Tag: Avignon

  • La présentation du livre de Gisèle Pelicot affiche complet à Avignon

    La présentation du livre de Gisèle Pelicot affiche complet à Avignon

    À un peu plus de 2 km du lieu où elle a dû affronter à nouveau l’horreur lors du procès, Gisèle Pelicot viendra présenter son ouvrage en Cité des Papes, le 1er juin prochain à 19h30, à la FabricA, du Festival d’Avignon.

    L’événement est gratuit, mais il n’y a déjà plus aucune place disponible, selon le site du Festival, alors que la billetterie n’avait ouvert que ce dimanche 22 février. L’organisation précise toutefois que « des places supplémentaires pourront être mises à disposition à la mi-mai ».

    « Reconstruction »

    Cette rencontre sera l’occasion d’entendre une femme qui a transformé une tragédie personnelle en acte politique et universel, indique le Festival d’Avignon sur ses réseaux sociaux. Elle permettra ainsi d’évoquer le contenu de cet ouvrage coécrit avec Judith Perrignon, journaliste, écrivaine et essayiste, publié par Flammarion.

    Ces 320 pages retracent les différentes étapes de sa reconstruction, notamment sa décision de rendre le procès public, alors que beaucoup s’attendaient à ce qu’elle demande le huis clos. Ce choix a fait d’elle un symbole, en affirmant sa volonté que « la honte change de camp ».

    « Je voudrais, par ce livre, mettre des mots sur ce que j’ai traversé. Dire que je n’ai plus peur d’être seule, que j’ai retrouvé la joie de vivre. Dire que je suis vivante », assure Gisèle Pelicot. « Son histoire, intime et universelle, raconte la sidération, la faille, la reconstruction et la reconquête d’une joie possible », ajoute le Festival d’Avignon dans sa présentation.

  • Avignon : sans soutien de liste, Renaissance règle ses comptes

    Avignon : sans soutien de liste, Renaissance règle ses comptes

    Il y a neuf mois, Julien Paudoie était désigné pilote Renaissance pour les municipales avec l’objectif d’un rassemblement visant à « fédérer les énergies citoyennes pour redonner espoir et ambition à notre ville ». L’atterrissage se fera finalement hors piste électorale. « Renaissance ne soutiendra personne », confirme l’intéressé, ce lundi.

    Un épilogue sans surprise, tant les discussions avec Olivier Galzi, candidat (DVD) qui semblait pourtant le plus à même de trouver un terrain d’entente avec le bloc macroniste, n’ont jamais abouti. « Je ne suis pas soutenu par Renaissance et je ne demande pas ce soutien, avait clarifié, fin janvier, Olivier Galzi [soutenu pourtant par l’UDI et Horizons]. Leur chef de file n’est pas dans mes équipes et il ne sera pas sur ma liste. » Sur les réseaux sociaux, Julien Paudoie avait alors fait l’analogie entre le film Gourou et l’ex-journaliste TV.

    Ce lundi, dans une lettre aux habitants qui avaient notamment participé l’été dernier à la consultation en ligne du collectif Voix d’Avignon – regroupant les partis de centre droit –, Julien Paudoie estime qu’« Avignon mérite mieux que des calculs personnels ». « Un rassemblement ne se résume pas à un accord de circonstances. Il suppose une méthode claire, une parole stable et une loyauté réciproque », juge celui qui était jusque-là conseiller municipal depuis deux mandats à Rochefort-du-Gard et élu au Grand Avignon.

