Tag: CGT

  • À Toulon, les profs demandent de meilleures conditions

    À Toulon, les profs demandent de meilleures conditions

    À Toulon, on comptait environ 1 200 personnes jeudi (3 000 selon l’intersyndicale), à 10h30, au départ de la manifestation, devant la Préfecture. Des chiffres en baisse qui ne traduisent pas une diminution de la colère chez les enseignants, malgré, là aussi, une mobilisation moindre (6,42% de grévistes selon le ministère de l’Éducation).

    Pour certains, comme Bernard Conte, militant CGT Éduc’action et enseignant au lycée Janetti, la journée a commencé tôt, avec un mouvement dès 8h devant son établissement à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, suivi par des enseignants, des élèves et l’ensemble du personnel de la vie scolaire, pour « alerter sur nos problématiques locales », explique-t-il. Parmi elles, « le nombre d’élèves par classe, 36 à 37 en Seconde, à cause de l’austérité, qui empêche d’ouvrir des classes et génère des effectifs trop importants ». Et les réponses apportées restent largement insuffisantes : « Ça fait 20 ans que je suis dans le lycée. On touche une prime “effectif pléthorique” seulement depuis l’an dernier. Mais ce n’est pas parce qu’on nous donne trois sous que cela va améliorer la qualité de notre enseignement », fustige-t-il.

    Des retraites et un budget qui font grincer des dents

    Derrière ces demandes insatisfaites, un budget qui ne suit pas : « Tous les problèmes de l’Éducation nationale viennent de Bercy, affirme Dominique Queyroulet, enseignant à Borme-les-Mimosas et secrétaire départemental du Snes-FSU. Entre suppressions de postes et difficultés à recruter, nos conditions se dégradent depuis des années, particulièrement dans l’académie de Nice, une des plus mal classées sur le taux d’encadrement. » Ces problèmes ne concernent d’ailleurs pas que les professeurs, mais « tous les fonctionnaires, qui, dans le budget Bayrou, en grande partie repris par Lecornu, vont payer un lourd tribut en termes de suppression de postes et de protection sociale. Et comme on l’a déjà vu avec le budget 2025, on est largement pénalisé sur les rémunérations lorsqu’on est en arrêt maladie », détaille Bruno Combette, secrétaire départemental adjoint de la Snes-FSU.

    Enfin, la question des retraites ne cesse de crisper : « Un engagement sur une suspension de la réforme est indispensable », martèle Bruno Combette. « J’ai pris deux ans de plus à 55 ans. C’est lourd. Nos parents avaient la retraite à 60 ans. C’est terminé, alors que l’espérance de vie en bonne santé n’est pas bien plus élevée que 64 ans », déplore Bernard Conte.

  • Le rapport de force est engagé à la verrerie du Languedoc

    Le rapport de force est engagé à la verrerie du Languedoc

    Les salariés sont passés au-dessus des organisations syndicales. J’avais prévenu que ça allait s’enflammer donc maintenant il y a le feu nuit et jour devant le site », prévient Yohan Goupille, le secrétaire de la CGT de l’usine de Vergèze. En effet, Owens Illinois avait annoncé la fermeture de son site gardois au 31 octobre où travaillent encore 164 salariés. Les négociations autour du Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) se sont donc précisées courant septembre. Mais la direction du groupe américain, leader dans la production d’emballages en verre, a avancé un certain nombre de propositions qui ont mis le feu aux poudres sur le site gardois.

    « Avec notre expert, nous avons fait des demandes cohérentes en nous appuyant sur tous les PSE qui se sont déroulés depuis janvier en France. Nous avons demandé une indemnité supra-légale, un congé de reclassement de 24 mois pour que les gens puissent se reconvertir, parce que le métier de verrier dans la région, il n’y en a pas. Nous avons aussi demandé une cessation d’activité anticipée pour les plus âgés. La direction est arrivée avec rien. C’était une provocation », précise Yohan Goupille.

    Les salariés ont donc décidé de fermer le site à tous les camions mais aussi de bloquer toutes les palettes qui devaient aller à Perrier. Tous les bureaux de la direction ont également été condamnés avec des planches. « On essaie d’utiliser tous les moyens que nous avons à notre disposition », prévient Yohan Goupille.

