Tag: Bouches-du-Rhône

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, un souvenir de Rembrandt

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, un souvenir de Rembrandt

    Puisqu’il ne s’agit pas d’une fugitive hallucination, puisque les qualités picturales de cette toile sont indéniables, on imagine une malicieuse provocation du conservateur du musée, les simulacres maladroitement reproduits d’une mise en scène de théâtre, Courteline ou bien Labiche. L’énorme masse adipeuse, les courtes pattes et le groin plus ou moins débonnaires d’un porc occupent un grand tiers de la composition. La bête fut brutalement assommée, le sang n’a pas coulé. Les figurants qui ne sont pas des gens d’abattoir ni des charcutiers sont perplexes. À gauche, voici un barbichu doté d’une loupe ; à droite le comique porteur d’une lame de scalpel est un incapable. Grâce au cartel de ce tableau de 1855 qui a pour titre « Recherches sur la trichine » on comprend que le peintre évoque ironiquement les travaux sans trop d’avenir des vétérinaires de nos provinces. Sans microscope, deux émules besogneuses de Louis Pasteur, Bouvard et Pecuchet entreprennent d’identifier un parasite rongeur dont ils retrouveraient la trace sur le cadavre d’un porc. L’impeccable Docteur Knox de Louis Jouvet leur succédera.

    Sans pouvoir effacer la donne burlesque de ce début d’intrigue, on se reporte vers des références plus solides. Ce peintre pince-sans-rire s’est souvenu d’un tableau du Rijksmuseum. On revoit la Leçon d’anatomie de Rembrandt, les muscles d’un bras et les tendons d’un corps sobrement étendu sur une table de dissection. On oublie la vision du porcelet transporté sur un banc de pierre, on reconstitue mentalement l’audacieuse commande de la Guilde des Chirurgiens d’Amsterdam.

    L’auteur de cette énigmatique facétie s’appelle Stanislas Torrents (1839-1916). Ce peintre marseillais formé à Paris par Thomas Couture avait le talent d’un virtuose. Grand format onéreux et rigoureusement inclassable, canular invendable, sa « Trichine » est la plus intrigante toile de sa carrière : issu d’ascendants catalans, Torrents avait passionnément regardé Vélasquez, Ribera, et Édouard Manet.

  • Fibre Excellence en redressement judiciaire

    Fibre Excellence en redressement judiciaire

    Dans sa décision datée de ce lundi matin, le tribunal de commerce décide d’ouvrir une procédure de «redressement judiciaire» à l’égard de l’entreprise Fibre Excellence et de ses deux usines de pâtes à papier, à Saint-Gaudens en Haute-Garonne et à Tarascon dans les Bouches-du-Rhône. « Les conditions légales étant réunies, il y a lieu dans ces conditions d’ouvrir une procédure de redressement judiciaire », justifie le tribunal. Qui explique notamment « qu’il est établi que la SAS FIBRE EXCELLENCE est dans l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible et est en conséquence en état de cessation des paiements ».

    Toutefois, le tribunal estime aussi que « l’entreprise semble avoir les moyens de se diriger vers un plan qui aurait pour finalité la poursuite de l’activité, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif ». D’où un redressement judiciaire assorti d’une large période d’observation. Le tribunal « fixe à 6 mois la durée de la période d’observation pendant laquelle sera établi un bilan économique et social et des propositions tendant à la continuation ou à la cession de l’entreprise dans le cadre d’un redressement ». Notons que l’entreprise devra revenir deux fois au tribunal pendant cette période. « La SAS FIBRE EXCELLENCE SAS devra se présenter au tribunal devant le juge-commissaire (2ème étage), le mercredi 03 juin 2026 à 09H00 munie d’une situation de trésorerie, d’une situation financière », explique la juridiction. Laquelle « renvoie l’affaire en chambre du conseil à l’audience du mercredi 17 juin 2026 à 09H00, […] afin de déterminer si l’entreprise dispose des capacités financières suffisantes à sa poursuite d’activité et le maintien de la période d’observation ».

    Une nouvelle en demi-teinte pour la Filpac-CGT du site. Si elle se dit rassurée « à moitié » , elle note surtout que cette période d’observation est « 6 mois avec le couteau sous la gorge, à la vue de la trésorerie, on ne sait pas si on va tenir d’ici là ».

  • Football : Le Rouet prêt pour l’Euro

    Football : Le Rouet prêt pour l’Euro

    Dans le premier tour, les Rouégasques seront opposés aux sélections de Chypre du nord et du canton du Tessin. Rendez-vous à partir du 1er juin.

