Tag: Bouches-du-Rhône

  • À Jouques, Mathieu Charreyre veille sur un trésor du patrimoine numérique

    À Jouques, Mathieu Charreyre veille sur un trésor du patrimoine numérique

    Au pied du massif de la Sainte-Victoire se cachent deux trésors. Le premier est le domaine Saint-Antonin, propriété des descendants d’Annibal Thus. Le second est abrité dans un entrepôt du domaine. Dans cette pièce sombre, soigneusement surveillée, des centaines d’ancêtres de nos ordinateurs et de nos téléphones sont alignés sur des étagères qui semblent s’étendre à perte de vue.

    L’association Winter Development Association (WDA), fondée en 1996, y conserve une partie de son importante collection dédiée à la préservation du patrimoine numérique. En région Provence-Alpes-Côte d’Azur, près de 40% des collections de l’association sont ainsi entreposées. La WDA est l’une des trois seules associations françaises spécialisées dans ce domaine et vient de célébrer ses trente ans d’existence. À l’heure où les technologies se renouvellent à un rythme effréné, ordinateurs, consoles, logiciels et périphériques sont restaurés et préservés afin de témoigner de l’histoire de l’informatique et de transmettre cette mémoire aux générations futures. À la tête de cette mission, Mathieu Charreyre, descendant de la famille Thus et cofondateur de l’association, gère seul cette collection depuis le début des années 2000.

    Des « bouts de vie »

    « Depuis le décès de mes parents, j’ai repris la gestion du domaine parce qu’il n’y a plus que moi. Je pense que quelque part, j’ai été fait pour ça, puisque je fais la même chose avec la WDA depuis le début, explique Mathieu Charreyre, hyperactif qui a fait ses débuts au sein de Club Internet. Le patrimoine, c’est mon Rocher de Sisyphe », ajoute l’informaticien.

    L’histoire de cette collection débute en 1988, alors que trois amis, dont Mathieu, récupèrent les technologies abandonnées dans les rues de Paris. Au fil des années, l’initiative se structure en association et dirige sa ligne vers la préservation d’un bout d’histoire. Alors, dans cette pièce ou sont préservés les traces de l’histoire technologique et numérique, on ne compte même plus les objets de collection en nombre, mais en m3 : ici, 500 m3 de matériel, provenantentièrement de legs. Alors, trônent une machine de calculateur venue du CEA de Cadarache, datée de 1973. Ou des « licornes », comme les modèles des trois Oric Atmos… Le travail « d’une vie » qui a valu des collaborations avec le Cnam et la BNF. Pour Mathieu Charreyre, hors de question de vendre. « Ce sont des bouts de la vie des gens qui me sont confiés. » Quant au devenir de cette collection : « Ça, je ne sais pas encore… » Ses portes restent néanmoins ouvertes à « qui le veut ». Sur le domaine, Mathieu Charreyre s’attelle également à restaurer des ordinateurs, pour les redistribuer.

  • Des déchets stockés à l’air libre prennent feu au centre Suez d’Istres

    Des déchets stockés à l’air libre prennent feu au centre Suez d’Istres

    Le centre de tri de Suez, implanté au sein de l’éco-pôle Tubé Nord à Istres, a été touché par un incendie mercredi soir, peu avant 23 heures. Selon le Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône (Sdis 13), des déchets organiques stockés à l’air libre dans l’enceinte du site ont pris feu.

    L’action rapide et « conjointe des Pompiers 13 et des moyens du site a permis de contenir le sinistre à environ 600 mètres cubes », d’après le Sdis, soit un volume légèrement inférieur à celui cumulé d’une dizaine de conteneurs maritimes standards. Jointe jeudi soir, la préfecture parle quant à elle de 3 mètres cubes brûlés, équivalent à un petit véhicule utilitaire.

    Les services de l’État se sont rendus, jeudi après-midi, sur le site de Suez Istres suite à l’incendie. « Au regard des premières constations réalisées par les inspecteurs, il apparaît qu’il n’y a aucune trace de pollution des milieux », note la préfecture.

