Tag: Bouches-du-Rhône

  • [Passerelle interculturelle] Shanghai et Marseille : deux villes ouvertes sur le monde

    [Passerelle interculturelle] Shanghai et Marseille : deux villes ouvertes sur le monde

    Aujourd’hui, pour un voyageur français, Shanghai n’est plus si loin de Marseille. Grâce à la liaison aérienne directe entre les deux villes et à l’exemption de visa accordée par la Chine aux titulaires d’un passeport français pour les séjours de courte durée, il suffit presque d’acheter un billet d’avion pour partir de la Méditerranée et se retrouver, quelques heures plus tard, sur les rives du Huangpu. Cette liaison directe donne une réalité nouvelle aux relations entre Shanghai et Marseille, officiellement jumelées depuis le 26 octobre 1987. Les deux villes sont très différentes par leur taille, leur architecture et leur paysage, mais elles partagent une longue histoire liée au port, au commerce maritime et aux échanges avec le monde extérieur.

    Shanghai s’est développée à l’embouchure du Yangtsé, autour du fleuve Huangpu. Son port a fait entrer des marchandises, des capitaux, des voyageurs, mais aussi de nouvelles idées et différentes influences culturelles. Aujourd’hui, Shanghai constitue l’une des principales portes d’accès au delta du Yangtsé, l’une des régions économiques les plus dynamiques de Chine.

    Cette histoire reste visible dans son paysage urbain. Sur le Bund, les bâtiments historiques témoignent des échanges anciens entre Shanghai et l’étranger. Certains quartiers de l’ancienne concession française conservent également des rues bordées de platanes, des villas et des immeubles d’inspiration européenne. De l’autre côté du Huangpu, les gratte-ciel de Pudong incarnent une métropole financière et technologique tournée vers l’avenir.

    Contraste architectural saisissant

    Shanghai se découvre aussi par sa cuisine. Le matin, les habitants peuvent acheter des shengjian bao, de petits pains farcis à la viande et grillés à la poêle, ou des xiaolongbao, servis dans de petits paniers en bambou. On trouve également des nouilles, des raviolis, des poissons et des plats légèrement sucrés, caractéristiques de la cuisine locale.

    La ville offre de nombreuses manières de passer une journée. On peut commencer par une promenade sur le Bund, traverser le Huangpu en ferry pour rejoindre Pudong, puis monter dans l’une des tours afin d’observer la ville d’en haut. Plus tard, les jardins de Yuyuan permettent de découvrir une architecture chinoise traditionnelle au milieu d’un quartier très animé.

    Le soir, Shanghai change encore de visage. Les façades du Bund s’illuminent, tandis que les tours de Pudong se reflètent dans le fleuve. Les restaurants, les théâtres, les salles de concert et les petites rues commerçantes restent animés jusque tard. La ville mêle ainsi patrimoine, consommation, culture et loisirs dans un même espace urbain.

    Shanghai et Marseille ont chacune leur caractère, mais toutes deux savent accueillir ceux qui arrivent par la mer ou par les airs. Dans ces deux villes, le voyage ne commence pas seulement au moment du départ.

    Dong Qiao, correspondante de China Media Group à Paris

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • Un transfert de la facture aux mutuelles… et aux assurés

    Un transfert de la facture aux mutuelles… et aux assurés

    Le gouvernement a présenté de nouveaux transferts de remboursements de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé. Concrètement, la Sécurité sociale remboursera moins les consultations chez le chirurgien-dentiste (50% contre 60%), les transports sanitaires (55% contre 50%) et les médicaments jugés « les moins efficaces ».
    La Mutualité française, qui regroupe 500 mutuelles, estime que les complémentaires devront absorber entre 1,5 et 1,7 milliard d’euros de dépenses supplémentaires. Interrogée par Franceinfo sur une éventuelle hausse des cotisations, la ministre de la Santé, assure que « la répercussion sur le prix n’est pas automatique », tout en reconnaissant ne pas pouvoir imposer un gel tarifaire.

    « Les assurés vont payer plus »

    Un discours que conteste Hélène Gaufichon, secrétaire générale de Solimut : « Les assurés vont payer plus à cause d’une augmentation mécanique de leur cotisation mutualiste ». Sur la méthode, Hélène Gaufichon dénonce « un déni de démocratie réalisé en plein cœur de l’été par le biais de décrets, qui enlèvent la parole au Parlement ». Le projet, transmis au Conseil de l’Assurance maladie, a d’ailleurs reçu, mardi, un avis défavorable.

