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  • [Entretien] Sophie Binet : « Se mobiliser partout, se syndiquer »

    [Entretien] Sophie Binet : « Se mobiliser partout, se syndiquer »

    Stratégie industrielle, salaires, carburants, manifestation du 29 septembre… La rentrée impose de nombreux sujets.

    La Marseillaise : à Tarascon, vous êtes venue « constater » les dégâts environnementaux et sociaux et soutenir les salariés dans leur combat mais vous insistez aussi sur la « catastrophe industrielle » ?

    Sophie Binet : Cette usine produit 40% de la pâte à papier française. L’arrêter, c’est se mettre en situation de dépendance et augmenter encore nos importations. Il n’y a pas une personne qui habite dans notre pays qui n’utilise pas du papier au moins 50 fois par jour. Papier, carton, emballage, mouchoir, protection périodique, protection pour les personnes âgées, etc. On a besoin de pâte à papier en France et on sait qu’à l’avenir, on en aura besoin encore plus parce que l’objectif, c’est de mettre fin aux emballages plastiques et de les remplacer par des emballages recyclables comme le papier. C’est quand même grave qu’à chaque fois, on se retrouve avec un gouvernement et un patronat amnésiques. On ne laissera pas faire une catastrophe industrielle comme celle-là.

    Amnésiques ?

    S.B. : Le Covid, c’était il y a 5 ans. La France s’est réveillée avec la gueule de bois en se rendant compte que notre pays, ancienne grande nation industrielle, était incapable de fabriquer des masques. En fermant cette usine, est-ce qu’on veut se réveiller demain en se rendant compte que la France n’est même plus capable d’être autonome en matière de papier ? Le papier, c’est une ressource indispensable pour notre quotidien. Là, ce qu’on est en train d’organiser en France et en Europe, c’est une dépendance totale à l’Asie. Depuis 30 ans, la moitié des usines européennes de papier ont fermé. Ici, cette usine est en parfait état de marche. C’est un actif stratégique, précieux, indispensable pour notre souveraineté industrielle. Il faut agir.

    Que demandez-vous à l’état ?

    S.B. : Nous avons une demande simple à l’état et à la Région : mettre immédiatement le site sous protection. Pour permettre aux anciens salariés de stopper la pollution qui est en cours et de mettre en place toutes les procédures de sécurité pour qu’il n’y ait pas de danger environnemental et pour nous donner le temps de construire un projet industriel pour cette usine.

    Cela veut dire racheter les actifs immédiatement. ça tombe bien, ils vont être vendus par le liquidateur, un véritable charognard. Nous dénonçons depuis le début le fait que la fermeture du site coûte plus cher à l’état que s’il avait mis les moyens pour garantir la continuité du site. Pourquoi ? Parce que le liquidateur l’a déjà dit : sa stratégie est de ne rien faire pour forcer les services de l’état, l’Ademe, la Dreal, etc., à venir faire la mise en sécurité, parce qu’évidemment, ça ne va pas pouvoir rester longtemps comme ça. Le tout aux frais du contribuable.

    C’est toujours la même chose : on a des patrons rapaces qui polluent et qui partent comme ils sont venus, sans dépolluer les sites. Et derrière, c’est vous et nous, les contribuables, qui sommes appelés à la rescousse, parce que l’État n’a aucune stratégie industrielle. Ce qui était demandé par Matthieu Pigasse, pour solvabiliser le projet de reprise des deux usines de Tarascon et de Saint-Gaudens, c’était un effort de 10 à 15 millions d’euros par an. Là, avec toute la dépollution qu’il y a à faire, ce sont des centaines de millions d’euros qui sont en jeu. C’est donc un énorme gâchis d’argent public. Et je ne parle pas de l’impact social et du coût des licenciements pour l’assurance-chômage et pour la collectivité des suppressions d’emplois…

    Vous demandez aussi une réforme des tribunaux de commerce ?

    S.B. : Ce qui se passe à Tarascon démontre à quel point les tribunaux de commerce ne peuvent plus être laissés en l’état. On a affaire à un liquidateur qui se croit tout permis, qui se comporte comme un cow-boy, qui vient narguer les salariés en Porsche, à qui il explique qu’il va se permettre de ne plus leur payer leur salaire. Ce n’est plus possible de laisser les tribunaux de commerce, les liquidateurs judiciaires, faire la pluie et le beau temps et se comporter comme des vautours et des rapaces, en dépeçant notre outil industriel et en traitant les salariés de la sorte. Nous demandons une réforme des tribunaux de commerce pour que les salariés et les collectivités territoriales soient autour de la table, pour qu’on arrête d’envoyer nos usines à la casse et au ferrailleur, comme c’est le cas actuellement.

    Les prix des carburants sont au centre du mouvement des pêcheurs, mais aussi des préoccupations de nombreux salariés. Que faut-il faire ?

    S.B. : Les pêcheurs n’en peuvent plus de ces prix qui explosent et de ces salaires qui baissent. Il n’y a effectivement pas qu’eux qui ont des difficultés. C’est la rentrée du déclassement pour les travailleurs et les travailleuses, des millions de personnes pour qui la fin du mois, c’est aujourd’hui, c’est-à-dire à la mi-septembre, qui n’ont déjà plus d’argent sur leur compte en banque et qui sont obligés de choisir entre remplir leur frigo et faire leur plein.

    J’ai interpellé, mercredi, le Premier ministre en lui demandant d’organiser une table ronde immédiate. Il faut répondre à l’ensemble des travailleurs, il faut bloquer les prix des carburants immédiatement. C’est simple et ça ne coûte rien à l’État. Il faut bloquer les prix des matières premières et surtout des produits alimentaires pour que chacune et chacun puisse s’alimenter. Et, enfin, il faut augmenter les salaires en commençant par augmenter le Smic et indexer l’ensemble des salaires sur l’inflation.

    Les Gilets jaunes appellent à un rassemblement, samedi, à Marseille. Comment analysez-vous ce « retour » ?

    S.B. : Nous appelons les salariés à se mobiliser partout pour exiger des augmentations de salaire et un blocage des prix. Le 29 septembre prochain, c’est une grande journée de grève et de manifestation pour les salaires et les services publics. Nous appelons les fonctionnaires à être au rendez-vous, mais plus largement, cette question concerne l’ensemble des salariés.