    En clair, là où Renaissance proposait un deal clair en forme d’union avec des garanties sur le projet et le nombre de places, comme l’ont fait par exemple David Fournier (PS) ses soutiens, Olivier Galzi a opposé une fin de non-recevoir. « Je ne crois pas aux partis pour relever notre ville ; en revanche, je crois aux hommes et aux femmes de bonne volonté, indiquait Olivier Galzi lors de la présentation de son programme. Ceux-là sont les bienvenus, quelle que soit leur préférence politique. Pourvu qu’ils laissent leurs étiquettes au vestiaire. »

    « Cacher les étiquettes ne dispense pas de s’assumer »

    On pourrait retrouver certains militants Renaissance sur la liste, comme pour LR, sans donc qu’ils soient présentés comme tels. Une vision que ne partage pas Julien Paudoie, qui aurait aimé « sincérité et vérité » : « Dépasser les clivages ne peut pas signifier les masquer. Cacher les étiquettes ne dispense pas d’assumer ce que l’on est. Le combat contre les extrêmes ne se mène ni par des récits arrangés, ni par le mépris des électeurs tentés par ces partis, ni par des effacements opportunistes. »

    Julien Paudoie devrait être bien embêté au moment de se rendre dans l’isoloir dans moins de trois semaines. Il a été aperçu, « pour écouter », aux côtés de l’élu d’opposition DVD Michel Bissière, lors de la présentation de la liste de Stéphan Fiori. « Je ne reviendrai pas à Rochefort, je resterai à Avignon et continuerai à agir », assure celui qui a œuvré dans plusieurs cabinets (Renaud Muselier à la Région ou les ministres Sabrina Agresti-Roubache et Françoise Gatel). En faisant du sur-Macron sur le dépassement des partis, Olivier Galzi a donc fini par piéger les macronistes eux-mêmes.

  • À Avignon, la droite donnée en tête dans un scrutin très ouvert

    À Avignon, la droite donnée en tête dans un scrutin très ouvert

    À trois semaines du 1er tour, le scrutin s’annonce d’une rare incertitude à Avignon où Cécile Helle, la maire (PS) sortante, ne se représente pas. Et ce n’est pas le dernier sondage Ifop réalisé du 12 au 19 février, pour La Provence, L’Écho du Mardi et Ici Vaucluse qui va permettre d’y voir plus clair.

    Olivier Galzi, l’ancien journaliste, soutenu par l’UDI et Horizons, arrive en tête des intentions de vote avec 27% au 1er tour.

    David Fournier, le candidat socialiste de la gauche unie, placé deuxième, a vite haussé le ton après sa parution. Il pointe un sondage qui « interroge », « étonne » et « indigne ». Des « faits avérés » lui seraient remontés indiquant que le sondage est « au moins douteux, au pire tronqué », poursuit-il, expliquant que « plusieurs personnes proches » de sa liste, « Ensemble et solidaires », n’ont été sondées que « sur une seule option au second tour ».

    Un sondage « truqué » ?

    Affirmant en avoir informé des confrères des médias concernés, le candidat PS assure que les personnes partiellement sondées n’ont pas été recontactées par l’institut de sondage.

    « Comment alors ne pas considérer ce sondage comme truqué ? », interroge David Fournier, indiquant avoir demandé à son directeur de campagne de « contacter la commission nationale des sondages » pour qu’elle enquête, avant de mettre en garde : « Nous ne nous laisserons ni manipuler, ni voler cette élection. »

    Donné devant par le sondage, Olivier Galzi, lui, ne fait pas la fine bouche. « Notre liste est la seule capable de résister aux extrêmes et à leurs potentiels alliés. Ce résultat fait naître un véritable espoir pour un changement significatif dans notre belle ville d’Avignon », a réagi ce dernier, mettant en avant le « travail de terrain » effectué « depuis plusieurs mois ». Le candidat divers droite, qui se définit sans étiquette, dans un paysage politique resserré à cinq listes après une série de retraits et de ralliements, devancerait donc au 1er tour le socialiste David Fournier (24%). Soutenu par les Écologistes, l’Après, Place publique et Génération écologie, celui-ci progresse toutefois de plus de six points par rapport à un sondage de décembre.

