Tag: Bouches-du-Rhône

  • Boycott de Zim pour la Palestine : les militants au port

    Boycott de Zim pour la Palestine : les militants au port

    Avec le mistral qui se lève, les drapeaux palestiniens flottent et sont visibles de loin. Ce mercredi 25 mars, des militants issus de différents collectifs se postent sur le rond-point de la départementale 268 qui donne accès au terminal conteneurs du Grand Port maritime de Marseille-Fos entre midi et deux. L’objectif : sensibiliser les routiers à la chaîne logistique qui permet à Israël de s’armer, et appeler au boycott de Zim. Une membre de BDS France explique : « C’est un armateur israélien qui est très important dans le maillon logistique de la guerre qui est menée à Gaza. Dès octobre 2023, il a mis à disposition sa flotte à l’armée, et il continue d’envoyer des armes actuellement. »

    Malgré la conclusion d’un accord de cessez-le-feu à Gaza, les civils continuent de mourir. Depuis, selon les chiffres relayés par l’ONU, plus de 600 Palestiniens ont été tués et plus de 1 600 blessés. « Beaucoup d’ONG humanitaires sont interdites d’exercer » rappelle la militante, qui souligne par ailleurs que le passage des malades est « empêché à Rafah ».

    Les collectifs annoncent par ailleurs deux dates : samedi 28 mars, une manifestation aura lieu à la Joliette « contre l’armement et la complicité locale des entreprises avec le génocide ». La veille, une projection du film Portuali est programmée au cinéma le Méliès de Port-de-Bouc à 20h30, suivi d’un débat en présence de dockers Génois.

  • Le Cirque du Soleil éblouit pour la première fois Marseille

    Le Cirque du Soleil éblouit pour la première fois Marseille

    Les acrobates, dans leur rôle de « criquets », s’entraînent, virevoltent et enchaînent saltos et pirouettes, tous plus impressionnants les uns que les autres. Les techniciens font des allers-retours de toute part : « C’est une vraie fourmilière », plaisante Janie Mallet, attachée de presse de la troupe. OVO signifie « œuf » en portugais. « Le spectacle a été créé en 2009 par la Brésilienne Débora Colker, fascinée par les insectes », explique Janie Mallet. Une grande diversité d’insectes est donc représentée dans le spectacle : « Des scarabées, des libellules, des papillons de nuit… ».

    Les déguisements sont réalisés par une équipe de cinq couturières à temps plein, qui finalisent les derniers costumes à quelques heures de la première représentation à Marseille, ce mercredi. « Dans ce spectacle, on peut y voir toutes les métaphores. Il s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux adultes. » OVO est une ode à la biodiversité, mais aussi au Brésil, avec ses sept musiciens qui jouent en direct une grande diversité d’instruments, allant des percussions à la guitare.

    Une troupe d’athlètes professionnels

    « On compte 25 nationalités différentes dans toute la troupe : des Mexicains, Ukrainiens, Bulgares, Canadiens ou encore des Français », détaille Janie Mallet avec enthousiasme. Svetlana Delouss, danseuse et gymnaste professionnelle, incarne l’araignée rouge, un personnage qui apparaît à plusieurs reprises dans le spectacle. « C’est toute une vie de préparation pour en arriver là, réaliser son rêve de se produire devant autant de monde et avec le Cirque du Soleil », confie l’artiste. Elle évoque aussi son moment préféré : « Je grimpe la tête en bas pendant que les autres sautent d’un mur de plusieurs mètres de haut, de chaque côté. »

    « La troupe compte 100 personnes, dont 53 artistes et 7 musiciens, poursuit Janie Mallet. Nous transportons absolument tout, des loges à la scène. 21 semi-remorques ont été vidés et le spectacle a été monté en un jour seulement. » Après un rapide changement de décor, des fleurs de cinq mètres de haut sont dressées et la scène de voltige se met en place. Des clowns aux acrobates, toutes les disciplines circassiennes sont représentées. Kylian Mongey, gymnaste spécialisé dans le tumbling (discipline acrobatique), joue le rôle d’un criquet. Repéré par le Cirque du Soleil alors qu’il était dans l’équipe de France de tumbling, il confie avoir, lui aussi, réalisé son rêve d’enfance : « À mes 10 ans, j’ai vu “Alegría” du Cirque du Soleil et j’ai été émerveillé par le tumbling. Dix ans de travail plus tard, je rejoins la troupe d’OVO. »

    Tout juste arrivée de Madrid ce lundi, la troupe itinérante mettra le cap sur Rome, dimanche, directement après sa dernière représentation.