    Il faut que cette journée soit la plus forte possible et tant qu’il n’y a pas de réponse à nos revendications, oui, il faut se mobiliser partout, se syndiquer, créer des syndicats dans toutes les entreprises.

  • [Grand entretien exclusif] Benoît Payan : « 2027 sera apocalyptique pour la Métropole »

    [Grand entretien exclusif] Benoît Payan : « 2027 sera apocalyptique pour la Métropole »

    La Marseillaise : Le refus par le conseil métropolitain de voter la baisse des dotations de solidarité aux communes – à une voix près – a été un séisme pour l’institution. Où en est-on aujourd’hui ?

    Benoît Payan : Le rôle du maire de Marseille, c’est d’abord de protéger les Marseillais et les Marseillaises. On s’acheminait vers un choix inacceptable pour moi, parce que je suis maire, Marseillais et que je dois défendre cette ville, qui consiste à nous faire perdre 36 millions d’euros. Marseille seule aurait porté 70% des économies de cette Métropole. J’avais prévenu : c’était inacceptable. Je crois à la solidarité métropolitaine, je pense qu’il faut être attentif à d’autres communes et j’avais proposé un chemin qui permettait aux 92 communes de ne rien perdre. Ma proposition a été balayée d’un revers de main. En le faisant j’ai prévenu que ceux qui la balayaient se mettraient dans une situation difficile car je me battrai pour ma ville. C’est ce que j’ai fait. On a réussi a gardé 36 millions d’euros.

    L’histoire n’est pas terminée… Marseille fait-elle toujours partie de cette « gouvernance des maires » ?

    B.P. : Ça a toujours été très particulier la relation de Marseille avec sa Métropole. Quels que soient les maires et les présidents, cette relation a toujours été très difficile parce que Marseille est une grande ville. Elle est tellement plus grande que toutes les autres villes qu’elle fait presque, à elle toute seule, la moitié de cette Métropole. Longtemps elle a été vue comme l’ogre qui allait se servir sur la bête. En réalité, c’est le contraire qui s’est passé. Ce sont les Marseillais qui paient le plus d’impôts métropolitains, pas seulement en millions d’euros mais en pourcentage. Ce sont les Marseillais qui paient la taxe d’enlèvement des ordures ménagères la plus chère. Et pourtant on n’a aucun équipement métropolitain, les politiques métropolitaines sont beaucoup trop absentes de la ville. Pourquoi j’ai souhaité entrer dans la gouvernance de la Métropole ? Parce que cette ville ne peut pas être sans cesse le bouc émissaire des uns et des autres. On n’a jamais revendiqué une hégémonie mais on revendique d’être respectés comme n’importe quelle autre commune. C’est un message qui doit passer.

    Ce message, estimez-vous qu’il est passé auprès de Nicolas Isnard ? La gouvernance de la Métropole restera-t-elle dans un statu quo ?

    B.P. : Il appartient désormais au président de dire ce qu’il veut faire de cette gouvernance, s’il désire en changer, j’ai toujours dit que j’étais prêt à l’accompagner et que je serai là si les choses doivent évoluer. Non pas parce que je serai candidat à la présidence, je ne le suis pas, je ne le serai pas. Quand je dis quelque chose je m’y tiens, je sais qu’en politique ce n’est pas commun. Je n’étais pas candidat il y a un an, six mois, je ne serai pas candidat demain, mais s’il doit y avoir des changements, je les accompagnerai.

    La Métropole a donc un budget élaboré hors des élus. Est-ce supportable ?

    B.P. : C’est un budget qui va peser sur les communes. Je suis allé rencontrer le président, notamment avec Gaby Charroux, pour lui dire « ne commets pas l’erreur de monter les communes les unes contre les autres ». Ce n’est pas parce que la Chambre régionale des comptes ou que le préfet disent quelque chose que nous, élus, sommes dépossédés de notre pouvoir de décision. Nous avons été choisis pour cela. Il y avait des moyens d’économiser ces 50 millions d’euros, de les lisser. Un budget en déséquilibre aurait ouvert un dialogue avec la chambre régionale des comptes. Ses magistrats sont des gens intelligents, ils comprennent qu’on est presque au bout de l’année budgétaire et que ces 50 millions sont lissables sur plusieurs années. C’est ce qu’il fallait faire, cela aurait évité une crise politique et budgétaire, or, là, nous les avons.

    La Métropole a-t-elle un avenir financier et fiscal ? N’est-elle pas déjà enterrée ?

    B.P. : Il ne faut pas se mentir : cette Métropole est mal née, elle est née en siège, dans la douleur et elle ne s’en sort pas. Structurellement, systémiquement, elle est malade. Sa capacité a développer des politiques publiques est inexistante par ce que sa construction, financière, fiscale, budgétaire, l’en empêche. Il m’est arrivé de le dire, Martine Vassal, elle-même, n’était pas en mesure de changer les choses. On ne peut pas faire avec cet outil, ce à quoi il devrait servir. Quand on voit l’état des équipements à Marseille, l’état de la voirie, ce sont des dizaines de millions d’euros qu’il faudrait investir. Il n’y a pas 40 solutions : soit une augmentation massive de la fiscalité mais les habitants sont-ils aujourd’hui en mesure de perdre du pouvoir d’achat ? Soit il faudrait renoncer à l’effet redistributif et contre-péréquateur de cette Métropole qui a sans cesse été pointé par les magistrats de la chambre. On en arrive à une situation insolvable. On ne pourra pas longtemps faire croire que cette Métropole est vivable. Elle ne l’est plus. J’appelle solennellement le gouvernement à se pencher sur cette Métropole. 2026 a été difficile mais 2027 sera apocalyptique. Toutes les circonvolutions, toutes les belles paroles du monde ne suffiront pas à remplir les caisses de la Métropole. Qui va-t-on faire payer ? Les entreprises avec le versement mobilité ? Vous croyez qu’elles sont prêtes à payer pour combler des trous ? Et les particuliers ? Il faut un consentement à l’impôt. L’impôt, c’est un effort pour vivre en collectivité parce qu’il permet de fabriquer des politiques publiques. On ne paye pas d’impôts pour les intérêts de la dette…

    Quelle alternative ?

