21h30). « Des artistes qui jouent du piano, et du très bon, il y en a plein. Par contre trouver du piano énergique, c’est plus dur. Très souvent le piano va être classique, jazz, ou accompagner de la chanson, mais c’est rarement très pêchu. Là au contraire on est dans le registre bêtes de scène. C’est rock, avec une base New Orleans au départ et beaucoup de soul, parce qu’il y a des cuivres. C’est très festif : en live c’est vraiment fabuleux », promet le directeur du festival.

    Autre coup de cœur 2026, plutôt musique du monde cette fois : la chanteuse d’origine iranienne Ariana Vafadari proposera un récital qui mêle chant lyrique et musique persane, joués au oud et au piano (concert gratuit, 23 août, 16h30). « J’ai trouvé qu’il y avait quelque chose d’unique », confie Fabrice Fenoy.

    Deux têtes d’affiche sont également invitées cette année. Magyd Cherfi (23 août, 14h30, gratuit), le chanteur de Zebda également écrivain, proposera une lecture musicale d’extraits de ses textes (Ma part de Gaulois, La vie de ma mère !) et Charlie Winston, l’auteur du hit “Like a hobo”, clôturera quant à lui ces 4 jours de vagabondage musical (23 août, 21h30). « J’avais plutôt l’image du guitariste chanteur de folk, mais en fait c’est un très bon pianiste. Ce qu’il fait est très délicat, très mélodique », décrit le programmateur.

    À ne pas manquer non plus, parmi les nombreuses propositions, la sieste musicale sous les arbres offerte par Bojan Z (22 août, 16h, gratuit), « un des pianistes de jazz les plus pointus du moment. » On citera également les concerts sous les étoiles, à 23h (gratuit) qui permettront de découvrir Stéphanie Elbaz et ses reprises des morceaux des Beatles au piano (21 août) ainsi le crooner anglais Charlie Wood (22 août).

    Comme chaque année, les pianistes amateurs seront encouragés à s’exprimer eux aussi, avec une scène ouverte le 22 août à midi et un piano crochet le 23 août à 18h30 à la buvette. Les enfants quant à eux, pourront profiter de nombreuses activités (grimpe aux arbres, manège “à propulsion parentale”, concert jeune public le 23 août à 15h…) Enfin, des stands de restauration seront proposés en continu, pour nourrir les papilles autant que les oreilles !

    * Toute la programmation sur : www.unpianosouslesarbres.com

  • [C’est l’été] Sainte-Marthe en fête pour la 3e édition du Festival de l’Été

    [C’est l’été] Sainte-Marthe en fête pour la 3e édition du Festival de l’Été

    Cinq quartiers pour un seul festival. C’est ce que propose le centre social de Sainte-Marthe-La Paternelle avec son Festival de l’Été. Il se tient jusqu’au vendredi 7 août entre la Visitation, la Simiane, Vieux Moulin Saint-Joseph, la Paternelle et Vieux Moulin Arnavaux.

    Organisé sur cinq jours, l’objectif est clairement affiché : dynamiser le quartier de Sainte-Marthe. Houssam Zguep, directeur du centre social Sainte-Marthe-La Paternelle, explique : « On choisit toujours les mêmes dates, début août, lorsqu’il n’y a plus trop d’activités à faire, pour que les gens retiennent le rendez-vous et que le festival s’installe sur le long terme ».

    Le fondateur revient sur les origines du festival : « Ici, il y a huit quartiers différents et les gens ne bougeaient pas d’un quartier à l’autre. Alors, on a eu l’idée de venir directement à eux en changeant de quartier chaque jour avec des activités différentes pour les motiver à se déplacer ». Pour l’organisation, le centre social s’appuie sur des collectifs qu’il a créés dans les quartiers éloignés du centre social. « La Visitation, par exemple, est à 4 km de notre centre, forcément c’est compliqué pour les gens de venir. Alors on organise les animations devant notre local qu’on a là-bas », explique Houssam Zguep.

