Tag: Cinéma

  • Un festival pour sensibiliser à la fragilité de la biodiversité

    Un festival pour sensibiliser à la fragilité de la biodiversité

    Après l’été qu’on vient de passer à cause de la chaleur et de la sécheresse, on s’aperçoit qu’il y a des biens qui sont indispensables à notre survie : l’eau et la biodiversité » : à travers la première édition de son festival Durance Nature, qui commence lundi, l’association la Cistude alerte sur la fragilité de la biodiversité de la vallée de la Durance. L’association environnementale née il y a 18 ans lance cette année ce rendez-vous, voué à se reproduire tous les deux ans.

    « On ne peut que se battre pour essayer de préserver » cette vallée de la Durance, lance Daniel Madeleine, le fondateur de la Cistude, qui travaillait pour la réserve naturelle géologique de Haute-Provence avant de prendre sa retraite et de laisser la main à l’actuel président de l’association, Marc Linares. « Depuis très longtemps, je suis convaincu que la nature et la biodiversité sont des atouts incontournables pour ce département », poursuit le fondateur.

    Au programme du festival, qui se poursuit jusqu’à dimanche, des sorties en nature à la découverte des castors, des conférences d’experts de l’environnement, des projections de films sur la biodiversité, ou encore des ateliers proposés à de très nombreux enfants qui seront accueillis, accompagnés de leurs professeurs.

    « Pas le poids face aux intérêts économiques »

    La cohabitation entre touristes et biodiversité est « de plus en plus difficile » pour les espèces animales et végétales, qui « ne font pas le poids face aux intérêts économiques », déplore Daniel Madeleine. Son association se bat depuis 18 ans pour « obtenir un classement en réserve naturelle régionale, pour impliquer la région et avoir des financements conséquents ». « Jusqu’à présent, on n’y est pas arrivé, parce qu’il y a des intérêts divergents là-dessus et que, malheureusement, on ne fait pas le poids », regrette le fondateur.

    « Le festival, c’est notre manière d’essayer de faire passer le message qu’on est face à un trésor qui devient incontournable pour le bien de l’humanité », explique Daniel Madeleine. « Est-ce qu’il vaut mieux avoir de l’eau et de la biodiversité, ou des pédalos et des chalets ? », lance-t-il, faisant référence à un projet de la municipalité
    de Château-Arnoux-Saint-Auban auquel l’association s’oppose. Ce projet prévoit l’installation de 160 chalets pour accueillir 900 touristes le long de la Durance, et constitue pour la Cistude l’une des menaces qui pèsent sur la biodiversité de la Durance. « Il y a des projets de développement écotouristique qui au fur et à mesure gagnent du terrain et qui, par la suite, vont être encore beaucoup plus destructeurs », avance le président de l’association, Marc Linares, qui espère être « associé » au projet d’implantation de chalets à Château-Arnoux-Saint-Auban.

  • Le cinéma espagnol crève l’écran à Marseille

    Le cinéma espagnol crève l’écran à Marseille

    « Il y a 25 ans naissait à Marseille notre festival avec l’ambition forte de faire découvrir au public la richesse et la diversité du cinéma espagnol qu’on ne connaissait alors pratiquement pas hormis de grands noms comme Buñuel, Saura ou Almodóvar », rappelle d’emblée Jocelyne Faessel, présidente d’honneur du festival Cinehorizontes qui s’ouvrira officiellement le 8 octobre. Et ce, avec la projection à l’Artplexe de la comédie judiciaire au scénario rocambolesque de Jorge A. Lara et Fer Pérez, Les jurés.

    Pour couronner un quart de siècle à défricher et diffuser la production cinématographique ibérique et hispanophone dans la ville, l’équipe de cette manifestation au rayonnement régional a impulsé un « focus » d’une douzaine de films qui témoignent de « l’évolution sociale et politique de l’Espagne des années 1960 jusqu’à nos jours », résume son directeur de production, Borja de Miguel : des Voyous de Carlos Saura, cet immense réalisateur qui n’a cessé de bousculer les mécanismes de la société franquistes, jusqu’à des films actuels comme Ivan & Hadoum. Réalisé par Ian De la Rosa et projeté au cinéma Le Prado en sa présence, une romance bouleversée entre un homme trans et une ouvrière d’origine marocaine dans une serre agricole andalouse.

