Tag: budget

  • Gouvernement Lecornu II : toujours aussi bancal et libéral

    Gouvernement Lecornu II : toujours aussi bancal et libéral

    Il fallait aller vite. À peine 48h pour composer une équipe gouvernementale destinée avant tout à déposer un projet de budget. En vertu de la Constitution, le Parlement doit disposer de 70 jours pour l’examiner, avant le 31 décembre. Il faudrait que le texte lui soit transmis en ce début de semaine, en principe après un passage en Conseil des ministres, ce mardi.

    Sébastien Lecornu, reconduit à Matignon par un président jusqu’au-boutiste, a dit dimanche soir, selon son entourage, avoir « proposé un mélange de société civile avec des profils expérimentés et de jeunes parlementaires ». Une équipe de 34 ministres encore et toujours marquée à droite, avec la participation de membres des Républicains, à l’image d’Annie Genevard, reconduite à l’Agriculture, ou du député Vincent Jeanbrun, porte-parole du groupe LR à l’Assemblée nationale, nommé au ministère du Logement et de la Ville. Malgré le mot d’ordre du parti LR de ne pas participer au gouvernement, dans un contexte d’éclatement du fameux « socle commun », entendre ses potentiels alliés de la droite et du centre. Dans la foulée de l’annonce du gouvernement, le parti de droite a indiqué exclure les ministres LR.

    Les électeurs de la première circonscription du Tarn-et-Garonne ont choisi dimanche, lors d’une élection législative partielle, un candidat soutenu par le RN, Pierre-Henri Carbonnel, plutôt qu’une socialiste, après l’appel du patron de LR, Bruno Retailleau, à ne donner « pas une voix » à la gauche.

    C’est dans ce contexte de rapprochement entre droite et extrême droite que Sébastien Lecornu s’était donné 48 heures pour rassembler un second gouvernement. « Repartir n’était pas une évidence pour moi » a-t-il confié à nos confrères de la Tribune Dimanche. Et de prévenir que « si les conditions n’étaient de nouveau plus remplies », il partirait de nouveau. « Je ne ferai pas n’importe quoi. On ne peut pas continuer comme avant, il faut un gouvernement plus libre, y compris dans la relation aux partis politiques », a-t-il ajouté. Une bonne partie des groupes de l’Assemblée nationale appellent à la censure.

    À droite, les Républicains ont explosé, leur bureau indiquant « un soutien texte par texte ». Décision sur laquelle le Modem et Horizons pourraient s’aligner. Laurent Panifous, président du groupe Liot, indique lui que son groupe ne censurera pas le futur gouvernement si celui-ci respecte quatre conditions : ne pas utiliser le 49.3, revenir sur la réforme des retraites, une mesure de justice fiscale et de nouvelles têtes.

    En embuscade, la cheffe de file du RN se frotte les mains, Marine Le Pen se disant prête à « censurer tout ». Mieux, 95 % de ses candidats seraient même pré-investis en cas de dissolution. De quoi inquiéter quand on se remémore le CV de ceux présentés aux législatives de 2024, entre incompétence crasse, casier judiciaire chargé et autres propos racistes.

    Le PS en arbitre ?

    À gauche, après avoir tenté la destitution, LFI opte aussi pour la censure sans attendre. Pour son coordinateur et député de Marseille, Manuel Bompard, « le cirque doit s’arrêter ! ». Du côté des communistes, réunis en conseil national samedi, la dissolution ne fait pas un pli non plus. Les Verts eux, ont encore besoin de se persuader. La secrétaire générale d’EELV, Marine Tondelier, appelle à un vote de confiance, préfère écouter le discours de politique générale avant une motion, persuadée que Lecornu ne parviendra pas à aboutir.

    Avec 69 députés, les socialistes se posent en arbitre. Sans l’abandon du 49-3, des mesures pour protéger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites, ce sera la censure prévenait Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste depuis la fête de la Rose à Marseille ce 11 octobre. « Une telle suspension n’épuiserait pas le débat sur le budget et l’avenir de la France, mais ce serait un gage de sa bonne foi et de sa volonté d’ouvrir une nouvelle période », a précisé Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, toujours dans La Tribune Dimanche.

    Pour le Premier ministre démissionnaire remissionné, « il y aura un moment de vérité. » Reste à savoir laquelle…

  • La CGT mobilisée pour sauver le système de santé

    La CGT mobilisée pour sauver le système de santé

    « On travaille constamment à flux tendu. » Devant l’Agence régionale de santé (ARS), où se sont retrouvés, ce jeudi, plus d’une centaine de syndicalistes à l’appel de la CGT, Carole, infirmière à l’Hôpital de Martigues, dénonce la dégradation de ses conditions de travail et de la prise en charge des patients. Un appel à la grève et à la mobilisation nationale lancé par la fédération de la CGT des organismes sociaux, pour le retour « à une Sécu où chacun peut se soigner selon ses besoins, quels que soient ses moyens », affirme Sébastien Kassapian, secrétaire de la CGT CPAM 13.