    Suez recyclage et valorisation Istres avait été mise en demeure en avril dernier par la préfecture des Bouches-du-Rhône. « Sur les deux mises en demeure dont l’exploitant a fait l’objet, en avril 2026, pour des travaux sur l’enrobé et le forage, l’exploitant ayant répondu à la première mise en demeure, une visite de récolement est en cours pour la seconde. à ce jour, aucune non-conformité n’a été constaté », concluent les services de l’État.

    Du combustible CSR

    avait pris feu en 2020

    Ce site de Suez a connu un incendie il y a six ans. La zone de confection de Combustible solide de récupération (CSR) à partir de déchets s’était embrasée : 5 000 m² de déchets et de machineries avaient pris feu en juillet 2020. Un arrêté préfectoral en avait ordonné l’arrêt en raison de « l’accumulation de déchets métalliques ayant entraîné échauffement puis incendie » par les convoyeurs, avant une propagation du feu entre les ateliers.

    À noter que le CSR est le produit au centre du projet de « chaufferie » porté par Suez sur le même site, fortement contesté par la Ville d’Istres et des associations locales, qui le considèrent comme un incinérateur. Sollicité, Suez n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • Le Delta Festival ouvre sous le regard prudent des participants

    Le Delta Festival ouvre sous le regard prudent des participants

    « J’ai pris connaissance des accusations il y a une semaine, j’ai réfléchi pendant trois jours avant de décider de maintenir mon stand. C’était une décision difficile », confie Manon, présidente de l’association d’éducation sexuelle Les fleurs de clitoria. Comme beaucoup d’autres associations, elle a choisi de maintenir son stand, malgré les accusations de violences sexuelles à l’encontre du président du Delta Festival, Olivier Ledot, qui conteste les faits.

    Ce jeudi, à 15h, sur la plage du Prado, le festival ouvrait ses portes, mais avec des espaces vides. Depuis une semaine, des artistes, des associations et des festivaliers se désengagent de l’événement. D’autres font le choix de rester. C’est le cas de Manon, qui justifie sa décision : « L’asso fait de la prévention et de la sensibilisation au consentement. On s’est dit que si on n’était pas là, peut-être que personne ne passerait ce message. »

    Stéphane Mollet, secrétaire général de la CFDT Paca, explique que le syndicat est présent tous les ans « pour sensibiliser les jeunes à leurs droits ». Cette année, l’approche de la CFDT a évolué en lien avec les récentes révélations. « On a directement décidé d’annuler notre présence sur les animations organisées par le Delta, mais de nous maintenir sur le forum pour parler librement des questions de violences sexuelles aux festivaliers et aux travailleurs », commente Stéphane Mollet.

    Du côté des spectateurs comme des associations, on ne sait sur quel pied danser. Alors que les premiers DJ montent sur la scène, Aaron, Marseillais de 19 ans, se montre partagé : « C’est un sujet compliqué. Le directeur a été écarté, le Delta a fait un communiqué… Je ne veux pas incriminer toutes les équipes du festival à cause d’un mec qui est dans tous les cas mis de côté. »

    « Un avant et un après »

    Clara et Inès, 22 ans, sont déçues car leurs artistes préférés ont annulé leur concert : « On comprend leur décision, mais en même temps, ça pénalise les mauvaises personnes, on comprend mieux les artistes qui reversent leur cachet aux assos ». « J’ai trouvé le communiqué du Delta très bien et je comprends leur volonté de maintenir et de ne pas renoncer », salue une bénévole de l’association PSSM, qui forme et sensibilise à la santé mentale. Face aux accusations, le Delta festival a expliqué, dans un communiqué, que « l’intégralité des bénéfices potentiels du festival sera reversée à la cause des violences sexistes et sexuelles ».

