Tag: Bouches-du-Rhône

  • Intimes et politiques, 133 films éclairent le FID Marseille

    Intimes et politiques, 133 films éclairent le FID Marseille

    Un vieux routier et son ripper transportent une cargaison dans le Sahara algérien, jusqu’à ce qu’ils se fassent voler leur marchandise. Le point de départ de Route algéricaine, projeté le 7 juillet au Théâtre Silvain en ouverture du FID Marseille. Le dernier film en date réalisé par Rabah Ameur-Zaïmeche, invité d’honneur et huit films au compteur déjà auréolés de « succès en salles », de Wesh, wesh, qu’est-ce qui se passe à Terminal Sud, mais « pas suffisamment connu auprès du grand public », estime Tsveta Dobreva, directrice du festival international de cinéma de Marseille qui organise une rétrospective de son œuvre imbibée d’un « mélange de colère et de tendresse ».

    Le FID Marseille projettera 133 films pendant six jours, « principalement dans le centre-ville, à la Baleine, au Vidéodrome2, aux Variétés, à l’Artplexe, à l’Alcazar et au Mucem », plante-t-elle. Au menu de la Compétition internationale, dix premières mondiales parmi lesquelles « l’autoportrait » El anorak rojo du chevronné Adolfo Arrieta ou Anistia 79 d’Anita Leandro, autour de la Conférence internationale pour l’amnistie au Brésil, « grand rassemblement de la gauche exilée » en 1979 pendant la dictature militaire. Mais aussi des œuvres de jeunes talents comme Anna Marziano, aux manettes de la fable écologique au milieu des eaux de Venise, Schima di mondi.

    Du Chili aux Baumettes

    La Compétition française permettra de voir quelques films délicats et politiques comme Chicken soup, dans lequel Caroline Milcent raconte « l’absurdité de l’administration américaine à la veille de la dernière élection de Trump », résume Tsveta Dobreva, ou encore Les beaux visages de Pierre Voland, « documentaire sur l’homosexualité cachée de l’un de ses amis ayant vécu toute sa vie avec ce secret ».

    Internationalement reconnu pour défricher les pépites de demain, le FID étalera encore à travers sa Compétition premier film tout son savoir-faire. Très attendu, Az Zeeb, de Rafael Guendelman, raconte par exemple « l’histoire de sa famille marquée par l’exil et le déplacement entre Chili, Israël et Palestine ».

    Constituée d’une vingtaine de films hors compétition, la section « Autres joyaux » charriera à nouveau son lot de belles découvertes comme Fe sense obres morta és de l’immense réalisateur catalan Albert Serra, « plongée personnelle et provocante dans l’épaisseur matérielle et symbolique » de la peinture d’Antoni Tapies. Parmi les autres curiosités, Studio Baumettes d’Hassen Ferhani, cinéaste algérien établi à Marseille depuis 10 ans qui, pendant sa « résidence » dans cette prison, transforme un atelier « en studio de photographie qui libère et clarifie les rêves et corps des hommes qui se prennent au jeu ».

    Programme complet sur www.fidmarseille.org

  • Provence Rugby est devenu un club reconnu de Pro D2

    Provence Rugby est devenu un club reconnu de Pro D2

    Se structurer pour devenir une équipe pérenne en Top 14 ou en Pro D2 est un rêve pour beaucoup de clubs français. Mais chaque rêve à ses obstacles et tout contrôler relève de l’impossible. Le Pays d’Aix Rugby Club l’a vécu depuis le début du XXIe siècle. Rien que sur la décennie 2010, pas moins de trois descentes en Fédérale 1 avec des remontées rapides.