    La candidate d’extrême droite, Anne-Sophie Rigault (RN), complète le podium (23%), suivie de l’insoumise Mathilde Louvain (LFI) donnée à 16%, et Stéphan Fiori (10%), candidat sans étiquette, juste au-dessus du seuil de maintien. Si cette enquête réalisée avant la mort du militant identitaire à Lyon, qui a rejailli sur le député LFI du Vaucluse, Raphaël Arnault, marque aussi une progression d’Olivier Galzi (21% en décembre), elle met surtout en lumière la volatilité du scrutin au 2nd tour. Trois configurations ont été testées. Dans un scénario de quinquangulaire, où toutes les listes se maintiendraient, Galzi l’emporterait (29%), devant Fournier (24%), Rigault (18%), Fiori (15%) et Louvain (14%). Des résultats qui surprennent même Stéphan Fiori, étonné de sa progression (+5%) d’un tour à l’autre… En quadrangulaire, le résultat est le même : le candidat de droite reste en tête avec 32%.

    La droite ne serait battue que dans un cas : une triangulaire, testée sur une alliance de la liste de la gauche unie et de LFI ou un retrait de celle-ci. David Fournier atteint alors 39%, devançant Galzi (35%) et Rigault (26%). Fâché, le candidat PS, qui n’a « jamais refusé un seul débat », estime que sa participation à celui de La Provence, le 4 mars, est désormais remise en cause : « Cela fait deux fois que leurs sondages sont sujets à réflexion. »

  • [Entretien] Macha Makeïeff : « Le théâtre persiste dans les consciences, dans la rêverie »

    [Entretien] Macha Makeïeff : « Le théâtre persiste dans les consciences, dans la rêverie »

    Macha Makeïeff est metteuse en scène, autrice, cinéaste. Femme de théâtre, elle a notamment dirigé pendant 11 ans le théâtre de la Criée à Marseille, sa ville de naissance. Dans cette exposition, elle propose de mettre à l’honneur des reliques de pièces de théâtre, d’opéras, de ballets.

    La Marseillaise : Vous créez une exposition, « Inventaire onirique ». Pouvez-vous nous parler du projet ?

    Macha Makeïeff : L’exposition est une mise en scène. Je ne vais pas mettre des œuvres comme dans une galerie. C’est vraiment un spectacle immobile que je propose. C’est à la fois excitant et un vrai tourment, parce que c’est un lieu très grand et il faut quand même que le récit se développe. Et ce récit sera plutôt un cadavre exquis qu’une histoire, car on va de lieu en lieu, avec trois séquences. On n’est pas assujettis à aller à un endroit, au contraire, chacun a sa trajectoire, a un point de vue différent. Ça me plaît beaucoup l’idée que personne ne voit la même chose en même temps.

    Pourquoi avoir voulu exposer des décors, des peintures de théâtre ?

    M.M. : Je fais du théâtre depuis si longtemps que je voulais l’évoquer par sa part plastique, mais aussi par ce qui me hante, c’est-à-dire « que deviennent les spectacles une fois qu’ils sont défaits ? ». Quand les pièces sont finies, il y a quelque chose qui vous serre le cœur : ces caisses dans lesquelles on emporte tout, le plateau vide. J’ai voulu ressortir ça et aller chercher des choses qui ne sont jamais plus revues. Je garde toujours les choses un peu comme des reliques. Donc quand on me propose le Palais des Papes, pour mettre ces choses, pour les célébrer, je trouve ça magnifique. Les faire venir, les revoir alors que tout ça était invisible, c’est quelque chose de fou. Ça ne sera pas « Ma vie mes œuvres », je ne vais pas raconter ma carrière. Je veux vraiment honorer ces objets.

    Pourquoi traiter ce sujet par les thèmes de l’onirique, de la fantaisie ?

    M.M. : D’abord, quand on parle de la perte, ici d’un spectacle, l’humour n’est jamais loin, parce que sinon c’est désespérant. Au théâtre, il y a quelque chose de l’ordre de la rédemption par le rire, le sourire et la fantaisie. Sinon c’est invivable. Dans ce monde sens dessus dessous, délité, où nos valeurs sont complètement inversées, je pense que c’est important de célébrer ce qui est fragile, dire que le théâtre malgré tout persiste dans les consciences, dans la rêverie, même quand il est mis en pièces.