    Si le communiqué laisse Manon et les membres de son association « mitigés », elle salue la réactivité des équipes : « Il y a beaucoup de festivals que l’on sait problématiques, comme le Hellfest, et ou personne ne fait rien. On voit que les choses changent, il y aura un avant et un après Delta festival. »

  • La calade de Fontville restaurée à l’ancienne

    La calade de Fontville restaurée à l’ancienne

    La voie n’est pas répertoriée sur le GPS, mais elle est bien connue des habitants de Miramas-le-Vieux. Au départ du bas du village, à proximité du cimetière, la calade du chemin de la Fontville permet de rejoindre le parc de la Poudrerie Royale. Les enfants l’empruntent quotidiennement pour prendre le bus qui les amène à l’école. Du moins en période scolaire. À l’époque, les anciens y descendaient pour aller au lavoir. La légende raconte même que Catherine de Médicis l’aurait arpentée alors qu’elle était en visite à Salon-de-Provence.

    Aujourd’hui, à force de passages, ce sentier médiéval est abîmé. Après avoir été interpellée par le Conseil de quartier des 4 chemins, la Ville de Miramas a fléché 12 000 euros pour sa restauration. Depuis le 20 juillet et jusqu’à la fin du mois, une dizaine de bénévoles de l’association Opus s’affairent sur la voie historique en s’appliquant à respecter les techniques traditionnelles : un revêtement en pierres sèches plantées à la verticale, en contact les unes avec les autres, sur un lit de mortier de chaux à sec. Luc Alain, animateur technique du chantier, explique : « Ça permet au sol de respirer tout en canalisant les eaux de pluie. »

    Une aventure humaine

    avant tout

    Pour cet artisan muralier d’Aix-en-Provence, encadrer des bénévoles via une association est une première : « C’est intéressant, ça permet d’être dans la transmission du savoir-faire et de les intéresser au patrimoine. Ce que je leur ai dit, c’est qu’ils travaillent sur un ouvrage qui est là depuis probablement plus de 500 ans, et que les pierres qu’ils manipulent ont déjà été manipulées il y a des centaines d’années par d’autres personnes. »

    Le message semble être passé. Accroupis sur le chemin, les jeunes, âgés de 18 à 22 ans, sont concentrés. Leurs journées bien chargées. Le réveil sonne à 6h, pour débuter les travaux une heure plus tard. Ils et elles passent la matinée à enlever les pierres des zones cabossées ou bétonnées, remettre de la chaux et replacer le revêtement. À 13h, retour au Parc de la Poudrerie, où ils sont logés. L’après-midi, place aux activités et à la découverte de la région.

    Amandine et Ilda, qui travaillent en binôme sur la calade, ont d’abord été attirées par « l’aventure humaine » que propose Opus. « C’est l’idée de partager deux semaines avec des gens qu’on ne connaît pas, de découvrir de nouvelles personnes, de nouvelles cultures, parce que c’est un chantier international », détaille la première, étudiante en kinésithérapie à Lille. Leur meilleur souvenir ? La soirée passée la veille, lors de laquelle elles ont découvert des chants turcs de leurs camarades originaires du pays d’Asie.

    Dans quelques semaines, d’autres bénévoles d’Opus viendront restaurer le canal du Parc de la Poudrerie. Le partenariat de la Ville avec l’association, qui dure depuis près de vingt ans, a notamment permis à de nombreux éléments du patrimoine de cet ancien domaine industriel d’avoir une seconde vie, à l’instar du lavoir, des moulins à poudre, ou encore de la chapelle.

  • La DZ mafia nie avoir menacé le maire d’Alès

    La DZ mafia nie avoir menacé le maire d’Alès

    Six personnes cagoulées derrière une table recouverte d’un drap avec le logo DZ, qui n’est pas sans rappeler la vidéo publiée après le meurtre, en octobre 2024, d’un chauffeur de VTC à Marseille par un adolescent de 14 ans. Dans ce nouveau film de quelques minutes posté mercredi soir sur les réseaux sociaux, des membres assurant appartenir à l’organisation criminelle se dédouanent, niant toute implication dans les menaces visant le maire d’Alès dans le Gard, Christophe Rivenq, exfiltré de son domicile par le Raid en pleine nuit.

    L’homme au centre de l’image assure que l’organisation « n’est en aucun cas responsable » des menaces visant l’édile, qualifiées « d’acte lâche et odieux fait par des personnes voulant nuire à la société, rabaissant la moralité française, mais surtout en visant le groupe de la DZ ». Plus inquiétant encore, il assure également que le groupe cherche à identifier les auteurs de « cet acte qui nuit énormément à (leurs) affaires ».

