Tag: CGT

  • Mobilisation pour le droit à la santé et à l’action sociale

    Mobilisation pour le droit à la santé et à l’action sociale

    Des délais d’attente de plus en plus longs pour accéder aux soins. Des services d’urgence régulièrement saturés. Des structures médico-sociales incapables de répondre aux besoins des personnes âgées, en situation de handicap ou en situation de précarité. Une aggravation des inégalités territoriales et sociales d’accès aux soins… telles sont les conséquences, dans l’Hérault comme ailleurs, des politiques conduites depuis plusieurs années en matière de santé et d’action sociale par les gouvernements successifs.

    Alors que la France s’enfonce dans la crise politique au lendemain de la démission, quelques heures seulement après avoir formé une partie de son gouvernement, du Premier ministre Sébastien Lecornu, les professionnels du sanitaire, du social et du médico-social ont manifesté, jeudi 9 octobre, leur vive inquiétude des moyens qui seront alloués à la santé et la protection sociale dans le budget qui tarde à venir. À Montpellier, les manifestants, partis en cortège de la place de France, à Odysseum, se sont rendus devant les locaux de l’Agence régionale de santé (ARS) de l’Hérault.

    « Théoriquement, cette manifestation s’inscrivait dans le cadre du dépôt du PLF (projet de loi de finances) et du PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale) à l’Assemblée nationale. Aujourd’hui tout ça est en suspens, mais le seul projet qui existe à l’heure actuelle est celui de François Bayrou, qui propose une cure d’austérité inédite [des dépenses de santé contenues à 5 milliards d’euros au lieu de 10, Ndlr.] », estime Lénaïc Berger, secrétaire générale USD CGT santé action sociale de l’Hérault.

    « Un épuisement massif des personnels »

    « De toute façon un Ondam (objectif national de dépenses d’assurance maladie) inférieur à 5%, ça ne tient pas. Or là il est très inférieur. Qu’est-ce que cela traduit ? Que la santé continue de s’effondrer », poursuit-il. « On continue à fermer des lits, on est toujours en manque de personnels, surtout sur les petits centres hospitaliers locaux majoritairement ruraux, qui ont énormément de mal à recruter. Avec, à la clé, un épuisement massif des personnels  », assure Lénaïc Berger. « Dans l’établissement où je travaille par exemple, le foyer départemental enfance et famille, rien que pour 2024, sur 370 agents, 20 sont en disponibilité ou en détachement. Or c’est rare de quitter sa structure quand on y est bien : ce sont majoritairement des agents qui partent parce qu’ils n’en peuvent plus. Cela représente plus de 5% de la masse salariale. Ce sont des chiffres en pleine explosion sur l’ensemble des établissements  ».

    Quant à la Sécurité sociale, qui fête cette année ses 80 ans, « il y a de moins en moins de médicaments remboursés, on fait de plus en plus la chasse aux arrêts maladie prétendument frauduleux, il y a de moins en moins de maintien de salaire… et le trou de la Sécu continue de se creuser. C’est bien la preuve que ce que le gouvernement propose ne règle rien », insiste le cégétiste héraultais dont le syndicat défend l’instauration d’« un service public de la santé et de l’action sociale, avec une sécurité sociale universelle.  »

  • À la verrerie du Languedoc, la colère de 164 familles sur le carreau

    À la verrerie du Languedoc, la colère de 164 familles sur le carreau

    Derrière l’épaisse fumée noire qui s’élève dans le ciel de Vergèze, la circulation se poursuit devant le site de la Verrerie du Languedoc. Les klaxons de soutien accompagnent le crépitement des palettes qui brûlent sans discontinuer depuis le 25 septembre et l’annonce des propositions de la direction d’OI pour le Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Il faut dire qu’ici, la verrerie, indissociable de l’iconique bouteille verte de Perrier, est une institution. Sur ce bassin de vie, beaucoup connaissent quelqu’un qui travaille ou a travaillé sur cette plateforme industrielle, l’une des dernières dans le Gard.

