Tag: Bouches-du-Rhône

  • Les Marignanaises dans le grand bain à Martigues

    Les Marignanaises dans le grand bain à Martigues

    Deux podiums et une belle prestation collective, tels sont les résultats du MAC obtenus le week-end dernier.

    À Martigues, où se déroulaient les championnats régionaux N3, les nageuses de Marignane ont su hausser leur niveau et récolter deux médailles. Dans la catégorie « avenirs », une compétition rassemblant 7 équipes, le MAC décroche une belle 3e place. Performance d’autant plus remarquable que pour plusieurs d’entre elles, il s’agissait de toute première année de compétition.

    En duo juniors, Charlyne et Chloé ont su s’imposer dans un tableau de 12 duos pour conquérir la 3e marche du podium, avec le soutien de leur remplaçante, Kessy.

    Rendez-vous à Istres

    Enfin, face à une concurrence relevée de 12 équipes en catégorie Jeunes, les nageuses du MAC se sont illustrées avec engagement et détermination, terminant à la 8e place. Une expérience précieuse pour Maëlle, Mallaury, Romane, Marley, Alyzéa, Luciana, Lucille et Kessy.

    Toutes les équipes du Marignane Aquatic Club sont désormais qualifiées pour les N2 Challenges, qui se tiendront à Istres les 30 et 31 mai. Le club aborde cette prochaine échéance avec confiance, porté par ces belles performances régionales. L’ensemble de ses membres, nageurs, dirigeants et bénévoles, se mobilise pour soutenir ses athlètes.

    Le club a pour objectif de développer la pratique de la natation artistique dans un esprit de partage, de progression et de passion du sport. Tout au long de l’année, les athlètes participent à différentes compétitions régionales et nationales, ainsi qu’à des événements et spectacles mettant en valeur cette discipline artistique et sportive.

  • Un plan de sauvegarde décidé pour Bel Ombre

    Un plan de sauvegarde décidé pour Bel Ombre

    « On a abordé la réunion sous le prisme de la méfiance, il y a eu des moments houleux où les habitants en souffrance ont exprimé leur amertume », résumait Yoann Titous devant la salle archi-comble du centre social d’Air Bel, ce mardi. Porte-parole des 130 pétitionnaires, locataires et copropriétaires de Bel Ombre, il reconnaissait : « à la sortie, on avait une opinion plus favorable des institutions publiques, mais il reste qu’AJA pourrait faire un effort de communication. »

    Pour rappel, en 2023, les dettes cumulées de la copropriété du 11e arrondissement, des travaux urgents, mais impossibles à financer sur la remise en état des ascenseurs qui desservent 16 étages, la dégradation du béton sur les balcons et divers autres dysfonctionnements, avaient conduit le tribunal à en confier la gestion à l’administrateur judiciare AJA. Pour autant, en juillet 2025, confrontés à l’installation d’un point de deal, à la dégradation continue du bâti, à un seul des huit ascenseurs en état de marche et à des charges à la hausse, les copropriétaires et les locataires avaient alerté les pouvoirs publics.

    En octobre, une nouvelle séance de travail avait débouché sur des engagements. « L’Agence nationale de l’habitat (Anah) financera à hauteur de 50% les travaux urgents, notamment la modernisation et les réparations des ascenseurs. L’administrateur provisoire s’engage à solliciter d’autres devis permettant l’amélioration pérenne des conditions de vie des occupants », avait annoncé la préfecture.

    Vers un calendrier

    Plus de six mois ont passé, les impayés de charges s’élèvent encore à 750 000 euros, augmentés d’une « dette fournisseurs d’environ 250 000 euros », indique l’arrêté préfectoral. « Les comptes sont bloqués donc rien n’avance », déplorent les copropriétaires et locataires, qui se sont organisés en association et craignent de s’enfoncer encore. « On n’obtient aucune réponse d’AJA qui a décidé de remplacer les ascenseurs sur la base d’un seul devis alors qu’il s’agissait d’une modernisation », déplore Mohamed Ramdani, représentant de Préservons Bel Ombre. Les copropriétaires ont demandé d’autres évaluations et notent « des factures bien moindres ». Quant à la demande de transparence des copropriétaires, le représentant d’AJA a balayé : « Nous gérons 500 mandats sur le territoire français. nous n’avons de comptes à rendre qu’au tribunal. » Au regard des situations dans lesquelles les habitants des Rosiers, du Mail, du Parc Corot, de la Maurelette, de la Mazenaude, de la Sauvagère ou de Benza s’enlisent, un membre du collectif intercopro Marseille interroge : « Mais ils en sauvent combien ? »

