Tag: Bouches-du-Rhône

  • [C’est l’été] Jazz et classique en harmonie aux Accords de Cassis

    [C’est l’été] Jazz et classique en harmonie aux Accords de Cassis

    « Jai à cœur de rassembler tout le monde », déclare Nicolas Dautricourt, violoniste professionnel et directeur artistique des Accords de Cassis. « La musique classique ou le jazz, ça peut faire peur à un public non initié, mon grand challenge, c’est de réussir à parler à tout le monde », annonce-t-il. De Paul Lay, « une grosse pointure du piano jazz », à Mozart, en passant par Bach, Schumann ou encore Dvorák, le directeur artistique raconte « chercher chez les artistes, l’œuvre qui va captiver l’auditoire du début à la fin ».

    Quatre soirées d’exception

    Ayant à cœur de réunir musiciens amateurs et professionnels au sein du festival, Nicolas Dautricourt explique proposer « un format assez unique avec des concerts de prestige le soir et, en journée dans les rues de Cassis, des concerts offerts aux passants par des musiciens amateurs bénévoles ». Le soir, en attendant les artistes internationaux, des concerts « Happy Hour » seront également proposés de 19h à 20h. C’est l’Orchestre des Colibris qui ouvrira le festival sur l’esplanade Aristide-Briand, le mercredi 19 août. « C’est un petit orchestre coup de cœur, formé par des jeunes sourds ou malentendants. Ils sont appareillés pour la plupart d’entre eux. Ils jouent très bien, ça va être magnifique », s’impatiente Nicolas Dautricourt.

    « Cette première soirée est presque 100% marseillaise », se félicite le directeur artistique pour qui « c’est un effort symbolique d’ouvrir le festival international avec des ensembles de la région ». « Le but de ces quatre jours, c’est que Cassis résonne de musiques festives, c’est un festival très éclectique, très rassembleur aussi », se réjouit Nicolas Dautricourt qui se dit « heureux et fier de ces moments de partage ».

    Le violoniste professionnel explique qu’il s’entoure de musiciens rencontrés au « gré des festivals ici et là. Ce sont tous des artistes internationaux très reconnus, mais aussi des personnes qui s’adressent au public », se félicite-t-il.

    « La dernière soirée sera festive, avec un final en feu d’artifice ! », annonce Nicolas Dautricourt.

    Alors que les derniers préparatifs se mettent en place, le directeur artistique se réjouit de retrouver le public : « J’ai l’impression que les Cassidains attendent cet événement, même les jeunes. On se dit qu’on ne travaille pas pour rien, ça fait vraiment plaisir », conclut-il avec fierté.

    Andréa Goyard-de Castro

    Renseignements : 06.12.28.65.93

    Réservations : www.lesaccordsdecassis.fr

  • [C’est l’été] Un festival de théâtre s’invite dans les jardins marseillais

    [C’est l’été] Un festival de théâtre s’invite dans les jardins marseillais

    « Bravo ! », s’exclament les spectateurs à la fin de la pièce de théâtre Impeccable, jouée au square Albrecht, ce lundi, à l’occasion de la sixième édition du festival Avant le soir. L’unique personnage du spectacle, Viktor, interprété par le comédien Mathieu Tanguy, quitte la scène sous les applaudissements du public. « Ça m’a vraiment plu, j’ai pleuré à la fin. On a envie de lui demander si c’est son histoire », s’émeut Séverine, 53 ans, habituée du festival. Organisé par la mairie des 1er et 7e arrondissements dans le cadre de l’Été marseillais, ce festival propose trente spectacles gratuits, depuis le 6 juillet et jusqu’au 28 août. Avec une petite particularité : les représentations prennent place dans les squares et jardins des deux arrondissements. « L’idée est d’ouvrir le théâtre à tout le monde. Ça peut être un lieu qui intimide un peu et qui peut paraître très fermé. Avec ce festival, il suffit de pousser la porte de son square pour y avoir accès », explique Maëlle Charpin, responsable de l’accueil des spectateurs et des artistes du festival.

