Tag: Bouches-du-Rhône

  • La mise en vente des BFM locales met le feu aux poudres

    La mise en vente des BFM locales met le feu aux poudres

    Le groupe CMA Media, qui détient BFMTV, RMC, La Tribune ou encore Brut, veut vendre les neuf chaînes de télévision locales de BFM pour faire des économies dans un contexte « difficile » pour le secteur, un projet qui provoque la colère des syndicats. Il s’inscrit dans un plan visant à générer 20 millions d’euros d’économies dans l’ensemble du groupe, soit 5% de ses coûts. CMA Media est détenu par l’armateur CMA CGM, dirigé par le milliardaire Rodolphe Saadé.

    « Nous avons besoin de réduire nos coûts sur nos métiers traditionnels pour investir dans les nouveaux segments comme le sport, les créateurs de contenu, les réseaux sociaux, a déclaré à l’AFP la directrice générale de CMA Media, Claire Léost. Nous ne trouvons pas le modèle économique sur l’activité des chaînes locales. »

    Un appel à la grève a été lancé par les syndicats SNJ et CGT, mercredi. Plusieurs émissions n’ont pas été diffusées jusqu’à ce jeudi soir, sur les antennes de BFM Marseille Provence, Toulon Var ou Alpes du Sud. Pour les syndicats, les « annonces de la direction sont écœurantes, parce que la direction a clairement menti en assurant vouloir trouver des solutions pérennes pour les locales ». Ils ajoutent : « Désormais, c’est une fermeture qui se profile si aucun repreneur n’est trouvé. Et qui reprendra des chaînes locales dont la direction ne cesse de dire qu’elles ne sont pas viables économiquement ? »

  • Les syndicats s’opposent à la fermeture de structures psychiatriques

    Les syndicats s’opposent à la fermeture de structures psychiatriques

    « Nous sommes là face aux menaces de fermeture de structures psychiatriques dans les 15e et 16e arrondissements, aux Pennes-Mirabeau et à Septèmes-les-Vallons », explique Yann Gaillard, secrétaire adjoint du syndicat Force ouvrière. Devant l’ARS Paca, les syndicats CGT et FO se sont réunis, ce jeudi 25 juin, pour dénoncer ces fermetures qui concernent à la fois des structures hospitalières et extra-hospitalières. « Nous demandons aussi un renfort d’aides-soignants afin que les pavillons d’accueil ne soient pas saturés pendant l’été », complète Pierre-Édouard Thiebaud, secrétaire général de la CGT à l’hôpital Édouard-Toulouse, lui-même aide-soignant. Pour lui, cette situation alimente un cercle vicieux : « Il n’y a pas les moyens humains nécessaires pour prendre correctement en charge les patients. Cela peut entraîner des épisodes violents qui auraient pu être évités. »

    Les deux syndicats devaient initialement être reçus ce jeudi par l’ARS Paca, mais le rendez-vous a finalement été reporté au 1er juillet. Contactée par La Marseillaise, l’ARS Paca a confirmé la tenue d’une rencontre à cette date, sans plus de commentaire.

    Un manque de moyens

    Sabine, cadre de santé à l’hôpital Édouard-Toulouse, déplore une dégradation continue des conditions de travail : « Ça fait 38 ans que je travaille et qu’on nous dit que nous sommes en déficit, qu’il faut fermer des lits. Nous n’avons plus les moyens d’offrir aux patients des soins de qualité. »

    Présent sur place pour soutenir la mobilisation, Jean-Marc Coppola, maire (PCF) des 15e et 16e arrondissements, a insisté sur les enjeux de la situation. « Il faut défendre le service public hospitalier de manière générale, mais il existe aussi de véritables enjeux autour de la psychiatrie à l’échelle nationale. Dans les 15e et 16e arrondissements de Marseille, des populations fragilisées par la précarité ont besoin d’un accès à des soins de qualité. » L’élu rappelle qu’il y a une urgence à la fois pour les patients mais aussi pour les soignants, confrontés à des conditions de travail de plus en plus difficiles. Le constat est le même pour le député (L’Après) Henrik Davi : « Il faut absolument prendre en charge les personnes en souffrance. Nous avons besoin de moyens supplémentaires pour la psychiatrie, y compris hospitalière. »

    Alors que la santé mentale avait été déclarée Grande cause nationale en 2025 par le gouvernement Barnier, Yann Gaillard peine à voir des avancées. « Nous n’avons vu aucun effet de cette annonce du Premier ministre, si ce n’est des fermetures », conclut-il amèrement.

