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  • À Châteauneuf-les-Martigues, Total réaffirme ses priorités sur la santé

    À Châteauneuf-les-Martigues, Total réaffirme ses priorités sur la santé

    Les sujets de santé au travail, en particulier lorsqu’ils concernent des expositions potentielles à des substances comme le benzène, sont sérieux et appellent des réponses claires », affirme Jean-Michel Diaz, directeur régional Paca de TotalEnergies, en réponse à la conférence de presse de la Fnic-CGT donnée mardi 28 avril.

    Cette réponse intervient dans un contexte de tensions autour de la plateforme TotalEnergies de La Mède, ancienne raffinerie de pétrole convertie en bioraffinerie de carburant de synthèse à base d’huile végétale. Une tension qui se mesure à la plainte au pénal pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui pour l’exposition au benzène déposée par le syndicat CGT et 14 salariés et la saisie des Prud’hommes par 180 salariés pour préjudice d’anxiété lié à cette exposition.

    « Je comprends les préoccupations qui peuvent s’exprimer, et je sais à quel point ces sujets peuvent être sensibles pour celles et ceux qui travaillent sur le site. La santé et la sécurité de l’ensemble des équipes qui interviennent sur nos sites sont au cœur de notre exigence au quotidien », affirme en réponse le directeur régional de TotalEnergies. Ce dernier rappelle avoir « passé 37 ans de ma carrière dans des usines TotalEnergies, je sais à quel point ces enjeux sont concrets ». « À La Mède, les équipes opérationnelles de TotalEnergies comme celles des entreprises partenaires évoluent sur le même site industriel. Cela nous engage collectivement à une vigilance permanente, c’est la priorité dans nos métiers », poursuit-il.

    « Respect des réglementations »

    Sur le plan plus technique, Jean-Michel Diaz précise que « nos activités sont conduites dans le respect des réglementations applicables, sous le contrôle des autorités compétentes, avec des dispositifs de prévention et de suivi en place, et nous restons à leur disposition pour apporter tous les éléments utiles ». Cela repose notamment sur « des campagnes régulières de mesures et de contrôle des installations, la formation des équipes aux risques chimiques et un suivi médical adapté des salariés concernés ».

    En définitive, le directeur régional de TotalEnergies indique que « dans cet esprit de transparence continue, nous organisons régulièrement des visites du site pour des élus, des riverains, des étudiants et des associations, afin de présenter concrètement nos activités et nos exigences en matière de sécurité. La semaine dernière encore, nous avons accueilli des lecteurs du journal La Provence sur le site ».

    Ce discours jettera-t-il un nouveau pont ? Alors que TotalEnergies et Air Liquide s’associent pour une nouvelle production d’hydrogène intégrée au processus biocarburant, sur place, le syndicat CGT pointait « une bonne nouvelle » selon le secrétaire Fabien Cros en janvier. Ceci en raison de « l’arrêt du reformer, plus gros producteur de benzène du site ». François Wioland, responsable des projets pour Total, lors de la présentation des projets, affirmait que « la présence de tous les éléments CMR, comme le benzène, a été modélisée et le pire scénario révèle un impact en particule par million ». « Nous n’avons pas confiance » tranchait le responsable CGT.

  • [Entretien] Serge Ragazzacci : « Augmenter les salaires, les minimas sociaux et les pensions de retraite »

    [Entretien] Serge Ragazzacci : « Augmenter les salaires, les minimas sociaux et les pensions de retraite »

    La Marseillaise : En quoi ce 1er-Mai 2026 est particulier ?

    Serge Ragazzacci : Pour trois raisons. Il y a d’abord le contexte de guerre partout dans le monde et le 1er-Mai est une journée internationale. C’est la date choisie en 1889 pour avoir une journée de mobilisation internationale avec un même mot d’ordre qui était à l’époque la réduction du temps de travail, avec, également, l’objectif de rappeler les solidarités ouvrières. Ce qui frappe en 2026, c’est l’étendue des guerres et le retour des visées impérialistes. Il faut donc se mobiliser pour la paix. Le deuxième élément, c’est la nécessité de se mobiliser suite aux tentatives de remettre en cause le caractère férié du 1er-Mai et, au-delà, de disputer le symbole et l’histoire des luttes ouvrières.

    Enfin, il faut profiter de ce 1er-Mai pour faire entendre toutes les revendications et toutes les colères en particulier sur la vie chère puisqu’il y a une nouvelle inflation avec la guerre alors qu’il y avait déjà une inflation forte en particulier des produits alimentaires. Il y a une nécessité que l’on augmente les salaires, les minima sociaux et les pensions de retraite.

    Quelles sont vos propositions face à la hausse des prix du carburant ?

