Tag: carburant

  • Quels leviers pour protéger le porte-monnaie des Français ?

    Quels leviers pour protéger le porte-monnaie des Français ?

    « Le diesel a augmenté en moyenne de plus de 45 cts au litre depuis le début de l’année et dépassé les 2 euros le litre ; idem pour l’essence, qui a augmenté de plus de 25 cts et a également parfois dépassé les 2 euros le litre ; le fioul, lui, a augmenté de 50% depuis le début du conflit ; quant au gaz, il a déjà augmenté de 35% et la répercussion sur son prix chez le consommateur va se faire sentir plus ou moins rapidement suivant la nature des contrats souscrits », liste Claude Gaubert, de l’UFC Que Choisir Montpellier. En faisant grimper les prix de l’énergie, la guerre au Moyen-Orient éprouve méchamment le porte-monnaie des Français, dont le pays paie sa trop grande dépendance aux énergies fossiles. L’État engrangeant, de son côté, des recettes fiscales supplémentaires grâce à la TVA (270 millions d’euros au mois de mars).

    Face à ce constat, l’association de consommateurs appelle de ses vœux des mesures qui permettraient de contenir l’impact de cette flambée sur le quotidien des ménages. « Dans votre facture d’électricité, de gaz ou quand vous allez à la pompe, une taxe est pratiquée sur la consommation de produits énergétiques, taxe sur laquelle vous payez, en plus, la TVA… Nous réclamons depuis toujours la suppression de cette taxe sur la taxe (5 à 6 milliards d’euros par an), qui permettrait de rendre une part non négligeable de pouvoir d’achat aux consommateurs », estime Claude Gaubert.

    Sortir de la dépendance aux énergies fossiles

    De façon plus ponctuelle, l’UFC Que Choisir plaide en faveur d’« aides ciblées », comme l’augmentation du nombre de bénéficiaires et du montant du chèque énergie. « Un dispositif équivalent » pourrait également, estime Claude Gaubert, être mis en place à destination « des professionnels particulièrement impactés par l’augmentation, notamment, du prix de l’essence (transports routiers, agriculteurs, taxis…) ».

    Enfin l’association de consommateurs n’oublie pas « les raffineurs, transporteurs et distributeurs, qui profitent de l’opportunité pour gonfler leurs marges. On peut imaginer que ces entreprises qui vont automatiquement profiter de l’envolée des prix soient mises à contribution par l’État via une taxe spéciale, en vue d’une redistribution de ces bénéfices aux consommateurs, en premier lieu les publics les plus impactés », suggère Claude Gaubert.

    Au-delà de ces mesures conjoncturelles, le représentant montpelliérain de l’UFC pointe un problème de fond sur lequel, estime-t-il, l’État doit agir : la trop grande dépendance de la France aux énergies fossiles. « On l’a vu avec la guerre en Ukraine, on le voit aujourd’hui avec le conflit au Moyen-Orient : il faut sortir au maximum de cette dépendance. Cela permettrait à la fois d’accroître notre autonomie énergétique et de réduire les émissions de gaz à effet de serre », souligne Claude Gaubert. « Ça veut dire renforcer tout ce qui est électrification des usages : aides pour l’achat d’une voiture électrique, renforcer la rénovation énergétique, l’isolation des bâtiments, encourager l’utilisation des pompes à chaleur… En somme inciter les gens à abandonner le gaz et le fioul au profit de l’électricité. Cela relève d’abord de politiques publiques mais aussi de choix individuels. »

  • Les revendications des syndicats pour sortir les salariés de la panade

    Les revendications des syndicats pour sortir les salariés de la panade

    Ils sont assistants familiaux, aides à domicile. Ces salariés utilisent quotidiennement leur voiture sur leur temps de travail. Touchés de plein fouet par la hausse des prix du carburant – conséquence de la guerre au Moyen-Orient – ces travailleurs ont alerté leur syndicat.

