Tag: Avignon

  • Casque obligatoire à trottinette : 444 verbalisations à Avignon

    Casque obligatoire à trottinette : 444 verbalisations à Avignon

    Quatre cent quarante-quatre verbalisations dressées en près de 4 mois. Les amendes pleuvent en Vaucluse concernant le non-respect du port du casque sur les trottinettes électriques, rendu obligatoire au 1er juillet. Des données livrées, mardi, par la préfecture. « C’est une mesure qui vise avant tout à sécuriser la personne sur la trottinette et lui faire comprendre que le code de la route s’applique à tous », rappelle Thibault de Cacqueray, directeur de cabinet en pointant que « les usagers ont tendance à ne pas se sentir concernés par le code de la route ».

    Toutefois, peut-être qu’avec 35 euros à payer, la verbalisation fait réfléchir car la préfecture se dit « très satisfaite, on pense que les comportements ont changé ». Pour rappel, la loi impose le casque seulement hors agglomération. Mais depuis cet été, plusieurs préfectures ont pris des arrêtés pour porter cette obligation partout. Le Vaucluse a été l’un des pionniers et « la ministre déléguée chargée de la citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne, souhaite généraliser la mesure » et l’inscrire dans la loi.

    Toujours dans le domaine sécurité routière, la préfecture indique avoir suspendu 46 permis de conduire pour usage du téléphone au volant. Là aussi, depuis la mi-mai, le département a durci la réglementation en procédant au retrait du permis – jusqu’à 6 mois – lorsqu’un conducteur est surpris téléphone en main. « Un accident mortel sur 4 est dû à l’inattention du téléphone, l’enjeu, n’est pas tant d’avoir un nombre important de suspensions mais de sensibiliser sur ces risques », redit Thibault de Cacqueray. Selon la préfecture, « tenir un téléphone au volant multiplie par trois le risque de provoquer un accident et lire un message en conduisant multiplie par 23 ce même risque ».

  • Raphaël Arnault entendu par la justice antiterroriste

    Raphaël Arnault entendu par la justice antiterroriste

    Il y a un peu plus d’une semaine, la France insoumise avait dénoncé la tentative d’interpellation du député (LFI-NFP) Raphaël Arnault à la sortie de son train, gare de Lyon, à Paris. Une affirmation contredite par le parquet de Lyon, qui évoquait une remise en mains propres d’une convocation. Et ce en lien avec l’affaire Deranque, du nom de ce militant identitaire tué à Lyon, en février. Un meurtre pour lequel 14 personnes ont été mises en examen, dont Jacques-Élie Favrot, un très proche du député [qui, lui, n’était pas à Lyon lors du meurtre], qui en avait fait son collaborateur parlementaire.

    C’est dans ce cadre que Raphaël Arnault a été auditionné, ce mercredi, par la sous-direction antiterroriste, révèle Le Parisien. Selon l’AFP, l’audition libre a duré plusieurs heures. Une information que l’avocate de Raphaël Arnault, Me Chirinne Ardakani, ne confirme, ni n’infirme. Le conseil de la famille de Quentin Deranque, Me Fabien Rajon, avait demandé aux juges l’audition « pour association de malfaiteurs » du député, cofondateur du mouvement antifasciste la Jeune Garde, aujourd’hui dissous, dont certains membres sont soupçonnés d’être impliqués dans la mort du militant d’extrême droite radicale. Avant que l’audition ne soit connue, Chirinne Ardakani, assurait auprès de Lyon Mag, que son client « n’a rien à se reprocher » et qu’il se tenait à la disposition de la justice.

  • Avignon : au-delà de l’arrêté, quelles mesures face à la grande précarité

    Avignon : au-delà de l’arrêté, quelles mesures face à la grande précarité

    Ce dimanche 1er novembre doit s’achever l’arrêté municipal « portant réglementation des activités constituant un trouble à l’ordre public ». Un document pris le 24 septembre, quelques jours seulement après que la justice a retoqué un premier arrêté similaire qualifié « d’anti-mendicité », notamment par la Ligue des droits de l’homme et la fédération des acteurs de la solidarité qui avaient déposé un recours. Si un jugement au fond est toujours attendu, ce second arrêté n’avait pas été attaqué dans l’attente – vaine – d’un retour du maire Olivier Galzi (DVD) à ces associations et de la durée plus courte du document. « On va le renouveler pour un mois avec les mêmes conditions, on constate encore des difficultés », indique, ce jeudi à La Marseillaise, la municipalité.