  • Samia Ghali élue présidente de la RTM

    Samia Ghali élue présidente de la RTM

    Samia Ghali a été élue présidente de la RTM ce lundi 27 avril, «à l’unanimité et à la majorité absolue». Elle était la seule candidate en lice.

    Plus d’informations dans La Marseillaise de ce mardi.

  • Jazz voyageur pour irriguer le Domaine de Fontblanche

    Jazz voyageur pour irriguer le Domaine de Fontblanche

    Le domaine de Fontblanche était, au XIXe siècle, une grande propriété agricole. Au bord du ruisseau de la Cadière, une terre fertile pour les ventres, mais aussi les oreilles des mélomanes du Charlie jazz festival depuis 1998. Irriguée par la note bleue, une terre enracinée mais voyageuse illustre sa 28e édition prévue du 2 au 5 juillet. « Programmation qui s’adresse aussi bien aux amateurs éclairés qu’aux néophytes » et « vision du jazz affranchie des standardisations médiatiques et des logiques industrielles » dans l’ADN, rappellent ses organisateurs, cette mouture s’élancera avec le guitariste Al Di Meola. Révélé dans le groupe de jazz fusion de Chick Corea en 1974, il ne cesse d’épater par sa technique comme de son sens de la mélodie et se produira à Vitrolles avec Peo Alfonsi à la guitare et Sergio Martinez aux percussions.

    Moyen-Orient, Inde, Mali…

    Le « jeune virtuose du trombone » Robinson Khoury complétera cette soirée inaugurale au sein d’un septet avec sa création Aria, « rencontre de la musique ancienne, jazz, sonorités moyen-orientales et électroniques ». Au total, quatre soirées où « dialoguent figures majeures de la scène jazz internationale et talents émergents », à l’instar du batteur américain Nate Smith et de la saxophoniste Lakecia Benjamin, le 3 juillet. Le lendemain, la flûtiste d’origine syrienne Naïssam Jalal jouera Landscapes of eternity, « fruit de son immersion dans la tradition hindustani, musique classique du nord de l’Inde », avant que la diva malienne Oumou Sangaré ne prenne le relais. Charge au maestro du oud, Dhafer Youssef d’assurer la clôture du festival.

  • À Port-de-Bouc, un nouveau journal pour les habitants de la Presqu’île créé avec les jeunes

    À Port-de-Bouc, un nouveau journal pour les habitants de la Presqu’île créé avec les jeunes

    Ils sont deux journalistes en herbe. Islem et Zakaria, âgés respectivement de 13 et 15 ans, ont passé des vacances pour le moins atypiques pour des adhérents d’un centre social. Et pour cause : ils ont participé à la collecte d’informations et à l’élaboration d’un nouveau magazine de quartier, à parution trimestrielle, destiné aux habitants de la Presqu’île de Port-de-Bouc.

    Le périmètre couvert par ce nouveau « canard » ne doit rien au hasard. Le quartier est en pleine mutation dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU), qui prévoit la démolition de la barre de la Lèque et de plusieurs bâtiments des Aigues-Douces, ainsi que la rénovation des logements et des espaces publics. C’est dans ce contexte que le centre social Fabien-Menot, les services de la Ville, l’État et 13 Habitat se sont associés afin de mieux informer les habitants sur l’avenir de leur quartier, au plus près du terrain.

    En cinq matinées, les deux jeunes reporters ont posé leurs questions au maire (PCF) Laurent Belsola sur les modalités de concertation avec les habitants. Ils ont aussi rencontré Céline Félices, du service patrimoine de la Ville, afin de revenir sur les grandes étapes de l’histoire du quartier, de la fermeture de l’usine Saint-Gobain en 1958 jusqu’aux prémices du projet de renouvellement urbain, lancé en 2016. Enfin, ils se sont entretenus avec l’entreprise chargée de la démolition des logements.

    Le premier numéro de La Gazette de la Presqu’île paraîtra en juin et sera distribué directement aux habitants « Il faut que les gens lisent ce journal, car il donne des infos qu’on n’a pas à la télé », vante Zakaria.

