Tag: CGT

  • La CGT de l’hôpital de Montfavet au devant du recul de la psychiatrie

    La CGT de l’hôpital de Montfavet au devant du recul de la psychiatrie

    Trois ans de lutte en plus pour Claire Moreno à la tête de la CGT de l’hôpital de Montfavet, réélue ce mercredi suite au congrès de la section syndicale d’un des plus grands établissements de santé mentale en France, qui rassemble environ 420 des 2 200 agents de l’hôpital.

    D’autant que la CGT de l’hôpital psychiatrique fête son 120e anniversaire en 2026 et que « sans nous, il n’aurait pas le même visage », glisse Gaby Adrian, tout juste élu secrétaire général adjoint.

    Et pour les trois prochaines années, un regard attentif va être porté sur les grandes transformations prévues sur le site. Comme celle présentée en grande pompe en avril dernier. Un chantier de 13,9 millions d’euros visant à « humaniser » les soins (notre édition du jeudi 23 avril). Une réhabilitation regardée avec attention car cela implique d’autres problématiques, la direction du site souhaitant adapter les conditions d’isolation des patients qui peuvent parfois être difficiles à gérer. « Humanisation oui. Mais si on réduit nos effectifs à deux pour quinze. Et que les deux doivent être avec un patient, on fait quoi des treize autres ? On veut surtout des effectifs pour éviter la frustration des patients », ajoute-t-elle. Et de pointer également la présence de mineurs dans des services pour adultes. Ou encore la demande d’escorte de police pour l’accueil de patients en détention. Tout en répétant qu’elle « dédouane la direction de cela car ce qu’il manque, c’est des budgets. Elle fait ce qu’elle peut. S’il y avait les budgets pour de la masse salariale, ils embaucheraient et on reverrait les effectifs à la hausse et on pourrait faire de la vraie psychiatrie, du vrai médico-social ». Chaque année, 22 000 personnes sont prises en charge par les services du centre hospitalier.

    Budget réduit

    Et face à la crise que traverse le secteur, elle se remonte les manches. Avec, pour les trois années à venir, « des engagements forts au niveau de la lutte contre l’extrême droite, des engagements forts sur le maintien des valeurs de la CGT et pour défendre une psychiatrie et le médico-social publics, la santé publique au service des usagers », pose-t-elle en introduction. La section syndicale se pose contre les idéologies qui vont à l’encontre du modèle social et le secteur privé qui souhaite grignoter des parts du public. « Toutes les années, ils viennent tirer sur nos budgets en disant qu’il faut réduire nos dépenses. Sauf que nous, on n’est pas une entreprise qui fournit du capital », réitère Claire Moreno. Pointant entre autres que la psychiatrie a été érigée en cause nationale « mais que l’on ferme des lits tous les ans ».

    L’élection présidentielle sera donc scrutée de près par les syndicalistes de la psychiatrie.

  • Des soutiens aux dockers face au RN

    Des soutiens aux dockers face au RN

    « Nous apportons notre soutien indéfectible aux camarades mobilisés contre la présence des représentants d’extrême droite sur les quais et dans notre bassin de vie. » Le maire de Port-de-Bouc Laurent Belsola (PCF) a ainsi manifesté son soutien mardi soir aux dockers CGT du Golfe de Fos ayant refusé la présence du député RN Emmanuel Fouquart à l’inauguration d’un hangar de l’entreprise Alteo, sur le port.

    L’édile fustige la « tentative d’inverser le cours de l’histoire » du député d’extrême droite « en taxant le PCF, le syndicat CGT et son secrétaire Christophe Claret, d’antidémocratiques ». « Nous savons très bien qu’au-delà d’être le bras armé du libéralisme et de servir l’intérêt des multimilliardaires, l’extrême droite n’a de cesse d’attiser le mépris de classe, la peur, la violence, le rejet de l’autre et, porte en elle, le fléau de l’abolition des libertés individuelles et collectives », assène l’élu communiste.

    La fédération nationale des ports et docks CGT a aussi apporté son soutien en rappelant que « notre histoire, nos fondamentaux, nos orientations sont et seront toujours viscéralement à l’opposé de ces fossoyeurs de notre modèle social qui servent l’intérêt des plus puissants, d’où la connivence avec le patronat comme aux heures les plus sombres de notre pays ».