    Comme pour beaucoup d’usines, s’en est même devenu une histoire de famille. Vincent, par exemple, occupe le site depuis l’annonce des premières propositions de la direction, aux côtés de son gendre Charley. « Ici sur le piquet de grève, il y a beaucoup de jeunes qui ont des crédits. Mon gendre, ça fait sept ans qu’il est embauché ici. Il a deux enfants avec ma fille donc je suis doublement touché », précise le mécanicien industriel de 57 ans, salarié de la verrerie depuis 38 ans. Quelques chips dans les mains, ses petites filles sont présentes et s’amusent sur le parking de la verrerie. « On veut leur apprendre qu’elles peuvent être confrontées à la même situation et qu’on a des moyens de lutter », explique leur mère qui n’a pas de travail fixe. Malgré tout, son mari Charley garde le sourire. Face à cette situation pesante pour les salariés et leurs familles, il continue d’animer les discussions pour maintenir l’optimisme dans les rangs. « J’ai la chance d’être soutenu par ma famille mais ça crée des conflits parce que cette semaine je n’ai pas été présent à la maison. Quand je suis rentré, c’était 3-4 heures pour dormir. C’est dur et le combat n’est pas fini », raconte-t-il.

    Un peu plus loin, l’une des seules femmes en combinaison souhaite garder l’anonymat. Mais elle qui vient d’être recrutée en intérim est aussi triplement concernée. Outre son cas personnel, son père et son mari travaillent sur le site. Ils perdront tous leur emploi à la fin du mois. « On vient d’acheter une maison. On ne sait pas ce qu’on va faire. Ça nous paraît encore irréel. Tant que la lettre de licenciement ne sera pas arrivée, on ne réalisera pas », précise-t-elle. Samedi 4 octobre, Micka, qui n’a pourtant travaillé que quelques mois sur le site comme cariste, est venu préparer une paella pour « un moment de convivialité entre les salariés » : « Mon grand-père livrait le site et mon père travaillait ici. Quand j’étais petit, il m’emmenait aux manifestations. Aujourd’hui, c’est une triste page qui se tourne. Ce qui est particulier ici, c’est la solidarité entre salariés, qu’ils soient syndiqués ou non, personne n’est laissé de côté ». Beaucoup de retraités de la verrerie ou de Perrier se relaient aussi pour apporter leur soutien aux salariés en lutte.

    « On ne comprend pas pourquoi on ferme »

    Ici règne toujours une réelle fierté d’appartenir à l’un des fleurons français. Car c’est bien à Vergèze qu’a été créée cette bouteille verte que les publicités hautes en couleurs de Perrier sont parvenues à faire connaître dans le monde entier. « On ne sait toujours pas pourquoi on ferme et qu’on met 164 familles sur le carreau parce qu’on est en licenciement économique alors que le site gagne de l’argent », ajoute Charley.

    Dans un communiqué envoyé le 2 octobre, la direction d’Owens Illinois se justifie par « un contexte difficile pour l’industrie du verre en France » et elle affirme qu’elle « n’a malheureusement pas d’autre choix que d’envisager une réorganisation de ses activités couvrant plusieurs sites en France, dont celui de Vergèze, pour renforcer sa compétitivité et assurer la pérennité de ses activités en France sur le long terme, ainsi que les emplois qui y sont attachés ».

    Des arguments réfutés par les salariés : « Le contexte social et politique en France leur permet de pouvoir fermer une usine d’une entreprise qui fait 59 millions d’euros de bénéfice en 2024. Ici à Vergèze, le niveau de profitabilité est de 7%. Ils ont racheté l’entreprise quand le four était neuf et ils n’ont fait aucun investissement depuis. Ils ont pressé le fruit et quand il a été complètement sec, ils l’ont jeté avec 164 familles. Notre capacité de production va être transférée à 600 km d’ici dans les Vosges sur un site qui est à -8 %. La raison c’est que notre four arrive en fin de vie et qu’il faut le renouveler. Un four c’est entre 50 et 70 millions d’euros. Dans les Vosges, le four a trois ans… », explique Jacky Cortier, le délégué syndicat CGT qui demande aujourd’hui « de partir dans la dignité ».