    S.R. : Aujourd’hui il y a la question du détroit d’Ormuz mais il y a aussi les choix politiques de la France qui inquiètent. Crise après crise, c’est toujours la même attitude puisqu’il y a un refus de prendre en compte celles et ceux qui travaillent et d’aller vers les augmentations de salaires. On fait comme s’il n’y avait plus de dividendes dans le pays, comme si des entreprises ne continuaient pas à s’enrichir énormément et comme s’il n’y avait pas 300 milliards d’aides publiques versées sans contrôle ni contrepartie. Il y a des secteurs très fortement touchés puisque la semaine dernière, il y a eu un appel à la grève des aides à domicile de l’Hérault, par exemple. Dans certains secteurs, la voiture est l’outil de travail et, pour d’autres, c’est le moyen d’aller travailler. Il faut vraiment redonner du souffle parce qu’il va y avoir des conséquences sur notre département et sur le tourisme durant la saison estivale. Il y a donc aussi une nécessité de blocage des prix. Il faudrait également avoir une politique industrielle.

    On nous dit qu’il faut aller vers plus d’électrification, mais encore faudrait-il en avoir les moyens. On n’a pas de politique industrielle à hauteur des enjeux économiques et environnementaux. Nous militons toujours pour un retour de ce qu’était EDF-GDF avec une gestion 100% publique. Nous voulons aussi une baisse de la TVA pour les particuliers et les entreprises parce qu’on considère que l’électricité est un bien de première nécessité.

    Les premières conséquences sur l’emploi se font-elles déjà sentir ?

    S.R. : Cela va arriver, surtout chez les artisans et les plus petites entreprises. On ne comprend pas non plus qu’il y ait des remises en cause du télétravail. Au lieu d’inciter au télétravail, ce qui permettrait d’économiser un peu d’argent, on remet en cause ces accords.

    Certains dans le bloc central et à droite voulaient remettre en cause le 1er-Mai. Comment avez-vous vécu cette bataille finalement remportée ?

    S.R. : Il y a une volonté d’être à l’offensive sur ce jour férié et de pouvoir encore libéraliser parce que ça permet de faire sauter des verrous dans le Code du travail. C’est extrêmement important. Ce verrou est primordial car le 1er-Mai est le symbole de la réduction du temps de travail.

    On voit bien les velléités de revenir sur ces réductions du temps de travail, que ce soit sur le droit à la retraite, la semaine de 35 heures ou la journée de huit heures. Il faut que les salariés prennent la mesure du danger. L’objectif est de dérégulariser l’ensemble de certains secteurs. Et pas pour le bien des artisans et des commerçants. Parce que derrière, il y a les grandes surfaces. C’est le cheval de Troie qui a conduit à l’ouverture généralisée des grandes surfaces le dimanche. Il faut aussi rappeler que le volontariat n’existe pas car le contrat de travail est un lien de subordination donc on ne parle pas d’égal à égal avec son patron.

    Le prochain 1er-Mai, en 2027, se déroulera en pleine élection présidentielle, comment appréhendez-vous les prochains mois ?

    S.R. : Il faudra que les gens se mobilisent. Il y a des choses qui se passent dans les entreprises qui permettront peut-être des avancées. On ne sait pas comment va se dérouler l’année à venir, mais nous appelons les salariés à ne pas rester attentistes dans une séquence électorale parce que de l’autre côté, les patrons, eux, ne sont pas attentistes. On voit [après l’invitation de Jordan Bardella par le Medef et la rencontre entre Marine Le Pen et les patrons du CAC 40, Ndlr] la porosité et l’absence de moralité du patronat. Nous sommes dans un phénomène de banalisation et le patronat ne voit pas le caractère raciste, xénophobe, islamophobe et antisémite de l’extrême droite. C’est aussi la conséquence de la démission d’un certain nombre de formations politiques, en particulier à droite, qui ont mis de sacrés coups dans le barrage républicain. Ça devient extrêmement dangereux. C’est un signal d’alerte et il y a besoin d’une réaction à la hauteur. L’autre raison de manifester le 1er-Mai, c’est donc pour s’opposer à la montée de l’extrême droite partout en Europe et plus particulièrement en France. C’est un sujet qui nous mobilise et qui va continuer de nous mobiliser jusqu’à l’élection présidentielle.

    Entretien réalisé par Tristan Arnaud

  • [Entretien] Jérémy Bacchi : « Le gouvernement continue de jouer le jeu de l’industrie pétrolière »

    [Entretien] Jérémy Bacchi : « Le gouvernement continue de jouer le jeu de l’industrie pétrolière »

    La Marseillaise : Que contient la proposition de loi (PPL) déposée mardi au Sénat par les communistes ?

