Tag: Bouches-du-Rhône

  • À Martigues, la mémoire comme bouclier contre les discours de haine

    À Martigues, la mémoire comme bouclier contre les discours de haine

    Un peu après 11h, le son des trompettes et des tambours remonte de l’avenue Pasteur. Le défilé termine sa course devant le Monument aux morts de la place du 8-Mai-1945. « Une date qui marque la victoire de la liberté sur la barbarie, la défaite du nazisme et le retour de l’espérance », rappelle le maire communiste, Gaby Charroux.

    Derrière la « joie légitime » des peuples meurtris après six ans de guerre « demeurait une réalité impossible à effacer : celle d’un continent dévasté et d’un bilan humain d’une ampleur vertigineuse », poursuit l’édile. Entre 1939 et 1945, la Seconde Guerre mondiale a engendré la mort de plus de 60 millions de personnes, dont la moitié de civils et plus de 6 millions de Juifs.

    « Ce qui distingue cette guerre des précédentes, c’est qu’elle fut aussi une guerre idéologique, une guerre pensée, organisée et conduite au nom d’une idéologie raciste, antisémite et profondément inégalitaire », appuie Gaby Charroux, évoquant les camps de la mort, les persécutions et exterminations visant les tsiganes, les opposants politiques, les résistants, les homosexuels et les handicapés.

    Que les jeunes participent

    Le maire s’interroge : « Comment la haine a-t-elle pu devenir un projet politique ? C’est une question essentielle pour comprendre le passé, mais aussi éclairer l’avenir. L’histoire nous enseigne que les grandes catastrophes humaines ne surgissent jamais brutalement. Elles s’installent progressivement à mesure que les discours de haine se banalisent, que les préjugés s’installent, que les discriminations deviennent tolérables et que l’indifférence remplace la vigilance. » À l’heure où l’extrême droite opère une montée dans l’opinion publique, le devoir de mémoire et la transmission sont plus que jamais essentiels.

    Jen-Luc Duthoit s’y emploie. Porte-drapeau depuis 28 ans après avoir fait une carrière militaire, il embarque dès qu’il peut son petit-fils de 12 ans, Nathan, dans les commémorations. « Il faut que les jeunes participent. J’essaie de lui rappeler les valeurs de paix pour préserver notre liberté. »

  • L’OM cherche son Havre de paix

    L’OM cherche son Havre de paix

    Mis à part quelques éclats de rire provoqués par Pierre-Emerick Aubameyang, ce vendredi, lors de l’entraînement collectif, les sourires se faisaient rares dans les rangs olympiens. Heurtés et touchés, les Marseillais traversent une fin de saison chaotique, à l’image de l’ensemble de leur exercice. Avec seulement quatre points pris lors des six dernières rencontres, les Phocéens ont décroché au classement de la Ligue 1 et occupent désormais la septième place. À deux journées de la fin, ils ne peuvent plus espérer retrouver la troisième place, directement qualificative pour la UEFA Champions League. « On est dans une situation difficile », reconnaît l’entraîneur de l’OM, Habib Beye.

    Le technicien franco-sénégalais a passé toute la semaine à La Commanderie avec son groupe, dans le cadre d’une mise au vert destinée à préparer « le mieux possible » le dernier déplacement de la saison, dimanche soir, au Havre. « Je fais un métier différent en ce moment », souffle-t-il, préférant toutefois concentrer son discours sur l’adversaire à venir. « Ce sera un match difficile face à une équipe de qualité, qui l’a encore démontré lors de ses dernières sorties », glisse-t-il, conscient que les Ciel et Marine restent sur une série de cinq matches nuls. « Il va falloir répondre à l’intensité qu’ils sont capables de mettre et surtout égaler leur envie. Quand vous recevez une équipe comme l’OM, il faut être immédiatement prêt, parce qu’on sait que l’entame sera très intense. C’est aussi une équipe qui, à mes yeux, dégage beaucoup de qualités techniques dans le jeu », poursuit Habib Beye, avant de saluer le travail de Didier Digard.

    Pour sauver leur saison, les Olympiens devront impérativement s’imposer au Havre. Une mission qui ne semble toutefois pas inquiéter le vestiaire marseillais. « Je ne pense pas qu’il y ait énormément de pression. C’est simplement la réalité de la situation. Il faut vivre les choses à fond, prendre du plaisir et continuer à travailler dur », insiste le milieu de terrain Tochukwu Nnadi.

