Tag: carburant

  • Double relaxe dans une pollution accidentelle

    Double relaxe dans une pollution accidentelle

    Le capitaine d’un navire d’excursion dans les calanques répondait mardi avec son employeur d’un rejet d’hydrocarbure dans les eaux du Vieux-Port. L’incident s’était produit le 29 août 2025 à 6h du matin lors du remplissage des réservoirs du Green Calanques.

    Lors du remplissage de 4 600 litres de gasoil, une petite quantité de carburant avait refoulé du réservoir tribord. Une heure et demie plus tard, les agents de propreté signalaient à la capitainerie du port la présence d’une épaisse nappe d’hydrocarbure. Les marins-pompiers déployaient des boudins et des buvards absorbants.

    La procureure Marie-Aude Fichet a fustigé la « nonchalance » de la société Croisières Marseille Calanques. « On ne peut pas traiter par le mépris ce genre de pollution. » Elle requérait pour le capitaine absent et sa société une amende de 5 000 euros dont moitié avec sursis et l’affichage du jugement.

    « C’est une avarie, pas un rejet illicite »

    « Je ne peux pas entendre que nous soyons nonchalants », proteste à la barre un dirigeant de la société. D’expliquer qu’il procède à deux remplissages hebdomadaires en pleine saison avec un camion-citerne dont les pompes à haute pression injectent cinq litres de carburant à la seconde. Le phénomène d’émulsions qui se développe avec les fortes chaleurs dans les réservoirs expliquerait ce refoulement.

    « C’est vraiment un accident, on s’en excuse auprès des Marseillais, mais mon capitaine n’a pas fait d’erreur. 3 secondes pour fermer la vanne et c’est déjà 15 litres. Nous mettons tout en œuvre pour que cela ne se produise pas. Nous laissons toujours une marge pour ne pas remplir à bloc les réservoirs. Nous équipons nos navires d’un kit antipollution. On a une vraie volonté écologique. D’ailleurs le Green Calanques est hybride depuis 2024, moitié électrique, moitié gasoil. C’est pour nous un investissement de plus de 800 000 euros de fonds propres. » « C’est une avarie, pas un rejet illicite » a plaidé la défense soulignant que « le risque zéro n’existe pas ». « C’est exceptionnel ce qui s’est passé. Le temps de dire “stop, fermez la vanne”, c’est 3 secondes et déjà 15 litres. »

    La 6e chambre correctionnelle présidée par Lola Vandermaesen a parfaitement entendu les explications. « Vous êtes relaxés tous les deux. Le délit n’est pas caractérisé faute d’élément intentionnel. Il n’y a pas eu de volonté de polluer. »

  • Les CRS envoyés contre les pêcheurs au dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer

    Les CRS envoyés contre les pêcheurs au dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer

    « On va mourir si ça continue comme ça. » Ce pêcheur d’Occitanie venu bloquer le dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer dès 2h mardi matin, avec une cinquantaine de confrères, crie sa colère au contact des CRS à 9h30. Ce mouvement surprise de la pêche professionnelle de Méditerranée a bloqué plus d’une centaine de camions durant 7 heures pour signifier la détresse de la profession à l’État.

    Après l’évacuation du blocage, ponctuée de fumigènes, de spray poivré et d’une rapide échauffourée, c’est l’incompréhension. « On travaille quinze heures par jour et on ne gagne rien », explique ce même pêcheur, Sébastien Prunet, représentant la Société coopérative des marins pêcheurs (Socomap), au Grau-du-Roi (Gard). « On avait conclu un accord avec la préfecture, obtenu un rendez-vous, on allait partir. On discutait avec les représentants des CRS et le maire mais l’accord a été rompu », estime-t-il, après l’intervention des forces de l’ordre.

    Des aides qui tardent

    Même sentiment pour la présidente du comité régional des pêches Paca Christine Poncharreau (CFDT). « Se faire sortir par le gaz et les matraques n’est pas acceptable. Il faut que les services de l’État se rendent compte de la situation et que le mouvement n’est pas près de s’arrêter », affirme-t-elle, alors qu’il est question de semaines de marée noire avec bateaux à quai, tandis que certains pêcheurs parlent de revenir bloquer. « Nous sommes dans l’impasse, on n’est pas rentables, les prix du gasoil montent continuellement et les pêcheurs ne peuvent plus suivre », détaille-t-elle, malgré des aides promises par le gouvernement. « 20% des armateurs n’ont pas été payés depuis le dépôt des dossiers au 15 juillet », poursuit la représentante. « On a plus de jeunes et des confrères qui partent en préretraite car c’est trop dur », conclut-elle.

    Le prix du carburant est une charge majeure dans l’activité des marins. « À 2000 litres par jour entre 1,14 et 1,31 euro le litre, faut pêcher 2 400 euros de poisson par jour pour se rembourser, mais sans payer les salaires et les comptables », déplore Hervé Gout-Vernier, ancien chalutier à Carro converti au « petit métier », c’est-à-dire à la pêche au filet maillant ou à la ligne, entre autres.