    Un combat de classe

    La fédération CGT resitue ce conflit dans un combat de classe, car le RN « rêve de remplacer les ouvriers dockers par les marins avec l’autoassistance, le dumping social, de privatiser totalement les ports, de libéraliser et déréglementer notre secteur et remettre en cause nos conquis sociaux » selon la fédération syndicale.

    Outre le PCF, le NPA-L’anticapitaliste 13 a également apporté son soutien aux dockers qui « renouent avec les meilleures traditions de lutte et antifascistes du mouvement ouvrier », selon le parti.

  • [Entretien] « Une volonté d’affaiblir la CGT et ses bastions »

    [Entretien] « Une volonté d’affaiblir la CGT et ses bastions »

    La Marseillaise : Pourquoi organisez-vous cette journée d’action à un niveau départemental et interprofessionnel ?

    Marc Pietrosino : On est un département en situation d’urgence sociale, avec beaucoup d’emplois qui sont menacés dans tous les pans de l’économie, et que ce soit dans le privé ou dans le public. Il y a beaucoup d’incertitudes : quand on regarde sur la Région Sud, notre département est un peu une exception par rapport aux autres, où il n’y a plus, ou très peu, d’industrie. Actuellement, on voit des tentatives de réorganisation économique sur le territoire : les investissements sur les industries ne sont pas à la hauteur. Avec tout ce que cela implique pour les services publics, les commerces… Et dans le même temps, on constate qu’il y a une répression accrue sur les délégués CGT dans les entreprises, qui ne font que défendre les droits des salariés. L’idée est de monter le ton avec cette journée : on réaffirme qu’on ne laissera pas ce département devenir une zone uniquement avec des emplois précaires. Et qu’on ne laissera pas nos camarades être réprimés et criminalisés.

    Quel lien entre cette répression syndicale et cette urgence sociale ?

    M.P. : C’est plus facile de faire un PSE quand il n’y a plus la CGT dans l’entreprise. C’est plus facile d’enlever des droits aux salariés quand les délégués CGT sont muselés. Et puis, ce sont des signaux politiques envoyés aux salariés. C’est une manière de leur dire « même eux, on n’a pas peur de les convoquer, de les faire condamner ». C’est une façon de régner par la peur face aux travailleurs.

    Le Grand port maritime de Marseille est une place centrale de l’économie régionale, ce n’est pas un hasard si la CGT GPMM est visée ?

    M.P. : Oui, c’est clair. Si les syndicats qui sont une force de frappe pour la CGT, qui sont des bastions, sont menacés aujourd’hui ce n’est pas un hasard. C’est une volonté d’affaiblir plus généralement la CGT, le mouvement social et la défense des salariés plus généralement. Il faut rappeler que le syndicat CGT GPMM s’est beaucoup mobilisé, notamment sur des dossiers comme celui de la centrale de Gardanne. Si la CGT GPMM et les dockers n’avaient pas été là, malgré toute la bonne volonté, on n’en serait pas là aujourd’hui. Et il y a des attaques actuellement sur les ports français, sur le port de Marseille-Fos. Donc forcément, ils essaient d’affaiblir le syndicat du GPMM. On a eu le même cas avec la CGT Énergie qui était à la pointe dans la lutte contre la réforme des retraites et qui a subi une forte répression syndicale. La CGT a une capacité de mobilisation forte, elle est logiquement dans l’œil du viseur du patronat. Regardons la mise en examen de Sophie Binet… On n’aurait jamais pensé qu’on en arriverait là.

    Quelle forme va prendre cette journée concrètement ?

    M.P. : Dans la matinée, plusieurs organisations ont des actions prévues. Il y a de la grève, chez les territoriaux d’Istres par exemple, mais aussi des distributions de tracts comme dans la zone industrielle des Paluds, ou encore des actions chez les énergéticiens. Mais tout le monde se donne rendez-vous au meeting sur le port, en présence de la confédération.