    Arrivé cet hiver en provenance du SV Zulte Waregem, l’international nigérian de 22 ans, longtemps discret sous le maillot phocéen, bénéficie désormais d’un temps de jeu plus conséquent. « Je me sens bien et je joue, c’est le plus important pour moi. Je suis heureux d’être ici et reconnaissant pour toutes les opportunités que j’ai reçues », poursuit-il, avant d’affirmer son souhait de poursuivre l’aventure avec l’OM la saison prochaine. Les deux dernières rencontres, décisives pour l’avenir du club provençal, pourraient également avoir une influence directe sur le sien.

    REPÈRES

    Retour d’Abdelli et de Rulli dans le groupe

    Le milieu international algérien Himad Abdelli et le gardien international argentin Geronimo Rulli font leur retour dans le groupe olympien, en vue du déplacement au Havre. Le premier était écarté par Habib Beye, tandis que l’autre avait loupé le match à Nantes à cause d’un lumbago.

    Invaincu au Havre depuis 2001

    L’Olympique de Marseille reste sur une série de onze matches sans défaite consécutifs au Havre. Leur dernière défaite remonte au 6 janvier 2001,en 16e de finale de la Coupe de la Ligue. Par ailleurs, c’est au stade Océane quel ’OM a acquis, la saison passée, sa qualification pour la Ligue des Champions 2025-2026(victoire 3-1, le 10 mai2025).

    Habib Beye s’interroge sur la bonne formule

    En signant les pires débuts d’un entraîneur de l’OM depuis plus de quarante ans, Habib Beye cherche encore la formule pour relancer son équipe. Pour le technicien marseillais, le principal enjeu reste toutefois mental.

    « Pour être une équipe vivante, il faut aimer jouer au football et aimer jouer ensemble », souligne l’entraîneur olympien. « Aujourd’hui, la réalité, c’est qu’il n’y a pas de réponse sur le terrain dans les matches que nous disputons. La question est de comprendre pourquoi cette réponse n’existe pas », poursuit-il.

    Persuadé que son groupe traverse avant tout une crise de confiance, Habib Beye insiste sur la nécessité de retrouver de l’énergie et de la cohésion.

    « Cela nous demande beaucoup d’énergie de chercher des solutions aux problèmes que nous rencontrons. Mais, dimanche, nous aurons l’opportunité de mettre tout cela de côté et de montrer un autre visage. Il faudra être très différents de ce que nous avons montré contre Nantes », martèle l’ancien défenseur phocéen.

  • Un bal patriotique pour commémorer la victoire en toute convivialité

    Un bal patriotique pour commémorer la victoire en toute convivialité

    Assise à l’ombre des fanions tricolores, Jeanine observe son amie valser sur la piste au son des trompettes, sourire aux lèvres. « J’adorais danser, mais je n’ai plus les jambes », confie la retraitée de 92 ans. Mais peut-être trouvera-t-elle la force de se lever « si un beau jeune homme », vient le lui proposer, plaisante-t-elle, bien qu’il y ait « plus de vieilles dames que de jeunes hommes ».

    Ne pas oublier

    Peu importe, le bal patriotique du 8-Mai est une bonne occasion de sortir entre amis. « On est huit voisins à être venus manger un bout dans le parc et profiter de la musique, glisse-t-elle. C’est agréable et on a la chance d’avoir le soleil avec nous ! »

    Après s’être arrêté dans les villes de Marseille, Arles, La Ciotat et Aubagne, l’événement se tient donc dans le parc municipal François-Mitterrand de Châteauneuf-les-Martigues.