    Autant dire que ce dernier tour de table initié, mardi, par la préfète déléguée pour l’égalité des chances, était nécessaire. Isabelle Epaillard a réaffirmé sa volonté de trouver des solutions, « il y a urgence à avancer ». Elle a proposé un diagnostic par un tiers afin d’avoir de quoi établir un calendrier des travaux. Pour sa part, Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire en charge du logement et nouvellement élue à la présidence du bailleur social métropolitain PML, précisant que « la Ville intervient au titre de son pouvoir de police lorsqu’un désordre est constaté », a prorogé pour la 4e fois, la phase contradictoire déjà engagée. Une décision « assise sur l’acceptation du plan de sauvegarde ». De quoi voir s’éloigner la crainte, chez les copropriétaires, d’un arrêté de mise en sécurité qui aurait de fait entraîné le gel des loyers, l’obligation de relogement et un endettement plus fort.

  • Après Carbon, la transition dans l’ombre

    Après Carbon, la transition dans l’ombre

    Cela devait être le plus grand site d’assemblage de panneaux photovoltaïques d’Europe, un symbole de souveraineté industrielle et de transition écologique. L’annonce, ce mardi, de l’abandon du projet de giga-usine Carbon, à Fos-sur-Mer, est donc un séisme dans le grand chantier de la décarbonation de la zone industrialo-portuaire. « Faute de perspectives suffisamment établies pour engager les ressources additionnelles requises, nous avons pris la décision d’arrêter le projet », explique la start-up lyonnaise. Enterrant la perspective d’une production de 10 millions de panneaux photovoltaïques par an, avec 3 000 emplois directs à la clé.

    « C’est forcément une déception quand on investit sur un projet riche pour le territoire en termes économiques, d’emplois et de perspectives », reconnaît la présidente (Hor.) de la commission entreprises de la Région Sud, Isabelle Campagnola-Savon, qui marque sa surprise face à cette annonce. « C’est un mauvais signal », s’inquiète de son côté la Chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille, quand le président du Syndicat des énergies renouvelables, Jules Nyssen, alerte sur « un signal catastrophique qui traduit toute la difficulté à constituer des filières stratégiques en Europe ».

    La CGT alertait déjà

    Le tapis rouge avait pourtant été déroulé pour accueillir le projet qualifié, en juillet 2024, d’intérêt national majeur. Au moins 70 millions d’euros de subventions des collectivités et 100 millions d’euros de l’état devaient arroser la start-up, soit l’essentiel des financements qu’elle avait sécurisés. Parmi les 4 millions votés par la Région Sud, 1,5 million sont définitivement perdus. Les particuliers qui avaient investi dans le financement participatif du projet, à hauteur de 2,5 millions d’euros, perdent aussi toute leur mise.

    « Malgré l’affirmation, dès 2023, d’une volonté politique de l’Union européenne de réindustrialiser et de relocaliser la chaîne de valeur photovoltaïque, la concrétisation de ces ambitions progresse très lentement », dénonce la société Carbon pour expliquer son échec. En ciblant le libre-échangisme européen : le règlement sur l’accélérateur industriel, adopté au mois de mars dernier, élargissait le « Made in Europe » aux pays bénéficiant d’accords de libre-échange, comme la Turquie, l’Inde, le Vietnam, sans préférence européenne jusqu’en 2030.