    Les Provençaux ont pris plusieurs fois l’ascenseur, un passage presque obligatoire pour toute équipe ambitieuse. Ancien joueur de l’ARC, Jean-Luc Chovelon détaille les difficultés pour un club de franchir un niveau supérieur. « Il y a un fossé. C’est toujours très difficile pour un club qui monte dans ses dernières divisions de pouvoir continuer sur cette lancée à moins d’avoir des moyens extraordinaires ou de bénéficier de conditions particulières. C’est le lot de tous les clubs qui accèdent pour la première fois à ce niveau. On parle entre Fédérale 1 et Pro D2, mais l’ultime écart est entre la Pro D2 et le Top 14. On le voit en ce moment. Ces dernières années, combien d’équipes qui sont montées de la Pro D2 au Top 14 ont réussi à se maintenir dans les deux ans ? Il n’y en a pas beaucoup. »

    Le Parc devient Provence Rugby

    Le Parc subit un changement majeur avec une nouvelle modification de son nom. En 2015, Provence Rugby voit le jour, mené par Denis Philippon, président depuis deux ans et toujours en place actuellement. « On arrive à un niveau où l’argent et la dynamique économique sont super importants. Il y a un président, Denis Philippon, avec une entreprise qui marche fort. Il s’est entouré aussi de partenaires pour avoir un budget important. C’est l’un des plus gros de la division aujourd’hui », appuie Jean-Luc Chovelon. L’entreprise évoquée se nomme voyageprivé.com. Agence de voyage en ligne, elle est basée à Aix-en-Provence et se trouve être le sponsor principal.

    Le travail effectué porte ses fruits en 2018 et se poursuit les années suivantes. Depuis cette date, Provence Rugby est un club de Pro D2 et franchit les étapes, palier après palier. Le mandat du manager argentin Mauricio Reggiardo a permis au club de remporter la saison régulière en 2024, échouant finalement à monter dans l’élite. Après deux phases finales consécutives, les Aixois sont désormais en finale de D2 pour la première fois de leur histoire. Ce samedi, à Toulouse, le livre d’or peut s’épaissir en cas de victoire, synonyme de promotion. Les hommes de Philippe Saint-André ne sont plus qu’à une marche du Graal.

  • Quand le théâtre redonne confiance aux minots

    Quand le théâtre redonne confiance aux minots

    « S’il y a un problème, on improvise. » Au théâtre de la Criée, les élèves de CM1 et CM2 de l’école primaire Notre-Dame de la Viste (15e) se préparent pour leur dernière répétition, avant la pièce de théâtre présentée, le soir même, devant leurs parents. « Ça fait neuf mois qu’on la prépare », explique Mathilde, la maîtresse des CM1. « J’ai peur », confie une élève. « Mais tu es très chic », la rassure l’enseignante.

    Il faut dire que l’exercice n’est pas simple. Depuis le mois d’octobre, les élèves travaillent sur une pièce intitulée Recherche Chef, adaptée par Cécile Petit à partir des Lettres Persanes de Montesquieu. « Il est question de deux sociétés où il y a des chefs », explique Ombeline Avezac, coordinatrice de l’opération « Le XVIIIe en scène : théâtre à l’école ». Au programme de la pièce, critique du « monde qui va trop vite », de « l’aliénation » et du réchauffement climatique. Le tout porté par 49 élèves qui se sont parfaitement approprié le sujet. « Ils comprennent la morale de la pièce, qui parle de vivre-ensemble et de faire groupe, et au-delà du théâtre, on voit qu’ils le mettent en place dans l’école », sourit Mathilde.

    Plus d’art à l’école

    Car l’objectif premier de cette initiative est bien d’aider les élèves à s’insérer dans la société. Le programme, porté par le fonds de dotation Culture pour l’enfance, cherche à remobiliser les élèves des écoles de REP+ (réseau d’éducation prioritaire) autour de l’art, pour leur redonner goût à l’école. Ici, tous sont issus des quartiers Nord de Marseille. « Certains sont en situation de handicap, d’autres ont des difficultés à s’exprimer. On leur montre que d’où qu’ils viennent, ils ont le droit d’avoir de l’ambition et des objectifs », complète Ombeline Avezac. Grâce à ce projet, les encadrants constatent de véritables évolutions chez les élèves : « Ils prennent confiance en eux, ils osent porter leur voix, il y a une inclusivité totale. Personne ne se moque, ça leur a appris l’empathie et à faire collectif », relate la maîtresse.