    La présidente du Département, Martine Vassal (DVD), détaille : « C’est un moment convivial, mais c’est surtout un moment de mémoire, puisque nous fêtons une fin de guerre. C’est fondamental dans le monde actuel, qui est très anxiogène, de pouvoir faire ce travail de transmission, qui se fait aussi au quotidien grâce aux associations. Il faut expliquer ce qu’il s’est passé pour que les horreurs de la guerre ne se reproduisent plus. Il ne faut jamais qu’on oublie que beaucoup de nos aînés ont sacrifié leur vie pour qu’aujourd’hui, on vive en liberté. »

    Venue de Marseille avec ses deux enfants pour profiter des animations gratuites et familiales, Léa a saisi l’occasion pour leur expliquer la Seconde Guerre mondiale. « C’était une bonne opportunité d’apprendre à mon fils de 7 ans ce que c’est que le 8-Mai. Il n’a pas encore vu ça à l’école, mais je pense qu’il a compris grâce au contexte actuel. Je lui ai dit que la guerre qu’il y a là-bas, autrefois, elle était ici. »

    Dans le public, Ginette, 100 ans, se rappelle du 8 mai comme si c’était hier : « On a d’abord eu la nouvelle par la radio, puis c’était dans tous les journaux. On était tellement contents que ce soit fini… Impossible d’oublier ! »

  • La Marseillaise des Femmes allie sport, fête et engagement aux plages du Prado

    La Marseillaise des Femmes allie sport, fête et engagement aux plages du Prado

    Une course engagée. Le message de La Marseillaise des femmes est clair : rassembler autour de la santé et des droits des femmes. Plusieurs milliers de personnes s’apprêtent à prendre part à la 16e édition de cet événement, qui a réuni plus de 10 000 participants lors d’une édition record, l’an passé.

    Comme chaque année depuis sa création, le peloton, composé très majoritairement de femmes – les hommes pouvant participer uniquement sur invitation et la volonté de renoncer au classement – va devoir parcourir une distance de 5,4 km entre les plages du Prado et l’Escale Borély. « On essaye chaque année de rassembler dans une ambiance chaleureuse et festive, pour faire du sport tout en soutenant des causes caritatives », souligne Christine Rollais, présidente du club des Marseillaises, l’association organisatrice.

    Une partie des inscriptions sera reversée à la Fondation pour la recherche médicale, dans le cadre de la lutte contre le cancer du sein, et à Amnesty International pour la défense des droits des femmes. Cette démarche suit les initiatives lancées par l’organisation depuis la dernière édition. La Marseillaise des femmes s’est notamment engagée, lors d’Octobre Rose, en soutenant la Fondation pour la recherche médicale, avant de lancer l’opération « Résiste » en faveur d’Amnesty International en mars. Depuis 2010, plus de 175 000 euros ont été reversés à ces deux associations caritatives.

  • La bête noire toulousaine débarque légèrement blessée

    La bête noire toulousaine débarque légèrement blessée

    Avec 22 points d’écart au classement du Top 14, Toulon et Toulouse ne jouent pas dans la même cour, cette saison. Mais, dans le cadre d’un match de gala, devant plus de 64 000 spectateurs dans un stade aussi mythique que le Vélodrome, les Varois sont capables de créer l’exploit.

    Les Toulousains, leaders incontestés du championnat hexagonal, se sont inclinés à six reprises seulement en 22 journées. Cinq d’entre elles ont eu lieu à l’extérieur. La seule survenue à Ernest-Wallon s’est produite il y a deux semaines avec la réception de Clermont (24-27, le 26 avril). Après les deux désillusions consécutives face à Bordeaux-Bègles, en Top 14 puis en quart-de-finale de Champions Cup, les Occitans ont donc connu trois défaites sur leurs six derniers matches, toutes compétitions confondues.

    Grande première pour Dupont

    Ce grand rendez-vous de la saison marquera la première apparition d’Antoine Dupont au stade Vélodrome sous les couleurs toulousaines. Le demi-de-mêlée international français, déjà titulaire à trois reprises sur la pelouse marseillaise avec le XV de France, n’a jamais eu l’occasion de participer aux délocalisations du RCT. Plusieurs raisons expliquent ce fait : blessures à répétition, la gestion du temps de jeu par le staff toulousain, ou des perturbations liées à la période du Covid.

  • Une journée pour tous à la découverte de l’Opéra

    Une journée pour tous à la découverte de l’Opéra

    Des costumes à la technique, en passant par des visites historiques, l’Opéra de Marseille vous ouvre grand ses portes pour vous faire découvrir ou redécouvrir ce lieu comme vous ne l’avez jamais vu.

    Ce samedi, petits et grands sont invités à franchir les portes de cet édifice emblématique du centre-ville, qui regorge pourtant de nombreux secrets et trésors. L’occasion d’attirer un public plus jeune et de rendre la culture accessible à tous.