    « Je ne suis pas choqué par le fait qu’Olivier Galzi ait pris un arrêté qui réprime les troubles à l’ordre public », réagit le préfet, interrogé mardi par nos soins. Mais Thierry Suquet précise que sa réponse s’inscrit dans un contexte plus global où l’État et la Ville ont signé en janvier un pacte local des solidarités. « Il a pour objectif d’apporter une réponse individualisée à des gens qui sont en situation de très grande marginalité, qui sont connus des services parce qu’ils passent souvent par la case garde à vue et parce qu’on a mis ce système en place, qui fonctionne, je ne suis pas choqué », argue-t-il. Une défaillance qui avait interpellé le préfet avant l’instauration du pacte. « À l’époque, on pouvait placer un individu en garde à vue pendant 48 heures sans qu’aucuns des services sociaux ne s’en préoccupent », retrace-t-il.

    Vers un nouveau lieu pour l’accueil de nuit

    Là où le maire se borne à récuser tout amalgame entre précarité et délinquance, assurant que son arrêté ne vise pas les plus vulnérables, le préfet estime que l’arrêté est un appui du pacte car il « participe au dispositif et facilite la connaissance des gens parce qu’ils passent par les mains de la police ». Un pacte dont le public cible vise justement l’intra-muros et ne concerne que 15 à 20 personnes. Signé fin janvier par l’ex-maire Cécile Helle (PS), il est aujourd’hui mis en place par son successeur. « Beaucoup de gens intervenaient pour la maraude, de la domiciliation, de la lutte contre la toxicomanie, voire même du logement, mais on avait du mal à avoir de la continuité », rappelle Thierry Suquet. L’idée n’étant plus de fonctionner en silos mais que collectivement une solution très individualisée soit apportée.

    « C’est l’esprit du pacte local des solidarités, abonde Vincent Lelionnais, sous-préfet en charge de la politique de la Ville. On met tous ensemble des services et des acteurs qui travaillent auprès des grands précaires pour créer cette logique de parcours parce qu’on est vraiment sur des fragilités qui commandent d’aller assez loin dans l’accompagnement individualisé. » Coffre-fort numérique pour stocker les documents administratifs et favoriser l’accès aux droits, projet de café social ou « dispositif de la rue à l’emploi qui permet de remettre le pied à l’étrier avec quelques heures de travail par semaine », liste Vincent Lelionnais.

    Autre action forte, le projet à plus long terme d’un nouvel accueil de nuit à la place de l’actuel rue Mérindol, jugé trop vétuste et exigu. Sans augmenter forcément sa capacité de 15 places mais « pour y adjoindre un lieu ressources où on pourra mettre en place cette logique de parcours avec des travailleurs sociaux », détaille Vincent Lelionnais. D’une durée initiale de trois ans, le pacte réunit aussi bien la mairie avec aussi la police municipale, que le SIAO [service qui gère l’hébergement d’urgence], l’Agence régionale de santé, les médiateurs sociaux ou la direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités.

  • À Avignon, l’opposition veut transformer la Maison de la tranquillité en poste de police

    À Avignon, l’opposition veut transformer la Maison de la tranquillité en poste de police

    En plein milieu de la rue de la République, les portes de la maison de la tranquillité publique n’auront pas été ouvertes longtemps. Lancée en juillet 2025 pour « lutter contre les incivilités », elle a été fermée par la nouvelle municipalité en ce début d’été 2026.

    Une fermeture que regrette l’élu municipal d’opposition Fabrice Tocabens (PS). Dans un communiqué de presse, il propose au maire « de faire le seul choix sensé en rouvrant au public cette structure et en la transformant en poste de police municipale », et ce, « pour mieux assurer la présence de nos forces de sécurité en cœur de ville ».