    Des comédiens locaux

    Avant le soir est piloté par la compagnie de théâtre marseillaise Didascalies & Co. Son fondateur et directeur, Renaud Marie Leblanc est derrière la programmation de la manifestation depuis sa création. Cette année, elle mêle théâtre, théâtre musical et conte théâtral. Les comédiens des dix spectacles, joués à trois reprises tout l’été, sont originaires de la région. Une volonté de l’organisation, qui souhaite faire connaître les artistes locaux aux Marseillais et touristes de passage. « On peut penser à une idée écologique du spectacle. On va souvent chercher des artistes qui viennent de loin. Alors qu’en réalité, ici, ça fourmille d’artistes. Il est bon de les connaître », assure Maëlle Charpin, qui fut chargée de diffusion dans la compagnie.

    Le festival existe depuis six étés. « Il y a des fidèles d’années en années. Je vois aussi des personnes qui reviennent chaque été et qui, pour certaines, n’allaient pas au théâtre avant d’aller à Avant le soir. Ce festival sert vraiment à décloisonner la culture », défend celle qui est aussi comédienne et metteuse en scène. Selon elle, il fait même naître une vocation chez certains spectateurs. De son côté, le comédien Matthieu Tanguy soutient lui aussi cette initiative. « Avec les difficultés que connaît le monde de la culture, ce festival est une vraie force ».

    Fanny Velay

  • [C’est l’été] À Martigues, de l’étang de Berre à la mer

    [C’est l’été] À Martigues, de l’étang de Berre à la mer

    Stationné sur l’un des quais du pôle d’échange multimodal de Martigues, le bus de la ligne 30 est déjà quasiment plein. Une trentaine d’arrêts et 44 minutes plus tard – c’est précisément ce qu’affiche l’écran au centre du véhicule – il arrivera au port de Carro après avoir desservi la plage prisée de la Couronne, ainsi que les hameaux de Saint-Pierre-les-Martigues et de Sainte-Croix.

    L’itinéraire côtier a tout pour être l’un des plus empruntés du secteur pour la RTM. Assis à l’avant du bus, le chauffeur Christophe confie : « Le samedi, c’est tellement plein qu’il faut un bus en renfort ». Une ligne détrône tout de même la 30 : c’est la 22, qui relie la commune de Port-de-Bouc à Martigues, du quartier des Aigues-Douces jusqu’au Parc de Figuerolles.

    C’est ce bus qu’ont d’abord emprunté Yanis et ses deux amis pour se rendre à la mer. Les lycéens prévoient de louer un pédalo pour l’après-midi, histoire de profiter des vacances même s’ils ne partent pas. Mais avant d’y arriver, il leur aura fallu près de deux heures. « Faut être patient, glisse l’un d’eux. On est juste à côté, mais on met mille ans. » Son téléphone sonne. À l’autre bout du fil, un quatrième copain qui a raté le bus. « Prends un Uber, ça ira plus vite », lui conseille le jeune Port-de-Boucain.

    Des chantiers sont prévus afin d’améliorer la mobilité des habitants de la commune ouvrière de 17 000 habitants. En août 2025, la Métropole a annoncé mener un projet de transformation de la ligne 22 en Bus à haut niveau de service (BHNS). La promesse faite est de « permettre la desserte de quatre quartiers politique de la Ville » avec « un accès à moins de 500 mètres à pied pour près de 70% des habitants de ces quartiers ». Le bus, qui fera un trajet de 13 km en passant par l’hôpital public de Martigues, les lycées et les collèges ainsi que le parc de Figuerolles, doit entrer en service en 2027. Les études de faisabilité sont en cours.

    Témoin de l’évolution du paysage… et des pratiques

    En attendant, les Port-de-Boucains s’en tiennent donc à la 22, puis la 30 pour profiter des plages de la Côte Bleue. Quelques minutes après le départ du second bus, la ville s’éloigne déjà et laisse place à la garrigue. Les pins et les herbes sèches défilent aux fenêtres. Les passagers ont quitté l’écran de leur téléphone des yeux pour profiter du spectacle. Un seul bémol : la clim qui fonctionne par intermittence. Prospectus, carnet, casquette… Les objets du quotidien se transforment en éventail. Sur les hauteurs de la colline de Saint-Julien, les passagers peuvent à la fois apercevoir l’étang de Berre et la Méditerranée. La petite mer, et la grande mer.