    Jérémy Bacchi : C’est une proposition de loi pour bloquer, encadrer les prix et les marges des carburants et du gaz, dans une période de flambée à la défaveur des conflits au Moyen-Orient. L’idée est de s’attaquer aux profiteurs de crise, que ce soit l’état ou les industries pétrolières, qui s’appuient sur ce chaos international pour augmenter leurs marges. Les industriels nous expliquent que le prix du baril est à X dollars et assurent que, dans ce cadre, ils ne margent que très peu. Ils oublient de dire qu’ils ont des réserves conséquentes, qu’ils ont constituées lorsque le prix du baril était au plus bas, et qu’aujourd’hui, ils nous les vendent au plus fort.

    Votre PPL invite aussi l’état à baisser la TVA et la fiscalité du carburant…

    J.B. : Il y a évidemment un volet qui consiste à appliquer une TVA à 5,5% au carburant, mais aussi au gaz. Cela permettrait de redonner du pouvoir d’achat aux Françaises et aux Français.

    Pourquoi le gouvernement ne suit-il pas votre PPL pour l’instant ?

    J.B. : D’abord, le gouvernement continue de jouer le jeu de l’industrie pétrolière, notamment du fait de la présence de forts lobbies de l’industrie pétrolière en France, et au-delà, d’ailleurs. Deuxièmement, l’État trouve son intérêt dans la situation. Il joue, lui aussi, à la spéculation sur la hausse des tarifs. Près de 400 millions d’euros ont été récupérés par l’état en six semaines, à la faveur de la hausse du prix du pétrole.

    La PPL prévoit que le prix de l’essence ne puisse pas, pendant six mois, excéder le prix moyen des douze mois précédents. À quel niveau cela nous amènerait-il ?

    J.B. : Ça dépend du prix moyen. Mais on serait aux alentours de 30 à 40 centimes de moins que ce qu’on a aujourd’hui, ce qui pourrait permettre de gagner entre 7 et 9 euros par plein.

    Fabien Roussel (PCF) a, début avril, relancé le débat autour d’une nationalisation de TotalEnergie. Qu’est-ce que cela permettrait ?

    J.B. : Le débat autour de la nationalisation soulève en premier lieu la question de la souveraineté énergétique. Il s’agit d’un problème plus large que celui du coût du carburant, ou de la séquence que nous vivons. C’est la question de savoir qui a la main, quelles nations, quels investisseurs…

    Cela permettrait aussi de diminuer l’impact des conflits sur les plus pauvres, qui sont les premiers à trinquer…

    J.B. : En effet, aujourd’hui, c’est le peuple qui paye le prix du conflit. Et les industriels se gavent là-dessus.

    TÉMOIGNAGES

    Muriel Dueñas – Responsable départementale de l’Association de défense des consommateurs (Indecosa) CGT Vaucluse

    « Nous exigeons un prix de carburant à 1 euro 70, sachant que, dans certains pays en Europe, les prix sont plus bas. L’addition est salée mais nos salaires n’augmentent pas. Les grandes compagnies pétrolières réalisent des profits sur le dos des consommateurs. Nous demandons au gouvernement d’empêcher cette spéculation et de protéger la population. J’ai travaillé dans une station essence, je sais que les stocks sont présents bien en avance. Il est donc possible de baisser les prix, car les stocks ont été faits avant la crise. »

    M.M.

    Olivier Masini – Secrétaire départemental du Secours populaire 83

    « C’est encore trop récent pour qu’on ait des retours mais inévitablement ça va venir aggraver la situation des personnes que nous accompagnons qui sont déjà en situation de précarité, voire de grande précarité. Aujourd’hui, il n’y a plus pour elles d’arbitrage possible. Cet hiver c’était déjà choisir entre se chauffer et se nourrir…

    je rappelle que dans notre département 17,94% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Alors bien sûr toute augmentation des prix de l’énergie va forcément avoir un impact sur les plus fragiles. »

    T.T.

    Damien Langlet – Président de l’association des consommateurs et usagers des Hautes-Alpes

    « L’impact dans les Hautes-Alpes est énorme. Dans ce territoire de montagne avec des communes enclavées et des emplois excentrés, la voiture est essentielle pour la majorité des travailleurs. Nous souhaitons donc que le gouvernement rétablisse la taxe sur le carburant, qui augmente à mesure que les prix montent, à son niveau d’avant crise. On a le sentiment que l’État laisse faire car la situation lui permet de générer un maximum de recettes via cette taxe et, en même temps, d’accélérer à marche forcée le passage à l’électrique, au détriment des plus pauvres. »

    A.F.

  • Bercy en panne face à la hausse de l’énergie

    Bercy en panne face à la hausse de l’énergie

    Face à la flambée des prix à la pompe, le gouvernement dégaine un décret pour contrôler la situation. Consultée mardi par l’AFP, la mesure d’urgence prétend « éviter des effets d’aubaine » liés à la guerre de Trump et Netanyahu au Proche et Moyen-Orient. Dans une lettre envoyée mardi au Premier ministre, les patrons des cinq plus gros distributeurs français, Carrefour, Auchan, Intermarché, Leclerc et Coopérative U, dénoncent un texte « techniquement défaillant, économiquement déséquilibré et juridiquement fragile ».