    Dans les coulisses

    Cette journée portes ouvertes s’inscrit dans le cadre de l’événement national du même nom, qui célèbre cette année sa 19e édition autour du thème de la jeunesse.

    Tout au long de la journée, des visites libres seront proposées entre 9h et 17h. Les costumes créés par l’atelier de couture de l’Opéra de Marseille seront également exposés en accès libre, au bâtiment de la rue Molière.

    Quant aux visites guidées, elles porteront soit sur l’histoire, soit sur les aspects techniques du lieu. Des lieux habituellement fermés au public se dévoileront ainsi, permettant à chacun de découvrir l’envers du décor. Ce sera aussi l’occasion de rencontrer les équipes et d’échanger avec elles sur les différents corps de métier.

    Au-delà des visites, ateliers en tous genres et concerts seront aussi au programme.

    Divers cours de danse sont proposés : cours de classique, variations pour les garçons puis pour les filles, mais aussi des séances de découverte de la danse classique et contemporaine à destination des enfants de 6 à 10 ans. Ces ateliers se dérouleront au Studio de la danse avec l’École nationale de danse de Marseille, de 9h15 à 14h45.

    Du côté du foyer Ernest-Reyer, un cours de danse contemporaine et deux ateliers autour de cette discipline seront proposés. La musique et le chant seront également à l’honneur avec un atelier de chant participatif ouvert à tous entre midi et 13h.

    Vous pourrez aussi profiter d’un concert du chœur des enfants de la Savine et de la Maîtrise du conservatoire Pierre-Barbizet, suivi d’une carte blanche à l’Orchestre Demos. La journée se clôturera avec un récital des artistes solistes de l’Opéra municipal de Marseille.

  • Le salon du livre de Géménos, partage et découverte pour tous

    Le salon du livre de Géménos, partage et découverte pour tous

    Le salon du livre de Gémenos est de retour salle Jean-Jaurès et à l’hôtel de ville ces samedi et dimanche. Ouvert à tous les amateurs de livres et à tous les curieux, cette cinquième édition vous invite à la rencontre d’une cinquantaine d’écrivains d’importance pour dédicacer leurs ouvrages mais aussi échanger avec le public au cours de la vingtaine de cafés littéraires et rencontres organisés sur les deux jours. Le tout en entrée libre et gratuite.

    De grands écrivains au rendez-vous

    « J’ai voulu bâtir un vrai programme et ne pas juste aligner les auteurs derrière leur pile de livres. Je pars du principe qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise littérature mais plutôt un endroit où chacun est libre de trouver son bonheur quelles que soient les envies », explique Floryse Grimaud, instigatrice et organisatrice du salon du livre de Gémenos. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette nouvelle édition est placée sous le parrainage d’écrivains et de personnalités incontournables. Johana Gustawsson, « nouvelle reine internationale du thriller français » née à Aubagne en est la présidente. Jean-Paul Delfino, « l’un des écrivains les plus talentueux de notre époque de par sa plume inimitable et sa profonde humanité » est l’invité d’honneur tandis que Pascal Ory de l’Académie Française, « grand historien de l’époque contemporaine et de l’histoire culturelle » et, Richard Werly, « l’un des meilleurs éditorialistes internationaux et correspondant du média suisse Blick » seront tous deux des grands témoins.

    Un salon populaire

    « C’est la première fois que j’ouvre la programmation à des essayistes et historiens, c’est aussi l’occasion grâce à des rencontres et cafés littéraires prévus à leurs côtés d’emmener le public à la réflexion autour notamment de la société actuelle », poursuit-elle. « Pour autant, ce salon est avant tout un salon populaire et qualitatif avec des invités médiatisés mais aussi des auteurs locaux et des pépites qui méritent d’être connues. »

    Cette année, la lecture jeunesse et enfants occupe également une place centrale dans le salon. « J’ai décidé de doubler le carré jeunesse cette année. Le tout à travers des livres forts de sens, des thématiques et auteurs qui peuvent leur parler par exemple du harcèlement ou de l’exclusion », conclut-elle.