    Les travailleurs dénoncent notamment des manques de moyens et d’effectifs au niveau des centres de santé, ainsi que des structures sociales qui impactent l’accès au droit et à la santé des Français. « C’est le serpent qui se mord la queue : on n’est pas assez, donc on a une surcharge de travail, donc il y a une augmentation des arrêts maladies, donc encore plus de sous-effectif et plus de travail », se désole Sylvie Berger, secrétaire départementale de l’union syndicale Santé sociale 13. Ce que Carole, infirmière, confirme. « on nous demande d’aller tellement vite qu’on ne peut pas bien s’occuper des patients. On est à la limite de la maltraitance », alerte-t-elle.

    « Ce n’est pas la crise économique, mais des choix politiques qui ont mené à cette situation », affirme Sylvie Berger sous les applaudissements des syndicalistes. La CGT réclame le retour de la Sécurité sociale comme elle a été imaginée il y a 80 ans.

  • À Ventabren, une liste citoyenne lance la campagne municipale

    À Ventabren, une liste citoyenne lance la campagne municipale

    Entouré d’une dizaine de ses colistiers, tous « vierges de mandat », Benjamin Margueritat, habitant de la commune depuis quatre ans, annonce sa candidature aux municipales 2026. Ce chef d’une entreprise tous corps d’état, diplômé de l’institut de management public et gouvernance territoriale (IMPGT) qui n’a jamais mis un pied dans l’arène politique, prend la tête de la liste citoyenne « Un nouveau Vent sur Ventabren» , déjà constituée d’une « vingtaine de collaborateurs ».

    Il lance donc la campagne municipale dans cette commune d’environ 5 600 habitants, pour qui aucun autre candidat ne s’est mis en avant, pour l’instant. Dont le maire actuel, Frédéric Vigouroux (LR), qui n’a pas été élu en 2020, mais a succédé à Claude Filippi, maire démissionnaire après 20 ans de mandat. Aucune liste de gauche n’a été présentée dans la commune depuis 2014. Benjamin Margueritat, qui se présente sans étiquette, n’est encarté dans aucun parti. « Je veux être totalement libre et indépendant, estime le candidat. Je pense qu’une élection municipale doit être un combat sur les idées et les projets, plutôt que des étiquettes partisanes. Sur ma liste, je réunis des personnes de tous horizons, je les rassemble pour leurs compétences, leurs talents, pas leur appartenance politique. Je prends du bon où il y a du bon à prendre, si ça va dans le sens de la commune. »

    Le candidat ne se dit pas prêt à s’engager dans un jeu d’alliance « qui fait le déficit de la France », à l’avenir. Il met d’ores et déjà trois axes de priorité en avant. Gestion « saine et transparente » notamment du budget public « en opposition à ce que l’on voit sur le territoire national », sécurité et redynamisation du village. Le tout, en « concertation avec les citoyens ».

  • À Martigues, ils ont marché ensemble pour soutenir et aider les aidants

    À Martigues, ils ont marché ensemble pour soutenir et aider les aidants

    « Un Français sur six est aidant, il faut mieux les reconnaître et les accompagner » plaide le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, au parc des sports Julien-Olive, mercredi après midi, alors que s’ouvre le 2e village des aidants organisé par la Ville, le CIAS du Pays de Martigues et l’association d’aide aux aidants Le Maillon. De nombreux partenaires sont de la partie, comme l’association France Parkinson, APF France Handicap ou l’association des malades à corps de Lewy.

    Au stand de l’association Le Maillon, chacun peut venir en quête d’accompagnement. « Vous avez quelqu’un qui peut venir chez vous et vous donner du temps. Oui, ça existe ! » explique Eric Palmieri, directeur de l’association, à une personne de passage. « Nous avons une psychologue qui reçoit les aidants et les aidés pour déterminer l’accompagnement à mettre en place. Généralement, notre aide médicopsychologique va ensuite intervenir au domicile et décharger l’aidant pendant 4 heures, dans le cadre du dispositif temps libéré », détaille-t-il.

    « Ils ne sont pas seuls »

    « On leur dit déjà qu’ils ne sont pas seuls », indique Sandrine Silvieri, psychologue coordinatrice de la plateforme de répit du Maillon, qui organise « du soutien psychologique et des actions collectives pour réinsérer socialement les aidants, car parfois, ils s’isolent du fait de leur rôle. On s’appuie sur le réseau partenarial qu’on voit ici, dans un esprit d’entraide mutuelle », dans ce village des aidants.

    Mais, comme le souligne la psychologue, « les dispositifs ne sont pas tous pareils selon les territoires. La plateforme du Maillon couvre 19 communes autour de l’étang de Berre et on observe des disparités ». À Martigues, Sandrine Silveri estime « qu’on est bien. Le pôle social est assez important et dispose de bonnes ressources ». « Si seulement ça pouvait être la même chose partout… », fait-elle remarquer.