    « Une heure sur l’ordinateur chaque jour »

    Outre le carburant, la réglementation pose problème aux pêcheurs. En particulier le plan de gestion européen des activités en Méditerranée Westmed. « Nous voulons un statu quo », reprend Christine Poncharreau, « avec une flexibilité des quotas d’une année à l’autre. Car le mauvais temps, le réchauffement climatique qui génère moins de ressource, la facturation électronique, la pesée de chaque poisson péché… » liste la représentante. Et quand le poisson se cache pour fuir les chaleurs actuelles, « le thon est la bouée de secours », pour Hervé Gout-Vernier. « Vous voulez qu’on laisse tranquille les merlus ? Alors ouvrez le thon et on le fera. Il faut bien manger », s’agace-t-il.

    L’administratif pèse dans le quotidien, selon le capitaine. « On se rend fou toute la journée pour pécher correctement, mais quand on rentre on doit encore se taper une heure d’ordi », explique-t-il, notamment pour remplir les fiches de pêche. Il pointe également la contrainte de la notification préalable de retour au port aux autorités pour les éventuels contrôles au débarquement. « On doit envoyer un message 4 heures avant de rentrer au port, sinon le poisson est bloqué à bord. Alors qu’on est surveillés en temps réel depuis Étel », par le Centre national de surveillance des pêches maritimes, situé dans le Morbihan.

    In fine, le marin prédit que « Si demain le chalutage peine, c’est toute la filière qui tombe, car les coopératives tiennent grâce à eux ». Ces mêmes coopératives qui souvent gèrent une criée et négocient les tarifs des carburants.

  • À Digne-les-Bains, la CGT refuse de payer pour se rendre au travail

    À Digne-les-Bains, la CGT refuse de payer pour se rendre au travail

    Seuls 3% des travailleurs du département utilisent les transports en commun pour se rendre au travail, et le déplacement moyen pour aller sur son lieu de travail est de 36 km : le constat est édifiant pour la CGT, qui exige un accord avec le patronat pour prendre en charge les frais de transport de tous les salariés.

    « On est dans un département rural où la question du transport est majeure pour l’ensemble des salariés. Et malheureusement, quand on fait l’état des lieux de ce qui se passe sur le département, mis à part dans quelques très grosses entreprises où on a des indemnités de transport, pour la plupart des salariés, il n’y a rien qui existe », déplore Sylvain Moretti, secrétaire général de l’union départementale CGT. Une problématique accentuée par l’augmentation des prix des carburants. Le syndicat a engagé des discussions avec le patronat local à ce sujet. « Ce qu’on souhaite, à partir de ces discussions, c’est de couvrir, par un accord interprofessionnel, les frais de transport de tous les salariés du département, pour sortir de la situation où, aujourd’hui, il faut payer très cher pour aller travailler », a martelé Sylvain Moretti.

    Les organisations représentatives employeurs UDE (Medef, CPME), U2P et les organisations syndicales représentatives CFDT, CFE CGC, CGT, FO et Solidaire ont abordé ensemble cette question des transports pour les salariés, et en sont arrivées à un même constat : « on ne peut pas commencer sa journée en payant pour aller travailler », déplorent-elles dans un communiqué commun. « On insiste sur le fait que ce soit un accord qui a conduit à ce qu’il y ait une signature de tous. C’est intéressant en soi. Cela montre qu’il y a bien un problème perçu par tout le monde », a souligné Philippe Antoine, responsable TPE et membre de la direction de l’union départementale de la CGT. « Il y a un consensus très large sur la nécessité de trouver des solutions », a abondé Sylvain Moretti.

    Des transports en commun inadaptés

    « Les transports collectifs sont prévus pour le tourisme et le scolaire, pas pour les salariés », a expliqué Stéphane Sansano, qui siège au bureau de l’union départementale de la CGT. « 36 kilomètres, ça fait 18 euros par jour. Sur 20 jours de travail, ça fait 360 euros. Quand on voit aujourd’hui le niveau auquel est le Smic, une fois que le salarié a payé son carburant et son loyer, il lui reste pas grand-chose, ou il lui reste rien », a regretté Sylvain Moretti.

    Pour la CGT, le télétravail n’est « pas une solution pérenne » pour réduire les coûts de transport. « Le télétravail génère aussi des frais. Quand on télétravaille à la maison, le prix de l’énergie a fortement augmenté, il faut chauffer soi-même son domicile. Ce que pourrait faire gagner le télétravail d’un côté, ça le fait perdre de l’autre dans le portefeuille des salariés. L’idée, c’est vraiment d’arriver à une solution où il y a une indemnisation qui permet de se rendre sur le lieu de travail », a détaillé Sylvain Moretti.