    Depuis le début de la guerre en Iran, fin février, et le blocage du détroit d’Ormuz qui s’en est suivi, les prix à la pompe ont grimpé en France d’environ 15% pour l’essence (à environ 2 euros par litre en moyenne mercredi) et bondi de 34% pour le diesel (à plus de 2,30 euros le litre en moyenne). Le décret donnerait la possibilité au gouvernement de plafonner les marges des distributeurs, mais les prix à la pompe resteront variables en fonction de l’évolution des cours des produits raffinés. Le mécanisme se déclencherait dès lors que les prix des produits raffinés à Rotterdam dépassent ceux d’avant-crise, correspondant à environ 1,71 euro/l à la pompe pour le gazole et l’essence.

    Pour Olivier Gantois, président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), si l’idée du gouvernement est « louable », ce mécanisme ne fera baisser les prix que de « quelques centimes par litre » puisque la loi du marché garde la main sur le prix in fine. Déjà critiqué à droite comme à gauche comme pour son impact « marginal », ce projet suscite encore une levée de boucliers des distributeurs qui condamnent une décision « sans concertation avec les acteurs économiques, et surtout qui ne va rien produire », s’est agacé Thierry Cotillard, patron du Groupement Mousquetaires/Intermarché. Le prix glissant sur cinq jours décorrèle « le prix de référence réglementaire du coût réel du carburant en cuve », ce qui aurait pour conséquence de contraindre les distributeurs à « vendre à perte ». Les cinq dirigeants dénoncent : « Ce sont les raffineurs-distributeurs qui ont capté des marges brutes considérables depuis le début du conflit en Iran » et « ce décret ne leur impose strictement rien ». Ils plaident pour la suspension des certificats d’économies d’énergie (CEE), qui représente « 15 à 20 centimes par litre » sur le prix du carburant.

    Ménages et travailleurs, les plus pompés

    On est loin du « prix maximum à la pompe 1,70 euro » réclamé par la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. In fine c’est encore le monde du travail qui trinque le plus, « le secteur routier est le plus touché, avec environ 30% des coûts liés à l’énergie, la pêche c’est même 35%, ensuite vient l’agriculture, le BTP, les aides à domiciles, les infirmières », liste l’économiste Henri Sterdyniak, soulignant « les inégalités territoriales dans les zones rurales et périphériques ». Du côté du Medef Sud, « pour l’instant, il y a prise en compte des entreprises, qui prennent sur leurs marges pour éviter le dérapage d’une inflation qui serait difficilement supportable pour notre pays », réagit Stéphane Benhamou, son président. « Cette inflation provoquerait un ralentissement d’activités, qui aurait d’autres répercussions, beaucoup plus graves : sur le nombre de demandeurs d’emploi ou de la consommation. » Le patronat de la région Paca craint surtout les répercussions en cas de poursuite du conflit « jusqu’en juin (…) Il y aura un impact inévitable sur l’emploi, sur la croissance, sur l’investissement et sur la consommation qui représente 52% du PIB de notre pays ». Enfin, « le pétrole, ce n’est pas seulement le carburant que l’on met à la pompe toutes les semaines, c’est aussi énormément de matières premières dérivées », rappelle Stéphane Benhamou.

    Une fois n’est pas coutume, le consommateur semble le cadet des soucis du gouvernement qui rejette toute « aide universelle » aux automobilistes pour tenir son objectif de rigueur budgétaire. La hausse va donc « beaucoup peser sur les ménages » déplore Henri Sterdyniak. Présidente de l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, Marie-Amandine Stévenin a quant à elle considéré que la réponse du gouvernement cherchait surtout à « atténuer la brutalité des hausses ».

  • Quels leviers pour protéger le porte-monnaie des Français ?

    Quels leviers pour protéger le porte-monnaie des Français ?

    « Le diesel a augmenté en moyenne de plus de 45 cts au litre depuis le début de l’année et dépassé les 2 euros le litre ; idem pour l’essence, qui a augmenté de plus de 25 cts et a également parfois dépassé les 2 euros le litre ; le fioul, lui, a augmenté de 50% depuis le début du conflit ; quant au gaz, il a déjà augmenté de 35% et la répercussion sur son prix chez le consommateur va se faire sentir plus ou moins rapidement suivant la nature des contrats souscrits », liste Claude Gaubert, de l’UFC Que Choisir Montpellier. En faisant grimper les prix de l’énergie, la guerre au Moyen-Orient éprouve méchamment le porte-monnaie des Français, dont le pays paie sa trop grande dépendance aux énergies fossiles. L’État engrangeant, de son côté, des recettes fiscales supplémentaires grâce à la TVA (270 millions d’euros au mois de mars).