    Tandis que le credo du premier édile, Olivier Galzi, est plutôt de « remettre les agents de la police municipale sur le terrain ». Concernant le local de la rue de la République, fin août, il s’étranglait devant le coût de location : « Elle coûte 8 000 euros par mois de loyer alors qu’on a des locaux vacants qu’on est en train de laisser mourir. Or, on a un bail de 10 ans, soit presque un total d’un million d’euros. C’est d’un niveau de non-gestion et d’irresponsabilité totale. À quel moment, vous et moi, vous allez prendre un appartement ou un local et vous allez accepter qu’on vous dise, même si vous le quittez dans un an, pendant 10 ans, vous le paierez ? »

    Logique de proximité

    Une fermeture qui s’inscrit dans un contexte global de fermetures de points d’accueil des services publics à Avignon. Ce que dénonce également Fabrice Tocabens, qui était adjoint au maire en charge des mobilités sous Cécile Helle. « Il s’agit bien d’une volonté déterminée de M. Galzi de réduire les services publics dus aux habitants. C’est un choix catastrophique qui porte atteinte aux intérêts des habitants les plus fragiles, en particulier les personnes âgées », pointe-t-il. Avant d’estimer que cette « stratégie » doit « absolument s’interrompre », en demandant à « revenir à une logique de proximité et d’écoute ».

    Outre la maison de la tranquillité publique, il y a aussi la fermeture de l’épicerie étudiante l’Agoraé, de la mairie de quartier centre ou encore de la maison des Îles de la Barthelasse. Est aussi annoncée la fermeture de postes de police municipale. Tandis que les bibliothèques et les musées ont vu leurs horaires d’ouverture fortement se réduire, le tout sur fond d’économies.

  • Solidaires appelle à la mobilisation à Avignon ce samedi 31 octobre

    Solidaires appelle à la mobilisation à Avignon ce samedi 31 octobre

    Ce samedi 31 octobre, l’Union Syndicale Solidaires 84 appelle à la mobilisation à 10 heures devant la préfecture de Vaucluse, à Avignon. Une manifestation déclarée assure le syndicat.

    Solidaires rappelle que, malgré l’interdiction de rassemblement dans un large périmètre à Avignon, « plus de 700 personnes se sont réunies samedi dernier à Avignon, afin de protester contre la vie chère, de demander de vraies mesures d’augmentation des rémunérations et bien évidemment en soutien aux revendications de la jeunesse. » En plus de ce samedi 31 octobre, l’organisation appelle à « construire une semaine noire et les conditions de la grève générale et reconductible à partir du 5 novembre ! »

  • Climat social et politique, LEO… le préfet de Vaucluse fait le point

    Climat social et politique, LEO… le préfet de Vaucluse fait le point

    Climat social

    et maintien de l’ordre

    À l’instar d’Emmanuel Macron lundi à Marseille qui, dans un rare mea culpa, reconnaissait des erreurs dans la gestion du 17 octobre, le préfet Thierry Suquet fait aussi part de dysfonctionnements : « On a sous-estimé la conjonction entre le mouvement lycéen et étudiant, les syndicats traditionnels et l’importance du côté casseurs à l’intérieur de la manifestation alors qu’en général, ils se produisent en fin de journée. » Le 17 octobre, « on a gardé des forces de façon spécifique sur l’intra-muros pour empêcher le pillage des magasins ». Huit à dix d’entre eux « ont été attaqués, deux ont été vraiment pillés ». Quant au 24, le préfet estime avoir « toléré la présence de manifestants » cantonnés place Saint-Lazare, malgré l’absence de déclaration de manifestation dans les délais et « un arrêté d’interdiction d’attroupement et de rassemblement ». Se dirige-t-on vers un troisième samedi de revendications sous tension ? Pour l’heure, « il n’y a pas d’annonce de manifestation déclarée. On commence à avoir, sur les réseaux sociaux, des appels aux rassemblements ». Thierry Suquet n’exclut pas de prendre un nouvel arrêté « s’il y a des risques d’attroupement non maîtrisés ». Pas de menace d’interdire la manifestation syndicale du 5 novembre. « On doit discuter du parcours, les grandes organisations syndicales ont des services d’ordre, ça peut se passer dans d’excellentes conditions ».