    L’indemnisation des frais de transport est « la première revendication des salariés des TPE », selon la CGT. Les frais de transport peuvent souvent dissuader un salarié d’accepter un emploi ; ou un employeur de recruter un salarié qui habiterait trop loin du lieu de travail. La CGT compte aussi interpeller les communautés de communes et la Région à ce sujet.

  • Un rideau à bulles pour lutter contre la pollution dans le port de Saint-Tropez

    Un rideau à bulles pour lutter contre la pollution dans le port de Saint-Tropez

    Doté de 734 places de mouillage, le port de Saint-Tropez accueille chaque année plusieurs milliers de bateaux. Parmi eux, de nombreux yachts émettant des centaines voire des milliers de tonnes de CO2 par an. Titulaire des certifications internationales « Ports propres » et « Ports propres en biodiversité », remises aux ports de plaisance qui agissent pour réduire leurs impacts carbone et sur la biodiversité, le port de Saint-Tropez continue de s’engager en ce sens avec la mise en place d’un rideau à bulles sous-marin, au niveau de la station de carburant du Phare Vert.

    Un outil polyvalent

    Cette innovation unique pour un port français, nommée « InvisiBubble » agit comme un mur d’endiguement empêchant les particules d’hydrocarbures de se propager en dehors du périmètre sécurisé par le rideau. Elle est déployée par The Searial Cleaners (filiale de Wearth Group), expert de la lutte contre les pollutions marines. « Cela contribue à sensibiliser les plaisanciers à l’importance vitale de protéger la mer et son environnement. Nous sommes fiers que Saint-Tropez soit la première ville en France à mettre en place cette solution pour confiner les hydrocarbures », se réjouit Pascal Bonnet, directeur du port de Saint-Tropez.

    Le principe : au fond de la mer, plusieurs tuyaux sont reliés à un compresseur d’air. Ce dernier génère un flux d’air, envoyé dans le tuyau percé qui laisse passer les bulles qui s’échappent, créant ainsi un rideau de bulles, du fond de l’eau jusqu’à la surface, pour éviter que les fuites d’hydrocarbures ne se propagent à l’ensemble du port. Dès qu’un usager en constate une, il peut actionner le rideau à bulles à l’aide d’un bouton pour stopper la propagation. Celui-ci s’active et crée un courant interne au sein de la zone délimitée par les tuyaux qui vient concentrer les nappes d’hydrocarbures, ceci facilitant le pompage. Particulièrement adapté dans un port où l’incendie d’un yacht, en juillet 2025, avait provoqué la fuite de 18 000 litres de carburant dans l’eau.

    Adapté à tous les milieux (ports, fleuves, lacs, étangs…), le dispositif n’a aucun impact sur l’environnement. Il agit sur tous les déchets du fond jusqu’à la surface de l’eau – comme c’est le cas dans le canal de l’Ourcq à Paris depuis 2024, pour collecter les déchets flottants – et permet d’augmenter les niveaux d’oxygène dans l’eau, en préservant l’équilibre de l’écosystème environnant. Cette solution génère ainsi un gain de temps important, ne nécessite pas de ressources humaines ou matérielles, et consomme très peu d’électricité.

  • 70% des salaires minimum de branche en dessous du Smic

    70% des salaires minimum de branche en dessous du Smic

    Sur les 179 branches professionnelles suivies par le ministère, 126 auront au 1er juin un minimum inférieur au Smic, contre 30 d’entre elles avant cette revalorisation, a indiqué le ministère dans un communiqué, à l’issue d’une réunion du comité de suivi de la négociation salariale avec organisations syndicales et patronales.

    Selon son propre décompte (incluant des branches supplémentaires notamment dans l’agriculture, le bâtiment et le secteur maritime), la CGT dénombre, elle, près de 80% de 230 branches professionnelles avec des minima sous le Smic à partir de lundi. « Une proportion scandaleuse », a dénoncé auprès de l’AFP Thomas Vacheron, secrétaire confédéral de la CGT.

    Seul salaire indexé sur l’inflation, qui a dépassé les 2% en avril sous l’effet de la hausse des coûts de l’énergie, le Smic augmentera lundi de 2,41%, soit d’un peu moins de 35 euros net par mois.

    Il est interdit en France de payer un salarié en dessous du Smic, mais dans les branches dans lesquelles un ou plusieurs échelons de la grille salariale passent en dessous de son montant, les salariés peuvent voir leur rémunération stagner des années au salaire minimum, malgré leur avancée en ancienneté ou qualification.

    « Revalorisation automatique »

    Les branches concernées par des grilles salariales débutant sous le nouveau minimum légal sont censées lancer des négociations avec les partenaires sociaux dans les 45 jours pour se mettre en conformité. Dans les faits, si le ministère note « une nette amélioration ces derniers mois », dix branches étaient en non-conformité depuis plus d’un an avant même la revalorisation à venir lundi.