    Jusqu’à dimanche au Palais des sports. Tarifs : à partir de 34 euros. Détails sur cirquedusoleil.com

  • [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Marseille, la gestion RN sous vigilance accrue dans les 9-10

    [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Marseille, la gestion RN sous vigilance accrue dans les 9-10

    Dans les locaux de la rue Augustin-Aubert (9e), Karim Lali, directeur général et cofondateur de l’Association de promotion de l’ingénierie socio-éducative – qui gère notamment cinq centres de loisirs dans le 9e arrondissement – ne se dit pas inquiet. « Je suis dans l’associatif depuis 35 ans. Je suis incollable, je connais par cœur les compétences de chaque collectivité. Je serai intransigeant », assure-t-il, confiant.

    Présent sur la liste du Printemps marseillais (PM) pour la mairie des 9-10, il siégera parmi les neuf conseillers d’opposition face à la nouvelle majorité de secteur dirigée par Éléonore Bez (RN), élue dimanche avec un peu plus de 50% des suffrages exprimés. « Si la Ville était tombée aux mains de l’extrême droite, je mettais la clé sous la porte en 3 ans. Mais, au niveau du secteur, leurs compétences sont réduites, souligne-t-il. Je suis curieux de voir ce qu’ils vont faire, car ils ont basé toute la campagne sur la sécurité, qui n’est pas du tout de leur ressort. »

    Des points qui inquiètent

    Gestion des équipements sportifs de proximité, des centres aérés municipaux ou encore des maisons de quartier : même limitées, les compétences d’une mairie de secteur peuvent peser sur la vie quotidienne d’un quartier. « Il y a bien sûr quelques points d’inquiétudes, note Sophie Guérard (PM), elle aussi élue d’opposition. Vont-ils trier les enfants à l’entrée des centres aérés, comme avec leur projet de trier des gens sur la plage [Franck Allisio (RN) proposait dans son programme de filtrer l’accès aux plages et aux parcs, Ndlr] ? L’utilisation des gymnases sera-t-elle réservée à certaines associations, en fonction de leur activité ? Nous serons extrêmement attentifs. »

    Au cœur de la Cayolle (9e), quartier prioritaire au pied des calanques, Ouahiba Sadou Hambli, présidente de l’association Parents, espère que l’arrivée du RN n’affectera pas le bon vivre ensemble. « Depuis 17 ans que notre structure existe, nous essayons de favoriser le lien social dans notre quartier, en valorisant la culture, en accompagnant les habitants et en facilitant les relations entre les familles et les institutions, détaille la maman de 57 ans. On lutte quotidiennement contre la haine, la division, pour montrer qu’ensemble, on peut faire de très belles choses. J’espère que le RN n’abîmera pas ce travail, en montant les gens les uns contre les autres. »

    Olivier Rioult retourne à l’Assemblée

    Après avoir remporté, dimanche, l’élection dans les 11e et 12e arrondissements, le délégué du RN à Marseille, Olivier Rioult, va aussi pouvoir faire son retour à l’Assemblée nationale. Après avoir échoué aux législatives en 2024, il avait en effet été embauché comme collaborateur par la députée Monique Griseti. S’il s’était retiré le temps de la campagne, il est depuis mardi enregistré de nouveau sur le site de l’Assemblée. Va-t-il cumuler avec la mairie de secteur ? Sollicité, il n’a pas donné suite.

    Y.S.