    « L’année dernière, on avait une petite en décrochage scolaire qui a repris l’école grâce au théâtre », se félicite Ombeline Avezac. « Ma fille était timide et maintenant elle s’est inscrite à des cours. En juin, elle jouera sa première pièce », raconte une mère présente à la répétition. Pour les parents comme pour les encadrants, il faudrait « que le théâtre devienne une matière obligatoire à l’école ». Pour l’heure, le projet s’exporte en Ile-de-France et devrait se poursuivre dans les quartiers Nord de Marseille. Car derrière les costumes et les tirades, se joue un enjeu plus vaste : donner à tous les enfants les mêmes chances de se construire et de s’exprimer.

    Ivanie Legrain

  • L’héritage de Marc Bloch mis en lumière aux Rotatives

    L’héritage de Marc Bloch mis en lumière aux Rotatives

    Les Rotatives de La Marseillaise ont accueilli, ce jeudi soir, une conférence-débat consacrée à Marc Bloch, figure majeure de l’historiographie française, dont la panthéonisation est prévue le 23 juin. Organisée par l’association Coudes-à-coudes, la rencontre a réuni universitaires, enseignants d’histoire-géographie et élus de la Ville de Marseille autour d’un homme dont l’œuvre et l’engagement demeurent indissociables.

    Historien engagé

    En ouverture, le président et directeur éditorial de La Marseillaise, Léo Purguette, a rappelé la vocation du quotidien : « un rôle de combat » et non « le rôle d’un vestige ou témoin ». Évoquant Marc Bloch, il a salué « un très grand historien » qui mérite « la transmission de son œuvre, de sa vie, aux nouvelles générations ».

    Représentant le maire de Marseille, Azad Kazandjian, conseiller municipal délégué au patrimoine historique et cultuel, a insisté sur la portée contemporaine de l’auteur de L’Apologie pour l’histoire. « L’histoire n’est pas une arme au service des passions du moment, mais une école de l’humanité », a-t-il déclaré, appelant à « résister à l’ignorance ».

    Pour Michel Potoudis, président de l’association Coudes-à-coudes, la panthéonisation constitue l’occasion de remettre en lumière un homme qui fut « un intellectuel engagé au sens le plus noble du terme.(…) Il s’est battu contre le fascisme par les moyens intellectuels d’abord, par les moyens militaires ensuite ».

    Les historiens Julien Loiseau et Laure Verdon ont insisté sur la cohérence entre la vie et l’œuvre de Marc Bloch, enseignant, chercheur et résistant. Une exigence résumée par la phrase qu’il souhaitait voir inscrite sur sa tombe : « Il n’a chéri que la vérité. » Un héritage qui, plus de 80 ans après son exécution, continue d’éclairer le présent.

    Coline Le Bras

  • L’office de tourisme de Martigues mise sur la qualité plutôt que la quantité

    L’office de tourisme de Martigues mise sur la qualité plutôt que la quantité

    Lancement de saison pluvieux, lancement de saison heureux. C’est en tout cas ce qu’espère le directeur de l’office de tourisme de Martigues, Jean-Jacques Micoud, ce jeudi 4 juin au soir, alors que la pluie s’abat sur le camping de l’Arquet. Pas d’inquiétude : la structure municipale peut compter sur des « produits stars », comme les visites du décor de la série à succès Camping Paradis, situé à deux pas du village vacances. Le 18 avril, la sortie a battu son record d’affluence avec 500 participants sur la journée.

    Les chiffres de la saison passée sont plus qu’encourageants : « Près d’un million de nuitées, plus de 350 000 touristes accueillis et une progression de la fréquentation dans les hébergements marchands de 11% », se réjouit Gaby Charroux (PCF), le maire de la commune, qui « confirme sa place parmi les destinations incontournables de Provence ».