    Point de deals en baisse, mais trafic toujours présent

    Thierry Suquet le répète à tout bout de champ : « La lutte contre le narcotrafic reste un véritable objectif » Ainsi, en 3 ans, le nombre de points de deals a été divisé par deux, passant de 36 à 16, dont 9 à Avignon et un très important à Orange, quartier Fourchevieilles. « Cela reste mouvant, dans la durée, c’est extrêmement difficile », concède-t-il. « On continue beaucoup de gêner, c’est pour ça qu’ils se reportent beaucoup sur la livraison, note Thibault de Cacqueray, directeur de cabinet du préfet. À Orange, quand on passe de 5 à 1 point de deal, c’est déjà un succès parce que l’espace public est moins occupé, les habitants ne sont plus pris en otage et ne vivent plus dans l’omerta et la crainte de règlements de comptes. »

    L’État ne veut plus piloter la LEO

    Dossier lancinant, la liaison Est-Ouest (LEO) n’est pas un dossier clôturé. Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon et président du Grand Avignon, a poussé dès avril pour que l’État n’enterre pas définitivement le projet de phase 2 (Rognonas-Amandier), même si les crédits initiaux ont été fléchés ailleurs. « Le ministre des Transports nous a demandé de travailler avec les équipes du Grand Avignon et les collectivités locales concernées sur ce que pourrait être la LEO de demain », pose Thierry Suquet. Mais, comme nous l’indiquions début septembre, avec un changement de taille : l’État ne souhaite plus assurer la maîtrise d’ouvrage. « Aujourd’hui, l’État ne fait plus de routes, on a d’autres priorités sur le développement autoroutier ou les Jeux olympiques, donc si vous voulez que ça avance plus vite, prenez la maîtrise d’ouvrage, fait valoir le préfet. Cela ne signifie pas nécessairement qu’on mettra moins d’argent, mais nos moyens d’ingénierie n’iront pas sur la LEO. » D’après le préfet, « les collectivités ont ouvert la porte » pour piloter le dossier. Enfin, plutôt le Grand Avignon que le Département.

    Climat politique tendu et polarisé RN/LFI

    « Tout le monde politique bruisse du risque que représenterait un affrontement LFI/RN au second tour de la présidentielle, mais ça, c’est le quotidien du Vaucluse », constate le préfet, qui note un climat global « tendu puisque le département est quasiment dans un face-à-face entre un RN omniprésent et Raphaël Arnault et LFI à Avignon, qui ont fait de l’antifa leur combat principal. On a une espèce de crispation dans laquelle on cherche un affrontement bloc contre bloc qui va contre la sérénité d’un débat public sain, je résisterai à l’ensemble des pressions qui sont destinées à faire taire le débat ». C’est notamment en sens que Thierry Suquet est intervenu dans l’affaire opposant Julien Aubert et le théâtre du Rouge-Gorge, « parce que les pressions étaient contraires à la liberté d’expression et au débat démocratique ». À inverse, « j’ai eu plusieurs fois des demandes de maires RN me demandant d’interdire les manifestations organisées par Raphaël Arnault, je n’ai jamais accepté ».

  • Avec Edeis, l’aéroport de Vaucluse va connaître un nouveau pilote

    Avec Edeis, l’aéroport de Vaucluse va connaître un nouveau pilote

    Après plus de 50 ans passés aux commandes de l’aéroport d’Avignon, la chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84) s’apprête à passer le manche au groupe Edeis. Ainsi en a décidé la Région, propriétaire du site depuis 2007. Dans le huis clos de sa commission permanente vendredi dernier, la collectivité a confié pour 10 ans sa délégation de service public (DSP) à Edeis à compter du 1er juin 2027.

    Une issue loin d’être une surprise. À deux reprises en séance depuis un an, Renaud Muselier, alors président (Ren.) de la Région s’était agacé des difficultés internes de la CCI 84, placée deux fois sous tutelle en l’espace de six mois. « Il faut traiter les problèmes de gouvernance avant le problème de vision », martelait-il en avril, manifestant aussi sa volonté de se rapprocher d’Olivier Galzi. Si le maire (DVD) d’Avignon n’a aucun pouvoir décisionnaire quant au choix de la DSP, le contact avec le nouveau délégataire sera aisé, Olivier Galzi ayant été vice-président d’Edeis jusqu’à il y a un an et demi.

    Spécialisé dans l’ingénierie et le développement d’infrastructures aux côtés des collectivités, Edeis gère déjà 22 aéroports dont ceux de Nîmes et Aix-en-Provence. Le groupe, qui devra reprendre les 32 salariés, aura la délicate mission de dégager du profit avec l’aéroport qui, sur un budget annuel de 4,5 millions d’euros, bénéficie de subvention d’équilibre de la Région pour combler le déficit (encore 1,2 million d’euros cette année). Et ce malgré un chiffre d’affaires en hausse de 16% en 2025, et 64 133 mouvements enregistrés l’an dernier (année record sur la DSP), tout type d’aviation confondus.