  • Le monde économique se mobilise pour les JO 2030

    Le monde économique se mobilise pour les JO 2030

    « L’aventure des Jeux olympiques commence maintenant. » Damien Robert, le directeur général exécutif de la Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques), sonne « la mobilisation générale des entreprises du territoire », ce mercredi devant des centaines d’acteurs économiques réunis au Palais de la Bourse à Marseille.

    Une réunion pas anodine puisqu’elle marque le début du branle-bas de combat autour des marchés publics et autres appels d’offres et à manifestation d’intérêts en vue de la livraison des différents sites. « C’est quelque chose qu’on ne voit pas vraiment mais c’est très important : faire en sorte que tout ce qui est programmé, financé, voté, puisse servir à l’ensemble de la région, faire du travail pour nos entreprises, de la plus petite à la plus grande », résume Renaud Muselier, le président (Ren.) de la Région Sud. Avec une « quarantaine d’ouvrages pour une vingtaine de maîtres d’ouvrage, répartis sur quatre sites », le tout à « réaliser dans un temps réduit », autant dire que les enjeux sont grands. Et certains risquent d’être ardus comme l’exploitation du Fort de Briançon, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, en vue de devenir un village olympique.

    « Plus d’un milliard en marchés publics »

    « On entre dans une phase de planification qui doit déterminer qui fait quoi et à quel moment. Pour ça, on pose la première pierre avec la stratégie économique aujourd’hui », abonde Edgar Grospiron, le président du Comité d’organisation des Jeux (Cojop).

    Concrètement, cela passe, par exemple, par le lancement d’une plateforme commune entre les deux structures, Cojop et Solideo, « Marchés 2030 » qui « centralisera l’ensemble des marchés publics liés aux Jeux ». L’objectif est clair « faciliter l’accès à des entreprises aux opportunités économiques » en donnant des informations clés : calendrier, visibilité… Une réponse à la législation autour des marchés publics qui ne permet évidemment pas de « préférence régionale ». Il faut aussi compter sur une « cartographie des achats du Cojop » et une flopée de dispositifs de soutien aux entreprises locales. Avec un gros magot à se partager : 1,4 milliard d’euros d’achat pour le Cojop, 1,4 milliard d’euros d’investissement pour la Solideo dont 800 millions d’argent public… On parle donc de « plus d’un milliard en marchés publics directs ». Et le Cojop espère faire en sorte que les TPE/PME locales raflent 50% des marchés.

    L’épine niçoise

    Reste qu’au-delà des considérations techniques, les organisateurs font face à plusieurs écueils très concrets. Outre les errances largement documentées à la direction du Cojop, c’est l’élection d’Éric Ciotti (UDR) à Nice, qui doit accueillir les épreuves de glace avec une nouvelle patinoire et un village olympique, qui pose maintenant problème, d’autant qu’il n’est pas vraiment en odeur de sainteté auprès de Renaud Muselier. Le premier a affirmé que « le projet actuel est trop cher et mal pensé », quand le deuxième menace d’un « plan B », en réaction aux atermoiements niçois. Sur son fameux plan B, le président de Région n’a pas donné de précisions. Mais explique : « J’ai eu monsieur Ciotti lundi au téléphone […] nous avons la nécessité de prendre une décision définitive avant fin avril. »

    En passant, Renaud Muselier en profite pour tacler le président du Medef Sud, Stéphane Benhamou qui s’était ému, la veille, que la plateforme mise en place par l’organisation patronale pour Paris 2024 ne soit pas reprise pour les Alpes 2030. Et qui avait loué l’élection d’Éric Ciotti (lire notre article du 25/03). « C’est pas lui qui nous pilote ! Il explique être content des résultats des élections municipales dans les métropoles de la Région mais il a oublié que l’un des élus est catégorisé comme extrême droite par la préfecture [Éric Ciotti, Ndlr]. Depuis le départ, on a quelques difficultés avec monsieur Benhamou », critique Renaud Muselier. Ambiance.

  • Une station routière romaine avec thermes mise au jour à Gémenos

    Une station routière romaine avec thermes mise au jour à Gémenos

    Une équipe de l’Inrap a mis au jour ces dernières semaines sur le site « Coupier Près » à l’entrée de Gémenos, les vestiges d’une station routière antique occupée entre le Ier et le IIIe siècle de notre ère. Son complexe thermal en bon état de conservation est une réelle surprise.