    Une enquête

    toujours en cours

    Contacté, le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), chargé de l’enquête sur l’ensemble des menaces visant le maire, nous indique qu’à « ce stade, il a eu connaissance de cette vidéo », et que les « investigations se poursuivent ».

    Le maire LR d’Alès, Christophe Rivenq, a reçu le 16 juillet une enveloppe contenant deux balles de calibre 9 mm, ainsi que des inscriptions menaçantes taguées sur le mur de sa clôture, signées « DZ NG », pour DZ Mafia nouvelle génération, possible scission du groupe. Placé sous protection policière depuis, il a été exfiltré de son domicile par le Raid, dans la nuit de lundi à mardi, après la remontée d’une menace évoquant la possible présence d’une voiture piégée, information non confirmée à ce stade.

  • Des cendriers de poche offerts pour contrer les jets de mégots

    Des cendriers de poche offerts pour contrer les jets de mégots

    Dans le cadre d’une semaine de sensibilisation aux mégots mal jetés, la Confédération des Buralistes, la Métropole Aix-Marseille-Provence et Alcome, éco-organisme dédié à la réduction des mégots dans l’espace public, se sont associés pour mener une campagne intitulée #MonMégotOùIlFaut. Ils sont venus présenter leur initiative, ce jeudi, sur la terrasse de la brasserie Le Delibes (8e), avec comme mot d’ordre : « Neuf déchets sur dix sont des mégots. »

    Au total, 129 buralistes marseillais s’engagent à distribuer gratuitement à leurs clients près de 70 000 cendriers de poche. Une initiative qui vise à lutter contre la présence de ces déchets dans la rue. « Aujourd’hui, le mauvais jet du mégot par terre est inconscient », explique Jonathan Decottignies, directeur des opérations d’Alcome. Il appelle à « une réelle prise de conscience », alors que « quatre à cinq mégots sont présents en permanence tous les 10 mètres de voirie », affirme cette fois Hedi Ramdane, conseiller métropolitain délégué à la propreté et adjoint au maire de Marseille.

    En contact direct avec les fumeurs, les buralistes sont « le premier maillon à solliciter », explique Jonathan Decottignies. Un avis partagé par Frédéric Pourchier, président de la Fédération départementale des buralistes des Bouches-du-Rhône. Ce dernier se dit prêt à faire de la « prévention auprès des clients », car, selon lui, « c’est aux buralistes d’habituer les consommateurs ». Une manière également de montrer que les buralistes peuvent « s’engager pour l’écologie ».

    Pas de solution miracle

    À la fin de leurs discours, les trois hommes ont testé les cendriers. Ceux-ci peuvent contenir, selon eux, « une dizaine de mégots de cigarettes » et « ne dégagent aucune odeur dans les sacs ».

    Ainsi, les cendriers de poche restent l’outil « le plus important » pour sensibiliser la population, selon le président de la Fédération des buralistes. Pourtant, un seul cendrier ne suffit pas à répondre à l’ampleur du problème. En effet, « il en faut quatre à cinq à chaque fumeur pour qu’ils soient utilisés de façon régulière », afin « d’en avoir toujours un à disposition », explique Aliénor Galamez, déléguée régionale d’Alcome. Elle l’assure toutefois : « Le stock a été calculé pour que tout le monde puisse être équipé. »

    Si la Métropole et Alcome affirment agir tout au long de l’année face à ce phénomène, ils admettent « renforcer leurs efforts » en période estivale, où un nombre plus important de déchets est constaté. En effet, le jet de mégots sur la voirie est « un problème particulièrement récurrent en milieu festif et sur les plages où ont lieu de nombreux apéros », note Aliénor Galamez. Des « hot spots » (lieux où les déchets sont nombreux) ont été identifiés par la Ville afin de renforcer la prévention.

    Provence-Alpes-Côte d’Azur est la région qui compte le plus de fumeurs en France, selon une étude de Santé publique France publiée en 2024.