    « C’est une erreur manifeste de leur part, ils ont des comptes à rendre sur l’argent investi », tonne l’un des secrétaires de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône, Pascal Galéoté. La CGT 13 avait déjà alerté la CCI au mois d’avril. « Nous avions des références en termes de compétitivité sur ce qui s’est passé en Allemagne pour cette filière, nous avions plutôt le sentiment que ce projet venait capter des finances publiques », pointe le responsable syndical. Face à ces projets privés largement subventionnés avant de déposer le bilan, il insiste : « L’état a intérêt à prendre ses responsabilités dans le cadre des projets de transition. »

    « Nous avons tellement d’autres projets prévus qui ont avancé de manière sereine », temporise Isabelle Campagnola-Savon. Alors que 20 milliards d’investissements ont été annoncés sur la zone, « nous savions très bien que tout ne pourrait pas se faire, mais nous ne perdons pas d’emplois ». « Cette décision ne remet pas en cause la dynamique engagée sur la zone industrialo-portuaire », assure aussi le Grand port maritime de Marseille, qui explique le travail réalisé pour préparer le site de 45 hectares « contribue à renforcer notre capacité à accueillir d’autres projets industriels ». Ce qui n’empêche pas la CCI d’appeler à une réunion « afin de tirer collectivement les enseignements d’une situation qui ne doit plus se reproduire ».

    Cette annonce intervient alors que les nuages s’accumulent autour des activités de KemOne dans la chimie, d’ArcelorMittal dans l’acier. « Nous risquons d’avoir des suppressions d’emplois conséquentes », alerte Pascal Galéoté, tandis que la CGT 13 appelle à se mobiliser, ce jeudi, devant le Medef. Parmi les nouveaux projets, l’incertitude persiste sur le projet Deos de construction de flotteurs d’éoliennes et le conseil municipal d’extrême droite de Fos s’est prononcé contre le projet de production de biocarburants Elyse. « La transition écologique doit s’appuyer sur les filières historiques », insiste le secrétaire de la CGT. Quand le ministère de l’économie, malgré l’échec de Carbon, n’en démord pas : « L’atteinte d’une souveraineté industrielle sur le photovoltaïque reste possible. » Pourvu que le libre-marché ne décide pas.

    Il y a trois ans, le précédent Quechen

    L’abandon de la giga-usine de Carbon rappelle celui du fabricant de pneus verts Quechen, en 2023 : malgré 6 millions d’euros de subventions, le groupe chinois, qui promettait 130 emplois à Fos, avait renoncé, faute de terrain. Une « humiliation », évoquait le président (Ren.) de Région, Renaud Muselier. « On ne peut pas le comparer », modère Isabelle Campagnola-Savon. Plus récemment, la centrale solaire géante HyVence pour produire de l’hydrogène vert sur les étangs de saumure de Fos a été abandonnée, en 2024, et le projet de production de carburants renouvelables Hynovera, à Gardanne, a suivi fin 2025, à chaque fois face à la fronde des riverains.

  • À Marseille, la CGT se mobilise devant le patronat

    À Marseille, la CGT se mobilise devant le patronat

    Mettre la pression sur le patronat pour défendre l’emploi. C’est l’objectif de l’UD CGT 13, qui appelle ses militants au rassemblement sur la place du Général-de-Gaulle à Marseille, ce jeudi à 11h30, devant les locaux de l’Union pour les entreprises, déclinaison phocéenne du Medef.

    L’organisation met en exergue des inquiétudes pour l’emploi sur plusieurs sites majeurs du département. « Des milliers d’emplois sont menacés, que ce soit dans l’industrie, dans les pans de la fonction publique, dans le secteur social ou le commerce, notamment avec Arcelor, Kem One, la CPMM (Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne), Fibre Excellence… », énumère la CGT. Avant de résumer : « Dans notre département, nous sommes face à des urgences dans tous les secteurs. »

    Des urgences sociales dont le dénouement pourrait avoir un impact direct sur les ambitions de réindustrialisation du Golfe de Fos et du pourtour de l’étang de Berre. « Il y a des projets de décarbonation et de réindustrialisation, mais la situation actuelle remet tout en cause : on risque de perdre des emplois existants et de ne pas gagner les emplois futurs », pressentait Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13, lundi, lors d’une conférence de presse annonçant la mobilisation syndicale à venir. Preuve que son organisation a le nez fin : le projet d’usine XXL de photovoltaïque, Carbon, qui devait s’installer à Fos-sur-Mer, a officiellement été abandonné, le lendemain… D’où le rendez-vous avec le patronat : « Plus de 210 milliards d’euros d’exonérations lui sont offerts chaque année ! »

  • Le renouveau industriel… carbonisé ?

    Le renouveau industriel… carbonisé ?

