Tag: Bouches-du-Rhône

  • Le site de Tarascon presque condamné, Saint-Gaudens en sursis

    Le site de Tarascon presque condamné, Saint-Gaudens en sursis

    Le tribunal de commerce de Toulouse a tranché lundi : l’offre de reprise de Matthieu Pigasse pour l’entreprise de pâte à papier Fibre Excellence est rejetée. Un coup de massue pour les 670 salariés de l’enseigne, placée en redressement judiciaire le 27 avril dernier. C’est le maintien des « conditions suspensives », qui rendent, d’après la juridiction, « l’offre irrecevable », a rapporté Christophe Clerc, avocat du Comité social et économique (CSE) de la société.

    La proposition de l’homme d’affaires était en effet subordonnée à plusieurs conditions adressées à l’État. Parmi elles : le rachat à meilleur prix de l’électricité produite par les turbines de l’entreprise et la réintégration du fabricant dans le système européen des quotas carbone. Des exigences que le gouvernement ne lui a pas accordé, comme le suggéraient les récentes déclarations de Roland Lescure, ministre de l’Économie, qui assurait, mardi dernier à l’Assemblée, que « l’offre [n’était] pas au niveau ». « L’offre demande une aide supplémentaire de l’État, sans doute de plus de 100 millions d’euros : donc au-delà des 100 millions que nous sommes déjà prêts à mettre et des 90 millions d’euros qui ont été apportés à cette entreprise, contre un investissement du repreneur [Matthieu Pigasse, Ndlr] de 5 misérables millions d’euros. (…) Aujourd’hui, le compte n’y est pas », avait souligné le ministre. « Cette déclaration est indigne de la part du ministre, qui s’acharne à décrédibiliser cette offre par pur calcul politicien », s’était alors indigné la CGT, dans un communiqué.

    Le tribunal a requis la liquidation du site de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, qui emploie environ 275 personnes. Le site de Saint-Gaudens a lui obtenu un sursis inespéré de deux jours, un nouvel industriel s’étant manifesté pour sa reprise.

    Une offre à « consolider »

    Le nouveau candidat, qui souhaite rester anonyme, doit désormais consolider son dossier avant la prochaine audience, mercredi 29 juillet. « Il y a un nouvel industriel qui a fait une lettre d’intention qui donne une caution de deux millions d’euros pour gagner du temps. Mais rien n’est fait », a souligné Sébastien Oustric, représentant CGT des salariés de Saint-Gaudens, à l’issue de l’audience, lundi matin. Sébastien Martin, ministre délégué en charge de l’Industrie, a confirmé l’existence dudit repreneur, qu’il assure avoir rencontré, ce week-end, aux côtés de Carole Delga, présidente (PS) du conseil régional d’Occitanie. « Mes services, en lien avec la Région, vont se mobiliser pour voir de quelle manière cette offre peut être consolidée », a-t-il ajouté.

    Dernière usine de pâte à papier française, Fibre Excellence représente, en plus de ses 675 salariés, près de 10 000 emplois indirects d’après la CGT. « Si l’État ne suit pas, c’est lui seul qui condamne la filière et les milliers d’emplois qui en découlent », concluait le syndicat dans un communiqué, la semaine dernière.

  • Hébergement d’urgence, les associations à bout dans les Bouches-du-Rhône

    Hébergement d’urgence, les associations à bout dans les Bouches-du-Rhône

    Nous vous demandons, Monsieur le préfet, d’être le garant de l’inconditionnalité de la mise à l’abri des personnes vulnérables hors de toute autre considération que leur besoin d’un abri immédiat, sûr et digne. » Dans un long courrier, argumenté, en date 24 juillet, dont nous avons eu connaissance, le Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO 13), plateforme départementale qui gère l’hébergement, l’insertion et l’accès au logement des personnes sans abri, regroupant une vingtaine d’associations, dresse un bilan déplorable des dispositifs d’hébergement d’urgence.

    Elle dénonce une politique publique ultra-restrictive avec « une sélection des demandeurs en fonction de critères de vulnérabilité », une « orientation réduite aux femmes victimes de violences intrafamiliales », un accès aux centres d’hébergement et de réinsertion sociale et d’urgence réservé aux seuls ménages issus d’hôtels « excluant de fait tous les autres ». Elle pointe également l’exclusion de l’accueil des mères isolées avec au moins un enfant de moins de 3 ans, au motif que leur prise en charge relève du Département. Autant de critères qui ont conduit à « un démantèlement complet des possibilités de mise à l’abri », s’indigne le SIAO.