    B.P. : Tout refaire ! Il faut tout repenser. Il ne peut y avoir ni totem ni tabou. Une Métropole telle qu’elle existe aujourd’hui est vouée à l’échec. À la fin ce sont les Marseillais qui vont trinquer. Je l’ai dit sur tous les tons pendant 6 ans : nous n’avons jamais réussi à faire Métropole, il n’y a que des intérêts particuliers, chacun défendant sa commune. Il ne peut pas y avoir de projet métropolitain dans un ensemble institutionnel sans argent. C’est comme si on jetait quelques subsides dans un cirque romain et qu’on demandait à des gladiateurs de se battre pour les récupérer. Ça ne fonctionne pas ! Les gens sont des adultes, ils se sont choisi des maires dans lesquels ils ont confiance. L’État ne peut pas nous laisser dans cette situation.

    Ça peut vouloir dire une fusion avec le Département ?

    B.P. : Ça peut vouloir dire beaucoup de choses mais je ne pense pas que le bloc communal soit fongible dans le Département, on a vu ce que ça a donné à Lyon. C’est voué à l’échec. On recommencerait à faire un gros machin qui ne fonctionnerait pas. Je crois aux compétences de proximité. Mais cette Métropole ne fonctionne pas. Non pas que Martine Vassal ait vidé les caisses, mais on apprend les choses au compte-goutte. Un établissement de coopération intercommunal doit d’abord être fondé sur la confiance. Ce n’est pas une collectivité, nous sommes les représentants de nos communes, nous sommes les élus de leurs habitants. Cet ensemble institutionnel n’est pas à la hauteur de nos ambitions. Je vis dans une ville qui fait 5 fois Lyon, 2,5 fois Paris et où le dernier métro a été inauguré avant ma naissance, il y a 48 ans ! Tout ça parce que l’argent a été servi à d’autres. Les attributions de compensation ont été calculées il y a 30 ans, à l’époque Marseille perdait des habitants, des emplois, les entreprises fermaient. Aujourd’hui j’ai des fleurons internationaux à Marseille, une ville qui attire des millions de touristes, qui produit énormément de richesses et nous ne bénéficions pas de tout cela. On me dit « c’est le fruit de l’histoire » mais je préfère regarder l’avenir que d’être tanqué dans un passé qui ne correspond plus à la réalité.

    En participant à la gouvernance métropolitaine dans ces conditions, notamment avec Samia Ghali, l’une de vos adjointes à la présidence de la RTM, n’est-ce pas un piège qui se referme sur vous ?

    B.P. : Elle travaille le plus possible pour améliorer les conditions de transports des usagers, elle fabrique de la tarification sociale, elle essaye de réfléchir à une nouvelle répartition des lignes aériennes, aux cadences des transports. On est en train d’avancer sur ces sujets mais on va se heurter à une réalité financière dans les années qui viennent. La RTM, à mon sens, doit peut-être devenir un établissement public autonome.

    Sur le modèle de la RATP ?

    B.P. : Pourquoi pas ? Il ne faut rien s’interdire. Le modèle tel qu’on l’a connu est éculé, terminé.

    Sentez-vous en cette rentrée, l’exaspération qui monte sur le pouvoir d’achat ?

    B.P. : J’aimerais bien fixer le prix de l’essence ou le niveau des salaires. Ce n’est pas la compétence d’un maire. En revanche, sur la question de la rentrée scolaire, je me suis mobilisé pour que les familles marseillaises aient des conditions meilleures qu’ailleurs avec un kit de rentrée scolaire, avec des grilles tarifaires de la restauration scolaire qui permette à 15 000 petits Marseillais de manger gratuitement, soit 5 000 de plus qu’avant. De la même manière on va augmenter le nombre de petits-déjeuners gratuits pour ne plus jamais avoir des petits qui ont le ventre vide à l’école. On ne peut pas tout, mais tout ce qu’on peut, il faut le faire. Un petit Marseillais, quel que soit son quartier, son histoire, sa religion, sa couleur de peau, il doit avoir les mêmes chances que les autres. L’école c’est fondamental pour moi, c’est là qu’on devient une femme, un homme, émancipés. Nos décisions sont prises avec une seule boussole : qu’est-ce qui est juste ?

    Qu’avez-vous envie de dire au gouvernement qui craint de voir renaître les Gilets jaunes et constate un calendrier syndical qui se remplit un peu plus chaque jour ?

    B.P. : Il est entre des feux contradictoires. Choisir c’est renoncer. Je crois profondément que la fiscalité dans ce pays est injuste. Celles et ceux qui gagnent le plus d’argent ne sont pas des ennemis mais ils ont des devoirs envers leur patrie. Quand on gagne beaucoup d’argent, c’est un honneur. Je ne dis pas de tout prendre mais que chacun contribue à sa juste mesure. On nous explique que les gens vont partir, ce sont des histoires à dormir debout, des berceuses des années 1980. Je crois que quoi qu’il en coûte, il faut aider les Français sur le pouvoir d’achat.

    Amine Kessaci, mécontent de ne pas pouvoir choisir la directrice de Marseille habitat dont il est le président vous a présenté sa démission. Comment avez-vous reçu cette nouvelle ?

    B.P. : D’abord je comprends qu’il puisse être affecté par ce vote. Ce ne doit pas être simple de se retrouver seul, mis en minorité par l’ensemble des administratrices et administrateurs d’un bailleur que l’on préside. Je le recevrai dans les prochains jours pour discuter de ce qu’il s’est passé. J’ai besoin de comprendre ce qui l’a poussé à faire ce choix. Aujourd’hui encore je ne comprends pas. J’ai entendu que c’était « le bureau de recrutement » que je ne connais pas qui avait motivé son choix. À partir du moment où il a souhaité mettre fin au contrat du directeur général qui a donné toute satisfaction jusqu’à présent, en tant que nouveau président, après tout pourquoi pas, je lui ai dit : « le choix devra se faire dans la plus grande transparence et qu’il n’y ait aucun doute sur la personne choisie ». Je pense que ni l’une, ni l’autre des conditions posées n’ont été remplies.

    Vous lui en voulez ?