    Ce devait être la figure de proue de la transition écologique et du renouveau industriel en Europe. Un projet gigantesque d’usine de panneaux solaires made in France implanté dans notre région, à Fos-sur-Mer, créateur de plusieurs milliers de nouveaux emplois. Mais voilà, le projet est abandonné et la société Carbon qui le portait pointe l’incapacité de l’Union européenne à mener une politique fondée sur la défense de la souveraineté industrielle.

    Si l’abandon du projet est un véritable coup de massue pour le territoire, difficile en revanche de tomber de la chaise s’agissant des critiques adressées à l’Union européenne.

    Depuis sa création, elle n’a pas de politique industrielle, mais une politique de désindustrialisation. Sa feuille de route, fondée sur le dogme de la concurrence, du libre-échange du moins-disant social et environnemental, a conduit à des délocalisations massives à l’intérieur de l’Union européenne, puis au-delà.

    Entêtement libéral européen

    Aujourd’hui, alors que l’impératif climatique exige une réindustrialisation décarbonée et que la transition écologique nécessite de repenser complètement notre façon de produire, cet entêtement libéral européen est une impasse.

    Pour répondre aux besoins humains tout en relevant les défis écologiques, il faut un État qui prenne la main, trace des perspectives, protège son industrie et ses productions locales. Il faut aussi des pouvoirs d’intervention des travailleurs qui sont les premiers à souhaiter produire utile et durable.

    Le capitalisme vert est plus qu’un mirage, c’est un oxymore.

  • Des turbinages d’eau douce très réglementés sur l’étang de Berre

    Des turbinages d’eau douce très réglementés sur l’étang de Berre

    C’est une question de survie pour l’écosystème de l’étang de Berre. La crise de malaïgue de 2018, une période d’absence d’oxygène qui avait décimé la quasi-totalité de l’écosystème de l’étang de Berre, a été le déclencheur d’une médiation pénale entre EDF et le syndicat mixte gestionnaire de l’étang, le Gipreb.

    Cette médiation a débouché sur un protocole-accord de 4 ans à partir de l’automne 2024, limitant les turbinages d’eau douce de la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas en volume, voire interdits dans l’étang, en fonction de la salinité de l’eau et d’un calendrier étudié pour éviter de troubler la période estivale, la plus à risque.

    L’heure de l’évaluation

    À mi-chemin du protocole, les effets positifs se sont fait remarquer dès août 2025, où l’on notait une salinité uniforme, gage d’équilibre écologique. La question reste de savoir quelle sera la suite donnée à ce fonctionnement. Le tribunal administratif de Marseille, en mars dernier, enjoignait EDF et l’État à « évaluer les conséquences » du protocole sur l’état écologique de l’étang de Berre au terme de la période d’expérimentation, « soit en la prolongeant, soit en pérennisant les nouvelles modalités de rejet ».

    Une décision historique qui a d’ailleurs inscrit dans le marbre la responsabilité de l’État et d’EDF face au « préjudice écologique » de l’étang « par sa désoxygénation et la prolifération de matières organiques ». Soixante ans après la construction de la centrale.

  • Trois plages labellisées Pavillon bleu sur l’étang

    Trois plages labellisées Pavillon bleu sur l’étang

    Le Pavillon bleu se présente comme « un label international de tourisme durable » remis aux plages et ports de plaisance qui « mettent en œuvre une politique touristique respectueuse de l’environnement et de l’humain de manière permanente ». C’est un programme faisant partie du pôle tourisme durable de l’association Teragir, soumis à candidature des collectivités.

    Une candidature payante

    Les conditions requises pour l’obtention du label sont nombreuses, détaillées dans deux référentiels pour les plages et les ports. Neuf thématiques sont inspectées, avec des prescriptions parmi lesquelles « interdire les animaux sur la plage », « faire l’inventaire de la biodiversité locale », « interdire les véhicules à moteur », « agir contre la pollution des mégots », « former les référents Pavillon bleu », « proposer au moins une plage accessible aux personnes en situation de handicap », « proposer des solutions de mobilités douces » et « afficher un code environnemental de bonne conduite ».

    Le droit d’entrée à la labellisation se chiffre à 2 220 euros pour une ville de moins de 60 000 habitants comme Marignane, par exemple, plus 140 euros de frais de dossier par plage.