    Vous êtes née à Marseille et avez été directrice de la Criée pendant 11 ans. Quel est votre lien à la région et comment se lit-il dans cette exposition ?

    M.M. : Pour les œuvres, je suis restée beaucoup dans le Sud, je ne suis pas allée chercher les grandes collections parisiennes. Je suis allée au Museon Arlaten, à Arles, au Cirva à Marseille. Je suis allée fouiller dans les stocks de l’opéra d’Avignon, de la maison Jean Vilar. Ce sont des artistes et des collections qui me sont familiers, que j’aime beaucoup. J’aime bien réaliser ça dans une proximité, ça me touche. Il y a un attachement à ce territoire, cette Provence. Il y a une familiarité. Je sais aussi qu’il y a des trésors. Je suis née à Marseille, mais en plus, pendant 11 ans, quotidiennement, j’ai dirigé la Criée où il y avait tout le temps des expositions. J’aimais bien cette idée de circulaire, qui n’aille pas chercher très loin.

  • À Avignon, la Ville se défend de tout « passe-droit » sur le logement social

    À Avignon, la Ville se défend de tout « passe-droit » sur le logement social

    C’est officiellement avec sa casquette d’adjoint au maire en charge du logement que Jean-Marc Bluy (DVG) a reçu la presse, ce vendredi matin, pour répondre « à un candidat » qu’il ne nommera jamais. En l’occurrence, Olivier Galzi (DVD) qui dans son programme promet la « transparence totale dans l’attribution des logements sociaux, sur la base de critères clairs par le centre communal d’action sociale (CCAS), qui deviendra le guichet unique et le seul décisionnaire, garantissant ainsi l’équité et la fin du clientélisme. »

    « La campagne ne permet pas tout », tient à rectifier Jean-Marc Bluy, soutien de son côté de David Fournier (PS). L’élu est accompagné de Sandrine Cros, assistante de direction au sein du service logement, en charge des dossiers de demandes de logements sociaux. « Je ne suis pas du tout dans la politique mais on ne peut pas se laisser salir, je suis très intègre et il y a aucun passe-droit, revendique-t-elle. Avant d’accuser, il aurait mieux valu venir s’informer et voir comment ça se passe. Le CCAS a un rôle d’accompagnement social mais n’est pas du tout dans la gestion des logements sociaux, qui est très encadrée juridiquement. »

    N’étant plus elle-même bailleur depuis une dizaine d’années, la Ville dispose tout de même d’un contingent de 150 logements pour lesquels elle pousse des candidats. « On doit proposer trois dossiers par logement, c’est ensuite la commission d’attribution du bailleur social qui se réunit et décide, expose Jean-Marc Bluy. Tout est encadré, tracé et évalué avec équité. » Chaque mois, la municipalité organise une dizaine de permanences dans les mairies annexes pour recevoir les demandeurs de logements. « 70 % de la population est y éligible », chiffre l’élu. Malgré tout, 200 demandes restent en souffrance au sein du service logement.

  • Mathilde Louvain : « À Avignon, cela ressoude les rangs »

    Mathilde Louvain : « À Avignon, cela ressoude les rangs »

    On a connu meilleur contexte de dernière ligne droite pour une première campagne. Mais à Avignon, Mathilde Louvain préfère regarder devant. « Les Avignonnais ont besoin de savoir ce qu’on leur propose, on répondra toujours à toutes leurs questions pour clarifier », assure la tête de liste insoumise. « Quand on porte un projet pour l’humain, on ne peut pas être pour la violence », redit-elle. À l’heure d’entamer une tournée populaire en cinq dates, dont la première ce samedi (15h, à Montfavet parvis de l’école Sainte-Catherine), Mathilde Louvain ne craint pas de voir le drame de Lyon lui coller comme le sparadrap du capitaine Haddock : « Cela ne menace pas notre campagne, même si nous recevons des intimidations qui ne nous feront pas baisser les yeux ni les bras. » Selon elle, « la cabale médiatique ressoude les rangs et crée de la solidarité ». Saluant le soutien des partenaires (PCF, G.s, Avignon collectif), la candidate dément « toute défection ou désertion ».