    Au-delà de l’impact financier, la secrétaire générale de Solimut y voit « une attaque d’envergure contre la Sécurité sociale et contre l’accès aux soins ». « On a fêté les 80 ans de la Sécurité sociale et, plutôt que de la renforcer, le gouvernement la détruit un peu plus », fustige-t-elle. Les mutuelles ont lancé la plateforme defendonslasecu.fr pour interpeller les parlementaires et tenter d’obtenir le retrait de cette mesure dès la rentrée.

  • [Entretien] Anthony Gonçalves : « Le calcul égoïste d’un gouvernement à l’affût de la moindre économie »

    [Entretien] Anthony Gonçalves : « Le calcul égoïste d’un gouvernement à l’affût de la moindre économie »

    La Marseillaise : Le gouvernement a annoncé le doublement des franchises médicales et une hausse du reste à charge. Quel regard portez-vous sur ces mesures ?

    Anthony Gonçalves : Je suis profondément choqué par ces annonces. Le gouvernement considère que les gens consomment des médicaments ou ont des actes médicaux pour se faire plaisir. Il imagine qu’en augmentant ces franchises, ils vont réduire leur consommation médicale, ce qui est totalement faux. La grande majorité de ces consommations répond à des besoins réels. Ça va toucher des personnes atteintes de maladies graves qui n’ont pas choisi de l’être.

    Ces mesures permettraient, selon
    le gouvernement, de financer l’accès aux soins. Qu’en pensez-vous
     ?

    A.G. : C’est incroyable de ponctionner les malades pour favoriser l’accès aux soins. C’est l’inverse qui va se passer. Penser qu’on va freiner des dépenses de santé comme s’il s’agissait d’une consommation de confort est un calcul terrible. Les plus modestes, souvent en affection de longue durée, vont renoncer aux soins dont ils ont besoin. Les malades du cancer, avec des traitements lourds et réguliers, seront touchés de plein fouet. Au final, cela dégradera leur état de santé et coûtera encore plus cher lorsqu’il faudra les hospitaliser. C’est le calcul égoïste d’un gouvernement à l’affût de la moindre économie. Il ne va pas chercher l’argent là où il se trouve. On nous parle du déficit de la Sécurité sociale, mais il est largement alimenté par les exonérations de cotisations accordées aux entreprises.

    Qui seront les plus pénalisés ?

    A.G. : Les retraités vivant avec moins de 1 500 euros par mois et atteints d’affections de longue durée, de cancer ou de maladies cardiovasculaires. Ce sont des patients qui ont besoin de consultations et de prescriptions régulières. On va aller taper dans la poche de ceux qui n’ont déjà pas beaucoup pour vivre.

    Quelles seront les conséquences de ces mesures sur le prix des mutuelles ?

    A.G. : On parle d’un transfert de charges de 1,5 à 2 milliards d’euros, donc les mutuelles vont mécaniquement augmenter leurs tarifs, alors qu’ils sont déjà un problème pour une partie de la population. D’où notre idée d’instaurer une mutuelle communale à Marseille, pour permettre aux plus modestes d’accéder à une complémentaire à un tarif plus favorable.

    Que révèlent ces annonces sur
    la gestion politique de notre système de santé
     ?

    A.G. : Depuis des années, on entend cette petite musique de la responsabilisation des malades. L’idée serait de dire que le droit à la santé est une affaire de responsabilité individuelle. C’est un retour en arrière de plus sur un droit universel, qui ne doit dépendre ni des revenus ni du niveau social. On assiste à une attaque en règle globale contre notre système de Sécurité sociale.

    Les annonces ont été faites en plein été, sans débat parlementaire.
    Que pensez-vous de la méthode
     ?

    A.G. : La méthode est aussi choquante que le fond. L’an dernier, cette proposition avait été rejetée par le Parlement. Le gouvernement revient à la charge sans passer par le débat. C’est le pari abominable du gouvernement : on fait passer les mauvais coups pendant l’été.