    90 % des appels au 115

    sans solution

    Pire, « à ce jour, le 115 n’offre aucune solution pour 90 % des appels reçus malgré l’ouverture des haltes de nuit, 267 personnes restant quotidiennement sans réponse », déplore la plateforme. « Tout semble indiquer que (…) la politique publique d’accompagnement de la rue au logement sur notre département est aujourd’hui focalisée à l’excès sur le respect d’une cible de nuitées hôtelières de 1 500 personnes par jour, soit 547 500 nuitées par an », analyse le SIAO. Un potentiel de nuitées compromis par « les opérations de renouvellement urbain, les évacuations de campement, ou encore les dispositifs exceptionnels comme les plans Grand froid ou Canicule ».

    Violences sexuelles, exploitations, emprise… En tant qu’associatifs de terrain, « nous constatons quotidiennement les risques majeurs encourus par les femmes auxquelles aucune solution n’est proposée », témoigne le SIAO, ajoutant que pour les enfants, les conséquences sont tout aussi dramatiques avec rupture de scolarité, difficultés d’accès aux soins, insécurité permanente qui porte atteinte à leur développement. Un « coût financier et humain » qui « produira dans les années à venir son lot de malheurs », entre « violences, délinquances, traite d’êtres humains et trafics en tout genre », alerte le SIAO.

    C’est à la fois un « cri d’indignation » et « un combat » que porte la plateforme départementale, s’interrogeant « très sérieusement » sur son maintien au sein du dispositif. Décision que le SIAO prendra lors de sa prochaine assemblée générale, en septembre, en fonction de la réponse du préfet, prévient-il.

    Contactée, la préfecture se refuse à tout commentaire. À noter qu’un marché public pour l’hébergement d’urgence des personnes sans domicile en Provence-Alpes-Côte d’Azur a été lancé, en février, auprès des hôteliers. De quoi « optimiser le taux d’occupation de leurs établissements tout au long de l’année, sécuriser leurs revenus et s’inscrire dans une action à forte utilité sociale », vantait alors la préfecture. Selon le dernier bilan de la Dreets (Direction régionale de l’économie de l’emploi, du travail et des solidarités) Paca, en date de novembre 2025, quelque 20 070 personnes et 12 460 ménages ont sollicité le 115, en 2024, dans le département. Au final, trois demandes sur quatre n’aboutissent pas à un hébergement.

  • Marseille, avec les Terre-neuve sauveteurs aquatiques

    Marseille, avec les Terre-neuve sauveteurs aquatiques

    Comme chaque dimanche matin, dix chiens sauveteurs aquatiques de l’association Terre-neuve 13 s’entraînent avec leur maître dans la base nautique de Corbières. « Ils nagent la brasse avec leurs quatre pattes palmées comme des canards. Leur musculature est puissante, leur poil est huilé de sebum, c’est leur combinaison. »

    Etrangement, ce chien qui a un instinct de sauvetage très développé n’est intégré à aucune équipe de secours en France, alors que les noyades explosent. On est à l’opposé du Saint-Bernard en montagne. « On aimerait aider les maîtres-nageurs à surveiller les plages. En Italie, ils le font depuis 40 ans, c’est très efficace et en plus on est des bénévoles, mais en France, ça ne semble pas intéresser. On fait des démonstrations, de la surveillance de course de natation à l’occasion de la fête de la mer. Tout le monde nous félicite, dit que ce sont des chiens extraordinaires, mais ça s’arrête là », s’étonne avec regret Michelle Salel, la présidente de cette association qui forme au secourisme canin.