    Jusque-là, Raphaël Arnault montrait son « envie de s’investir » dans la campagne, sollicitant si besoin une place symbolique sur la liste. « Il ne sera pas candidat, la décision avait été prise avant la semaine dernière », précise Mathilde Louvain, qui continue à échanger avec le député, contraint de rester en retrait car « il est menacé de mort ». Sa présence aurait-elle eu de toute façon un effet repoussoir ? « Non, c’est un soutien, pas un fardeau. Il reste un élu de la République qui a toute sa place dans la vie politique avignonnaise », défend Mathilde Louvain, prenant ses distances avec les collaborateurs parlementaires, mis en cause par la justice. « Ils étaient là aux côtés de Raphaël mais en aucun cas, lui ou ses collaborateurs ne participent au programme, à la liste », expose la candidate.

    Un message qu’elle s’évertuera à faire passer lors de sa tournée programmatique, sous haute sécurité. « On est la seule alternative de gauche à l’extrême droite, dans le sens où notre projet est social, tourné vers les habitants et que la rupture que l’on prône, c’est instaurer un rapport de force avec les collectivités, l’État, pour aller chercher les moyens dont on a besoin », fait valoir Mathilde Louvain. Le terme de « rupture » agace la liste concurrente de gauche de David Fournier (PS). « Par rupture, ce n’est pas un rejet complet du bilan mais c’est revoir la gouvernance de la mairie ou revenir aux régies publiques comme celle du camping par exemple », illustre la candidate qui estime se singulariser « par un projet transversal et pas un catalogue de mesures ».

  • Face à la crise, une sécu du logement comme solution

    Face à la crise, une sécu du logement comme solution

    La Confédération nationale du logement (CNL) de Vaucluse tenait ce vendredi un forum en Cité des Papes, au cours duquel a été abordée une proposition qu’elle porte fièrement : la sécurité sociale du logement.

    Devant quelques élus de la ville et du Département, tous de gauche, ainsi que des habitants, le président national de l’organisation, Eddie Jacquemart, présentait cette proposition comme une solution alors que « tous les voyants sont au rouge », expose-t-il. Il évoque 3 millions de personnes qui attendent un logement social et 10 millions de personnes « mal logées », pour « seulement » 80 000 logements sociaux construits en 2025.

    Face à cette situation, la CNL présente depuis l’an dernier une proposition de « sécurité sociale du logement » pour « donner espoir aux habitants car cela ne doit pas continuer comme ça », explique Eddie Jacquemart. Une mesure qui permettrait à toute personne « qui a eu un accident de la vie, comme le décès d’un proche, un divorce ou la perte d’un travail » de bénéficier d’une « indemnité de sécurité locative jusqu’à 24 mois, de façon dégressive », ainsi que « du droit au maintien dans les lieux inconditionnel pour tous les ménages et de loyers accessibles, encadrés et ajustés aux revenus ». Le tout serait suivi d’un accompagnement social. « Il y a plus de 80 ans, on a réussi à mettre en place la sécurité sociale alors que le pays était en ruine. On doit pouvoir y arriver aussi. On est le 7e pays le plus riche au monde et on continue de jeter des gens dans la rue, comme au Moyen Âge. Il faut que ça cesse ! », appuie-t-il. Pour assurer une autonomie financière du système, la CNL imagine plusieurs possibilités, comme une réaffectation de fonds existants, tels que la garantie Visale, le Fonds de solidarité pour le logement ou l’impôt sur la fortune immobilière ; la mutualisation des dépôts de garantie ; ou encore une cotisation des bailleurs sur les loyers perçus, entre 1% et 2%. Le tout est décrit dans « Le manifeste pour la sécurité sociale du logement », à retrouver sur le site de la CNL.