  • Les années 80 à l’honneur pour la tournée d’été La Marseillaise à L’Estaque

    Les années 80 à l’honneur pour la tournée d’été La Marseillaise à L’Estaque

    C’est avec la vue sur la mer que se fera le prochain show gratuit de la tournée d’été de La Marseillaise, ce lundi 3 août au Parc Mistral à l’Estaque à partir de 20h15.

    Le groupe Jukebox entrera en premier sur scène à 20h30. Le concert de 45 minutes s’adapte aux préférences du public. Grâce à des QR codes distribués avant le show, le public choisit dans le répertoire proposé les titres qui vont être joués par le groupe. L’idée et le nom du groupe proviennent de l’époque où était glissé un franc dans un jukebox pour choisir sa chanson.

    « On s’inspire de cet esprit des années soixante-dix : “faites l’amour et pas la guerre“. On veut donner aux gens l’occasion de sortir de l’actualité pesante pour faire la fête ensemble », avait expliqué à La Marseillaise Éric Navarro, le chanteur du groupe, lors de leur premier concert pour la tournée d’été de La Marseillaise.

    Tout pour le public

    C’est le groupe Fahrenheit, nom inspiré du degré Fahrenheit et du parfum Dior, qui poursuivra le concert avec des reprises des chansons françaises et anglaises des années 1980. « On va jouer du Eddy Mitchell, Laurent Voulzy, Barry White, etc. », raconte Philip Sanders, fondateur et batteur-choriste du groupe. Il sera accompagné du chanteur Jean-Luc Portero, du guitariste Gabriel Carillo et de l’ancien pianiste de Gilbert Montagné Hervé Cosentino. « Je dansais sur ces musiques quand j’étais jeune et aujourd’hui, on continue de le faire, même avec les 18- 20 ans », se réjouit-il. Philip Sanders met en avant le chanteur Jean-Luc Portero, affirmant « qu’il sait faire une très belle animation, parler aux gens, pour qu’ils s’éclatent ».

    « Quand je mixe, je ne le fais pas pour moi seulement, je le fais avant tout pour le public », confie DJ Bobzilla qui poursuivra la soirée jusqu’à minuit au parc Mistral à l’Estaque. « Ce que je veux, c’est m’adapter à ce que les gens aiment. S’ils passent une bonne soirée, je le vois à leurs sourires, je les vois danser et c’est ce qui me fait plaisir », conclut-il.

    Au mois d’août, La tournée d’été La Marseillaise se poursuit encore. À Martigues, le 12 août, joueront Sabotaaage, MagicQueen, et DJ Bobzilla. L’été se terminera le 28 août au parc Font Obscure. Sur la scène, se produira Sabotaaage, Get the Beatles Back qui reprendra les tubes du groupe britannique et DJ Bobzilla.

    Gabrielle Cartellier

  • La Ronde d’Aix des jeunes a réussi sa grande première

    La Ronde d’Aix des jeunes a réussi sa grande première

    Sans eux, le cyclisme professionnel n’existerait pas du tout.

    Les classes biberons des clubs cyclistes ont besoin d’une mise en lumière pour poursuivre leur mission de formation. Et quoi de mieux qu’un critérium de renommée mondiale pour cela ? C’est la belle soirée qu’ont passée les 31 jeunes régionaux retenus pour prendre part à la toute première Ronde des jeunes.

    Trois séries ont ainsi été proposées, en levée de rideau de la course gagnée par Paul Magnier, vendredi en fin de journée. Comme les professionnels, les minots ont emprunté le circuit dessiné le long du cours Mirabeau. Et comme les professionnels, ils se sont donnés à fond.

    Des étoiles plein les yeux

    Pour le président du comité départemental cycliste Yohann Szymczak, « c’est génial pour ces gamins. Ils avaient des étoiles plein les yeux. Ils vivent le vélo à 100%, et c’est pour eux une belle récompense ».

    Les clubs d’Istres, La Pomme, Saint-Antoine – La gavotte, Berre-l’Étang, Château Gombert, Plan-de-Cuques, Arles et Aix étaient présents pour les Bouches-du-Rhône. Un contingent complété par une délégation du Thor, venue en voisin de Vaucluse. Les trois courses étaient ouvertes aux U13, U15 et U17. à l’issue des épreuves, l’annonce d’une seconde édition a été faite sur le podium.