    En accord avec le Service régional de l’archéologie et le Groupe Perottino qui porte le projet de lotissement de 12 maisons individuelles, chemin de la République sur une parcelle de 4 000 m² où la fouille préventive est menée depuis le 19 janvier, l’Inrap ouvrira le site au grand public toute la journée de samedi 28 mars pour présenter ces premières découvertes *.

    De précédentes fouilles aux alentours avaient déjà permis de cerner les limites d’une petite bourgade occupée à cette période par des populations locales romanisées. Une équipe de 10 archéologues investiguent le site jusqu’au 25 mai. Outre quelques petites pièces de monnaie massaliote en cuivre, des bris d’objets sont remontés, ceux d’un verre à boire, d’une assiette et de bols à sauce ou à condiments. Il faudra deux années ensuite à l’équipe scientifique pour approfondir les recherches et produire un rapport.

    « Le site a révélé les restes d’un bassin enduit de marbre, des murs, des fonds de canalisations et des fosses datées de l’époque antique et médiévale du XIIe siècle », montre Elsa Sagetat, responsable scientifique de la fouille et spécialiste de l’Antiquité. « On sait qu’on est à proximité de champs, de plantations de vignes et de vergers et de trois ou quatre voies antiques. Ce site est probablement à la limite sud de l’agglomération antique avec une petite ruelle et un ensemble de constructions qui pourrait être interprété comme une petite station routière à l’entrée de l’agglomération. On a trouvé des petits fours et des éléments métalliques, des clous de sandales qui laissent penser qu’il y a eu à une activité métallurgique sur la voie et de la cavalerie. »

    La station n’est pas notée dans les grands itinéraires impériaux connus dans l’Antiquité et relevés dans la table de Peutinger qui est une copie du XIIe siècle sous forme de parchemins d’une carte routière romaine couvrant tout l’Empire romain et les conquêtes d’Alexandre le Grand jusqu’en Inde. Cette petite station de Gémenos devait partir vers le rivage marseillais en étant reliée à la voie Aurelia qui passe beaucoup plus au nord et qui reliait l’Espagne et l’Italie, estime l’archéologue.

    La salle de chauffe

    Les fondations des thermes du site impressionnent par leur état de conservation. « Ces deux pièces aménagées sur des hypocaustes (pilettes) avec du béton hydraulique étaient chauffées par le sol par une salle de chauffe avec une pièce pour l’arrivée des combustibles. C’est un petit parcours thermal dans une station routière pour voyageurs comme on en a sur les bords d’autoroute. On verra dans nos recherches s’il y avait des baignoires. L’arrivée d’eau n’a pas encore été trouvée », explique Eva Sagetat pour qui « ces thermes sont trop petits pour être publics et trop grands pour être privés ».

    Les nombreux foyers observés sur plusieurs points associés à des fragments de fer, de bronze et de plombs orientent les archéologues vers l’hypothèse de restes d’un atelier de métallurgie. « Nous allons récupérer tous les micro-restes pour comprendre à quoi servaient les pièces. Était-ce pour l’enclume, le coulage, la mise en fusion du métal ? Qu’y fabriquait-on ? Un tel atelier à l’entrée de l’agglomération, n’était pas négligeable pour refaire les hipposandales des chevaux qui tirent les charrettes. Le fer à cheval n’existait pas, c’était une sandale en fer. »

    Plus à l’ouest de la parcelle de 4 000 m² deux grands espaces rudimentaires avec des traces de chape de charbon ont été dégagées dédiés à des activités artisanales. Une pièce de petite dimension aménagée d’un béton de tuileau supporte un four construit avec des fragments de dolium, ces grandes amphores et des briques de terre cuite, laissant penser à l’espace d’une cuisine.

    Toutes ces découvertes passionnantes sont donc à découvrir samedi avec leurs inventeurs à l’occasion d’une journée dédiée au grand public.