    Pour l’élu, si les résultats sont aussi bons, c’est que Martigues affiche de nombreux atouts. Sa situation géographique, d’abord. « Nous sommes entre la Méditerranée, avec notre belle Côte Bleue, ses plages et ses calanques, son parc marin et sa zone protégée ; et l’étang de Berre. (…) Nous avons trois quartiers, avec chacun leur centre-ville avec un patrimoine historique remarquable, en témoigne le label ville d’art et d’histoire. »

    Gaby Charroux souligne également les choix politiques menés depuis des décennies : « Nous n’avons pas bétonné une grande partie du territoire pour préserver l’environnement. Selon les scientifiques, nous avons une biodiversité exceptionnelle. Nous voulons que chacun puisse en profiter. » Sans parler de la « vie culturelle foisonnante », du patrimoine industriel, maritime, et des studios de cinéma Provence Studios.

    Le « mieux tourisme »

    De nombreux atouts, donc, qui sont surtout bien mis en valeur par l’office de tourisme, qui insuffle une dynamique pour passer au « mieux tourisme ». Jean-Jacques Micoud revendique « un autre rapport au temps, pour que chacun ait le temps de prendre son temps, de s’ennuyer, car l’ennui est une source de créativité ».

    Pour cet été, les ingrédients de la recette de l’office de tourisme seront « culture, histoire, douceur de vivre, bonne humeur et envie d’être ensemble », avec des visites tournées autour des trésors de la nature et de la gourmandise, des éco-balades autour de l’étang de Berre et des éco-randos citoyennes, une exposition « Regards croisés sur la faune et la flore locales » ou encore des découvertes de la ville au fil de l’eau en canoë sur les canaux, du snorkeling dans le Parc marin de la Côte Bleue, des couchers de soleil en bateau… L’offre est foisonnante, et toujours accessible financièrement.

    Programme complet sur le site de l’office de tourisme

  • L’aire des gens du voyage d’Aubagne fête ses 35 ans d’accueil

    L’aire des gens du voyage d’Aubagne fête ses 35 ans d’accueil

    Nichée au creux du vallon sur la route de La Ciotat, l’aire affiche complet en toute saison. Comme toutes celles de la métropole. Mais jeudi, ce sont les invités qui étaient en nombre. Partenaires sociaux, salariés de la Varappe et LVD Environnement, ouvriers du chantier d’insertion Evolio qui entretiennent les collines et résidents se sont retrouvés autour d’un repas partagé, d’une exposition sur l’histoire de l’aire et d’un concert.

    « Un succès. Mais pas autant que celui du jour de son inauguration, en 1990 quand 150 caravanes venues de Campagne Rousse ont débarqué », rappelle Kheira Miloud, responsable du site, qui le dynamise avec des jardins. La demande était forte. Et elle le reste tout autant aujourd’hui. « C’est le même problème qu’avec le logement social, on manque de places, de foncier », regrette Benjamin Vives, directeur de la Varappe, qui note une augmentation et une diversité des besoins. « Au-delà des gens du voyage, il y a des travailleurs pauvres, des gens temporairement sans solution de logement, des personnes en très grande précarité qu’on aide et accompagne pour leur accès aux soins, aux droits. »

    L’aire est une des rares qui accueille également un petit centre social avec des activités régulières, une permanence d’assistantes sociales, de la CAF, un service de domiciliation et d’aide à l’insertion par l’emploi. « 80% des résidents qui séjournent ici sont en emploi, chez Salad2fruits, la Fermière, la Maison Corsiglia ou la Ressourcerie, on en a même un qui travaille à Berre… », précise Kheira. Par ailleurs, ni en zone Seveso, ni à proximité d’une décharge, ni entre une autoroute et une voie ferrée, ni même sous des pylônes haute tension, ou tout à la fois, l’aire est très prisée. « Sa contrainte est d’être en zone inondable, à côté du Merlançon, on ne peut pas agrandir, relève la gestionnaire, mais les aires de petite taille sont plus gérables. » Plus qu’une série d’emplacements pour caravanes, c’est « un lieu de vie qui a ses hauts et ses bas, comme dans toutes les familles », résume Benjamin Vives « heureux » des travaux de rénovation des locaux associatifs et des sanitaires réalisés il y a deux ans.