    Les féminines ont également été à l’honneur, avec la recréation de la Ronde dédiée aux Femmes. Quarante ans après l’édition initiale, gagnée par Jeannie Longo, elles étaient treize sur la ligne de départ et ont ouvert la voie de la finale de la Ronde.

  • L’été, du sport gratuit pour les petits Aixois qui ne partent pas

    L’été, du sport gratuit pour les petits Aixois qui ne partent pas

    L’initiative est partie d’un constat : si associations et centres sociaux ferment leurs portes au mois d’août, beaucoup de familles ne partent pas. Pour la quatrième année, la mairie, dans le cadre de son contrat de Ville, relance ses Nocturnes 2026, soirées sportives et culturelles organisées trois fois par semaine, tous les mercredis, jeudis et vendredis du 29 juillet au 21 août, de 18h à 21h30. « L’idée est de remobiliser toutes les associations avec lesquelles on travaille pendant l’année, on leur demande de venir et elles proposent des stands d’activités », précise-t-on du côté de la municipalité.

    L’événement, est coorganisé par l’association Fête le Mur, fondée par Yannick Noah et destinée à accompagner les jeunes des quartiers prioritaires par le tennis. « Un rendez-vous incontournable de l’été, précise Selma Mechiouki, présidente de l’association. Nous sommes convaincus que le sport en général est un véritable vecteur d’inclusion, d’éducation, de confiance en soi et de réussite pour tous nos jeunes. Les Nocturnes participent à cette dynamique. Elles permettent d’animer le quartier, de créer du lien social, d’offrir aux enfants et aux familles des moments de partage et de découverte ». L’événement des Nocturnes, s’ouvre particulièrement aux mineurs des quartiers populaires. Encadrés par des dizaines d’associations et structures, ils peuvent venir pratiquer, sur inscription, une multitude de sports mais aussi et depuis peu, des ateliers culturels. « Mais on a aussi des gens du centre-ville, même si l’événement s’adresse surtout à un public qui en a le plus besoin », précise la municipalité.

    En nocturne pour éviter

    la chaleur

    L’inauguration de cette saison s’est tenue vendredi 31 juillet, en présence des élus. Parmi lesquels Elisabeth Huard, élue à la politique de la Ville, Salah-Eddine Khouiel, élu du quartier du Jas-de-Bouffan, Hervé Liberman, élu aux sports et Michel Boulan, délégué aux sports pour la Métropole, alors que des dizaines de jeunes envahissent déjà le terrain du gymnase Yves Blanc, où les activités sportives se dérouleront. « Nous avons choisi de faire ça en nocturne parce que la journée, il fait une chaleur terrible, précise Elisabeth Huard. Et ici, on peut aussi regrouper les familles. » L’événement, toujours selon l’élue, permet aussi aux associations sportives de se faire connaître, à quelques semaines de la Journée des associations.

  • À Port-de-Bouc, la saison de la pêche au calen est ouverte à la visite au public

    À Port-de-Bouc, la saison de la pêche au calen est ouverte à la visite au public

    De l’autre côté du canal de Caronte, face au complexe pétrochimique de Lavéra, un cabanon se dresse encore là où les anciennes usines chimiques sont parties depuis longtemps. Mardi dernier, les pêcheurs ont enfilé leurs combinaisons pour s’adonner à une pêche des plus typiques du Pays de Martigues pour la première fois de l’année.

    D’une action sur un levier, tout un ensemble de poulies vient tirer les câbles partant du cabanon sous l’eau. à mesure que les enrouleurs ramènent du câble, c’est un immense filet de pêche rouge qui sort de l’eau, sur toute la largeur du canal, soit plus d’une centaine de mètres, au point de bloquer la circulation des bateaux de plaisance. Dans leurs embarcations, les pêcheurs sont bien petits au milieu du canal, comparés aux pétroliers qui pourraient passer. Revenu bredouille, Thomas Boninu explique : « Le filet a été posé ce matin, il y a encore des réglages à faire ».

    « Plus que 2 en Provence »

    Ce n’est pas n’importe quel poisson que recherchent ces pêcheurs au calen, du nom du filet de pêche. Il s’agit des femelles du Muge testu, ou mulet à grosse tête, pleines d’œufs. Les poches entières sont prélevées, salées et séchées sur place à l’air libre pendant deux semaines pour donner la célèbre poutargue. « C’est très minutieux, c’est une fine membrane et ça peut vite se percer » explique Thomas Boninu.