    « Non-sens écologique »

    Le groupe américain, leader mondial dans l’embouteillage, parle même de « contexte économique particulièrement tendu ». Au niveau mondial, le groupe a pourtant réalisé des résultats records au premier trimestre 2025. Son action a par exemple été au plus haut pendant 52 semaines et son chiffre d’affaires a dépassé les attentes à 1,6 milliard d’euros (1,55 milliard anticipé). Mais cette fermeture marque aussi un « non-sens écologique » comme le détaille Jacky Cortier : « Aujourd’hui, nous avons un mur à franchir pour livrer le client. Demain, ils vont faire venir 6 000 camions supplémentaires par an pour que Perrier soit livré. En ce moment, comme la livraison de notre verrerie est bloquée, les bouteilles sont fournies par une entreprise portugaise. On a arrêté un camion l’autre jour et les bouteilles partent d’Espagne et transitent par Brest pour arriver à Vergèze. C’est honteux ».

    Face à une telle situation, la solidarité s’organise. Tous les élus locaux ont apporté leur soutien et plusieurs communiqués d’organisations politiques (notamment du PCF, des Écologistes et de la FI) ont fait part de leur solidarité auprès des salariés. La maire de la commune, Pascale Fortunat-Deschamps (SE), s’est rendue à deux reprises sur le site début octobre et appelle à un grand rassemblement. Force Ouvrière a également offert les grillades aux salariés mobilisés sur le site vendredi soir. Comme d’autres, le syndicat réclame une nationalisation temporaire, le temps de trouver un repreneur qui pourrait assurer l’investissement d’un nouveau four.

    Le four arrêté

    Face aux actions de ces salariés et notamment après le blocage du site voisin de Perrier qui aurait coûté « 300 000 euros par jour à Nestlé » selon la CGT, la direction France d’OI a réagi en dénonçant « avec la plus grande fermeté les actions en cours ». « À cela s’ajoute le blocage illégal du site et la dégradation des installations de sécurité, qui compromettent gravement la sûreté du site de Vergèze. Cette situation est d’autant plus préoccupante que le site abrite une installation classée Seveso », précise-t-elle avant d’annoncer jeudi 9 octobre, l’arrêt du four « dans les prochains jours » car c’est la « seule option permettant de rétablir la sécurité ».

    Des propos qui ont révulsé les salariés. « Je suis devant le site depuis jeudi (25 septembre, Ndlr), j’assure la sécurité du site et je filtre l’accès du site pour faire tourner notre outil de travail et j’empêche toute personne extérieure de rentrer. Ce matin, nous avons encore eu l’arrivée d’un camion d’air liquide qui nous a demandé d’éteindre notre feu car l’air liquide est nécessaire pour la combustion de notre four. Nous avons éteint le feu, le camion est rentré et quand il est sorti, nous avons rallumé le feu. Nous ne sommes pas là pour tout brûler parce que si on fait sauter le silo, il n’y a plus rien à 20 km à la ronde. Tous les salariés en sont conscients », précise Vincent. Pour preuve, les salariés ont sorti plusieurs extincteurs près du feu et des lances à incendie étaient aussi déployées à l’entrée du site. Mais le lendemain de l’envoi de ce communiqué, OI a dépêché sur place une dizaine d’agents privés censés sécuriser l’accès au site. Sauf que ces équipes partent à 19 heures tous les soirs laissant donc, de fait, la responsabilité de l’usine aux salariés.

    Une autre affaire a tendu les négociations. En effet, trois salariés ont été mis à pied à titre conservatoire après une altercation avec le directeur du site. « Cette altercation s’est déroulée devant deux membres des renseignements généraux. Le directeur a reconnu devant nous qu’il n’y avait eu ni menace physique ni verbale. En réalité, la direction France veut avoir un atout à jouer dans les négociations. Ils veulent s’en servir comme monnaie d’échange. Les trois salariés sont convoqués le 14 octobre », s’agace Jacky Cortier. Les trois salariés ont été contraints d’être mis en maladie pour éviter de voir leur salaire suspendu.