    Pour le maire, Gaby Charroux, « oui, la question des aidants est une question sociale, mais aussi de santé publique », affirme l’édile. Une question « transversale, qui concerne le handicap, le grand âge, la santé mentale et touche toutes les générations. C’est tout l’enjeu des politiques publiques », rappelle Gaby Charroux, à l’heure des ponctions sur le budget des collectivités.

  • Pas prête à battre en retraite, la FSU veut une « rupture claire »

    Pas prête à battre en retraite, la FSU veut une « rupture claire »

    Du côté de la FSU, l’éventualité de la suspension de la réforme des retraites est aussi vue comme une bonne chose, sans être pour autant un fin en soi. Caroline Chevé, la secrétaire générale, rappelle que le texte promulgué en 2023 est le fruit d’un « passage en force ». Cet épisode, poursuit-elle, est « à l’origine de la crise politique qui culmine aujourd’hui », et « ceux qui veulent en sortir doivent comprendre qu’il n’est plus possible d’opposer une fin de non-recevoir aux attentes du monde du travail ».

    L’extrême droite

    en embuscade

    En ce sens, le syndicat appelle, dans un communiqué sans ambiguïté, à une « rupture claire avec les politiques économiques, sociales et environnementales » et un « changement de méthode ». La FSU pointe aussi la promulgation de la loi Duplomb, l’absence de réponses aux mobilisations des dernières semaines, ou la répression policière des manifestations, et n’envisage rien d’autre qu’une alternative fondée sur la justice sociale, l’égalité et la solidarité.

    Critiquant la « pratique verticale du pouvoir » d’Emmanuel Macron qui, « ignorant délibérément les organisations syndicales, a aussi fragilisé la démocratie sociale, aggravant de fait la crise démocratique », la FSU se dit prête à assumer « toutes ses responsabilités dans la séquence de crise politique et institutionnelle pour faire valoir les intérêts du monde du travail » et s’engager « pour porter des alternatives de justice et de progrès social partout sur les lieux de travail comme dans des initiatives publiques ».

    Dans un contexte de crise politique qui « ne peut que renforcer la crise de confiance dans les institutions et la démocratie », la FSU alerte aussi « solennellement » sur le risque d’une arrivée au pouvoir de l’extrême droite « qui, une nouvelle fois, peut tirer profit de cette crise en se nourrissant du désespoir social et politique né de sept ans de macronisme ».

    « Raciste et xénophobe par nature », l’extrême droite attise les divisions qui peuvent exister dans le monde du travail pour privilégier les intérêts du patronat et « s’oppose à la conception que promeut la FSU d’un service public fort, fondé sur l’égalité et la solidarité ». La FSU y réaffirme sa détermination à poursuivre et amplifier ses mobilisations syndicales pour l’empêcher de parvenir au pouvoir.

    Pour « dénoncer et déconstruire l’imposture du discours d’extrême droite qui (…) se développe sur la misère, le sentiment d’abandon et d’injustice », le syndicat appelle chacun à s’engager.

    Et d’inviter l’ensemble de ses partenaires à construire ces dynamiques dans l’unité avec plusieurs objectifs : faire la démonstration de la nécessité de services publics forts ; Convaincre que d’autres choix de financement sont possibles par un autre partage des richesses ; Prendre des initiatives pour construire des mobilisations dans des cadres intersyndicaux larges et rassembleurs; Peser pour imposer des alternatives politiques répondant aux aspirations du monde du travail ; Et enfin préserver l’État de droit et les libertés fondamentales.

  • Lecornu s’efface, Macron en première ligne

    Lecornu s’efface, Macron en première ligne

    « Je suis un moine soldat, ce soir, ma mission est terminée. » Sans aller jusqu’à jouer les Saint-Sébastien, meurtri par les flèches de ses propres archers, le Premier ministre démissionnaire, Sébastien Lecornu, a mis au moins fin à un suspense, mercredi soir, sur le plateau du 20h de France 2. Il ne rempilera pas à Matignon. « Je ne cours pas après le job », a-t-il lâché. Deuxième certitude : « La situation permet » au président Emmanuel Macron « de nommer un Premier ministre dans les 48 prochaines heures », a-t-il annoncé. L’Élysée a confirmé par communiqué, dans la soirée.