    Nécessité et choix de vie

    Quarante personnes y vivent actuellement, dont un bébé de deux ans et un nouveau-né à venir. Si les places sont attribuées pour trois mois, des dérogations « pour scolarisation, raison de santé » sont accordées. Patriarche de 64 ans, Jean-Marie Demestre, rémouleur, assure y vivre « depuis toujours, comme mon père. Parfois on bouge un peu, à Saint-Menet, mais comme je suis handicapé, j’ai une dérogation ». Il se dit satisfait du changement : « Des fleurs et des douches neuves. On a besoin de peu pour vivre. »

    Jacques et Pauline Dubois ont pour leur part « retrouvé la vie en caravane qu’on a connue avec nos parents, après avoir quitté la cité la Marie à Marseille à cause du deal, de soucis de voisinage ». Ils sont sur l’aire depuis quatre ans avec leurs deux filles et souhaiteraient « rester, par choix de vie ». Comme Ian Hunt, Canadien, chanteur du groupe B4Gman qui joue pour les invités et résident de l’aire depuis 7 mois « arrivé par nécessité ». Il a adopté le nomadisme, « par goût de la liberté ». il avoue : « C’est ma plus belle expérience en 10 ans. »

    La ville de La Ciotat n’a toujours pas d’aire d’accueil malgré ses obligations

    La course de lenteur dans laquelle s’est lancée la ville de La Ciotat se poursuit encore. Un « terrain » très ex-entré, situé aux abords de la route de Marseille avait bien été sélectionné dans les années 2000 pour répondre aux exigences légales, mais d’études en expertises, celui-ci s’est avéré « impossible » à aménager plus d’une décennie plus tard. Ce qui n’a jamais empêché à la commune de faire appel aux forces de l’ordre pour déloger les caravanes garées sur les parkings, aires de stationnement et autres terrains non équipés. Le préfet des Bouches-du-Rhône vient de remettre un coup de pression aux élus en leur demandant de choisir cette année, un terrain pour une future implantation. Tout reste à faire. S.F.

  • Des entretiens professionnels à la bonne franquette

    Des entretiens professionnels à la bonne franquette

    Une deuxième édition de Déjeuner en terre inconnue s’est tenue dans des anciens docks devenus campus de l’école la Plateforme. L’occasion pour ces étudiants d’échanger sur leur parcours, leurs expériences et leur vision de la vie professionnelle avec des professionnels de la Métropole, Constructa, Tertium invest et d’autres encore.

    Tout ça autour d’un tajine de veau spécialement concocté par la cheffe Wahiba Zaouia, qui voit ce repas comme une opportunité qu’elle qualifie de « méritée pour ces jeunes qui s’incluent tous les jours dans la vie scolaire », à ses côtés. « Je les considère vraiment comme le visage de la Plateforme », ajoute-t-elle. Un sentiment partagé par Rachel, étudiante en deuxième année, se spécialisant dans la cybersécurité. Celle-ci s’approprie l’événement afin de « d’abord discuter avec les entrepreneurs mais pourquoi pas aussi créer des liens sur le long terme, les rejoindre dans la réalisation de leurs projets et intégrer leur entreprise ». Elle dit avoir été « stressée » mais l’envie de déconstruire ses craintes vis-à-vis d’échanger avec des professionnels, l’a poussé à accepter.