    « Cette hausse a impacté les assistants familiaux [il y en a 680 dans l’Hérault, Ndlr]. Leur métier se fait avec leur véhicule personnel, ils ont en charge les enfants placés, protégés donc il y a énormément de déplacements avec les enfants comme les audiences au tribunal, les lieux de soins, les visites aux parents, etc. Bien que les frais de déplacement soient remboursés, avec l’explosion des prix cela génère un déséquilibre de leur budget personnel », soutient Benjamin Karchen, co-secrétaire de la CGT au conseil départemental de l’Hérault. À cela s’ajoutent les agents utilisant leur véhicule personnel pour des déplacements, faute de véhicules disponibles mis à disposition par la collectivité en nombre suffisant. Ces cas sont loin d’être isolés. À Sérignan, les aides à domicile sont elles aussi dans la galère. « On fait énormément de petits trajets pour nos bénéficiaires. Par exemple, aller faire des courses en ville. Cela ne représente que quelques kilomètres mais on consomme plus que pour de longs trajets sur l’autoroute », soupire Christelle Fanjaud, déléguée CGT de l’association ADMR (Aide à domicile en milieu rural) Orb et Thongue. Or, les déplacements sont remboursés à hauteur de 38 centimes le kilomètre. « Depuis 2010, l’indemnité était de 35 centimes. Avec la crise énergétique en 2022, l’État a augmenté l’indemnité de 3 centimes. Mais là, aucune hausse. Mon association a fait un geste en prenant en charge 2 centimes supplémentaires. Mais cela représente 3 euros sur le bulletin de salaire », fait valoir Christelle Fanjaud. Un montant dérisoire comparé à l’envolée du gazole, passé de 1,80 euro à 2,40 euros en quelques semaines. De plus, cette indemnité ne couvre pas uniquement le coût du carburant. « En réalité, seuls 14 centimes concernent le carburant. Le reste est destiné à l’amortissement du véhicule, les réparations. Or, ces prestations ont augmenté de 20% ces dernières années », poursuit l’aide à domicile.

    Des congés posés faute

    de pouvoir se déplacer

    L’ADMR Orb et Thongue opère également sur les communes de Cers et Villeneuve-lès-Béziers. Les salariés vont tenter de mettre en place une sorte de système D. « On va essayer de trouver le moyen pour éviter que les aides à domicile de Cers ne viennent à Sérignan et vice-versa », espère Christelle Fanjaud. Du fait de la précarité du métier, bien souvent à temps partiel et donc payé en dessous du Smic, « certaines ne peuvent plus suivre », note Christelle Fanjaud, indiquant avoir eu vent de cas où des aides à domicile posaient des congés. Sacrées vacances !

    Mais la hausse des coûts ne concerne pas uniquement les salariés qui utilisent leur voiture sur leur journée de travail. « Notre département est assez grand, les équipements de service public se trouvent sur tout le territoire. Certains agents font des déplacements domicile-travail assez importants. Ils le font sur leurs deniers personnels, rien n’est pris en charge. Aujourd’hui, ces personnes éprouvent la brutalité du plein. Certains sont des fonctionnaires de catégorie B ou C, de petits salaires. Ce qui entraîne une difficulté financière importante », observe Benjamin Karchen. Pour pallier la situation, le syndicat, qui a alerté le président PS Kléber Mesquida et le directeur général des services, avance plusieurs revendications. « Certaines propositions ne coûtent pas un radis. On pourrait élargir le télétravail en identifiant les personnes et métiers concernés ou particulièrement impactés par la crise du carburant. Les véhicules de service pourraient être gardés par des collègues pendant quelques jours en lien avec les missions exercées. Et pour ceux pour lesquels ça ne serait pas possible notamment les assistants familiaux là on débloque une enveloppe », suggère Benjamin Karchen, assurant « ne pas vouloir mettre la pression mais ouvrir un dialogue. On est d’accord pour mettre en place des mesures qui seraient potentiellement reconduites chaque mois ».

  • [Entretien] Henri Sterdyniak : « La hausse va beaucoup peser sur les ménages »

    [Entretien] Henri Sterdyniak : « La hausse va beaucoup peser sur les ménages »

    La Marseillaise : Comment cette guerre lointaine se traduit-elle concrètement dans l’économie locale ?