    B.P. : La question n’est pas de savoir si je lui en veux ou pas. J’ai besoin de comprendre ce qui l’a amené à faire un choix aussi baroque. Il semble qu’il n’ait pas été convaincu par les multiples alertes données sur cette personne.

    Des alertes données par qui ? La mairie ?

    B.P. : Des alertes données par pas mal de personnes dont moi-même.

    Quand le verrez-vous ? Il a même proposé d’assumer lui-même le rôle de directeur général et, dit-il, à faire économiser de l’argent au bailleur.

    B.P. : Dans les prochains jours. Je n’ai pas bien compris ce que cela voulait dire. Amine Kessaci est quelqu’un de très intelligent, mais le dernier conseil que je lui donnerais c’est d’être président-directeur général. Cela l’exposerait juridiquement. Quand je vois la fougue et l’emportement qui sont les siens, je lui conseille de savoir raison garder. Je suis maire de Marseille, pas directeur général des services de la Ville. Il ne faut pas tout confondre.

    Cela signifie-t-il qu’il pourrait ne plus être votre adjoint ?

    B.P. : Je crois qu’il faut décorréler la situation à Marseille Habitat que j’ai besoin de comprendre et la confiance que je peux lui accorder par ailleurs. Si demain il devait démissionner de son poste d’adjoint, il faudrait qu’il m’en explique la raison.

    Dans notre région, ce sont dans les Bouches-du-Rhône que la gauche est dans la meilleure posture pour les sénatoriales. Quel est votre pronostic et où se porte votre soutien ?

    B.P. : Vous m’avez demandé 27 fois mon pronostic sur les municipales et 27 fois je vous ai répondu que je n’en faisais pas. C’est pareil pour ces sénatoriales. J’espère que cette liste d’union, solide, qui représente les territoires, les sensibilités, avec des histoires différentes, des horizons et des enracinements différents, arrivera en tête. Ce serait un très beau signal pour la gauche dans le pays, pour tout ce à quoi je crois. Le rôle des sénateurs va s’accroître dans un pays instable qui peut connaître le pire. Le rôle du Sénat doit être celui de garant de l’État de droit et de la continuité républicain, celui d’une vigie. Pour cela, il faut des sénateurs qui ont la conviction profonde que la République est une et indivisible, que sa devise est « Liberté, Égalité, Fraternité », que ses racines plongent dans la Révolution française, dans les forces de la lumière contre celle de l’obscurité. J’y crois avec force. Les listes de gauche qui n’ont aucune chance de faire un siège, vont prendre des voix à la liste d’union et à la fin c’est quoi ? Un siège en plus pour l’extrême droite. Je leur dis les yeux dans les yeux.

    Votre famille politique d’origine organise une primaire, vous intéresse ? Vous positionnerez-vous ?

    B.P. : Non.

    Pourquoi ?

    B.P. : Mon travail est d’être maire de Marseille. Je reste un homme de convictions. J’entrerai dans la danse si je sens un danger arriver. Je ne m’occupe pas des partis. Ça ne m’intéresse pas. Je dis simplement une chose : vous n’avez pas le droit de vous diviser. Je n’aurais pas l’outrecuidance ni la vacuité de penser que c’est duplicable. Mais c’est un exemple comme un autre. On nous a expliqué que le Printemps marseillais c’était des rigolos. Il se trouve qu’on a été élus en 2020 et réélus en 2026 sur un totem, celui de l’union. Les divisions permanentes pour savoir qui est le plus à gauche, qui est le moins gauchiste, le plus écologiste, le plus raisonnable, le plus révolutionnaire… Ce sont des débats de chambre. Les gens veulent une seule proposition. Je dis : ne partez pas en ordre dispersé parce qu’à la fin c’est l’échec.

    À Marseille, votre conception du rassemblement c’était sans LFI. Quand vous parlez d’une seule candidature, c’est avec ou sans LFI ?

    B.P. : C’est Jean-Luc Mélenchon qui a déjà répondu à cette question. Il est parti, il croit en son destin, l’ambition de sa vie n’est rien d’autre que d’occuper le fauteuil de François Mitterrand. Il se fout pas mal de ce qui se passera à la fin, il espère être président de la République quel qu’en soit le coût. C’est triste.

    Renaud Muselier a confié à « La Marseillaise » que vous lui aviez donné votre accord pour travailler à une cérémonie de clôture des JO 2030 à Marseille. Vous n’étiez pas en si bons termes auparavant ?

    B.P. : Le président Muselier est un pragmatique. Il m’a demandé si j’étais d’accord pour que ça se passe à Marseille. J’ai lui ai naturellement répondu oui parce qu’on sait faire, on sait organiser des événements internationaux. Renaud Muselier sait que ça sera réussi si c’est à Marseille. Mieux qu’ailleurs !

  • Fibre Excellence sous protection des salariés

    Fibre Excellence sous protection des salariés

    « Il y a une ouvrière avec nous, qui élève seule ses deux enfants et n’est plus en mesure de payer son loyer », explique Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT du site à un des administrateurs judiciaires, au téléphone. Ce dernier vient d’annoncer aux salariés qu’ils ne seront pas en mesure de payer leurs indemnités et qu’il leur faudra attendre le 5 octobre pour pouvoir prétendre à leurs droits au chômage.

    Un peu plus tôt dans la matinée, les salariés ont constaté que des ordinateurs étaient chargés dans les conteneurs, devant l’usine. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, s’est rendue sur le site. Elle a effectué une visite de l’usine avec une délégation de représentants syndicaux CGT et FO ainsi que des médias. Le constat est sans appel : « Là, le débit actuel est de 1,3 m3 par heure », précise Moukhtar Kadadi, technicien électricité, devant les graphiques sur les écrans. La délégation passe en revue les cuves encore pleines de liqueurs, les 18 000 tonnes de bois qui pourrissent dans le parc. « Avec un risque d’incendie énorme, car s’il pleut, les copeaux fermentent et ça devient très inflammable », souligne Nicolas, dont le grand-père, le père et l’oncle ont tous travaillé à l’usine. « Sans compter les 270 licenciements, c’est une catastrophe pour Tarascon et pour toute la région », déplore-t-il.