  • L’abandon du projet Hynovera sur la centrale de Gardanne confirmé

    L’abandon du projet Hynovera sur la centrale de Gardanne confirmé

    Hy2Gen avait déjà placé ses pions sur un autre échiquier et officialisé en mai 2025 un accord H2V, porteur depuis 2021 d’un projet industriel d’hydrogène renouvelable sur la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer. Le 10 février, une convention d’occupation sur 46,6 hectares de la ZIP était signée pour le nouveau projet H4, auquel le Port Marseille-Fos, Hy24 et Technip Energies sont associés. Cette fois, le groupe a définitivement jeté l’éponge à Gardanne face à la fronde citoyenne.

    À Fos, c’est un projet de grande envergure nécessitant un investissement de 1,5 milliard d’euros qui doit voir le jour en 2030 pour produire 390 MW d’hydrogène bas carbone pour l’avitaillement du transport aérien, avec 165 emplois à la clé. Il enterrait de fait Hynovera, qui soumis à la concertation publique sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP), se retrouvait avec d’énormes bâtons dans les roues. Le 11 mars, le président et cofondateur, Cyril Dufau-Sansot, a confirmé que « fin 2025, le propriétaire du site a mis fin à ses engagements relatifs au foncier. Sans cette disponibilité foncière, le projet ne peut espérer le développement programmé ».

    L’avenir des salariés

    Du côté des salariés de la centrale thermique de Meyreuil qui ferraillent depuis 10 ans pour garantir l’avenir de l’activité et des emplois, « en réalité ça fait deux ans que ce projet est tombé aux oubliettes », note sans surprise Jean-Michel Roccasalva, délégué CGT. Sur le site, alors que le projet d’unité de biométhane de BMP, filiale de GazoTech, doit entrer dans la phase de concertation sous l’égide de la CNDP, c’est maintenant la très libérale Cour des comptes qui cherche des poux dans le contrat qui lie GazelEnergie à l’État.

  • Grève tournante au lycée Paul-Langevin à Martigues

    Grève tournante au lycée Paul-Langevin à Martigues

    Alors que la sonnerie retentit, des dizaines de parents, de professeurs et d’élèves inquiets se rassemblent devant le lycée Paul-Langevin. En cause : les manques de moyens qui s’accentuent année après année, dégradant les conditions d’enseignement et de travail.

    À la rentrée scolaire 2026, 4 000 postes seront supprimés dans les collèges et les lycées. « Sur la France, ça paraît pas tant que ça, commence le professeur de mathématiques Akrem M’Hamdi. Pourtant si. Ce sont des groupes en moins, donc la fin d’une pédagogie différenciée, individualisée. Ce sont des classes de 35, alors qu’on s’est battus pendant des années pour que les élèves de seconde soient 24 par classe. C’est aussi moins d’accompagnants des élèves en situation de handicap, moins de surveillants. C’est une nouvelle attaque portée à l’école publique. C’est dangereux pour la France de demain. »

    Devant l’établissement, les enseignants distribuent un graphique montrant l’évolution du nombre d’heures par élève entre 2013 et 2026. En 13 ans, la baisse s’établit à 17,08%. « Avant la réforme du lycée, les élèves avaient 32 heures par semaine, rappelle Akrem M’Hamdi. Après, c’est 28 heures par semaine, c’est-à-dire deux mois de cours en moins par an. »

    À Paul-Langevin, les effets de cette « austérité budgétaire » se font déjà ressentir. Élèves en terminale, Lou et Léna témoignent. « On est 36 dans notre classe, donc il y a facilement du bruit, c’est dur d’étudier. On prend du retard sur le programme. Les heures en moins obligent à supprimer des options. L’an dernier c’était l’anglais. L’année prochaine ce sera probablement le latin. On pourra bientôt plus faire de demi-groupe pour les langues, donc on n’aura plus d’oral, alors que c’est nécessaire pour apprendre. Bref, on fait les frais de cette politique et c’est plus vivable. »

    Présents sur place, le maire communiste Gaby Charroux et ses élus annoncent leur intention d’intervenir auprès du rectorat. L’équipe pédagogique annonce quant à elle un mouvement où « deux fois par semaine, des collègues feront grève et se mettront devant le lycée », détaille Akrem M’Hamdi.