    La délibération votée et ses quelque 370 pages d’annexes précisent l’intention d’Edeis pour parvenir à ses fins. Avec une note de 82,13/100, la commission de DSP de la Région a jugé l’offre de « bonne qualité » pour répondre notamment aux 3 orientations autour du développement de l’aviation d’affaires, du développement domanial [locations commerciales sur l’emprise de l’aéroport] et de préservation de l’environnement. Le futur gestionnaire mise sur son « partenariat avec ExecuJet, l’un des leaders mondiaux des services d’assistance en escale pour l’aviation d’affaires ».

    La Région ne veut plus combler le déficit

    Financièrement, la Région « assure qu’aucune compensation financière [de sa part] n’est prévue pour équilibrer le compte d’exploitation prévisionnel ». Elle espère même, sur la durée du contrat, percevoir 2,7 millions d’euros de redevances.

    Edeis n’était pas seul à concourir. Une offre, proche du délégataire actuel, a été déposée par Sealar. Un consortium de CCI spécialisé dans la gestion d’aéroports – principalement en Bretagne et Normandie – mais dont le dossier a été considéré comme « irrégulier » par la Région, ne respectant pas « les conditions et caractéristiques minimales indiquées dans les documents de la consultation ». Contactée, la CCI 84 renvoie pour l’heure vers Sealar. Sollicité, Jean-Luc Chauvin, président de Sealar et de la CCI Aix-Marseille, n’a pas donné suite. La société nous a succinctement répondu ne pas avoir encore « été notifiée officiellement par la Région, nous n’avons donc pas de commentaire à faire ». Quant à Edeis, une première communication est attendue dans les prochains jours.

  • [Unis contre le racisme] à Avignon, colère et émotion s’expriment après l’attentat

    [Unis contre le racisme] à Avignon, colère et émotion s’expriment après l’attentat

    Alors que plusieurs victimes de l’attentat de Trappes sont toujours hospitalisées, plus de 300 personnes se sont rassemblées sur la place de l’Horloge, à Avignon, pour « dire non au racisme et à l’islamophobie », comme l’explique la Ligue des droits de l’Homme (LDH), organisatrice de la mobilisation.

    Plusieurs représentants associatifs ont pris la parole. « Il y a un an, on était déjà rassemblés pour rendre hommage à Aboubakar, tué dans une mosquée. Comme Pengo (Bossio Wangi, tué à Trappes), son seul tort était d’avoir la carnation trop foncée », lance Sabah Boutahar, de l’association féministe vauclusienne Les Rési-liantes.

    Dans la plupart des interventions, les participants ont également dénoncé le traitement médiatique des manifestations du 17 octobre, ainsi que celui de cette affaire après l’annonce du placement du suspect en infirmerie psychiatrique. « C’est du terrorisme de représailles. On voit la différence de traitement quand, d’un côté, on demande à certains une responsabilité collective et, à d’autres, on trouve des circonstances atténuantes », poursuit-elle.

    Cavaillon mobilisée

    « J’ai peur pour moi, pour mon fils. Il est étudiant et je lui interdis d’aller en manifestation étudiante car j’ai peur pour lui », poursuit Nabila, de la LDH.

    Un second rassemblement se tenait également à Cavaillon à 17h. La FCPE, organisatrice, exige dans un communiqué que les « pouvoirs publics prennent des mesures fortes pour prévenir les violences racistes, protéger les personnes qui en sont la cible et combattre les discours de haine qui contribuent à les légitimer ».

  • Un millier de personnes ont bravé l’interdiction à Avignon

    Un millier de personnes ont bravé l’interdiction à Avignon

    La manifestation étudiante et contre la vie chère à Avignon, pourtant interdite, a été suivie par un millier de personnes au fil de la journée ce samedi 24 octobre. Le tout sans aucune casse et globalement dans le calme.