    Le rituel est bien rodé : « On commence par tourner dans le quartier avec la batucada, un petit orchestre de musique brésilienne, pour réveiller les gens et les faire venir. Alors les enfants se mettent à suivre le cortège. Dans les premières éditions, ça ne marchait pas, mais désormais ils reconnaissent le son », détaille le directeur du centre social.

    Une variété d’animations

    Chaque soir, un quartier différent s’anime de 17h à 21h entre musiques, restauration, animations et performances artistiques. Le lundi était consacré à un spectacle de magie, le mardi à une pièce de danse contemporaine et le mercredi à un groupe de musiques traditionnelles de la côte caraïbe colombienne. Ce jeudi, vous pourrez, dès 18h, à la Paternelle, écouter un concert théâtralisé de l’artiste Kimsar avec l’association Kalabazi. Le festival se conclura ce vendredi sur une soirée-concert avec la venue de trois rappeurs locaux au Vieux Moulin Arnavaux : Thabiti, Hiiitch et Le Bigs.

  • [Entretien] « La culture à Toulon on va la faire tous ensemble »

    [Entretien] « La culture à Toulon on va la faire tous ensemble »

    Dans sa mission d’amener la culture au plus près des habitants dans tous les quartiers de la ville, l’élue Stéphanie Slimani, dramaturge, metteuse en scène, marionnettiste, auteure et professeure de théâtre, peut s’appuyer sur son expérience et son goût pour la solidarité et le partage.

    La Marseillaise : Quelle est l’ambition de la municipalité à travers ce projet ?

    Stéphanie Slimani : La revitalisation des quartiers, par la culture notamment, et le soutien aux artistes du territoire. Ce projet-là va permettre quasiment de lier ces deux ambitions.

    L’idée c’est de faire venir des artistes dans les quartiers et de faire de la culture pas seulement pour les habitants, mais surtout avec eux. De leur permettre de redécouvrir parfois des histoires de gens qui vivent là et dont ils ne connaissaient pas le parcours de vie, l’architecture de leur quartier, de revisiter des espaces, la mémoire des lieux… Tout cela en faisant participer aussi le milieu associatif, les écoles, les médiathèques et les commerçants, afin que tout le monde se sente concerné. C’est une manière de faire de la culture avec les gens qu’on souhaite développer à travers ma délégation qui est nouvelle.

    L’objectif est de renforcer
    la cohésion sociale
     ?

    St.S. : Évidemment, de toute façon la culture fait société. C’est donc pour faire société, pour se rencontrer, pour partager. Certains n’aiment pas dire socioculturel, mais pour moi ces deux termes sont intriqués : la culture c’est social ! Donc bien sûr que l’ambition c’est de créer du lien, du plaisir et de la joie dans le quartier. De faire que les habitants soient fiers aussi de raconter ce qui s’y fait. De pouvoir dire : « Moi, j’ai fait du théâtre, j’ai pu participer à un spectacle de danse, on a fait de la peinture… » Ça permet aussi de faire changer le regard extérieur porté sur le quartier, en mettant juste en valeur ce qui existe déjà. Parce que je le répète, dans les quartiers il y a déjà de la culture, il y a déjà des gens formidables. Mais on peut aussi s’y sentir parfois délaissé, c’est légitime.

    C’est une manière aussi
    de rétablir un peu d’égalité des chances dans
    les quartiers populaires…

    St.S. : Absolument, tous ces mots ont énormément de sens pour moi. Parce que malgré tous les efforts développés pour rendre la culture accessible à tous, il reste encore une barrière qui fait que selon d’où on vient on s’interdit d’y aller, on se dit que ce n’est pas pour soi, qu’on ne va pas comprendre, que peut-être même c’est un peu trop bizarre parfois. C’est pour ça qu’il faut absolument créer des passerelles plutôt que des forteresses. Moi j’aime le mot populaire, je trouve ça noble, la culture populaire, le théâtre populaire, le spectacle populaire. Ça veut dire que cela nous concerne tous, que personne doit s’en sentir exclu. Je défends et revendique donc de faire une culture populaire. Ce n’est pas quelque chose de moins bien, ou de plus facile, simplement je crée des liens pour que chacun se rende compte qu’elle lui appartient aussi.