    Criminalisation

    C’était également l’occasion d’interpeller les municipalités, ainsi que les candidats aux élections, sur les leviers qu’ils peuvent actionner. L’organisation a ainsi proposé ses « 25 orientations » à l’attention des listes en lice, comme par exemple encourager la construction de logements sociaux sur leur territoire, imposer des standards de qualité, encadrer les loyers et maîtriser les prix du foncier. Ou encore rendre obligatoire la mise à disposition de locaux collectifs résidentiels, favoriser l’information pour prévenir les expulsions locatives ou garantir la sécurité publique dans un cadre apaisé, par exemple en favorisant la présence de la police municipale et de travailleurs sociaux.

    « Chaque jour, la crise est plus aiguë, avec une extrême saturation des logements sociaux et la criminalisation des locataires les plus fragiles », insiste Michel Mus, président de la CNL de Vaucluse. Dans le public, Claude Nahoum, actuel 1er adjoint (Place publique) au maire d’Avignon, s’exprime, lui, sur « la difficulté de l’entretien du logement social », tout en insistant sur « l’exemplarité d’Avignon avec 35% de logements sociaux ».

  • À Avignon, le chant du cygne des Républicains sans soutien officiel

    À Avignon, le chant du cygne des Républicains sans soutien officiel

    C’est une page politique symbolique qui se tourne à Avignon : les Républicains n’auront pas de candidat ni de soutien officiel. « Le parti n’a investi personne », nous annonce Julien Aubert, vice-président LR, qui a longtemps mené une précampagne avant de renoncer en novembre.

    Cela ne veut pas dire pour autant que le parti de droite historique ne sera pas représenté au conseil municipal. Depuis le retrait de Julien Aubert, Serge Perramond avait reçu mandat du parti pour discuter avec des partenaires potentiels (notre édition du 13 janvier). Celui-ci devrait être sur la liste d’Olivier Galzi, mais avec sa casquette de secrétaire du mouvement Avignon Passion, lancé par Julien Aubert, et qui s’est rallié à Olivier Galzi, mi-janvier. À titre personnel et associatif mais donc pas avec sa casquette partisane. « La campagne n’est pas encore arrivée à son terme », temporise Serge Perramond, embarqué dans une curieuse dichotomie.

    « Olivier Galzi n’a pas souhaité demander l’investiture LR, ce qui signifie que si Serge Perramond est sur sa liste, ce sera davantage au nom de son action au sein d’Avignon Passion que de LR », décrypte Julien Aubert. Olivier Galzi, qui a eu l’appui de l’UDI et d’Horizons, n’en désire pas plus, ne « croyant plus aux partis pour relever notre ville ». Le recul annoncé de LR devrait avoir des conséquences aux sénatoriales de septembre alors que le parti a deux sénateurs sur trois en Vaucluse.

  • [Entretien] Linh : « Si ma musique m’aide et aide les autres, ce n’est que du positif »

    [Entretien] Linh : « Si ma musique m’aide et aide les autres, ce n’est que du positif »

    La Marseillaise : Vous êtes en tournée pour votre premier album, après plusieurs singles et un EP. Qu’est-ce que cela fait de monter sur scène ?

    Linh : J’avoue que c’est incroyable. J’ai du mal à réaliser parce que c’est juste fou ce qu’il se passe. C’est vrai que c’est ma première tournée, donc j’étais un peu stressée, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Mais au final, je reçois beaucoup d’amour de la part du public et je passe des moments absolument hors du temps. C’est incroyable.

    C’est un premier album très intime. Comment avez-vous pensé les thématiques, la construction de l’histoire que vous partagez ?