    Un nageur déjà palmé

    Équipés d’un harnais de sauvetage, Cara, Enjoy, Mikki, Ronan, Alba, Vick, Agathe et les autres aboient gaiement, impatients de bondir dans l’eau. Mais avant, Patrick, éducateur canin, les sociabilise, les fait s’exercer avec leur maître pour reproduire dans l’eau les ordres appris à terre. « Assis, pas bouger, suite au pied. »

    « Le Terre-neuve est un chien très têtu qu’il faut canaliser, lui apprendre des codes de sauvetage. C’est une éducation ferme mais douce qui commence à partir de trois mois », explique-t-il en tenant Ronan, un mâle de 6 ans qui pèse déjà 70 kilos. Dans le groupe, une chienne semble jouir d’un statut particulier. « C’est Cara la mamie, elle a 9 ans, elle est à la retraite. »

    En mer, le chien apprend à saisir un manchon, tirer une bouée. Il paraît lourd mais flotte sur l’eau. Sa nage ne consiste pas à battre frénétiquement des pattes avant mais à équilibrer sa brasse. « On fait toujours attention qu’avec ses griffes, il ne blesse pas la victime en s’approchant. » Avec une forte capacité pulmonaire, il peut tenir deux heures dans l’eau sans se fatiguer. Leurs pattes ont des membranes très développées qui relient les doigts jusqu’à la base des griffes. Le Terre-neuve est comme un nageur déjà palmé.

    La récompense pour un exercice réussi, ce sont toujours des félicitations du maître, beaucoup de câlins et parfois des friandises pour ces ours de mer totalement affectueux. « Ce sont des chiens puissants qui fonctionnent toujours en binôme de soutien avec leur maître. Le sauveteur va sécuriser la personne en détresse qui peut avoir des gestes de panique. Le chien lui s’occupe du paddle puis quand la victime est sécurisée, qu’elle tient bien le “rescue tube” ou les sangles de prise du harnais, le chien remorque tout le monde jusqu’au bord. Ils peuvent tracter une tonne en mer. » En plus du harnais de sauvetage, certains chiens sont équipés autour du cou d’un airbag. « C’est une sécurité ultime pour nos chiens qu’on déclencherait en cas d’urgence. C’est arrivé une fois pour un chien qui comme un humain a fait un malaise. Il a eu une hydrocution. L’airbag gonfle une bouée qui tient émerger la tête du chien hors de l’eau », explique Martine, la coordinatrice.

  • « Avant le soir » une édition théâtrale et familiale à Marseille

    « Avant le soir » une édition théâtrale et familiale à Marseille

    Lancé depuis le début du mois de juillet, le festival « Avant le soir » est de retour jusqu’au 28 août dans les parcs et jardins des 1er et 7e arrondissements de Marseille. La programmation, confiée à l’association Didascalies & Co. est cette année consacrée entièrement aux pièces de théâtre et ce pour tous les âges.

    Et, parmi les nouveautés, des pièces sont prévues au jardin Saint-Nicolas. Ce lundi, c’est du théâtre jeunesse qui vous est proposé aux jardins Benedetti (7e) avec la pièce Jack et le haricot magique proposée par la compagnie Les Sauces.

    Rendez-vous gratuit à 18h30.

  • A Port-de-Bouc, la Maison des projets ouvre ses portes aux centres sociaux

    A Port-de-Bouc, la Maison des projets ouvre ses portes aux centres sociaux

    Vous savez où vous êtes ? » demande Fabienne Sanchez. « Au PAJ ! », lui répond Malek. La réponse, si évidente pour cette jeune Port-de-Boucaine, fait sourire la responsable de la Maison des projets. Car si le point accueil jeunes (PAJ) a investi l’aile sud du bâtiment de l’ancienne criée aux poissons, c’est avant tout la Maison des projets qui y est installée.

    La visite des jeunes du centre social Fabien Menot vendredi matin leur permet de découvrir le travail des différents services de la Ville qui y sont, comme la Gestion urbaine et sociale de proximité ou le Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) dont Fabienne Sanchez est la responsable.

    Dans la salle de réunion qui accueille les jeunes, pour la plupart issus des quartiers des Aigues-douces et de la Lèque, les différents plans de situation exposés permettent de se projeter dans le futur de la grande rénovation urbaine que connaît la Ville. En montrant la carte de la Presqu’île, Fabienne Sanchez explique les grandes lignes de la démarche. « On souhaite raccrocher le port et le centre-ville, notamment par des cheminements piétons », explique-t-elle, notamment par l’axe de la rue de Turenne. Cela passe par la démolition de la barre de la Lèque. « Il y aura de nouvelles constructions, avec reprise des rues », qui passeront par-dessus l’ancien emplacement de la Barre, comme le montre la responsable sur le plan, « et on va réaménager le terrain pour les boulistes et le city stade qui existe déjà ».