    Jeunesse et figures tutélaires

    Remarqué lors de la dernière Berlinale, ce film concourt également dans la grande compétition officielle de Cinehorzontes. « Cerise sur le gâteau » de cette section, La bola negra de Javier Calvo et Javier Ambrossi, diffusé en avant-première française le 9 octobre au cinéma Les Variétés. Prix de la mise en scène à Cannes et sélectionné pour la prochaine cérémonie des Oscars, un film « inspiré d’une œuvre posthume de Federico García Lorca qui parle de l’Espagne, de l’homophobie et d’une censure qui se révèle être une constante dans l’histoire espagnole », souligne Jocelyne Faessel. Au menu également de cette compétition qui compte sept films, La luz de Fernando Franco, dans les pas tortueux d’un prêtre qui « s’apprête à quitter l’Église pour recommencer sa vie » jusqu’au moment où les « crimes de son passé menacent d’être révélés ».

    Irrigué par une cinquantaine de films, mais aussi des débats, rencontres et expositions, Cinehorizontes, 25e du nom, aura pour marraine Anna Saura. La fille du célèbre Carlos viendra ainsi présenter Ese niño de la fotografía. Carlos Saura, son « premier long-métrage documentaire » tout en « archives inédites » sur la carrière prolifique et les dernières années de la vie de son père, décédé en 2023 à l’âge de 91 ans.

    Programme complet sur www.cinehorizontes.com

  • À Marseille, KinoVisions met un coup de Rhin à l’écran

    À Marseille, KinoVisions met un coup de Rhin à l’écran

    Voilà une bobine qui s’est fait remarquer au printemps dernier sur la Croisette. Fatherland est projeté en avant-première au cinéma les Variétés, mercredi 23 septembre à 20h, en ouverture de KinoVisions. Un festival qui témoigne de la vitalité de la production cinématographique outre-Rhin. Prix de la mise en scène au Festival de Cannes, ce film inaugural a été réalisé par Pawel Pawlikowski. Il offre une plongée à l’orée de la Guerre froide (son titre français est 1949), dans les pas de Thomas Mann. Aux côtés de sa fille, cet écrivain renommé « traverse une Allemagne en ruines ». De Francfort, « sous domination américaine », jusqu’à Weimar, alors « contrôlé par les Soviétiques ».

    Catherine d’Autriche

    « Chaque année », rappelle la direction de ce festival du film germanophone, « nous offrons une vitrine aux jeunes talents, aux cinéastes confirmés et aux films de patrimoine ».

    C’est ainsi que sera aussi programmé le petit bijou M le Maudit (1931), réflexion avant-gardiste contre la peine de mort et premier film parlant réalisé par Fritz Lang. Parmi la petite dizaine de films au menu de la 11e édition de KinoVisions, on notera également un « coup de projecteur sur le cinéma autrichien » à travers le drame psychologique de Sarah Wollner, Everytime, ou encore le dernier film de Marie Kreutzer avec Léa Seydoux et Catherine Deneuve au casting, Gentle monster.

  • Au Népal, les Kinnars, ces femmes qui sortent de la brume

    Au Népal, les Kinnars, ces femmes qui sortent de la brume

    Le Népal représente, pour beaucoup, le Bouddha et une multitude de divinités hindoues. Parmi elles, Ganesh, le dieu à la tête d’éléphant, symbolise la sagesse et la protection. Un dieu hybride, transgenre pourrait-on dire. Pourtant, malgré l’existence ancestrale d’une culture queer, les tabous sociaux persistent. C’est ce à quoi s’est attaché le réalisateur népalais Abinash Bikram Shah avec
    son premier long-métrage, Les Éléphants dans la brume.

    Shah ancre son récit au sein d’une communauté de femmes transgenres, qu’on appelle les Kinnars, dans un petit village au sud du Népal en lisière d’une forêt où vivent des éléphants. L’animal est vénéré et craint, à condition qu’il ne sorte pas des limites forestières. Il en est de même pour les Kinnars. Elles doivent se cantonner à leurs seules missions de bénédiction. L’espace de tolérance est bien délimité. Malheur à elles si elles en sortent.

    Pirati est la mère d’adoption de trois jeunes femmes. Déterminée, toujours dans l’action, elle veille sur ses filles. Une famille qui se chamaille… et s’invective copieusement. Appréciée des villageois, Pirati est pressentie pour être la future cheffe des Kinnars. Mais elle transgresse l’interdit en tombant amoureuse d’un musicien de la ville voisine avec qui elle projette de s’enfuir.

    Le regard qui s’affranchit

    Pour ce portrait de femme qui interroge ce qu’il faut sacrifier pour devenir soi-même, Shah ose une scène intime quand Pirati et son compagnon font l’amour sous des lumières flamboyantes qui rappellent celles de la divinité éléphantesque. Il se dégage une sensualité qui bouleverse. Les schémas corporels imposés (depuis l’époque coloniale britannique) tombent pour ne voir qu’une réalité : celle d’un couple qui s’aime.