    Henri Sterdyniak : D’abord, on ne sait pas combien de temps la guerre va durer, et ça crée une très grande incertitude pour tous les agents économiques. On a deux scénarios possibles : soit la tension s’atténue et les prix de l’énergie reviennent à des niveaux un peu supérieurs à avant la crise, soit la guerre continue et là, les prix restent durablement élevés. La première conséquence, c’est la hausse du prix de l’énergie : l’essence dépasse les deux euros le litre, le diesel est encore plus cher, le gaz augmente aussi. Et ça peut aller plus loin, avec des difficultés d’approvisionnement sur certaines matières ou intrants.

    Pourquoi certains secteurs sont particulièrement touchés ?

    H.S. : Ce sont les secteurs où l’énergie représente une part importante du coût de production. Le transport routier est le plus touché, avec environ 30% des coûts liés à l’énergie. La pêche, c’est même autour de 35%. Ensuite, vous avez l’agriculture, le BTP, puis les aides à domicile, les infirmières, qui font beaucoup de kilomètres, surtout en milieu rural comme l’Occitanie. Et justement, il y a une très grande inégalité territoriale. Dans les zones rurales ou les périphéries, les gens doivent utiliser leur voiture pour tout. Ils supportent pleinement la hausse.

    Les aides gouvernementales sont-elles suffisantes ?

    H.S. : Les aides sont relativement faibles. C’est de l’ordre de vingt centimes par litre, ce qui couvre à peu près la moitié de la hausse pour l’essence, mais beaucoup moins pour le diesel. Le gouvernement refuse pour l’instant des mesures plus fortes, notamment sur la fiscalité ou sur les profits des grandes entreprises pétrolières. Il est aussi contraint par des règles budgétaires imposées par Bruxelles, qui limitent les marges de manœuvre sur les dépenses publiques. Résultat : une grande partie de la hausse va peser sur les ménages et les secteurs en difficulté.

  • Dans le Var, les ambulanciers privés réclament plus de moyens

    Dans le Var, les ambulanciers privés réclament plus de moyens

    «  Nous voulons montrer à quoi ressemble une journée si on n’est pas là. » Ce mercredi, les ambulanciers privés se mobilisent sur l’ensemble du territoire national pour demander de meilleures conditions de travail. Principale revendication : une revalorisation de leurs tarifs par le gouvernement, pour suivre l’inflation « qui touche notre matériel embarqué, l’oxygène, l’essence bien sûr, mais aussi les salaires », justifie Johan Cabrita, directeur général de Var Assistance, principal transporteur sanitaire du département, pour qui « il est inadmissible que nos salariés, qui ont des responsabilités lourdes, la vie des gens entre leurs mains, soient payés au Smic. Mais nous n’avons pas les moyens de les augmenter ».

    Ces tarifs restent bloqués à 150 euros le déplacement dans un rayon de 20 km, quand « ceux des pompiers, qui étaient à 124 euros en 2020, sont à 217 euros aujourd’hui », pointe Johan Cabrita. « On voudrait être revalorisés à 250 euros, ou au minimum au niveau des pompiers. Pourquoi n’aurait-on pas la même évolution qu’eux ? », s’interroge-t-il.

    « 33% de défaillances

    en plus depuis 2024 »

    Mais il ne s’agit pas des seules doléances des ambulanciers. Dans le viseur également, « des temps d’inactivité toujours plus importants dans les prises en charge hospitalières », à cause des actes administratifs délégués par les hôpitaux, qui n’ont plus le temps, faute de moyens, de les réaliser. « On perd 15 à 30 minutes alors que cela ne fait pas partie de nos prérogatives, et que la prise en charge totale du patient, du transport à la dépose, ne devrait prendre que 15 minutes en théorie », déplore l’ambulancier.

    Autre manque à gagner pour son entreprise, les factures non réglées par les hôpitaux : « Le GHT 83 (Groupement hospitalier de territoire du Var) nous doit plus d’1 million, cela fait un an que l’hôpital de Brignoles ne nous paye plus. On est obligé de prendre des crédits en trésorerie. » Et si Var Assistance et ses plus de 50 ans d’existence ont la « chance » d’être suivis par les banques, ce n’est pas forcément le cas de plus petites structures. « Il y a eu 33% de défaillances en plus depuis 2024, et les difficultés commencent à peine », met en garde Johan Cabrita.