    Une journée de mobilisation quelque peu rocambolesque, car la préfecture était entourée d’un important dispositif policier dès 9h du matin. « Ils sont là contre la casse. Mais la vraie casse, c’est celle qu’il y a dans nos lycées où il y a des plafonds qui s’effondrent car il n’y a pas de moyens mis dedans », confie Sandrine, aide-soignante dont le fils est scolarisé au lycée Philippe de Girard. Le rassemblement de la matinée s’est donc tenu dans le calme quelques centaines de mètres plus loin, à proximité de la porte Saint-Lazare. Un référé contre l’interdiction avait été déposé par la CGT, mais il a été rejeté en début de matinée par le tribunal administratif de Nîmes. Ceux s’aventurant à proximité du bâtiment préfectoral se voient contrôlés et fouillés quasi systématiquement. Tandis que FO Enseignement avait de son côté déposé une déclaration de rassemblement, mais l’a retirée en fin de soirée ce vendredi 23 octobre pour ne pas exposer ses membres à une forte amende et une peine d’emprisonnement. « On a voulu les protéger après la communication de la préfecture. Mais il fallait être là car ce qui se passe dans le pays et à Avignon est scandaleux, car c’est un droit fondamental de pouvoir se rassembler et manifester afin de porter les revendications des jeunes. Que le préfet prenne un arrêté de la sorte à Avignon, je n’ai jamais vu ça, même pendant la guerre d’Algérie », regrette Tanguy Langlet, secrétaire départemental FO Enseignement. « Pas besoin d’être juriste pour s’apercevoir qu’il y a un problème de droit. C’est honteux. Rien ne va dans ce pays et la seule réponse que l’on reçoit, c’est une interdiction de manifester », abonde Nadia El Bouroumi, juriste présente dans les rangs des manifestants. « Le gouvernement, plutôt que de répondre, choisit la répression et tente aujourd’hui de criminaliser toute contestation qui ne passe pas par les canaux qu’il contrôle », ajoute la CGT de Vaucluse. Venue en matinée, Marie-Anne Bertrand, élue municipale d’opposition (L’Après), regrette qu’une partie de la classe politique « mette la même valeur entre le bien matériel et la vie humaine », tout en rappelant que « les observateurs étrangers qualifient la situation démocratique en France de dégradée ».

    Dans un esprit festif, les manifestants ont chanté, dansé et même réalisé une « chenille contre l’extrême droite » et une minute de silence en hommage aux victimes de l’attentat de Trappes. Tandis qu’en début d’après-midi, la manifestation s’est transformée en jeu du chat et de la souris entre manifestants, surtout des étudiants et lycéens, et les forces de l’ordre. Tout se déroulait dans le calme, d’abord place de l’Horloge, où se trouvait d’ailleurs en terrasse le maire de la ville Olivier Galzi (DVD), puis dans les rues de la Cité des Papes avant de se retrouver à nouveau à proximité de la préfecture. Des gaz lacrymogènes ont été tirés, déclenchant un mouvement de foule qui ne s’est arrêté qu’en début de soirée. Repoussés du côté de la route de Lyon, des manifestants sont montés sur la voie ferrée, suivis par des policiers. La préfecture de Vaucluse fait d’ailleurs état de « deux intrusions sur les voies ferrées » qui « ont occasionné une interruption temporaire du trafic ferroviaire ».

    En fin de journée, la préfecture de Vaucluse annonce que « les forces de l’ordre ont procédé à 57 interpellations liées aux violences qui se sont déclenchées pendant les manifestations ». Mais aussi qu’« aucune dégradation de bien public ou de commerce n’est à déplorer à la fin de cette journée ». En soirée, aucun heurt n’a été constaté, hormis un groupuscule d’extrême droite qui « patrouillait » dans les rues, prenant à partie des groupes de jeunes sans aucun rapport avec les manifestations.

    Poursuite du mouvement

    Un mouvement qui est voué à continuer au vu du mutisme du gouvernement, mais surtout de sa réponse répressive. Thierry Juny, du syndicat Solidaires, le confirme, « on sera là la semaine prochaine et le jeudi 5 novembre ». Et pointe à la fois les contradictions du préfet et l’attitude de la droite et de l’extrême droite vis-à-vis du mouvement social en cours. « On nous parle de pillages qui ont eu lieu le dimanche soir, sans lien avec les manifestations du samedi. Quand Macron dit que seuls les syndicats peuvent déposer une manifestation, c’est anticonstitutionnel. Mais surtout, c’est stupéfiant de voir comment certains courants politiques de droite et d’extrême droite étaient silencieux et sont sortis de leurs tanières pour se présenter comme des partis de l’ordre. On voit bien où elle se situe, et ce n’est absolument pas du côté des travailleurs. Le silence du RN pendant le mouvement des lycéens était assourdissant », poursuit-il. À ses côtés, Philippe Riehl, co-secrétaire de Sud Éducation 84, ajoute qu’il « n’est pas question de lâcher ». « C’est hors de question d’accepter une réduction de nos droits les plus élémentaires. On ne nous empêchera pas de nous rassembler et de manifester », poursuit-il. Avec en tête, une « semaine noire » pour la rentrée.