    Un film saisissant

    de contrastes

    Le film est transcendé par l’interprétation fusionnelle de Pushpa Thing Lama, engagée dans la défense des droits des personnes LGBTQIA+. L’actrice non professionnelle joue le rôle de cette mère tiraillée entre son désir de liberté (partir vivre avec son amoureux à Delhi) et son devoir de famille. Le visage de Pirati, dur et fermé par moments, lumineux et souriant à d’autres, évoque les sentiments contradictoires qui la bouleversent au gré des épreuves qu’elle traverse. Avançant d’un pas décidé, elle peut faire profil bas pour se faire accepter des villageois. Lorsque l’une de ses filles disparaît (après une probable relation adultère avec un homme du village), on perçoit le désarroi, la culpabilité et la colère d’une mère anéantie avant l’explosion de la révolte.

    Plongée sensorielle

    dans la forêt

    Les drames s’enchaînent, flirtant avec le thriller. Mais, ici, il s’agit d’histoires humaines réelles, la fiction n’étant qu’un prétexte, aidée en cela par la puissance de l’image et du son. La caméra capte les lumières incandescentes en contraste avec la nuit profonde. Des scènes bucoliques en pleine forêt tranchent avec le spectacle de faisceaux lumineux des torches pour tenir à distance les éléphants. Cette même forêt magnifique devient menaçante lorsque le village est plongé dans l’obscurité.

    Les éléphants que l’on devine seulement par la battue nocturne des villageois qui veulent les éloigner, au début du film, sortent dans la scène finale, obéissant aux claquements des mains des Kinnars. Les puissants animaux, qui subissent aussi l’ostracisme d’une population superstitieuse, sortent de la brume pour répondre à l’appel de ces femmes méprisées.

    En salle le 23 septembre, (1h43)

  • Action à la Rochelle pour attirer encore plus de tournages

    Action à la Rochelle pour attirer encore plus de tournages

    Et de profiter de la projection d’Impossible, réalisé par Emmanuel Finkiel tourné presque intégralement dans les Hautes-Alpes, pour mettre ses décors de montagne sous les projecteurs… et tenter de séduire de nouvelles productions. À noter qu’en 2025, le Bureau d’accueil des tournages des Alpes du Sud a accompagné 28 tournages, représentant plus de 300 jours de tournage.

  • Paul Carpita sur grand écran à Marseille

    Paul Carpita sur grand écran à Marseille

    Le film sera projeté le 17 septembre à 20h au cinéma le Chambord, à Marseille. Longtemps censurée, cette plongée dans le quotidien des dockers et des quartiers populaires de la cité phocéenne demeure un témoignage précieux des luttes sociales et de la vie des années 1950. Une occasion rare de redécouvrir ce classique. La séance sera suivie d’un débat animé par Katharina Bellan, docteure en études cinématographiques et histoire, chercheuse associée à l’Université d’Aix-Marseille, autour de l’œuvre et de l’héritage de l’un des grands noms du cinéma. Comme l’avait expliqué le producteur Yves Rousset-Rouard en 1989, au moment de sa ressortie, Le rendez-vous des quais constitue le « chaînon manquant du cinéma français » dans la mesure où c’est un film néoréaliste qui avait anticipé la Nouvelle Vague.

    www.cinemalechambord.fr

  • Le 7e art italien sous toutes ses facettes à Aix

    Le 7e art italien sous toutes ses facettes à Aix

    « Depuis sa création, l’Institut de l’image entretient un lien privilégié avec le cinéma italien auquel il a consacré de nombreuses rétrospectives au fil des années et il est vrai que je l’affectionne particulièrement », écrit Sabine Putorti qui, après 23 ans à la tête de l’association éponyme, quitte ses fonctions de directrice. Pour ce dernier cycle griffé de son empreinte qui s’inscrit jusqu’au 27 septembre à l’école supérieure d’art Felix-Ciccolini, son site historique de Méjanes étant toujours en travaux, l’Institut de l’image d’Aix met les petits plats dans les grands avec de multiples projections allant des Pâques sanglantes de Giuseppe de Santis (1950) au Journal intime de Nanni Moretti (1994).