  • L’école de la deuxième chance face à la crise

    L’école de la deuxième chance face à la crise

    L’ambiance n’est pas au beau fixe dans les anciens abattoirs de Saint-Louis (15e), qui abritent l’école de la deuxième chance. Deux ans après l’arrivée d’une nouvelle équipe à sa tête, l’établissement, qui offre des formations aux jeunes de plus de 16 ans sans emploi ni formation, tente toujours de se dépêtrer de sa crise de gouvernance.

    Durant plus d’un an, la structure est en effet restée décapitée. Son président avait dû démissionner, en septembre 2022, après avoir échoué à ouvrir une antenne aixoise comme le souhaitait la Région – qui assure aujourd’hui que ce départ « relève de son choix », en rappelant qu’elle ne siège pas dans les instances. La directrice avait suivi au mois de décembre suivant, nommée à la Ville d’Aix. « On se demandait ce qu’elle faisait de ses journées, elle n’était là qu’un jour par semaine », souffle-t-on en interne. Il a fallu attendre le 30 novembre 2023 pour qu’Henri Carbuccia soit nommé président, puis juin 2024 pour qu’arrive une nouvelle directrice générale, Lila Somé. « Quand je suis arrivée, nous avons lancé une phase de diagnostic partagé qui a permis d’entendre la totalité des salariés, retrace-t-elle. Avant de se lancer dans l’élaboration d’un projet d’établissement qui a été finalisé au dernier trimestre 2025. » Avec notamment la mise en place de parcours individualisés à la carte pour les jeunes.

    Accompagnement annulé

    Mais cela n’a pas suffi à tourner totalement la page. Le 21 février, l’établissement se mettait en effet en quête d’un cabinet de conseil pour une mission « d’accompagnement stratégique et organisationnel ». Le cahier des charges ciblait « une période marquée par une forte instabilité managériale, une dégradation du climat social et un turnover élevé ». Si « un accompagnement engagé depuis octobre 2024 a permis de restaurer progressivement un collectif de direction fonctionnel », l’école sollicite malgré tout un prestataire externe « afin de sécuriser cette phase critique de transformation ». Signe de couacs persistants, le marché a été annulé ce vendredi : le conseil d’administration n’avait pas été prévenu.

    « Il n’y a pas un climat anxiogène ou de vive tension, nous sommes plutôt dans une optique de stabilisation », assure Lila Somé. Mais certains s’alarment du nombre élevé d’arrêts maladie. Surtout, cette stabilisation elle-même est menacée par les coupes des collectivités. « Il y a un problème de subventions, il faut se réorganiser parce qu’on a perdu des milliers d’euros. C’est ça le vrai sujet », s’alarme l’ex-adjoint (PM) à la jeunesse, Hedi Ramdane. Il cible des dotations du Département divisées par deux il y a deux ans, celles de la Région diminuées l’an passé de 10,5%. Le lancement d’une étude par le conseil régional interrogeant son soutien à ces structures ajoute à l’incertitude. « Les dotations s’adaptent chaque année au plus près des besoins réels de formation », se défend la collectivité, qui rappelle avoir doublé depuis 2020 (année de pandémie) son soutien aux écoles de la deuxième chance, pour atteindre 4,7 millions d’euros en 2025. Résultat de l’étude attendu fin 2026.

    « Nul n’est serein dans ce contexte, soupire Lila Somé. Nous-mêmes, nous sommes préoccupés, nous demandons beaucoup aux équipes parce que la demande est exigeante. » En cas de perte de soutien public, « je crains que ça ne se traduise par un plan de licenciements ». Même si la municipalité prévoit d’implanter d’autres activités dans les locaux pour alléger le loyer. Car les besoins sont de plus en plus criants sur fond de crise sociale. « Nous faisons face à des jeunes de plus en plus précarisés, de plus en plus éloignés de l’emploi, qui font face à de gros problèmes de santé mentale et à de nombreuses addictions », témoigne la directrice générale. Le nombre de jeunes suivis, plus d’un millier désormais, a atteint un niveau record. En leur apportant de vrais débouchés, avec plus de 70% de sorties positives.