  • [Travailleur d’aujourd’hui] Bafodé, l’avenir au bout de la bobine

    [Travailleur d’aujourd’hui] Bafodé, l’avenir au bout de la bobine

    Autour de Bafodé Doumbouya, bobinier à Avignon pour l’entreprise EDF Business Services, ex-Dalkia Electrotechnics IG, des moteurs, alternateurs et de grandes machines de toutes formes sont dispersés à travers l’atelier. « Ça vient de toute la France et c’est nous qui devons les réparer », lance fièrement le Guinéen de 20 ans, qui est actuellement en CDD au sein de l’entreprise.

    Un métier unique et particulier, d’autant plus qu’il n’existe plus aucun parcours de formation de bobinier en France, depuis plusieurs années. Il consiste exactement à fabriquer ou réparer les bobines électriques qui se trouvent dans les moteurs, alternateurs ou générateurs de tous types et de toutes tailles. Précisément, l’entreprise assure « la maintenance corrective et préventive, l’entretien, la réparation, l’exploitation de tous équipements et matériels électriques courants forts et faibles », précise-t-elle.

    « Parfois, on va sur des chantiers chez les clients. Hier, par exemple, on est allés sur un barrage pour vérifier si tout était OK. Sinon, en atelier, on répare », précise-t-il. Avec des tâches parfois répétitives, illustre-t-il en montrant le travail du cuivre avec une pâte d’étain liquide. « C’est pour connecter un alternateur au réseau. En tout, on en a pour cinq jours de travail », précise son supérieur, avec autour de lui des dizaines de plaques et vis en tout genre.

    Un métier qu’il apprend donc sur le tas, mais qu’il « apprécie beaucoup ». Bafodé Doumbouya était initialement magasinier dans la même entreprise. Après deux années passées à ce poste, un échec dans ses études et l’approche de la fin de son contrat, il s’est vu proposer une période d’essai pour devenir bobinier. « C’est parce que je me suis bien intégré. Je suis ravi, car c’est un très bon métier. L’électricité, ça ne m’a jamais fait peur, au contraire », s’exclame le Guinéen. Certains processus semblaient peu clairs vus de loin, « mais en une semaine, on comprend déjà pas mal de choses », assure-t-il, le tournevis à la main.

    Cette formation sur le terrain pourrait déboucher sur un contrat plus pérenne. Mais le chemin de Bafodé Doumbouya reste compliqué par sa situation administrative. « Dès que j’ai une validation, je dois faire un renouvellement et il arrive souvent que cela arrive trop tard. Cette année, j’ai encore eu une semaine où je ne pouvais rien faire car pas dans les règles avant de, finalement, pouvoir à nouveau travailler. Alors que la seule chose que je veux faire, c’est travailler plutôt que rester dans la rue », confie-t-il. Pour l’heure, son contrat avec EDF Business Services court jusqu’à la mi-novembre, notamment en raison de l’échéance de son titre de séjour, qui arrive à cette période.

    Parcours du combattant

    D’autant que le parcours pour arriver en France a été long. Parti de Guinée-Conakry en 2022, il est passé par plusieurs pays du nord de l’Afrique avant de tenter la traversée de la Méditerranée sur un bateau de fortune. Après trois jours en mer, alors que l’embarcation était percée et sans moteur fonctionnel, la marine italienne est arrivée et a conduit Bafodé Doumbouya et ses camarades de fortune à Lampedusa. Avant de choisir de partir en direction de la France et de poser ses valises à Avignon. Il y croise un membre de l’association Un par un, dans le quartier de Saint-Chamand. Ce dernier l’oriente alors, à l’aide de sa structure, auprès de Dalkia, qui l’accueille en apprentissage.

    « C’était souvent difficile pour moi, notamment avec la langue française, qui n’est pas ma langue de naissance. Je n’ai pas de parents pour m’aider, m’orienter », glisse Bafodé. Il n’est pas un cas isolé chez EDF Business Services. Car l’association a également orienté trois autres jeunes étrangers arrivés mineurs en France vers l’entreprise. Et les supérieurs l’assurent, tous sont exemplaires et « font du très bon boulot ».