  • Les syndicats espèrent un relais politique

    Les syndicats espèrent un relais politique

    Le courrier est déjà parti. À peine élu président du conseil de surveillance qu’Olivier Galzi est sollicité par les agents FO et CGT pour une rencontre. Si les deux syndicats échangent déjà avec Virginie Issautier, conseillère municipale en charge de la santé qui siège aussi au conseil de surveillance, ils espèrent aussi une oreille attentive du maire (DVD) d’Avignon. « Il doit prendre en compte que l’hôpital est le plus gros employeur de la ville et y apporter toute son aide, on attend beaucoup d’un maire, qu’il soit aussi à l’écoute des personnels, pose Christophe Del Rey, secrétaire FO santé Vaucluse et membre du conseil de surveillance. Nous jugerons les actes plutôt que les discours. »

    Si le président du conseil de surveillance n’a pas de rôle décisionnaire dans la stratégie organisationnelle de l’hôpital, il peut en revanche demander des comptes et porter une voix politique. « Les politiques doivent s’exprimer sur ce qu’est le devenir de l’établissement support, s’ils se taisent, forcément leur voix ne sera pas écoutée, souligne Patrick Bourdillon, secrétaire CGT des agents de l’hôpital, qui n’ont pas de représentants au conseil de surveillance. On va être très attentif à ce que les politiques aient leur mot à dire sur le fonctionnement de l’établissement, leur vision dans la construction de l’organisation des soins. Si par rapport aux besoins, on ne met pas une réponse humaine à la hauteur, on part à des catastrophes. Un plan d’investissement à 150 millions d’euros, c’est bien, mais quand il y a des orages, il pleut au bloc opératoire. »

    Parmi les sujets, l’épineuse relation entre syndicats et le directeur Pierre Pinzelli, qui a notamment porté plainte pour diffamation contre Patrick Bourdillon (notre édition du 6 mai). En début d’année, la cérémonie de vœux avait été annulée au dernier moment sur fond de fortes tensions internes liées aux conditions de travail et risques psycho sociaux. « Il y a des difficultés dans tous les hôpitaux, encore plus ici avec ce directeur qui est prêt à tout pour remettre l’hôpital à l’équilibre, cela nous inquiète », observe Farid Ben Mohamed, secrétaire FO du centre hospitalier, évoquant « burn-out, arrêts de travail » et un personnel « usé par des remplacements au pied levé ». Le délégué syndical va également plaider auprès d’Olivier Galzi pour que la police municipale participe à la sécurisation de l’hôpital par une patrouille.

  • Un bus direct pour Aix devrait être expérimenté à la rentrée à Miramas

    Un bus direct pour Aix devrait être expérimenté à la rentrée à Miramas

    Les lycéens de Miramas ont obtenu gain de cause. Une ligne de bus expérimentale devrait être mise en place à partir de septembre pour relier la commune de l’ouest du département à Aix-en-Provence.

    L’annonce a été faite lors du débat public organisé par la section du PCF, en association avec la CGT et les cheminots du même syndicat, ce mardi 23 juin au soir. C’est la nouvelle secrétaire communiste Natacha Mallet qui a fait remonter cette revendication de la jeunesse miramasséenne, qui pointe la mobilité comme un obstacle à la poursuite d’études supérieures, aucune ligne directe ne permettant actuellement de relier Aix-en-Provence et ses nombreuses facultés. La ligne 25 faisait autrefois ce trajet, avant d’être scindée. « Cette rupture de charge est facteur d’exclusion sociale, et ce n’est pas acceptable », reconnaît le maire Frédéric Vigouroux (DVG).

    À la rentrée, les Miramasséens devraient donc pouvoir emprunter un bus dont les départs sont déjà connus : 6h25 pour une arrivée à 7h40, et 6h50 pour une arrivée à 8h05. Le retour est prévu à 18h20 pour une arrivée à 19h34, d’après l’adjoint au maire délégué aux déplacements et à la mobilité Daniel Higli.

    Les rails rouverts pour

    le fret

    « Notre action a fait écho, on en prend acte, salue Natacha Mallet. Il faut poursuivre la mobilisation pour qu’on s’assure d’une fréquence suffisante et d’une pérennisation. » La section communiste, la CGT et les cheminots du syndicat voient plus loin et militent pour une réouverture de la ligne ferroviaire Miramas/Aix-en-Provence passant par Rognac. Pascal Surcouf, agent de circulation et syndiqué à la CGT cheminots de Rognac appuie : « La ligne existe, il ne manque que les trains. (…) Cette voie a été modernisée il y a quatre ans (…) et est en capacité de faire des cadencements. » En septembre dernier, la CGT cheminots de Miramas et la CGT de la centrale de Gardanne s’associaient pour revendiquer le retour de l’activité de fret qui existait jusqu’en 2019.