    En ralentissant à l’arrêt La Saulce pour laisser sortir une mère et sa fille parties faire leurs courses en ville, Christophe se remémore : « Quand ça a brûlé, en 2020, on était aux premières loges. On a vu les stigmates de l’incendie pendant longtemps. Tout était noir. Mais depuis, ça a bien repoussé. La nature est bien faite, il faut lui faire confiance ! » De sa cabine, le chauffeur est le témoin quotidien de l’évolution du paysage. Et ça lui plaît.

    Avant, le quinquagénaire était routier. Il sillonnait la France à bord de son poids lourd. Mais le contact humain lui manquait, alors il s’est reconverti dans les transports en commun. « La journée passe souvent très vite, on voit pas filer le temps. Même si parfois, en fonction des gens qui montent, la journée peut aussi être très longue. C’est beaucoup de social, de pédagogie. Parfois, on est le seul lien des personnes avec le monde extérieur. »

    Dans la quinzaine de lignes qu’il se partage avec ses collègues de la RTM, Christophe constate que les usagers sont de plus en plus nombreux. « Les gens n’ont plus les moyens de s’acheter et d’entretenir une voiture. L’assurance et l’essence coûtent tellement cher aujourd’hui… On voit bien la précarité qui augmente. »

  • Quand le soleil s’éclipse, la tournée d’été prend la scène

    Quand le soleil s’éclipse, la tournée d’été prend la scène

    Double spectacle, pour les touristes et habitants de Carro. Ce mercredi, les familles, couples et groupes d’amis commencent à installer leurs chaises et serviettes le long de la mer dès 18h. À 19h30, la côte est bondée. Impossible de distinguer la roche sous les installations colorées. La luminosité va commencer à baisser pour atteindre l’éclipse quasi totale autour de 20h20. Les spectateurs sont prêts.

    Juste derrière, sur le parking des Ragues, les artistes de la tournée de La Marseillaise se préparent à monter sur scène pour continuer d’enchanter la foule. Le show débute avec le groupe de reprises Sabotaaaage, se poursuit avec un Tribute Queen par MagicQueen avant de s’achever avec DJ Bobzilla.

    Marine et ses amis sont venus profiter de cette soirée d’exception. « Le spot est trop bien : la vue est dégagée, le soleil se couche sur la mer, y’a de quoi se baigner et on a de la musique live en prime, se réjouit-elle. En plus on connaît le groupe [Sabotaaaage, ndlr], on soutient l’association du coin qui tient la buvette et les artistes locaux ! Et puis on se plaint toujours qu’il se passe rien dans le coin, alors quand il y a un concert gratuit on peut pas se permettre de le louper ! » De son côté, Robb, le chanteur du groupe Sabotaaaage, a peur que sa prestation soit éclipsée par le spectacle de la lune et du soleil. « C’est la première et dernière fois qu’on joue pendant une éclipse, donc c’est stylé, mais un show c’est un échange avec le public et là les gens risquent d’être dos à nous… » Pourtant, le band du sud a une histoire particulière avec le phénomène astral : « On fait des mash-ups et on a fait un clip à partir de Lose yourself d’Eminem où une éclipse rend les gens fous ».

    Ce soir, elle aura laissé les gens sans voix, et c’est bien Sabotaaaage qui aura semé un grain de folie dans le public.

  • [Entretien] Sofia Calabria, CGT : « L’attitude de la direction d’Haribo est scandaleuse »

    [Entretien] Sofia Calabria, CGT : « L’attitude de la direction d’Haribo est scandaleuse »

    La Marseillaise : Où en êtes-vous dans le mouvement ?

    Sofia Calabria : FO a suspendu le mouvement. Nous, la CGT, nous continuons la grève pour l’heure et nous attaquons notre huitième semaine ce jeudi. Nous attendons la fin de semaine pour sonder les salariés et les grévistes afin de savoir si on continue le mouvement la semaine prochaine. Nous verrons la tendance, et l’on suivra l’avis de la majorité évidemment. L’objectif est de poursuivre la pression sur la direction mais de ne pas envoyer les gens dans le mur non plus. Le problème c’est que l’on ne sait même plus si la réunion de négociations, prévue le 28 septembre prochain, est maintenue.