    « On va planter des arbres partout »

    Actualité oblige, le programme chasse les îlots de chaleur. « On va planter des arbres partout, pour se protéger de la chaleur, comme c’est le cas devant le centre Fabien Menot », détaille-t-elle, « on va aussi retirer l’enrobé de la place Lazzarino pour que ça absorbe moins la chaleur. On pense au changement climatique car on sait qu’autrement, c’est invivable comme en ce moment ». Les nombreux petits pois verts sur le plan en attestent.

    Déjà introduits à la rénovation urbaine par leur travail dans le journal de quartier avec le centre social, les questions viennent facilement. « Quand on va démolir, y’aura pas de morceaux qui vont tomber sur les maisons à côté », demande Zakaria. « C’est une très bonne question qui ressort souvent » lui répond Fabienne Sanchez, « tous les gens autour s’inquiètent de tremblements ou de fissures dans leurs maisons. Mais les entreprises de démolition sont habituées à ne pas créer trop de nuisance », assure-t-elle.

    De quoi inquiéter au vu du programme de démolition aux Aigues douces. « Les bâtiments H, J, et F vont être démolis et tous les espaces du centre social et du théâtre vont être refaits en concertation avec les habitants », détaille Fabienne Sanchez, avant la rénovation des bâtiments. Amine se demande : « Pourquoi on ne démolit pas plus ? » « Car il faut reloger tous les gens », lui répond la responsable, ce qui n’est pas encore terminé pour le bâtiment F.

    Amine embraye sur le calendrier. « Le désamiantage et la démolition de H9 et J10 doivent se faire d’ici la fin de l’année, la barre de la Lèque en début 2027 comme pour la place Lazzarino, puis on passera à la rénovation des bâtiments », lui expose l’urbaniste. La concertation est un maître-mot à toutes les étapes, des réunions publiques sont prévues en septembre pour présenter les travaux de rénovation des logements aux habitants.

    En attendant, la Maison des projets reste ouverte pour accueillir tous les publics. « Ici c’est un lieu où vous et vos parents pouvez venir poser des questions », affirme Fabienne Sanchez. Et bientôt plus encore : « On construit une exposition avec des maquettes virtuelles où vous pourrez vous balader dans les quartiers pour voir les aménagements. » À découvrir d’ici la fin d’année.

  • Fibre Excellence : l’offre de reprise de Matthieu Pigasse rejetée par le tribunal

    Fibre Excellence : l’offre de reprise de Matthieu Pigasse rejetée par le tribunal

    Le tribunal de commerce de Toulouse a rejeté ce lundi matin l’offre de reprise des deux usine de pâte à papier Fibre Excellence portée par le financier Matthieu Pigasse, dont « les conditions suspensives ne sont pas levées » d’après une source syndicale. Une offre de reprise du site de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, a été déposée, tandis que le site de Tarascon et ses 270 emplois directs reste à ce stade menacé de liquidation judiciaire. Rassemblés devant la sous-préfecture d’Arles au même moment lundi matin, l’intersyndicale FO-CGT du site de Tarascon a renouvelé sa volonté de défendre les emplois et les outils industriels, notamment par l’occupation de l’usine depuis jeudi dernier.

  • Une audience cruciale pour Fibre Excellence à Tarascon

    Une audience cruciale pour Fibre Excellence à Tarascon

    Après l’espoir, tout semble vaciller pour les salariés de l’usine Fibre Excellence de Tarascon. Les syndicats ont annoncé ce vendredi 24 juillet au matin que, sauf revirement, le tribunal de commerce de Toulouse pourrait prononcer la liquidation judiciaire de l’entreprise dans le courant de la semaine, suite à l’audience de ce lundi 27 juillet.

    Trois semaines plus tôt, le 7 juillet, le tribunal avait reporté l’audience après l’annonce d’une offre de reprise par l’homme d’affaires français Matthieu Pigasse. Objectif : laisser un temps aux négociations autour de plusieurs points : une revalorisation du prix de l’électricité produite par l’usine, un meilleur accès au bois qui sert à fabriquer la pâte à papier et la réintégration des quotas carbone. Mais rien n’a évolué depuis, le gouvernement refusant de recevoir les porteurs de l’offre.