    Au Medef, on considère que ces renégociations ne sont pas un sujet de débat : « Les branches doivent le faire, puisque c’est la loi », indique-t-on dans la première organisation patronale.

    Selon le ministère du Travail, le gouvernement veut présenter « prochainement » un projet de décret pour mettre en application une mesure de la dernière loi de financement de la Sécurité sociale, selon laquelle les entreprises des branches en non-conformité pourraient être pénalisées dans le calcul des allègements de cotisations sur les bas salaires dont elles bénéficient.

    « On a l’impression que la situation s’aggrave d’année en année et qu’on a globalement une smicardisation accélérée », a estimé auprès de l’AFP le secrétaire national de la CFDT Luc Mathieu, présent à la réunion mercredi.

    La première centrale syndicale française, tout comme la CGT, demande que les branches concernées soient obligées de se mettre en conformité rapidement et que des négociations salariales par branche soient rouvertes.

    « Quand les prix augmentent, les salaires doivent augmenter aussi. C’est le cas du salaire minimum interprofessionnel. Ça doit être le cas de tous les salaires », a estimé Thomas Vacheron, demandant également une indexation sur l’inflation de tous les salaires. Dans le détail, la centrale syndicale milite pour « l’augmentation automatique de l’ensemble des salaires minima de branche, dès lors que le Smic est revalorisé » et « l’ouverture immédiate des négociations salariales dans l’ensemble des branches professionnelles pour éviter les situations de décalage de plusieurs mois et pour créer une dynamique salariale », indique-t-elle dans une note juridique. La CGT précise également que « sur les 10 conventions collectives, six présentent au moins un niveau de salaire minimum inférieur au Smic au 1er juin : remontées mécaniques, taxis, assainissement, transports aériens, désinfection (3D) et transports routiers (notamment les transports de fonds, sanitaire, déménagement…) ».

    Crise des carburants

    Ce débat en téléscope directement un autre, celui sur le pouvoir d’achat des salariés et professionnels et des difficultés rencontrées par les petites entreprises et artisans à l’heure de l’explosion des prix des carburants. Le gouvernement a fait ses dernières semaines une série d’annonces qui n’ont pas convaincu, concernant : une revalorisation des indemnités kilométriques pour certains secteurs professionnels, l’élargissement des aides aux « grands rouleurs » modestes, et des « aides sectorielles pour les agriculteurs, les transports, la pêche ou le BTP, qui vont être prolongées jusqu’à l’été ». Celui-ci a également « invité » les entreprises à verser une prime carburant, exonérée de cotisations sociales, augmentée à leurs salariés. Autant dire que le principe d’une revalorisation automatique n’a que plus de sens.

  • [Prix des carburants] Dans les Alpes, les trajets siphonnent le porte-monnaie

    [Prix des carburants] Dans les Alpes, les trajets siphonnent le porte-monnaie

    « On ne se demande vraiment si c’est rentable d’aller bosser », soupire Julien, commercial. Ce mercredi matin, il vient faire son plein à la station-service Total du Relay de Puymaure. En ville, on remarque sans peine que l’affluence est plus importante dans les stations Total, les seules à maintenir le prix de l’essence à moins de 2 euros le litre.

    « Je fais La Saulce-Gap chaque jour, donc 20 km aller et retour, explique Julien. Jusque-là, j’en avais pour environ 150 euros par mois, maintenant c’est plus de 200. » Il n’est pas éligible aux aides de l’État, notamment la prime « grands rouleurs » pour les professionnels qui font plus de 30 km par jour, car il touche plus que le revenu fiscal annuel de référence, qui doit être inférieur ou égal à 16 880 euros. « J’ai le sentiment qu’on nous pousse vers l’électrique, déplore-t-il. Comme on nous a poussés vers le diesel pendant des années avant ça. » Pour les professionnels des Hautes-Alpes, un territoire enclavé où la voiture est souvent indispensable, la hausse du prix du carburant oblige à rogner sur d’autres dépenses. « Mon mari est métallurgiste, il part de La Bâtie-Montsaléon, dépose notre fille à Serres et va à La-Roche-des-Arnauds chaque matin, rapporte Julia. On n’est pas éligibles aux aides, on n’est pas les plus touchés, on gagne correctement notre vie, mais ça limite tout de même les trajets. Les week-ends chez ma famille à Lyon, qu’on faisait tous les mois, on a tiré un trait dessus. »

    Pour les agriculteurs, nombreux sur le département, certains mécanismes déjà mis en place soulagent l’effort financier à faire. « On peut se faire rembourser la TVA sur le carburant agricole l’année suivante, ce qui nous aide pas mal, explique Mathieu, éleveur bovin dans le Champsaur. Mais on fait plus attention quand même, on limite le plus possible les allers-retours entre nos différents terrains. »

    Beaucoup ne sont pas éligibles aux aides

    Toutefois, la plupart des professions intermédiaires, qui utilisent la voiture au quotidien, ne sont pas éligibles ou peu enthousiasmées par les aides proposées par l’État comme le chèque « grands rouleurs » ou les aides à l’achat d’un véhicule électrique. « Dans mon service, ceux qui ne viennent pas de Gap font de l’autopartage, sinon c’est trop cher, et le plafond de revenu pour bénéficier de l’aide est trop bas », atteste Laura, aide-soignante. Comme pour beaucoup de professionnels, elle dépend de la volonté de son employeur de mettre en place des aides. « Pas mal d’entre nous qui vivent à Gap ont bénéficié de l’aide de la Ville pour acquérir un vélo électrique, mais, pour les autres ça ne change rien », ajoute-t-elle.