    Des négociations qui avancent

    Dans ce communiqué, la direction France d’Owens Illinois annonçait la suspension des discussions localement « tant que les conditions de sécurité sur le site n’auront pas été rétablies ». Les organisations syndicales ont de leur côté demandé d’être reçues par la direction Europe d’OI pour poursuivre ces négociations. Finalement, une nouvelle salve de négociations a tout de même bien eu lieu à Lyon mardi 7 octobre avec la direction France, avec à la clé plusieurs avancées concédées par le groupe américain.

    « Il reste encore deux réunions donc on va essayer de gratter un peu mais ça commence à prendre une bonne forme. Il y a encore à négocier parce qu’il en manque encore un peu par rapport aux exigences des salariés. Ils ont augmenté la prime de la clause de bonne fin. Ils ont progressé sur le congé de reclassement et sur tous les points importants que l’on demandait. Mais après ces grandes lignes, il y a aussi plein de petits détails à voir », explique Yohan Goupille, délégué syndical CGT qui négocie depuis le début de l’annonce de la fermeture du site. Il a présenté les premières conclusions de ces négociations aux personnels jeudi 9 octobre car toutes les décisions sont prises de manière collégiale. « Le problème c’est que rien n’est signé donc si les salariés ne sont pas d’accord, OI passe en force avec les conditions les plus basses de départ ».

    Deux nouvelles phases de négociations sont prévues les 13 et 17 octobre ainsi que les 20 et 24 octobre. D’ici là, les salariés ont décidé de rester mobilisés car ils ont bien compris que seul le rapport de force avait permis d’obtenir des avancées du côté de la direction.

  • Une grève pour la paix sur les ports et docks français

    Une grève pour la paix sur les ports et docks français

    Un mouvement de grève « fidèle à l’histoire » de la Fédération des Ports et Docks CGT est prévu, ce vendredi, sur l’ensemble des ports français.

    De 12h à 14h, les ouvriers dockers et travailleurs portuaires français arrêtent le travail en solidarité avec le peuple palestinien. Une action qui concerne évidemment les travailleurs du port de Marseille-Fos, qui ont déjà bloqué à plusieurs reprises des navires remplis de composants militaires en partance vers Israël. « L’aide humanitaire est plus que jamais urgente pour aider la population de Gaza qui, depuis des mois, subit un génocide maintenant reconnu », explique l’organisation syndicale, historiquement engagée en faveur de la paix dans le monde. Dans une déclaration forte, cette dernière se positionne « pour l’ouverture en urgence de couloirs humanitaires ». « La CGT a toujours porté les valeurs de paix et de solidarité entre les peuples. Quand on voit ce qu’il se passe sur la bande de Gaza, ça devient insupportable », abonde Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Grand Port maritime de Marseille (GPMM).

    Un processus européen

    Il pointe « le rôle que peuvent avoir les ports » dans ces conflits et dénonce « la volonté grandissante de l’union européenne à faire des ports des zones militarisés, dans une surenchère guerrière ». Car cette action des portuaires et dockers s’inscrit dans un processus mené à l’échelle européenne par plusieurs organisations syndicales de travailleurs des ports, comme les dockers du Pirée affiliés au Pame grec, du syndicat basque LAB ou encore leurs homologues italiens de l’USB à Gênes.

    « Il y a une nécessité, avec d’autres travailleurs des ports européens, de réagir sur les massacres opérés à travers le monde. C’est symbolique, mais cela permet surtout d’envoyer un message de solidarité et de paix aux peuples qui souffrent. Et un coup de semonce en direction de nos dirigeants, en France comme en Europe », développe le syndicaliste. Avant de conclure : « Nos ports ne serviront pas de base pour alimenter ces conflits ! ».