    Dans les locaux de la maintenance, les placards ont été éventrés et les ordinateurs ont disparu des bureaux. « C’est un véritable scandale, on est sur un cocktail Molotov et rien n’est fait en termes de sécurité. Ce sont des méthodes de voyous, s’indigne Sophie Binet. Notre colère est immense car cette catastrophe environnementale, économique et sociale était annoncée. Le gouvernement n’a rien anticipé. » Sur le site, Marc Pietrosino, secrétaire de l’UD CGT 13, considère : « Avec la ligne ferroviaire et le Rhône, ce site intéresse les groupes de logistique, mais dans ce cas on passe de 270 à 30 salariés. »

    L’usine occupée

    Alors que les six employés de Realtec s’activent à charger les conteneurs, la délégation revient devant les grilles. Sophie Binet s’adresse aux salariés et à leurs soutiens venus de Saint-Gaudens, de la CGT Énergie de Marseille, d’Istres et d’Avignon, leur assurant que le syndicat ne les lâchera pas : « L’État ne peut pas laisser les liquidateurs envoyer l’usine aux ferrailleurs, il faut racheter les actifs. Il y a un avenir industriel pour Tarascon. » Elle précisait, avant de rejoindre Arles : « Le liquidateur leur annonce qu’ils ne seront pas payés en septembre car il n’en a plus les moyens. Ils sont sans salaires, sans chômage. Comment vont-ils payer la rentrée de leurs enfants ? C’est une honte de les traiter comme des kleenex ! »

    « Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? », interroge un des ouvriers. Réunis sur le parking, les syndicats CGT et FO et les salariés font le point. Jean-Michel Bulinge résumait ainsi la situation : « Ils se font du pognon sur notre dos et ne nous paient pas ! Soit on reprend l’outil, soit on laisse faire. » Vers 16h, une quinzaine sont entrés dans l’usine sans intervention de la police. Ils ont remis en sécurité le site alors que les employés de Realtec avaient déclenché l’alarme incendie. Et ils comptent bien le protéger.

  • Insoutenable

    Insoutenable

    La formule fétiche d’Emmanuel Macron, lors de la campagne de 2017, son « en même temps », tombe en lambeaux à quelques mois de la fin de son deuxième mandat. Il laisse apparaître au grand jour un double discours, dont l’hypocrisie le dispute à l’indécence. Que reste-t-il des grandes déclarations sur la « priorité » donnée à la réindustrialisation de la France lorsque, sous nos yeux, à Tarascon, une des deux seules usines produisant de la pâte à papier et garantissant ainsi une production française, est promise aux fossoyeurs plutôt que d’être remise sur pied.

    Un champ de ruines

    Comme le souligne Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT ce jeudi sur le site, l’effort qui était demandé à l’État de 10 à 15 millions d’euros par an n’a rien en commun avec « le pognon de dingue », pour reprendre une autre formule présidentielle, que celui-ci devra débourser, et avec lui les contribuables pour le solde de tout compte de cette fermeture. Sans même rappeler le choc psychologique qui frappe de plein fouet des centaines de familles. Une même violence qui s’est abattue sur l’ensemble du territoire français, au gré des fermetures, délocalisations, faillites… Alors que 211 milliards d’euros d’aides publiques ont été généreusement déversés dans les caisses des entreprises chaque année. Sans contrepartie, sans contrôle. Il n’y a jamais eu de « en même temps », juste un immense nuage de fumée qui s’est dissipé, laissant apparaître un champ de ruines. Redonner espoir aux travailleurs et redonner vie à notre industrie est un impératif, sans attendre la prochaine échéance présidentielle.

  • [Maj] Sophie Binet et la CGT portent un projet pour Fibre Excellence

    [Maj] Sophie Binet et la CGT portent un projet pour Fibre Excellence

    Sophie Binet était « prête à revenir autant de fois qu’il le faudra » pour défendre la Bourse du travail à Arles, affirmait-elle en mars 2023. Aujourd’hui se joue le deuxième round. La secrétaire générale de la CGT se rend ce jeudi, à Tarascon puis à Arles, en soutien aux travailleurs en lutte de Fibre Excellence, mais aussi aux combats menés contre des maires d’extrême droite et de droite pour préserver les Bourses du travail et l’implantation de la CGT dans ces deux communes du pays d’Arles.

    Pour les 270 salariés licenciés et les nombreux emplois induits menacés, l’enjeu principal de cette visite est la présentation d’un projet alternatif de reprise industrielle du site de Fibre Excellence. Ce projet se fera « avec de faibles moyens pour faciliter l’investissement », annonce François Batista, de l’Union départementale CGT. Pour rappel, l’outil industriel est dimensionné pour « faire vivre des milliers d’emplois dans la filière bois », dans le département, selon le responsable syndical (notre édition du 15/09). À la bataille de l’emploi s’ajoute celle de la mise en sécurité du site. Depuis la liquidation judiciaire de l’entreprise de pâte à papier, prononcée fin juillet dernier, les situations à risque s’enchaînent sous la gestion du liquidateur Realtec.

    Coupures d’électricité, arrêt de la station d’épuration, risques de pollution du Rhône : autant de problèmes dénoncés par la CGT, qui font l’objet d’un bras de fer juridique entre l’État et le liquidateur. Mardi, ce dernier a d’ailleurs réagi aux inquiétudes concernant d’éventuels rejets d’eaux polluées en affirmant qu’« aucune analyse contradictoire (…) n’a été produite pour étayer l’affirmation d’un tel rejet polluant », contredisant ainsi les alertes lancées par la CGT du site.

    Soutien aux Bourses

    du travail

    L’autre grand dossier concerne le maintien de la CGT au sein de la Bourse du travail d’Arles, siège de l’union locale depuis 126 ans. Après trois années de bataille politique et judiciaire, et malgré deux propositions de médiation du tribunal refusées par le maire (Horizons) Patrick de Carolis, l’UL CGT, menacée d’expulsion manu militari, occupe la Bourse du travail depuis début septembre.

    Dans la même veine, le maire d’extrême droite de Tarascon, Alexandre Ducouret (RN), a décidé de chasser FO et la CGT de la maison des syndicats, où les deux organisations étaient installées depuis 2014. Une décision politique, alors que l’édile fustige la CGT qui « fait de la politique », indique La Provence du 23 juillet. La confédération a demandé un moratoire au ministère du Travail sur ces questions.