    Une fois les premières palettes brûlées devant la verrerie, la direction est revenue avec quelques concessions. « Ils ont ouvert un petit peu les discussions mais c’est encore très bas. Ils ont ouvert la porte à une supra-légale de 5 000 euros, un congé de reclassement de 15 à 18 mois contre 12 à 14 mois initialement, à une cessation d’activité. C’est malheureux mais ils ne connaissent que le bâton. Nous allons donc accentuer le mouvement pour mettre le maximum de pression sur la direction parce que dans un mois, c’est fini », conclut le délégué syndical CGT.

  • Le rapport de force est engagé à la verrerie du Languedoc

    Le rapport de force est engagé à la verrerie du Languedoc

    Les salariés sont passés au-dessus des organisations syndicales. J’avais prévenu que ça allait s’enflammer donc maintenant il y a le feu nuit et jour devant le site », prévient Yohan Goupille, le secrétaire de la CGT de l’usine de Vergèze. En effet, Owens Illinois avait annoncé la fermeture de son site gardois au 31 octobre où travaillent encore 164 salariés. Les négociations autour du Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) se sont donc précisées courant septembre. Mais la direction du groupe américain, leader dans la production d’emballages en verre, a avancé un certain nombre de propositions qui ont mis le feu aux poudres sur le site gardois.

    « Avec notre expert, nous avons fait des demandes cohérentes en nous appuyant sur tous les PSE qui se sont déroulés depuis janvier en France. Nous avons demandé une indemnité supra-légale, un congé de reclassement de 24 mois pour que les gens puissent se reconvertir, parce que le métier de verrier dans la région, il n’y en a pas. Nous avons aussi demandé une cessation d’activité anticipée pour les plus âgés. La direction est arrivée avec rien. C’était une provocation », précise Yohan Goupille.

    Les salariés ont donc décidé de fermer le site à tous les camions mais aussi de bloquer toutes les palettes qui devaient aller à Perrier. Tous les bureaux de la direction ont également été condamnés avec des planches. « On essaie d’utiliser tous les moyens que nous avons à notre disposition », prévient Yohan Goupille.

    Une fois les premières palettes brûlées devant la verrerie, la direction est revenue avec quelques concessions. « Ils ont ouvert un petit peu les discussions mais c’est encore très bas. Ils ont ouvert la porte à une supra-légale de 5 000 euros, un congé de reclassement de 15 à 18 mois contre 12 à 14 mois initialement, à une cessation d’activité. C’est malheureux mais ils ne connaissent que le bâton. Nous allons donc accentuer le mouvement pour mettre le maximum de pression sur la direction parce que dans un mois, c’est fini », conclut le délégué syndical CGT.

  • Un personnage qui incarne un appel à se dé-chaîner

    Un personnage qui incarne un appel à se dé-chaîner

    Il restera évidemment anonyme pour préserver la puissance du personnage. Juché sur le camion de la CGT énergie ou devant la banderole, d’aucuns l’appellent « le diable ». Une apparition casquée, mélange de Mad Max et de bestiole à cornes diabolique, équipée de chaînes, effrayante et galvanisante. Mais, qu’on ne s’y trompe pas, c’est un « martyr » au sens premier et profond, aux accessoires et à l’attitude savamment calculés. « La mort, les tourments, la souffrance du monde ouvrier qu’on enchaîne, anonyme, rebelle et qui n’accepte pas cette condition. C’est ça que je voulais représenter », explique-t-il, où loin de « toute fanfaronnade », « tout a un sens ». Du bokken, sabre de bois japonais, à la cravache, « pour montrer aux gens qu’on abuse d’eux, qu’ils acceptent une certaine soumission », pétris par le « discours dominant ».

    « Je voulais montrer, aussi, qu’il ne faut pas être faible avec les forts, que le monde ouvrier va se battre », ajoute-t-il. Au fil des réunions syndicales, le personnage est venu « tout doucement » s’imposer. L’idée : mettre en image le discours des « copains, qui ont de la faconde », au micro. « Moi, je suis là pour les épauler, pour choquer, marquer », poursuit-il. Heureux que les « gens viennent le voir après la manif » pour le remercier de sa présence, il ne se voit pas en « étendard ».