  • [Entretien] Pat Sheehan : « Des similitudes existent entre l’Irlande et la Palestine »

    [Entretien] Pat Sheehan : « Des similitudes existent entre l’Irlande et la Palestine »

    La Marseillaise : 45 ans après la mort de Bobby Sands en détention lors des grèves de la faim de 1981, vous continuez à perpétuer sa mémoire. Pourquoi est-ce important ?

    Pat Sheehan : Les Républicains irlandais ont une longue tradition de garder vivant le souvenir des héros de cette lutte. Il n’y a pas de héros plus grands dans notre génération que les dix hommes qui sont morts durant cette grève de la faim. Le gouvernement britannique avait mis en place une stratégie de criminalisation. Ils voulaient dépeindre notre lutte ici, en Irlande, comme une espèce de conspiration criminelle et voyaient les prisonniers comme le maillon faible de notre mouvement. Avant l’élection de Bobby Sands en tant que député, la Première ministre britannique de l’époque, Margaret Thatcher, disait que les prisonniers n’avaient pas de soutien et que l’IRA non plus. Ce qu’ils n’ont pas pris en compte dans leur raisonnement c’est qu’il y a une tradition, depuis des siècles, des prisonniers irlandais qui résistent à n’importe quel effort pour les criminaliser. Avant Bobby Sands, le prisonnier politique le plus connu à être mort en détention c’est Terence MacSwiney en 1920, il était le maire de Cork. Il est décédé alors qu’il était emprisonné en Angleterre à l’issue de 74 jours en grève de la faim. En avril 1981, Bobby Sands a été élu comme membre du Parlement du Royaume-Uni et le Sinn Féin n’a fait que se renforcer. Après la mort des dix grévistes, leur sacrifice et leur courage ont inspiré des milliers de jeunes à s’impliquer dans notre lutte. Le but de la criminalisation, c’était d’isoler et de marginaliser les Républicains. L’exact opposé est arrivé. Nous sommes désormais le plus grand parti dans le Nord et la première force d’opposition dans le Sud.

    Le Sinn Féin vise la tenue d’un référendum pour l’unité de l’Irlande d’ici 2030. Comment y parvenir ?

    P. S. : Nous souhaitons faire pression sur le plan politique. L’accord de paix de 1998, Accord du Vendredi saint, prévoit la possibilité d’un référendum sur notre unité. Les critères qui devaient être remplis avant que ce référendum ne soit mis en place ne sont pas clairement stipulés. C’est une des demandes que nous formulons au gouvernement britannique, même si nous pensons que Dublin doit tenir le rôle principal dans tout cela.

    Quels sont les liens entre votre lutte et celle du peuple palestinien ?

    P. S. : Notre relation avec les Palestiniens date de plusieurs décennies, depuis les années 1970, quand nous avions une relation avec l’OLP (Organisation de libération de la Palestine). La solidarité existe dans la similitude des situations. Même si l’Irlande se trouve à la périphérie de l’Europe occidentale, que nous avons la peau blanche et sommes une société supposément chrétienne, c’est la première des colonies britanniques. Une partie de notre pays est toujours sous contrôle, sous occupation britannique. Nous avons connu une situation similaire avec les colons, lorsque les natifs irlandais ont été chassés de leurs terres qui ont ensuite été attribuées à des fidèles à la Couronne. Des centaines d’années plus tard, cette situation persiste. Économiquement, ceux qui sont loyaux à la Couronne ont un plus grand pouvoir économique. Nous sommes à différents stades de lutte et de colonisation mais les similitudes qui existent entre l’Irlande et la Palestine sont très claires. Si vous analysez les deux luttes à travers un prisme de colonialisme et d’impérialisme, vous les verrez clairement. C’est un partage d’expériences et de souffrance. Nous continuons de rester en contact avec tous les principaux organismes politiques palestiniens. C’est pour cela que nous participons à la campagne pour la libération de Marwan Barghouti dont le fils a pris la parole lors de notre dernier Congrès.

    *La conférence se tiendra samedi à 14h à LaboFriche (3e)

    Un conflit à la Une

    La mort du militant irlandais de l’IRA en détention eut un retentissement mondial. Le 7 mai 1981, « La Marseillaise » titrait « Ils ont assassiné Bobby Sands », dénonçant la responsabilité du gouvernement britannique alors dirigé par Margaret Thatcher. Les jours suivants, le journal rendait compte des manifestations organisées à Marseille en solidarité avec le peuple irlandais.