    A.F.

  • [Prix des carburants] Dans la zone industrielle de Fos, une voiture indispensable

    [Prix des carburants] Dans la zone industrielle de Fos, une voiture indispensable

    Des stations Total situées en sortie de Fos-sur-Mer, de part et d’autre de la RN568, les usines ne sont plus très loin. Derrière les pompes à essence se détachent des panneaux solaires, d’énormes silos gris, les stocks du dépôt pétrolier puis les cheminées couleur rouille d’ArcelorMittal. Tous les matins, des milliers de travailleurs et de travailleuses empruntent ces doubles voies pour contribuer à l’activité foisonnante des bassins Ouest du Grand Port maritime de Marseille (GPMM). Avec une dépense incompressible : le plein d’essence.

    Certains s’en sortent bien, à l’instar d’Anne et de son responsable, tous deux salariés chez Securitas. « On a la chance d’avoir la voiture de service donc on ne se pose pas trop de questions », admet le conducteur. Heureusement, car ils avalent les kilomètres. « Pour les rondes, les ci les mi, on circule beaucoup. Et puis on est partout, sur Dassault Aviation, PetroIneos… C’est vraiment la bonne solution. »

    Pas de transports

    en commun

    D’autres, à l’instar de Patrick*, ont subi l’explosion du prix de l’essence de plein fouet. La facture de ce quinquagénaire qui travaille dans la maintenance des sites industriels est passée de 250 à 350 euros par mois. Entre les mois de janvier et de mai, le gazole a pris un peu plus de 50 centimes par litre en moyenne, l’essence 45 centimes. Pour faire face à la crise, Sébastien Lecornu a annoncé un « nouveau paquet » d’aides jeudi 21 mai, dont un prolongement pour trois mois de l’indemnité « grands rouleurs » et une hausse de la prime carburant. Cette aide défiscalisée et désocialisée, qui peut être versée aux salariés par les employeurs sans qu’il y ait d’obligation pour eux de le faire, va voir son plafond passer de 300 à 600 euros. Patrick n’est concerné par aucune de ces aides. « C’est comme ça », lâche-t-il en haussant les épaules.

    « De toute façon comment voulez-vous faire ? demande-t-il. Il n’y a pas de transports en commun. » Des lignes de bus du réseau métropolitain relient Fos-sur-Mer à Port-Saint-Louis-du-Rhône, avec de rares arrêts en périphérie de la zone industrielle. Une desserte ferroviaire existe, mais elle est exclusivement dédiée au fret. Seules quelques boîtes du secteur, à l’instar de Kem One, continuent de mettre en place des bus d’entreprise pour les salariés postés en quart. Ce n’est pas le cas de Benjamin, qui travaille dans les bureaux du site fosséen de LyondellBasell. Lui vit à Saint-Mitre-les-Remparts et fait donc quotidiennement 60 kilomètres. « On a des frais de déplacement qui restent avantageux même s’ils n’ont pas été revalorisés. » Résultat : son budget mensuel a augmenté de 100 euros mais reste plutôt bien couvert par l’entreprise.

    Nessa, elle, n’a pas d’aide pour aller au boulot. La Saint-Louisienne ne travaille pas dans les bassins du port, mais exerce en tant que taxi à Martigues. Devant la montée des prix à la pompe, son patron a commencé à changer sa flotte de véhicules pour passer à l’électrique. Elle aussi a abandonné sa Mini Cooper pour passer à la C3, qui « consomme beaucoup moins ».

    La jeune femme s’agace de l’ambiance générale de résignation. « À l’époque, les Gilets jaunes avaient tenu des mois pour quelques centimes d’augmentation, et on était à 1,3 euro le litre. Mais ils ne se sont pas fait entendre. Derrière, les manifestations contre la réforme des retraites n’ont rien donné. Résultat : plus personne ne dit rien, on accepte tout. »

  • Carburants : Lecornu annonce 710 millions d’euros d’aides

    Carburants : Lecornu annonce 710 millions d’euros d’aides

    Désireux de « changer d’échelle » sans abandonner « personne », le Premier ministre et dix de ses ministres ont détaillé, lors d’une conférence de presse, ce nouveau paquet de mesures de « soutien à l’activité » percutée de plein fouet par la guerre en Iran, avec la même « philosophie » d’aides aux secteurs les plus touchés.