    J’ai beaucoup travaillé dans les quartiers et en milieu rural sur des projets participatifs, donc je sais que c’est vertueux, je sais que ça fonctionne. Mais il faut avoir en même temps beaucoup d’humilité, et ne pas partir avec l’idée qu’on va tout révolutionner, qu’on va tout changer, et ce n’est pas le but. Il faut venir rencontrer tranquillement ses habitants, les écouter, et puis après commencer à développer des projets participatifs avec eux. Il faut aller doucement. C’est pour ça que le projet du Pont du Las, s’étale sur deux années, qui se renouvelleront après. Il faut du temps.

    Quelle va être la chronologie ?

    St.S. : On lance un appel à projets au mois d’octobre ouvert à tous les artistes professionnels, et le jury se décidera au début d’année 2027. L’ouverture, elle, est prévue au printemps. Le collectif d’artistes viendra s’installer dans un local, avec un budget et un cahier des charges très précis de projets participatifs, d’ateliers et pratiques artistiques gratuits.

    Et avant cela, en fin d’année 2026, on va mettre en place cinq projets, avec notamment de la danse au Pont du Las, où une chorégraphe va travailler dans l’espace public avec une association de femmes, et à Pontcarral, c’est autour de la récolte de la mémoire et du son qu’une compagnie de théâtre va mettre la population à contribution.

    Des actions qui donnent
    de l’espoir, en tout cas…

    St.S. : Toulon est une ville qui a souffert à travers plusieurs époques, qui a su s’épanouir. Où il y a une forme de résilience. Les gens savent vivre ensemble. On a beau essayer de nous désunir, de nous diviser, ça ne marche pas. Et les Toulonnais l’ont montré aussi au mois de mars. Le centre-ville a été réhabilité, c’est magnifique. On a envie d’y aller. Et quand on reçoit des gens, on a envie de le leur faire visiter. Eh bien, on va faire la même chose dans les quartiers.

    On a entendu les habitants des quartiers, on sait qu’il y a du travail, on va le faire. Et la culture à Toulon on va la faire tous ensemble.

  • [C’est l’été] Des activités mutualisées pour les petits alpins

    [C’est l’été] Des activités mutualisées pour les petits alpins

    « Ce que j’aime au centre de loisir c’est que c’est un travail d’équipe, on est jamais seuls. Si tu es triste, dans ton coin, quelqu’un vient te voir. » Raquette de badminton en main, encore essoufflé de ses efforts, Gabin, 8 ans, savoure son été. Ce jeudi après-midi, le gymnase du parc des sports de Briançon résonne des cris d’une petite centaine d’enfants venus des différents centres de loisirs pour participer à des olympiades intercentres.

    « Chaque jour de la semaine, on leur fait découvrir un nouveau sport, explique Hervé Michaux, coordinateur enfance au centre social. Des activités proposées tous les jours sur l’ensemble des centres de loisirs. Au Monêtier on a un groupe qui est en bivouac cette nuit à la montagne et qui a participé à une animation astronomie hier soir. » Les activités sont proposées sur les centres sociaux et de loisirs de Briançon, Villar-Saint-Pancrace, Val-des-Prés, Monêtier les bains et Villar-d’Arrêne. Au total, un peu plus de 200 places sont ouvertes pour tous les centres cumulés. C’est la communauté de Communes qui s’est vue attribuer cette compétence suite à la fermeture de la MJC de Briançon en 2023 pour raisons budgétaires. « On met notamment des tarifs communs entre les communes, un projet pédagogique commun. Ça permet d’éviter les inégalités entre les communes et de mutualiser les compétences des équipes », affirme Marie Chouissa, directrice du centre intercommunal.