  • Les gaziers de GRDF en lutte exigent des indemnités « vie chère »

    Les gaziers de GRDF en lutte exigent des indemnités « vie chère »

    « Engie/GRDF, un monde où l’argent coule à flots…loin des agents. » Avec une action symbolique jeudi devant le site du transporteur de gaz, NaTran, dans le 16e arrondissement de Marseille où une cinquantaine d’agents venus de tout Paca a afflué, la CGT énergie exige une ouverture des négociations pour une indemnité vie chère.

    Le message s’adresse à la direction Sud-Est de GRDF. Et il est aussi clair que chiffré. Le syndicat estime à 1 million d’euros, le montant des indemnités « vie chère » si elles étaient versées aux 590 gaziers de Paca. Comparativement, « les bénéfices GRDF réalisés grâce à notre travail, c’est 716 millions. Et les dividendes versés à Engie, toujours grâce à notre travail, c’est 730 millions », résume Renaud Henry, secrétaire général du syndicat CGT énergie de Marseille. C’est donc un léger effort consenti que demandent les agents, en somme, que d’aligner les salaires sur l’augmentation du coût de la vie.

    Car ce travail, ils ne le font pas à moitié : « Nous sommes très réactifs, rappelle un agent aixois présent dans la mobilisation du matin. Nous avons le sens des responsabilités, c’est nous qui montons au front sur les interventions sensibles, qui prenons des risques. » C’est de Meyreuil, que la colère s’est déjà exprimée il y a près de deux mois pour des négociations au point mort.

    Les seuls sans indemnités

    « On nous martèle qu’il n’y a pas d’argent, c’est faux. Sans cesse des économies sont faites sur le dos des agents, dont certains n’arrivent plus à se loger correctement, et sur celui des usagers, qui renoncent à se chauffer, effrayés par leurs factures », poursuit une gazière. L’action du jour se situe dans la ligne des Robins des bois, tracée depuis quelques années par le syndicat. « C’est une opération avertissement sur l’outil de travail », précise Clément Martinez, secrétaire CGT énergie Grand Avignon. La colère est d’autant plus légitime que cette mesure qu’ils demandent, GRDF est « la seule entreprise du groupe Engie à la refuser, souligne-t-il, Elengy et même Enedis ont accordé une indemnité de près de 200 euros bruts par mois à leurs salariés ». Par ailleurs, pas d’arrêt prévu sur l’inflation et « l’augmentation des prix s’expliquerait par une hausse des prix de l’énergie, tirés par ceux du gaz », indique l’Insee. En Paca, les agents font monter le rapport de force avec des taux de grévistes « atteignant 100% sur certains sites, à Marseille, Avignon, Nice où Aix », précise le syndicat. Ils demandent d’ici « septembre, l’ouverture de négociations, a minima régionales », précise le responsable CGT du Vaucluse. Ce dernier a déjà contacté par ses pairs dans d’autres régions de France. Ils se disent « prêts » à embrayer sur cette lutte qui commence à faire beaucoup d’étincelles en Paca. Contactée la direction n’a pas donné suite. Un embrasement national reste à craindre.

  • Première journée intense au bureau des inscriptions

    Première journée intense au bureau des inscriptions

    Grosse activité ce jeudi à la salle Les Rotatives, au siège du journal La Marseillaise, où le bureau central des inscriptions a ouvert ses portes à 9h. Assis derrière leur écran, Chantal, Dominique et Philippe, le maître des lieux, n’ont pas chômé. 3 745 équipes étaient inscrites aux alentours de 9h. Elles étaient plus de 3 900 à sa fermeture à 18h.