    « C’est la 4e année qu’on a remis le filet en marche. On ne vend qu’aux particuliers, par le bouche-à-oreille » détaille-t-il. À 180 euros la poche d’œufs, il s’agit d’un produit d’exception. « On est que deux en Provence à en faire » affirme-t-il. Le savoir-faire est bien gardé. « À 12 ans et demi, mon père venait me tirer du lit pour aller démailler des muges très tôt le matin » se rappelle-t-il. Si les muges sont « de plus en plus gros » avec les années, d’après le pécheur, ce n’est pas la seule activité : « On fait la poutargue jusqu’au 10 septembre et après on a d’autres activités, j’ai un bateau de pêche et je fais le marché de Carro » précise Laurent Lopez, le propriétaire des lieux.

    « Revenez, les prochaines fois, il y aura plus de poisson » promet-il. Justement, l’office de tourisme a programmé des visites tous les mardis après-midi d’août à 14h30. Gratuitement sur réservation.

    La réservation se fait à l’office de tourisme ou au 04.42.06.27.28.

  • Avec la grêle, les garagistes et les assureurs sont sous l’eau

    Avec la grêle, les garagistes et les assureurs sont sous l’eau

    « On n’est pas en capacité de répondre à toutes les demandes ». Le discours revient en bouche chez les assureurs depuis le 25 juillet. Nombre de voitures ont en effet été endommagées par la grêle : pare-brise fissurés, carrosseries impactées… et les appels aux assurances se multiplient. « Entre 20 et 30 par jour », explique l’un d’eux, soit « trois fois plus que d’habitude ».

    Pour tous, le discours aux clients reste le même : se diriger vers les carrosseries agréées. Des garages partenaires, proposant généralement des prix avantageux, « négociés » par les assurances avec la promesse d’amener un important « volume de clients », explique Julien, agent général à Marseille. Si, au regard de la loi, rien n’est imposé, le client pourrait avoir à « prendre à sa charge la différence » dans le cas où un devis effectué par un garagiste non agréé serait supérieur à celui d’un carrossier agréé, explique Sam, gestionnaire en assurance chez GMF.

    Des pratiques critiquées par les garagistes non agréés, comme Quentin, gérant de la carrosserie Arago. Lui a reçu une dizaine de véhicules endommagés par la grêle, mais sait d’ores et déjà qu’il n’aura « pas le droit de toucher la moitié d’entre eux ». Face à cette situation, certaines assurances s’organisent. « Deux centres de débosselage vont être ouverts temporairement, dans le 11e et dans le centre, des lieux particulièrement touchés », explique un agent d’Allianz. Un dispositif partagé avec d’autres assureurs, souligne-t-il.

  • 9 500 mégots ramassés au Vallon des Auffes

    9 500 mégots ramassés au Vallon des Auffes

    « Par l’acte de ramasser bénévolement, on montre aux gens qu’on peut agir sans attendre que l’initiative ne vienne des institutions », raconte Naya, coprésidente de l’association Marseillaise 1 Déchet par jour. Ce dimanche, les équipes étaient au Vallon des Auffes, pour une matinée ramassage de déchets. Avec les autres associations présentes, AVA (Amis du Vallon des Auffes), et Boud’mer, un nettoyage de la zone est organisé une fois par mois, de mai à septembre. « L’idée c’est toujours de collaborer avec d’autres associations, car au plus on est, au plus on va loin », développe Anne Christelle, trésorière d’1 Déchet par jour.

    9 kg de textile en deux heures

    Dans l’eau, plongeurs, apnéistes et kayaks ramassent toutes sortes de déchets. Sur terre, les bénévoles arpentent les rochers. Tous sont sur les lieux depuis 9h30 du matin. « On trouve beaucoup trop de mégots, c’est ce qu’on ramasse le plus », se lamente Anne Christelle. Aux alentours de midi, les bénévoles font leur inventaire et trient les déchets selon le système de la Métropole en vue de leur recyclage. Certains chiffres sont particulièrement significatifs : ils ont ramassé, en 2 heures, 9 500 mégots et 9 kg de textile. « Notre objectif est de faire en sorte que les gros déchets restent le moins longtemps dans la mer, car une fois transformés en microdéchets, on ne peut plus rien faire. Chaque semaine on ingère 5 grammes de plastique », poursuit la trésorière de l’association.