    Pourquoi ce flou sur
    les négociations ?

    S.C : En fin de semaine dernière, la direction a formulé une nouvelle proposition par mail : une augmentation de 1,8%. Communément, l’intersyndicale a formulé, ce lundi, une contre-proposition : 2,5% pour les plus bas salaires, c’est-à-dire entre 2 000 et 2 500 euros et cela correspond à la majorité des ouvriers du site, avec une dégressivité selon les tranches de salaire. Pour la tranche de salaire des ouvriers, cela correspondrait à une cinquantaine d’euros. Ce ne sont pas les 100 euros que nous souhaitions au départ mais nous nous sommes dit que nous coupions la poire en deux. Malheureusement, la direction a coupé court à toute négociation avec nous au motif que nous avions continué la grève lundi et mardi… Et ce, sans plus d’explications, ni de date ultérieure ou encore de confirmation que la date du 28 septembre était toujours d’actualité. On pensait que leur proposition était une avancée, mais c’était de la poudre de perlimpinpin.

    Quel est l’état moral des grévistes ?

    S.C : La réponse de la direction a mis un coup de massue à beaucoup de monde. Nous ne comprenons pas qu’elle soit autant fermée. Nous n’avons pas fait de grève par plaisir, nous l’avons fait car c’était légitime. Nous n’avons pas demandé des primes importantes, nous demandions le strict minimum ! Regardez : nous avons proposé la moitié de ce que nous demandions au départ, c’était une manière de prouver que nous sommes raisonnables… Malgré ça, ils restent fermés. Cette attitude est scandaleuse, il n’y a pas de dialogue social ! Quoi qu’il arrive, ce ne sont pas des semaines de grève perdues. On a lutté, on a gagné en solidarité, en honneur, on a gagné collectivement et ce, quel que soit le syndicat ou le service. Huit semaines de grève, on a la tête haute !

  • À L’Estaque, les familles sinistrées de Château Bovis dans l’impasse

    À L’Estaque, les familles sinistrées de Château Bovis dans l’impasse

    Du petit immeuble à coursières construit en 1880 par le négociant en bois Pépin Bovis et classé à l’inventaire général du patrimoine culturel il ne reste plus grand-chose. Locataires depuis des lustres de ces logements à loyers sociaux, les familles sinistrées se sont relogées dans des mobil-homes sur un terrain en contrebas mis à disposition par la Ville.

    La solidarité a joué dans le quartier, puis les familles ont rapidement investi dans des mobil-homes et les ont aménagés, essuyant encore les inondations de septembre. En un an, la vie s’est réorganisée dans ce mini-village provisoire. Mais les traumatismes restent vifs et l’avenir incertain. « J’en rêve encore la nuit », explique Anne-Marie Lacroix, 64 ans. Pourtant, venue habiter Château Bovis « à l’âge de 10 ans », elle souhaite comme les autres locataires « retourner vivre là où on a fait notre vie ». Une ombre sérieuse se dresse encore devant l’espoir de ces familles. Anne-Marie déplie une assignation datée du 1er juin à comparaître devant le tribunal judiciaire de Marseille le 4 mai 2027. Une requête de la SCI en vue d’une expulsion du logement sinistré d’où elle a été évacuée. Chaque locataire a reçu la même notification.

    « Les locataires ont déjà un contentieux judiciaire avec ce propriétaire. Nous avons contesté des factures d’eau faramineuses » précise Jennifer, sa fille, également locataire. Propriétaire depuis 2018, via la SCI Terrasse Bourguignon, Bruno Junes évoque un passif hérité de l’ancienne gestion. Il se dit « touché par la situation des sinistrés ». Mais l’entrepreneur cannois déplore « 80 000 euros d’impayés de charges et loyers ».