    « Le tribunal doit trancher si on continue ou pas. Mais en réalité, la finalité, on la connaît. En gros, c’est mal barré », avoue à la trentaine d’employés présents vendredi Frédéric Sanchez, secrétaire général CFDT de Fibre Excellence Tarascon, alors que les employés occupent l’usine depuis le jeudi 23 juillet. « L’offre n’a pas évolué. Il y a une forte probabilité qu’elle ne soit pas étudiée », confirme Jean-Michel Bulinge, secrétaire CGT du site.

    Le gouvernement laisse entendre que l’offre de reprise « manque de crédibilité ». Ce que conteste Mathieu Pigasse. Dans La Dépêche du Midi, samedi, il précise qu’« elle représente un tour de table de 91 millions d’euros ». Jean-Marc Bulinge abonde : « Si on prend en compte tout le groupement réuni, il y a plus de 100 millions d’euros. D’autre part, une partie de la somme est sous forme d’un prêt garanti, donc cet argent va revenir à l’État », poursuit le responsable CGT. Il regrette que le dossier soit « politisé » par le gouvernement et le ministre de l’Industrie Roland Lescure (Ensemble). « Alors qu’au final, on va être obligé d’importer du papier alors qu’il aurait pu être fabriqué en France », insiste-t-il.

    Devant les deux responsables syndicaux, les salariés affichent des mines déconfites. D’autant qu’une lettre d’intention a été communiquée par un groupe qui fabrique des isolants à base de bois, mais seulement pour récupérer l’activité de l’usine de Saint-Gaudens (Haute-Garonne). Si elle risque d’être aussi refusée car hors délai, d’après les syndicats, « eux ont une petite lueur d’espoir au moins », lâche, dépité, un travailleur en pantalon de travail jaune fluo. « On est dans une impasse et on voit la fin arriver. C’est un coup de massue. Il faut rester motivés pour espérer un revirement du gouvernement », ajoute Frédéric Fernandez. « Ils ont toujours les cartes en main. Mais peut-être qu’ils s’en foutent », lâche le responsable syndical FO, Florian Berthon, dont le syndicat plaide pour une nationalisation, au moins temporaire, de l’entreprise, sans avoir été suivi par les autres organisations.

    « On espère quelque chose d’inattendu »

    D’autres salariés de l’entreprise, qui est implantée dans le nord des Bouches-du-Rhône depuis 1951 et emploie presque 300 personnes, sont désarmés. Nicolas est employé depuis 24 ans. « Ça sent mauvais depuis quelques jours. On espère quelque chose d’inattendu parce que ça fait mal à tout le monde. On voit nos collègues plus que nos familles, c’est vraiment une grande seconde famille », souffle-t-il.

    À deux pas, Muriel, assistante de direction avec plus de 30 ans de boîte, abonde. « Je devais partir bientôt en retraite donc ce n’est pas pour moi que je m’inquiète mais pour mes collègues. Ça va rendre malheureuses tellement de familles. J’ai ici plusieurs cousins, mon père a travaillé ici, mon compagnon et ses deux enfants aussi. C’est une histoire de famille », confie-t-elle. Nicolas sait qu’il doit bien candidater ailleurs, « mais pour envoyer des lettres de motivation, il faut bien être motivé », ironise-t-il. Tout en concédant qu’il y a des possibilités dans son secteur d’activité. Mais sur 300 personnes, « pas tout le monde ne va y arriver ». Sans oublier les 10 000 emplois indirects qui gravitent autour des activités des deux sites, notamment dans l’industrie du bois et chez les sous-traitants.

    Si rien n’est encore décidé, il faut bien anticiper. « Il y a encore des fonds. Il faut rester mobilisés car il vaut mieux que cet argent aille aux salariés qu’aux financiers », pointe Jean-Michel Bulinge devant les salariés. Et de « mettre à l’arrêt correctement l’usine, sinon c’est sûr qu’elle ne redémarrera jamais ». « On va faire tout ce que l’on peut comme tracter dans les marchés et être visibles », ajoute Frédéric Fernandez.