    Car pour ce gars du Nord, né d’un immigré arraché à son soleil italien pour se retrouver au fond d’une mine de Lorraine, l’engagement coule de source. « Mon père était syndiqué, militant, et entre mineurs, ça discutait sévère ! J’ai baigné là-dedans et connu tôt la violence du monde du travail », raconte l’énergéticien qui, à 14 ans, avant d’aller à l’école, faisait « les postes », se réveillant à 3h30 le matin pour descendre au fond, malgré ses capacités artistiques remarquées par la prof de dessin.

    L’énergie, un bien vital

    Un avenir tout tracé. Mais, revenu de l’armée à 19 ans, il voit s’envoler la promesse d’embauche. La France misant sur l’atome, le charbon, c’est fini. « Né en 68, j’ai fait partie de la dernière section, celle qui n’a pas été prise pour les houillères, j’ai passé un examen pour rentrer à EDF », poursuit-il. Au sein du service public de l’énergie, il retrouve les « valeurs et l’esprit de famille » de la mine, se syndique à la CGT.

    « Je savais ce que c’était de défendre un bien indispensable, fondamental », insiste-t-il avant d’évoquer une lente dégradation. Il se souvient de la privatisation d’EDF en 2005, où « on voulait se partager le gros gâteau ». Et de marteler : « on a voulu être compétitif, mais de quoi ? Comment l’imaginer quand on parle de quelque chose de vital ? » L’alignement du prix de l’électricité nucléaire sur celui du gaz, à la merci du marché, le révolte tout autant. « [Indépendants], on aurait dû être des nababs ! » balance-t-il.

    Parce qu’il n’accepte pas de vivre dans « un pays qui crève la faim, qui a peur, où on ne peut plus vivre dignement de son travail », il sera là ce jeudi. Et de lancer : « J’ai envie de dire aux gens libérez-vous de vos chaînes, osez vous fédérer, osez dire que vous n’êtes pas d’accord avec des réformes qui ne sont bonnes ni pour vous ni pour vos enfants. »

  • « L’objectif est d’obtenir un budget de justice sociale »

    « L’objectif est d’obtenir un budget de justice sociale »

    La Marseillaise : Après deux journées de mobilisations, les 10 et 18 septembre, quel est le sens de l’appel à l’action pour ce 2 octobre ?

    Sandrine Mourey : Le sens est le même que pour les deux précédentes journées. C’est-à-dire qu’après ces mobilisations, et la rencontre avec le Premier ministre, on voit que le budget qui se prépare est le même que celui de François Bayrou. Ses mesures sont toujours dans les cartons. L’objectif est donc d’obtenir un budget de justice sociale, que les travailleurs puissent vivre de leur travail et qu’enfin, le gouvernement entende les revendications des salariés pour que ce budget permette des investissements dans les services publics et enterre les différentes mesures prévues : le gel du point d’indice, la suppression de 3 000 postes de fonctionnaires… Saluons, d’ailleurs, que l’ensemble des organisations syndicales poursuivent le mouvement. Lequel sera à la hauteur des précédents : on enregistre, à cette heure, plus de 250 rassemblements et manifestations prévus sur le territoire. C’est à la hauteur du 18 septembre : nous attendons une grande journée de mobilisation, avec des grèves dans les entreprises, des piquets… Avec également des revendications locales sur les conditions de travail, les salaires, qui sont la première revendication des salariés, pouvoir vivre correctement de son salaire. Le gouvernement leur dit : « Vous allez encore vous serrer la ceinture lors du prochain budget. » Alors que de l’autre côté, du côté des plus riches, on ne leur demande rien et ils ne veulent pas payer plus d’impôts, ils ne veulent pas participer à l’effort national. Et les entreprises du CAC 40 qui, elles aussi, bénéficient de réductions d’impôts, bénéficient des 211 milliards d’aides publiques, on ne leur demande rien non plus. La coupe est pleine et le taux de pauvreté augmente en France.

    Le Medef s’agite avec son grand meeting prévu le 13 octobre.
    Le jugez-vous fébrile
     ?