    « Les Unions locales, les Bourses du travail sont là pour faire en sorte que les travailleurs et travailleuses ne se retrouvent pas seuls, pour organiser la solidarité dans les luttes », affirmait Sophie Binet en mars 2025. La situation de Fibre Excellence n’en est-elle pas la meilleure démonstration ?

    *Depuis Tarascon à 12h30 et en fin d’après midi

  • Tour d’horizon des visites guidées des journées du patrimoine

    Tour d’horizon des visites guidées des journées du patrimoine

    Pour cette nouvelle édition des Journées Européennes du Patrimoine, les thèmes mis en avant sont « Le patrimoine de la photographie », en lien avec l’anniversaire du bicentenaire de la photographie fêté cette année, et « Le patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer ». Plusieurs visites, activités ou événements doivent nécessairement faire l’objet d’une réservation pour pouvoir y participer ce week-end. En voici une sélection non exhaustive.

    BOUCHES-DU-RHÔNE

    Marseille

    Visite du Cepac Silo

    Le Cepac Silo ouvre ses portes au public, l’occasion de découvrir ou de redécouvrir le passé céréalier du silo d’Arenc, mais aussi les nombreuses figures qui en ont fait un incontournable du paysage culturel marseillais. Ouvert samedi et dimanche de 9h30 à 17h, des créneaux sont prévus pour des visites guidées gratuites à la réservation sur cepacsilo-marseille.fr.

    « Le bus d’hier à demain »

    La société de transport marseillaise RTM ouvre au grand public son atelier de maintenance de La Rose. Il sera possible d’admirer les bus emblématiques de la ville, et découvrir les grandes transformations à venir pour les transports en commun marseillais à travers l’exposition « Le bus d’hier à demain ». Ouvert samedi et dimanche de 9h à 12h30 et de 14h à 18h. Inscription obligatoire sur rem.jep.fr.

    Martigues

    Exposition « Les gestes de la mer »

    Le Petit musée de Carro accueille ce week-end l’exposition « Les gestes de la mer », autour des photographies de la mer et des gestes de la pêche. L’exposition se déroule en continu autour du marché aux poissons sur le Port de Carro et au Petit musée le samedi et le dimanche de 11h à 18h. Inscription obligatoire au 04.42.49.03.30.

    Aix-en-Provence

    Découverte du musée du calisson

    Le musée du calisson fait redécouvrir ce week-end la plus grande célébration du calisson : « La bénédiction du calisson ». Lors de cette fête qui a lieu le premier dimanche du mois de septembre, les fabricants de calissons se réunissent pour célébrer cette confiserie. Une exposition de photographies retrace l’histoire de cette fête unique. Plusieurs créneaux sont encore disponibles le vendredi à 15h, le samedi à 10h, 11h et 15h et le dimanche à 11h et 15. Réservation obligatoire sur calisson.com.

    Les Baux-de-Provence

    Visite guidée du château

    Le château des Baux-de-Provence propose de découvrir son histoire et son patrimoine à travers une visite guidée. Les départs sont prévus le samedi et le dimanche à 10h15 et à 14h, la réservation se fait auprès de l’Office du tourisme au 04.90.54.34.39 ou par mail tourisme@lesbauxdeprovence.com. Un atelier de calligraphie est lui ouvert sans réservation de 10h à 16h30.

    VAUCLUSE

    Avignon

    Visite guidée immersive du centre-ville

    Epok’Tour propose une visite guidée dans le centre-ville d’Avignon sous forme d’une reconstruction historique vivante. Le personnage de Mme Pernod vous accompagnera pendant 1h30 pour revivre l’histoire d’Avignon en 1860, accompagnée de plusieurs autres personnages. Les visites sont prévues dimanches de 10h30 à 14h30, réservation obligatoire sur epoktour.fr.

    Vaison-la-Romaine

    Château comtal

    Accompagnés par un architecte et plusieurs tailleurs de pierre, découvrez le château comtal en chantier, le rôle de l’archéologue sur ce chantier, ainsi que le savoir-faire de ses artisans. Visites le samedi à 10h, 11h, 14h, 15h et 16h, réservation obligatoire au 04.90.36.50.48.

    Saint-Didier

    Visite autour du nougat

    La famille de nougatiers Silvain ouvre les portes de leur fabrique pour faire découvrir au grand public le processus de fabrication du nougat et l’histoire familiale. Réservation obligatoire sur nougats-silvain.fr.

    VAR

    Toulon

    Le « Jacques Stosskopf » ouvert au public

    La base navale de Toulon est ouverte au public ce week-end de manière exceptionnelle. Une visite guidée et des explications techniques permettront de découvrir le navire militaire Jacques Stosskopf, long de 160 m. L’inscription est obligatoire sur le site des Journées Européennes du Patrimoine.

    Le Muséum en chantier

    Malgré sa fermeture pour travaux, le Muséum départemental du Var est animé ce week-end par plusieurs scientifiques, conservateurs et restaurateurs, qui seront là pour faire découvrir les coulisses des travaux. Une visite découverte intitulée « Dans les coulisses du Muséum en chantier ». Ouvert samedi de 10h à 16h, réservation obligatoire au 04.83.95.44.30.

    La préfecture accueille les visiteurs

    La préfecture du Var propose une visite guidée alors que le bâtiment vient d’obtenir le label d’« Architecture Contemporaine Remarquable ». Visites prévues le samedi à 10h et 15h30, réservation sur le site internet des Journées Européennes du Patrimoine.

    La Londe-les-Maures

    Historique de la bunkérisation

    Une visite guidée explore la création du Sudwall sur le littoral méditerranéen par l’armée allemande entre 1943 et 1944. La visite démarre samedi à 9h à la salle Yann-Piat. Réservation obligatoire auprès de l’office du tourisme de la Londe-les-Maures au 04.94.01.53.10.

    ALPES

    Volx

    L’histoire de l’olivier

    L’écomusée de l’olivier, installé dans une ancienne usine de chaux, propose une immersion dans la longue histoire de l’olivier. Un lieu dédié à l’histoire, à la culture et aux traditions autour de l’olivier, arbre mythique de la région. Ouvert samedi de 11h à 15h, réservation obligatoire gratuite au 04.86.68.53.15.