  • La CGT mobilisée pour sauver le système de santé

    La CGT mobilisée pour sauver le système de santé

    « On travaille constamment à flux tendu. » Devant l’Agence régionale de santé (ARS), où se sont retrouvés, ce jeudi, plus d’une centaine de syndicalistes à l’appel de la CGT, Carole, infirmière à l’Hôpital de Martigues, dénonce la dégradation de ses conditions de travail et de la prise en charge des patients. Un appel à la grève et à la mobilisation nationale lancé par la fédération de la CGT des organismes sociaux, pour le retour « à une Sécu où chacun peut se soigner selon ses besoins, quels que soient ses moyens », affirme Sébastien Kassapian, secrétaire de la CGT CPAM 13.

    Les travailleurs dénoncent notamment des manques de moyens et d’effectifs au niveau des centres de santé, ainsi que des structures sociales qui impactent l’accès au droit et à la santé des Français. « C’est le serpent qui se mord la queue : on n’est pas assez, donc on a une surcharge de travail, donc il y a une augmentation des arrêts maladies, donc encore plus de sous-effectif et plus de travail », se désole Sylvie Berger, secrétaire départementale de l’union syndicale Santé sociale 13. Ce que Carole, infirmière, confirme. « on nous demande d’aller tellement vite qu’on ne peut pas bien s’occuper des patients. On est à la limite de la maltraitance », alerte-t-elle.

    « Ce n’est pas la crise économique, mais des choix politiques qui ont mené à cette situation », affirme Sylvie Berger sous les applaudissements des syndicalistes. La CGT réclame le retour de la Sécurité sociale comme elle a été imaginée il y a 80 ans.

  • Hôpital d’Apt : l’espoir vit pour le maintien du bloc

    Hôpital d’Apt : l’espoir vit pour le maintien du bloc

    « Que ce soit les élus, les usagers ou les syndicats, on ne lâche pas tant que cette fermeture n’est pas annulée », lance Marie-Élodie Pongy, secrétaire générale de la CGT de l’hôpital d’Apt, en fin de manifestation à l’appel du syndicat contre la fermeture du service de chirurgie, qui a rassemblé plus de 400 personnes, ce jeudi 9 octobre.

    Et parmi les manifestants, malgré l’obstination de l’ARS et de l’État à déménager ce service au centre hospitalier de Cavaillon, c’est bien l’optimisme qui accompagnait un sentiment de colère dans les rues de la capitale du Luberon. « Je suis très optimiste sur le maintien de la chirurgie à Apt », confirme ainsi Dominique Thévenieau, président du comité des usagers de l’hôpital d’Apt. Et ce, notamment, car trois référés suspensifs ont ou vont être déposés par la mairie, la CGT et donc le comité des usagers. « C’est très fort, car on pense que les ARS ne veulent rien entendre et, malgré que l’on fasse du bruit, ils ne bougent pas », poursuit celui qui s’occupait auparavant du service de maternité de l’établissement de santé. Une décision des tribunaux est attendue pour la mi-novembre.

    Tous ensemble

    « Cela a aussi permis de ranimer la vie militante à Apt, ce dont on avait grandement besoin. Mais surtout, on voit une vraie unité sur le sujet entre politiques, syndicats, associations et les communes aux alentours. Donc on y croit », confie Thomas Viens, Aptésien présent dans la manifestation. « Le combat sera forcément rude, mais on y croit. Il faut absolument défendre le service public ici, et la mobilisation donne chaud au cœur », lui embraye Jean-Claude Houseaux, également habitant aptésien. « On est passés de la stupéfaction à l’action », analyse de son côté Céline Celce, conseillère municipale d’opposition (Génération·s) à Apt. « On sent que personne ne lâchera. C’est aussi dû à l’histoire de cet hôpital pour lequel on s’est battus à plusieurs reprises. Car tout le monde a conscience qu’après la chirurgie, c’est le reste de l’hôpital qui va être démantelé au fur et à mesure », pousse-t-elle.

    Une conférence-débat sur le sujet est prévue le 24 octobre à la MJC d’Apt à 18h30. Tandis que la prochaine manifestation est prévue le 6 novembre à 15h30 devant l’ARS de Vaucluse à Avignon.