    S.M. : Je dirais qu’il est fébrile et qu’il est à court d’arguments. Les organisations syndicales, la CGT et les salariés, gagnent la bataille des idées. Le patronat se rend compte qu’il est à court d’arguments pour garder ses privilèges et ceux des grandes entreprises. Vous aurez remarqué que la CPME et l’U2P n’y sont pas. Donc un Medef fébrile. D’habitude, il travaillait en sous-main, en lobbying, et bien là, il n’y arrive plus face à la mobilisation. Ce qui le contraint à faire ce rassemblement… On va en rire. Mais pour les salariés et les retraités, je pense que c’est moins drôle. On voit là que le Medef est l’organisation patronale des grands groupes, des plus riches. Ça sera le meeting des donneurs d’ordres.

    Le Premier ministre a annoncé qu’il ne reviendra pas sur la réforme des retraites. Comment analysez-vous cette posture-là
    au regard du rapport de force installé
     ?

    S.M. : On fait face à un gouvernement qui est sourd, qui ne veut pas écouter la population et les revendications. Il y a la réforme des retraites qui colle au président de la République et aux gouvernements successifs comme le pansement sur la chaussure du Capitaine Haddock dans Tintin [gag récurrent dans l’œuvre d’Hergé, le personnage se débattant avec des sparadraps, Ndlr]. Il ne veut pas entendre que les gens ne veulent pas se faire voler les deux plus belles années de leur retraite alors que parallèlement, les entreprises continuent à licencier les salariés de plus de 50 ans parce qu’ils sont ou cassés par le travail ou parce qu’ils sont présumés pas assez productifs. Donc cette réforme des retraites, elle colle au gouvernement et l’intersyndicale est ferme sur le sujet.

    Certains militants questionnent un retour des mobilisations dites « saute-mouton ». Qu’est-ce que vous leur répondez ?

    S.M. : La CGT seule mobilise moins qu’avec l’entièreté de l’intersyndicale, il y a peu de grèves reconductibles et pour cela, il faut déjà réussir une vraie journée de grève. Pour le moment, le seul secteur en reconductible est Mines-Énergie, d’EDF, de GDF, qui sont sur des piquets de grève depuis le 2 septembre, avec des revendications inhérentes à leur entreprise, notamment les grilles salariales et des revendications sur le 100% service public de l’énergie. Ils tiennent le cap. C’est à ces conditions, en discutant avec les salariés, que nous allons pouvoir tenir la grève, mais ce n’est pas la CGT ici à Montreuil qui décide, ce sont les salariés avec leur syndicat qui votent pour poursuivre la grève et pour partir en reconductible.

  • « Croizat, le seul ministre du travail depuis 1906 qui a été un ouvrier »

    « Croizat, le seul ministre du travail depuis 1906 qui a été un ouvrier »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir choisi d’écrire un livre sur Ambroise Croizat et les 80 ans de la Sécurité sociale ?

    Emmanuel Defouloy : Dans les tout prochains jours, on va célébrer les 130 ans de la CGT et les 80 ans de la Sécu. Dans ce double contexte, il m’a paru intéressant de retrouver la mémoire sur le personnage qui relie les deux histoires. Ambroise Croizat. Au fil de sa vie, on perçoit bien, l’immense apport du mouvement ouvrier à travers ces organisations syndicales et politiques au modèle social français. Je pensais qu’il était très important de souligner d’où était partie l’idée de la Sécurité sociale.

    C’est quoi exactement ce modèle bien français ?