    Restitution des clés

    Il n’a pas cherché à organiser leur relogement retranché derrière l’article 1722 du Code civil qui stipule « Si, pendant la durée du bail, la chose louée est détruite en totalité par cas fortuit, le bail est résilié de plein droit ». Et il réclame aujourd’hui à tous ses locataires « de restituer les clés ».

    Les familles craignent que le propriétaire tire du sinistre un effet d’aubaine pour « se débarrasser de nous », lâche un des sinistrés. La tension est montée entre « certaines familles » et Bruno Junes, qui a déposé une plainte « pour menaces verbales et physiques ». Quant à l’avenir du bâti sur ce terrain à la vue splendide, « je n’ai aucune visibilité », explique-t-il, déplorant « la lenteur abjecte des assureurs et de l’administration ». Dans l’attente d’une solution pérenne, la Ville doit prolonger la convention d’occupation. « Pas question de les laisser tomber » assure Jean-Marc Coppola, maire PCF du secteur.

  • En mer, les forces de police veillent à la sécurité de tous

    En mer, les forces de police veillent à la sécurité de tous

    Police nationale et municipale, gendarmerie, affaires maritimes, parc national des calanques… Tout le monde s’est mobilisé ce mercredi 12 août sous la houlette de l’État pour une vaste opération de sécurité en mer. La 3e depuis le début de la saison estivale. Le but : sensibiliser les usagers aux comportements adéquats. Dans le viseur notamment, les excès de vitesse des plaisanciers mais pas que…

    Au départ du Fort Saint-Jean, sur un des deux bateaux armés par la brigade maritime de la police municipale, Guillaume, Anis et Carine font dans la prévention et la pédagogie. « Au remous que les navires laissent dans leur sillage, on est capable d’évaluer la vitesse… » explique Anis. Vitesse limitée à 5 nœuds à 300 mètres des côtes.

    Aux abords du Frioul, ce couple un poil trop véloce et qui le reconnaît volontiers. « Je suis passé rapide, il y avait la navette », argumente le pilote pas franchement soutenu par son épouse. « Je lui ai dit qu’il allait trop vite, il y a des gens là sous l’eau », indique-t-elle. Gilets de sauvetages, deuxième coupe-circuit, fusées de détresse, extincteur, les policiers lui demandent de tout sortir. Il s’en tirera avec des recommandations. « J’ai été négligent », convient-il, « ça lui fera une piqûre de rappel », poursuit sa femme.

    Les paddlers présument de leurs forces

    Direction la petite plage du Morgiret. « On vérifie que les navires mouillent dans les zones délimitées par les bouées, cela évite d’arracher les posidonies », précise Guillaume. Et en cas de manquement, « cela peut coûter plusieurs milliers d’euros », ajoute Anis. Entre deux baigneurs, un paddler se fraie un chemin. Une vraie problématique cet été pour les garants de la sécurité en mer. « Depuis le début de la saison, nous avons aidé 30 personnes » se désole Carine, « les gens partent et ne regardent pas la météo, le vent tourne, ils n’arrivent pas à revenir et s’épuisent ».

    Il y a aussi ce père de famille qui saute avec son fiston et sa gamine depuis les rochers. « Monsieur, vous êtes champions de saut ? Non hein c’est bien ce qu’il me semblait », l’interpelle Anis qui rappelle que se jeter des rochers est interdit par arrêté municipal sur tout le littoral marseillais. Quelques jours auparavant, deux jeunes Grenoblois qui ont passé outre sur la digue des Catalans, ont été hospitalisés. « L’un d’entre eux saignait à la tête et ne sentait plus ses jambes », raconte Carine.

    À quelques encablures, un navire arrive à fond. Il faudra que la brigade le prenne en chasse pour qu’il coupe les gaz. Sur les genoux d’un des passagers, une petite fille sans gilet de sauvetage. La mauvaise grâce du pilote, pourtant cadre dans les chantiers navals, finit d’agacer les policiers qui ne laissent pas passer. Il sera convoqué à la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer). Pris à 18 nœuds pour 5, soit environ 33 km/h pour 10, il risque une amende voire un retrait de permis…

  • Nicolas Rouger est prêt pour reprendre la Route du Rhum

    Nicolas Rouger est prêt pour reprendre la Route du Rhum

    Demain, c’est loin ! Derrière cette phrase, se cache la renaissance d’un projet fou.