  • Terminal croisières : la CGT du Port répond à Manuel Bompard

    Terminal croisières : la CGT du Port répond à Manuel Bompard

    Dans une question au gouvernement ce mardi, Manuel Bompard estimait en effet que « ce projet va à l’encontre de toute considération écologique et sociale à Marseille », relayant le programme de Stop croisières. « Le Port de Marseille, c’est un écosystème d’activités complémentaires, lui rappelle la CGT du Grand Port maritime de Marseille et Fluxel dans un courrier adressé ce mercredi. Ces activités font vivre des milliers de familles et contribuent à la vitalité du territoire. Les opposer ou caricaturer la petite et grande croisière comme une menace pour la ville, c’est méconnaître la réalité du travail portuaire et l’équilibre de l’économie locale. » Et de rappeler le travail fait en faveur de la transition par le branchement à quai, les aménagements portuaires. Si la croisière reste « un maillon essentiel de la chaîne portuaire » avec ses retombées, la CGT rappelle aussi les investissements nécessaires pour l’activité portuaire : maintien des faisceaux ferroviaires d’Arenc, mise au gabarit des tunnels, réalisation de la rampe Saint-André, dépollution du tunnel du Soula. Et invite le parlementaire à échanger « plutôt que de vous lancer dans un «parcours hippique» hasardeux, dont la CGT du Port de Marseille ne saura pas toujours vous montrer le chemin du retour vers l’écurie ».

    Relire l’article paru le 30 septembre dans nos colonnes : Le terminal des croisières de luxe prend encore l’eau

  • Scalp de fin pour la clinique Urbain V qui vient de fermer

    Scalp de fin pour la clinique Urbain V qui vient de fermer

    Hormis quelques panneaux directionnels dirigeant encore vers la polyclinique Urbain V, presque plus rien sur place ne trahit la présence de l’établissement de santé. Car après 54 ans au Pont-des-deux-Eaux, la clinique a définitivement fermé ses portes, le week-end dernier. Sur place, des plaques en bois ont été apposées sur les entrées et plus aucun panneau ne mentionne le nom de la clinique. « On a déménagé mercredi, jeudi, vendredi, fini les derniers ajustements ce week-end, et, lundi, redémarrage des activités », campe Sofien Khachremi, directeur de la clinique Fontvert à Avignon nord, où a été transférée 95% de l’activité (chirurgie digestive, gynécologie, PMA, ORL…)

    Seul subsiste, jusqu’au 15 décembre, l’activité du caisson hyperbare avant d’être déplacée au sein de l’hôpital d’Avignon. À l’origine de ce regroupement, le groupe privé Elsan, en situation de monopole sur le territoire, qui a également redirigé les douleurs chroniques à Rhône Durance et la chirurgie esthétique à Montagard. Rappelons qu’en décembre dernier déjà, la maternité d’Urbain V avait plié bagages au centre hospitalier d’Avignon.

    L’aboutissement d’une réflexion entamée il y a cinq ans, accélérée avec la fin du bail entre Elsan et le propriétaire foncier, et une volonté du groupe de rationaliser, mais, insiste Sofien Khachremi, « la meilleure des nouvelles est que toutes les activités ont été préservées et ne disparaîtront pas de Vaucluse ». Après les deux premières journées, le directeur assure que « tout se passe bien, je suis au bloc opératoire tous les jours pour prendre la température ». Les 15 salles de bloc, dont quatre sont uniquement dédiées aux praticiens issus d’Urbain V, vont être davantage occupées. « On a réoccupé nos créneaux opératoires matin et après-midi, ce qui nous a permis de dégager de la capacité au niveau du bloc », précise le directeur.

    Du personnel

    dans l’expectative

    Mais la cohabitation est pour l’heure très serrée, étant donné que les 9 000 m² de surface d’Urbain V (moins la maternité) n’ont pas été compensées à Fontvert. Du moins jusqu’en septembre, où sera livrée une double extension (2 500 m²). Si une meilleure desserte en bus a été demandée au Grand Avignon, des travaux sont en cours pour ajouter une trentaine de places de parking supplémentaires.