    Entre les premiers joueurs impatients de s’inscrire en direct et les listes des équipes partenaires, la journée a été chargée. D’autant que s’est ajoutée une visite de Benoît Payan, le maire (DVG) de Marseille, venu enregistrer « Rue de la République » aux Rotatives. L’occasion pour l’organisation de lui remettre son carton d’inscription puisqu’il participera à cette 65e édition avec son père Roger et Romain Pastor, conseiller municipal délégué aux traditions, à la culture et aux pratiques sportives provençales.

    Première victoire ?

    Un peu plus tôt, Christophe Borelly, un habitué du Mondial, a été le premier à s’inscrire. Il fera équipe dans le concours général avec son ami, l’humoriste marseillais, Patrick Bosso. Les deux compères participeront d’ailleurs aussi ensemble au Handi Mondial avec leur camarade Eric Piacentino. Ensemble, la triplette l’avait emporté en 2024 devant les caméras de France TV.

    Thierry Forgnon, équipe 3 784 cette année, portait l’an passé le numéro 4625. Celui qui avait effacé la mythique barre record des 4 624 équipes datant de 2011. « Cette année je suis venu le premier jour pour laisser battre le record par quelqu’un d’autre », sourit le Marseillais. Il fera équipe pour ce Mondial 2026 avec son frère et un ami, et entend bien enfin décrocher pour sa quinzième participation… une première victoire.

    Derrière lui, Eddy s’est déplacé parce qu’il « préfère le relationnel avec les gens du bureau. Ils sont très sympathiques, donc je viens chaque année pour inscrire mon équipe au bureau central, c’est un peu une tradition », glisse le jeune homme qui joue avec des amis. En six participations, il a déjà atteint la 6e partie du lundi soir. C’est Dominique, avec sa bonhomie naturelle, qui s’est chargé d’enregistrer son équipe.

    à côté, Chantal est concentrée sur son clavier. Elle qui a pris en main les inscriptions de la Solimut. Membre des commissions fair-play, féminine et événementiel à la FFPJP, elle a rejoint les équipes bénévoles du Mondial en 2017. Chaque année, elle descend spécialement de Laon dans les Hauts-de-France avec son mari Patrick. « Avec beaucoup d’envie », précise-t-elle. « On retrouve souvent les mêmes têtes chaque année. Souvent des personnes d’un certain âge qui ne veulent pas s’engager sur internet, c’est en cela aussi que le bureau central est utile », reprend Dominique. « Ils viennent, ils discutent, c’est convivial, on les renseigne, il y a des histoires incroyables ».

    Louis Cappioli, 76 ans, est venu en « bus et métro de Saint-Just », pour s’engager. « Le collègue qui devait nous inscrire sur internet avec la carte, mais ça passe pas alors je suis venu payer en espèces du coup », explique Louis qui participe à La Marseillaise depuis 1967. En 1977, il avait même joué un 8e de finale avec Jean-Louis Cavallo et Jean-Claude Lacombe, perdu contre « le père Fontani ». Il fera équipe avec ses deux amis, Jean-Roger et Ricard, respectivement 73 et 76 ans.

    Philippe qui tient la caisse apprécie cette nouvelle installation dans la salle des Rotatives. « C’est spacieux et très agréable pour travailler, tout est en place pour que l’on fasse une bonne session d’inscription », apprécie celui-ci avant d’aller rappeler les messages essentiels à un joueur en quête d’informations.

    Les cartons de jeu seront à retirer vendredi 3 et samedi 4 juillet au parc Borély à l’issue du tirage effectué le jeudi midi, et la 1re partie se fera en deux sessions. Les cartons jaunes pour ceux qui joueront à 9h et les bleus pour ceux qui joueront à 10h30. « Forfait 45 minutes après », conclut Philippe. Le message est bien passé.