    Face à ce constat, l’association de consommateurs appelle de ses vœux des mesures qui permettraient de contenir l’impact de cette flambée sur le quotidien des ménages. « Dans votre facture d’électricité, de gaz ou quand vous allez à la pompe, une taxe est pratiquée sur la consommation de produits énergétiques, taxe sur laquelle vous payez, en plus, la TVA… Nous réclamons depuis toujours la suppression de cette taxe sur la taxe (5 à 6 milliards d’euros par an), qui permettrait de rendre une part non négligeable de pouvoir d’achat aux consommateurs », estime Claude Gaubert.

    Sortir de la dépendance aux énergies fossiles

    De façon plus ponctuelle, l’UFC Que Choisir plaide en faveur d’« aides ciblées », comme l’augmentation du nombre de bénéficiaires et du montant du chèque énergie. « Un dispositif équivalent » pourrait également, estime Claude Gaubert, être mis en place à destination « des professionnels particulièrement impactés par l’augmentation, notamment, du prix de l’essence (transports routiers, agriculteurs, taxis…) ».

    Enfin l’association de consommateurs n’oublie pas « les raffineurs, transporteurs et distributeurs, qui profitent de l’opportunité pour gonfler leurs marges. On peut imaginer que ces entreprises qui vont automatiquement profiter de l’envolée des prix soient mises à contribution par l’État via une taxe spéciale, en vue d’une redistribution de ces bénéfices aux consommateurs, en premier lieu les publics les plus impactés », suggère Claude Gaubert.

    Au-delà de ces mesures conjoncturelles, le représentant montpelliérain de l’UFC pointe un problème de fond sur lequel, estime-t-il, l’État doit agir : la trop grande dépendance de la France aux énergies fossiles. « On l’a vu avec la guerre en Ukraine, on le voit aujourd’hui avec le conflit au Moyen-Orient : il faut sortir au maximum de cette dépendance. Cela permettrait à la fois d’accroître notre autonomie énergétique et de réduire les émissions de gaz à effet de serre », souligne Claude Gaubert. « Ça veut dire renforcer tout ce qui est électrification des usages : aides pour l’achat d’une voiture électrique, renforcer la rénovation énergétique, l’isolation des bâtiments, encourager l’utilisation des pompes à chaleur… En somme inciter les gens à abandonner le gaz et le fioul au profit de l’électricité. Cela relève d’abord de politiques publiques mais aussi de choix individuels. »

  • Les revendications des syndicats pour sortir les salariés de la panade

    Les revendications des syndicats pour sortir les salariés de la panade

    Ils sont assistants familiaux, aides à domicile. Ces salariés utilisent quotidiennement leur voiture sur leur temps de travail. Touchés de plein fouet par la hausse des prix du carburant – conséquence de la guerre au Moyen-Orient – ces travailleurs ont alerté leur syndicat.

    « Cette hausse a impacté les assistants familiaux [il y en a 680 dans l’Hérault, Ndlr]. Leur métier se fait avec leur véhicule personnel, ils ont en charge les enfants placés, protégés donc il y a énormément de déplacements avec les enfants comme les audiences au tribunal, les lieux de soins, les visites aux parents, etc. Bien que les frais de déplacement soient remboursés, avec l’explosion des prix cela génère un déséquilibre de leur budget personnel », soutient Benjamin Karchen, co-secrétaire de la CGT au conseil départemental de l’Hérault. À cela s’ajoutent les agents utilisant leur véhicule personnel pour des déplacements, faute de véhicules disponibles mis à disposition par la collectivité en nombre suffisant. Ces cas sont loin d’être isolés. À Sérignan, les aides à domicile sont elles aussi dans la galère. « On fait énormément de petits trajets pour nos bénéficiaires. Par exemple, aller faire des courses en ville. Cela ne représente que quelques kilomètres mais on consomme plus que pour de longs trajets sur l’autoroute », soupire Christelle Fanjaud, déléguée CGT de l’association ADMR (Aide à domicile en milieu rural) Orb et Thongue. Or, les déplacements sont remboursés à hauteur de 38 centimes le kilomètre. « Depuis 2010, l’indemnité était de 35 centimes. Avec la crise énergétique en 2022, l’État a augmenté l’indemnité de 3 centimes. Mais là, aucune hausse. Mon association a fait un geste en prenant en charge 2 centimes supplémentaires. Mais cela représente 3 euros sur le bulletin de salaire », fait valoir Christelle Fanjaud. Un montant dérisoire comparé à l’envolée du gazole, passé de 1,80 euro à 2,40 euros en quelques semaines. De plus, cette indemnité ne couvre pas uniquement le coût du carburant. « En réalité, seuls 14 centimes concernent le carburant. Le reste est destiné à l’amortissement du véhicule, les réparations. Or, ces prestations ont augmenté de 20% ces dernières années », poursuit l’aide à domicile.