  • Marseille Habitat reprend la main sur le 11, rue d’Aubagne évacué

    Marseille Habitat reprend la main sur le 11, rue d’Aubagne évacué

    Le bailleur social Marseille Habitat a eu recours à l’article 38 de la loi anti-squat Kasbarian-Berger de juillet 2023 – ce qui n’est pas une première – pour reprendre en urgence, avec l’aide de l’État et sans passer par un juge, le contrôle de son immeuble tombé sous la coupe d’individus qui l’avaient ciblé pour en organiser le squat.

    De prime abord, le 11 rue d’Aubagne (1er) est l’adresse connue de l’épicerie fine L’Idéale de Julia Sammut, un commerce branché au cœur du quartier populaire de Noailles. « On a vu les policiers bloquer la rue et du monde monter dans les étages. On espère qu’une solution a été trouvée pour tous ces gens », confiait jeudi un employé. À côté du commerce, une porte anti-effraction blinde l’accès aux cinq étages.

    Les services de l’État ont procédé mardi matin à l’« évacuation forcée » des occupants de dix appartements squattés depuis juillet 2025. L’expulsion du 11e logement occupé sans droit ni titre depuis septembre 2022, s’est faite, elle, sur la base d’un jugement du 5 décembre 2024, indique la préfecture. Son communiqué précise que « dès la fin de la trêve hivernale, le préfet des Bouches-du-Rhône a décidé de procéder à l’évacuation du site, en coordination avec l’ensemble des partenaires concernés ». Selon elle, « l’évacuation s’est déroulée dans le calme, sans incident ni tension particulière. Les forces de sécurité intérieure, les agents de l’État et les partenaires associatifs ont agi de manière coordonnée et humaine, garantissant le respect de la dignité des personnes tout en assurant la sécurisation des lieux ». L’État indique demeurer « pleinement mobilisé aux côtés des collectivités et des associations pour prévenir la reconstitution de nouveaux squats et prévenir les expulsions ». En 2025, dans les Bouches-du-Rhône, près de 400 évacuations forcées au titre de l’article 38 ont été accordées sur 500 demandes.

    « Une répétition de squats qui se régénéraient »

    Rien n’évoque dans la narration officielle, l’identité du propriétaire : Marseille Habitat, bailleur social de la Ville de Marseille, entier propriétaire de ce « trois fenêtres » marseillais racheté à Marseille Aménagement. L’immeuble a été réhabilité en 2013-2015 avec renforcement des communs et des escaliers mais connaissait des désordres signalés dans un article de Marsactu en 2019, sans toutefois être en péril.

    « Il y a eu une répétition de squats qui se régénéraient et faisaient pression sur les locataires », nous dit-on à Marseille Habitat. Un locataire avait été même chassé et n’osait pas porter plainte. Les squatters avaient ouvert des passages entre les appartements et des accès par l’extérieur. C’était un défilé d’hommes seuls qui se renouvelait d’une nuit à l’autre suivant les constats policiers. Le matin de l’expulsion, une mère avec deux enfants s’est présentée avec un bail d’inconnu.

    « On a pris soin de reloger nos trois derniers locataires ces derniers mois pour permettre l’organisation d’une expulsion de l’ensemble de l’immeuble », explique un cadre. La trêve hivernale est étrangère à la procédure, puisqu’il ne s’agit pas d’une expulsion locative mais d’une évacuation forcée après mise en demeure sur les critères de l’urgence et d’une occupation illicite après voie de fait.

    Un diagnostic structure sera fait dans les prochains jours. Si l’immeuble est sain, ce sera une remise en état de quelques mois, sinon une opération de réhabilitation plus lourde après désignation d’un maître d’œuvre.

    Expulsions locatives

    Il n’est pas constaté dans le département d’accroissement des expulsions entre 2024 et 2025, selon la Préfecture. Sur 3 000 demandes de réquisitions de la force publique, l’État ne l’a accordé que dans 2 000 cas. En 2025, près de 20 commissions de coordination des actions de prévention des expulsions sont installées et accompagnées par les services de l’État qui a consacré près de 900 000 euros à la prévention des expulsions. Elles ont examiné près de 4 000 situations. Les équipes mobiles d’associations Soliha et SOS solidarités ont réalisé 113 diagnostics renforcés et accompagné 175 ménages l’an dernier.