    Au terme de deux jours de consultations des formations politiques, à l’exception de la France insoumise, partisane de la démission d’Emmanuel Macron, et du RN, qui réclame en boucle la dissolution de l’Assemblée nationale et qui n’ont pas voulu se rendre à Matignon, le plus éphémère Premier ministre de la Ve République a livré ses conclusions après en avoir rendu compte à Emmanuel Macron. La perspective d’une dissolution s’éloigne, avait-il déjà déclaré le matin lors d’une courte allocution et avant de recevoir l’une après l’autre les formations de gauche : le PS, les Écologistes et le PCF. Il a déclaré « qu’il y a une majorité absolue à l’Assemblée nationale qui refuse la dissolution et pas que parce qu’il y aurait la peur de retourner aux urnes comme on a pu l’entendre », faisant allusion aux déclarations de la responsable d’extrême droite Marine Le Pen (RN). À propos du budget, il constate qu’il existe « une majorité très relative de plusieurs formations politiques qui, au fond, sont prêtes à s’accorder sur un budget commun ». Un budget pour lequel, selon lui, les formations politiques s’accordent à voir adopter d’ici la fin de l’année. Sur le point, essentiel, de la réforme des retraites, Sébastien Lecornu a dit qu’il « faudra trouver un chemin pour qu’on ouvre le débat ». Ajoutant : « Dans une démocratie, vous avez du mal à siffler “circulez, il n’y a rien à voir” », à propos d’une réforme pourtant passée en force par le 49.3 de la Constitution par les macronistes. Ce débat aura lieu lors de la discussion sur le budget de la Sécurité sociale.

    Quant au « profil » du futur locataire de Matignon, il a botté en touche : « C’est lui [Emmanuel Macron] qui prendra ses responsabilités. » La balle est renvoyée dans le camp d’Emmanuel Macron.

    RÉACTIONS

    Marine Tondelier Secrétaire nationale des Écologistes

    « M. Lecornu a démissionné de lui-même parce que son gouvernement a implosé. Les macronistes sont rentrés en résistance pour ne pas rendre le pouvoir. Qu’y a-t-il de stable depuis la dissolution ? Il n’y aura pas de travail sur une non-censure d’un énième gouvernement avec un macroniste à sa tête. Si nous étions nommés, nous aurions quelque chose de très puissant qu’ils n’ont plus depuis longtemps : un élan populaire. »

    Jean-Luc Mélenchon Fondateur de la France insoumise

    « Sébastien Lecornu dit qu’on ne peut trancher aucun sujet avant l’élection présidentielle de 2027. Solution ? Faisons l’élection présidentielle tout de suite. Le pays n’a pas de temps à perdre. »

    Dieynaba Diop Députée, porte-parole du Parti socialiste

    « Il revient maintenant au président de la République de dire s’il respectera enfin le résultat des urnes de juillet 2024, qui a placé en tête une coalition de gauche, ou s’il s’entêtera à nouveau avec le socle commun. Nous n’avons pas confiance, mais nous avons pleinement conscience qu’il va falloir trouver un chemin et des compromis. L’Assemblée nationale doit pouvoir se prononcer sur l’abrogation de la réforme des retraites. »

    François Ruffin Député « Debout ! »

    « Emmanuel Macron devait «prendre ses responsabilités» ce soir. À la place, il a envoyé le pauvre soldat Lecornu au front du 20h. Le pouvoir est vide. Pas de Premier ministre, pas de budget. Macron doit maintenant organiser son départ. Comme le demandent les révolutionnaires du Point, Édouard Philippe, Alain Minc, etc. »

    Thomas Ménagé Député, porte-parole du RN

    Un Premier ministre venu parler pour ne rien dire. Il cherche à gagner du temps, à sauver Macron et son macronisme à l’agonie. Les tractations bidons et ce sketch pathétique ont assez duré. Stop aux tractations, place aux élections ! »

    Aurélien Rousseau Député Place publique, ex-ministre

    « Oui, un chemin est possible pour ne pas s’enferrer dans une crise qui abîme le pays. Sébastien Lecornu, dans son intervention digne et claire, a acté que des changements de cap étaient possibles. Le compromis est un sport collectif. Il faut que tout le monde accepte de s’y mettre. »

    Éric Ciotti Député UDR, allié du RN

    « En 2024, macronistes, LR, socialistes, écologistes, communistes se sont alliés pour nous faire battre. Un an plus tard, ils se coalisent pour empêcher une dissolution et notre victoire. Quitte à paralyser le pays et offrir du répit à un président déchu. L’histoire les sanctionnera. »

    Pascal Savoldelli Sénateur communiste du Val-de-Marne

    « Lecornu s’est livré à un bavardage bien huilé. Lecornu en mission expresse pour justifier l’austérité brouille les cartes. Retraites ? Salaires ? Santé ? Rien de concret, mais toujours la défense du présidentialisme ! Le verbe au service du pouvoir, sans le peuple. »

    Renaud Muselier Président Renaissance de la Région Sud, ancien ministre

    « Ce soir, Sebastien Lecornu a montré avec dignité, responsabilité et clarté les grands enjeux qui sont devant nous, à commencer par le budget. Il a fait le boulot. Je souhaite que les partis à Paris s’en inspirent et enfin travaillent pour la France et les Français. »

    Clémentine Autain Députée « l’Après »

    « Tant qu’il n’y aura pas de justice sociale et fiscale, il n’y aura pas d’apaisement dans le pays. Le discours de M. Lecornu est un grand vide, il est venu meubler le silence assourdissant du président de la République. »

    Charles Sitzenstuhl Députée Renaissance

    « Le choix de la personne est important, mais ce n’est pas le seul déterminant. Nous avons une urgence avec le budget (….) il faut se mettre d’accord sur l’essentiel pour l’adopter avant Noël. »

  • Chez les maires de Provence, l’inquiétude face à l’incertitude

    Chez les maires de Provence, l’inquiétude face à l’incertitude

    Quelles que soient les étiquettes politiques, quelle que soit la taille de leur commune, les mots qui reviennent chez les maires des Bouches-du-Rhône, du Var et de Vaucluse sont les mêmes. La consternation. L’inquiétude. Au milieu des nominations, démissions, consultations nationales, l’échelon local s’efforce de se montrer comme un pôle de stabilité. Alors même que budgets et élections menacent d’être percutés.