  • [Entretien] Raphaël Grisel : « On a renouvelé à peu près un tiers de l’eau de l’étang de Bolmon »

    [Entretien] Raphaël Grisel : « On a renouvelé à peu près un tiers de l’eau de l’étang de Bolmon »

    La Marseillaise : L’eau ne circulait plus du tout entre l’étang de Bolmon, hyper eutrophié, et l’étang de Berre avant une opération que vous avez menée en février.
    En quoi consistait-elle ?

    Raphaël Grisel : L’opération consistait à remettre en circulation l’eau de l’étang de Bolmon pour améliorer sa qualité. On avait trois bourdigues. L’une fonctionnait toujours, mais était très encombrée de blocs, de cailloux qui avaient été jetés dedans ou qui étaient tombés des rives. Les deux autres, côté Marignane, étaient complètement envasées avec des terres consolidées et des plantes au-dessus… Donc, il n’y avait plus du tout de circulation d’eau. Ça avait été identifié de longue date comme un projet qui pouvait être intéressant pour cet étang au mauvais état écologique. Dans le cadre de la feuille de route parlementaire qui date de 2021 et du comité stratégique de l’étang de Berre, il avait été décidé que le Gipreb prendrait en charge cette action, qu’on a donc conduite cette année. On a aussi nettoyé et recalibré les ouvertures entre l’étang de Bolmon et le canal du Rove, qu’on appelle des fenêtres, pour que l’eau puisse sortir.

    On a eu des résultats impressionnants sur les premiers gros coups de mistral, avec l’eau qui passe de manière vraiment très forte de l’étang de Berre vers l’étang de Bolmon. Sur les sept jours de vent qu’il y a eu début avril, on a renouvelé à peu près un tiers de l’eau de l’étang de Bolmon.

    Avez-vous de premiers résultats sur les bienfaits du retour de la courantologie pour la biodiversité de l’étang de Bolmon ?

    R.G. : Dans le cadre des travaux, il y a des sondes qui vont être installées de manière plus dense que celles qu’on a actuellement pour les suivis saisonniers. Aujourd’hui, on n’a pas toutes les données. Simplement, ce qu’on a observé, c’est une transparence de l’eau qui s’est nettement améliorée par rapport aux années précédentes. C’est la première fois que je vois une clarté qui atteint 80/90 cm. Souvent, sur Bolmon, on était sur 20 cm. Donc il est possible que cette remise en circulation joue son rôle, avec l’espoir qu’il y ait de nouveau de la biodiversité et des plantes aquatiques grâce au retour de la lumière. À titre indicatif, dans l’étang de Berre, à partir du printemps, on arrive souvent à 4 m de transparence, ce qui est déjà une nouveauté. Avant, on était plutôt sur 2,50 m. On va vers une amélioration.

    La pérennité de ces ouvertures n’était pas une certitude. Avez-vous du recul sur cet aspect ?

    R.G. : Une bourdigue est déjà en partie rebouchée à cause du vent, qui a dégradé cet ouvrage qui n’était pas encore stabilisé et consolidé. Heureusement, ça ne l’a pas détérioré sur toute sa longueur, juste sur une dizaine de mètres, parce que ces petits canaux font à peu près 200 m de long. On est en train de travailler pour le rouvrir.

    Il faudra certainement de l’entretien, on est sur des zones où ça marche quand il y a du vent, mais le vent apporte aussi du sable. Après, s’il faut les curer toutes les trois semaines, il faudra se rendre à l’évidence et se dire que ces bourdigues ne sont pas faites pour fonctionner toutes seules. Tout ceci a tout de même un coût.

    Ces travaux sur l’étang de Bolmon n’étaient qu’une première étape.

    R.G. : La remise en circulation de l’eau de mer dans le tunnel du Rove vient d’entrer en phase opérationnelle. On va bientôt sélectionner les entreprises qui vont s’occuper de concevoir le projet et de monter tout le dossier d’autorisations réglementaires.

    Actuellement, il y a un bouchon d’environ 150 m de long. L’idée serait de glisser un tube d’environ 2,50 m de diamètre pour refaire passer l’eau.