    E.D. : À travers la vie de Croizat, on peut retrouver la mémoire des principes originels de la Sécu telle qu’elle a été bâtie en 1945-1946 par ce ministre cégétiste et communiste et par le haut fonctionnaire Pierre Laroque. Les piliers sont au nombre de 4. D’abord, c’est la centralité de la cotisation. Ça ouvre des droits pour un système qui socialise des moyens entraînant une grande puissance redistributrice – ce qui n’a rien à voir avec l’impôt. Ensuite c’est le besoin humain qui l’emporte sur le financement qui doit suivre. Et cela a formidablement bien marché pendant 30, 40 ou 50 ans. En 2000, le système français était encore placé n°1 dans le monde par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Aujourd’hui c’est l’inverse. On fixe un plafond de dépense quitte à baisser les prestations. Les cotisations sont passées de 94% en 1980 à 57% en 2025. Le troisième principe repose sur le fait que Croizat, comme Laroque, était très attaché à la gestion des caisses de Sécu par les assurés, à travers le représentant qui étaient les syndicats. Fin de ce système en 1967, pour étatiser la Sécu en 1995-1996, et abandonner la gestion socialisée. Voilà pourquoi, il est très important de revenir aux principes originels. Enfin, en regard avec les lacunes des caisses d’assurances sociales qui dépassaient le millier et marchaient mal, il a été décidé d’une organisation unique. Une grosse bataille portée par Pierre Laroque et soutenue par une majorité de gauche, soit la CGT, le PCF, le SFIO, de l’Assemblée consultative provisoire (ACP) dans un vote important dès le 31 juillet 1945. Croizat était alors président de la commission du travail et des affaires sociales de cette ACP. Juste avant d’être ministre.

    L’empreinte de Gaulle dans tout ça ?

    E.D. : À la demande des milieux chrétiens familialistes, de Gaulle leur a accordé l’autonomie des caisses d’allocations familiales. Après la guerre, il y a donc environ 138 caisses de Sécu, soit un peu plus d’une par département et 111 caisses d’allocations familiales. Attention la Sécu, c’est 4 branches, l’Assurance maladie, le versement des retraites, les allocations familiales et la couverture des accidents du travail et des maladies professionnelles. Du fait du plein-emploi d’après guerre, l’assurance chômage n’a pas été incluse, et elle ne l’est toujours pas. Alors qu’elle pourrait l’être.

    Pourquoi Croizat est-il surnommé le ministre des travailleurs ?

    E.D : Depuis 1936, Croizat est secrétaire général de la CGT Métallurgie. Il sera nommé ministre du Travail et de la Sécurité sociale en novembre 1945. À partir des ordonnances de 1945, il bâtit la Sécu en 18 mois. On ne se rend pas bien compte de l’incertitude des lendemains sans protection sociale dans laquelle vivaient les classes populaires. Si votre enfant avait une maladie grave, si vous n’aviez pas les moyens, pas d’opération possible. C’était la mort. S’il n’y avait pas de système de retraites, du jour au lendemain, vous n’aviez plus de moyens pour vivre. Il voulait mettre les Françaises et les Français à l’abri du besoin. Ses réformes ont transformé leurs vies, avec une augmentation très forte de l’espérance de vie, et lui ont fait gagner le surnom de “ministre des travailleurs”. Depuis 1906, c’est le seul ministre du travail qui a été un ouvrier. La Sécu est une œuvre civilisatrice. Aujourd’hui encore, réformer cet héritage est très impopulaire pour près de 70% des Français.

    Présentation débat du livre d’Ambroise Croizat. Aux Rotatives de La Marseillaise. Le 25 septembre à 18h30. Entrée gratuite.

  • Un travail de terrain à Marseille

    Un travail de terrain à Marseille

    Le calcul de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône est simple. « Plus on construit la mobilisation et la grève, plus on sera en capacité de faire reculer les politiques de casse sociale et de mettre en échec le gouvernement sur ce budget », explique Jessica Jadé, secrétaire de l’organisation. D’où la volonté de maintenir la pression et de « monter le rapport de force », alors que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, tergiverse sur des annonces concrètes pour son budget : « On travaille à ancrer la grève dans la lignée du 18, elle est en débat dans les assemblées générales, dans les entreprises et dans les administrations ». Concrètement, la CGT prévoit une mobilisation d’un bon niveau. « On a des remontées d’appels à la grève dans tous les secteurs, on est un peu sur les mêmes taux que lors du 18. On est sur un travail de terrain pour mobiliser les salariés, avec des diffusions de la part des Unions locales, des syndicats ».

    S’il sera difficile de faire mieux que le 18, Jessica Jadé juge « qu’il y a la volonté d’avoir un processus de lutte pour aller à la gagne ». L’avis est partagé par Franck Balliot, co-secrétaire de la FSU 13 : « On a marqué des points en imposant un débat sur les recettes fiscales, en particulier sur les aides non contrôlées pour les entreprises et les taxes sur les plus riches. On se place donc sur une mobilisation sur le temps long ». Un temps long qui n’empêche pas de faire « un boulot de terrain dans les établissements et une tournée des services » en vue de ce jeudi.