    Entretiens moins formels

    « Ça change des candidatures en ligne et des entretiens trop formels », confie-t-elle en rigolant. Ce lien façonné à l’issue de ces déjeuners, c’est le projet principal de Madalena Guerra, organisatrice de ces rencontres. « Ce qu’on souhaite, à la base, c’est pousser les gens à la découverte des autres dans leur environnement direct », explique-t-elle. Chaque rendez-vous suit une thématique différente selon le profil des participants. Si cette fois-ci les discussions ont tournées autour de la question de l’intelligence artificielle et de ses limites, lors d’une autre édition les échanges n’avait pas la même teneur. Un déjeuner avait été organisé entre des anciens détenus et des journalistes de la radio Catholique française (RCF). Le déjeuner s’est tellement bien passé qu’« ils se sont ensuite revus pour enregistrer une émission de radio ensemble afin de faire découvrir à ces anciens détenus les coulisses du métier », ajoute Madalena Guerra. Pour Mohamed Boukrouche, chef du service jeunesse à la Métropole, c’est l’occasion de « conseiller les jeunes s’ils en ont besoin mais surtout de ne pas raconter ce que nous, professionnels, faisons mais vraiment de les écouter avant tout ». Les prochaines éditions auront lieu le 1er octobre et le 1er décembre. Les inscriptions sont ouvertes à tous.

  • Les pompiers du 13 déjà parés, le Département insiste sur la prévention

    Les pompiers du 13 déjà parés, le Département insiste sur la prévention

    « Bienvenue dans l’un des 60 centres de secours du département ! » À la caserne de Mimet en pleins travaux d’extension et de rénovation, Richard Maillé (DVD), conseiller départemental délégué à la protection des massifs forestiers, a d’abord tenu à rappeler à quel point le Département investit dans la lutte contre les incendies. Pas moins de deux millions, dont 50% de subventions de la collectivité, pour ce seul site où travaillent 45 hommes et femmes pour assurer les gardes, dont trois professionnels, les autres étant volontaires. « Nous avons aussi construit à Gardanne, Istres, Port-de-Bouc, Aix, Allauch, Plan-de-Cuques, pour un coût entre 5 et 10 millions à chaque fois », ajoute l’élu.

    Alors qu’une première vague de canicule a frappé dès le mois de mai, les 7 500 sapeurs des Bouches-du-Rhône se préparent à affronter une nouvelle saison de lutte contre les feux, « comme tous les ans », commente Richard Maillé, même s’il convient que le terme de saison a perdu de son sens. « On peut se poser la question, on a déjà eu un feu en février, il y a 3 ans à Auriol », se souvient-il.

    Débroussailler,

    une obligation

    En attendant une réunion de tous les services en préfecture pour faire un point, la stratégie des pompiers 13 est déjà rodée. « On agit avec une évaluation massif par massif, pour affiner », explique l’élu. Côté dispositif, sont déployés des agents dans les vigies à l’affût de la moindre fumerolle, des patrouilles du Sdis (Service d’incendie et de secours) avec des véhicules légers, des membres de l’association départementale des comités communaux feux de forêt, des agents de l’ONF (Office national des forêts), tous « prêts à bondir », détaille l’élu, complétés par des groupements d’interventions répartis dans 80 sites. En cas de journée à risque, 700 pompiers 13 de plus que les 500 intervenants au quotidien dans le département, peuvent être mobilisés. « C’est selon la règle des 30 », illustre le conseiller départemental, un cocktail explosif composé de température à « 30 degrés, de vent à 30 km/h, d’un taux d’hygrométrie de 30% ou moins ».

    Mais le message, c’est également de rappeler à quel point la prévention peut peser dans la balance quand le feu, d’origine humaine dans 80% des cas, se déclenche. Montrant de la main la colline parsemée de maisons noyées dans les arbres, Richard Maillé martèle la nécessité de respecter les obligations légales de débroussaillement (OLD). « Seulement 20% [d’entre elles] sont respectées », déplore-t-il, encore marqué par le feu des Pennes-Mirabeau qui avait détruit en juillet 2025 plus de 750 hectares, atteignant allègrement l’Estaque après avoir été poussé par le vent. « Je me souviens de cette maison qui brûlait encore le lendemain, à cause d’un cyprès trop près de la cuisine… Il y a encore des gens n’ont pas compris que c’était pour leur bien », s’agace Richard Maillé, précisant qu’un nouvel arrêté a été pris par le préfet.