    Les aides sectorielles existantes pour les agriculteurs, les transports, la pêche ou le BTP, vont être prolongées jusqu’à l’été, et les entreprises sont invitées à verser une prime carburant augmentée à leurs salariés. Dans le détail, celles pour la pêche représenteront entre 30 et 35 centimes d’euro par litre de gazole, tandis que les agriculteurs bénéficieront d’un soutien de 15 centimes par litre de gazole non routier (GNR).

    Parmi les plus vulnérables, les aides à domicile, qui utilisent beaucoup leur voiture, et les fonctionnaires verront leurs indemnités kilométriques revalorisées, à hauteur d’environ 20 centimes par litre. L’aide aux gros rouleurs de 50 euros sera doublée à 100 euros. Les fonctionnaires amenés à utiliser leur véhicule personnel dans le cadre de leur mission verront eux aussi leurs indemnités de déplacement revalorisées, avec une majoration équivalente à environ 0,20 euro par litre de carburant.

    Avancer « prudemment »

    Car « d’une manière ou d’une autre, sous une forme ou sous une autre, cette guerre va durer, soit de manière froide (..) soit malheureusement aussi avec une reprise du conflit et des frappes, ce qui est un scénario évidemment possible », a prévenu Sébastien Lecornu.

    Mais comment aider davantage les métiers touchés sans creuser le déficit ou contraindre les dépenses ?

    Il faut « avancer prudemment » pour ne pas « casser la croissance », a souligné le chef du gouvernement parce que ces aides et la guerre ont « un coût » et un « certain nombre d’économies » seront « nécessaires ». Elles seront détaillées dans un comité d’alerte sur les finances publiques qui se réunira au mois de juin.

    Le gouvernement a déjà annoncé six milliards d’euros de gels ou annulations de crédits sur les dépenses publiques en 2026, dont quatre sur l’État et deux dans « la sphère sociale », qu’il envisage de « remettre à jour ».

    Le Premier ministre a écarté de nouveau « toute baisse générale indiscriminée de la fiscalité sur le carburant » qui coûte « très cher » aux finances publiques. Elle reste l’une des demandes d’une partie des oppositions pour soulager la facture énergétique des ménages. Pas question non plus de réclamer aux Français plus de sobriété dans leur consommation de carburant. « Il ne faut pas emmerder les Français » en leur faisant la « leçon » sur la façon dont ils doivent vivre, a affirmé Sébastien Lecornu, reprenant une formule célèbre de son lointain prédécesseur Georges Pompidou.

    Le gouvernement s’en remet en partie aux entreprises, en renforçant la prime carburant pour les salariés. Le montant maximum de cette prime défiscalisée versée par les employeurs sera portée de 300 à 600 euros. Sébastien Lecornu avait déjà salué la mesure prise par le groupe pétrolier TotalEnergies de plafonner les prix à la pompe dans ses stations-service, à défaut de le faire à son niveau compte tenu des contraintes budgétaires.

  • Le kérosène s’envole et l’aérien bat de l’aile

    Le kérosène s’envole et l’aérien bat de l’aile

    Il y aura-t-il des avions à un prix abordable pour les vacances d’été ? Ou même des avions tout court ? La question aurait pu paraître saugrenue il y a quelques semaines, mais elle devient très sérieuse pour beaucoup de futurs vacanciers au regard du blocage du détroit d’Ormuz et du conflit irano-américain.

    Car le kérosène qui sert de carburant aux avions voit son prix atteindre des sommets, comme le diesel à la pompe à essence. Une montée qui a de quoi inquiéter les acteurs du secteur aérien. « L’envolée du cours du pétrole fait qu’on a plus que doublé le prix du kérosène. Pour faire un Marseille-Athènes, sur une heure de vol, le coût du carburant, c’est 20% du coût total. Si c’est du long courrier, ça représente 35%. Imaginez maintenant que ça double : le 20% devient 40% et le 35% passe à plus de 50%… », campe Jean-François Dominiak, président du syndicat des compagnies aériennes autonomes (SCARA). Cette organisation professionnelle, qui regroupe la moitié des compagnies aériennes françaises, dont Air Corsica, tire la sonnette d’alarme sur la viabilité économique : « Le détroit d’Ormuz représente entre 40 et 50% de la production mondiale de kérosène. Et, au mieux, les bonnes compagnies dégagent entre 5 et 10% de résultat. En ajoutant 20% de coût, on gomme ce résultat. Non seulement il n’y a plus de marge, mais en plus, il y a une perte. »