    Linh : Oui, sur ce premier album, ça se remarque, je parle beaucoup d’amour, parce que c’est un peu ce qui m’inspire dans la vie, c’est mon moteur. Je n’ai jamais vraiment réfléchi à un thème en particulier, ce sont des choses qui me viennent comme ça, quand je commence à composer les mélodies. C’est un album très intime, ça parle de choses qui me sont arrivées, des doutes, des moments vécus. Pourtant, j’ai eu du mal à parler de moi au début. Le single Je pense à vous m’a débloqué sur le fait de pouvoir parler de soi, intimement. Au départ, j’avais très peur de sortir cette chanson, car elle était vraiment mon histoire. Mais il y a eu un engouement énorme autour de ce morceau, j’ai reçu beaucoup de messages de personnes qui s’appropriaient mon histoire, avec leur propre histoire. Ça m’a débloqué sur le fait que je pouvais vraiment écrire sur tout. C’est pour ça que dans cet album on retrouve beaucoup de choses de ma vie.

    Faire de la musique, est-ce une manière de s’exprimer sur des sujets intimes, mais aussi universels ?

    Linh : Complètement, et c’est une thérapie aussi. Par exemple, j’ai composé une chanson qui s’appelle Je t’aime, c’est sur l’amour de soi. J’ai mis presque un an à l’écrire. C’était quelque chose qui me traînait dans la tête depuis beaucoup de temps. En écrivant et en mettant des mots sur tout ça, ça m’a fait du bien, j’ai eu comme un gros soulagement. Je reçois des messages de personnes qui me remercient pour cette musique, qui me disent qu’elle les aide. Donc forcément, si moi ça peut m’aider et que ça peut aussi aider les personnes qui écoutent ma musique, ce n’est que du positif.

    Vous monterez sur scène à Marseille, puis à Avignon. Quel est votre lien avec cette région ?

    Linh : J’ai un lien très fort avec Marseille, parce que ma maman, mes tantes, mes cousines, mes grands-parents sont de Marseille. Donc c’est incroyable pour moi de me dire que je vais me produire dans cette ville pour la première fois, pour ma propre tournée. Ça me fait vraiment quelque chose. Et puis Marseille, pour moi, c’est plein de cultures qui se rencontrent, ça va vraiment avec cette idée d’ouverture culturelle. Et Avignon, c’est une ville que je trouve fantastique et c’est le sud, ça reste ma maison, puisque je viens de Nice au départ.

    Vous faites partie du collectif « Génération Pièces Jaunes », composé de 28 artistes. C’est important pour vous de participer à des initiatives caritatives ?

    Linh : C’est très important parce qu’en tant qu’artiste, et encore plus avec les réseaux sociaux, on est une vitrine. Il y a beaucoup de personnes qui s’identifient à nous, certains jeunes notamment. Je pense que c’est important de participer à des événements comme ça, comme les pièces jaunes, le Téléthon… Forcément, quand on montre des actions positives, l’effet ne peut qu’être positif. Je me dis que si chaque personne fait de son mieux, on peut arriver à quelque chose de plus beau.

    Vous faites partie de la nouvelle scène française. Comment voyez-vous ce paysage musical émergeant ?

    Linh : Je pense qu’il y a une liberté de création. J’ai l’impression qu’on va dans ce sens avec tout ce qu’il se passe en ce moment sur la scène musicale, les nouveaux artistes qui arrivent. Je trouve qu’on est de plus en plus dans l’acceptation. Il y a du respect et en même temps, on arrive à dire ce qu’on a envie de dire. Je trouve ça super. C’est un milieu qui a des côtés sublimes, magnifiques, mais d’autres côtés très compliqués. En tant que femme, pour ne pas mentir, c’est dur. Il y a beaucoup de misogynie, mais j’ai la chance d’être très bien entourée.