    Il y a aussi « les mégots jetés depuis la fenêtre de la voiture ». Le long des routes départementales, « en 2026 nous avons doublé la mise pour les OLD avec 1,5 million d’euros et on aide aussi les communes », se félicite l’élu.

  • Le Port sensibilise ses équipes sur la sécurité au travail

    Le Port sensibilise ses équipes sur la sécurité au travail

    Un total de 26 accidents de travail a été enregistré dans l’enceinte du Grand Port maritime de Marseille (GPMM), en 2025, dont 28% entraînant plus de 100 jours d’incapacité totale de travail (ITT). « C’est beaucoup trop », s’est désolé, jeudi, Christophe Castaner, président du conseil de surveillance du Port, à l’occasion d’une matinée de sensibilisation organisée dans les locaux marseillais de l’établissement public.

    Pour la quatrième année consécutive, le port invitait, mardi à Fos et jeudi à Marseille, tous ses employés à participer à un moment d’apprentissage et de formation autour de la sécurité et de la santé au travail. L’occasion pour l’ex-ministre de l’Intérieur de rappeler la nécessité d’une vigilance collective. « Il y a notre propre comportement face à l’accident, mais il y a aussi celui de nos collègues, du manager, des chefs de service, a-t-il souligné. Il ne faut pas hésiter à en parler entre vous, surtout lorsqu’un accident est évité de peu, ça peut permettre d’adopter les bons réflexes. » Et de glisser un mot de remerciement à l’attention de Pascal Galéoté, leader de la CGT du Port : « Je veux saluer les partenaires sociaux qui portent ces exigences [celles de la sécurité et de la santé au travail, Ndlr]. Pascal Galéoté les porte aussi, au-delà de sa condamnation, sur laquelle je ne me prononce pas. La pression que nous mettent les syndicats est constructive. » Pascal Galéoté a, lundi, été condamné à 12 mois de prison avec sursis et 3 ans d’inéligibilité pour « abus de confiance » dans le cadre de sa gestion des comptes du comité social et économique (CSE) du port entre 2014 et 2018. Il a annoncé faire appel.

    1 260 salariés

    et 300 compétences

    Avec ses 1 260 salariés à Marseille, le Port fait cohabiter de nombreux métiers, 54 au total, qui impliquent des risques plus ou moins importants dans leur pratique quotidienne. Parmi les métiers les plus exposés aux accidents du travail, « la réparation navale et tous les métiers industriels emblématiques, mais aussi le service voyageurs, où les déplacements doivent se faire vite, ce qui est très accidentogène », détaille Nathalie Bakhache, secrétaire générale du port. « Il y a aussi la restauration collective et, bien sûr, la partie eau et électricité », poursuit-elle. Parmi les 26 accidents répertoriés en 2025, les métiers cités par la secrétaire générale sont très majoritaires.

    Mais c’est bien à l’ensemble des salariés qu’était destinée cette matinée ludique et instructive de jeudi : quizz sur la sécurité routière, atelier sur l’usage des extincteurs, sur l’addiction au travail ou escape game autour des risques du Port, les employés du GPPM ont pu évoluer de stand en stand entre 8h et 13h30. « C’est intéressant, on apprend plein de choses. On revient chaque année ! », s’enthousiasme un groupe de gestionnaires de finance. 600 salariés ont participé à l’événement.