    Reste que le syndicaliste n’anticipe pas un raz-de-marée de grévistes du côté des services publics et dans les collectivités territoriales pour cette date : « Les taux ne seront sans doute pas exceptionnels, il y a une forme d’attentisme puisque le gouvernement n’annonce rien de concret ».

  • Martigues marchera pour la justice sociale et fiscale

    Martigues marchera pour la justice sociale et fiscale

    La lumière chaude de fin de journée met en exergue le rouge bien présent au tableau du rassemblement organisé par l’union locale CGT du pays martégal, devant l’hôtel de Ville de Martigues, ce mardi soir. Les syndicats des territoriaux, de l’éducation nationale, de Marcegaglia, ainsi que les militants locaux du PCF et de LFI ont répondu à l’appel pour un échauffement avant la manifestation marseillaise, jeudi.

    Le secrétaire général de l’union locale CGT, Daniel Bretonès, place le rassemblement sous le signe « du non des travailleurs aux reculs sociaux et à l’austérité imposée au nom d’un budget injuste », trois semaines après la nomination du Premier ministre (Ren), Sébastien Lecornu. « Son projet budgétaire est le même qu’avant, ses économies se feront sur nos salaires, nos retraites, notre Sécurité sociale et nos services publics », augure le syndicaliste. Il rappelle que « chaque année, 211 milliards d’euros sont versés sans contrepartie aux grandes entreprises, sans oublier les 100 milliards de fraude fiscale » . « La CGT a des propositions pour sortir de la crise, comme rétablir l’impôt sur la fortune, taxer les revenus du capital » ou encore « rétablir la taxe professionnelle et la taxe d’habitation, pour la démocratie locale, et rendre leur liberté aux communes », propose Daniel Bretonès.

    Un bus pour jeudi

    L’adjoint Gérard Frau (PCF) a salué, au nom du maire Gaby Charroux retenu en préfecture, « le travail constant et offensif de l’UL CGT » et témoigné son « soutien à la mobilisation, juste et nécessaire », quand « les Français voient leurs salaires stagner face à l’inflation, les hôpitaux saturés, la précarité et l’injustice fiscale ». L’élu local déplore un Premier ministre « sourd face à l’intersyndicale, la rue et la colère populaire », et promet de « marcher le 2 octobre avec la CGT et l’intersyndicale ».

    Le bus affrété par l’UL CGT part à 9h, jeudi, de la Halle de Martigues pour rejoindre la manifestation marseillaise.

  • Les syndicats enseignants appellent à l’abandon des sanctions contre les lycéennes de Dumont d’Urville

    Les syndicats enseignants appellent à l’abandon des sanctions contre les lycéennes de Dumont d’Urville

    La manifestation du 18 septembre a réuni plus de 6000 personnes à Toulon. Un mouvement suivi au sein de certains établissements scolaires, comme au Lycée Dumont d’Urville, devant lequel élèves et enseignants se sont retrouvés tôt le matin, « afin d’exiger un autre avenir pour la jeunesse, d’affirmer leur opposition aux idées d’extrême droite et d’appeler à une rupture avec les politiques économiques, sociales et environnementales menées jusqu’ici », souligne l’intersyndicale FNEC-FP-FO – FSU – SUD éducation – CGT Educ’action dans une lettre ouverte.

    Un mouvement achevé en fin de matinée et qui s’est « très bien passé », jusqu’à ce qu’une « étudiante qui préparait sa pancarte [pour la manifestation de l’après-midi] a été interpellée par les forces de l’ordre (en civil et sans brassard) de manière violente, sans explication. […] Refusant cette interpellation arbitraire, elle est traînée au sol et menottée, ainsi que sa camarade qui voulait la protéger, sans savoir qu’il s’agissait des forces de l’ordre », s’indignent les syndicats.