  • [C’est l’été] Olivier Rolland, vigneron : « Je suis un homme de projet »

    [C’est l’été] Olivier Rolland, vigneron : « Je suis un homme de projet »

    Au pied du château des Baux-de-Provence, c’est moi. Ce sont mes vignes », lance taquin Olivier Rolland. Poursuivant « le mas Sainte-Berthe appartenait à mes grands-parents arlésiens qui l’avaient acheté en 1951. Un peu de vigne, beaucoup d’abricotiers et quelques oliviers, et la volonté d’agrandir la partie viticole ». Dès 1955, c’est chose faite, l’aïeul plante sur 25 hectares principalement du grenache et carignan et construit sa cave. « Il réalise son premier millésime, 21 ans plus tard. Cette année en 2026, on va fêter le 50e millésime. » Une longue histoire de passation de flambeau en famille pour atteindre les 41 hectares de vignes et 10 hectares d’oliviers. Le grand-père passe la main en 1980, la grand-mère en 2000, la mère en 2020, et Olivier reprend les choses en main en 2021.

    « Mes enfants ayant grandi, mon rêve s’est transformé en projet. J’avais 50 ans, je retourne à l’école à l’université du vin à Suze-la-Rousse dans la Drome. Sur place aux Baux, j’avais une équipe qui était là pour certains depuis 30 ans, je me suis beaucoup appuyé sur eux au début. Aujourd’hui ça fonctionne, je suis animé par le plaisir que ça me procure. Le partage est mon moteur. » Depuis 2025, élu président de l’AOP Baux-de-Provence, cet ancien directeur de système d’information bancaire reconnaît volontiers que ses revenus n’ont rien à voir. « Aujourd’hui je vis plus simplement. J’ai bien gagné ma vie avant, ça m’a donné les moyens de faire ce que je voulais. Avant je fabriquais du capital pour pouvoir investir dans mon rêve d’enfant. »

    Faire un beau produit accessible

    Cette ancienne vie, lui a donné le luxe de pouvoir cultiver ses 45 parcelles au cas par cas s’ouvrant ainsi un éventail des possibles. « Je fais un beau produit avec une vigne de cépage carignan qui a 60 ans dans laquelle il manque un pied sur deux. Je ne vais pas l’arracher, je la renouvelle tranquillement. » Une démarche qui prend beaucoup de temps et d’argent, ce qu’Olivier reconnaît volontiers : « Il faut le faire sur quelques parcelles, des petits îlots. »

    Vigneron est un métier solitaire, Olivier essaie de le faire autrement. Au caveau par exemple, pour aller à la rencontre des clients, ou bien organiser des dégustations. Plus rare, il fait ses assemblages avec le caviste et l’œnologue conseil. Et l’avoue : « Même si un mélange me plaît beaucoup, si je ne suis pas suivi, je renonce. »

    Le mas Sainte-Berthe propose à la vente 13 vins différents en bouteille soit 4 rouges, 2 rosés et 3 blancs. « 80% de mon vin se vend en bouteille et 60% à la propriété. Pas de vrac mais quelques bag in box, pour ne pas frustrer les fidèles. » Avec un caveau ouvert, 7 jours sur 7, pas de mystère, le retour client est quotidien. « C’est très gratifiant », avoue le passionné sourire aux lèvres.

    Si la majorité des clients sont Français, les étrangers qui se baladent dans les Alpilles sont aussi présents… Belges, Allemands. Face à la baisse de la consommation nationale, Olivier n’est pas très inquiet. « Notre appellation n’a fait que progresser depuis 30 ans. Nous avons l’appellation Bio depuis 2023. Les prix sont raisonnables soit entre 10 et 20 euros pour 80% de la cave. Les clients se font plaisir. »

    Un homme de projet

    « Je suis un homme de projet permanent. La nuit, le jour… », avoue Olivier en riant. Il complète : « Reprendre un domaine à 50 ans, ce n’est pas rien. Surtout quand ce n’est pas la formation initiale. J’aime pas la routine. » Quand on évoque le meilleur souvenir de cette nouvelle vie, spontanément Olivier répond : « Ma troisième vendange parce que je l’ai faite quasiment tout seul. Au début, j’étais assisté. Là j’ai fait mes premiers pas comme un enfant et j’ai réussi à gagner la confiance de mon équipe. » Pourtant son regard s’assombrit rapidement : « J’aurai dû le faire 10 ans avant. J’ai rencontré un professionnel qui m’a confié avoir mis 10 ans à comprendre le vin. J’ai eu un flash, j’aurai alors 60 ans. Combien de récoltes me restera-t-il à faire ? » En viticulture, on fait une récolte par an, si on se manque quelle que soit la raison, le rendez-vous c’est l’année d’après. À l’échelle d’une vie, on parle de 40 vendanges, et le passionné déduis qu’il lui en reste 15 ou 20. « C’est là, où les années d’expérience valent 10. En même temps ça fabrique un autre rapport au temps. Je réfléchis quatre fois avant d’agir. » Un ange passe. Il reprend : « Mais à la fin, moi je me régale. »