    Là aussi, les forces de gauche pourraient obtenir gain de cause puisque Frédéric Vigouroux a confirmé que la ligne devrait rouvrir. « Normalement, on devrait avoir entre cinq et dix trains qui vont récupérer sur la ligne pour les trafics de bois à GazelEnergie, ça devrait démarrer en mai 2027 pour les travaux de mise aux normes. Est-ce que fret et passagers peuvent cohabiter ? Je suis pas expert mais ça devrait être possible. »

  • La fin du courrier se profile à la plateforme de La Poste

    La fin du courrier se profile à la plateforme de La Poste

    « Aucun engagement, à ce stade, ne peut être pris quant au maintien sur site de l’ensemble du personnel affecté à la Plateforme Industrielle Courrier de Vitrolles ». Le message du directeur de la PIC de Vitrolles, cœur battant du traitement des courriers dans les Bouches-du-Rhône, à l’adresse des salariés de La Poste est sans détour. En date de ce 22 juin et sous la forme d’une « newsletter », la direction du site aborde le « projet de transformation » ainsi que « l’évolution de ses activités ». Une bonne nouvelle ? Pas vraiment aux yeux de la CGT, qui alertait dès l’année dernière sur une potentielle disparition de la PIC en tant que telle (lire notre article du 20/08/2025). « Tout ce qu’on pressentait, c’est confirmé ! », s’alarme Sabrina Manca, élue CGT de La Poste et salariée du site. Et pour cause : quand la direction évoque une « nouvelle orientation industrielle », la CGT y voit une « fermeture ». « Ça serait une transformation si on gardait tous les agents, mais là on diminue le courrier et les effectifs… On ne va plus être une PIC, le statut va changer. Faire du multiflux, c’est un métier différent que de faire du courrier ! », explique Sabrina Manca. Il faut dire qu’elle en sait quelque chose : « J’ai déjà fait trois fermetures de PIC ailleurs en France, il ne reste que la moitié des effectifs ». Avant de développer : « Les casiers pour trier le courrier vont disparaître, ou être fortement réduits. Avec l’installation d’une machine qui s’occupera des colis, les effectifs vont être réduits, forcément ».

    Ce qui est certain, c’est que la direction, dans sa newsletter, confirme bien une « transformation vers une plateforme industrielle multiflux » avec notamment « l’implantation d’une machine colis ». Et surtout des études « logistiques et organisationnelles » pour préciser le « périmètre des futures activités colis et le périmètre des activités complémentaires (courrier, Log’issimo…) ». En clair, le maintien d’un flux courrier est bien stipulé, mais relégué au second plan face aux colis. D’où l’inquiétude syndicale : « Ils ne garderont que quelques machines pour trier les tournées des facteurs… Une partie du courrier va partir sur la PIC de Montpellier. Sur 244 salariés, on ne sera plus que 150 à 180 salariés à la fin » dénonce Sabrina Manca. Même principe pour le courrier alpin, traité sur la PIC de Vitrolles à l’heure actuelle : « Le courrier du Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-Provence ira à Toulon ! ».

    Toujours dans la newsletter, le directeur du site assure que « chaque personne concernée par les évolutions des activités disposera d’une solution adaptée avec la garantie d’une réorientation professionnelle et d’un accompagnement individuel et personnalisé au sein du bassin d’emplois ou sur une PIC de proximité ». Pas de quoi rassurer la CGT : « Qui va aller à Montpellier quand on a ses enfants scolarisés à Marseille ou son mari qui travaille dans le département ? Le plus grand nombre de postes ouverts pour les reclassements des agents, c’est facteur. Mais justement, la plupart des personnes qui travaillent en PIC en viennent… ». L’organisation syndicale évoque même un « plan social déguisé » tant elle prévoit de la casse dans les effectifs. « Il y aura des abandons de postes, des licenciements pour inaptitude, des reclassements pour ceux qui peuvent et veulent… », se désole Sabrina Manca.

    Contactée pour avoir plus d’éléments, La Poste doit revenir vers nous prochainement. Mais l’entreprise table sur un début des travaux prévisionnel pour février ou mars 2027, et une mise en service à la fin de cette même année.