    La première avait été placée en garde à vue pour violences et outrages sur personne dépositaire de l’autorité publique, la seconde pour rébellion. Convoquées début octobre devant le délégué du procureur pour des stages de citoyenneté, ainsi qu’une composition pénale et une obligation d’indemniser un policier pour la première des deux, elles ont reçu le soutien des syndicats qui disent « partager l’indignation face à ces mesures de répression brutale contre des jeunes qui exercent leur liberté d’expression et d’opinion », rappelant « les conditions d’études dégradées » auxquelles sont sujets les élèves du secondaire et du supérieur, dont « plus de 100 000 étaient sans affectation après la première phase d’admission Parcoursup. » Ils fustigent « la volonté de criminaliser les revendications » et exigent « l’abandon de toute répression administrative, judiciaire et d’État ».

    Note

  • Où manifester jeudi 2 octobre dans le Gard et l’Hérault ?

    Où manifester jeudi 2 octobre dans le Gard et l’Hérault ?

    Pas moins de 12 rassemblements ou manifestations sont au programme de la deuxième journée de grèves et mobilisations dans le Gard et l’Hérault, jeudi 2 octobre.

    A l’appel des 8 formations qui composent l’intersyndicale, 5 cortèges sont prévus dans le Gard. Dès 10h à Alès (sous-préfecture), Bagnols-sur-Cèze (monument aux morts), et Uzès (mairie). La manifestation de Nîmes s’élancera à 14h30 du quai de la Fontaine. Enfin, Le Vigan donne rendez-vous à 18h (sous-préfecture).

    Dans l’Hérault, 7 mobilisations sont prévues. Trois à l’appel de l’intersyndicale à 10h30 à Montpellier (place Albert 1er), Sète (bourse du travail) et Béziers (place de la mairie). Quatre autres rassemblements sont prévus à l’appel de la CGT à 10h30 à Bédarieux (maison des syndicats), à 11h à Lodève (sous-préfecture) et enfin à 11h30 à Ganges (mairie) et Lunel (place de la République).

    Dans l’Hérault, Stéphane Audebeau (FSU 34) appelle à « continuer à mettre la pression au gouvernement pour faire valoir les intérêts du monde du travail : salariés, fonctionnaires, retraités et demandeurs d’emplois ». Lesquels seront, avec les services publics, « les premiers touchés par la politique d’austérité » à venir. « Nous réclamons plus de justice fiscale et sociale », insiste l’enseignant qui déplore le manque de profs et d’AESH.

    A la CGT 34, Sébastien Boudesocque rappelle que 1,1 million de personnes (près de 40 000 dans le Gard et l’Hérault) ont défilé lors du premier round intersyndical le 18 septembre. Face à la « langue de bois » du Premier ministre qui n’a eu que faire de « l’ultimatum », le secrétaire départemental de la CGT 34 rappelle que d’autres choix existent. Le cégétiste souhaite mettre à contribution les grandes fortunes et les grosses entreprises. « La France est championne d’Europe du versement des dividendes et dans le top 5 mondial pour le nombre de milliardaires ». Il rappelle que les 35 heures ont créé 350 000 emplois et le CICE seulement 100 000. « La théorie du ruissellement ne fonctionne pas. L’Espagne a fait d’autres choix en taxant les capitaux des banques », illustre-t-il.

    A la CFE-CGC 34, on alerte sur « la souffrance au travail », les cas de « burn-out » et de « dépression » qui se multiplient chez les cadres. Chez l’Unsa 34, Jean-Robert Biggio déplore « qu’aucune mesure de l’intersyndicale n’ait été retenue » par le Premier ministre et « qu’aucune recette fiscale supplémentaire n’ait été trouvée » alors même que 211 milliards d’euros annuels sont octroyés par l’État aux grandes entreprises « sans aucun contrôle ». Quant à la CFDT 34, Glawdys Klapka insiste sur le pouvoir d’achat et « les fins de mois difficiles à boucler » pour bon nombre de salariés.

    Enfin, du côté de FO 34, Franck Mary-Montlaur déplore que la rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu n’ait absolument « rien donné ». « Les salariés en ont marre d’attendre », s’agace le responsable héraultais. Il est pour l’heure le seul à émettre des réserves sur la stratégie des journées de mobilisation « saute-moutons ». « Elles coûtent trop cher. Soit on y va pour de bon…»