  • Des salariés de la Ligue de l’enseignement en grève

    Des salariés de la Ligue de l’enseignement en grève

    Le 7 février, Sabrina Mahfoud « apprend avec surprise » que son poste d’animatrice famille au centre social Estaque-Bassin-de-Séon, qu’elle occupe depuis quinze ans, va être supprimé. Comme elle, trois autres postes, dans des centres sociaux que gère la Ligue de l’enseignement-Fail 13, seraient sur la sellette.

    Un mouvement de grève avait déjà eu lieu au centre social de l’Estaque, jeudi 12 mars, à l’initiative de la CGT Uspaoc. Cette fois-ci, une trentaine de salariés et de sympathisants « en colère et préoccupés par la disparition progressive des services », se sont réunis devant le siège social de la Ligue 13, dans le 5e.

    Contraintes budgétaires

    « Des solutions de reclassement » ont été proposées aux quatre salariés concernés par les suppressions de postes, mais « elles n’offrent pas les mêmes conditions », selon Nadia Lacheter, coordinatrice famille au centre social de l’Estaque. Des accompagnateurs à la scolarité (AIS), salariés de la Ligue 13, sont aussi en grève pour témoigner de leurs « conditions de travail très précaires ». Pour Alma, embauchée depuis trois ans, « la convention collective de l’animation et les contrats courts sous lesquels nous travaillons ne permettent pas de se projeter sereinement ». Elle ajoute : « Nous sommes solidaires des salariés licenciés, parce que s’il y a moins d’activités en centre social, ce sont moins d’activités proposées aux enfants que l’on accompagne. »

    Des grévistes ont été reçus dans l’après-midi par le délégué général de la Ligue 13, Karim Touche. Contactée, la direction n’a pas encore donné suite. Elle s’était exprimée, lors de la grève du 12 mars, en justifiant du « contexte économique et budgétaire contraint » et de « la fragilisation du secteur associatif », notamment dans le milieu de l’éducation populaire, qui l’amènent à « envisager ces décisions difficiles afin de préserver la pérennité de ses activités ». La Ligue a aussi rappelé être « pleinement attachée au dialogue social ».

  • Au consulat de Chine, les lycéens célèbrent la culture et les échanges

    Au consulat de Chine, les lycéens célèbrent la culture et les échanges

    À l’occasion d’une journée portes ouvertes au consulat de Chine, des lycéens de l’établissement international Jacques-Chirac et du lycée international Paca de Manosque ont été accueillis par le consul général. Dans une ambiance rythmée par la musique traditionnelle, ils ont découvert des stands de thé, d’origami et de peinture, avant de présenter danses, instruments et poèmes, mettant en valeur leur apprentissage culturel.

    Le consulat encourage le « rayonnement de la langue et de la culture chinoise » à travers des jumelages et des voyages d’études. « L’amitié franco-chinoise repose sur les échanges et le respect mutuel, souligne le proviseur du lycée international Paca, Nicolas Debenne. L’un des piliers, surtout pour les jeunes, c’est l’apprentissage de la langue chinoise ».

    Dans une lettre aux élèves et aux professeurs, le président chinois Xi Jinping estime que l’apprentissage de la langue permet de « mieux connaître la Chine, mais aussi de construire des ponts vers un avenir plus radieux pour les deux pays ».

    Un atout pour l’avenir

    Au lycée international Jacques-Chirac, Samy, élève de seconde en section chinoise, suit près de huit heures de cours par semaine. « Ma mère est chinoise, donc cela me permet de parler la langue. C’est une langue importante et ça fait partie de mon identité », explique-t-il. Pour Lili, élève au lycée international Paca et inscrite en section chinoise depuis l’école primaire, c’est d’abord « la richesse de la culture chinoise » qui l’a motivée. Un apprentissage qu’elle voit aussi comme « un vrai plus pour plus tard ».