    L’envolée de ces prix a déjà des conséquences concrètes avec des annulations en cascade et une répercussion sur les billets des passagers. C’est la filiale néerlandaise d’Air France-KLM qui a lancé l’une des premières charges, dès le 16 avril, avec une réduction de « 80 vols aller-retour » depuis l’aéroport d’Amsterdam, l’une de ses plateformes phares. Autre filiale du groupe, mais même raisonnement avec la compagnie low-cost Transavia qui, fin avril, annonce l’annulation d’environ 400 vols, « moins de 2% du programme ». La liste des entreprises qui annulent des vols s’allongent avec le temps : 20 000 pour Lufthansa d’ici octobre, 6% de liaisons en moins pour Air Transat, 10% de baisse pour Ryanair. Cerise sur le gâteau, la compagnie espagnole Volotea, en plus de réduire ses vols, réclame à ses passagers « un supplément (…) si les prix du carburant dépassent le niveau de référence ». Notons aussi que Transavia a augmenté le prix des billets de l’ordre de « 10 euros en moyenne par aller-retour », tandis qu’Air France a relevé ses prix de 70 euros sur les liaisons transatlantiques… Reste que, sur le terrain, ces annonces ne provoquent pas de séisme puisque l’aéroport Marseille-Provence constate un « trafic stable » et juge ces annulations « à la marge » (lire entretien ci-contre).

    « Il faut que l’État nous aide »

    S’engage alors un bras de fer entre les entreprises du secteur, les gouvernements européens et les associations de consommateurs. « Des compagnies ont de gros problèmes de trésorerie, certaines volent à perte. Il faut que l’État nous aide », plaide Jean-François Dominiak. Le SCARA réclame notamment un effort particulier pour les dessertes ultramarines, corses et celles relevant de délégation de service public (DSP), chères à de nombreux Provençaux. En réponse, le gouvernement dit préparer des mesures et réfléchit à « des reports de charge », mais rien d’acté pour l’heure.

    Et, au final, ce sont les passagers qui maronnent légitimement. « La volatilité du prix du carburant est un risque économique que les compagnies aériennes ne doivent pas faire peser sur les passagers », juge Imane El Bouanani, responsable juridique France de Flightright, plateforme de défense des droits des passagers aériens. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a tenté d’éteindre les inquiétudes des acteurs aéroportuaires, ce mercredi 6 mai, à la suite d’une réunion avec les compagnies aériennes, en assurant n’avoir « aucune crainte » de pénurie entre mai et juin et « sans doute peu » pour l’après. Son homologue aux Transports, Philippe Tabarot, minimise la problématique : « Les cas d’annulation sont pour l’instant assez exceptionnels. »

    Vers des destinations

    plus proches ?

    De quoi rassurer les acteurs de l’aérien ? « Le gouvernement nous dit qu’il y a des stocks pour 2 mois et demi. Ça nous amène jusqu’en août, mais que se passe-t-il après ? Personne n’est capable de le dire », commente Jean-François Dominiak, qui participait à ladite réunion ministérielle. Il anticipe une autre problématique de fond : « Est ce que beaucoup de passagers voudront toujours prendre le risque d’aller passer des vacances lointaines dans ces conditions ? Est-ce que les gens ne préféreront pas aller faire du camping à côté de Marseille ? Juste après l’épidémie de Covid-19, les gens sont restés dans un périmètre proche. Pendant la crise de 2008, les gens ont pris des vacances, mais d’abord en France… »

    Illustration de ce report vers des destinations plus proches : la compagnie Volotea a lancé, le 7 mai, une nouvelle ligne au départ de Marseille vers Limoges. Rien d’anodin puisqu’elle propose « deux vols par semaine, les jeudis et dimanches » et entend augmenter la cadence pour la haute saison, jusqu’à « quatre fréquences hebdomadaires en août les lundis, mercredis, vendredis et dimanches ». Dans la même lignée, la compagnie TwinJet proposera une ligne « éphémère », du 22 juillet au 12 août, à destination d’Olbia en Sardaigne. Reste donc à voir si les passagers changent de braquet pour ces vacances.

  • Les États-Unis lorgnent sur Cuba, asphyxiée

    Les États-Unis lorgnent sur Cuba, asphyxiée

    Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a dénoncé ce samedi 2 mai le « niveau dangereux » des menaces d’agression militaire de Donald Trump, se disant prêt à la riposte. Une énième escalade. Alors que l’embargo américain est en vigueur depuis 1962, qu’une crise économique profonde touche l’île et ses 9,6 millions d’habitants, que le renforcement des sanctions américaines sous le premier mandat Trump (2017-2021) a aggravé la situation, le président américain avait de nouveau serré la vis en janvier, n’autorisant depuis l’arrivée que d’un seul pétrolier russe. Et depuis l’intervention des États-Unis au Venezuela, principal allié de Cuba, l’économie de l’île a été encore plus durement touchée, privée du carburant nécessaire pour produire son électricité.