  • Des familles confrontées à un deuil mobilisées contre l’article L.435.1

    Des familles confrontées à un deuil mobilisées contre l’article L.435.1

    La formule « L’435.1 m’a tué-e », affichée en grosses lettres, attire les regards. Elle côtoie une série de panneaux retraçant le parcours douloureux des familles de personnes tuées par des tirs policiers, engagées dans une longue quête de vérité. Objectif : « Raconter, informer, décrypter » et exiger « l’abrogation de l’article L.435.1 », qui encadre l’usage des armes par les forces de l’ordre.

    « C’est un permis de tuer », dénonce Issam El Khalfaoui, le père de Souheil, devant le texte de loi, en invitant un groupe d’une trentaine de personnes à le suivre sur la ligne rouge ponctuée de tableaux retraçant la chronologie du drame. Le 4 août 2021, à 18h30, la vie de ce Marseillais de 19 ans, tout jeune papa, s’est arrêtée net. Une balle tirée par un policier lui troue le thorax lors d’un contrôle routier à la Belle de Mai (3e). « Dès le début, Souheil est criminalisé, mais rien ne colle », estime son père à propos des circonstances de sa mort et de ce qui a conduit le policier à faire usage de son arme létale.

    Au fil de l’enquête, que la famille juge marquée par des erreurs et des zones d’ombre, le doute s’installe. La recherche de la vérité devient alors « la seule chose qui nous permet de continuer à vivre », explique Issam El Khalfaoui. Le dossier est toujours en cours d’instruction.

    Samia, tante de Souheil, Fouzia, sa mère, et plusieurs familles confrontées à des situations similaires ont décidé de se serrer les coudes au sein de Save, pour que toute la lumière soit faite. Pour demander « justice », et faire disparaître un article jugé inique. Car « les frais de justice sont élevés et l’état joue la montre pour nous épuiser dans ce combat », déplore ce papa.

  • Le beau week-end aixois en Coupe du Monde

    Le beau week-end aixois en Coupe du Monde

    Certains étaient attendus, et ont répondu à ces attentes. C’est le cas de Maïwenn Hamon. La championne d’Europe a réussi les minima pour se qualifier sur le 50 mètres en apnée, aux championnats du Monde, qui auront lieu en Corée du Sud. Sa coéquipière Kallisté Fourton-Bellini y était presque. Il lui a manqué 9 secondes. Elle se console avec une médaille d’argent sur le 500 mètres. Colas Zugmeyer est le troisième aixois médaillé.

    « Nous organisions pour la cinquième fois cette manche de Coupe du Monde, et tout s’est bien passé », explique Colomba Fourton-Bellini, qui vient de prendre la présidence de la section nage avec palmes du Pays d’Aix natation. Elle est aussi satisfaite, « car nos plus jeunes ont pu participer à des séries et se mesurer aux meilleurs mondiaux. Pour eux, c’est important dans leur formation. »

    Résultats et palmarès : https://ffessm.fr/

  • Mohammedi aura tenu neuf reprises

    Mohammedi aura tenu neuf reprises

    Neuvième reprise, Souleimane Mohammedi met un genou à terre.

    Barro Vecchio, l’arbitre espagnol de son combat face à Uisma Lima, le compte pour la première fois. Mais porté par ses supporters, qui ne cessent de scander son nom, le kid du Jas de Bouffan se relève et repart au combat. Mais quelques secondes plus tard, nouveau coup au foie. Cette fois, c’est l’arbitre qui dit stop. Conscient que l’espoir aixois est au bout du rouleau.

    Sur la défensive

    « Il a pris des risques en changeant de catégorie. Face à un adversaire très compliqué », estime son entraîneur de père. Mais Souleimane Mohammedi assume sa décision : « J’ai choisi ce combat en connaissance de cause. Il était tout simplement meilleur que moi ! »

    Ses supporters ont tout fait pour galvaniser ses forces. Mais dès la première reprise, Uisma Lima a poussé l’Aixois dans les cordes. Bloqué dans les coins, il restait sur la défensive, esquivant tant qu’il le pouvait. Mais encaissant les coups puissants de son adversaire, qui vise la ceinture mondiale WBC.

    Après quatre reprises, la
    tendance était nettement en faveur du Luso-Portugais, qui avait un avantage de douze points. Toutefois, Souleimane Mohammedi retrouvait sa boxe après une cinquième reprise plus équilibrée. Sa blessure à l’arcade, dès la première, devenait de plus en plus handicapante.

    Son adversaire reprenait la maîtrise dans la sixième. Avant d’accélérer, signe qu’il cherchait le KO. La décision de l’arbitre l’évitera. « Il a tout pour devenir un immense champion et va faire des progrès », dira Uisma Lima.