    « De chaos en chaos »

    « Nous allons de chaos en chaos, déplore ainsi le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux. Nous assistons, aujourd’hui, à un état qui se délite. Heureusement que les collectivités assurent une forme de stabilité, parce que tout le reste nous semble paralysé. » Sa commune avait déjà été ponctionnée à hauteur de 2 millions d’euros lors du précédent budget, alors il s’inquiète de la future loi de finances. « Si, demain, nous avons une contribution du même ordre, les conséquences pourraient être terribles », s’alarme l’édile, catastrophé aussi par les hypothèses d’une hausse de la TVA, « l’impôt le plus injuste ».

    Face aux scénarios sur la table, il défend : « J’aurais souhaité qu’on retrouve une forme de stabilité, avec un gouvernement qui puisse faire des propositions sérieuses, qu’on puisse aller dans les élections prévues. » Car il reconnaît que des législatives anticipées pourraient bousculer les municipales. Au risque de profiter à une extrême droite détachée du territoire, effacée même sur ses affiches de campagne par ses figures nationales.

    « Cela percute la fin de mandat »

    « Nous avons commencé un mandat inédit sous le Covid, nous le terminons dans une crise institutionnelle inédite », soupire de son côté le maire (PS) de Vitrolles, Loïc Gachon. « Cela vient percuter le calendrier de la fin de mandat, perturber la logique des municipales qui sont totalement différentes des enjeux nationaux », reconnaît-il, s’attendant à des législatives anticipées. Avec, en plus, l’incertitude qui pèse toujours sur les finances locales. « Ce qui est angoissant, c’est d’avoir encore des perspectives de restriction budgétaire lorsqu’on arrive à la corde. Mais c’est moins gênant qu’en 2025, parce que c’était le dernier budget de fin de mandat, très stratégique. »

    « Dans une impasse »

    Maire (DVD) de Saint-Mitre-les-Remparts, Vincent Goyet a de son côté appelé, dès lundi, à la démission du président de la République. « Les institutions ne tiennent pas, nous sommes dans une impasse, nous avons besoin de retourner devant les Français pour fixer un cap pour le pays, qu’il soit de droite ou de gauche », défend-il. C’est que l’instabilité a des conséquences : « En tant que maire, comme pour les entreprises, l’absence de visibilité ralentit le secteur économique. »

    D’autant que, si les communes ne lancent pas de projets avant les municipales, elles n’en restent pas moins de plus en plus dépendantes des financements extérieurs. « Nous avons 350 millions d’euros du Fonds vert prévus, dont 20 % en crédits de paiement. Est-ce que l’état va avancer ce qui est promis ? » interroge-t-il. L’édile s’alarme du climat politique : « Il y a un rejet, le sentiment qu’il y a une classe politique qui n’est pas à la hauteur et une déconnexion de certains élus, mais aussi de la population qui ne se rend pas compte du travail des élus locaux ».

    « Besoin de visibilité »

    « Il y a un décalage entre l’ambiance très compliquée au niveau international ou national, et ce que nous vivons », veut modérer le maire (Ren.) de La Roque-d’Anthéron, Jean-Pierre Serrus. Après une rentrée qui s’est bien passée, il insiste sur le rôle des maires de faire fonctionner leur territoire, de travailler sur les projets, comme ces salles de boxe et de danse qu’il prévoit. Mais, s’il assure que ce contexte ne percute pas encore les municipales à venir, l’élu régional reconnaît : « La situation est anxiogène, nous avons besoin d’une visibilité qui s’appuie sur un projet de loi de finances, indispensable dans la gestion de nos collectivités. »

    Une situation d’autant plus difficile quand on est dans le camp présidentiel. « Je constate que c’est compliqué, mais je ne renie pas mes engagements », répond-il. Promettant que les élus locaux, eux, restent ancrés dans le fonctionnement de leur territoire.

    « Très mauvais signal »

    « En échangeant avec nos collègues, nous sommes tous consternés », déplore le maire (SE) du Beausset (Var), Edouard Friedler. D’autant plus qu’il commence, la semaine prochaine, ses conférences financières dans l’incertitude. Il a certes obtenu des aides pour la rénovation de l’ancienne maison de retraite, mais pour les projets de rénovation de l’église, de mise en accessibilité de la mairie, de voirie, malgré les études lancées, il reste dans le flou. « Il peut y avoir d’autres élections avant les municipales, mais ce serait un très mauvais signal », estime-t-il. Espérant que les relations avec les institutions locales ne seront pas marquées par le contexte national.