    Des places sont encore disponibles
    pour le concert de Marseille.
    Avignon affiche complet

  • Raphaël Arnault sous pression après la mort du militant identitaire

    Raphaël Arnault sous pression après la mort du militant identitaire

    Jacques-Ellie Favrot, l’assistant parlementaire du député de la 1ère circonscription de Vaucluse Raphaël Arnault (LFI), accusé d’être impliqué dans la mort du militant nationaliste Quentin Deranque lors d’affrontements à Lyon jeudi dernier, a reconnu, d’après les propos de son avocat, Maître Bertrand Sayn, relayés ce mercredi soir à nos confrères de LCI et Radio France, « la commission de violences » et sa présence sur les lieux du drame. Il aurait assuré qu’il « n’est pas l’auteur des coups ayant provoqué le décès ». Il assure que son client « est dévasté » par la tournure des événements. Dans le même temps, un deuxième assistant parlementaire du cofondateur de la Jeune Garde, Robin C., a également été interpellé pour « mise à disposition de moyens en vue de se soustraire aux recherches », ainsi qu’un ancien stagiaire du député.

    Conséquence : un vent d’appels à la démission et de critiques arrive de toutes parts, au niveau national mais aussi au sein de la Cité des Papes. La porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon, a appelé sur Franceinfo ce mercredi 18 février au matin à exclure « tout du moins temporairement » le député de son groupe à l’Assemblée. Une mise à l’écart demandée « pour marquer une clarification, pour dire non à la violence », poursuit Maud Brégeon.

    Sur X, Raphaël Arnault assurait ce mardi soir que « comme indiqué par un communiqué de son avocat, mon collaborateur Jacques-Elie Favrot a cessé toutes ses activités parlementaires » et que, ce lundi 16 février, « avant d’apprendre son interpellation », des procédures pour mettre fin à son contrat avaient été engagées auprès des services de l’Assemblée. Et de conclure que c’est « à l’enquête désormais de déterminer les responsabilités ». Il est pour l’heure également soutenu par son parti, qui dénonce une « instrumentalisation ». Alors que le siège national de la France insoumise a été évacué ce mercredi matin suite à une alerte à la bombe, le coordinateur national Manuel Bompard affirmait sur X « que Raphaël Arnault n’a aucune responsabilité dans le drame survenu à Lyon jeudi dernier et qu’il n’est absolument pas concerné par l’enquête en cours ».

    Appel à la démission

    Une tempête qui s’exporte évidemment dans la Cité des Papes. David Fournier se montrait mesuré ce mardi 17 février, avant d’apprendre l’interpellation de Jacques-Ellie Favrot, en assurant qu’il « ne fait pas d’amalgame », regrettant « un drame absolu ». Tout en glissant qu’il fait « confiance non seulement aux forces de l’ordre de mon pays mais aussi à la justice » et qu’il n’a « jamais commenté des affaires en cours ».

    Mais d’autres se sont montrés plus offensifs. À commencer par son ancien adversaire au premier tour des élections législatives de 2024, Philippe Pascal (Debout !, ex-GDS). Raphaël Arnault avait été désigné pour représenter le Nouveau Front populaire, mais Philippe Pascal s’était maintenu au premier tour avant d’appeler à voter pour l’actuel député au second. Dans un message, il exprime sa « colère, déception et un profond sentiment d’injustice » et regrette que « ce sont souvent ceux qui construisent patiemment, au quotidien, qui se retrouvent écartés au profit de stratégies qui dépassent les réalités locales » tout en affirmant que « la mort d’un militant, quel qu’il soit, rappelle toujours que la violence politique mène à une impasse ».

    D’autres demandent sa démission, notamment à droite. Olivier Galzi, candidat (DVD) aux municipales, avance que Raphaël Arnault « a clairement une responsabilité morale dans ce meurtre » et qu’« une démission de sa part paraît s’imposer ». Avant de terminer son texte par un discours dangereux, si ce n’est révoltant, en évoquant que « le fascisme n’est ni de droite ni de gauche (sic), il est aux extrêmes, car il est avant tout un totalitarisme qui souhaite s’imposer par la force ». Une démission également demandée par Julien Paudoie, pilote Renaissance à Avignon en vue des municipales. Qui estime que « la République ne peut pas rester ambiguë face à la violence », car la situation interroge « profondément la capacité du député à représenter sereinement le territoire vauclusien ».