    Quand on réouvre les bourdigues, on permet la circulation de l’eau de Bolmon vers l’étang de Berre, mais on est en circuit fermé. On n’a pas d’apport d’eau nouveau, ce n’est qu’un équilibrage. Avec le tunnel du Rove, on a un apport d’eau de très bonne qualité, très oxygénée, très peu riche en nutriments, donc en azote et en phosphore, ce qui va permettre de bien diluer et de bien améliorer la qualité globale du
    système. Les travaux devraient débuter en 2029.

  • Erilia et le préfet ratent leurs expulsions « pour l’exemple »

    Erilia et le préfet ratent leurs expulsions « pour l’exemple »

    Les juges ont débouté le bailleur social qui voulait « faire un exemple » (notre édition du 9 mars 2026) en expulsant deux familles de la cité La Castellane (15e) sur le fondement de la loi Narcotrafic de juin 2025. Entendant les arguments de Me Marilou Poisot et Me Sofien Dridi, le tribunal a estimé que la condamnation pour trafic de stupéfiants de ces deux enfants majeurs, qui par ailleurs n’habitent plus la cité, ne suffisait pas car la « proximité suffisante » des faits troublant la jouissance d’autrui avec le logement n’étant pas démontré par Erilia. Les juges se sont appuyés sur une réserve d’interprétation du Conseil constitutionnel.

    Un fils majeur avait été condamné comme « ravitailleur » d’un réseau. Il avait été interpellé quittant la cité en voiture avec un sac contenant 1,2 kg de résine et 632 gr de coke. « Pour autant, dit le jugement, la commission de ces infractions ne saurait à elle seule, suffire à établir la réalité des manquements graves à l’obligation contractuelle du locataire d’user paisiblement du bien donné à bail. » Le bailleur doit établir que les faits ont été commis dans le même ensemble immobilier à une proximité suffisante du logement dont il est demandé l’expulsion de la famille.

    S’agissant de l’autre famille, si l’enfant majeur a été condamné à trois reprises pour trafic de stupéfiants : la première se rapporte à des faits commis cité Consolat à 3 km de là. Pour la seconde, le majeur se trouvait place des Bartavelles à 400m de logement sans que soit précisé où était le point de deal. S’agissant de la 3e condamnation pour des faits de trafic dans La Castellane, Erilia n’apporte pas davantage de précision sur la distance entre le lieu de commission des faits et le logement de la famille.

  • L’interception de la flottille pour Gaza inquiète

    L’interception de la flottille pour Gaza inquiète

    Après l’interception, lundi, de 40 des 52 bateaux membres de la flottille Global Sumud (résilience, ténacité, persévérance en arabe), partie la semaine dernière de Turquie pour apporter de l’aide humanitaire à Gaza, les forces israéliennes ont progressivement poursuivi les arrestations mardi. « Trois des dix bateaux restants ont déjà été arrêtés, ils vont tous être interceptés, ce n’est plus qu’une question d’heures malheureusement », se désole Florence Heskia, coordinatrice de Global Sumud France, ce mardi après-midi.

    176 militants interceptés en avril

    à bord de ce cortège humanitaire, près de 400 personnes, issues de 47 nationalités, dont 41 Français et trois Marseillais. Si les activistes ne peuvent plus communiquer avec les organisations à terre depuis leur arrestation, Florence Heskia dit avoir été informée par le consulat français d’un transfert des militants sur des « bateaux prisons ». « Nous sommes très inquiets. Au début, les interceptions se sont déroulées sans violence, mais on constate sur certaines vidéos que des coups de feu ont eu lieu. D’autant que, au-delà du moment de l’interpellation, nous ne savons pas comment sont traités nos camarades », poursuit la coordinatrice.

    Global Sumud insiste par ailleurs sur le caractère illégal de ces opérations, a priori opérées en eaux internationales, où aucun état n’est en droit d’intercepter un navire. Il existe deux exceptions : les actes de piraterie (criminalité de guerre) et la lutte contre l’esclavage.

    Fin avril, 176 militants de la Flottille, partis, eux, de Marseille, Barcelone et Syracuse, avaient été interceptés par Israël, au large de la Grèce, là aussi en eaux internationales. Thiago Avila et Saif Abu Keshek, activistes présents à bord, avaient ensuite été détenus durant 10 jours dans une prison israélienne, où ils ont été « maltraités et brutalisés ».