    Ce mercredi, il ne s’agira pas pour les ambulanciers de « pénaliser les patients », qui seront pris en charge, surtout dans les cas d’urgence, vers les hôpitaux. Mais les sorties d’hôpitaux ne seront pas assurées avant 20h. « Une grosse majorité des entreprises varoises participent, sauf celles qui sont déjà en défaillance, pour qui c’est compliqué de se mobiliser », affirme le directeur général de Var Assistance, qui espère être reçu par l’ARS et le préfet, mais aussi par la Caisse nationale d’assurance maladie pour discuter d’une hausse des tarifs et d’un éventuel fonds d’indemnisation face aux aléas subis par les transporteurs sanitaires.

  • Sophie Binet réclame le « blocage » des prix

    Sophie Binet réclame le « blocage » des prix

    Dans un entretien publié lundi soir par Ouest‑France, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, plaide pour « un blocage des prix de l’énergie ». « Il faudrait fixer un prix maximum à la pompe, de 1,70 € par exemple, en limitant les prix de vente des pétroliers », affirme-t-elle. Une prise de position exprimée à la veille de la réunion des syndicats représentatifs – CFDT, CGT, FO, CFE‑CGC et CFTC – avec le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure. Le rendez-vous, prévu ce mardi à 17h30, est consacré aux prix des carburants et à l’inflation.

    « Ils font des marges énormes et des bénéfices records. En mars, les traders de TotalEnergies ont spéculé sur la crise et fait un milliard de bénéfices », a également dénoncé Sophie Binet. Elle ajoute : « Les taxes devraient être modulées, en fonction des prix de l’énergie et, à moyen terme, la TVA devrait être à 5,5% sur tous les produits de première nécessité y compris l’énergie. Nous militons pour le retour des tarifs réglementés sur les prix du gaz et de l’électricité, fixés en fonction des coûts de production et non du marché ».

    « Taxer profits, dividendes et très hauts revenus »

    Interrogée sur l’hypothèse d’une taxe sur les surprofits des pétroliers, Sophie Binet a plaidé pour « taxer les profits, les dividendes et les très hauts revenus ». « Il est aussi nécessaire de mettre en place de vraies mesures pour sortir de la dépendance aux énergies fossiles : une planification dans laquelle par exemple, on exige des constructeurs automobiles français qu’ils produisent en France un petit véhicule électrique bon marché », a-t-elle complété dans les colonnes de Ouest France.

    Le pétrole s’est installé, lundi, autour des 110 dollars le baril, dans un marché suspendu au conflit au Moyen-Orient où Donald Trump menace de s’en prendre aux infrastructures vitales iraniennes, et guettant de possibles négociations.

    Le ministère de l’Économie a annoncé, vendredi soir, le lancement prochain d’un « prêt flash carburant » avec Bpifrance, pour soutenir la trésorerie des petites entreprises les plus exposées à la flambée des prix des carburants liée à la guerre au Moyen-Orient.

    Des sommes de 5 000 à 50 000 euros pourront être prêtées au taux de 3,80%, sans garanties, aux TPE (très petites entreprises) et PME (petites et moyennes entreprises) des secteurs éligibles : transports, agriculture, pêche, dont les dépenses de carburant représentent « au minimum 5% du chiffre d’affaires », a précisé Bercy.

    Des mesures pour compenser la hausse

    Les prêts seront « distribués via un canal 100% numérique par Bpifrance », la banque publique d’investissement, avec une « mise à disposition des fonds sous 7 jours », a indiqué le ministère dans un communiqué.

    Les entreprises devront cependant répondre à un certain nombre de critères pour éviter les effets d’aubaine : avoir été créées il y a plus d’un an, et accepter de donner accès à Bpifrance à leurs derniers mois de relevés de compte bancaire.

    La durée de ces prêts sera de 36 mois, « incluant un différé d’amortissement du capital de 12 mois », selon le communiqué. Ils seront disponibles dans l’Hexagone ainsi que dans les départements et régions d’outre-mer.

    Ces mesures pour compenser la hausse des prix des carburants due à la guerre au Moyen-Orient avaient été promises par le Premier ministre Sébastien Lecornu.