  • Clap de fin pour Orange, place au CEPAC Vélodrome

    Clap de fin pour Orange, place au CEPAC Vélodrome

    Le stade Vélodrome change de nom. Le contrat liant l’enceinte marseillaise à Orange arrivait à son terme en juin, et un nouveau partenaire était recherché pour succéder à l’opérateur téléphonique. Dix ans après l’instauration de l’« Orange Vélodrome », l’Olympique de Marseille et la Caisse d’Épargne CEPAC ont officialisé, ce jeudi, la signature d’un accord de naming. À compter du 2 juillet, le stade sera rebaptisé « CEPAC Vélodrome » pour une durée de sept ans.

    Si le montant du contrat n’a pas été communiqué, il devrait être supérieur aux quelque 2,5 millions d’euros annuels versés jusque-là par Orange, selon RMC Sports.

    Dans un communiqué, Christine Fabresse, présidente du directoire de la Caisse d’Épargne CEPAC, s’est félicitée de ce partenariat inscrit dans la durée : « Depuis quarante ans, la Caisse d’Épargne CEPAC est au rendez-vous de l’histoire de l’Olympique de Marseille. Aujourd’hui, en associant notre nom au Vélodrome, nous faisons bien plus que franchir une étape : nous affirmons, avec fierté et avec conviction, notre attachement indéfectible à Marseille, à son énergie, à son identité et à son avenir. »

    En effet, comme le note la présidente, l’OM et la CEPAC sont intimement liés depuis plusieurs décennies. La banque est présente aux côtés des Olympiens depuis 1986 et l’alliance s’est renforcée en 2022. Ll’équipe féminine Les Marseillaises ont également reçu un soutien appuyé de la part de « L’écureuil ».

    Le naming, une pratique en plein essor

    Le président de l’Olympique de Marseille, Stéphane Richard, dont la prise de fonctions interviendra le 2 juillet, a lui aussi réagi : « L’engagement de la Caisse d’épargne CEPAC à nos côtés depuis quarante ans force le respect. En choisissant aujourd’hui d’associer son nom au Vélodrome pour les sept prochaines années, elle envoie un signal puissant : celui de la confiance, de la fidélité et d’une ambition partagée pour l’avenir de l’Olympique de Marseille. Cet accord dit quelque chose de rare et de précieux : la capacité d’un club et d’un grand acteur économique de leur territoire à avancer ensemble. »

    La Ville de Marseille, propriétaire du stade, a également salué cet accord. Son maire, Benoît Payan, s’est réjoui de voir «  qu’un partenaire local historique s’engage dans cette magnifique aventure qu’est l’Olympique de Marseille ». Le club et la CEPAC présenteront les contours de ce contrat lors d’une conférence de presse organisée dans l’enceinte phocéenne le 2 juillet, date d’entrée en vigueur du nouveau naming.

    À l’heure où les meilleurs footballeurs du monde évoluent dans des stades dotés de naming (SoFi Stadium, Gillette Stadium, etc.), le modèle s’implante de plus en plus en France. une source de revenus complémentaire pour les clubs et les exploitants. En France, plusieurs stades ont déjà franchi le pas, à l’image du Groupama Stadium à Lyon ou du Matmut Atlantique à Bordeaux.

    La Caisse d’épargne CEPAC proche des terrains

    Voir la Caisse d’épargne donner son nom au stade Vélodrome n’est en soi pas une réelle surprise. La banque se montre très investie dans le sport et cela depuis des années. Partenaire du Comité national olympique et sportif français depuis 2009, elle est aussi aux côtés des fédérations de basket et handball depuis un peu plus de 10 ans.

    Lors des Jeux de Paris 2024, la Caisse d’épargne était partenaire premium de l’événement. De plus, la CEPAC est déjà le sponsor d’un endroit emblématique à Marseille. Depuis janvier 2019, la banque donne son nom à une salle de concert : le CEPAC Silo. Le Vélodrome est donc le second lieu populaire à recevoir ce patronyme dans la ville.

  • [Entretien] Yves Moraine : « le Département restera un pôle de stabilité »

    [Entretien] Yves Moraine : « le Département restera un pôle de stabilité »

    La Marseillaise : La gauche marseillaise accusait pendant la campagne Martine Vassal d’avoir « cramé la caisse » au Département. C’est le cas ?