    Des congés posés faute

    de pouvoir se déplacer

    L’ADMR Orb et Thongue opère également sur les communes de Cers et Villeneuve-lès-Béziers. Les salariés vont tenter de mettre en place une sorte de système D. « On va essayer de trouver le moyen pour éviter que les aides à domicile de Cers ne viennent à Sérignan et vice-versa », espère Christelle Fanjaud. Du fait de la précarité du métier, bien souvent à temps partiel et donc payé en dessous du Smic, « certaines ne peuvent plus suivre », note Christelle Fanjaud, indiquant avoir eu vent de cas où des aides à domicile posaient des congés. Sacrées vacances !

    Mais la hausse des coûts ne concerne pas uniquement les salariés qui utilisent leur voiture sur leur journée de travail. « Notre département est assez grand, les équipements de service public se trouvent sur tout le territoire. Certains agents font des déplacements domicile-travail assez importants. Ils le font sur leurs deniers personnels, rien n’est pris en charge. Aujourd’hui, ces personnes éprouvent la brutalité du plein. Certains sont des fonctionnaires de catégorie B ou C, de petits salaires. Ce qui entraîne une difficulté financière importante », observe Benjamin Karchen. Pour pallier la situation, le syndicat, qui a alerté le président PS Kléber Mesquida et le directeur général des services, avance plusieurs revendications. « Certaines propositions ne coûtent pas un radis. On pourrait élargir le télétravail en identifiant les personnes et métiers concernés ou particulièrement impactés par la crise du carburant. Les véhicules de service pourraient être gardés par des collègues pendant quelques jours en lien avec les missions exercées. Et pour ceux pour lesquels ça ne serait pas possible – notamment les assistants familiaux – là on débloque une enveloppe », suggère Benjamin Karchen, assurant « ne pas vouloir mettre la pression mais ouvrir un dialogue. On est d’accord pour mettre en place des mesures qui seraient potentiellement reconduites chaque mois ».

  • [Entretien] Henri Sterdyniak : « La hausse va beaucoup peser sur les ménages »

    [Entretien] Henri Sterdyniak : « La hausse va beaucoup peser sur les ménages »

    La Marseillaise : Comment cette guerre lointaine se traduit-elle concrètement dans l’économie locale ?

    Henri Sterdyniak : D’abord, on ne sait pas combien de temps la guerre va durer, et ça crée une très grande incertitude pour tous les agents économiques. On a deux scénarios possibles : soit la tension s’atténue et les prix de l’énergie reviennent à des niveaux un peu supérieurs à avant la crise, soit la guerre continue et là, les prix restent durablement élevés. La première conséquence, c’est la hausse du prix de l’énergie : l’essence dépasse les deux euros le litre, le diesel est encore plus cher, le gaz augmente aussi. Et ça peut aller plus loin, avec des difficultés d’approvisionnement sur certaines matières ou intrants.

    Pourquoi certains secteurs sont particulièrement touchés ?

    H.S. : Ce sont les secteurs où l’énergie représente une part importante du coût de production. Le transport routier est le plus touché, avec environ 30% des coûts liés à l’énergie. La pêche, c’est même autour de 35%. Ensuite, vous avez l’agriculture, le BTP, puis les aides à domicile, les infirmières, qui font beaucoup de kilomètres, surtout en milieu rural comme l’Occitanie. Et justement, il y a une très grande inégalité territoriale. Dans les zones rurales ou les périphéries, les gens doivent utiliser leur voiture pour tout. Ils supportent pleinement la hausse.

    Les aides gouvernementales sont-elles suffisantes ?

    H.S. : Les aides sont relativement faibles. C’est de l’ordre de vingt centimes par litre, ce qui couvre à peu près la moitié de la hausse pour l’essence, mais beaucoup moins pour le diesel. Le gouvernement refuse pour l’instant des mesures plus fortes, notamment sur la fiscalité ou sur les profits des grandes entreprises pétrolières. Il est aussi contraint par des règles budgétaires imposées par Bruxelles, qui limitent les marges de manœuvre sur les dépenses publiques. Résultat : une grande partie de la hausse va peser sur les ménages et les secteurs en difficulté.

  • Dans le Var, les ambulanciers privés réclament plus de moyens

    Dans le Var, les ambulanciers privés réclament plus de moyens

    «  Nous voulons montrer à quoi ressemble une journée si on n’est pas là. » Ce mercredi, les ambulanciers privés se mobilisent sur l’ensemble du territoire national pour demander de meilleures conditions de travail. Principale revendication : une revalorisation de leurs tarifs par le gouvernement, pour suivre l’inflation « qui touche notre matériel embarqué, l’oxygène, l’essence bien sûr, mais aussi les salaires », justifie Johan Cabrita, directeur général de Var Assistance, principal transporteur sanitaire du département, pour qui « il est inadmissible que nos salariés, qui ont des responsabilités lourdes, la vie des gens entre leurs mains, soient payés au Smic. Mais nous n’avons pas les moyens de les augmenter ».