  • Face aux dockers CGT, un député RN renonce à se rendre sur le port

    Face aux dockers CGT, un député RN renonce à se rendre sur le port

    Les représentants du Front national ne sont pas les bienvenus sur notre Port. » Le message du syndicat CGT des dockers et portuaires du Golfe de Fos est clair à l’endroit du député RN Emmanuel Fouquart, dans un communiqué paru lundi matin. Le parlementaire d’extrême droite était invité ce lundi, à l’initiative de l’entreprise Alteo, au terminal minéralier de Fos-sur-Mer pour l’inauguration du projet Alufos de l’entreprise spécialisée dans les alumines de spécialité.

    Ce communiqué des dockers et portuaires CGT intervient après un premier communiqué du député, publié dimanche. L’élu indique avoir été « alerté par Patrick Schneider, directeur d’Alteo Gardanne, de menaces téléphoniques directes » en opposition à sa venue, citant nommément le secrétaire général du syndicat, Christophe Claret, comme initiateur. « Ces intimidations visaient d’abord à faire obstruction à ma venue. En cas de maintien de ma participation, des menaces de blocage des déchargements destinés à Alteo ont été proférées », affirme le député, s’inquiétant d’un « péril » pour l’activité de l’entreprise. C’est pourquoi l’élu RN a décidé « à regret » de ne pas participer à l’inauguration.

    « Ce député a voté contre l’augmentation du Smic »

    La sollicitude à l’égard de « l’outil de travail des salariés » invoquée par Emmanuel Fouquart pour justifier ce renoncement se heurte aux rappels du syndicat CGT.

    « Les représentants du Front national ne sont pas les bienvenus, ceux qui surfent sur le désespoir de la classe ouvrière, dont les masques tombent pas à pas », indique le syndicat. « Ce même député qui vote contre l’augmentation du Smic, contre l’indexation des salaires sur l’inflation, qui abandonne la lutte contre la réforme des retraites, qui divise sur les thèmes identitaires raciaux, faisant le jeu du grand capital », assène la CGT des dockers et portuaires en référence à plusieurs votes du parlementaire à l’Assemblée nationale.

    De son côté, le député dénonce dans son communiqué « le chantage et les menaces sur la direction d’Alteo ». « Ces méthodes ne relèvent pas de l’action syndicale, mais de l’intimidation orchestrée par une antenne politique liée à un PCF à la dérive totalitaire », ose le député, dans un discours antisyndical et anticommuniste traditionnel de l’extrême droite française. « Ces agissements prouvent que ces structures ne défendent ni les ouvriers, ni le travail. Ils doivent nous alerter sur le danger que la CGT et le PCF représentent aujourd’hui pour notre démocratie et notre économie », conclut Emmanuel Fouquart.

    Des attaques provoquant logiquement l’ire des syndicalistes CGT, rappelant que « nous n’avons pas de leçons à recevoir de ce député RN sur la démocratie », prenant pour exemple « le maire RN de Carcassonne, fraîchement élu, qui a commencé par exclure la CGT de ses locaux ». « Pour rappel, notre organisation syndicale est représentative à 100% sur le port de Fos, avec l’ensemble des salariés syndiqués à la CGT, n’en déplaise à certains : 126 ans d’existence au service des travailleurs du port, de l’emploi et du développement de nos activités », développe le syndicat.

    « Il a tourné le dos aux salariés d’ArcelorMittal »

    Le sénateur communiste Jérémy Bacchi, tout juste réélu secrétaire départemental du PCF après le congrès du parti ce week-end, a également réagi en « apportant un soutien indéfectible » au syndicat CGT des dockers et portuaires du golfe de Fos. « Ce député cherche à se refaire une virginité politique sur le dos des salariés, mais l’hypocrisie a ses limites », tance le sénateur, rappelant aussi que « lorsqu’il a eu l’occasion historique et concrète de défendre l’industrie locale et ses salariés, il leur a tourné le dos en s’abstenant sur la nationalisation d’ArcelorMittal ». « Dès qu’il s’agit de s’attaquer aux intérêts du grand capital pour protéger les emplois, le pouvoir d’achat et défendre réellement les travailleurs, il n’y a plus personne », insiste Jérémy Bacchi.

    Le syndicat rappelle enfin que « leur courant politique a voté les pleins pouvoirs à Pétain en bafouant la démocratie, a censuré la presse, dissout les syndicats et partis politiques », durant l’Occupation.