    Yves Moraine : J’essaie d’éviter de rentrer dans ces polémiques. La gestion des finances des collectivités territoriales est quelque chose de très complexe, qui s’accommode mal des gesticulations politiciennes. La réalité, c’est que Fitch confirme que notre gestion est très sérieuse, avec un contrôle très étroit de nos dépenses de gestion dont l’augmentation en 2025 inférieure à 1%. Fitch note que nous faisons face à l’augmentation des dépenses sociales, notamment du RSA « bien que historiquement les mécanismes de soutien de l’État n’aient pas été suffisants ». Et que la dette du Département est complètement sécurisée. Ceux qui parlent d’une dette insupportable ne se rendent pas compte que le Département est moins endetté qu’un ménage qui achète un appartement sur quinze ans ! Surtout que cette dette permet d’investir, 500 millions d’euros par an. Voilà ce qu’est la situation, et je m’en réjouis, mais je reste très prudent dans un contexte international incertain.

    Vous bénéficiez surtout de la reprise immobilière et donc des recettes des frais de notaires…

    Y.M. : On ne peut pas me dire que je suis un âne bâté quand il y a moins de DMTO [droit de mutation à titre onéreux, les taxes sur les frais de notaires, Ndlr.] mais qu’en revanche quand ça remonte je n’y suis pour rien ! Bien sûr, la robustesse de nos recettes bénéficie du retour à la normale, mais si je dégage une épargne de gestion, c’est que je n’utilise pas cette manne pour faire n’importe quoi mais pour investir.

    Les coupes dans le budget de la Métropole vont impacter les communes, et dans le même temps le Département a réduit d’un quart ses aides aux municipalités. C’est la double peine ?

    Y.M. : On ne peut pas une année me reprocher de trop aider les communes, et l’autre année de ne pas assez les aider… Les années électorales, c’est toujours une année où l’aide aux communes baisse parce que les équipes municipales n’ont pas encore enclenché de dossier. Mais il y a aussi une raison de choix politique, nous avons beaucoup aidé les communes depuis quinze ans, et face aux difficultés j’ai souhaité que cet investissement soit un petit peu réduit. Notre politique ayant porté ses fruits, c’est normal que cela se tasse. Mais le Département restera un pôle de stabilité sur lequel les communes pourront s’appuyer quand elles en auront besoin, dans le cadre des critères redéfinis en application des recommandations de la chambre régionale des comptes.

    Vous parliez d’économies, cela ne se fait pas au détriment des politiques sociales du conseil départemental ?

    Y.M. : Ce sont les achats et les subventions qui baissent. Les dépensent sociales augmentent encore en 2025, mais nous réussissons à y faire face en faisant attention ailleurs. On rogne sur ce qui n’est pas l’essentiel pour faire face à ce qui est essentiel dans la mission du Département.

    Un rapport alerte sur la dégradation des finances de 13 Habitat, dont vous garantissez les emprunts. Cela vous inquiète ?

    Y.M. : Fitch est plutôt très rassurant sur nos garanties d’emprunt. Il faut être attentif, mais je n’ai pas d’inquiétude particulière sur une défaillance de 13 Habitat, d’autant qu’il y a un patrimoine en face très important.

  • PFAS : la Métropole bâtit un réseau d’eau potable sécurisé

    PFAS : la Métropole bâtit un réseau d’eau potable sécurisé

    « La Métropole a une stratégie globale », assure Nathalie Perrin, directrice du pôle protection du cycle de l’eau. Après avoir investi un million d’euros pour permettre à la commune de Fos-sur-Mer de changer de forage, après qu’une contamination aux polluants éternels y a été détectée par l’ARS en février 2025, l’instance, en charge la production et de la distribution de l’eau potable sur les 92 communes de son périmètre, dresse les grandes lignes d’un plan à long terme.