    « Les maires travaillent »

    « Nous avons une vraie lassitude face à l’instabilité nationale », pointe le maire (DVC) de Bollène Anthony Zilio sur les ondes d’Ici Vaucluse, rappelant la ponction de 600 000 euros sur son budget. L’occasion de demander plus de décentralisation. « Quand Paris s’agite, les maires continuent de travailler », résume-t-il, inquiet pour les dotations futures au moment de négocier sur la dotation d’équipement des territoires ruraux. « La seule chose qui peut changer l’Assemblée, c’est soit que le président parte, soit qu’il change l’Assemblée. »

  • Chez les maires de Provence, l’inquiétude face à l’incertitude

    Quelles que soient les étiquettes politiques, quelle que soit la taille de leur commune, les mots qui reviennent chez les maires des Bouches-du-Rhône, du Var et de Vaucluse sont les mêmes. La consternation. L’inquiétude. Au milieu des nominations, démissions, consultations nationales, l’échelon local s’efforce de se montrer comme un pôle de stabilité. Alors même que budgets et élections menacent d’être percutés.

    « De chaos en chaos »

    « Nous allons de chaos en chaos, déplore ainsi le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux. Nous assistons, aujourd’hui, à un état qui se délite. Heureusement que les collectivités assurent une forme de stabilité, parce que tout le reste nous semble paralysé. » Sa commune avait déjà été ponctionnée à hauteur de 2 millions d’euros lors du précédent budget, alors il s’inquiète de la future loi de finances. « Si, demain, nous avons une contribution du même ordre, les conséquences pourraient être terribles », s’alarme l’édile, catastrophé aussi par les hypothèses d’une hausse de la TVA, « l’impôt le plus injuste ».

    Face aux scénarios sur la table, il défend : « J’aurais souhaité qu’on retrouve une forme de stabilité, avec un gouvernement qui puisse faire des propositions sérieuses, qu’on puisse aller dans les élections prévues. » Car il reconnaît que des législatives anticipées pourraient bousculer les municipales. Au risque de profiter à une extrême droite détachée du territoire, effacée même sur ses affiches de campagne par ses figures nationales.

    « Cela percute la fin de mandat »

    « Nous avons commencé un mandat inédit sous le Covid, nous le terminons dans une crise institutionnelle inédite », soupire de son côté le maire (PS) de Vitrolles, Loïc Gachon. « Cela vient percuter le calendrier de la fin de mandat, perturber la logique des municipales qui sont totalement différentes des enjeux nationaux », reconnaît-il, s’attendant à des législatives anticipées. Avec, en plus, l’incertitude qui pèse toujours sur les finances locales. « Ce qui est angoissant, c’est d’avoir encore des perspectives de restriction budgétaire lorsqu’on arrive à la corde. Mais c’est moins gênant qu’en 2025, parce que c’était le dernier budget de fin de mandat, très stratégique. »

    « Dans une impasse »

    Maire (DVD) de Saint-Mitre-les-Remparts, Vincent Goyet a de son côté appelé, dès lundi, à la démission du président de la République. « Les institutions ne tiennent pas, nous sommes dans une impasse, nous avons besoin de retourner devant les Français pour fixer un cap pour le pays, qu’il soit de droite ou de gauche », défend-il. C’est que l’instabilité a des conséquences : « En tant que maire, comme pour les entreprises, l’absence de visibilité ralentit le secteur économique. »

    D’autant que, si les communes ne lancent pas de projets avant les municipales, elles n’en restent pas moins de plus en plus dépendantes des financements extérieurs. « Nous avons 350 millions d’euros du Fonds vert prévus, dont 20 % en crédits de paiement. Est-ce que l’état va avancer ce qui est promis ? » interroge-t-il. L’édile s’alarme du climat politique : « Il y a un rejet, le sentiment qu’il y a une classe politique qui n’est pas à la hauteur et une déconnexion de certains élus, mais aussi de la population qui ne se rend pas compte du travail des élus locaux ».

    « Besoin de visibilité »

    « Il y a un décalage entre l’ambiance très compliquée au niveau international ou national, et ce que nous vivons », veut modérer le maire (Ren.) de La Roque-d’Anthéron, Jean-Pierre Serrus. Après une rentrée qui s’est bien passée, il insiste sur le rôle des maires de faire fonctionner leur territoire, de travailler sur les projets, comme ces salles de boxe et de danse qu’il prévoit. Mais, s’il assure que ce contexte ne percute pas encore les municipales à venir, l’élu régional reconnaît : « La situation est anxiogène, nous avons besoin d’une visibilité qui s’appuie sur un projet de loi de finances, indispensable dans la gestion de nos collectivités. »

    Une situation d’autant plus difficile quand on est dans le camp présidentiel. « Je constate que c’est compliqué, mais je ne renie pas mes engagements », répond-il. Promettant que les élus locaux, eux, restent ancrés dans le fonctionnement de leur territoire.