  • À Manosque, l’un des plus grands stockages pétroliers d’Europe

    À Manosque, l’un des plus grands stockages pétroliers d’Europe

    L’une des principales installations françaises de stockage pétrolier, conçue pour servir de filet de sécurité en cas de crise d’approvisionnement liée à des tensions géopolitiques, est située à Manosque, en plein cœur du parc naturel régional du Luberon. Le site peut couvrir « jusqu’à deux mois de consommation française en produits pétroliers », selon Géosel, son propriétaire. Des oléoducs le relient aux ports pétroliers de Fos et Lavéra.

    « Depuis 1967, Géosel est l’un des garants de la souveraineté et de la sécurité énergétique française », se félicite la société française, spécialisée dans le stockage souterrain d’hydrocarbures, sur son site. Elle a été créée dans les années 1960 « pour répondre à un impératif stratégique : assurer la sécurité énergétique du pays », explique-t-elle. Avec sa capacité souterraine de 9 millions de m3, ce site manosquin est l’un des plus grands complexes de stockage d’hydrocarbures en Europe.

    Géosel propose des services de stockage et de transport par canalisation d’hydrocarbures liquides. La construction des pipelines et des installations de surface a démarré en 1967, avec des postes de livraison d’hydrocarbures à Lavéra, à La Mède et à Fos-sur-Mer. 19 cavités sont alors creusées et commencent à être remplies de produits pétroliers, à partir de 1969.

    Un nouveau pipeline entre la station de Passaire et l’étang de Berre est posé en novembre 1973. Les travaux s’achèvent en 1974 avec le raccordement de la station Géopipe de Rognac à la raffinerie de Shell à Berre.

    « Avec le 1er choc pétrolier de 1973, le stockage de Manosque, initialement conçu pour un nombre d’opérations limitées, voit ses besoins en entrées et sorties de produits augmenter », relate Géosel. Deux nouvelles stations de pompage sont alors construites, en 1975, et l’utilisation de la saumure pour déplacer les hydrocarbures stockés permet les entrées et sorties régulières de produits pétroliers et « devient un atout majeur pour Géosel ».

    Incidents et pollution des sols

    « Le 1er mai 2010, une rupture de canalisation entraîne une fuite de naphta qui cause une pollution des sols. L’incident conduit à intensifier le plan de rénovation des installations », précise la société sur son site. 300 personnes doivent alors être évacuées après le déversement d’environ 200 m³ de naphta (un mélange d’hydrocarbures issu de la distillation du pétrole) du site de Géosel dans l’atmosphère et les cours d’eau. En 2021, un rapport a également révélé un rejet massif de gaz sur le site de stockage, un accident majeur dû à un défaut de maintenance des logiciels des automates de sécurité. L’incident n’avait pas eu de conséquences humaines, mais il n’avait été révélé que tardivement et succinctement aux autorités.

    Parmi les actionnaires de Géosel, on retrouve EDF (15%) et TotalEnergies (3,4%). En 2015, Total avait cédé la majorité du site de stockage à la société d’investissement française Ardian et à EDF Invest.

    Seul le gouvernement peut choisir d’entamer les réserves, en coopération avec l’AIE (l’Agence internationale de l’énergie) et l’UE, pour faire face à des ruptures graves des approvisionnements, comme une crise pétrolière ou le boycott d’un pays producteur.

    Le complexe souterrain manosquin abrite près de la moitié des stocks de la Sagess (Société anonyme de gestion des stocks stratégiques, créée par les opérateurs pétroliers, sous l’égide de l’état).

    En France, le gouvernement a martelé qu’il n’y avait pas de risque de pénurie, à ce stade. Le pays détient au total l’équivalent de 108 jours d’importations nettes, selon Bercy.

  • Carburant : le pouvoir d’achat dans le rouge

    Carburant : le pouvoir d’achat dans le rouge

    « C’est cher ! » : dans l’une des stations-service du boulevard Sakakini, le litre de gasoil est affiché autour de la barre symbolique des deux euros ce mardi matin. Pistolet à la main, Nawel fulmine : « C’est exorbitant, c’est toujours le citoyen qui paye ! », s’exclame-t-elle. Cette commerciale au chômage dit avoir fait une pause dans sa recherche d’emploi face à la hausse des prix à la pompe. « Je ne me déplace plus, je consomme beaucoup moins. D’habitude je fais le plein mais là j’essaye de mettre entre 20 et 30 euros maximum pour ne pas aller jusqu’à 80 ! », raille-t-elle. Alors que la guerre au Moyen-Orient se poursuit et se propage provoquant la flambée des prix du carburant, l’exécutif français est sommé d’agir. Le gouvernement planche pour l’instant sur des aides très ciblées, consacrées aux transporteurs, pêcheurs et agriculteurs, pour une enveloppe totale de 70 millions d’euros et limitée au mois d’avril.