    Des interconnexions sont prévues entre les communes d’Istres et Fos-sur-Mer, de Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis-du-Rhône et de l’usine du Ranquet et les réseaux istréens. Marc Fernandez estime que ces travaux pourront être réalisés « d’ici 1 an et demi à trois ans ». « Istres/Fos devrait être assez rapide : on a des canalisations au bon diamètre, dans des zones sans difficulté qui permettent d’alimenter Fos. Idem pour l’usine du Ranquet et Istres. Entre Fos et Port-Saint-Louis, en revanche, ça va être plus long parce que le linéaire est plus important et qu’on va traverser des pipes et des nœuds routiers. »

    Un réseau sécurisé

    À moyen terme, la Métropole envisage de construire une usine de traitement des PFAS au nord de la zone d’activités de Lavalduc, « au croisement de toutes les interconnexions ». L’unité de filtration du Ranquet, qui se nourrit de la Durance et alimente aujourd’hui Port-de-Bouc, Saint-Mitre-les-Remparts et Martigues, devrait voir sa capacité de production augmenter « pour faire face aux besoins croissants mais aussi pour pouvoir prendre le relais en cas de problème sur les forages des autres communes voisines, et passer de l’eau de la nappe phréatique à de l’eau de surface ». Cette double sécurisation est inscrite dans le Schéma directeur métropolitain de l’eau potable voté par les élus fin 2024.

    Dans plus de dix ans, Martigues sera également raccordé au complexe des Giraudets, alimenté par le canal de Marseille, dont l’usine se situe aux Pennes-Mirabeau. « Il va falloir redimensionner les réseaux dans la commune pour apporter le débit nécessaire et alimenter les autres communes, ce sont des travaux lourds. » Au total, plusieurs dizaines de millions d’euros devraient permettre d’interconnecter différents réseaux de distribution pour permettre un aiguillage de l’eau en cas de problème, mais aussi l’avènement d’une nouvelle usine de filtration.

  • La CGT hausse le ton pour les emplois

    La CGT hausse le ton pour les emplois

    « Ici plus qu’ailleurs les luttes syndicales ont façonné l’histoire sociale de notre territoire. » Devant une marée rouge de militants CGT, Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du grand port maritime de Marseille (GPMM), donne le ton de la mobilisation du jour. Derrière lui, on retrouve l’une des entrées emblématiques du port de Marseille, la porte 2C, habituée aux piquets de grève massifs. Mais ce jeudi « ce rassemblement revêt un double caractère, à la fois symbolique et historique », campe-t-il. Et pour cause : les militants sont réunis pour un « grand meeting pour l’emploi et contre la criminalisation de l’action syndicale » dans le cadre d’une journée de grève interprofessionnelle. « C’est une étape dans le processus de lutte pour sauver l’emploi dans le département où le péril est grand », abonde Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT 13, à l’origine de la mobilisation du jour. Avant d’énumérer : « Péril sur notre sidérurgie avec Arcelor, péril sur notre filière chimique avec Kem One, péril sur le pluralisme de la presse avec la CPMM, péril sur notre dernière usine de pâte à papier avec Fibre Excellence, péril sur nos services publics avec la Métropole Aix-Marseille… »

    « Décarboner,

    c’est investir ici »

    D’où la présence de militants venant des 4 coins du département et aux professions variées : cheminots, agents hospitaliers, dockers, postiers, travailleurs de la métallurgie… L’organisation estime à plus de 30 000 emplois menacés à court terme dans le département, conséquence directe des politiques austéritaires et du manque d’investissements dans les outils de travail. « Pendant que le patronat compte les profits, nous comptons les licenciements. Derrière chaque plan de suppression d’emplois, il y a des familles qui basculent et des vies brisées », rappelle Stéphane Martins de Araujo, secrétaire général de la CGT ArcelorMittal de Fos-sur-Mer.