    Sollicitée, l’entreprise Alteo n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • Des remaniements dans la petite enfance qui interrogent à Monteux

    Des remaniements dans la petite enfance qui interrogent à Monteux

    Les drapeaux rouges de la CGT flottaient devant l’entrée de la mairie de Monteux, ce lundi 22 juin, à l’occasion d’un rassemblement à l’appel des territoriaux de la commune contre des « conditions de travail de plus en plus difficiles », notamment dans le secteur de la petite enfance, assure le syndicat.

    Une cinquantaine de personnes étaient ainsi réunies en matinée. Un préavis de grève avait aussi été déposé par le syndicat. « On nous demande de plus en plus de choses », souffle Stéphanie Audibert, agente territoriale spécialisée des écoles maternelles (Atsem) à l’école Marcel-Pagnol. Elle pointe une réorganisation de son temps de travail afin de la faire intervenir également, lors des vacances scolaires, dans les centres aérés. Une demi-heure de travail par jour hors vacances a ainsi été levée pour être fléchée vers les périodes de congés. « Normalement, on s’occupait, à ces moments-là, de faire le ménage dans les écoles. Ça nous permettait un peu de couper aussi. Là, ça devient compliqué et cela va se ressentir dans notre travail. J’aime mon travail, mais plus comment je le pratique. On a presque une impression d’abattage », regrette-t-elle. Le syndicat demande entre autres une révision des 1 607 heures et une reconnaissance de la pénibilité de la fonction.

    Même constat pour trois des quatre directeurs des centres de loisirs associés à l’école (Clae) de Monteux, qui se sont également mobilisés, estimant ne « pas avoir été concertés » et que les modifications évoquées sont encore « très floues ». « On va nous demander à nous aussi de refaire à nouveau des fonctions d’animation alors que ce n’est pas censé être notre métier. On est en lien direct avec les familles sur de nombreux sujets. Nous ne sommes pas d’accord pour que l’on nous rajoute encore du temps de présence avec les enfants », déclarent Antony Saguet, Anaïs Raphanel et Barbara Barbet. Au total, 17 employés de la mairie étaient en grève.

    Négociations

    Les grévistes soulignent un manque de concertation avec les équipes municipales avant la prise de ces décisions. Un rendez-vous s’est bien tenu entre le secrétaire général CGT des territoriaux de Monteux, Stéphane de Castro, et le premier édile montilien, Patrice de Camaret (RN). Mais « le maire n’a pas voulu négocier nos revendications », assure le responsable syndical.

    De son côté, la municipalité assure que ce sont des « évolutions nécessaires ». Le maire souhaite que les employés des Clae et les Atsem, « des spécialistes de la petite enfance », participent aussi en milieu scolaire « pour rassurer après les scandales en mairie de Paris ». Et de lâcher qu’il s’agit d’« une grève surprenante », que la CGT « cherche à politiser l’affaire », et que les agents seraient « instrumentalisés ». D’autres discussions sont prévues dans les prochains jours.

  • [Disparition] Isabelle Zaragoza nous a quittés

    [Disparition] Isabelle Zaragoza nous a quittés

    L’épouse de notre « expert » pétanque, Robert Zaragoza, avec qui elle avait eu un enfant, Thomas, était âgée de 67 ans. Ces deux compagnons de route de La Marseillaise s’étaient rencontrés à la RTM, où ils travaillaient comme chauffeurs de bus. Délégués syndicaux CGT, en première ligne lors du grand conflit social qui avait secoué la régie en 2005, ils avaient, cette année-là, scellé leur amour en se mariant sur le piquet de grève.

    Jusqu’en 2024, alors trop affaiblie par la maladie, Isabelle avait été une des plumes de la rédaction engagées à Borély pour couvrir Le Mondial. Sa gentillesse, son énergie débordante, son humour et son franc-parler vont nous manquer.

    à sa famille, à Robert, à ses enfants, Elodie, Nathalie, Christophe et Thomas, la rédaction et la direction du journal adressent leurs plus sincères condoléances.

    Les obsèques auront lieu le mercredi 1er juillet à 17h15 au crématorium du cimetière de Saint Pierre au 380 Rue Saint-Pierre, 13005 Marseille
  • [Entretien] Julien Rader, CGT : « Il faut aller chercher les gens pour qu’ils se syndiquent »

    [Entretien] Julien Rader, CGT : « Il faut aller chercher les gens pour qu’ils se syndiquent »

    La Marseillaise : Quel bilan faire du précédent mandat ?