    « Très mauvais signal »

    « En échangeant avec nos collègues, nous sommes tous consternés », déplore le maire (SE) du Beausset (Var), Edouard Friedler. D’autant plus qu’il commence, la semaine prochaine, ses conférences financières dans l’incertitude. Il a certes obtenu des aides pour la rénovation de l’ancienne maison de retraite, mais pour les projets de rénovation de l’église, de mise en accessibilité de la mairie, de voirie, malgré les études lancées, il reste dans le flou. « Il peut y avoir d’autres élections avant les municipales, mais ce serait un très mauvais signal », estime-t-il. Espérant que les relations avec les institutions locales ne seront pas marquées par le contexte national.

    « Les maires travaillent »

    « Nous avons une vraie lassitude face à l’instabilité nationale », pointe le maire (DVC) de Bollène Anthony Zilio sur les ondes d’Ici Vaucluse, rappelant la ponction de 600 000 euros sur son budget. L’occasion de demander plus de décentralisation. « Quand Paris s’agite, les maires continuent de travailler », résume-t-il, inquiet pour les dotations futures au moment de négocier sur la dotation d’équipement des territoires ruraux. « La seule chose qui peut changer l’Assemblée, c’est soit que le président parte, soit qu’il change l’Assemblée. »

  • Le départ de la Mosson tombe à l’eau

    Le départ de la Mosson tombe à l’eau

    De la Mosson à la Mosson. Depuis 2014 et les inondations dévastatrices de la Mosson, rivière éponyme, qui borde le stade, Montpellier va de projet de déménagement en projet de déménagement pour s’inscrire dans la modernité du football du XXIe siècle. Il a imaginé un stade Louis-Nicollin novateur dans le quartier Cambacérès, à proximité d’Odysseum, de la nouvelle gare, de l’autoroute…

    à défaut de ce site idéal, Laurent Nicollin et toute son équipe ont envisagé une implantation sur le site d’Ode à la mer, puis plus récemment aux abords du Parc des Expos. Par la faute de normes aériennes, du renoncement de la Banque des territoires ou de volonté politique, la porte s’est refermée.

    Mercredi 1er octobre, sur le parvis du stade de la Mosson, en marge de la photo officielle, le président du MHSC a acté le retour à la case départ au côté du maire Michaël Delafosse, désireux d’engager des travaux de rénovation du stade et de poursuivre la transformation du quartier. « Dans la vie, j’ai toujours estimé que c’était important pour le club d’avoir un nouvel outil pour pouvoir développer et pérenniser le club. On ne va pas s’arc-bouter et s’entêter à faire des projets qui ne sont pas possibles sur le plan financier. Dans la vie, quand tu peux t’acheter une baguette de pain, tu n’en achètes pas quatre. Il y a des choses qui sont possibles de faire, d’autres qui ne sont pas possibles. C’est une déception d’autant que le groupe [Nicollin, Ndlr] a mis beaucoup d’argent », constate Laurent Nicollin, qui vient par ailleurs de vendre la section féminine à un groupe anglais : Crux Football, fondée par Bex Smith (lire aussi ci-contre).

    À six mois des prochaines municipales (15 et 22 mars), le maire Michaël Delafosse reprend l’affaire en main et veut rénover le stade de la Mosson, « dans son jus » depuis 1998 et l’accueil de la Coupe du monde de football. Sans évoquer le montant de l’investissement nécessaire, il veut remettre à neuf cette enceinte, enclavée au bout du quartier de la Paillade.

    « On doit être au côté

    du club »

    « On doit être au côté du club et de la famille Nicollin. Cela consiste à porter un projet ambitieux pour accompagner le projet sportif du club. Ce stade est dans son jus depuis 98. à l’exception des loges et de la pelouse, il n’y a pas eu d’investissement. Il va donc y avoir des investissements sur le stade. Il y a le stade en lui-même, et puis il faut donner à nos supporters, à nos spectateurs une expérience. Il faut que ça devienne un lieu de vie. Donc, on va épaissir 15 000 mètres carrés. On va écouter les demandes du club pour voir comment ils peuvent mieux recevoir pour accompagner le modèle économique du club. Évidemment, on va se lancer dans ce projet-là qui s’inscrit dans la transformation du quartier », détaille Michaël Delafosse.

    Développement de surfaces commerciales, de bars, recalibrage de l’avenue Heidelberg, pour créer un espace sécurisé pour accéder au stade en famille, création d’un parking relais, connecté avec la ligne 3 et la ligne 1 du tramway, mais aussi le futur COM (contournement Ouest de Montpellier) sont autant d’idées émises par Michaël Delafosse pour aboutir à l’horizon 2030.