    Son site illustre parfaitement l’équation à laquelle font face les militants du monde du travail : « Il est stratégique mais c’est le flou total : flou sur la décarbonation, les investissements… » D’où son constat, qui s’applique pour bien d’autres filières essentielles à l’économie du pays : « Ils organisent la casse industrielle. On nous promet un avenir vert mais on nous prépare un avenir vide. » Car en fond, c’est bien la question de la décarbonation du pourtour de l’Étang de Berre et du bassin de Fos, dont le coût est estimé à plusieurs dizaines de milliards d’euros, qui est posée. « Décarboner ce n’est pas délocaliser, c’est investir ici et produire propre ici », assure Stéphane Martins de Araujo. Problème : comment décarboner des industries qui fermeraient sans la pugnacité de leurs salariés ? « Ici, la CGT porte une vision ambitieuse des activités portuaires, une vision fondée sur la défense du service public et de la souveraineté industrielle », abonde Baptiste Talbot, membre du bureau confédéral de la CGT et ancien secrétaire général de la fédération des services publics, venu spécialement pour l’occasion.

    Pascal Galéoté renchérit : « Pendant qu’une minorité accumule les profits, on demande aux salariés de se serrer la ceinture, aux retraités de faire des sacrifices et aux services publics de fonctionner avec toujours moins de moyens ! » Le syndicaliste, qui a fait appel de sa condamnation dans l’affaire de la gestion des comptes du comité d’entreprise du GPMM, fait le lien avec une autre problématique : celle de la répression syndicale. « Depuis plus de 7 ans, nous subissons un véritable acharnement judiciaire : contrôle, enquête, convocations… Ces attaques s’inscrivent dans une campagne de dénigrement visant à discréditer notre organisation et affaiblir son action », martèle-t-il. Avant de conclure : « Cette journée marque le début d’une nouvelle étape de mobilisation. »

  • Le plan Vélo pédale dans la semoule

    Le plan Vélo pédale dans la semoule

    Les cyclistes n’avaient de cesse d’alerter sur l’état des pistes cyclables marseillaises et des promesses non-tenues du plan Vélo annoncé par la Métropole. En publiant ce mercredi son « audit flash » sur le sujet – le premier dans la région soumis aux magistrats par la participation citoyenne – la chambre régionale des comptes confirme leurs récriminations. « S’il s’est traduit par quelques avancées, il n’a pas permis d’atteindre les objectifs fixés », note doctement le rapport, pointant aussi des pistes parfois dangereuses et une envolée des coûts, qui pousse à changer la méthode employée pour les déployer. « L’atteinte de l’objectif à l’échéance fixée nécessitera des changements », avertissent ainsi les magistrats.

    En retard dans la pratique du vélo, avec « une situation hétérogène mais globalement très dégradée en termes d’aménagements cyclables », la Métropole prévoyait en 2019 de doubler en cinq ans sa part modale pour atteindre 5% des déplacements à Marseille. « Une ambition modeste, surtout dans une période d’essor de la pratique du vélo », tance le rapport. Qui salue malgré tout : « Pour la première fois, [le plan Vélo] formalise une planification de court et moyen terme, à l’échelle métropolitaine. » Pour cela, intercommunalité prévoyait d’investir 30 millions d’ici 2024 pour créer un réseau express sur Marseille intra-muros de 7 lignes sur 107 kilomètres. S’y ajoutaient que 14 lignes interurbaines dont la réalisation était confiée au Département.

    Pas la moitié réalisée

    « Les objectifs de l’horizon 2024 n’ont pas été tenus en volume », résume l’audit, avec entre 38 km (selon la Métropole) et 40 km (selon le suivi du collectif Vélo en ville) réalisés pour le réseau sécurisé marseillais. Soit un taux de réalisation compris entre 36,1 et 44,7%. Un réseau secondaire de pistes cyclables devait aussi s’étendre sur 178 kilomètres : seuls 30,3 km ont été réalisés. Dans son évaluation du plan vélo, la Métropole reconnaît des « retards sur les aménagements ». Mais elle promet de « nombreuses livraisons à venir et études en cours ». Le tout en investissant 43 millions d’euros, soit plus que le montant total prévu.