    « On n’a pas le choix ! »

    « C’est bien de leur donner un coup de main mais s’ils ramènent des produits qu’on ne peut pas acheter ça sert à quoi ? Pourquoi on n’aide que certains secteurs et pas tout le monde ? Les autres ne travaillent pas ? », assène Nawel, en claquant la porte de sa voiture. Chauffeur VTC, Amine ne jouit pas d’un statut lui permettant d’accéder au coup de pouce annoncé. « Même si le plein est à 3 euros, on sera obligés d’aller travailler, on n’a pas le choix ! », s’exclame-t-il en sortant de sa berline noire. Le jeune homme dit adapter son budget : « Je ne vais pas arrêter de me nourrir pour mettre le gasoil. Je ne fais pas le plein, je mets ce dont j’ai besoin pour les prochaines 48 heures », souligne-t-il.

    A contrario, Norbert, habitant du quartier et directeur d’une structure se voit comme « privilégié » car lui « ne roule pas beaucoup ». Et pointe ce qu’il considère comme une « dramatisation dans les médias » : « c’est politique », veut-il croire. Une opinion partagée par Fanny, qui constate néanmoins de premières pénuries : « Je choisis ma station en termes de disponibilité plutôt que de prix », affirme-t-elle à bord de son automobile rouge. « On sait tous ce qu’il se passe dans le monde mais la vie malheureusement doit continuer », pousse cette cadre d’une PME dans l’informatique.

    Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Selon le Financial Times, TotalEnergies aurait engrangé plus d’un milliard de dollars de profit depuis le début de ce conflit. Le groupe a, en effet, acheté quelques jours après le lancement de l’attaque coordonnée des États-Unis et d’Israël sur l’Iran, 70 cargaisons de brut, soit l’équivalent de 34 millions de barils, pariant sur une flambée des prix. Accusé de profiter de ce conflit, le pétrolier français prolonge le plafonnement du prix de l’essence à 1,99 euro/L et du diesel à 2,09 euros/L. Et ce, pour les clients inscrits à son programme de fidélité seulement. Certains se gavent et d’autres voient leur pouvoir d’achat impacté. « Je reste raisonnable sur tout », confie Alain, retraité, « je roule moins, je surveille mes kilomètres et me déplace quand j’en ai réellement besoin », souffle-t-il les yeux rivés sur le compteur. Habitant d’Aix-en-Provence, Charif tente d’économiser quelques centimes : « Je cherche la station la moins chère mais les prix sont équivalents partout », regrette-t-il. Les mains sur le guidon de sa moto, ce peintre en carrosserie est pessimiste : « Ça m’inquiète beaucoup. Les prix augmentent et nous, on souffre. » Et, en esquissant un sourire, formule un vœu pieux : « On aimerait que ça redescende à 1,19 euro comme à l’époque. »

    La CGT de la Métropole veut des mesures

    Dans un communiqué, la CGT des agents de la Métropole Aix-Marseille Provence revendique des mesures pour les travailleurs impactés par cette guerre. En premier lieu, le recours systématique à 3 ou 4 jours de télétravail pour le personnel qui le peut. Le syndicat demande également la mise en place d’une prime transports « exceptionnelle de 100 euros net par mois » ou « d’une aide directe aux déplacements » d’un montant similaire, concernant les agents vivants à plus de 10 km et l’instauration d’un système de navettes « via les véhicules de service » pour ceux résidant à proximité de leur lieu d’exercice.