    Mas Sainte-Berthe

  • Les Marseillais redécouvrent leur ville à bord des pointus

    Les Marseillais redécouvrent leur ville à bord des pointus

    Pour tous les âges

    Alors, durant la balade, elle n’hésite pas à faire profiter aux autres de ses connaissances. De passage à quelques centaines de mètres de la plage des Catalans, elle raconte à Sarah, une animatrice de MJC, l’histoire du musée subaquatique et de ses statues immergées dans la Méditerranée. De l’autre côté du pointu, Phil, le guide de cette sortie en mer, livre lui aussi son savoir sur la ville. À quelques mètres du port du Vallon des Auffes, il raconte l’histoire d’une immense bâtisse blanche, qui servait autrefois de bistrot, d’un bâtiment de la Légion étrangère où venaient « se réparer les soldats de retour d’Algérie ». Ou encore de la porte d’Orient, « hommage aux combattants marocains et algériens venus libérer la France pendant la Seconde Guerre mondiale ». À la barre, cet ancien cuisinier, devenu capitaine de bateau, dresse un constat : « La plupart des Marseillais ne connaissent pas la ville vue de la mer. » Ces activités sont l’occasion de faire découvrir ses secrets au plus grand nombre. Parmi les visiteurs, « des centres sociaux, mais aussi des personnes âgées », explique-t-il. À l’image de la quinzaine d’adolescents d’une MJC de l’Ariège présente ce jour-là. Des passagers dont les retours semblent positifs. Comme Joseline et Maryse, déjà présentes la semaine dernière. Ces deux Marseillaises ont décidé de revenir car selon elles, « rien que pour rester sur l’eau, ça vaut le coup face à ces fortes chaleurs ». Après une heure de balade, elles se disent toujours aussi « émerveillées par les paysages ». Convaincues de revenir, une nouvelle fois pour une escapade au coucher du soleil.

  • La Tournée d’été La Marseillaise entre rire, hommage et concerts

    La Tournée d’été La Marseillaise entre rire, hommage et concerts

    Belle étape pour la Tournée d’été La Marseillaise ce dimanche soir à Septèmes-les-Vallons.

    Au Vallon du maire, l’humoriste Kamel a ouvert la soirée en faisant éclater de rire le public septémois quitte à l’égratigner un peu dans son rôle de chauffeur de bus marseillais borderline.

    Sur scène, Céline Sciortino, présidente du comité des fêtes a salué l’implication de ses bénévoles. André Molino, maire de la commune, a eu une pensée pour Paul Fadda qui fut un président emblématique du comité des fêtes tout en soulignant « qu’il y a 30 ans, c’est ici que la Tournée d’été La Marseillaise a débuté » dans sa forme actuelle. L’occasion de faire ovationner Roland Villalonga qui en était à l’origine et de faire monter sur scène André Picca, artisan de la tournée durant des décennies.

    Les bénévoles

    mis à l’honneur

    Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise et Maryan Barthelemy, directeur des événements, ont ensuite célébré l’engagement des bénévoles pour notre journal à l’occasion de l’anniversaire de Stéphanie qui, avec Lucile, a notamment repris le flambeau de Marie-Hélène et Marcelle, présentes dimanche soir pour la première fois en tant qu’invitées et non plus bénévoles.

    La prestation de Tribute Michel Berger a prolongé la soirée avec les plus beaux succès du célèbre chanteur et compositeur de Starmania. De quoi faire monter l’ambiance d’un cran. C’est le DJ Herbie Lite qui a clôturé la soirée en mixant les airs les plus dansants du moment.

    Les Amis de La Marseillaise ont profité de la soirée pour remettre à notre journal un don de 3 000 euros suite à la tombola organisée pendant le Mondial La Marseillaise à pétanque. Merci à tous !

    Rendez-vous mercredi à la Plaine à Marseille pour la suite de la Tournée !