    Quant au personnel, où une grande divergence de chiffres existait entre la direction et les représentants des salariés, Sofien Khachremi parle « de 55 personnes transférées » et reconnaît « des départs à la retraite non remplacés et des ruptures conventionnelles ». « On retrouve de l’oxygène, parce que les services sont mutualisés », assume le directeur. « On reste encore dans le flou », temporise Michel Pellarin, secrétaire de l’USD CGT Vaucluse, inquiet de « l’opacité sur le maintien des avantages précédents [primes, 13e mois…] ». Dans l’attente « de premières remontées, on reste vigilants », conclut le responsable syndical.

  • En grève, les chauffeurs de La Poste lèvent le pied

    En grève, les chauffeurs de La Poste lèvent le pied

    Les camionnettes jaunes de La Poste à l’arrêt, ce mercredi. En grève reconductible depuis le 30 septembre dernier, avec le soutien de la CGT, quasiment aucun des chauffeurs qui desservent les bureaux de poste de la cité phocéenne n’a quitté le site des Aygalades, dans le 15e arrondissement.

    En cause ? Leur opposition à un projet de réorganisation qu’ils jugent mal ficelé. « On n’a pas été consultés, l’augmentation de la charge de travail n’est pas compensée et la direction veut passer en force ! », résume Stéphane, chauffeur livreur pour le service postal depuis plus d’une vingtaine d’années. Cette refonte des livraisons est en lien, selon les chauffeurs, avec le dispositif « Log’issimo », un service présenté par La Poste comme une réponse aux « enjeux de la logistique du premier et du dernier kilomètre », proposant des livraisons diversifiées. « Ils ont mis en place les nouvelles tournées sans venir nous en parler ! Mais on va faire plus de kilomètres, finir plus tard… Et sans compensation ! », dénonce Stéphane. Autour de lui, ses collègues approuvent d’un signe de tête. « On n’a pas de reconnaissance de notre travail ! Pour eux, ce n’est pas fatigant ce qu’on fait », poursuit Christophe, également chauffeur depuis plusieurs dizaines d’années.

    Concrètement, la nouvelle organisation les obligerait à se rendre quasi systématiquement à la plateforme industrielle de courrier Marseille-Provence (PIC Vitrolles) avant de revenir aux Aygalades. À cela s’ajoute le rude quotidien des petites mains du service postal : « On n’a pas de 13e mois, peu de primes, des amplitudes horaires de travail de dingue… La pénibilité de notre travail n’est pas reconnue », poursuit Christophe. Le tout, pour des salaires au ras des pâquerettes. Deux livreurs de moins de trente ans déplorent des salaires nets de « 1 425 et 1 400 euros par mois », pour respectivement 6 et 7 ans d’ancienneté. On comprend mieux leur revendication d’une « prime compensatoire » de 500 euros pour ladite réorganisation.

    Échec des négociations

    Contactée précédemment, La Poste confirmait la volonté de réorganisation, mais avec une analyse tout autre de la situation : « Un projet est en cours sur l’organisation du transport, avec pour objectif de recentrer les chauffeurs sur leur cœur de métier, à savoir la conduite de poids lourds, en les déchargeant progressivement des tâches de manutention. » Avant de battre en brèche les accusations de dialogue social au point mort : « Il fait l’objet du dialogue social toujours en cours à La Poste. » Reste qu’une réunion de négociations s’est déroulée dans l’après-midi, réunissant grévistes, la CGT et la direction. « La direction n’a rien lâché, il y a eu un refus sur tous les points des revendications », relate Stella Estaque pour la CGT. Les grévistes se réunissent donc à nouveau, ce jeudi, pour étudier les suites à donner au mouvement.

  • Des gares sans guichet et des billets TER vendus à La Poste

    Des gares sans guichet et des billets TER vendus à La Poste

    Sisteron, La Brillanne, Aspres, Serres, Chorges, Veynes, Cros de Cagnes, Breil-sur-Roya, Tende, La Trinité, L’Escarène, Sospel, Villeneuve-Loubet, Biot, Martigues, Cassis, Istres, Sausset, Vitrolles, Tarascon, Salon, Port-de-Bouc, La Garde, Sorgues, Bollène et Pertuis. Progressivement, dans ces communes aux gares dépourvues de guichet SNCF ou à amplitude limitée, il faudra se rendre au bureau de Poste pour se voir délivrer son billet de train.