    « On nettoie le vallon mais surtout on porte un message. Il y a toujours des gens qui sont curieux et qui posent des questions en passant », commente Augustin, bénévole depuis deux ans. La sensibilisation est un autre aspect central du travail de l’association, qui intervient en milieu scolaire, professionnel et associatif. « 80% des déchets terriens finissent dans la mer, la sensibilisation est un acte citoyen » conclut la coprésidente.

  • La pistache, une filière d’avenir en Provence

    La pistache, une filière d’avenir en Provence

    À quelques mètres du Vieux-Port, une odeur singulière flotte dans une nouvelle boutique de la rue Pythéas. Depuis le 25 juillet, la Maison de la Pistache a ouvert, dans un espace entièrement consacré au petit fruit vert. À l’entrée, un torréfacteur diffuse des effluves de pistaches chauffées à 135 degrés. À côté, une grande carte présente les 160 variétés du fruit présentes dans le monde. « On en importe d’Iran, de Sicile, de Grèce et d’Espagne », précise Béatrice Loncle, responsable de la boutique.

    Nature, en coque, décortiquée, en poudre ou en pâte, le fruit est décliné sous toutes ses formes. « On choisit celles qui ont une AOP, avec un ramassage et un séchage faits à la main. La pistache, c’est comme le vin, il y a des grands crus », insiste-t-elle.

    L’objectif est aussi de faire connaître une filière en pleine renaissance : celle de la pistache provençale, lancée en 2018 sur le plateau de Valensole, après sa disparition progressive au XXe siècle. C’est d’ailleurs là que la première boutique de la marque a ouvert. « Ça fait sens pour nous de mailler notre présence en Provence, parce que le but est d’être proche de la filière, de là où les pistaches vont être récoltées », explique Guillaume de Foucault, directeur général de la Maison de la Pistache.

    80 producteurs

    en Provence

    Pour l’instant, les pistaches commercialisées ne sont pas encore produites en Provence. « Les premières plantations datent de 2021 et il faut six ans pour être capable d’avoir un fruit et le récolter », rappelle-t-il.

    La filière se structure progressivement. Selon Benoît Dufay, coordinateur technique du syndicat France Pistache, elle compte aujourd’hui 160 producteurs adhérents, dont 80 en Provence, pour 300 à 350 hectares plantés dans la région, sur les 600 recensés en France.

    La relance de la filière bénéficie du soutien de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, dans le cadre d’un plan lancé en 2023. « Il y a un axe d’aide à la plantation pour les agriculteurs avec une partie des frais de plantation prise en charge par la région. On nous accompagne sur des prestations de recherche qu’on met en place pour valider des modèles de culture », indique Benoît Dufay.

    D’après l’agronome, cette renaissance est le fruit d’un marché en pleine expansion. « C’est une culture sur laquelle on a un vrai débouché. On observe des augmentations de consommation importantes en France. Il y a un réel besoin pour trouver de la pistache française », souligne-t-il.

    Un engouement renforcé ces dernières années par le phénomène des recettes venues de Dubaï, largement relayées sur les réseaux sociaux. « L’effet de mode n’est pas redescendu. Aujourd’hui, il n’y a pas un pâtissier, un boulanger ou un chef qui ne propose pas une pâtisserie à la pistache », observe Guillaume de Foucault.

    Le retour en force du pistachier s’explique également par son adaptation au changement climatique. « C’est un arbre qui a toutes les armes pour résister au chaud, aux sécheresses et en même temps au froid. Et il a des besoins en eau très faibles », détaille Benoît Dufay. Une qualité qui séduit des agriculteurs, notamment des viticulteurs à la recherche de diversification. « Le pistachier est un bon candidat parce qu’il a besoin de terrains qui sont à peu près les mêmes que la vigne », ajoute-t-il.

    Reste à construire un modèle économique durable pour les producteurs. « Tous ceux qui plantent aujourd’hui savent qu’ils sont pionniers », assure-t-il. La filière vise, à terme, une production annuelle de 2 000 à 3 000 tonnes de pistaches françaises d’ici 2035.

    Cette année déjà marque un premier tournant : « Jusqu’ici on avait produit 200 kg en tout, et là on s’attend cette année à avoir entre deux ou trois tonnes de pistaches », conclut Benoît Dufay.