    Celui de Nicolas Rouger, qui rêve d’être le premier Marseillais à s’aligner sur le Vendée globe. Sa présence au départ de la Route du Rhum aurait dû, logiquement, lui permettre d’enchaîner sur le tour du Monde sans assistance ni escale. « Mais il y a eu la poisse qui s’est mêlée à tout ça et j’ai dû laisser tomber », se souvient-il.

    Après avoir réussi la traversée de l’Atlantique et ramené son bateau au pays, « dans des conditions compliquées », un naufrage a eu raison de ses chances d’être au départ des Sables d’Olonne. Certains auraient renoncé. Pas lui. « C’est une course dans le Mont Blanc, avec un pote gendarme de haute montagne qui a trouvé les bons mots, que j’ai compris qu’il fallait repartir ».

    Nicolas s’est mis en quête d’un nouveau bateau, avec l’envie intacte de se surpasser. Et de faire de sa traversée à venir un événement hors normes. « Je me devais de trouver des partenaires, pour boucler le budget. Le premier à dire oui me suit depuis quarante ans. D’autres amis m’ont poussé. »

    Convention académique

    Parmi ceux qui ont rendu possible ce retour sur l’océan, il y en a deux que l’on n’attendait pas sur un tel terrain. « Les membres du groupe IAM et le graphiste Hervé Di Rosa m’ont rejoint. Leur présence va rendre un peu rock’n’roll ma participation à la Route du Rhum », clame Nicolas Rouger.

    D’autant plus que sa voile sera le support d’une œuvre originale réalisée par Hervé Di Rosa. Et dont les partenaires qui rejoindront l’aventure récupéreront un morceau, lorsque le skipper sera allé au bout de son projet sportif. L’occasion de s’offrir une authentique œuvre d’art pour 20 000 euros.

    Un autre partenaire surprise s’est manifesté. « Le Recteur de l’Académie Aix-Marseille m’a proposé une convention ». À chaque escale marseillaise, son Demain c’est loin sera ouvert aux élèves pour leur faire découvrir l’univers marin. « C’est une fierté de pouvoir leur montrer les capacités qu’offre la mer en matière de formation. »

    D’ici là, Nicolas Rouger va poursuivre sa préparation pour la Route du Rhum. « C’est Michel Desjoyeaux qui m’accueille pour préparer le bateau. Pour moi, c’est un rêve de travailler avec un tel marin ». La traversée Saint-Malo – Guadeloupe va lancer une dynamique qui doit l’amener, enfin, dans les mers du Sud.

  • Des milliers de regards tournés vers le ciel pour admirer l’éclipse

    Des milliers de regards tournés vers le ciel pour admirer l’éclipse

    « Ça commence ! » Il est 19h30 au stade nautique Florence-Arthaud quand les milliers de spectateurs se munissent de leurs lunettes spéciales éclipse. Un rendez-vous astronomique rare qu’Emmanuelle et Maxence attendaient depuis très longtemps. Mère et fils ont acheté leurs lunettes il y a déjà deux mois : « On se dit qu’on a rendez-vous avec l’histoire », s’émerveille Emmanuelle. « J’avais hâte. Je n’ai pas l’habitude de voir ça ! », sourit le jeune garçon, subjugué par l’évènement.

    Il est 20h25 quand l’éclipse atteint son maximum, sous les applaudissements du public.
    « C’était mon moment préféré ! », s’exclame Lina, 10 ans, en vacances à Marseille avec ses parents. Sa mère Djanane se réjouit d’avoir passé « un beau moment en famille », même si elle regrette que « l’éclipse ne soit que partielle ».

    Partage entre novices

    et passionnés

    Cette soirée est aussi l’occasion pour les astronomes amateurs de transmettre leurs connaissances. « Je donne quelques explications sur la vraie couleur du soleil, à savoir plutôt blanc que jaune », précise Pascal Benalloul, membre de l’association marseillaise Andromède. Il nous donne rendez-vous l’année prochaine pour une nouvelle éclipse : « Il faudra qu’on se retrouve au Maghreb ! » Car le soleil n’a pas de frontière.