  • Toulon diminué face à Toulouse

    Toulon diminué face à Toulouse

    Une montagne se dresse face au Rugby Club Toulonnais. Ce samedi soir, au stade Vélodrome, les Varois accueillent, dans l’enceinte marseillaise, le Stade Toulousain. Toujours un rendez-vous marquant pour le Top 14, une fête du rugby qui rassemble les fans des deux formations. La saison passée, les joueurs du bord de la Garonne n’avaient pas fait dans la dentelle en disposant du RCT sur le score de 50 à 16.

    De toute évidence, le rapport de force est également déséquilibré en ce mois de mai 2026. Après Gabin Villière, Mathis Domon et Lewis Ludlam, blessés de longue durée, deux nouveaux éléments ont rejoint l’infirmerie. Et pas des moindres. David Ribbans doit soigner son dos, il est d’ores et déjà forfait pour ce match. En plus de l’Anglais, un autre cadre pourrait manquer le choc face aux Toulousains. « Charles [Ollivon] est incertain. C’est un petit pépin musculaire, mais ce n’est rien de grave », a annoncé le manager varois Pierre Mignoni, jeudi, en conférence de presse.

    Retrouver la victoire

    après la défaite au Leinster

    Le RCT enchaîne un second grand match, moins d’une semaine après la cruelle défaite en demi-finale de la Coupe d’Europe, sur la pelouse du Leinster (25-29). Un nouvel affrontement majeur après avoir fait face au cador du rugby irlandais. L’occasion de passer rapidement à autre chose et de se concentrer sur une fin de saison intense, d’après Pierre Mignoni : « Ce n’est jamais facile de perdre un match comme ça, c’est même toujours très difficile. On a un grand match qui arrive, il faut vite basculer, on n’a pas le temps de se lamenter. »

    Même s’ils ne viennent qu’une fois par saison, les Toulonnais ont désormais des repères bien précis au Vélodrome. L’arène leur est familière et l’équipe espère voir l’engouement de Mayol à Marseille. « Jouer au stade Vélodrome, c’est toujours un plaisir. On joue dans un stade que l’on connaît maintenant, avec un public toulonnais, mais aussi plus régional. On a envie de garder cette ferveur toulonnaise, on ne veut pas perdre ça », appuyait Mignoni.

    Toulon peut encore aller accrocher les phases finales de Top 14, même si la tâche ne sera pas aisée. Quatre matches, quatre finales et, au bout, le RCT saura si sa saison s’achève plus tôt que prévu. « On fera le point après Toulouse, mais il faut tout donner. Comme on le fait depuis quelques semaines, il faut jouer avec beaucoup de solidarité, pour ne pas avoir de regrets. » Face à un autre géant français et européen, Paolo Garbisi et ses coéquipiers devront se sublimer pour l’emporter devant plus de 60 000 personnes.

    REPÈRES

    Double poste pour Azéma

    Le propriétaire du RCT, Bernard Lemaître, a assuré que Frank Azéma prendrait bien le poste de coach principal à partir de la saison prochaine. Ce dernier s’occupera également de l’attaque. Pierre Mignoni sera bien directeur du rugby, comme prévu.

    Maillots mis aux enchères

    Les maillots toulonnais de cette rencontre face à Toulouse seront mis à la vente. L’argent récolté sera reversé aux enfants malades de l’hôpital Sainte-Musse deToulon, dans le cadre de l’opération « Muguet de l’espoir ».

    TOULON – TOULOUSE

    23e journée de Top 14

    Samedi 9 mai à 21h

    Stade Vélodrome, à Marseille

    Arbitre : Pierre Brousset

    Toulon : Jaminet – Dréan, Brex,Frisch, Ferté – Albornoz, Serin(cap) – Mercer, Kpoku, Abadie -Mézou, Halagahu – Gigashvili, Lucchesi, Gros.

    Manager : Pierre Mignoni

    Toulouse : Kinghorn – Thomas, Barassi, Chocobares, Lebel -Ntamack, Dupont (cap) – Willis, Roumat, Cros – Flament, Meafou -Merkler, Mauvaka, Baille.

    Manager : Ugo Mola