  • Les salariés de Fibre Excellence occupent l’usine

    Les salariés de Fibre Excellence occupent l’usine

    Ils ne lâcheront rien. Après Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, les salariés de Fibre Excellence de l’usine de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, ont débuté, jeudi, l’occupation de leur site « à durée indéterminée ». « Notre mobilisation se poursuivra aussi longtemps que la situation l’exigera, jusqu’à ce que de véritables réponses soient apportées », prévient la Filpac CGT Fibre Excellence Provence, dans un communiqué.

    Les travailleurs du groupe de pâte à papier placé en redressement judiciaire, en avril dernier, entendent ainsi maintenir la pression avant l’examen lundi, par le tribunal de commerce de Toulouse, de l’offre de reprise portée par le financier Matthieu Pigasse. Ce projet est le seul qui garantissait la reprise de la totalité des salariés, soit 660 personnes, auxquels s’ajoutent les 228 de la papeterie de la Chapelle-Darblay – dont Fibre Excellence est repreneur – et plus de 10 000 emplois indirects. Sur les banderoles déployées sur les sites, le ton est accusateur : « Macron va-t-il tuer 10 000 emplois ? », interrogent les protestataires.

    « Quels sont les engagements de l’État pour rééquilibrer le marché du bois et garantir la viabilité du projet de reprise ? », écrivent dans un courrier adressé au couple exécutif Carole Delga, présidente (PS) de la Région Occitanie, Renaud Muselier, président (Ren) de la Région Sud, et les numéros un de la CGT, Sophie Binet, de la CFDT, Marylise Léon, et de FO, Frédéric Souillot. Ces derniers se sont prononcés en faveur du projet du banquier d’affaires dit « de gauche » avec Combat Holding.

    Mais le gouvernement se montre très critique. Interrogé lors de l’ultime séance de questions au gouvernement, mardi, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, estime que « l’offre de reprise (…), à ce stade, n’est pas au niveau parce qu’elle demande une aide supplémentaire de l’État ». Si l’on suit les calculs du locataire de Bercy, l’État, qui a déjà engagé plus de 90 millions d’euros dans le sauvetage du groupe et se dit prêt à ajouter 100 millions d’euros supplémentaires, devrait mettre 100 millions d’euros de plus pour suivre le plan de Matthieu Pigasse. Tandis que ce dernier alignerait « cinq misérables millions d’euros », dixit le ministre, « ça me rappelle non pas Robin des bois, mais le shérif de Nottingham qui fait des actions avec l’argent des autres », tacle-t-il. Sur franceinfo ce jeudi matin, il accuse le patron auquel on prête des ambitions élyséennes de « faire de la politique sur le dos des salariés ».

    Le temps presse. L’État doit se positionner et vite. « S’il y a liquidation, personne ne pourra dire qu’il ne savait pas sur la disparition de près de 80% de la capacité française de production de pâte marchande, de 660 emplois directs, de plusieurs milliers d’emplois indirects et d’un outil industriel stratégique qu’il sera pratiquement impossible de reconstruire », préviennent les syndicats et les collectivités.

  • [C’est l’été] Twerkistan à Marseille

    [C’est l’été] Twerkistan à Marseille

    Un événement à la croisée des cultures urbaines, mettant à l’honneur les scènes émergentes locales et internationales dans un cadre inclusif, accessible et convivial. L’occasion également de profiter d’un espace créateurs et associatif ainsi que d’un espace créatif et ludique destiné aux enfants accompagnés de leurs parents.

    De 18h à minuit.

    Gratuit.

  • [C’est l’été] Aubagne : le Festimôme de retour !

    [C’est l’été] Aubagne : le Festimôme de retour !

    Cette année, les jeunes curieux s’apprêtent à vivre une édition particulière. En effet, le Festimôme, festival dédié au jeune public, fête son 25e anniversaire ! Dès ce jeudi et jusqu’à dimanche, le parc Jean-Moulin vibrera au rythme des animations et des spectacles proposés aux plus petits.

    éclats de rire et découvertes

    Le tout dans une atmosphère hors du temps, à la fois apaisante, poétique et joyeuse. Les éclats de rire des enfants résonneront au rythme des prouesses artistiques présentées tout au long de ce festival de cirque et des arts de la rue, devenu au fil des années un rendez-vous incontournable pour les familles.