    Seulement, le stade est exposé au risque d’inondation dans un monde en plein dérèglement climatique. Le 31 mai 2017, sa candidature pour être le site d’accueil du Mondial de rugby avait été recalée au bénéfice de Nice, hôte de l’Euro 2016 et du Mondial 2023.

    Il y a quelques semaines, le maire de Pérols Jean-Pierre Rico, furieux face à l’abandon du projet au Parc des Expos, avait mis en garde. « Conserver le stade à la Mosson, c’est tuer le MHSC. Je ne voterai pas, dans la prochaine mandature, pour jeter 70M d’euros dans un stade qui est en zone inondable. »

    La Métropole a engagé des études hydrauliques pour effectuer les travaux nécessaires et répondre à « la vulnérabilité inondation du stade ».

    À six mois du scrutin municipal, le maire de Montpellier, entouré de Christian Assaf et Hervé Martin, respectivement en charge des sports à la Métropole et à la mairie, étouffe presque dans l’œuf le probable débat autour de la Mosson. Sur son aile gauche, les Verts de Jean-Louis Roumégas, LFI de Nathalie Oziol ou le groupe d’opposition de la Mupes, présidé par Alenka Doulain, plaident tous pour rester à la Mosson. Et si, tout comme son illustre prédécesseur Georges Frêche, Michaël Delafosse n’avait jamais voulu quitter la Mosson ?

    Au fond, la rénovation du stade réjouit la gauche. Laurent Nicollin, peut-être un peu moins.

  • Nîmes. 3 000 manifestants pour maintenir la pression sur le budget

    Nîmes. 3 000 manifestants pour maintenir la pression sur le budget

    À 15 heures précises, le cortège nîmois s’est ébranlé des Jardins de la Fontaine. Derrière les banderoles de l’intersyndicale, la foule s’est dirigée en direction de la Maison Carrée, en passant par le centre-ville, ce jeudi 2 octobre. « Le monde du travail a assez souffert », a lancé d’entrée Thierry Biville, secrétaire départemental FO, donnant le ton de cette journée : « Aucune de nos demandes n’a été satisfaite au cours des dernières semaines. Alors nous recommencerons, autant de fois que nécessaire. La justice sociale, fiscale et environnementale ne peuvent plus attendre un budget qui ne vient pas. »

    Comme le 18 septembre, la manifestation a réuni des enseignants, des agents hospitaliers, des retraités, mais avec une affluence en léger retrait : 3 000 participants selon les syndicats, 1 000 selon la préfecture. Le cortège a marqué une halte symbolique devant la préfecture du Gard à 16h30, avant de se disperser sur l’avenue Feuchères. Cette fois, les slogans ont visé un nouveau responsable politique : Sébastien Lecornu, fraîchement nommé Premier ministre, a supplanté François Bayrou dans la bouche des manifestants. Il faut dire que l’impatience se fait attendre. Rencontré le matin même par les syndicats, « M. Lecornu nous a annoncés ce matin ne pas pouvoir agir faute de budget. Nous le pouvons, nous, en maintenant la mobilisation », avait annoncé d’entrée Thierry Biville. La reconduite dans le cortège de la banderole piquante qui avait marqué les esprits le 18 septembre, sur laquelle était inscrit « Lecornu entre dans l’arène, vivement la feria », témoigne de cette pression maintenue sur le nouveau numéro 2 de l’État. Emmanuel Macron et Bruno Retailleau sont restés, eux, les autres cibles habituelles.

    « Le moment ou jamais »

    Dans les rangs, l’ambiance oscillait entre fatigue et détermination. « Il faut maintenir la pression mais c’est dur, les citoyens s’épuisent », reconnaît Melissa Gil, présidente gardoise de la CFE-CGC. Marie Dufresne, secrétaire générale de l’UD CGT 30, reste quant à elle convaincue que « c’est le moment ou jamais d’agir. Nous en avons encore dans le ventre. Il faut profiter de ce moment propice où le budget est encore en construction pour que l’espoir que nous portons ait une portée réelle, pas seulement symbolique. » Elle rappelle que la question budgétaire n’est pas l’unique moteur de la mobilisation syndicale : l’abrogation de la réforme des retraites demeure également centrale. Elle dit également la CGT prête à reconduire une nouvelle fois la mobilisation « tant qu’un nouveau budget décent et juste ne sera pas proposé et appliqué. »

    Si la mobilisation reste syndicale, les partis de gauche, notamment le PCF, avaient relayé l’appel et étaient largement présents sur place. Dans un communiqué, les communistes dénonçaient un budget « austéritaire » et rappelaient que « le problème, ce n’est pas la dette, mais le coût du capital », qui fait écho à leur « pacte d’avenir pour la France » axé sur l’investissement public, l’emploi et la transition écologique. À la veille d’un automne social qui s’annonce tendu, syndicats et partis de gauche entendent maintenir une dynamique commune. La prochaine étape pourrait être annoncée dès la semaine prochaine.

    « Il faut profiter de ce moment propice où le budget est encore en construction pour agir. »