    En cause, la chambre régionale des comptes déplore la sous-estimation par l’intercommunalité de certaines conséquences des aménagements cyclables, de la durée des concertations mais aussi un partage compliqué des compétences autour de la voirie, notamment avec la municipalité. Mais tandis que la Métropole met en avant les conséquences de la pandémie, les magistrats déplorent qu’à l’inverse elle n’en ait pas profité pour mener de nouveaux chantiers : des deux « coronapistes » réalisées, seuls 3 km ont été pérennisés. Celle du Prado a été retirée cinq jours après sa mise en place, sans évaluation préalable. « Une occasion ratée de développement du réseau cyclable, comparativement à d’autres métropoles », pointe l’audit.

    Inégalités renforcées

    D’autant plus que la qualité des nouvelles installations laisse à désirer. « Une majorité d’équipements récents ont été réalisés à hauteur de trottoir, ce qui les rend incompatibles avec la sécurité recherchée », déplorent les magistrats qui ciblent aussi des pistes trop étroites, avec des insertions dangereuses et en discontinuité. Assumée par l’ex-présidente (DVD) de la Métropole Martine Vassal, cette discontinuité « est antinomique avec le concept même de réseau », explique la chambre régionale des comptes. Et d’illustrer : « La section cyclable au droit de la plage de la Pointe-Rouge, par exemple, réunit insertion dangereuse, conflit d’usage avec les piétons, présence de mobilier urbain, piste étroite avec trottoir gauche et droite dangereux et proximité immédiate avec des places de stationnement. »

    « Les inégalités territoriales en termes d’aménagements cyclables ont été globalement accentuées pendant ce plan vélo », met aussi en avant l’audit. Trois arrondissements (2e, 5e et 9e) concentrent un tiers des réalisations, tandis que le 16e bénéficie de… 220 mètres supplémentaires en cinq ans.

    Les magistrats financiers saluent en revanche des objectifs atteints pour la réalisation de stationnements à destination des vélos, et surtout la mise à disposition des vélos électriques en libre-service. Plus de 4 millions de déplacements ont été réalisés en 2024 par quelque 150 000 utilisateurs, et la flotte doit prochainement doubler pour atteindre 4 600 vélos. Mais ils tiquent : malgré des objectifs de disponibilité loin d’être atteints, les pénalités prévues n’ont été que très partiellement appliquées et la Métropole a même indemnisé le titulaire à hauteur de 1,2 million d’euros après les émeutes de 2023. Alors que celui-ci était censé être assuré. Peu importe : présenté en conseil métropolitain, l’audit n’a fait l’objet d’aucune prise de parole.

  • Ça chauffe aussi sur le terrain social

    Ça chauffe aussi sur le terrain social

    Tandis que les caméras sont braquées sur le thermomètre qui ne cesse de monter, la température sociale s’élève, elle aussi, dans notre région.

    À l’appel de la CGT, des travailleuses et travailleurs ont convergé sur le Port de Marseille pour sonner l’alarme. Selon l’organisation syndicale 30 000 emplois sont menacés dans les Bouches-du-Rhône dans divers secteurs d’activité qui subissent l’austérité de l’État et les logiques de profit immédiat du patronat.

    Les dossiers chauds ne manquent pas : Fibre excellence, Arcelor, CPMM, Kem One, les inquiétudes sont là aussi dans les services publics, à la Métropole Aix-Marseille-Provence, à La Poste, à la SNCF, dans les hôpitaux ou encore dans le monde associatif…

    Intérêts du monde du travail

    À cela s’ajoute la criminalisation croissante de l’action syndicale. L’occasion pour la CGT de réaffirmer sa solidarité avec Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du grand port maritime qui a fait appel de sa condamnation en première instance sur la gestion du CSE qu’il dénonce comme « politique ».

    Les participants à ce grand rassemblement ne se sont pas contentés de protester, ils ont aussi développé leur vision de la décarbonation de l’industrie, des relocalisations, des investissements nécessaires dans les services publics.

    Leur voix mérite d’être entendue. C’est celle du monde du travail conscient de ses intérêts.

    Les pouvoirs publics mais aussi les responsables patronaux, s’ils n’entendent pas ces propositions, doivent au moins produire des actes pour répondre à l’alerte sur l’emploi. À défaut, le climat social risque de gravement s’échauffer.