    Dans son allocution ce 1er mai depuis la Floride, le président américain menace de « prendre le contrôle » de Cuba, suggérant qu’un porte-avions américain pourrait s’y arrêter « sur le chemin du retour d’Iran ». Les nouvelles sanctions américaines, qui figurent dans un décret présidentiel, ciblent notamment les banques étrangères qui collaborent avec le gouvernement cubain, et imposent des restrictions en matière d’immigration. Dans ce décret, Trump impose des sanctions à l’encontre de personnalités et entités impliquées dans les secteurs de l’énergie, des mines et contre toute personne reconnue coupable de « violations graves des droits de l’homme ».

    « Ces actions témoignent d’une intention de réimposer, une fois de plus, une punition collective au peuple cubain » s’est insurgé le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez. Miguel Diaz-Canel a appelé la communauté internationale à « en prendre note » et à décider « aux côtés du peuple des États-Unis » s’il sera permis qu’« un acte criminel aussi radical soit commis ». Selon le chef de l’État cubain, une intervention militaire américaine viserait avant tout à « satisfaire » les intérêts de la communauté d’exilés cubains installés en Floride, « un groupe restreint mais riche et influent, animé par un désir de revanche et de domination ». Ce dernier a participé au défilé dénonçant ces menaces devant l’ambassade des États-Unis à La Havane, aux côtés du dirigeant révolutionnaire Raul Castro, 94 ans.

    De terribles conséquences

    Il peut compter sur le soutien du Mexique, du Brésil et de l’Espagne qui dans une déclaration commune le 18 avril, faisaient part de leur « énorme préoccupation pour la grave crise humanitaire que traverse le peuple cubain » et demandaient « que soient adoptées les mesures nécessaires pour soulager cette situation et que soient évitées les actions qui aggraveraient les conditions de vie de la population, ou celles qui sont contraires au Droit international ». Trois jours avant, la Chine avait réaffirmé qu’elle soutiendrait « résolument » La Havane par la voix d’un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Guo Jiakun.

    En France, Emmanuel Macron brille par son silence. Alors que se montent des opérations de solidarité comme celle commune de plusieurs associations depuis Marseille (lire par ailleurs), le PCF a opté pour l’envoi de conteneurs dans le cadre d’une campagne de collecte de médicaments et matériel médical. Le pays « aux meilleurs médecins du monde » rappelle le parti, se retrouve privé de paracétamol ou de médicaments contre les cancers infantiles. Selon le PCF, en un an, « le blocus aurait causé des dommages économiques conséquents estimés par les autorités à près de 5 milliards de dollars ». Avec des impacts forts dans plusieurs secteurs d’activité, pointe le parti : « un milliard de dollars de manque à gagner dans le tourisme, 3 milliards de préjudices pour le commerce extérieur, 467 millions pour l’industrie, 273 pour l’agriculture, 75,5 pour l’Éducation, 202 pour les transports, 143 pour les biotechnologies et l’industrie pharmaceutique (pourtant en pointe contre le Covid-19)… »

    Le groupe d’amitié France-Cuba à l’Assemblée nationale a aussi mis en place un pont aérien. « J’ai négocié avec la direction d’Air France pour envoyer à peu près 20 m3 de médicaments et de matériel médical » indiquait dans nos colonnes le 31 mars, André Chassaigne, son ex-président.

    À SAVOIR

    Un premier train de restrictions sous Trump I

    Après un bref espoir d’assouplissement et de normalisation des relations sous Barack Obama, Donald Trump a, dès son premier mandat, balayé ces timides avancées d’un revers de main. Plus de 240 restrictions sont imposées en 4 ans, comme sur le tourisme vers l’île et sur les transactions avec les entités liées à l’armée. Cuba est également placée sur la liste des pays soutenant le terrorisme. Le Covid-19 va accélérer la crise avec une cinquantaine d’autres mesures.

    Le Droit international bafoué

    Quelque 165 pays ont voté la levée des sanctions touchant Cuba sur les 193 que comptent les Nations unies, lors de l’Assemblée générale annuelle du 29 octobre 2025. Comme chaque année depuis 1992, date de la première résolution présentée par Cuba, les États-Unis et Israël s’y opposent. Cette fois-ci, l’Argentine, la Hongrie, le Paraguay, la Macédoine du Nord et l’Ukraine leur emboîtent le pas.

    1

    repas par jour. C’est le quotidien d’une majorité de Cubains. Une boîte d’œufs coûte l’équivalent d’un mois de salaire minimum, atteignant les 3 000 pesos. L’ONU a alerté en janvier sur le risque d’un « effondrement humanitaire » en raison des coupures d’électricité, de difficultés d’accès à l’eau, aux soins et à l’alimentation.

    60%

    de la population cubaine dépend de la diaspora. Depuis 2021, 2 millions de personnes supplémentaires se sont exilées sur 9,6 millions de Cubains, choisissant l’Amérique et, depuis le second mandat de Trump, l’Europe. Les exilés doivent ruser pour envoyer des subsides à leurs familles optant pour des colis de biens de première nécessité.