    Une quinzaine de compagnies seront présentes pour émerveiller petits et grands. Au programme : chasse au trésor, grand village circassien, spectacles et ateliers créatifs proposés chaque jour jusqu’à dimanche. De quoi vivre de beaux moments de partage, de découverte et d’émerveillement en famille.

  • [C’est l’été] La jeunesse au sommet pour le dernier soir du Festival d’Aix

    [C’est l’été] La jeunesse au sommet pour le dernier soir du Festival d’Aix

    C’est une dernière ovation debout qui a clos, lundi soir au Grand Théâtre de Provence, le Festival d’Aix 2026. Ultime soirée illuminée par la fougue et l’enthousiasme de l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée, dirigé par sa cheffe Sora Elisabeth Lee. Le public goûte toujours avec le même engouement ce rendez-vous traditionnel. Tous ces jeunes interprètes venus des rives proches et lointaines de Mare Nostrum offrent chaque saison le meilleur de ce qu’un orchestre, même parmi les plus aguerris, est capable de délivrer.

    Il est acquis que la valeur n’attend pas le nombre des années, et ces jeunes musiciens, épaulés par des mentors du London Symphony Orchestra, ne démentent pas le sage propos de Corneille. Le programme, centré autour d’une composition collective de l’orchestre, emmenait l’auditeur vers une Europe orientale, hongroise avec Kodály et Dohnányi, puis russe avec Moussorgski.

    La composition collective est toujours très attendue, car elle est synonyme d’émotion pure. Toujours encadrée par le compositeur Fabrizio Cassol, elle met cette année en avant un quintette particulièrement divers : les voix d’Amena El Bad et de Saber Radhouni pour des mélopées proche-orientales, le oud virtuose d’Akram Ben Romdhane, le trombone non moins agile de Jules Regard et le piano d’Elrini Alisa. Entre grands élans orchestraux et couleurs plus intimes, c’est tout le destin de notre planète, toute la fragilité de l’humanité que l’orchestre a voulu exprimer.

    Sérieux et qualité

    Ce que l’on retient de cette session, c’est à la fois le sérieux professionnel de l’orchestre et la qualité expressive de chaque pupitre. Sora Elisabeth Lee est une cheffe rigoureuse dans la battue et parfaite architecte de compositions dont la complexité pourrait effrayer. Les Danses de Galánta, de Zoltán Kodály, sont propices à la démonstration de ces traits d’orchestre (un cor solo magnifique) qui signent une phalange de qualité. Les Variationen über ein Kinderlied d’Ernö Dohnányi, composée en 1914, sont un jeu de contraste amusant entre un orchestre à l’épaisseur post romantique, très « lisztienne », et de variations ébouriffantes au piano autour de « Ah ! vous dirais-je maman », dont Mozart s’était déjà amusé. Aris Alexander Blettenberg s’en amuse tout autant avec un humour virtuose.

    S’il y a une œuvre orchestrale propre à mettre en valeur les talents réunis de chaque section, ce sont bien les Tableaux d’une exposition de Moussorgski, orchestré par Maurice Ravel. La visite de l’exposition du peintre Viktor Hartmann est une promenade sonore qui conduit aux fastes de la Grande porte de Kiev. Les teintes apposées par Ravel sur le piano du russe méritent de bons coloristes.

    Le solo de saxophone évoquant Le Vieux Château, le cor mélancolique de Bydlo et sa mélodie déchirante, les bois en folie qui piaillent dans le Ballet des poussins dans leurs coques, les cuivres qui descendent aux catacombes et surtout, très exposée, la trompette piccolo qui assume magistralement le son geignard, acide et incisif de Schmuÿle dans sa conversation avec Samuel Goldenberg.

    Tout explose au final. La grande section des percussions est à la fête. On en redemande de cette jeunesse toute proche, qui prouve que la musique est un art vivant et qu’un concert symphonique est aussi un spectacle et une de ces hautes marques de civilisation qui honore l’humanité.