    Andréa Goyard-de Castro et Clara Gazel

  • [Entretien] Ulisses Garcia : « Porter le maillot de l’OM, c’est une grande responsabilité »

    [Entretien] Ulisses Garcia : « Porter le maillot de l’OM, c’est une grande responsabilité »

    La Marseillaise : Comment vous sentez-vous aujourd’hui, après cette reprise et cette préparation ?

    Ulisses Garcia : Je suis content d’être de retour à Marseille, je me sens bien physiquement et mentalement. On a eu de bons matches. Le plus important, c’est de bien se préparer physiquement. On travaille très bien avec le coach et avec tout le monde.

    Vous avez déjà pu échanger
    avec Bruno Genesio sur la saison à venir. Que vous demande-t-il aujourd’hui
     ?

    U.G. : C’est difficile de se projeter. Ce que le coach attend de moi, c’est simplement que je me donne à 100% à l’entraînement et que je sois impliqué mentalement et physiquement à 100%. C’est ce qui compte en ce moment. Il a une méthode de travail assez tranquille. On travaille bien, tout le monde pousse et ça se passe bien avec lui.

    La saison passée, vous étiez prêté à Sassuolo. Quel bilan tirez-vous de cette expérience en Italie ?

    U.G. : Personnellement, j’ai très bien vécu mon prêt à Sassuolo. J’ai eu beaucoup de temps de jeu, j’ai fait de bons matches et c’était une belle expérience. En parallèle, c’était difficile de suivre Marseille avec les résultats et tout ce qui s’est passé. J’ai pu garder contact avec deux ou trois joueurs, mais ce n’était pas facile. L’équipe a toutefois réussi à se qualifier pour une compétition européenne. J’ai donc suivi tout ça de loin et j’ai aussi été touché par ce qui se passait avec mes potes.

    Quel regard portez-vous sur
    la Serie
     A ?

    U.G. : J’ai trouvé que c’était un très bon championnat, mais surtout un championnat très tactique. Il y a moins de transitions et le jeu est vraiment basé sur la tactique.

    Comment décrirez-vous votre style de jeu ?

    U.G. : Ce que j’aime, c’est être un latéral gauche dans une position offensive, dédoubler et pouvoir centrer. J’aime aussi lire le jeu et anticiper. Ce sont mes principales qualités.

    Arrivé en janvier 2024, vous êtes désormaisun des joueurs les plus anciens de l’effectif. Quel est votre avis sur le parcours de l’OM ?

    U.G. : C’est vrai que ça ne fait que deux ans que je suis à l’OM, mais j’ai déjà vu pas mal de choses. À l’OM, tout va un peu plus vite. C’est aussi difficile de pouvoir construire quelque chose avec autant de va-et-vient, mais c’est comme ça. On s’adapte et on essaye de donner le maximum. Pour l’instant, je prends beaucoup de plaisir à être ici à Marseille. C’est une très bonne expérience.

    Qu’est-ce qui est le plus difficile quand on porte le maillot de l’OM ?

    U.G. : Il y a une très grande pression. On sait ce que représente l’OM en France. C’est une grande pression, mais aussi un grand devoir et une grande responsabilité. Je pense que tous les joueurs aiment cette pression et veulent cette pression. Ce qui peut être difficile, ce sont les grandes attentes. Mais on est tous des joueurs qui veulent évoluer au plus haut niveau. Il faut donc relever les défis qu’il y a à l’OM.

    Quel est votre meilleur souvenir depuis votre arrivée à Marseille ?

    U.G. : C’est sûr que c’est le match à Lyon. La victoire, c’était un truc de fou ! À chaque fois que j’y pense, j’ai des frissons. On commence vraiment mal le match, avec beaucoup d’obstacles, mais on revient. Et quand je pense au dernier but de Johnny (Rowe), c’est vraiment un sentiment très, très fort. Je pense que toutes les personnes qui étaient là n’oublieront jamais ce qui s’est passé. Ce match restera vraiment une référence.