  • 10 000 nageurs au départ du Défi Monte-Cristo 2026

    10 000 nageurs au départ du Défi Monte-Cristo 2026

    Un événement devenu emblématique dans le paysage sportif marseillais. Le Défi Monte-Cristo revient, à partir de ce vendredi, pour une 28e édition. Cette compétition de nage en eau libre entre le château d’If et Marseille, inspirée de l’évasion fictive d’Edmond Dantès, héros du Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas, qui s’échappe de la forteresse à la nage, réunit chaque année plusieurs milliers de participants. Un succès grandissant, pour un rendez-vous incontournable depuis 1999.

    Les 15 épreuves, prévues à cheval sur les deux prochains week-ends, se veulent populaires, avec quasiment aucun nageur professionnel au départ. Le fondateur du Défi, Dominique Mena, explique : « C’est ça qui est un peu magique dans ce Défi : c’est vraiment une manifestation ouverte au plus grand nombre, avec que des gens comme vous et moi, dont certains sont plus entraînés que d’autres, ou plus aguerris à la natation, mais cela reste à 99% des amateurs. C’est ça qui fait que la course a une ambiance un peu particulière, parce que sur la ligne de départ, tout le monde est sur un pied d’égalité. Ils viennent chercher un défi personnel, collectif pour certains, parce qu’ils se sont entraînés à plusieurs pour le préparer. »

    Cette année, 10 000 participants seront aux départs des courses allant de 1 à 6 km de long, avec ou sans palmes. 63 nationalités seront représentées au sein d’épreuves annoncées complètes depuis plusieurs mois. Les équipes de l’organisation fignolent les derniers détails, alors que l’événement débute officiellement ce vendredi matin avec un 5 km sans palmes. Le village écoresponsable, installé provisoirement sur la plage du Petit Roucas Blanc, était en cours de finalisation ce jeudi.

    Philippe Lucas parrain

    de cet opus 2026

    L’événement se veut écologique avec 18 engagements pris pour respecter l’environnement. Tri et recyclage, encouragement de la mobilité douce, lutte contre le gaspillage ou réduction du nombre de bateaux à moteur thermique figurent parmi les règles mises en place par les organisateurs. « Les médailles et trophées sont issus de matières plastiques ramassées sur les plages et le partenariat avec la Société des eaux de Marseille nous permet d’avoir un ravitaillement sans utiliser de bouteilles plastiques, mais uniquement des gobelets en carton », détaille Dominique Mena.

    La compétition figure également au programme de la Coupe de France de natation, depuis son édition inaugurale, et de l’EDF Aqua Challenge, depuis 2019. « Venant de la Fédération française de natation, côté water-polo, ça me fait plaisir de rendre ce que l’on m’a donné et accueillir une étape de la Coupe de France », détaille le fondateur.

    Un invité de marque sera présent sur le village samedi 6 juin. Il donnera également le départ des 5 km et 6 km le dimanche 7 juin, tôt dans la matinée. Le parrain de cette 28e édition n’est autre que Philippe Lucas, l’entraîneur qui a révélé Laure Manaudou au plus haut niveau mondial. « ça va avoir une résonance encore un peu plus forte pour les gens », espère Dominique Mena. 10 000 nageurs s’apprêtent donc à affluer vers Marseille pour se mesurer aux eaux de la mer Méditerranée.

    Monte-Cristo passera aussi par La Ciotat

    Organisé historiquement à Marseille, le Défi Monte-Cristo s’exporte également à La Ciotat, depuis deux ans, dans la mesure où les demandes explosent.

    La 3e édition se disputera le week-end du 11 au 13 septembre. Le départ, situé au large de l’Île verte, offre un cadre fantastique pour les participants. Les mêmes distances seront proposées à ces derniers, que ce soit avec ou sans palmes.

    Les inscriptions sont ouvertes depuis la mi-mars et de nombreux nageurs ont déjà sécurisé leur place pour au moins l’une des courses. « On a déjà un peu plus de 2 500 inscrits, donc c’est parti pour être une belle réussite également », décrit le fondateur, Dominique Mena.