    Banon

    Visite des ateliers de chocolat

    Une visite de leurs ateliers est proposée par la chocolaterie de Banon. Deux créneaux de visites sont prévus le samedi à 11h et à 14h, la réservation se fait au 04.65.69.00.50.

    Gap

    Découverte des archives départementales

    Les archives départementales des Hautes-Alpes proposent une visite guidée autour de la photographie qui permet d’explorer des espaces habituellement fermés au public. Le site permet de découvrir toutes sortes de clichés et comment ils sont conservés. Plusieurs départs sont prévus le samedi et le dimanche à 14h, 15h, 16h, et 17h. Un autre départ est également prévu à 13h30 le dimanche. Réservation obligatoire au 04.86.15.31.80.

  • [Jeu Provençal] 3e souvenir Christian-Dalger : la victoire pour Ferrazzola – Bouleuc – Gerona

    [Jeu Provençal] 3e souvenir Christian-Dalger : la victoire pour Ferrazzola – Bouleuc – Gerona

    Comme il est de coutume, l’épreuve s’est déroulée dans une excellente ambiance, avec comme fil conducteur du respect tout au long des rencontres. Sur le plan sportif, compte tenu de la qualité des participants, le niveau des parties a été bien relevé. Voilà qui a fait le bonheur des nombreux spectateurs venus assister à ce grand moment bouliste. Si l’on a pu noter parmi tant d’autres que des garçons comme Marcel Grimaldi associé à Franck Anginoni associés à Jean-Louis Sainati le propriétaire du bar Moustier à l’Estaque sont restés dans les ronds. C’est son associé Eric Ferrazzola, accompagné de Bernard Bouleuc et Michel Gérona qui vont s’imposer 13 à 11 face à l’équipe de Patrick Trenca Charly Mouka et Fabio Le Bouedec.

  • Le Mondial La Marseillaise reçoit les champions !

    Le Mondial La Marseillaise reçoit les champions !

    Comme il est de tradition, ce mercredi Maryan Barthelemy, directeur du Mondial, et les membres de l’association du Mondial La Marseillaise ont tenu à honorer ces jeunes champions, pour leurs performances.

    C’est au cours d’une cérémonie conviviale et chaleureuse, à laquelle participèrent Jean Léonetti et Régis Monjo représentant Patrick Fara le président du CD 13 durant laquelle le directeur n’a pas manqué de les féliciter pour leur sacrée performance, avant de mettre en avant l’intérêt que porte le quotidien La Marseillaise au sport bouliste dans tous ses secteurs, qu’ils ont reçu un trophée souvenir marquant une saison en tous points remarquable. Félicitations à Vincent Llinares, Clément Rigaud et Jean Navarro, champions de France minimes à Loni Szczotkowski, Mylan Terryn et Ezekiel Cortes (absent pour la circonstance), vice-champions de France cadets. Un contretemps n’a pas permis aux juniors finalistes du chalenge l’Avenir d’assister à l’événement. C’est en présence de leurs dirigeants et parents que chacun a levé son verre à leurs succès passés et leurs réussites futures.

  • Coupe de France de pétanque : au bout d’un beau suspense !

    Coupe de France de pétanque : au bout d’un beau suspense !

    Belle et chaude journée ce dimanche au cercle St-Barnabé. Au programme en attendant la rencontre phare du jour, les dirigeants ont mis au programme un concours au Jeu Provençal dans le concept triplettes mixtes. Un beau moment de convivialité avec la participation d’une quinzaine d’équipes.

    Si cette épreuve sera en début d’après-midi éclipsée par l’opposition dans le cadre de l’épreuve reine de la pétanque nationale à savoir la coupe de France. Pour la circonstance, les locaux accueillent l’un des plus prestigieux clubs, dans le milieu de la pétanque, de ces dernières années, le DUC de Nice.

    C’est à 14h, que Michel Borghino l’arbitre de la rencontre lance le coup d’envoi.

    Cette équipe locale, qui semble, au papier, privée de quelques éléments majeurs. Après, les présents vont pouvoir démontrer que face aux indisponibilités, ils vont se montrer à la hauteur de la confiance que leur a témoignée le capitaine Eric Cluze.

    Palazzo en fer de lance

    La partie débute donc par les individuels. On note que Laurent Palazzo est bien en bras, il est le premier vainqueur de la série, en dominant tout aussi rapidement que largement Jonathan Huart.

    Il sera imité quelques instants plus tard par Georges Saad El Dine qui domine Jean-Pierre Birri. Quant à Séverine Roche pas très heureuse dans les résultats de ses tirs, elle s’incline avec des regrets face à Sébastien Terzariol. À noter que la championne départementale 2025 en solitaire, connaît quelques problèmes physiques, qui l’empêchent d’être au mieux de sa condition.

    Joli bras de fer entre Sabine Fara et Sylvie Lozano qui va tourner à l’avantage de la locale. Comme dans le même temps, les visiteurs Thierry Aslan et Gérard Marasco vont prendre respectivement le meilleur sur Axelle Bernard et Mario Augugliaro, les deux équipes se retrouvent à égalité au terme de cette phase un.

    L’acte deux va voir ces joueurs de la Côte d’Azur prendre un bel avantage. En s’imposant dans deux binômes, on note que le coach marseillais, devant le mal qui freine Séverine Roche, décide de lancer Patrick Fara dans le bain. Il va s’ensuivre une petite remontada, mais pas assez pour empêcher les visiteurs de s’imposer. Comme dans le même temps, les Niçois remportent le second binôme. Il est mis un terme au dernier double, avec une donne qui se détermine ainsi : les Locaux pour franchir ce premier tour de zone doivent gagner les deux parties, et bien sûr, les visiteurs, se contenteront d’en porter seulement une à leur avantage.

    Dans ces deux parties la physionomie va être identique, avec de part et d’autre les Marseillais qui prennent le meilleur départ. Les deux équipes vont mener largement, avant de voir leurs adversaires revenir.

    On pense même que la messe est dite, quand Max Guidicelli et Sabine Fara en mettent partout. Le sauveur sera Laurent Palazzo, lequel à sa dernière réalise un devant de boule, dont ses adversaires ne vont pouvoir se remettre. Ils s’inclinent deux mènes plus tard.