    Ces tarifs restent bloqués à 150 euros le déplacement dans un rayon de 20 km, quand « ceux des pompiers, qui étaient à 124 euros en 2020, sont à 217 euros aujourd’hui », pointe Johan Cabrita. « On voudrait être revalorisés à 250 euros, ou au minimum au niveau des pompiers. Pourquoi n’aurait-on pas la même évolution qu’eux ? », s’interroge-t-il.

    « 33% de défaillances

    en plus depuis 2024 »

    Mais il ne s’agit pas des seules doléances des ambulanciers. Dans le viseur également, « des temps d’inactivité toujours plus importants dans les prises en charge hospitalières », à cause des actes administratifs délégués par les hôpitaux, qui n’ont plus le temps, faute de moyens, de les réaliser. « On perd 15 à 30 minutes alors que cela ne fait pas partie de nos prérogatives, et que la prise en charge totale du patient, du transport à la dépose, ne devrait prendre que 15 minutes en théorie », déplore l’ambulancier.

    Autre manque à gagner pour son entreprise, les factures non réglées par les hôpitaux : « Le GHT 83 (Groupement hospitalier de territoire du Var) nous doit plus d’1 million, cela fait un an que l’hôpital de Brignoles ne nous paye plus. On est obligé de prendre des crédits en trésorerie. » Et si Var Assistance et ses plus de 50 ans d’existence ont la « chance » d’être suivis par les banques, ce n’est pas forcément le cas de plus petites structures. « Il y a eu 33% de défaillances en plus depuis 2024, et les difficultés commencent à peine », met en garde Johan Cabrita.

    Ce mercredi, il ne s’agira pas pour les ambulanciers de « pénaliser les patients », qui seront pris en charge, surtout dans les cas d’urgence, vers les hôpitaux. Mais les sorties d’hôpitaux ne seront pas assurées avant 20h. « Une grosse majorité des entreprises varoises participent, sauf celles qui sont déjà en défaillance, pour qui c’est compliqué de se mobiliser », affirme le directeur général de Var Assistance, qui espère être reçu par l’ARS et le préfet, mais aussi par la Caisse nationale d’assurance maladie pour discuter d’une hausse des tarifs et d’un éventuel fonds d’indemnisation face aux aléas subis par les transporteurs sanitaires.

  • Sophie Binet réclame le « blocage » des prix

    Sophie Binet réclame le « blocage » des prix

    Dans un entretien publié lundi soir par Ouest‑France, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, plaide pour « un blocage des prix de l’énergie ». « Il faudrait fixer un prix maximum à la pompe, de 1,70 € par exemple, en limitant les prix de vente des pétroliers », affirme-t-elle. Une prise de position exprimée à la veille de la réunion des syndicats représentatifs – CFDT, CGT, FO, CFE‑CGC et CFTC – avec le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure. Le rendez-vous, prévu ce mardi à 17h30, est consacré aux prix des carburants et à l’inflation.

    « Ils font des marges énormes et des bénéfices records. En mars, les traders de TotalEnergies ont spéculé sur la crise et fait un milliard de bénéfices », a également dénoncé Sophie Binet. Elle ajoute : « Les taxes devraient être modulées, en fonction des prix de l’énergie et, à moyen terme, la TVA devrait être à 5,5% sur tous les produits de première nécessité y compris l’énergie. Nous militons pour le retour des tarifs réglementés sur les prix du gaz et de l’électricité, fixés en fonction des coûts de production et non du marché ».

    « Taxer profits, dividendes et très hauts revenus »

    Interrogée sur l’hypothèse d’une taxe sur les surprofits des pétroliers, Sophie Binet a plaidé pour « taxer les profits, les dividendes et les très hauts revenus ». « Il est aussi nécessaire de mettre en place de vraies mesures pour sortir de la dépendance aux énergies fossiles : une planification dans laquelle par exemple, on exige des constructeurs automobiles français qu’ils produisent en France un petit véhicule électrique bon marché », a-t-elle complété dans les colonnes de Ouest France.

    Le pétrole s’est installé, lundi, autour des 110 dollars le baril, dans un marché suspendu au conflit au Moyen-Orient où Donald Trump menace de s’en prendre aux infrastructures vitales iraniennes, et guettant de possibles négociations.

    Le ministère de l’Économie a annoncé, vendredi soir, le lancement prochain d’un « prêt flash carburant » avec Bpifrance, pour soutenir la trésorerie des petites entreprises les plus exposées à la flambée des prix des carburants liée à la guerre au Moyen-Orient.

