« Un court, un film, un débat. » C’est un refrain printanier qui résonne désormais depuis 10 ans à Marseille, faisant bourgeonner les œuvres cinématographiques comme autant de luttes à prolonger. Une petite longévité qui s’explique, selon Stéphane Rio, enseignant et membre de l’équipe du Printemps du film engagé, qui se tient du 27 mars au 3 avril, par « un besoin de débat. Notre programmation intéresse, mais les gens ont aussi besoin d’échanger ».
Son credo ? Ne pas céder au fatalisme, comme l’indique le thème de la mouture 2026, La vie est à nous, empruntée au film réalisé en 1936 – et sorti 33 ans plus tard – par Jean Renoir et Jean-Paul Le Chanois, qui sera projeté le 2 avril au Vidéodrome2 (entrée libre). Une plongée au cœur de la campagne électorale et des victoires du Front populaire, destinée à rappeler « comment se remobiliser pour lutter contre la pensée réactionnaire et raciste. Avec l’idée de ne pas se soumettre, comme l’a montré le peuple en 1936, alors que les années 1930 étaient propices aux fascistes », explique-t-il. Des échos avec notre époque attestant que « la pensée critique et le mouvement social a encore toute sa place ».
De la cause palestinienne, il sera aussi beaucoup question avec l’avant-première, vendredi 27 mars au Gyptis, du documentaire de Pierre Carles, L’affaire Abdallah, autour de Georges Ibrahim Abdallah, ce militant communiste libanais emprisonné pendant 41 ans. « Une enquête très fouillée montrant que ce prisonnier politique a été accusé à tort. Et, en même temps, un film qui retrace le combat pour les droits du peuple palestinien depuis les années 1960 », résume Stéphane Rio. S’ensuivra un débat intitulé « Pourquoi un tel acharnement contre les combattants palestiniens », en présence du politiste au CNRS Vincent Geisser et du militant de longue date pour la libération d’Abdallah, Charles Hoareau. Le lendemain, le Gyptis accueillera « une grosse soirée pour dénoncer les massacres » d’Israël, avec une sélection de courts-métrages réalisés par des Gazaouis, avant la diffusion d’Occupations, film sorti en 2025 qui documente le mouvement des étudiants de Columbia, aux États-Unis, pour « faire pression sur leur université liée à des entreprises d’armement américaines et israéliennes ». Des représentants de la flottille « qui partira les 4 et 5 avril pour Gaza » seront présents.
Parmi la vingtaine de propositions du festival, les luttes locales ne seront pas non plus oubliées, comme pourront l’illustrer La réalité est là…, « lecture théâtralisée » de six mineurs non accompagnés, qui portent sur scène « leur ressenti en France et leur invisibilisation », ou encore Je suis la nuit en plein midi, en clôture du festival à La Baleine. Un documentaire performé politico-poétique qui suit un Don Quichotte et son Sancho Panza des temps modernes venant pourfendre les murs des ensembles résidentiels fermés qui pullulent à Marseille.

![[Entretien] Cyril Zimmermann : « Marseille devient une capitale du cinéma »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/03/8e3639ae0f7a8db79278fc85e888c1ae.jpg)
![[Cinéma] Une histoire nigériane sous haute tension](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/03/5ec0199290d48b66c2cbb67bb8136b35.jpg)

![[Grand entretien] Romane Bohringer : « Malgré l’intime, il y a une fable à partager »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/03/fc60738a7e8bd500f56cd9b0124d18ab.jpg)