    Rêve et désillusions

    « Cette rétrospective invite moins à définir une essence du cinéma italien qu’à en explorer ses multiples visages », résume Sabine Putorti. Parmi la douzaine de films diffusés, des chefs-d’œuvre incontournables tels que La Dolce vita de Federico Fellini ou Nous nous sommes tant aimés d’Ettore Scola, mais aussi des bobines à peine moins connues du grand public comme Une vie difficile, de Dino Risi. Réalisé en 1961, une œuvre teintée de désillusions qui s’inscrit dans le sillage d’un ancien résistant nommé Silvio Magnozzi (incarné par Alberto Sordi) « reconverti en journaliste engagé » et qui a « de plus en plus de mal à subvenir aux besoins de sa famille ». Un cycle qui s’inscrit dans le cadre de la Biennale d’Aix, consacrée cette année à la Grande botte.

    Horaires des séances sur www.institut-image.org

  • Pour sa 13e édition, le festival Aflam veut « réparer l’image »

    Pour sa 13e édition, le festival Aflam veut « réparer l’image »

    Depuis l’année 2000, l’équipe d’Aflam œuvre à la mise en valeur du travail cinématographique, ancien ou contemporain, issu des mondes arabes. Pour cette 13e édition de leur festival, l’accent est mis sur le travail autour des archives cinématographiques. Des archives souvent menacées ou abîmées, qui doivent être protégées, restaurées et transmises pour permettre à la mémoire des mondes arabes de survivre et d’être diffusée.

    Après avoir reçu de nombreuses candidatures, l’association a sélectionné un total de 52 films. Le public pourra assister, du 10 au 18 octobre, à 34 séances-événements avec notamment des temps d’échanges avec les réalisateurs ou les acteurs des films présentés.

    En dévoilant, la semaine dernière, le programme de cette édition 2026, la présidente de l’association Aflam, Brigitte Curmi, a insisté sur la conviction de l’équipe de mener ce travail sur les archives. Pour Aflam, cette mission est « d’une brûlante actualité face aux tentatives d’effacement de l’art et de l’histoire » qui concernent une grande partie du monde arabe.

    La question de la restauration de l’image, centrale dans cette édition du festival, possède ici un double sens. À la fois un sens propre : la réparation des archives est importante d’un point de vue technique afin de pouvoir construire des récits autour de différents contextes historiques et politiques. Et un sens figuré, puisque l’enjeu de la réparation intervient quant à elle dans la manière dont la construction et la diffusion de ces récits permettent de reconstruire et de transmettre une mémoire – abîmée, effacée ou menacée de disparaître.

    Plus qu’un festival

    de cinéma

    Au-delà des séances de diffusion et des rencontres, le festival organise également des séances et des ateliers de médiation qui permettront aux jeunes de travailler autour de ces thématiques. Aflam poursuit ainsi le travail mené tout au long de l’année. La pratique de la restauration d’archives est aussi à l’honneur pendant le festival avec des portes ouvertes sur les techniques de restauration images et son.

    Si le festival débute le 10 octobre, l’ouverture officielle est prévue le 12 octobre au Mucem avec la diffusion de Petits rêves de Khaled El Hagar. La clôture aura lieu aussi au Mucem, le 18 octobre à 20h, avec la diffusion de Souraya mon amour, en présence du réalisateur Nicolas Khoury et de l’actrice Souraya Baghdadi.

    Programme complet sur aflam.fr

  • Actoral questionne les racines et les identités à Marseille

    Actoral questionne les racines et les identités à Marseille

    Depuis un quart de siècle, le festival Actoral fait entrer en collision théâtre, danse, musique, arts plastiques, littérature et cinéma à Marseille. Autant de disciplines qui continuent d’irriguer sa 26e édition, présentée mercredi à la presse dans les nouveaux locaux de l’association et centre culturel qui en est aux manettes, Montévidéo, au 45, rue d’Aubagne. Dotés d’une jauge d’une centaine de places assises, des lieux qui accueilleront certaines propositions de son festival phare comme Pédilove, performance de l’artiste marseillaise John Deneveuve ou encore Khalil Khalil, hommage chorégraphique et autobiographique de Khalil Albatran à « son frère mort en martyr pendant la première intifada palestinienne en 1989 ». Pour Hubert Colas, « la mémoire familiale et des origines », mais aussi « la réaction des artistes face au capitalisme » constituent les traits saillants de cette mouture du festival qu’il dirige.