    Encourager les familles

    à travers les enfants

    Le prix des activités dépend de l’âge et du quotient familial des ménages. Pour les centres de Briançon par exemple, les tarifs vont de 5,24 euros la journée à 13,60 euros selon le revenu familial. « Notre mission c’est de proposer des activités à destination des familles, des enfants, des adolescents, pour que ce beau territoire soit accessible à tous. Chaque semaine, on essaye de mettre en place une activité payante qui donne l’opportunité aux enfants de pratiquer, de découvrir des choses qu’ils ne pourraient pas forcément faire dans leur famille. Par exemple, cet été on a beaucoup développé le rafting », détaille Marie Chouissa. « Le rafting, en dehors du centre, c’est 45 euros par personne et il faut compter papa, maman… Ça fait tout de suite une grosse sortie. Moi, par exemple, je n’y vais pas avec mes enfants, complète Mathéo Posada, directeur d’un des centres de loisir de l’intercommunalité. Mais ils peuvent y aller avec le centre, et aussi faire de l’escalade, du cheval, des choses qu’on peut se permettre de faire avec la structure. »

    Comme à Marseille où certains enfants ne vont que très rarement à la mer, vivre dans un environnement exceptionnel ne suffit pas toujours à s’en emparer, faute de moyens, de temps, de renseignements… Le but du centre est aussi qu’à travers les enfants, les familles osent plus s’approprier et découvrir le territoire exceptionnel du Briançonnais. « Il y a des gens dans le Briançonnais qui n’osent pas, même si c’est gratuit et que c’est à côté. Il faut amener quelque chose de nouveau par notre savoir-faire, rappelle Hervé Richaux. Faire pétiller les yeux des enfants, qu’ils découvrent et que les familles se disent ah tiens, ils ont fait ça, c’est où ? On pourrait y aller ! »

  • À Béziers, Le Barnabu condamné ?

    À Béziers, Le Barnabu condamné ?

    Le Barnabu vit peut-être ses dernières semaines. Après douze années d’existence, le café associatif géré par le collectif Nabuchodonosor pourrait définitivement disparaître du paysage biterrois. Fermé administrativement depuis le début du mois de juin à la suite d’un arrêté de police générale, l’établissement a vu son équipe se mobiliser pour tenter de trouver une issue à cette situation. Un recours gracieux a ainsi été déposé auprès de la préfecture. Une démarche que l’équipe entreprend toutefois sans grande conviction, convaincue que les conditions nécessaires à une réouverture ne pourront pas être réunies.

    « On n’y croit pas, le local n’est pas aux normes de toute façon. On ne pourra pas garder le lieu », détaille un des membres du collectif avant de préciser certains des reproches faits à l’établissement : « on avait une pièce au fond pour éviter que les gens ne restent dehors et épargner les nuisances auprès des riverains, mais on nous a dit que nous n’avions plus le droit de l’utiliser ».

    Une dernière tentative avant de tourner la page

    Pour le collectif, les difficultés liées au local et aux exigences administratives semblent aujourd’hui rendre une reprise de l’activité particulièrement compliquée. Le recours gracieux représente donc une dernière possibilité de contester la décision de fermeture, mais l’équipe se prépare déjà à l’éventualité d’un échec. « Pour ce recours gracieux nous avons deux mois d’attente de réponse. On n’y croit plus ». Au-delà du recours, les membres du collectif souhaitent désormais réfléchir à la suite de leur aventure associative. « On va essayer de faire d’autres choses, autrement. En itinérance peut-être ». Une nouvelle manière d’envisager les activités pourrait donc voir le jour dans les prochains mois. Après douze ans d’ancrage place Saint-Cyr, le Barnabu semble hélas se diriger vers une fermeture définitive.