    Des sommes de 5 000 à 50 000 euros pourront être prêtées au taux de 3,80%, sans garanties, aux TPE (très petites entreprises) et PME (petites et moyennes entreprises) des secteurs éligibles : transports, agriculture, pêche, dont les dépenses de carburant représentent « au minimum 5% du chiffre d’affaires », a précisé Bercy.

    Des mesures pour compenser la hausse

    Les prêts seront « distribués via un canal 100% numérique par Bpifrance », la banque publique d’investissement, avec une « mise à disposition des fonds sous 7 jours », a indiqué le ministère dans un communiqué.

    Les entreprises devront cependant répondre à un certain nombre de critères pour éviter les effets d’aubaine : avoir été créées il y a plus d’un an, et accepter de donner accès à Bpifrance à leurs derniers mois de relevés de compte bancaire.

    La durée de ces prêts sera de 36 mois, « incluant un différé d’amortissement du capital de 12 mois », selon le communiqué. Ils seront disponibles dans l’Hexagone ainsi que dans les départements et régions d’outre-mer.

    Ces mesures pour compenser la hausse des prix des carburants due à la guerre au Moyen-Orient avaient été promises par le Premier ministre Sébastien Lecornu.

  • À Manosque, l’un des plus grands stockages pétroliers d’Europe

    À Manosque, l’un des plus grands stockages pétroliers d’Europe

    L’une des principales installations françaises de stockage pétrolier, conçue pour servir de filet de sécurité en cas de crise d’approvisionnement liée à des tensions géopolitiques, est située à Manosque, en plein cœur du parc naturel régional du Luberon. Le site peut couvrir « jusqu’à deux mois de consommation française en produits pétroliers », selon Géosel, son propriétaire. Des oléoducs le relient aux ports pétroliers de Fos et Lavéra.

    « Depuis 1967, Géosel est l’un des garants de la souveraineté et de la sécurité énergétique française », se félicite la société française, spécialisée dans le stockage souterrain d’hydrocarbures, sur son site. Elle a été créée dans les années 1960 « pour répondre à un impératif stratégique : assurer la sécurité énergétique du pays », explique-t-elle. Avec sa capacité souterraine de 9 millions de m3, ce site manosquin est l’un des plus grands complexes de stockage d’hydrocarbures en Europe.

    Géosel propose des services de stockage et de transport par canalisation d’hydrocarbures liquides. La construction des pipelines et des installations de surface a démarré en 1967, avec des postes de livraison d’hydrocarbures à Lavéra, à La Mède et à Fos-sur-Mer. 19 cavités sont alors creusées et commencent à être remplies de produits pétroliers, à partir de 1969.

    Un nouveau pipeline entre la station de Passaire et l’étang de Berre est posé en novembre 1973. Les travaux s’achèvent en 1974 avec le raccordement de la station Géopipe de Rognac à la raffinerie de Shell à Berre.

    « Avec le 1er choc pétrolier de 1973, le stockage de Manosque, initialement conçu pour un nombre d’opérations limitées, voit ses besoins en entrées et sorties de produits augmenter », relate Géosel. Deux nouvelles stations de pompage sont alors construites, en 1975, et l’utilisation de la saumure pour déplacer les hydrocarbures stockés permet les entrées et sorties régulières de produits pétroliers et « devient un atout majeur pour Géosel ».

    Incidents et pollution des sols

    « Le 1er mai 2010, une rupture de canalisation entraîne une fuite de naphta qui cause une pollution des sols. L’incident conduit à intensifier le plan de rénovation des installations », précise la société sur son site. 300 personnes doivent alors être évacuées après le déversement d’environ 200 m³ de naphta (un mélange d’hydrocarbures issu de la distillation du pétrole) du site de Géosel dans l’atmosphère et les cours d’eau. En 2021, un rapport a également révélé un rejet massif de gaz sur le site de stockage, un accident majeur dû à un défaut de maintenance des logiciels des automates de sécurité. L’incident n’avait pas eu de conséquences humaines, mais il n’avait été révélé que tardivement et succinctement aux autorités.

    Parmi les actionnaires de Géosel, on retrouve EDF (15%) et TotalEnergies (3,4%). En 2015, Total avait cédé la majorité du site de stockage à la société d’investissement française Ardian et à EDF Invest.

    Seul le gouvernement peut choisir d’entamer les réserves, en coopération avec l’AIE (l’Agence internationale de l’énergie) et l’UE, pour faire face à des ruptures graves des approvisionnements, comme une crise pétrolière ou le boycott d’un pays producteur.

    Le complexe souterrain manosquin abrite près de la moitié des stocks de la Sagess (Société anonyme de gestion des stocks stratégiques, créée par les opérateurs pétroliers, sous l’égide de l’état).

    En France, le gouvernement a martelé qu’il n’y avait pas de risque de pénurie, à ce stade. Le pays détient au total l’équivalent de 108 jours d’importations nettes, selon Bercy.