    Actoral, 26e du nom, s’élancera officiellement le 23 septembre au Théâtre des Calanques avec Synthetic/Artefact. Créée par le chorégraphe Tiran Willemse, un monde futuriste animé par des poupées, qu’elles soient « vaudoues » ou bien « plus occidentales, type Barbie », campe Hubert Colas. Une friction de miniatures pour « réparer ce que l’Europe a fait à l’Afrique. Aujourd’hui, la nouvelle génération d’artistes découvre qu’il y a une censure intérieure, malgré elle, qui s’est établie au fil des années à cause du politique. Ils se disent que l’image de la société qui leur est renvoyée n’est pas conforme à ce qu’ils sont en réalité », souligne-t-il. Adèle Haenel sera ainsi l’une des invités de renom de cette édition, elle qui viendra présenter à la Friche Belle de Mai Voir clair avec Monique Wittig, faisant résonner de manière dramaturgique la pensée de cette pionnière du Mouvement de libération des femmes ayant aussi fait partie des « Gouines rouges ».

    Une île et un bunker

    Parmi ses autres marques de fabrique, Actoral est aussi « un temps fort autour d’artistes qui viennent des arts visuels et vont vers la performance », rappelle Hubert Colas. Parmi ceux-ci, Geneviève Matthieu qui « invoque une île étrange où les repères vacillent par la poésie, l’entraînement physique, musique et chant » dans Danse prophétique à l’île bizarre, au Théâtre des Bernardines. Au Fonds régional d’art contemporain (Frac Paca), Gaëtan Rusquet inondera quant à lui l’espace de ballons de baudruche dans un geste sculptural. Des diversités esthétiques qui ne sauraient faire oublier la prédominance de la question sociale sur nos identités, comme pourra le suggérer Bunker de Marion Siéfert et Matthieu Bareyre. Visible à la Friche Belle de Mai, « l’histoire d’un PDG d’un groupe pétrochimique qui vit enfermé avec sa fille dans un bunker », illustrant « la volonté séparatiste de cette caste désolidarisée du sort commun », estime Hubert Colas.

  • [Cinéma] À Frontignan, des spectateurs bluffés, des objectifs dépassés

    [Cinéma] À Frontignan, des spectateurs bluffés, des objectifs dépassés

    Un scénario parfaitement huilé. Au 12, quai Voltaire, au cœur des anciens chais Botta, Priscilla Schneider n’en croit pas ses yeux. À peine 8 mois après son ouverture en remplacement de l’ancien CinéMistral, son cinéma Quai des lumières cartonne.

    « Cette année, on en est déjà à 119 523 entrées alors qu’on tablait sur ce chiffre en fin d’année », calcule la directrice et associée. Ce n’est pas la seule à avoir le sourire. « Les gens sont bluffés. Ils nous disent qu’ils n’auraient jamais cru avoir cela à Frontignan. »

    Il faut dire qu’ils n’ont pas lésiné sur les moyens. Quatre salles pour un total de 600 places avec une qualité de son optimale (Dolby Atmos en salle 1), des écrans premium (jusqu’à 14 mètres) et une assise confortable. « Nous avons des fauteuils qui s’inclinent. On s’approche de la qualité de l’offre des multiplexes à des tarifs attractifs (de 4,5 à 9,5 euros) », se félicite Priscilla Schneider.

    Côté programmation, cette ancienne salariée du Diagonal à Montpellier est fière d’allier le cinéma d’auteur aux blockbusters. « J’aime bien l’idée de ne pas être dans un entre-soi, que tous les milieux sociaux se croisent. » Cette année c’est régulièrement le cas avec le succès de grosses machines (Avatar, Marsupilami, l’Odyssée…) mais aussi de films français (De la Comédie française, De Gaulle…) et d’art et d’essai à succès (Fjord, Soudain…).

    Un vrai pôle culturel

    Cette mixité se retrouve aussi lors des soirées débats. « On va parler de l’alcoolisme avec Garance [sortie le 23 septembre] mais un prof d’économie nous a aussi proposé un débat sociétal sur des films comme Spiderman ou Dune », illustre la directrice.

    Phénomène inattendu, Quai des lumières attire au-delà du bassin de Thau. « On a des Biterrois ou des Montpelliérains [avec la fermeture du Diago pour travaux, Ndlr] qui viennent. » Grâce au parking de 160 places, le lieu est facilement accessible. « On peut venir passer la journée en se baladant dans les salins ou sur les quais. »

    L’intégration du cinéma au pôle culturel des Chais du canal peut même ouvrir d’autres perspectives aux fins gourmets ou aux amoureux des lettres. Le complexe comprend la brasserie haut de gamme La cave à Nico et la librairie indépendante Les choses de la vie. Sans oublier l’école de documentaires Explore Academy d’où sortiront les réalisateurs de demain.