    Dans la seconde partie, Patrick Fara à de rares exceptions près, taquine bien le but, mettant parfaitement le couvert, il va même réussir trois tirs qui vont permettre à son trio de garder la tête hors de l’eau. Comme Axelle Bernard apporte sa pierre à l’édifice et que Mario Augugliaro réalise une belle moyenne aux tirs, les joueurs de St-Barnabé vont signer la victoire qui les propulse au second tour de zone de cette coupe de France 2026. Nous étions allés au bout d’un beau suspense.

    Fiche Technique

    Cercle St Barnabé

    Arbitre : Michel Borghino

    Sabine Fara – Axelle Bernard – Mario Augugliaro – Laurent Palazzo – Séverine Roche – Georges Saad El Dine – Mas Guidicelli – Patrick Fara – Capitaine : Éric Cluze

    DUC de Nice :

    Sylvie Lozano – Cathy Muscat – Patrick Muscat – Gérard Marasco – Jean-Pierre Birri – Jonathan Huart – Sébastien Terzariol – Thierry Aslan – Capitaine : Erasme Bono

    Individuel :

    Fara bat Lozano 13 – 11 // Aslan bat Bernard 13 à 12 // Marasco bat Augugliaro 13 à 8 // Saad El Dine bat Birri 13 – 8

    Terzariol bat Roche 13 à 8 // Palazzo bat Huart 13 – 2

    Doublettes :

    Fara / Palazzo – Lozzano / Terzariol. 8 à 8 (Arrêtée)

    Aslan / Huart battent Roche puis Fara – Augugliaro 13 à 11

    Marasco – Muscat battent Bernard – Saad El Dine puis Guidicelli 13 à 10

    Triplettes :

    Bernard – Fara – Augugliaro battent Lozzano – Birri – Marasco 13 à 10

    Guidicelli – S. Fara – Palazzo battent Terzariol – Huart – Aslan 13 à 7

    Résultat final ; Cercle St Barnabé bat DUC de Nice 16 à 12.

  • [Entretien] Boudewijn Zenden : « Un déplacement en Turquie, c’est toujours très électrique »

    [Entretien] Boudewijn Zenden : « Un déplacement en Turquie, c’est toujours très électrique »

    La Marseillaise : Vous étiez titulaire lors du dernier match de l’OM à Besiktas, lors de la 5e journée de la Ligue des Champions en novembre 2007. Quel souvenir gardez-vous de ce déplacement à Istanbul ?

    Boudewijn Zenden : Un déplacement en Turquie, ce n’est jamais un match comme les autres. Je pense que ça ne vous étonne pas quand je vous dis que c’était exactement comme prévu : là-bas, c’est toujours très électrique. Je me souviens notamment d’un entraînement au stade. Normalement, il est fermé au public, mais il y avait quand même quelques supporters turcs présents. Je ne dirais pas que j’avais peur, mais, en tant que joueur, tu n’as pas forcément envie que l’adversaire puisse voir toutes les idées de jeu que tu prépares pour le lendemain. Sinon, il peut être préparé en conséquence. Et puis, il y avait tout ce qui entourait le match. Je me souviens que des supporters avaient tiré des feux d’artifice toute la nuit dans Istanbul pour nous empêcher de bien dormir. Dès que tu poses le pied en Turquie, tu ressens cette rivalité, cette tension particulière, et ce, bien avant même le coup d’envoi.

    Et à l’intérieur du stade ?

    B.Z. : Plus le moment fatidique approche et plus l’ambiance monte d’un cran. Tu vois progressivement les tribunes se remplir, le bruit augmenter et la pression s’installer. Les supporters turcs sont vraiment très passionnés. Ils me font beaucoup penser à ceux de Marseille, à vrai dire. Quand tu es joueur, une telle atmosphère te transcende. Ça te donne encore plus d’envie, d’énergie et surtout la volonté de réaliser un grand match.

    Vous avez finalement perdu ce match sur le score de 2-1. Comment analysez-vous votre prestation ?

    B.Z. : Je me souviens que c’était un match compliqué. On avait perdu ce match dans les dernières minutes à cause d’un but de l’attaquant Bobo. Le stade vibrait et tous les supporters commençaient à scander son nom. Besiktas a toujours été une équipe redoutable à domicile. À l’époque, ils avaient trois-quatre brésiliens doués techniquement. Et même si notre match face à eux était finalement équilibré, avec de nombreuses occasions manquées de notre côté, ils ont su être plus efficaces cette fois-là.

    Plus globalement, comment avez-vous vécu vos deux saisons passées dans la cité phocéenne ?

    B.Z. : J’ai adoré mon époque à Marseille. Je sais qu’au début, c’était assez difficile, parce que je suis arrivé avec Albert Emon, et on n’était pas bien placés. Je trouvais aussi qu’à ce moment-là, on n’était pas vraiment une équipe qui bossait collectivement, on était assez individualistes. Eric Gerets a construit une équipe qui se battait, qui jouait plus ensemble, et je crois qu’à partir de là, ça allait beaucoup mieux. On a terminé 3e, puis 2e, en passant très proche du titre. On aurait dû gagner la Ligue 1, mais le match clé, c’était quand on avait perdu à domicile contre Lyon à trois journées de la fin. J’aurais tellement aimé remporter ce titre avec l’OM, on était tellement prêts pour cela. Finalement, c’est la saison suivante qu’ils l’ont soulevé. Mais j’étais déjà parti à Sunderland depuis.

    Et sur l’ambiance à Marseille ?

    B.Z. : Mon ami Djibril Cissé, avec qui j’ai joué à Liverpool, m’avait prévenu de l’ambiance à Marseille. J’avais entendu ses histoires, mais il faut le vivre, il faut le sentir. Et je l’ai bien senti ! La popularité de Marseille, la passion des supporters, c’est quelque chose de très spécial. Les supporters m’ont toujours bien accueilli. Je n’ai jamais eu de problème. Je crois qu’ils m’ont bien apprécié. Et c’est réciproque. Je suis revenu au Vélodrome l’année passée avec ma famille. Mes deux garçons ont adoré l’ambiance. Ils ont bien compris pourquoi j’ai joué à Marseille.