    Avec quels joueurs avez-vous le plus d’affinités ?

    U.G. : Je m’entends très bien avec Geoffrey Kondogbia, Amine Harit, Faris Moumbagna et Pierre-Emile Højbjerg. Mais je dirais que je m’entends bien avec tout le monde. C’est vrai qu’avec certains, on passe un peu plus de temps ensemble. Et là, j’ai aussi découvert Himad Abdelli, c’est une belle personne.

    Vous avez connu cinq entraîneurs différents à l’OM. Lequel vous
    a le plus marqué
     ?

    U.G. : Je pense que tous les coaches que j’ai eus m’ont laissé une bonne impression. J’ai notamment beaucoup apprécié Jean-Louis Gasset, sa façon d’être serein et calme. Mais vraiment, tous les coaches que j’ai eus à l’OM – Gattuso, De Zerbi, Gasset et aujourd’hui Genesio – je ne peux que dire du bien d’eux. Après, je ne sais pas toujours ce qui s’est passé, il y a eu des défis… C’est comme ça, c’est le football. Mais j’ai aimé travailler avec tous ces coaches.

    Vous parlez justement de « défis ». Il y en a un qui se présente à votre poste, avec la concurrence d’Emerson Palmieri et d’Alexis Koum. Comment l’abordez-vous ?

    U.G. : On est habitués, il y a de la concurrence partout. Avec Emerson, on est aussi de bons potes, donc c’est une concurrence saine. S’il joue, je suis content. C’est normal. Ça va bien.

    Vos deux parents sont nés
    au Cap-Vert, pays qui a fait sensation lors du Mondial.

    U.G. : Je suis vraiment impressionné par ce qu’ils ont fait, sur le terrain comme en dehors. Il y a eu une grande euphorie au pays par rapport à ce qu’ils ont réalisé. C’est quelque chose d’historique pour eux. Je suis vraiment fier de ce qu’ils ont fait.

    Le mercato bat aussi son plein. Votre agent a-t-il reçu
    des sollicitations
     ?

    U.G. : Mon agent est en contact avec des clubs. Il y a toujours des demandes et des questions. Mais pour l’instant, je me concentre vraiment sur cette préparation. On verra comment ça va se passer ensuite. On sait que c’est le mercato, c’est pareil pour tous les clubs. Il y a des départs, des arrivées. Comme je l’ai dit, nous, on est tous concentrés ici et maintenant : qu’est-ce qu’on peut faire pour l’OM ? Et on verra la suite.

    Que ressentez-vous quand vous voyez un Vélodrome en fusion ?

    U.G. : À Marseille, on est tous conscients de la chance qu’on a d’avoir un stade comme le Vélodrome et des supporters comme les nôtres. La seule chose que j’ai à dire, c’est qu’on est fiers de porter le maillot de l’OM. On sait ce que ça représente et quel prestige c’est. Tous les joueurs sont conscients de ce que signifie porter le maillot de l’OM, ça, c’est sûr.

    Comment fait-on pour gérer la pression ici ?

    U.G. : C’est vrai qu’il y a une certaine pression. Mais je pense que dans les autres clubs aussi, il y a une pression, simplement différente. Elle ne vient pas forcément des supporters, elle peut venir d’autres choses. Chacun doit pouvoir gérer sa pression et se concentrer pleinement sur son travail, sur le terrain. Tout ce qui est autour vient après. Je pense qu’il faut vraiment se concentrer sur ce qu’on peut faire sur le terrain.

    Est-ce qu’il faut justement réussir à créer sa propre bulle pour
    se détacher du football ?

    U.G. : Personnellement, ma façon de me détacher, c’est de passer du temps avec ma famille, avec mes enfants et avec ma femme. C’est ce qui me permet de penser à autre chose qu’au football. C’est vrai que Pierre-Emile (Højbjerg) a raison : après les matches, l’adrénaline est encore haute et on pense encore beaucoup au match. Pour moi, ma façon de me détacher, c’est ma femme et mes enfants. Créer cette bulle est très important pour l’équilibre d’un footballeur. Pour moi, c’est ce qui me permet de souffler.