    Une nouveauté orchestrée par la Région Sud et la SNCF qui ne va pas dans le sens de la réhumanisation des gares et qui fait bondir le syndicat cheminots. « Les guichets ne sont pas seulement un point commercial de vente, réagit François Tejedor, secrétaire général CGT des cheminots de Paca. Les cheminots rendent aussi un service après-vente, une aide et une information en cas de situation perturbée, une orientation aux usagers ». Pour le syndicat, cette mesure est un nouveau pas vers la fin du service public du rail engagé par le président de Région Renaud Muselier (Ren) avec « l’ouverture anticipée des lignes TER à la concurrence, la fermeture massive des guichets et la suppression de la présence des cheminots dans les gares ».

    Aller chercher son colis à Monoprix, passer son code de la route ou prendre un billet de train à La Poste… La casse des services publics, en plus de tuer les métiers, a de quoi déboussoler l’usager devenu client. La CGT cheminots de Paca demande la réouverture des guichets en gare.

  • À Marseille, les chauffeurs de La Poste en grève reconductible

    À Marseille, les chauffeurs de La Poste en grève reconductible

    Les petites mains du service postal haussent le ton. « Sur 25 chauffeurs, 18 étaient en grève ce lundi. Et c’est comme ça depuis une semaine ! », s’exclame Sabrina Manca, élue CGT de La Poste et salariée de la plateforme industrielle de courrier Marseille Provence (Pic Vitrolles). En grève depuis mardi dernier, avec l’appui de la CGT, ces chauffeurs basés aux Aygalades et qui desservent les différents bureaux de poste marseillais tapent du poing sur la table face à une réorganisation faite « sans concertation » avec ces derniers.

    « Les chauffeurs récupèrent le courrier de la Pic à Vitrolles pour les dispatcher dans les services et qu’ils soient récupérés par les facteurs avant d’être livrés chez les usagers », explique Sabrina Manca. Un mode de fonctionnement pas anodin, puisque directement remis en cause par ce projet de réorganisation, selon l’organisation syndicale. « Aujourd’hui, les chauffeurs prennent leur service sur leur site des Aygalades et y récupèrent le courrier. Demain, avec la réorganisation, on leur demandera de récupérer le courrier à la Pic de Vitrolles puis d’aller livrer les bureaux de poste. Cela va avoir forcément un impact sur les trajets et la durée de ceux-ci », complète Karim Bouzana, délégué syndical CGT.

    D’où l’opposition des chauffeurs sur le fond et l’organisation d’un rassemblement, ce mercredi matin, sur leur site des Aygalades. Sabrina Manca pointe aussi une copie à revoir sur la forme pour la direction de La Poste : « Le projet de réorganisation a été rejeté massivement en CSE [comité social et économique, Ndlr], le 24 septembre. Malgré ce refus, la direction s’entête. »

    Des négociations

    au programme

    Autre point d’achoppement : « Au lieu de commencer à 4h30, ils débuteront plus tard », précise Karim Bouzana. Un dernier point qui pourrait paraître positif pour les chauffeurs. Que nenni : « Cela obligera à aller plus vite pour les livraisons, on leur demande de faire plus avec moins de temps. » En clair : « Une hausse de la charge de travail. » Face à cette situation, le syndicat demande notamment un « accompagnement social sur plusieurs volets : promotion, embauche ou indemnités pour les salariés. » « La Poste ne veut rien céder en matière de compensation, d’avancement de grades, de reconnaissance de la pénibilité… », dénonce Sabrina Manca.

    Contactée, La Poste explique que le projet de réorganisation a « pour objectif de recentrer les chauffeurs sur leur cœur de métier en les déchargeant progressivement des tâches de manutention ». L’entreprise assure que cela « a fait l’objet d’un dialogue social », lequel est toujours en cours, puisqu’une réunion est au programme, ce mercredi dans l’après-midi, entre grévistes, syndicat et direction de site.