  • La production de méthanol de synthèse sur les rails d’ici 2031

    La production de méthanol de synthèse sur les rails d’ici 2031

    Produire et distribuer du carburant de synthèse, un projet à deux temps. La stratégie d’Elyse Energy pour son projet Neocarb a été présentée, lundi soir, à la Maison de la mer et du sport de Fos-sur-Mer. L’idée est, pour l’entreprise, de créer une unité de production de méthanol de synthèse à partir de CO² rejetté par les autres industriels de la zone, comme Marcegaglia (ex-Ascometal), futur voisin. À terme, ce méthanol sera également utile à la création de kérosène synthétique.

    Le directeur territorial d’Elyse, Jérôme Giraud, confie que « Neocarb n’est qu’une partie d’un projet industriel global. Les armateurs sont intéressés et nous attendent pour 2030. Mais, le temps de réaliser l’usine, la production ne démarrera qu’à partir de 2031, voire 2032, à Fos ».

    Pour ne pas perdre d’opportunités, Elyse Energy compte sur la mise en service du projet de production de méthanol EM Rhône en 2029, similaire à Neocarb et située à Salaise sur Sanne, entre Lyon et Valence. « On y va petit à petit. L’acte 1 de Neocarb vise à implanter notre base logistique d’ici 2029 à Fos. L’acte 2 sera celui des unités de production », détaille Maxime Vigot, chef du projet Neocarb. Dans l’idée d’amorcer la distribution du carburant produit dans la vallée du Rhône.

    Une aubaine pour le train ?

    Le directeur Jérôme Giraud l’assure : « Le déroulement en deux phases ne remet pas en cause le projet. On accélère en créant une étape intermédiaire et la décision finale d’investissement doit toujours être prise en 2027 ».

    Le transport par train est stratégique pour Neocarb. « Marcegaglia a besoin de développer sa plateforme ferroviaire. Nous pensons créer un groupe d’intérêt économique avec Gravithy pour la rénover avant 2030 », indique Jérôme Giraud.

    Ce qui interroge le conseiller municipal (PCF), Nicolas Féraud : « vous présentez quatre voies de triage sur votre site, avez-vous changé votre chiffrage entre le train et les camions ? » « On ne fait que dériver la voie d’accès à Marcegaglia pour trier sur notre poste, les chiffres de la concertation préalable n’ont pas changé », répond Maxime Vigot. En l’occurrence, le dossier de concertation évoque 30% des flux de CO² par rail et 15% pour les carburants. Les camions 10% pour chacun des produits.

    Le prochain atelier de la Commission nationale du débat public (CNDP) sur Neocarb est prévu le 7 octobre, salle Marcel-Pagnol de Port-Saint-Louis-du-Rhône, de 18h30 – 20h30, autour de la logistique et de la biodiversité.

  • TotalEnergies lance ses carburants aériens durables

    TotalEnergies lance ses carburants aériens durables

    La bioraffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône) franchit une nouvelle étape avec le démarrage de sa production de carburants aériens durables (SAF) à partir d’huiles de cuisson usagées et de graisses animales. Une première en Provence.

    D’une capacité de 15 000 tonnes par an, cette production est destinée à l’aéroport Marseille-Provence. Elle permettra notamment d’alimenter les vols d’Air France, dans le cadre d’un contrat de fourniture signé en 2024. « Le carburant aérien durable de TotalEnergies n’impose aucune modification ni sur les avions ni sur les infrastructures logistiques ou les opérations d’avitaillement », précise le communiqué de l’entreprise. Les SAF permettent une réduction de 75% à 90% des émissions de CO2 sur l’ensemble du cycle de vie du carburant.

    « Nous nous réjouissons de produire localement des carburants aériens durables, qui contribuent avec l’aéroport Marseille-Provence à la construction d’une filière de production et de distribution de SAF porteuse de croissance et de développement pour la région », y explique Guillaume Eveno, directeur de la plateforme de La Mède.

    Le chantier de transformation du site a mobilisé plus de 1 200 emplois équivalents temps plein, avec 65% des marchés confiés à des entreprises locales. Une convention de développement économique et social dotée de 5 millions d’euros a permis de soutenir 14 projets industriels dans le bassin de Fos-Berre, contribuant à la création de plus de 400 emplois.

    Avec cette nouvelle étape, TotalEnergies renforce son ancrage en Provence, où il est déjà actif dans les énergies renouvelables, la mobilité électrique, le GNL maritime et le soutien aux PME locales.

    Ch.C.