    Julien Rader : Le bilan est lourd, en termes d’activité. Au niveau politique, j’ai commencé le mandat avec la mobilisation contre la réforme des retraites, où il y a eu une forte mobilisation sur Béziers : on n’avait jamais vu ça depuis 68. Il y a eu aussi la fameuse manifestation d’avril 2024 contre l’extrême droite, avec Sophie Binet [secrétaire générale de la CGT, Ndlr.]. Nous avons essayé de pousser la gauche à se rassembler. Puis il y a eu les élections, la dissolution, le refus de Macron de nommer un gouvernement de gauche et depuis, l’instabilité gouvernementale. Cette instabilité totale a tendance à épuiser nos militants : autant d’activités politiques fait que l’activité syndicale s’en trouve forcément touchée.

    Sur le Biterrois, on continue la lutte syndicale pure dans les entreprises, par exemple en 2023 avec la RATP Dev [ex-Vectalia, Ndlr.] où on gagne les élections, après 25 ans de règne de l’Unsa. Ils décident ensuite de se mettre en grève pour obtenir une augmentation de salaire, ils prennent 4%. Plus récemment, les salariés de Nephrocare se sont mobilisés et oont obtenu 11 revendications sur 12, après quelques jours de grève.

    Comment s’est déroulé
    le congrès
     ?

    J.R. : Il y a eu des candidatures supplémentaires pour la commission exécutive, notamment des copains d’EDF. La commission exécutive est maintenant composée de 41 membres. J’ai été réélu secrétaire général à 100% par la commission. Notre bureau, élu lui aussi par la commission, s’étoffe un petit peu plus. On s’élargit pour être plus efficace, notamment en termes d’organisation, c’est ce qui nous a un peu manqué durant ces trois ans. Il y avait beaucoup d’élections, pour ça il faut qu’on soit organisé dans toutes les boîtes et pour répondre aux demandes des salariés. Et surtout pour qu’ils sachent qu’ils ont le droit à des élections. Dans beaucoup d’entreprises du Biterrois, aucune élection n’est organisée, il n’y a pas de délégués du personnel, du CSE. On l’observe dans les TPE/PME mais aussi dans d’autres boites où le patronat dit aux salariés : « Si vous nous mettez les organisations syndicales et notamment la CGT dans les pattes, je vous vire. » Ils font peur aux salariés qui du coup ne se présentent pas pour ne pas perdre leur boulot.

    Néanmoins la CGT gagne des adhérents, est-ce le signe d’un regain syndical ?

    J.R. : Sur le département, on est plus de 10 000 syndiqués. On ne fait que progresser. C’est forcément en lien avec les positions qu’on a prises quand beaucoup disaient que les syndicats ne doivent pas faire de politique, etc. On a perdu des cartes, mais on en a plus gagné qu’on en a perdu par rapport à nos positions politiques, notamment contre l’extrême droite. De toute façon, en termes de syndicalisation, on est encore bas et qu’il faut aller chercher des gens pour qu’ils se syndiquent.

    C’est un axe à développer sur ce nouveau mandat ?

    J.R. : Énormément. D’une part, il faut qu’on progresse aux élections de la fonction publique, les trois versants de la fonction publique, la Région, le Département et les mairies, notamment celles d’extrême droite. Par exemple à Béziers, il faut vraiment qu’on arrive à progresser. À Agde, il y a zéro syndiqué CGT et je n’ai pas vu les autres syndicats lever le petit doigt, faire des vagues alors que le RN vient de prendre la mairie. Parce que le premier rempart à l’extrême droite, c’est la CGT. Quand ils sont au pouvoir, on sait à qui ils essaient de couper la tête.

    Le combat contre l’extrême droite sera toujours au cœur de l’action de la CGT ?

    J.R. : Oui, on va évidemment continuer le travail là-dessus. Parce qu’on doit faire campagne contre elle pour la présidentielle mais aussi pour les élections professionnelles. Et si on veut imposer nos thèmes, notamment le premier thème des Français, à savoir le pouvoir d’achat et les salaires, il faut qu’on porte ces projets-là. Si on leur laisse imposer leurs thèmes sécuritaires et d’immigration, ça ne nous fera pas avoir plus de salaires, etc. Les élections et le nombre de délégués permettent justement d’aboutir à toutes ces revendications. Ces élections professionnelles vont aussi compter dans la campagne électorale présidentielle.